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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 10:24

 

 

 

 


 

La présence d'une motte castrale en ce lieu indique qu'aux environs de l'an mil, lors de la réorganisation de la société bretonne, l'endroit fut confié à l'une de ces puissantes familles qui adopta pour patronyme celui de cette paroisse d'élection : Dolo. La famille noble de Dolo, était pour cette seigneurie du Lou d'abord vassale des châtelains de Dinan -jusqu'à la fin du XIIe siècle, puis des puissants Penthièvre. Les armes de cette famille étaient «de gueules à 10 billettes d'argent»- voir ci dessous les armoiries de cette famille. Outre la motte castrale *, les très anciennes chroniques nous apprennent que ici s'y exerçait la haute, moyenne et basse justice, avec fourches à 4 pots au bourg de Dolo et titre de vicomté relevant de Jugon, l'endroit disposait aussi d'un colombier. Eudes de Dolo cité en 1253 au sujet de la terre du Rosaire à Plérin, lequel Eude est donné fils d'autre Eudes et de Bénévanta qui vivaient en 1248 d'après une charte de l'abbaye de Boquen «Eudo Dolou miles, Benevanta uxor ejus et Eudo promogenitus filius». Rolland de Dolo cité en 1253 pour vente de terres situées en Uzel à Thomas de Chemillé. En 1261 Gaufridi Dolou apparaît en tant que «militum», témoin de Geoffroi Tournemine, lors d'une donation de ce dernier en faveur de St Aubin des Bois, lequel Géoffroi de Dolo avait épousé Sibille Tournemine fille dudit Olivier seigneur de la Hunaudaye. 1263 Aumône de la famille Dollou, en Sévignac «Universis, etc., Robertus de Margarou, inne temporis capellanus de Sevignac, salutem in Domino. Noverit universitas quod in nostra presencia constitutus Johannes Dollou, fillius Guillelmi Dollou, recognovit quod religiosi viri abbas et conventus beate Marie de Boquian Cist.,ord., habebant in decima sua de Sevignac unum cartengium frumenti, annui redditus, ad mensuram venalem de Sevignac, ex dono Doiete matris sue; etc. Datum anno Domini M° CC° septuagesimo tercio, apud Lagloire, die domini in festo Fabiani et Sebastiani(Arch. des Côtes du Nord.-Copie de la Cour de Jugon 1347.) Jean de Dollou cité à Saint Cado en Sévignac dans une charte de Boquen en 1274 comme faisant don d'une aumône à l'abbaye de Boquen : «Universis, etc., Guillelmus de Alneto, miles, salutem in Domino. Noverint, quod Johannes Dollou,deffunctus, cujus executor testamenti islo (sic), dedit ultima voluntae sua, et concessit Deo et abbacie beate Marie de Boquian, et monachis ibidem Deo servientibus pro remedio anime sue, antecessorum et successorum suorum, unum decima, frumenti, ad mesuram velanem de Sevignac, dictis religiosis et corum monasterio, jure hereditario, singulis annis jabendum et percipiendum superdecima sua de Sevignac, sicut nobis constat certissimo et in ejus Johannis testamento, sigillis autenticis sigillato; continetur, etc. Datum di lune, in festo beati Gerorgii, anno Domini M° CC° septuagesino quarto».

 

 

* la Motte castrale se trouvait dans un bosquet situé à l'angle de l'étang et de la cour du manoir, face aux bâtiments, des avant-défenses pourraient avoir été à l'époque féodale aménagées dans les environs immédiats du Loup.

 

 

 

 

 

Les arrières du manoir avec armoiries

Dolo et Dolo bis, Le Voyer de Trégomar, Calloët et de Lannion

 

En 1332, noble écuyer Eonnet Dollou fils d'Eon Dollou épouse Aliette de Plédran, fille de Henry III de Plédran et de Alix du Mottay. Il semble que très vite, semble-t-il suite à une alliance cette famille ait quitté la paroisse d'origine dont elle avait adopté le nom et se soit établie à Plaintel. Parmi les co-signataires du second traité de Guérande «le pétulnième jour d'avril 1380» figure Rolland de Dolo. Jeanne de Dolo épousa Rolland Gauteron de la terre et seigneurie du Plessix Gautron en Sévignac, lequel Rolland Gauteron était Conseiller du duc et Sénéchal de Lamballe en 1470. Le dit Rolland adopta les armoiries de la famille de Dolo et fut titré sieur de la Ville Maingy et vicomte de Plaintel. Leurs descendants se sont fondus dans la puissante famille de Robien. En 1440 Olivier Le Voyer de Trégomar possède cette seigneurie du Lou, il était marié à Alice d'Angoulvent, leur fils Olivier Le Voyer de Trégomar épousa Alix de Mauny, il exerçait la charge de chambellan auprès du duc François II en 1461. Leurs gisants encadrent le porche de l'église de Trégomar (ci-dessous). En 1513 : La maison et métairie du Lo appartenant à Bertrand Le Voyer, sieur de Trégomar, personnes & maisons nobles, marié à Suzanne Bois Travers. Jacques Le Voyer, sieur de Trégomar, fils des précédents était gentilhomme ordinaire de la Chambre, et capitaine de cent lances. Il disposait aussi de deux foires d'après autorisation rendue par le roi Henry II, l'une : la foire de la St Marc se tenait au village du Marchix. Pierre Le Voyer, chevalier, seigneur de Trégomar marié à Claude de Névet. Leur fille : Bonnaventurette Louise Le Voyer, dame de Trégomar et du Lou, épousa en 1678 Charles René de Guer marquis de Pontcallec fils de Alain de Guer marquis de Pontcallec et de Renée Françoise de Lannion. Bonnaventurette Louise Le Voyer devint héritière du Lou. Ils étaient parents du célèbre conspirateur le Marquis de Pontcallec (voir Les troubles en Bretagne sous la Régence, page n° 6 - Les troubles en Bretagne sous la Régence, page n° 7 - Les troubles en Bretagne sous la Régence, page n° 8 -fin ). Vers 1680-1683, elle hérita de la seigneurie qu'elle vendit pour la somme de 3712 livres en 1692 à chevalier seigneur Guillaume Jacques de Calloët, titré alors vicomte du Lou. En réalité si le domaine fut vendu, c'était pour permettre à Alain de Guer marquis de Pontcallec et à Renée Françoise de Lannion de se libérer de la caution offerte à Jean de Guer : celui ci n'ayant pu payer la somme de 136.000 livres pour l'office de sénéchal du Présidial de Vannes que ce dernier avait achetée de la veuve des Vaux Berminiac. Guillaume Jacques de Calloët trépassa le 23 novembre 1729, son coeur fut déposé en la chapelle Kermaria-an-Isquit à Plouha. En 1740 le sieur de Calloët de Trégomar implore le roi afin de lui accorder par lettres patentes d'érection en marquisat de la terre et seigneurie du Lou Trégomar et de lui accorder l'établissement d'un marché dans la paroisse de Dolo. Dans la seconde moitié du XVIIIème siècle on trouve messire Pierre François de Calloët pareillement titré vicomte du Lou, il avait racheté les terres à son frère cadet messire Marie François de Calloët. Messire Pierre François de Calloët épousa Julie-Perrine Gicquel du Nédo. Le 2 mai 1786, leur fille Lucie Calloët épousa messire Agathon du Bouëxic Guichen, seigneur de la Botterais. Pierre François de Calloët mourut cinq ans plus tard à Plouha : « Ce jour vingt trois janvier mil sept cent quatre vingt onze le corps de Pierre François Esprit Bazile de Calloët de Trégomar agé de soixante douze ans décédé d'hier a été inhumé dans la chapelle domestique de Kermaria-an isquit en cette paroisse..

 

 

 

 

 

Arbalétrières XIIIe également appelées meurtrières en croix ou archères cruciformes

 

 

 

Enfeus de Trégomar

 

Juridiction du Lou

 

1761-1789 Audiences tenues au bourg de Dolo par Maîtres Le Héricé et Thébaux, sénéchaux-Mandement de Procureur accordé à Vincent Hallouët par messire Pierre de Calloët, baron de Trégomar, vicomte du Lou. Plaids généraux tenus, par anciens privilèges, le lendemain de la foire Saint Marc, au village du Marchix-Evocation des débitants afin de faire étalonner les pots et pintes dont ils se sont servis, et payer à la seigneurie un pot de liqueur, pour droit de bouteillage.-Appropriement du contrat d'acquêt obtenu par Jacques Le Jeune, d'une maison située à Cangué, dîte l'hôtel de la Guerine


1762 Minutes du gref. Tutelles et curatelles des enfants de : feu Louis Lucas et d'Anne Drouart, de Pierre Le Breton et de Mathurine Caresmel. Emancipation de Jeanne Lereste. Décrets de mariage entre : Mathurin Veron et Françoise Massé; Anne Saille et Mathurin Leclerc, procureur fiscal de la juridiction de Beaumanoir-Lymoëllan. Enquête faite pour rechercher les parents collatéraux de Jean Jégu, décédé sans laissé d'héritiers. 1762-1782 Minutes du greffe. Scellés, inventaires, ventes et partages concernant les successions mobiliaires de : Gillette Desvaux, veuve de Jean Gaultier; de Jean Veillon; de Marc Rochefort. Mainlevée de la succession immobiliaire de maître Léonard Gesfros accordée à Pierre Le Breton. Mesurage, prisage et partage des héritages roturiers provenant tant du propre que de la communauté de Mathurin Oger, de Catherine Gesret et de Laurent Oger leur fils, tous décédés à la Ville Anquetin en la paroisse de Dolo. 1762-1789 Procédures, sentence du sénéchal : portant qu'il n'y a pas lieu de procéder à la succession mobilière de Jean Botrel et de Jeanne Henry sa veuve; condamnant de Julien Radier et sa femme d'avoir maltraité Toussaint Leclerc, à payer les frais des médicaments; Guillaume Leray qui a volé un cheval à être pendu sur la place publique de Dolo. Poursuites dirigées par le Procureur fiscal contre Jean Petitbon, afin d'obtenir l'aveu des héritages que ledit Petitbon possède sous la seigneurie du Lou au fief du Margaro. Déclaration de grossesse par Jacquemine Rouault. Une affaire criminelle impliquant le dit Yves Thomas de Dolo en 1727 est jugée à Lamballe.

(Merci aux Archives départementales des Côtes d'Armor)

 

Attachés de justices

 

 

Me Thomas Camereux, sieur du Champhay en 1648

Me Jan Henry, en 1669

Me Laurens Urvoit en 1669

Me René Gaultier, en 1672

Me Jan Paty, en 1673

Me Pierre Geffros, en 1674

Me Guillaume Toulemouche, en 1678

Me Alain Petibon, greffier de la juridiction du Lou en 1679

Me Louis Esnault, procureur fiscal en 1679

Me Bertrand Urvoit, en 1679

Me Jan Lemée, en 1684

Me Laurend Urvoit, en 1684

Me Guy Gesbert en 1688

Me Rouault, greffier de Jugon en 1689

Me Pierre Saihier, sieur de ChampHay en 1719

Me Jacques Collas, en 1698, notaire +1729

Me Pierre Saihier, sieur du Champhay en 1710 sénéchal du Lou des Clos marié à Ursulle Radegonde Quinot (voir Des inscriptions gravées sur des linteaux de fenêtre au Chêne-es-Choux en Dolo)

Me René Pringault marié à Jacquemine Leffroy, en 1711

Me Jacques Pringault, sieur de la Brousse, en 1711

Me Jan Henry, procureur de la juridiction du Lou en 1727 demeure la Ville Nouée (voir Des inscriptions gravées sur des linteaux de fenêtre au Chêne-es-Choux en Dolo)

Me Bertrand Béreschel, greffier & notaire au Lou en 1728

Me Pierre Collas, notaire en 1734

Me René Saihier, en 1734 

Me Jean Brunet, en 1751

Me Jacques Sevoy, sieur de la Ville Josse en 1755

Me Lemée, notaire, en 1784

Maître Hervé, notaire greffier, cité en 1784

Me Pilorget, procureur fiscal en 1784

Me Guerin, greffier en 1784

Me Thébault de la Chaubidais juge et sénéchal de la juridiction du Lou, en 1784

Me Rebours, juge en cette partie attendu la vaquance de la charge de sénéchal, en 1784

 

 

 

 

Fermiers au Loup :

 

Pierre Henry, laboureur demeurant à la mestayrie du Lou épouse Jacquemine Le Bigot en 1673

Louis Reboux et Marie Henry demeurant à la maison noble du Lou en 1683

Jean Colas et Pétronille Houée, demeurant à la maison noble du Lou en 1778

Cette famille Collas était déjà présente au Lou en septembre 1637, deux membres de cette famille tuèrent d'un coup d'arcquebuse le praticien qui s'en allait donner les soins à travers la campagne : un certain sieur Henry dont le foie fut fracassé. Il devait mourir 15 jours plus tard. La famille Locminé fut la dernière à avoir exploité l'endroit au cours du XXe siècle.


 

 

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Published by poudouvre
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