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26 juin 2021 6 26 /06 /juin /2021 14:49
Notre Dame du Roncier à Josselin.

D'après un auteur, se faisant l'écho d'une créance populaire, une chapelle dédiée à S. Léger ou Léodégar, évêque d'Autun, existait dans les premiers siècles de notre histoire, à l'endroit même où fut trouvé la statue de Marie. L'acte de fondation du château de Josselin, que le cartulaire de Redon nous a conservé, le fait connaître avec cette foi simple et grande dont notre histoire offre des exemples si nombreux. Fils cadet du comte de Rennes, il se nommait Guéthenoc et habitait le manoir de Château-Tro (voir Le comté de Rennes - Eudon II de Porhoët, duc de Bretagne.), dans la paroisse de Guilliers.

Un jour, confondu avec les paysans, ses vassaux, Guéthenoc de Porhoët, fils cadet des comtes de Rennes et seigneur du château de Thro, gravissait la colline de l'Oust, humble pèlerin de N. D. du Roncier. « A la vue de ce pays pittoresque, de la masse imposante des rochers, sur laquelle il pouvait asseoir une demeure seigneuriale, il résolut de choisir cet emplacement pour la construction qu'il révait. » Mais avant d'élever sa forteresse, Guéthenoc, touché de l'état où il voyait la chapelle de Notre-Dame, résolut de la rebâtir à ses frais. On voit encore dans les murs de l'église actuelle quelques vestiges de la construction du dixième siècle. Peu après, Guéthenoc de Porhoët mourut, laissant à son fils Josselin le soin de terminer son château et de commencer la ville qui devait porter le nom de ce dernier. Ainsi se rattache à un acte de piété la fortune de ce coin de terre aujourd'hui célèbre ; l'humble oratoire de Notre Dame a fait naitre le château, le château va susciter une ville importante (voir Le château de Josselin) N. D. du Roncier, reconstruite par Guéthenoc, vit grandir à ses pieds la cité nouvelle et tout autour étendait sa douce influence.

Notre Dame du Roncier à Josselin.

A la fin du XIVe siècle le château de Josselin appartenail au guerrier fameuxMessire Olivier de Clisson (voir L'immense fortune d'Olivier V, sire de Clisson.). C'est lui qui accompli l'oeuvre de la reconstruction. La première chapelle était romane -il en reste quelques piliers, aux chapiteaux fantaisistes, un peu lourds sans doute mais précieux comme souvenirs du monument primitif. Depuis le XIIIe siècle, l'architecture gothique, offrant dans l'élancement de ses Ogives et la variété de ses lignes un gracieux symbole à la piété chrétienne, avait orné de ses dentelles de pierre les murs des chapelles et des cathédrales. A Josselin, ce style expressif et riche fut naturellement adopté. En 1400, le généreux connétable fit restaurer le cheur et le carré central de l'église, qui prit dès lors un nouvel aspect. Du côté du château, s'élevait la chapelle Sainte-Marguerite communiquant avec le sanctuaire par une grille de granit divisée en deux compar timents que séparait une élégante colonne. La forme rayonnante du premier de ces compartiments, surmonté d'un M, ne laisse aucun doute sur l'intention d'imiter la disposition des pétales d'une paquerette, par allusion au nom de Marguerite. Nous avons vu que Marguerite de Rohan, veuve de Beaumanoir, avait épousé Olivier de Clisson. Le deuxième, formé de lobes diversement agencés et surmonté d'une fleur de lys, devait correspondre au siège du connétable. Le banc seigneurial, creusé dans le massif de la muraille, se trouvait en face de la grille de pierre, par où l'on avait vue dans le choeur . A gauche, près d'une petite porte par laquelle entraient les nobles châtelains, une élégante crédence avait été disposée pour recevoir leurs livres de prières.

Notre Dame du Roncier à Josselin.

Clisson n'épargna rien pour orner magnifiquement cette chapelle. D'habiles artistes en couvrirent les parois de peintures en détrempe presque effacées aujourd'hui. Ils y avaient représenté la Nativité de Notre Seigneur, l'Adoration des Mages, la Flagellation, le triomphe de sainte Marguerite sur le dragon infernal. Après ces grandes scènes religieuses, venaient des peintures profanes, représentant, si nous ne nous trompons, le château de Josselin tel qu'il était au commencement du XVe siècle et le paysage qui l'entourait. Trois tours attenant au principal corps de logis et reposant sur d'immenses blocs de rochers formaient un ensemble imposant. Une fière couronne de créneaux existait alors au-dessous des toits ent poivrière qui recouvraient les tours, et courait également sur les murs et autour des remparts. Une sentinelle, armée d'une lance et drapée dans un manteau rouge, garde le passage du pont qui réunit les deux rives de l'Oust, tandis qu'un homme, au vêtement ótroit, chaussé de souliers à la poulaine, s'avance au devant d'un autre personnage semblablement costumé et d'une dame vêtue d'une robe à longue traîne : l'habitant du château semble recevoir des hôtes attendus. Au-dessus des peintures murales de la chapelle, règne une bande rouge chargée d'M couronnés, reposant sur des phylactères qui portent la fière devise de Clisson : Pour ce qu'il me plest, et dans les enroulements des quels se cachent de gracieuses paquerettes. La chapelle existe toujours ; mais on dirait une ruine : une boiserie massive sépare le choeur de la grille de pierre si délicatement ajourée, la crédence est vide, le banc seigneurial a disparu et les antiques peintures tranchent à peine sur la teinte poussiéreuse de la muraille. Il est vrai que quatre siècles se sont écoulés depuis Olivier de Clisson. Le connétable voulut avoir satombedans le sanctuaire qu'il avait transformé. Il n'oublia pas d'exprimer ce désir dans le testament dont nous avons cité le début si pieusement naïſ. Après avoir recommandé son âme à Dieu nostre père et Créateur, à la benoiste et glorieuse Vierge Marie, à monsieur saint Michel et à toute la dévote compagnie.

Notre Dame du Roncier à Josselin.
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