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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 14:13

La Motte-Broon

 

 

 

A environ 300 mètres à l'Ouest de la colonne, se trouve le parcellaire dit pré de Launay (section cf -1 /23 de l'ancien cadastre) les possesseurs signalèrent qu'il y avait là une chose curieuse: sur une certaine surface le foin qu'on y fauchait n'était jamais aussi dense quue sur le reste du pré. Cette indication était assez significative d'une construction disparue. L'emplacement d'un cercle d'une vingtaine de mètres de diamètre et une superficie elle même surélevée par rapport aux pièces voisines : le pré de la Mare et le pré Neuf. Serait ce l'emplacement du château et de sa tour ? Peu vraisemblable : la tradition place celui ci à 200 mètres à l'Ouest, et il n'y a pas traces d'une construction de pierre. Un colombier comme en possédait chaque maison noble ? L'idée un temps retenue fut abandonnée du fait de la découverte du site incontestable de celui ci dans une direction totalement opposée. Plus tard, après charruage, quelques menus fragments de terre cuite rouge furent glanés. Après analyse au laboratoire de Rennes, les débrits remontaient au moins au XIVème siècle : rien de sensationnel. Une supposition fut alors émise par notre chercheur : l'hypothèse des vestiges d'une motte castrale.* Quand la défense du lieu s'avèra insuffisante, la motte castrale fut abandonnée au profit d'une défense en pierre mieux adaptée, bâtie un peu plus à l'Ouest. La terre de la motte ruinée fut alors étalée ce qui expliquerait cette élévation constatée en ce pré de Launay. La Motte Broon se trouvait à un quart de lieue de Broons, à droite du grand chemin conduisant à Lamballe c'était à dix lieues de Rennes, dans un pays coupé de vallées et couvert de bois. L'endroit situé au dessous de la communauté Sainte Marie -intersection de l'ancienne nationale et entrée dans la rue de la Barrière : l'Artillerie, l'ancien nom de la Ville Ferron était la Tournoyaie. C'est monsieur Emile Ferron maire de Broons dans la seconde moitié du XIXe siècle qui rebaptisa l'endroit.. On immagine aussi des avant-défenses dans les environs : le Talard, le Plessix, la Plesse, Launay Chapelier où il faut peut être voir l'altération de Launay Chatelier. (notes laissées par M. Rouat)


 

 

 

Etoile Bleue : l'Artillerie Etoile verte : la Tournoyaie - Etoile rouge : pont du château avec actuelle colonne rond vert : présence présumée de la motte castrale.

 

Le centre archéologique d'Aleth avait mentionné la présence d'une motte castrale en ce lieu à proximité de l'actuel village de la Saudrais en Trémeur, et non de deux comme certain l'évoque. Hélas dans les années 80 le nouveau tracet de l'actuelle route nationale 12 a effacé ce dernier site. La présence d'une défense assise au milieu des tourbières et des marais permettait aux possesseurs de la Motte Broon de contrôler l'unique pont voisin qui enjambait la rivière proche de leur seigneurie. Des péages sur les marchandises transportées étaient ainsi perçues. La Maison terre et seigneurie de Broon, dit le P. Du Paz en 1619, est bien l'une des plus anciennes de Bretagne, et de tout temps a esté garnie de chasteau -maintenant ruiné, de ville champestre et bourgade de grand renom, en laquelle y a notable marché et foires de grand proufit et émolument, où se trouvent grand nombre de marchands. La quelle seigneurie s'étend en la paroisse de Broon et ès paroisses proches et circonvoisines. En laquelle y a grand nombre de vassaux, hommes et subjets tant nobles que roturiers. D'après les aveux et descriptions qui restent de celte terre, elle possédait le droit de haute-justice et, outre la paroisse de Broon, neuf grands fiefs ou bailliages qui s'étendaient dans celles de Trémeur, Caulne, Sévignac et Sainte-Urielle ****. Elle relevait directement du duc par son domaine de Dinan. On a longtemps vu à travers le nom de Broon la signification de colline, mais à présent on pense qu'il est fait allusion au marécage qui cernait la seigneurie, le terme Bron donna le patronyme à la famille qui prit le contrôle de la défense et aussi à la ville qui se développa à proximité. Évocation est faite du seigneur de la Motte Bron dans le conflit qui opposa en la première moitié de l'an mil le duc Conan II à son oncle Eudon de Penthièvre (voir le premier comté de Penthièvre, page n° 1). Ce dernier aurait reçut l'appui du puissant comte de Dinan et de son vassal le seigneur de Bron dans sa prétention à vouloir annexer à cet apanage appelé Penthièvre constitué des évêchés de St Brieuc et de Tréguier, et auquel l'insurgé ajouta ceux d'Aleth et de Dol. Pleard de Broon * est co-signataires de la fondation du prieuré de Jugon (voir Fondation du prieuré Saint Etienne de Jugon) confié à l'Ordre de Marmoutier par Olivier II de Dinan (voir Les Sires de Dinan, page n° 2.) et Agnorie de Penthièvre (voir le premier comté de Penthièvre, page n° 3) en 1109. Cillar de Broon témoin en 1199 du dédommagement accordé à l'abbaye de St Melaine pour la cession de l'église de Plumaudan à Beaulieu, son nom figure auprès de celui de Stephanus Goion :

«Ego Albertus S. Maclovii Minister humilis universis Sanctae matriis Ecclesiae filiis ad quos praesens cartula pervenerit , norum fieri volumus , quod Guillelmus Abbas S. Melanii Rhedonensis eum assensus Capituli sui simisit calumniam coram nobis Rollando de Dinan , quam diu haberunt Abbas & Monachis in parrochia de Plomauden in mercato & in decimi & in tribus medietariis ; & Dominus Rollandus de Dinan pro recompensacione praedicte calumniae concessit Abbatiae S. Melanii terram Stephani Clerici liberam & quietam , quae contingebat eum ex parte fuae matris, de qua dicitus Rollandus per singulos annos quinque denarios habere solebat : et insuper quoddam pratum & duo terrae jugera eidem prato adjacentia . Ut autem hoc donum in perpetuum ratum habeatur , praesentem cartlam nostro sigillo cum Chirographo secimus confirmari. Hujus rei testes sunt , ego Albertus Ep. Durandus Abbas Sancti Maglorii Lehonensis , Guillelmus Abbas S. Melanii , Johannes Abbas S. Jacobi Montistortis de Corlot, , Stephanus & Gauterius Capellani nostri, Robertus presbyter de Plomauden, Ogerius Capellanus Castri Lehon, Rollandus de Dinan, Herveus de Guiteio, Busselus Ruseri, Cillardus de Broon, Stephanus Goion, Johannes frater ejus & multi alii.»

 

***Pleardus de Brohorii

 

 

la Bataille de la Mansourah

 

Puis lors de la septième croisade en 1249, celui dont le sire de Joinville, compagnon d'armes de saint Louis relatera l'héroïsme lors de la bataille de la Mansourah : Guillaume de Broon :

«Devant nous, avoit dous serjans le roy, dont li uns avoit nom Guillaume de Boon et li autres Jehan de Gamaches, à cui li Turc qui s’estoient mis entre le flum et le ru, amenerent tout plein de vileins à pié, qui lour getoient motes de terres: onques ne les porent mettre sur nous. Au darrien, ils amenerent un vilain à pié, qui lour geta trois foiz le feu grégois. L’une des foiz, requeilli Guillaumes de Boon le pot de feu gregoiz à sa roelle; car se il ne fust pris à rien sur li, il eust estei touz ars»

 

Au cours du mois d'octobre 1252, Guillaume de Broon apparaît dans une charte relative à la fondation de l'hôpital de St-Malo -ou Maison Dieu.

Omnibus &c. Gaufridus Divina permissone Macloviensis Ecclesie minister &c. Intuita fepius egenorum per villam sancti Maclovii commentium egestate &c. proposei fundare in eadem villaa domum Dei, & asfensu capitulari deputatus est locus ad hoc inter domum Samsonis & Ecclesiam Sancti Thome, ita quod illa Ecclesia cedet in usum ejusdem domus &c. Ego dono in puram eleemosynam, eo intiutu, ut pauperes, debiles, & hospites resiciantus, mulieres decubantes in puerpetio seleventur, languentibus necessitia ministrentur, decimas quas per compositionem habui ab Hamone de Quehvriac, ab inso & àdesfuncto Radulpho fuo Patre in parochia de Broon possessas, additis decimisfeodi Gualterii de Broon militis defuncti 1c. Omnium autem predictorum transfero omne jus meum in Thomam Ribliouene civem Macloviensem nomine dicte domus Dei, quem ad presens constituo provisorem; hoc addito, quod neque Capellanus, neque alius undecumque admittetur in fratem ejuisdem Hospitalis fine cinsensu Episcopi & capituli Macloviensis precedente. Episcopus vero & capitulum ponent ibidem unum Canonicum, ficut fieri consuevit in aliis Ecclesiis pro libito eorumdem, qui Missam dictus fingulis tenebitur ibi bora debira celebrare. Et propter victum Canonicum, fictus fieri consuevit in allis Ecclesiis, pro libito corumdem, quid Missam dictus singulis ibi hora debira celebrar. Et propter victum Canonici ibidem deservientis precipiet deservientis êrcipiet capituum V, minas siliginis & avene per medium annis singulis in nunidinis de Dinanno in bonis Hospitalis; quod usque eedem decime de Broon ad hospitale devolvantur per mortem Magistri Guillelmi de Alnero qui usum fructum earum habet; & ex runc percipiet capitulum in bonis Hospitalis decem minas filiginis & avene per medium rantummodo pro victa Canonici, predictis anni singulis, in termino supradicto. Canonicus vero ibidem deserviens quartam partem aliprum proventuum, exceptis bladis Dominii Hamonis, à quibusumque collatis aut conferendis percipiet pto calcei & restitu. Jurabis autem Canonicus qui ibi fueri protempore, in institutione fua, Episcopo à quo curam recipiet pauperum; se fidelitatem proventuum pauperibus servaturum, & quod pro posse suo jure Ecclesie conservabit; &c. redett racionem proventuum pauperibus servaturum, quater in anno, coram Episcopo vel ejus allocato & Prioci loci & duobus Burgensibus ad hoc preelectis &c. Actum anno Dom. MCCLII . Mense Octobri. Que omnia à venerabili Petro Turon. Archiepiscopo pertimus confirmari. Titre de l'Eglise de S Malo.

 

Lequel croisé : Guillaume de Broon avait épousé Alix de Montafillant (voir La Maison de Dinan-Montafilan - Le château de Montafilant en Corseul - Le château de Montafilan en images), encore vivante en 1291. Leur fils Robert de Broon épousa une dénommée Orphaise; c'est leur fille Jeanne qui transporta le domaine de la Motte Broon à la famille du-Guesclin. Mais Jean de Broon est dit «issu de Robert, fut reçut avec quatorze autres Ecuyers à Corenzich le premier octobre 1388. Messire Guillaume de Broon * assista aux Etats de Bretagne en 1420. Jean de Broon, qui etoit de la Maison d'Artus, comte de Richmont, connétable de France, depuis duc de Bretagne -Arthur III. Fut fait Chevalier l'an 1440 au siège de Bray sur Seine, dans un titre de l'an 1442, il est qualifié de Messire Jean de Broon, Chevalier. Olivier de Broon, se trouva à la bataille de Formigny , en 1450, où les Anglois furent défaits et au Siège de Vire , avec Olivier Quelen , & autres Bretons, pour le service de la Couronne de France

»***Guillaume de Broon, figure dans les montres de du Guesclin son parent qu'il accompagna à travers ses campagnes durant la Guerre de Succession.


 

***C'est la famille d'Espinay qui au cours du XVII ème siècle put prétendre détenir tel droit de haute justice sur certains fiefs des paroisses voisines, après avoir acquis les seigneuries de la Motte-Broon, Limoëlan, la Marche, Yvignac....

 

«Guido de Thoarcio, dux Britannie, comes Richemondie, universis etc., Vestra noveris universitas quod Constancia, duchissa Britannie, comitissa Richemondie, legitima uxor nostra, in extremis dum ageret, nos rognavit (sic) attencius, et precepit, quatenus centrum solidos annuatim reddendos, quos in sanitate sua abbatcie sue de Boquian et monachis ibidem Deo servientibus promiserat, in nostri propriis redditibus, atque suis assingnaremus; nos autem adsensum mandatis ipsius largientes, et ipsius votum quod Deo voverat reddere cupientes, dicte abbacie dedimus quiquid ipsa habebat in terra de Ralastre, et insuper decimam que fuit Guillelmi abbatis antequam interfuisset occisioni Jervasii, illam videlicet decinam quam nos redeminus de manu filii Gebert; hec omnia pro predictis centum solidis eis cum adsensu filie nostre Aelidis que huic donacioni presens intererat assignavimus quiete et libere et pacifice in perpetuum possidenda ; abbas verodicti loci totiusque conventus concesserunt ut in eadem abbacia quidam sacerdos serviat in perpetuum, tam pro salute et prosperitate nostra, quam pro ipsius anima, nec non et pro animabus omnium fidelium defunctorum ; et, ne in posterum super hoc aliqua oriatur calomnia , sigilli nostri munimine hanc presentem paginam roboravimus , his testib : Ruallano fillio Cariis, eo tempore senescallo Pentheurie, Hamon preposito de Lambalio, Gaufrido Blanchart, Johanne de Bocinet, Alano de Hennon, Gaufrido de Broon, et pluribus aliis, anno ab incarnacione Domini millesimo ducentesimo quinto. (Arch. Des Côtes du Nord) Anciens évêchés de Bretagne par Jules Gestin de Bourgogne.

Gaufrido de Broon, témoin en 1205 d'une fondation effectuée par la duchesse Constance de Bretagne (voir ducs de Bretagne du Xe au XVe siècle, page n° 9 - ducs de Bretagne du Xe au XVe siècle, page n° 10 - ducs de Bretagne du Xe au XVe siècle, page n° 11-acte ci dessus, puis en 1221 apparaissent Robert de Broon et son frère Bertrand au sujet d une donation d'un quart de froment sur les dîmes de Plouasne, qu'ils effectuent au Prieuré Saint Magloire de Léhon (voir Le prieuré royal Saint Magloire de Léhon, page n° 3) :

«Ego Juhellus Dominus, Meduane et Dinanni notrum facio universis presens scriptum inspecturis quod Robertus de Broon & Bertram frater ejus dederunt Deo et Monachis Sancti Maglori de Lehon unum carterium de frumenti in decimo de Ploasne habendum in perpetuum & pacifice possidendu. Juraverunt eram predicti Rob. & Bertr.tactis sacrosanctis Evangeliis quod nec ipsi nec eorum heredes in eo de cetero nichil juris reclamarent. De hoc autem firmiter tenendo dederunt dicti R. & V. me & geredes meos plegios & custodes.Et ut hoc firmiter teneatur, presens scriptum feci figilli mei testimonio congitmavi. Actum apud Majus Mon. anno graciae MCCX. Mense Februario. Ce même Robert de Broon donne à l'évêque de St Malo les dîmes dont il dispose en Evran lesquelles seront accordées au Prieuré de Léhon. Reconnaissant, le comte de Dinan Juhel de Mayenne (voir Les Sires de Dinan, page n° 6.remet au dit seigneur de Broon une terre valant quatre livres de revenus. En 1211, deux autres membres de cette dynastie se distinguent : Ollivier de Broon et son frère Geoffroy donnant une perpétuelle aumône sise sur leur terre de l'Hermitage (voir Broons : la chapelle de L'Hermitage) à l'abbaye de Boquen (voir l'abbaye de Boquen, page n° 1).


 


 

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Published by poudouvre
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