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1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 13:51

Nous avons étudié en 1933, à la Société d’Émulation des Côtes-du-Nord, des forteresses de terre du département (voir Extraits -De l'âge probable des châteaux de terre des Côtes du Nord par le vicomte Frottier de la Messelière, page n° 1), depuis les camps retranchés jalonnant les étapes des voies préromaines et romaines jusqu'aux mottes castrales autour desquelles se sont constituées les seigneuries les plus anciennes du pays. Rasées pour la plupart au cours des guerres, souvent bâties en bois, les constructions qui les couronnaient donnent peu d'indications sur leurs aménagement intérieur plutôt rudimentaire, rappelant les cases nègres ou les huttes de sabotiers. En 1934, au Congrès de l'Association Bretonne, nous avons étudié les fortifications de pierre de la même région et donné les plans des enceintes des villes et de châteaux-forts de : Beaumont, en Guitté, le Bois-de-la-Motte en Trigavou, Cabiche, en Hillion, la Chèze-Porhoët, Coatfrec, en Ploubezre, Coatmen, en Tréméven, Coëtquen, en Saint-Hélen (voir Le château de Coëtquen à Saint-Hélen), le Gué-de-l'isle, en Saint-Etienne-Gué-de-l'isle, le Guémadeuc, en Pléneuf, le Guildo, en Créhen (voir château de Gilles de Bretagne au Guildo & l'abbaye de Saint Jacut de la Mer), Guingamp, la Hardouinaye, en Saint-Launeuc (voir La forêt de la Hardouinais), la Hunaudaye, en Plédéliac (voir le château de la Hunaudaye en images), Keralio, en Plouguiel, Lamballe, Léhon (voir Le château de Léhon), Montafilant, en Corseul (voir Le château de Montafilan en images), Montbran, en Pléboulle, Moncontour, la Moussaye, en Plénée-Jugon (voir Balade touristique 2013 : la Moussaye à Plénée-Jugon), le Quélennec, en Saint-Gildas-du-Chaneau, Quintin, Rostrenen, Runefau, en Ploubezre, Tonquédec, la Touche-à-la-Vache, en Créhen, et Uzel. La plupart, sauf Dinan, s'ils ne sont pas maintenant complètement détruits, sont en ruines dans leurs parties médiévales et n'offrent que les cases vides de l'habitation d'autrefois. Seuls, Beaumont, le Bois-de-la-Motte, Coëtquen, le Gué-de-l'isle (pl .V), Keralio, la Moussaye, Quintin, la Roche-Jagu (pl.I), en Ploézal (voir Le château de la Roche Jagu en Ploëzal), mêlent encore aux défenses militaires des documents d'architecture civile faisant la transition entre la forteresse et le manoir. Aux périodes de guerres fréquentes du Xe au XVe siècle, succéda depuis 1488, en Bretagne, une paix relative, troublée seulement par la Ligue, les insurrections paysannes et quelques descentes d'Anglais au XVIIe et XVIIIe siècle, la France ayant par deux fois, scellé son alliance définitive avec la Bretagne. La paix créée la prospérité qui développe le bien être. Une des manifestations les plus caractéristiques du bien être est le luxe de l'habitation. Il se manifesta dès le XVe siècle dans le duché uni à la plus grande Patrie par le mariage de leurs souverains. Le séjour des rudes Bretons aux châteaux royaux de Blois et de Touraine ne fut pas sans agir sur cette transformation, mais, si l'influence architecturale française a pu s'exercer en Bretagne dès cette époque, cela eut lieu de telle sorte que, le bâtisseur breton, interprétant à sa manière et selon ses matériaux moins malléables de son terroir, sut donner à son oeuvre un caractère particulier qui fait l'originalité des constructions régionales.

 

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Published by poudouvre
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