Le château de Guémadeuc, était situé en cette commune de Pléneuf, non loin des Miroirs de Dahouet. Ce château n'était pas fort. Plusieurs fois il fut brûlé par les Anglais, et plusieurs fois les seigneurs de Guémadeuc furent contraints de déloger et de se retirer dans leurs au tres maisons, de peur d'être surpris dans celle du Guémadeuc (voir Maison de Guémadeuc par Jean Le Laboureur). Ils vivaient donc, en temps de guerre, dans des alarmes continuelles. C'est ce qu'on lit dans une enquête qui est aux preuves de M. Cornillet. La ligue fut une source de malheurs pour la maison de Guémadeuc encore plus que pour bien d'autres gentilshommes. En effet, en 1591, le baron de Guémadeuc périt pour la cause du roi, voici à quelle occasion : Mercœur qui, par surprise, s'était emparé de Moncontour, voulait se rendre maître du château, ce que le comte de Combourg désirant empêcher, il partit avec six vingts chevaux et quelques arquebusiers pour l'aller secourir. Instruit qu'il s'était arrêté à Loudéac et que le baron de Molac avec quelques gentilshommes et une partie de son régiment-colonel s'était joint à lui, Saint-Laurent vint les y attaquer, mais bien qu'il ne fût pas attendu, il fut si vaillamment reçu, qu'il se vit contraint de se retirer avec perte de plus de 200 hommes. Guémadeuc, qui était parmi les défenseurs de la cause royale, se battit avec une grande bravoure contre les partisans de Mercœur, mais il reçut dans l'action des blessures dont il mourut dans le jour. Moins d'un an après, en 1592, son château, que défendaient plusieurs gentilshommes du pays, fut pris par les Malouins et détruit de fond en comble. Piré rapporte ainsi cet événement : « Au mois d'avril, le lendemain de Pâques, le marquis de Chanfrain ayant obtenu des Malouins deux gros ca nons avec tout l'attirail nécessaire pour un siége, Bardelière se rendit avec cette artillerie et 500 volontaires de Saint Malo, au havre de Dahouet, où il se réunit au capitaine Roy, qui commandait à Lamballe. Le Guémadeuc fut aussitôt canonné, et bientôt il y eut une brèche suffisante pour que l'on y pût brusquer un assaut. Prévoyant qu'ils ne pourraient défendre avec avantage cette partie du château, les assiégés y mirent le feu, au moyen de matières combustibles préparées à l'avance, et ils se retirèrent dans un autre corps de logis où ils s'étaient retranchés. Ils y firent trois heures de résistance, après quoi ils se rendirent la vie sauve. » - Quelques pierres amoncelées au milieu d'un pré, voilà tout ce qui reste aujourd'hui du Guémadeuc, dont le dernier seigneur fut Toussaint, baron de Guémadeuc et de Blossac, grand écuyer héréditaire de Bretagne, qui périt en combat singulier. Hélène de Beaumanoir (voir la seigneurie de Limoëlan à Sévignac et ses possesseurs, page n° 1 - Hélène de Beaumanoir, par P. de Lhommeau), sa cousine germaine, s'étant plainte à lui des mauvais traitements auxquels elle était en butte de la part de René Tournemine, baron de la Hunaudaye, son époux, une rencontre eut lieu entre ces barons, au pays de Rieux et le cul sur la selle.