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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 12:13

 

Quimper tombe aux mains des troupes de Blois : un véritable massacre est commis sur la population civile où l'on relève près de 2000 victimes. En vain Montfort mettra le siège devant la cité de Gradlon afin de la libérer. Quelques mois plus tard il tombe gravement malade et meurt à Hennebont le 26 septembre 1345, laissant une veuve et un jeune héritier.  Jeanne de Flandres à Hennebont (ci dessous)

 

 

Peu à peu les principaux antagonistes quittent la Bretagne et vont s'affronter en Normandie, et lors de la bataille de Crécy en cette fin août 1346, les troupes anglaises remportent une éclatante victoire sur les troupes françaises. L'année suivante au cours de la bataille de la Roche Derrien, c'est Charles de Blois qui est fait prisonnier* par les anglais et conduit à la Tour de Londres, désormais ce sera la guerre des deux Jeanne : Jeanne de Penthièvre contre Jeanne de Flandres. Capture de Charles de Blois à la Roche Derrien en 1347 (ci dessous) 

  

                     

 

*Estienne Gouyon fut au nombre des ambassadeurs envoyés en Angleterre en 1353 par Jeanne de Penthièvre pour traiter de la délivrance de son époux.

 

 

Combat des trente

 

 

 

Entre Josselin et Ploermel, ce samedi 25 mars 1351 se déroule l'un des épisodes de cette guerre de succession près du chêne de la lande de Mi-Voie. Trente chevaliers du camp Montfort affrontent trente chevaliers du camp Penthièvre.

 

«Le Comte de Montfort, compétiteur de Charles de Blois, avoit demandé du secours au Roi d'Angleterre, qui lui avoit envoyé des troupes commandées par des Capitaines expérimentés. Ces Anglais remplissoient la Bretagne de meurtres & de désolation, & les Gentilshommes Bretons cherchoient, avec empressement, l'occasion de leur rendre tous les maux qu'ils faisoient à leur patrie. Thomas d'Ageworth, Général Anglais, qui avoit fait prisonnier Charles de Blois à la bataille de la Rochederien, au mois de Juin 1347, fut attaqué, en 1350, à peu de distance de la ville d'Aurai, par le Capitaine Cahours qui avoit avec lui cent vingt soldats. Ce dernier remporta la victoire, & passa au fil de l'épée le Général Anglais & cent hommes qui l'accompagnoient. La mort de d'Ageworth irrita les Anglais, & surtout Richard Brembro, Commandant de Ploermel, qui, pour venger la mort de son ami, ordonna à ses troupes de sortir de Ploermel, de piller & ravager les campagnes, & de faire tout le mal possible aux habitants. Cet ordre ne fut que trop fidèlement exécuté. Ces Étrangers barbares se répandirent dans les environs, & traitèrent, avec la dernière rigueur, non seulement les Gentilshommes & les gens de guerre qui leur tomboient fous la main, mais encore les voyageurs, les laboureurs, les femmes & les enfants victimes innocentes exposées , ans défenfe, à la férocité d'un ennemi cruel. La Noblesse Bretonne, indignée de ce procédé, résolut de punir les coupables. Le Seigneur de Beaumanoir, Maréchal de Bretagne , héros cher à l'humanité, qui commandoit à Josselin pour Charles de Blois, fit demander un sauf-conduit à Brembro, & l'obtint. Il se rendit sur le champ à Ploerme, fit à cet Anglais les plus vifs reproches sur la conduite lâche qu'il tenoit, & lui demanda fièrement raison de toutes les hostilités faites, pendant la trêve, contre les loix de l'honneur & le droit des gens. L'Anglais ne put entendre ce discours sans colère, & répliqua fur le même ton. « J'admire, dit-il , qu'un Breton ose accuser un Anglais de lâcheté ! Quel est celui de votre nation qui s'est jamais rendu célèbre dans les armes Les Anglais, au contraire, ont rempli l'Univers de leurs hauts-faits, & méritent le premier pas entre toutes les nations du monde pour la valeur & le courage. La dispute s'échauffa, & les deux Capitaines s'aigrissoient de plus en plus l'un contre l'autre, lorsque Beaumanoir s'avisa d'un expédient pour décider tout d'un coup la querelle. Il lui proposa un combat d'un certain nombre d'Anglais contre un nombre égal de Bretons. Le défi fut accepté, ce nombre fixé à trente. Les deux chefs jurèrent de se trouver au chêne de mi-voie, dans des landes situées fur le chemin de Josselin à Ploermel. Beaumanoir, de retour à Josselin, raconta aux Officiers de sa garnison ce qui venoit de se passer entre lui & Brembro. Ils furent enchantés de trouver une fi belle occasion de fe signaler,& vouloient tous être du nombre des combattants ; mais la quantité étoit fixée, & on ne put satisfaire rempressement de ces généreux Chevaliers. Beaumanoir en prit vingt-neuf avec lesquels il se rendit, au jour & à la minute marqués, à l'endroit désigné. C'étoit le 27 Mars 1351, nouveau style, le quatrième Dimanche de Carême. Brembro se trouva aussi au rendez-vous, mais il y montra moins de fierté qu'à Ploermel : il parut même vouloir éviter le combat, & fit mille raisonnements pour persuader aux Bretons qu'il ne leur convenoit pas de sacrifier leur vie pour des intérêts particuliers, &: qu'ils fe dévoient à la patrie & au Prince qui se reposoit sur eux de la défende de ses Etats. Mais Beaumanoir, qui avoit pris son parti, lui dit nettement qu'il n'en seroit pas quitte à si bon marché, & que les Bretons n'étoient pas venus là impunément, Brembro vit bien alors qu'il n'étoit plus possible de reculer, & disposa ses vingt-neuf Chevaliers. Les Bretons en firent autant, & la bataille commença. Le choc fut sî violent que cinq des Bretons furent d'abord mis hors de combat. Les vingt-cinq qui restoient furent un peu ébranlés ils ne craignoient pas la mort, mais ils craignoient pour l'honneur de la nation dont ils étoient comme les dépositaires, & qu'ils l'alloient perdre s'ils ne remportoient la victoire. Beaumanoir, que ce motif élevoit au dessus de lui-même, les encouragea, & ils se battirent avec une ardeur que rien ne put réprimer. Après les faits d'armes héroïques, on convint, de part & d'autre, de se reposer pour prendre haleine &se rafraîchir. La trêve ne duracque quelques minutes, & le combat recommença avec plus de fureur que jamais. Brembro, qui croyoit que s'il pouvoit parvenir à désarmer le chef, la victoire ne balanceroit pas longtemps, courut à Beaumanoir, l'attaqua avec impétuosité, & le somma de se rendre, en lui disant qu'il lui sauvera la vie : mais, dans l'instant même, Brembro reçut deux coups qui rétendirent mort fur le champ de bataille. Cependant, Beaumanoir étoit blessé; le sang qui couloit de ses plaies & l'ardeur du combat lui causerent unesoif extrême : ilse retira un instant pour demander à boire. On dit que Geosfroi du Bois l'ayant apperçu, lui cria : Beaumanoir , bois ton sang , ta soif se passera. Ces paroles terribles firent une sî vive impression sur le héros qu'il rentra aussitôt dans la mêlée. Jusques-là, les Anglais s'étoient tenus serrés, & avoient, par ce moyen , résisté avec plus d'avantage. Guillaume de Montauban sortit tout à coup des rangs, comme s'il eût voulu prendre la fuite. Beaumanoir, qui l'apperçut, lui cria : lâche ! il te fera reproché à toi & à ta race. Montauban lui répartit : fais bien de ton côté je ne te manquerai pas; & sur le champ il pousse son cheval au travers des Anglais, les enfonce, les renverse, & fraie le chemin aux Bretons qui pénètrent dans les rangs ennemis. Dès lors, ce ne fut plus qu'un massacre : tous les Anglais furent tués ou pris. Plusieurs Gentilshommes avoient obtenu des sauf-conduits pour se trouver à ce combat, qui se donna à une lieue & demie de Ploermel, & à une lieue de Josselin, dans l'endroit où est actuellement une Croix de pierre qui a environ quatre pieds de hauteur, & que l'on appelle la Croix de La bataille des Trente, Elle est au bord de la route de Josselin à Ploermel.»

 

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Published by poudouvre
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