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8 avril 2021 4 08 /04 /avril /2021 21:05
Le château de Montauban de Bretagne.

Le chef-lieu de la seigneurie était le château de Montauban, situé à une demi-lieue dans le N.-N.-E. de la ville du même nom, et qui semble avoir imposé son nom à la paroisse, nommée d'abord (aux XIIe et XIIIe siècles) Senteleium, en français Santelei, c'est-à-dire Saint-Éloi, qui est encore aujourd'hui le nom du patron de la paroisse. Ce château dans une situation très pittoresque, au bord d'un étang (le lac de Montauban), sur la lisière de la forêt de même nom, offre encore de hautes murailles et de grosses tours, beaux restes de l'architecture militaire du moyen âge. (Extrait de la seigneurie de Montauban et ses premiers seigneurs par M. Arthur de la Borderie). Nous avions abordé dans une précédente publication un article consacré à la famille de Montauban (voir La Maison de Montauban.), voici à présent une description de son château.

 

Cette importante forteresse appartenant à l'ensemble défensif des marches de Bretagne a fait l'objet d'une étude détaillée qui a permis de préciser son évolution. De l'enceinte primitive, deux structures subsistent la tour aux Anglais et la tour du Renard. La première située au NE de l'enceinte comporte 5 niveaux elle mesure 7,40 m de diamètre extérieur et ses murs ont de 1,60 à 2,70 m d'épaisseur. Les pièces ont une hauteur de 2,90 m. La tour présente des caractéristiques du XIIIe s., mais elle s'en éloigne par plusieurs aspects : si le niveau inférieur est un niveau aveugle de stockage tout à fait conventionnel, les nombreuses portes percées dans les autres niveaux laissent perplexes. Un accès au rez-de-chaussée, vulnérable en cas d'attaque n'est pas logique. En outre, la porte qui se rabat de l'extérieur ne pouvait servir à se retrancher. Selon la tradition orale, la tour tiendrait son nom des Anglais qui y auraient été enfermés pendant la guerre de Cent Ans. Elle pouvait en effet servir de prison et un évier installé sous la meurtrière au rez-de-chaussée pourrait correspondre à cette phase. On peut alors supposer que lorsque cette salle était isolée, l'étage pouvait servir aux gardiens, qui disposaient d'un accès particulier. La tour du Renard est une tour ronde de 13,20 m de diamètre extérieur, conservée au maximum sur une hauteur de 4 m. Il pourrait s'agir du donjon précédant l'installation du châtelet d'entrée. Cependant rien n'atteste de façon formelle cette hypothèse car les destructions, trop importantes, ne permettent pas de pousser plus loin l'analyse. Plusieurs structures permettent de comprendre l'évolution des espaces publics et privés. Le logis NE a été en grande partie rebâti avec des éléments du château récupérés et tous les sols ont été bétonnés, ce qui en rend la lecture impossible. Ses murs ont une hauteur conservée de 4,20 m. Au rez-de-chaussée, la petite salle 17,50 m x 7,50 m est l'ancienne habitation des fermiers. La grande pièce de 11,30 x 7,50 m est l'ancienne étable de la ferme, l'étage n'est conservé que dans sa partie sud; elle constituait une pièce annexe pour l'habitation des fermiers ou un grenier. Ce logis date en partie du XIVe s., quelques traces de ce premier état subsistent: il comportait une latrine et une cheminée, on accédait à l'étage où l'on trouvait une chambre avec cheminée par un escalier à vis. Sur un plan du XVIIIe, le logis est contigu jusqu'à la tour aux Anglais. Le châtelet qui le jouxte présente extérieurement une remarquable symétrie. Il est daté de 1430, par une inscription sur le parement extérieur de l'entrée mais une observation attentive permet de s'interroger sur l'homogénéité de l'architecture de l'ensemble. Les ouvertures ont toutes été plus ou moins remaniées. Contrairement à l'apparence extérieure, les salles intérieurement sont peu symétriques à cause d'une adaptation à des structures antérieures au XVe s. D'autre part, les deux fenêtres du niveau 4, qui ont des modénatures de la fin du XVe s., sont les seules dont la décoration est aussi travaillée. On peut donc se demander si le dernier niveau existant n'a pas été construit postérieurement aux autres éléments. Le «donjon» a longtemps été considéré comme roman. En fait, c'est un bâtiment carré hétérogène, qui a été l'objet de multiples remaniements. Il a une emprise de 10 à 12 m de côté pour 9 à 11 m de haut. Nous pouvons désormais en proposer une restitution. Les circulations se faisaient depuis le nord, c'est-à-dire depuis l'aile de logis disparue. La porte du rez-de-chaussée ne permettait pas de communiquer avec l'étage comme c'est le cas actuellement. L'escalier a été installé postérieurement, sans doute après le Moyen Âge. Les accès à l'étage se faisaient au moyen des deux portes murées et remaniées visibles sur la face extérieure nord. Une latrine constituait l'extrémité de l'espace à ce niveau. La cheminée subsiste, même si les murs de part et d'autre ont été entièrement repris. Une grande fenêtre, probablement avec coussièges, complète l'organisation de cette salle. La circulation entre les niveaux 2 et 3 se fait à l'intérieur, par l'intermédiaire d'un escalier à vis, monumental à l'origine. Il est désormais difficile d'imaginer vers quoi il conduisait puisque le denier niveau a été entièrement bouleversé. La seule chose dont on puisse être certain est qu'il existait un passage entre cette pièce et la courtine, peut-être lorsque la tour du Renard fonctionnait comme donjon et qu'on voulait permettre un repli facile dans sa direction. La datation de cet ensemble est relativement aisée. Il existait une structure de défense au XIIIe s., avec une archère sur la face ouest, qui a été en partie reprise dans des modifications postérieures (quand le château a été transformé en résidence). D'importants remaniements concernent le développement du confort au XVe s. l'installation d'une latrine à couloir et d'une grande cheminée au premier étage. Il constituait à l'origine l'extrémité du logis SO qui était en L. Lors de sa destruction, en 1487, les troupes de Charles VII ont bombardé et détruit toute cette partie de la forteresse. La surface totale estimée de cette aile du logis est de 275 m2. L'aile S.E. Disparue était adossée au donjon du côté est et de la courtine à l'ouest. Sa surface peut être évaluée à 150 m2. La fonction des pièces semble assez bien définie : cave au niveau 1, cuisine et pièce de réception à l'étage. Selon des fouilles effectuées au début du XXe, la grande salle aurait été pavée de tuiles historiées. Responsable de l'opération Jérôme Cucarull.

Le château de Montauban de Bretagne.
Le château de Montauban de Bretagne.
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