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15 septembre 2017 5 15 /09 /septembre /2017 12:31

Le magnifique château de Trégarantec, était situé dans l'ancien évêché de Vannes et dépend aujourd'hui de celui de Saint-Brieuc et de la petite paroisse de Mellionnec, près de la limite des trois départements du Finistère, du Morbihan et des Côtes-du-Nord. Eloigné des villes et des grands chemins, perdu dans la solitude profonde de ses superbes bois de hautes futaies, il est à peu près inconnu des touristes. Aujourd'hui encore, bien que ce château ne conserve que peu de choses de ses splendeurs passées, l'oeil est étonné de ses proportions grandioses, du luxe intérieur et extérieur, de ses constructions et de la beauté de ses vastes dépendances. Les longues et spacieuses avenues qui y conduisent ; les cours d'honneur qui précèdent le château, entourées des bâtiments de service; le pavillon du chapelain et celui du régisseur; lé beffroi et la chapelle aux curieuses sculptures intérieures ; les immenses remises où l'on pouvait loger vingt-cinq ou trente carrosses à la fois ; les superbes orangeries, les gracieux balustres qui bordent les terrasses sur lesquelles s'ouvre une enfilade de sept beaux salons aux lambris de chêne sculptés et dorés ; les escaliers, les piliers et les socles de granit, autrefois ornés de statues, meublant les immenses jardins à la française, comme les dessinait Le Nôtre; les étangs poissonneux, fontaines d'eaux vives et croix élevées au milieu des bois; enfin le puits monumental, à la merveilleuse armature en fer forgé, chef d'oeuvre de quelque maître serrurier du temps de Louis XIV tout en un mot, contribue à faire de Trégarantec une demeure vraiment seigneuriale. On disait jadis : « Pour faire une demeure royale il faudrait réunir : la forêt de Lorges, le château de Coatanfao et les jardins de Trégarantec. » Le château de Trégarantec, tel qu'il existe encore aujourd'hui, remonte au XVIe et au XVIIe siècle. Mais il a dû succéder à une construction beaucoup plus ancienne, puisque la maison de ce nom existait déjà au XIIIe siècle, et que sa présence en la paroisse de Mellionnec est constatée, comme on va le voir, par les montres

 

 

Origine de la Maison de Trégarantec

 

 

« D'azur à trois pals d'argent. »

 

Monsieur Régis de l'Estourbeîllon, dans son Nobiliaire Breton, attribue à la maison de Trégarantec une origine tour-à-tour, Trégranteur, Trégaranteur, Trêganleuc et Trégarantec. Les habitants du pays où est situé le château de Trégarantec l'appellent, eux aussi, Trêganteur et Trégarantcur, ce qui donnerait raison à ce généalogiste érudit, dont l'opinion, à ce sujet, s'appuie, en outre, sur des d; «ments des plus sérieux. Nous rapporterons donc ici ce que dit cet auteur. La très ancienne famille de Trégaranteur ou Trégarantec est originaire de Tréganteuc ou Trégaranteur, près de Josselin. Les membres de cette maison occupaient de hautes situations en Bretagne, dès le début du XIIIe siècle. Monsieur de Courcy, qui semble ignorer l'antique origine de cette maison, ne cite les seigneurs de Trégarantec qu'à propos de la terre de ce nom, en Mellionnec, (anciennement évêché de Vannes, aujourd'hui de Saint-Brieuc) qu'il indique, à tort, comme son berceau. Cette terre noble fut bien, en effet, possédée par elle ; mais on la trouve beaucoup plus anciennement à Tréganteuc, qui fut certainement son fief d'origine. Et y comparut aux réformations et montres, de 1420 à 1536, pour les paroisses de Guégon et de Mellionnec, mais ne vit pas la réformation de 1669, s'étant fondue, vers le milieu du XVIe siècle, dans la famille de Quélen du Broutay. Remontant à Alain de Trégaranteur sénéchal de Guémené-Guingamp. En 1251 ; alloué du vicomte de Rohan, en 1261: qui obtint, en 126'*, d'Alain, vicomte de Rohan, des lettres patentes l'exemptant à perpétuité du droit de commune avec celle des seigneurs de Trêganteuc (ancienne trêve de Guégon, près Josselin) dont le nom s'écrivit, de 1426 à 1536. bail, ainsi que son frère Raoul et leurs hoirs ; que l'on voit, enfin, plaider à Vannes, en 1269, contre Alain et Geoffroy de Lanvaux, et qui vivait encore en 1271 ; elle compte encore parmi ses membres : Messire Raoul de Trégaranteuc, frère d'Alain, témoin dans un contrat d'échange, passé entre Olivier, vicomte de Rohan, et Guillaume de Séré, le mercredi après la Saint-Thomas de i'an 1316) ; Messire Alain de Trégaranteuc, l'un des 220 escuyers de la montre de messire Bertrand du Guesclin, revue à Caen, le 1er décembre 1370, l'un des escuyers de Pierre de Tournemine, sire de la Hunaudaye, en 1371 ; que l'on voit prévôt féodé du duc, à la fin du XIVe siècle, et gratifié d'un don de 200 livres par Olivier de Clisson, dans son testament du 5 février 1406. Il avait épousé demoiselle Jeanne du Clos, dame de la Hazaye et rendit hommage au vicomte de Rohan, à Pontivy, le 47 juillet 1396. Messire Jacques dé Trégaranteuc, exempté du service militaire, par le duc François 1er, en 1449, et laissé au vicomte de Rohan, pour la garde des places de Josselin, La Chèze et Rohan, dont il était chargé, puis l'un des hommes d'armes à la grande paye de l'ordonnance du Duc, en 1464, avec Jacquemart d'Argentré son archer, et, enfin, l'un des hommes d'armes faisant partie de la montre de Thomas de Kerazret, en l'ordonnance du maréchal de Rieux, revue à Ancenis, le 23 juillet 1474

 

 

Trégarantec en Mellionec, armoiries de Trégarantec ; de la Forest ; de Plusquellec ; de Maillé ; de Perrien ; Jégou de Kervillio

 

Seigneuries

 

 

La maison de Trégaranteur a possédé les terres et seigneuries de : Trégaranteur en Guégon ; -Trégarantec en Mellionnec, du Clos, -de la Chesnaye -de la Hazaye.

 

 

Principales alliances :

 

 

Elle s'est alliée aux familles suivantes : Du Clos au XVe siècle -de la Forest au XVe siècle ; de Lanvaux (25 janvier 1525) ; de, Quélen du Broutay (1544), etc. (Régis de l'Estourbeillon) Nobiliaire Breton ; Revue des Provinces de l'Ouest, année 1891.)

 

 

Voici, d'autre part, le résumé de la notice historique sur les anciens possesseurs de Trégarantec, en Mellionnec, telle que nous la trouvons dans l'intéressante Généalogie de la Maison Jégou du Laz. On y verra la suite et la succession des seigneurs de ce château, à l'extinction de la maison de Trégarantec, fondue, au XVe siècle, dans celle de la Forest, puis de Quelen du Broutay au XVIe siècle.

 

Alain de Trégarantec figure dans une vente, en août 1271 ;

Autre Alain de Trégarantec, en 1316 ;

Autre:seigneur du nom d'Alain vers 1550 ;

Allielle de la Forest, dame de Boisgelin, en 1510;

Louise de la Forest apporte cette seigneurie en mariage à son mari, Tanguy de Carman, et meurt en 1544 ;

Jean de Plusquellec, en 1530 ;

Charles de Maillé, marquis de Kerman (Kermavan ou Carman) sgr en 1612, meurt en 1628, après avoir vendu Trégarantec à Parthevaux de la Tour, en 1620, qui le vend lui-même à Pierre de Perrien, eu 1623, Celui-ci épouse Hélène Urvoy, dame de la Ville-Chevalier, et meurt en 1644 ; Louis de Perrien lui succède, comme seigneur de Trégarantec, et épouse, en 1660, Nicole de Cosnoal. Ils ont pour fils et héritier : Jérôme de Perrien, né à Trégarantec, en 1667. Après la mort de Louis de Perrien, Nicole de Cosnoal, mère et tutrice du jeune Jérôme, vend Trégarantec à Gilles de Saint-Noays, en 1676, dont hérite sa soeur ; Françoise Augustine de Saint-Noays, qui avait épousé, en 1662, René Jégou, seigneur de Paule, Ils firent aveu, en 1677, pour Trégarantec, à Haut et Puissant Seigneur Louis de Rohan-Guémené. Ainsi entrent à Trégarantec les Jégou de Kervillio, (plus tard Jégou du Laz) qui devaient posséder cette terre jusqu'en 1799.

 

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Published by poudouvre
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