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8 avril 2021 4 08 /04 /avril /2021 17:23
L'abbaye Saint-Melaine.

Abbaye Saint-Melaine.

 

Cette abbaye, située dans la ville de Rennes, était fondée pour douze religieux et un noviciat. L'abbé jouissait d'un revenu de neuf mille francs. Son église sert aujourd'hui de cathédrale, et un hôpital est établi dans les bâtiments. Elle doit son origine au saint évêque dont elle portait le nom. Il naquit dans le diocèse de Vannes, vers le milieu du Ve siècle, et il apprit dès son enfance à aimer et servir Dieu. On ne sait pas quelle profession il suivit avant son épiscopat ; de quelque nature qu'elle ait été, sa vie fut si pure et sa conduite si exemplaire, que saint Amaud, évêque de Rennes, le désigna pour son successeur, avant que de mourir. Il fut promu à sa place le 6 janvier 485, et mourut au monastère de Platz, le 6 novembre 530, suivant le P. Le Cointe. Son corps fut transporté à Rennes, et inhumé dans le terrain où a été depuis l'abbaye de Saint-Melaine, et qui était alors le cimetière de la ville. C'est dans le même lieu que le saint évêque avait établi un monastère pour y vaquer de temps en temps à la vie contemplative, comme l'avaient pratiqué le grand saint Martin et quelques autres évêques.

L'abbaye Saint-Melaine.
L'abbaye Saint-Melaine.

Vue de Saint Melaine, à gauche, de nos jours, à droite, vers 1860.

L'abbaye Saint-Melaine.

Quand saint Melaine mourut, en l’an 530, au couvent de Platz qu’il avait fondé à trois lieues de Redon, sur le territoire où s’élève aujourd’hui la commune de Brain, on transporta son corps à Rennes et on l’inhuma près de celui de saint Amand, son prédécesseur, dans le cimetière de cette ville, sur une colline qui dominait la cité. De bonne heure, les foules prirent l’habitude de venir s’agenouiller sur la tombe du glorieux Pontife, et des miracles si éclatants y furent constatés que, pour l’abriter, on construisit une splendide église « d’une hauteur surprenante », qui fut réduite en cendres à l’époque où vivait Grégoire de Tours. Le monastère qui porta plus tard le nom du saint apôtre existait-il alors ? On ne saurait l’affirmer ; mais son existence est prouvée au VIIe siècle, puisqu’un de ses abbés, Bertulphe, souscrivit en 650 au Concile de Châlons. Vers le même temps, une seconde église fut bâtie par le roi Salomon sur les ruines de la première basilique incendiée, et consacrée par l’évêque Duriolerus. Au Xe siècle, les Normands qui, après avoir été vaincus par Gurvant, s’étaient retranchés dans l’abbaye en 875, la saccagèrent et la détruisirent de fond en comble. Les moines bénédictins ne se laissèrent pas décourager par tant de revers. Un siècle plus lard, ils relevèrent les murs de leur couvent et édifièrent, une troisième église. Cette restaura tion, cette reconstruction, devrait-on dire, commencée par le duc Alain III, fut achevée par son fils Geoffroy le Bâtard, comte de Rennes, et par l’abbé Even, mort archevêque de Dol. Ce monastère, qui devait jouer un rôle si considérable dans l’histoire religieuse de notre pays, n’était pas au bout de ses vicissitudes. Il eut beaucoup à souffrir pendant la guerre de la succession de Bretagne et fut encore une fois saccagé par les soldats en 1356. Les moines durent le quitter alors, et il fallut attendre le commencement du XVIe siècle pour le voir complètement rétabli par l’abbé Noël du Margat. Enfin, en 1605, assure le Chanoine Guillotin de Corson, en 1603, prétend M. Banéat, un violent incendie détruisit la partie de l’abbaye qui regardait la ville, c’est-à-dire « tous les dortoirs ». A la suite de ce désastre, l’abbé Jean d’Estrades répara la tour de l’église et construisit le manoir abbatial, pendant que les moines relevaient eux-mêmes leurs bâtiments claustraux, qui sont restés tels qu’on les voit encore aujourd'hui. L’abbaye de Saint-Melaine acquit bientôt nommée une haute re et, pour s’en convaincre, il suffira de rappeler qu’à la fin du XIIe siècle plus de cent églises, dont, soixante- seize paroissiales, étaient sous sa dépendance. En outre, comme tous les établissements d’origine féodale, elle possédait de nombreux droits et privilèges, parmi lesquels peut citer on : un four banal dans la rue qui y aboutissait, un droit de quintaine dans la rue de Fougères, un droit de haute justice, un colombier et une prison. Elle avait aussi le privilège de loger l'évêque de Rennes la veille de sa première entrée dans la ville. Ses armes étaient D’hermines : plein. En 1779, les Bénédictins furent menacés d’abandonner leur couvent ; on songea en effet à leur confier la direction du collège de Rennes et à prendre leur église pour en faire la cathédrale. Ils réclamèrent contre ce projet, eurent gain de cause, et purent rester libres dans leur cloître jusqu’à la Révolution. A cette époque, le couvent fut d’abord occupé par le service de l’artillerie, puis livré en 1708 à la ville qui le transforma en hôpital. Son histoire était finie. Ce célèbre monastère a joui au cours de longs siècles d’un tel prestige, d’une telle réputation de sainteté, que de nombreux personnages demandèrent comme une grâce et obtinrent la faveur d’être inhumés sous les voûtes de son église, devenue celle de la paroisse Notre-Dame. Bornons-nous, pour terminer ce rapide aperçu, à énumérer les principaux. Parmi les princes bretons : Conan III, duc de Bretagne, et la duchesse, sa femme. En 1872, on retrouvas ous la tour leurs tombeaux très rapprochés l’un de l’autre. A la même date, on découvrit un peu plus loin, enveloppés d’une grosse étoffe de laine et recouverts d’un sac de cuir, les ossements de la duchesse Constance d’Angleterre, première femme d’Alain Fergent, morte en 1090. Parmi les évêques : saint Golven, évêque de Léon, mort vers l’an 600 ; Etienne de la Rochefoucaud, évêque de Rennes, mort en 1100, qui fut enterré sous le seuil de la porte conduisant du cloître à l’église ; et Yves Trouil, évêque de Léon, mort en 1180. Parmi les abbés : au pied du maître-autel : Jean Rouxel, Mathieu Bertrand, Guillaume Glé, Olivier de Broon, Jean Le Bart, Michel de Fournouil, Nicolas de Tréal, Pierre de la Morinaye. Dans le chœur et dans les chapelles : Jean d’Estrades, Noël du Margat, Jean Le Lionnais, Mathurin Le Lionnais et Mathurin de Monlalais. Parmi les religieux : Jean et Alain Le Bart, Jean du Boberil, Tristan de Lescu, François de La Lande, Guillaume du Pont, Gilles Boutier, Gilles de la Chapelle, Germain du Val, aumônier du roi, etc... Enfin, plusieurs autres personnages distingués. Que sont devenues toutes ces sépultures, dont la plupart étaient ornées d’épitaphes que les manuscrits nous ont transmises, mais qui n’existent plus ? En 1844, on en exhuma deux, en construisant au fond de l’abside un buffet d’orgues, sôus lequel elles ont été de nouveau enfouies : celle de l’abbé J. Rouxel, mort en 1407 et celle de l’abbé P. de la Morinaye, mort en 1422. Mais les autres ?.. Les cendres do tous ces pieux serviteurs de Dieu sont-elles toujours cachées sous le parquet du chœur, sous ces dal les que nous foulons aux pieds chaque jour ; ou ont-elles été dispersées par les sièges, les révolutions et les changements successifs opérés dans le sanctuaire ? On ne saurait le dire. Au Moyen Age, à ces époques de foi, où, sous des pré textes d’hygiène, on n’exilait pas comme aujourd’hui les morts, loin, le plus loin possible de nos cités, et où les basiliques étaient de véritables nécropoles, qu’elle devait être respectable, et plus sainte encore, celle-ci avec tant de pierres tombales dressées le long de ses murs, ou semées un peu partout sur son pavé ! De tous ces tombeaux disparus, il n’en reste plus main tenant que trois. Le premier, devant l’autel du Sacré Cœur, est celui de Mgr Mannay, évêque de Rennes, mort en 1824. Le second, sous la tour, renferme le corps de Joseph Meslé, curé-doyen de Notre-Dame, mort en grande vénération, le 1er mai 1873. Une remarquable statue, due au ciseau de M. Valentin, représente ce bon vieillard dans l’attitude qui lui était familière, agenouillé au-dessus de son sarcophage, devant la Sainte Vierge et accompagné de son saint patron. Le dernier enfin est celui d’un autre curé que beaucoup d’entre nous ont connu et aimé, du chanoine Perrault, qui administra la paroisse pendant 23 ans et qui, né en 1835, mourut en 1007. Creusé à l’entrée de la chapelle Saint-Melaine, il est surmonté d’un médaillon de marbre, qui reproduit avec une ressemblance frappante les traits du vénéré défunt.

Liste des Abbés de Saint-Melaine

 

-Herluin  est le premier abbé de Saint-Melaine mentionné dans un Vieux Catalogue de la Bibliothèque de Saint-Germain.

 

-Berthulpht souscrivit, «abbas Redonicus», comme procureur de l'évêque de Rennes Durioterus, au Concile de Châlons tenu vers l'an 650.

 

-Etienne fut, d'après dom Germain, auteur d'une Histoirede l'abbaye de Saint-Melaine, abbé de ce monastère, puis évêque de Rennes de 747 à 762, époque où il mourut.

 

-Ambrichon fut témoin, le 17 avril 830, d'une vente faite devant l'église de Comblessac, qui dépendait déjà de Saint-Melaine

 

-Jean Ier  du nom succéda, dit-on, à Ambrichon, et gouverna l'abbaye jusqu'en 880, mais son existence est contestée.

 

Une grande obscurité règne ensuite sur l'histoire de Saint-Melaine ; on sait que les Normands ruinèrent ce monastère durant le Xème siècle ; cependant il faut observer qu'en 966, Richard II, duc de Normandie, voulant réformer le Mont Saint-Michel, appela dans ce monastère des moines de Saint-Melaine ; ce qui prouve bien que la ruine de cette dernière abbaye n'était pas complète, comme quelques-uns l'ont cru. Mais l'on retrouve difficilement les noms des abbés de cette époque, et l'état du monastère devint même bientôt si misérable, qu'en 1054 on n'y rencontrait plus qu'un seul et dernier moine.

 

 

-Thibaud, évêque de Rennes en 990, étant devenu vieux, abdiqua la dignité épiscopale et se retira à Saint-Melaine, dont il devint abbé.

 

-Triscan, fils du précédent et de Génercant, succéda à son père sur le Siège abbatial de Saint-Melaine, et, un peu plus tard, à son neveu Guérin sur le siège épiscopal de Rennes.

 

-Alfred, d'après le Vieux Catalogue, remplaça Triscan ; cependant Albert Le Grand le met à la suite d'Herluin, au VIIe siècle.

 

-Jean IIe du nom, souscrivit en qualité d'abbé de Rennes, « abbas Redonensis », à une charte de l'abbaye du Ronceray dont on n'a pas la date précise ; il vivait encore en 1062, mais était alors démissionnaire. Habile architecte, il fit construire à cette époque l'église priorale de Saint-Sauveur de Béré, au diocèse de Nantes.

 

-Rimarin souscrivit avec Main, évêque de Rennes, vers 1050, à une donation faite par la comtesse Berthe au Chapitre de Rennes.

 

 

-Even, en 1054, Geoffroy le Bâtard, comte de Rennes, touché de l'état déplorable où se trouvait l'abbaye de Saint-Melaine depuis l'invasion normande, entreprit la restauration de ce monastère de concert avec Berthe, sa femme. Il demanda à Sigon, abbé de Saint-Florent de Saumur, un moine capable de rendre à Saint-Melaine son antique splendeur, et, pour ne pas éprouver de refus, il soumit momentanément au moins cette abbaye à celle de Saint-Florent. Sigon envoya à Rennes un religieux breton, nommé Even, d'une rare capacité. Le nouvel abbé de Saint-Melaine releva complètement le monastère et obtint de Gervais, archevêque de Reims, une portion du corps de saint Melaine, qu'on avait précédemment porté à Argentré, dans le Maine. Il gouverna si bien pendant vingt-sept ans, qu'ayant trouvé un seul religieux à son arrivée dans l'abbaye, il en laissa une centaine à sa mort. Nommé archevêque de Dol en 1076 (voir Le diocèse de Dol et la juridiction de saint Samson. - La Métropole de Dol), il ne voulut point abandonner Saint-Melaine, dont il se réserva l'administration toute sa vie. Il mourut le 25 septembre 1081 et fut inhumé dans son église abbatiale. Nous avons fait connaître au Catalogue des évêques de Dol l'épitaphe de ce grand homme, appelé si justement par ses contemporains un merveilleux restaurateur, « restaurator mirifieus ».

 

-Gervais, religieux de Saint-Florent de Saumur, fut élu abbé de Saint-Melaine en 1081. Son nom figure dans beaucoup de chartes de cette époque. En 1086, il accepta, du consentement de l'évêque Sylvestre, la charge de relever l'église de Mouazé, ruinée par les guerres, et d'y entretenir le culte divin. L'abbé Gervais mourut, fort regretté, en 1109. « Les grands talents qu'il avait pour le gouvernement, dit D. Morice, et la haute réputation qu'il s'était acquise par la sagesse de ses conseils, l'ont fait placer par Ordéric Vital au nombre des vénérables Pères du XIIème siècle ».

 

-Hervé Ier du nom succéda à Gervais, d'après D. Germain et l'auteur du Vieux Catalogue.

 

-Raoul Ier  du nom transféra des reliques de Saint-Nicolas au prieuré de la Guerche, que les seigneurs du lieu avaient donné à Saint-Melaine ; il mourut peu après, en 1116.

 

-Donoald, religieux du Mont Saint-Michel, fut en 1116 élu abbé de Saint-Melaine, et en 1120 évêque d'Aleth (voir L'évêché d'Alet. -Limites. -Le Pou-tre-Coet.). Il fut gratifié par Marbode, évêque de Rennes, de l'église Notre-Dame de Vitré, possédée jusqu'alors par des chanoines, qui méritèrent d'en être expulsés à cause de leur vie scandaleuse.

 

-Raoul IIe  du nom eut un gouvernement difficile. Les chanoines de Vitré rentrèrent de force à Notre-Dame, en chassèrent les Bénédictins et plaidèrent si bien leur cause à Rome, que le pape Callixte II, mal informé, excommunia l'abbé et les religieux de Saint-Melaine. Mais Raoul, plein d'humilité, fit sa soumission au Souverain-Pontife, qui lui rendit ses bonnes grâces en prenant sous sa protection l'abbaye de Saint-Melaine et toutes ses dépendances. Cet abbé recouvra aussi l'église de Plélan et reçut celle de Bréhant ; il mourut vers 1126

 

-Hervé IIe du nom assista en 1127 à la réconciliation de l'église de Redon et fit confirmer, l'année suivante, par le duc Conan III tous les privilèges accordés à Saint-Melaine par les princes bretons ses prédécesseurs. En 1132, le Pape rappela à Notre-Dame de Vitré les moines de Saint-Melaine et en chassa définitivement les chanoines. En 1145, Hervé obtint d'Alain, comte de Penthièvre, la confirmation de tous les dons faits à son abbaye par les seigneurs de Penthièvre, notamment la supériorité qu'ils avaient donnée à Saint-Melaine sur l'église de Saint-Sauveur de Guingamp.

 

-Guillaume d'Orval  « Guillelmus de Aurea Valle » vivait en 1148, d'après une lettre du pape Eugène III relative à l'église de Notre-Dame de Vitré.

 

-Guillaume Chalopin consentit, en 1152, à la fondation par le seigneur de Montfort d'une abbaye dans la paroisse de Bédée, où Saint-Melaine possédait un prieuré. Il fit ratifier par l'archevêque de Tours, l'évêque de Rennes, le duc Conan IV et les seigneurs de Penthièvre et de Vitré les diverses donations faites à son monastère.

 

-Guillaume Prive fut élu en 1161 et reçut, l'année suivante, certain privilège de Maurice de Craon, relativement au passage des vins de l'abbaye. Il fit, en 1169, une transaction avec le Chapitre de Rennes. On croit qu'il abdiqua avant de mourir.

 

-Hervé Prive, neveu du précédent, lui succéda vers 1180 ; Jacques, évêque de Rennes, lui confirma la donation de l'église de Moulins faite précédemment à Saint-Melaine.

 

-Gervais IIe du nom, religieux de Marmoutiers, fut élu vers 1181. Les moines de Saint-Florent se plaignirent au Pape de cette élection, prétendant qu'à défaut de sujet dans leur propre abbaye, les moines de Saint-Melaine ne pouvaient prendre d'abbé que dans celle de Saint-Florent. Le pape Luce III chargea l'évêque d'Angers d'examiner cette affaire, qui se termina, semble-t-il, à l'avantage de Gervais et de ses religieux, car le Saint-Siège ratifia toutes les donations faites au monastère de Saint-Melaine. Cet abbé fut arbitre du différend que Pierre, évêque de Saint-Malo, eut en 1187 avec les religieux de Marmoutiers.

 

-Guillaume Prive, dit Fergant ou le Jeune, neveu de Mathelin Privé, gouvernait en 1188. Les moines de Saint-Florent réclamèrent encore contre son élection, et le pape Urbain III voulut bien s'en occuper, mais ils ne furent pas plus heureux que précédemment.

 

-Géoffroy Nioisel « de Nido Avis », d'abord moine de Saint-Melaine, devenu abbé, obtint en 1191 d'Herbert, évêque de Rennes, la confirmation du don des églises de son diocèse dépendant de Saint-Melaine. Robert d'Apigné lui concéda en 1208 l'église de Marcillé-Raoul, et Pierre, évêque de Saint-Brieuc, ratifia la donation de l'église de Planguenoual faite en sa faveur.

 

-Géoffroy de Chauvigné, religieux de Saint-Melaine, était abbé en 1213, époque à laquelle Pierre, évêque de Rennes, lui donna des lettres de confirmation des possessions de Saint-Melaine ; l'année suivante, le Chapitre de Rennes lui accorda une charte semblable.

 

-Pierre de Melesse succéda au précédent, d'après les titres de Saint-Melaine.

 

-Robert Tacherel fut ensuite nommé abbé, suivant les mêmes Catalogues. D. Morice n'a point connu ces trois abbés de Saint-Melaine ; il donne, en revanche, le nom de Guillaume de Tinténiac, abbé, selon lui, de 1214 à 1220 ; mais M. Hauréau conteste ce fait et dit qu'il s'agit ici d'un seigneur de Tinténiac qui fit du bien à Saint-Melaine et non point d'un abbé de ce monastère.

 

-Géoffroy de Saint-Elect « de S. Electo », élu en 1220, d'après D. Morice, céda une partie des dîmes données à Saint-Melaine par Renaud de Pocé. Il mourut le 23 avril 1228, d'après la Chronique de Quimperlé.

 

-Mathieu des Ruisseaux « de Rivis », moine de Saint-Florent, fut élu en 1228 ou au commencement de 1229. Il permit, en 1240, à Alain d'Acigné de bâtir une chapelle dans son manoir, et fit une association en 1245 avec Richard, abbé du Mont Saint-Michel (Cartulaire de l'abbaye de Saint-Melaine).

 

-Alain de Moncontour se rendit en Angleterre en 1254 et y termina une contestation existant depuis longtemps entre les comtes d'Oxford et les abbés de Saint-Melaine touchant la nomination du prieur de Harsfeld. Le prieuré de ce nom, situé dans le diocèse de Londres, dépendait de l'abbaye de Saint-Melaine.

 

-Hervé de Launay échangea, en 1257, le prieuré de la Roche-Derrien contre celui de Moncontour, possédé jusqu'alors par les chanoines de Sainte-Croix de Guingamp. L'année suivante, il obtint des moines de Preuilly, en Touraine, une partie considérable des reliques de Saint-Melaine qui se trouvaient en ce lieu. Cet abbé vivait encore en 1272 .

 

-Guillaume Vivois succéda au précédent, d'après quelques auteurs.

 

-Etienne Honoré afféagea des terres en 1278 et transigea avec le seigneur de Châteaubriant en 1286. Il régla définitivement les rapports du Chapitre de Rennes avec l'abbaye de Saint-Melaine, en 1293. Il vivait encore en 1295.

 

-Michel de Fournioul  était abbé en 1298. Il fut vicaire général de l'évêque de Rennes en 1304, et établit en 1318, avec l'évêque Alain, un vicaire perpétuel à Vern. On ignore l'année de sa mort, mais on sait qu'il fut inhumé au pied du maître-autel de son église abbatiale.

 

-Nicolas de Tréal (voir Beaubois et ses Seigneurs, par M. Alfred de Tesson, Capitaine de Frégate en retraite.), abbé de la Chaume, gouvernait Saint-Melaine en 1337, époque à laquelle il fit quelque échange avec Guillaume de Borgon. Comme son prédécesseur, il devint vicaire général de l'évêque de Rennes ; il mourut le 2 juillet 1352

 

-Guillaume Glé d'abord abbé de Saint-Méen (voir histoire de l'abbaye de Saint Meen), paya le 12 septembre 1391, à la Chambre apostolique, 508 livres pour les provisions de l'abbaye de Saint-Melaine. Il tint son chapitre général le 8 novembre 1392 et mourut le 13 mai 1398.

 

-Jean Rouxel, prieur de Lamballe, reçut, en qualité d'abbé de Saint-Melaine, l'hommage de quelques vassaux le 14 décembre 1398, mais il ne prit possession de son abbaye que le 25 septembre 1399. Il mourut le 10 juillet 1402, et fut inhumé au pied du maître-autel de Saint-Melaine. Comme il y a beaucoup de familles bretonnes du nom de Rouxel, nous ne savons à laquelle appartenait cet abbé.

 

-Pierre de la Morinaye, prieur de Châteaugiron, fut élu abbé le 25 juillet 1402 et béni la même année par l'évêque Anselme de Chantemerle. Il obtint du pape Jean XXIII le droit de porter la mitre, l'anneau et les ornements pontificaux par lettres données à Constance en 1415. Pierre de la Morinaye mourut le 10 août 1422, et fut inhumé à côté de ses prédécesseurs.

 

-Mathieu Bertrans, prieur de Lamballe, fut élu en 1422 et député au Concile de Bâle en 1432. Il administra, en 1446, l'abbaye du Mont Saint-Michel en qualité de vicaire général de l'abbé. Guillaume d'Estouteville. Il mourut en 1448 et fut enterré au pied du maître-autel de Saint-Melaine

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-Mathurin Le Lionnais, religieux de Saint-Jacut (voir L'abbaye de Saint Jacut de la Mer), fut élu abbé en 1448, et conserva ce poste malgré les intrigues du cardinal Guillaume d'Estouteville, qui se fit pourvoir à Rome de l'abbaye de Saint-Melaine, quoiqu'il eût déjà plusieurs évêchés et abbayes. Le 14 octobre de la même année, Mathurin prêta serment entre les mains de l'évêque de Rennes d'observer les coutumes de l'abbaye de Saint-Melaine, de défendre ses droits et privilèges, de bien administrer ses biens, et de rendre aux évêques de Rennes les honneurs et révérence convenables. En 1449, cet abbé fit le voyage de Rome pour demander justice au Pape contre l'abbesse de Saint-Georges (voir L'abbaye Saint-Georges de Rennes) et les archidiacres de Rennes et du Désert qui lui disputaient la prééminence après l'évêque dans les cérémonies publiques. Il obtint à Rome la confirmation de tous les privilèges de son abbaye. Sixte IV nomma même Mathurin, en 1471, évêque in partibus de Chitro ; mais le nouveau prélat résigna son abbaye en 1474. Il mourut le 5 mai 1488 et fut enterré dans une chapelle de son église abbatiale, dédiée à sainte Anne

 

-Jean Le Lionnais, neveu du précédent, docteur en droit civil et canonique, fut élu abbé en 1474. Nommé conseiller du duc de Bretagne en 1483, il fut chargé par ce prince de plusieurs missions importantes. Il mourut le 10 avril 1486 et fut inhumé dans la chapelle Sainte-Anne de son église.

 

-Pierre de Foix. A la mort de Jean Le Lionnais, les religieux élurent abbé de Saint-Melaine Olivier de Broon, moine de Saint-Florent ; mais le duc de Bretagne nomma abbé commendataire son beau-frère, Pierre de Foix, et Olivier de Broon n'osa ni venir prendre possession de l'abbaye, ni demander à l'évêque de Rennes sa bénédiction. Pierre de Foix prit donc le titre d'abbé de Saint-Melaine et perçut les revenus du monastère jusqu'à sa mort. Il était fils de Gaston IV, comte de Foix, et d'Eléonore d'Aragon. Nommé évêque de Vannes en 1476, il fut créé cardinal du titre des SS. Come et Damien. Il mourut à Rome, le 10 août 1490, et fut enterré dans la basilique de Notre-Dame-du-Peuple.

 

-Olivier de Broon, fils d'Olivier, seigneur de Broon, et de Marie du Teillay (voir La seigneurie de Brondineuf en Sévignac, page n° 1), fut élu abbé de Saint-Melaine une seconde fois, après la mort du cardinal de Foix. Il était déjà prieur de Tremblay, abbé de Saint-Aubin-des-Bois (voir l'abbaye de Saint Aubin des Bois en Plédéliac) et aumônier de la duchesse Anne. Il accepta sa nouvelle nomination, mais trouva encore un compétiteur dans Antoine, cardinal de Saint-Anastase et neveu du Pape, nommé par ce dernier abbé commendataire de Saint-Melaine. Heureusement pour Olivier de Broon qu'Anne de Bretagne défendit aux moines de Saint-Melaine de reconnaître ce cardinal pour leur abbé. Antoine céda alors tous ses droits à l'abbé Olivier, moyennant une pension de 150 ducats, et se contenta de jouir des prieurés de Bédée et de la Celle-Guerchoise. Olivier de Broon gouverna ensuite paisiblement son abbaye et mourut le 20 février 1501. Il fut inhumé au pied du maître-autel de Saint-Melaine

-Robert Guibé, évêque de Rennes, fut nommé en 1501 à l'abbaye de Saint-Melaine par la reine Anne de Bretagne ; mais il paraît qu'il cessa pendant quelques années de jouir de ce bénéfice, car on trouve à cette époque un Antonio, évêque de Préneste et cardinal de Sainte-Praxède, conférant les prieurés dépendant de Saint-Melaine. Toutefois Robert Guibé reprit l'abbaye, devint lui-même cardinal et évêque de Nantes, et mourut à Rome, où il fut inhumé dans l'église Saint-Yves des Bretons, en 1543  (voir Saint-Yves des Bretons a Rome.)

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-Laurent Pucci. Robert Guibé étant mort disgracié par Louis XII, la saisie fut mise aussitôt après son décès sur le temporel de Saint-Melaine ; mais Laurent Pucci, cardinal du titre des Quatre-Couronnés et évêque de Vannes, ayant été nommé abbé par le pape Léon X, obtint main-levée en 1514. Il ne prit toutefois point possession de l'abbaye de Saint-Melaine, dont il se démit au bout de deux ans sans en avoir retiré aucun fruit. Il mourut le 26 septembre 1531.

 

-Noël du Margat, fils de Pierre du Margat et d'Antoinette de la Reigneraye, naquit à Caulnes, près de Dinan (voir Quelques notes sur le passé de Caulnes) Religieux au Tronchet, prieur de Combourg et familier du cardinal Laurent Pucci, il dut à la faveur de ce dernier d'être nommé abbé de Saint-Melaine en 1516. « On ne saurait assez louer Noël du Margat, dit D. Morice, d'avoir réparé les abus qui s'étaient glissés dans son abbaye sous le règne de ses prédécesseurs, et d'avoir restauré l'église et les bâtiments qui tombaient en ruines. Il se démit, en 1523, en faveur de François Chauveau, son neveu, et mourut le 20 février 1525. Son corps fut déposé dans son église abbatiale, dans la chapelle de la Délivrance

 

-François Chauveau succéda à son oncle et obtint ses bulles le 25 novembre 1523. Il mourut le 23 mai 1532 et fut le dernier abbé régulier de Saint-Melaine.

 

-René Boursault de Montejean, protonotaire apostolique, doyen de Candé, en Anjou, et aumônier du roi, fut tout à la fois abbé commendataire de Saint-Melaine, d'Evron et de Pontrond. Il prit possession de Saint-Melaine le 25 juillet 1532, en vertu des bulles qu'il avait obtenues du pape Clément VII le 30 juin précédent. Il prêta serment de fidélité au roi en 1539 et mourut en 1547, d'après le Catalogue des abbés d'Evron.

 

-Payen Le Sueur d'Ecquetot, chanoine de Rouen et conseiller garde-scel au Parlement de Normandie, fut nommé en 1548 abbé de Saint-Melaine et vers le même temps abbé de Saint-Jouin-de-Marne. Devenu, en 1549, évêque de Coutances, il nomma frère Michel Du Fail son vicaire général pour l'abbaye de Saint-Melaine. Ce prélat mourut dans l'abbaye d'Evron le 24 décembre 1551 et fut inhumé dans l'église de ce monastère.

 

-Etienne Martel de Bacqueville, recteur de Montpinchon, en Normandie, succéda au précédent sur le siège de Coutances et dans les abbayes de Saint-Melaine et de Saint-Jouin-de-Marne. Il prêta serment au roi dans la Chambre des Comptes de Nantes en 1552, mais ne fit son entrée à Coutances qu'en 1558. Il ne s'y montra pas, dit-on, à la hauteur de sa mission épiscopale ; effrayé du progrès des calvinistes dans cette ville, il prit la fuite et se réfugia d'abord à Saint-Melaine, puis à Saint-Jouin-de-Marne, où il mourut le 26 mai 1560 ; il fut inhumé dans ce dernier monastère.

 

-Arthur de Cossé, fils naturel de Charles de Cossé, comte de Brissac et maréchal de France, fut d'abord pourvu des abbayes de Saint-Jouin-de-Marne et de la Trinité de Lessai. Le roi lui donna encore celle de Saint-Melaine en 1560. L'année suivante, il fut légitimé par son père et nommé évêque de Coutances. Dom Morice et D. Le Roy représentent ce prélat comme un spoliateur des abbayes dont il était commendataire ; d'après eux, il en enleva tous les objets précieux ; mais les historiens du diocèse de Coutances, essayant de venger sa mémoire, rappellent toutes les persécutions qu'il eut à souffrir de la part des calvinistes et l'extrême pénurie où ceux-ci le réduisirent. Arthur de Cossé mourut très-âgé, au château de Loisellière, en Normandie, le 7 octobre 1587. Il avait permuté l'abbaye de Saint-Melaine contre celle du Mont Saint-Michel, en 1570. Son corps fut rapporté à Coutances et inhumé au milieu du chœur de sa cathédrale.

 

-François Le Roux, seigneur d'Avors, en Gennes, diocèse d'Angers, protonotaire apostolique et abbé du Mont Saint-Michel, fut transféré, en 1570, à Saint-Melaine, en conséquence de la permutation précédente. Il mourut au mois de mars 1572.

 

-Etienne Proust  ou Le Proust, gouverna l'abbaye de Saint-Melaine de 1572 à 1574.

 

-Mathurin de Montalais, natif d'Anjou et aumônier du roi, prit possession de Saint-Melaine en juin 1575. Ordonné diacre en 1580, il devint chantre de Nantes en 1583. Il fut aussi abbé du Gué-de-Launay, au Maine, et prieur de Saint-Christophe, en Touraine. Il prit part, en 1583, au Concile de Tours, et présida aux Etats de Bretagne assemblés à Rennes pendant la Ligue. Il contribua beaucoup à l'établissement du collège des Jésuites fondé à Rennes, et mourut le 12 janvier 1603. Son corps fut inhumé dans la chapelle Saint-Benoît de son église abbatiale, dans un ancien tombeau élevé dans la muraille, du côté du Midi.

 

-Octave de Saint-Lary de Bellegarde fut nommé abbé de Saint-Melaine en 1603, mais il permuta avec l'abbé de Saint-Germain d'Auxerre. Il s'éteignit en 1648.

 

-Pierre du Lyon, seigneur de la Cave, maître des requêtes de l'Hôtel, fut d'abord nommé à l'abbaye de Saint-Germain d'Auxerre, qu'il quitta en 1603 pour avoir celle de Saint-Melaine. Ce fut lui qui introduisit dans ce dernier monastère, en 1627, la congrégation de Saint-Maur. Il siégea en 1629 aux Etats de Rennes et mourut en 1636.

 

-Louis de Nogaret de la Valette, fils de Jean-Louis, duc d'Epernon, et de Marguerite de Foix, comtesse de Candale, fut tout à la fois abbé de Saint-Saturnin, Saint-Victor de Marseille, la Grande-Forêt, Saint-Vincent de Metz, Gardes, Brasse, Berdon et Saint-Martin-des-Champs. Le roi le nomma en 1621 à l'archevêché de Toulouse, et le pape Paul V le fit cardinal du titre de Saint-Adrien. Il devint en 1637 abbé de Saint-Melaine ; mais, malgré les faveurs dont il avait été comblé, il quitta l'état ecclésiastique, alla commander les troupes françaises en Allemagne et en Italie, et mourut à Rivoli, près de Turin, le 28 septembre 1639.

 

-Thomas Isnard de Castello, comte de la Monta, clerc de Turin, abbé de Caramagne, en Piémont, et conseiller du duc de Savoie, fut nommé abbé de Saint-Melaine en 1639 ; il prit possession, par procureur, le 28 août 1640. D. Morice dit qu'il soutint les droits de cette abbaye avec beaucoup de fermeté jusqu'à sa mort, arrivée en 1659.

 

-Jules Paul de Lionne, fils de Hugues de Lionne, ministre et secrétaire d'Etat, et de Paule Payen, fut nommé abbé de Saint-Melaine en 1659, prit possession le 12 juin 1660, et permuta ce bénéfice en 1670 avec l'abbé de Châlis. Il possédait, en outre, les abbayes de Marmoutiers et de Cercamp, et le prieuré de Saint-Martin-des-Champs. Il mourut à Paris le 5 juin 1721.

 

-Jean François d'Estrades, fils de François d'Estrades, gentilhomme de la chambre du roi, et de Suzanne de Roquessa, fut pourvu dans sa jeunesse de l'abbaye de Bonnefontaine, au diocèse de Comminges. Nommé en 1646 évêque de Périgueux, il fut, l'année suivante, transféré à Condom. Etant en même temps abbé de Châlis, il permuta ce bénéfice avec Jules de Lionne, abbé de Saint-Melaine, résigna son évêché et vint se reposer dans cette dernière abbaye. Il reçut ses bulles d'abbé de Saint-Melaine en mai 1665 et prit possession de ce monastère le 14 août 1667 « Les bienfaits dont il combla cette maison, dit D. Morice, y ont immortalisé son nom ». Il mourut à Rennes le 12 juin 1685 et fut inhumé le 17, très-solennellement, au milieu du choeur des religieux.

 

-Jean François d'Estrades, fils de Godefroy d'Estrades, maréchal de France, et de Marie du Pin de l'Allier, neveu du précédent abbé, lui succéda à Saint-Melaine. Il fut aussi abbé de Moissac, ambassadeur à Venise en 1675 et à Turin en 1679, conseiller du roi, etc. Pourvu de l'abbaye de Saint-Melaine dès 1684, il mourut à Passy, près Paris, le 10 mai 1715

 

-Michel de la Roche, prêtre et docteur en théologie, chanoine et archidiacre de Paris, obtint l'abbaye de Saint-Melaine en 1715, dit D. Morice, mais il n'en prit possession que le 22 juillet 1721. Il mourut à Paris le 22 septembre 1724. Il était aussi abbé de Clairefontaine, au diocèse de Chartres.

 

-Mathurin du Bellay, fils de François-René du Bellay et de Marthe-Suzanne de Rochechouart, prêtre et docteur en Sorbonne, fut nommé par le roi le 20 mars 1725, mais il n'obtint ses bulles qu'en octobre 1728, et prit possession de son abbaye par procureur le 8 novembre de la même année. Prieur de Combourg et vicaire-général de Tours, il devint évêque de Fréjus en 1739. Ayant quitté son siège épiscopal en 1766, il conserva Saint-Melaine jusqu'en 1770, qu'il consentit à l'union de la mense abbatiale à l'évêché de Rennes. Ce prélat n'habita point Rennes, car il loua longtemps son palais abbatial à l'intendant de Bretagne. Il mourut le 19 décembre 1775 et fut inhumé dans l'église Saint-Sulpice de Paris, dans le caveau dit des évêques.

L'abbaye Saint-Melaine.

Octave de Saint-Lary de Bellegarde, mort en 1648

L'abbaye Saint-Melaine.

Louis de Nogaret de la Valette, mort en 1639

L'abbaye Saint-Melaine.

Jules Paul de Lionne, mort en 1721

L'abbaye Saint-Melaine.

Jean François d'Estrades, mort en 1675

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