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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 14:23

 

 

 

 

Actes du duc Jean V touchant à Jugon :

 

-4 mars 1398 -«Mandement donné à Vennes par Jean duc de Bretagne, comte de Richmond, pour signifier à Jehan Moayesen, officier de Jugon, que l'abbaye de Boquen étant de fondation ducale, ses sujets du village de Renlastre sont exempts du guet au château de Jugon...

 

-Mandement au seneschal de Jugon, sur la suplication Colin du Cran, de moderez certain taux qu'il est tauxé comme plege de son frère, lequel a esté exécuté, et selon la faculté de ses biens.

 

-Mandement au(x) seneschal, alloué et procureur de Rennes, et à autres officiers leurs lieutenans, sur la suplication de Jehan Legris, de lesser led. suplient et ses complices, qui furent detenteurs du chastel de Jugon, (joir) du pardon que Mgr leur en fist auctresfroiz, non obstant qu'il ne puisse pas aparoir la lettre originale d'iceluy pardon, car il ne y en eut que une. Et ce autre chose a esté fait à l'encontre à l'encontre, qu'il ne soit à aucune consequance.

 

-20 novembre 1409.-Mandement du duc Jean adressant à Jean Manzal receveur de Jugon, par lequel il lui mande que, ces deniers provenans de la jouissance des heritages qui apartenoient aux rebelles ayant suivis le partiy d'Olivier de Blays, siituez en lad. Recette, il face la mise des reparations necessaires au chasteau dud. Jugon par l'ordonnance de Jan de la Chapelle, ch(ancelli)er et chambellan dud. Sgr -Signé Thomas Hervé. Marguerite de Clisson épousa Jean duc de Châtillon* le fils de la malheureuse Jeanne de Penthièvre, et son objectif était d'enlever le duc et de placer son époux sur le siège ducal breton. Précisément le 29 octobre 1419 le duc Jean V séjournait en son château de Jugon. En 1420 piège fut tendu au souverain qui fut fait prisonnier au château de Clisson. Margot de Clisson tentera en vain de justifier pareil acte de lèse majesté, la Bretagne étant lasse de cette guerre civile et il fallut rendre la liberté au duc Jean V. C'est Jean V qui ordonna en 1420 que le château de Jugon et ses fortifications fussent démolies, et bientôt plus aucun vestige ne fut visible.


 

***Le traité de Guérande qui mit fin à la Guerre de succession de Bretagne stipulait que le dit Jean de Châtillon, fils de Jeanne de Penthièvre épouserait Jeanne de Bretagne soeur aînée du duc Jean IV, mais une fois monté sur le trône ducal, Jean IV ne se soucia pas de cette promesse. Jéhan du Faou fut capitaine de Jugon en 1458, dix ans plus tard il devint chambellan du duc, Jean Gaudin prêta serment au même duc François II en 1470, il fut capitaine de Jugon, Charles du Parc lui succéda à ce poste de Jugon en date du 4 juin 1470. «François, par la grâce de Dieu Duc de Bretaigne, Comte de Montfort, de Richemont, d'Estampes et de Vertus, à tous ceulx qui ses presentes lettres verront, Salut. Sçavoir faisons que plus à plein confiant & acertenés des sens, vaillance, loyauté, prudhomie & bonne diligence qui sont en la personne de nostre bien aimé & féal Chambellan Charles du Parc, iceluy pour icelles et autres causes à ce nous mouvant, & mesme en considération de bons & agréables services que paravant ces heures il nous a fait & fait par chacun jour, & espérons qu'il fera au temps avenir, avons aujourd'hui institué, establi & ordonné & par ces présentes instituons, establissons & ordonnons Caoitaine de nostre place & forteresse de Jugon, aux gages, droits, honneurs, prérogatives, profits & émolumens qui y appartiennent, en destituant & déchargeant par ces mesmes Presentes Payen Gaudin, quel par avant ces heures y avions institué Capitaine; & audit Charles du Par dud. Office de Capitaine faire & exercer par lui & ses Lieutenans, dont il répondra par le serment qu'il nous a fait de bien & loyaument foy porter, & de n'en rendre ne bailler la garde de nostred. Place, fors à nous, om par nostre exprés commandement , & les pleges & cautions que de ce qu'il nous a baillé, avons doné et donnons plein pouvoir, autorité & mandement especial. Mandons & commandons à tous nos feaux et sugets en faisant & exerçant led.Office de Capitaine, estre aud. Charles & a sesd. Lieutenans & Commis obéissans & diligemment entendans; car il nous plaist. Donné à Nantes le 4. jour de juin l'an 1470. Signé François. Par le Duc, de son commandement, R. Le Gouz.

 

Par vertu dud. mandement, le 13. jour desdis mois & an, Bertran du Breil, Seigneur du Guillier, Lieutenant desd. chasteaux & forteresses, sous noble Escuyer Pean Gaudin, les remis entre les mains de noble homme Charles du Parc Seigneur de la Motte, & Chambellan du Duc, nostre Souverain Seigneur., avec inventaire de ce qui estoit. Signé, E Le Gallays, Jehan Die, Passes. Mem, de Mollac.» Le 8 mai 1490, la duchesse Anne de Bretagne faisait publier un mandement «..par lequel est prohibé et défendu aux gens d'armes de la Hardouynais et autres tenans leur party, de non prendre nuls ne aucun vivres, biens ne autres choses, des paroessiens de Saint Etienne Saint Malou de Jugon et Mégrit ». Scellé devant le vice chancelier le 8 mai 1490. Jéhan de Coëtquen est garde du chatel et forteresse de Dinan et de Jugon en 1496, preuve que la défense de Jugon n'a pas été détruite. En 1535, à la mort d'Antoine de Montbourcher, le roi François Ier confia la capitainerie de Jugon à Jean II duc de Cambout, mais le vieil homme fort âgé mourut le 8 octobre cette année là. En août 1558, Olivier Rouxel, Sieur du Fresnier, le sieur de Balangar fut désigné à Jugon comme l'un des cinquantes arquebusiers de l'arrière ban de Vannes. Aux dires des témoins, le château de Jugon ne fut complètement démoli que suite aux guerres de la Ligue, car en réalité c'est un arrêt du Parlement de Bretagne daté de 1616 qui ordonna aux officiers de la juridiction de Dinan de procéder sans retard à la démolition de ce qu'ils jugeaient préjudicier à au service du roi «en ce qu'il reste de la geôle dans les ruines de Jugon, et enclos qui sert de prison à la juridiction situé ès dites ruines, de sorte que personne ne puisse y loger». Cette geôle, quelques pans de murailles presque à fleur de terre, et les vestiges d'une petite tour devant la maison dite de Bertrand sont tout ce qui reste de ce qui fut le château de Jugon...Voilà ce qu'écrivait Pol Potier de Courcy. Sans nul doute que l'ordre donné mettait un terme aux guerres qui avaient vu des ligueurs détenir ici et là des points défensifs comme la Motte Broons et Jugon -voir chapitre consacré à la Ligue. On a cependant conservé cette remarquable cheminée visible dans l'un des hôtels de la place centrale, ci dessus.

En 1838, on apercevait encore des ruines du cachot et quelques pans de murailles, presque à fleur de terre, à l'exception d'une petite tour devant la maison dite tour Bertrand; Gustave Flaubert passa à Jugon en 1847, il décrivit ainsi l'endroit :

«Après Lamballe, c'est Jugon dont on disait jadis qui a Bretagne sans Jugon, A chape sans chaperon et qui maintenant est une bourgade éparpillée à côté d'un étang. Il reste quelques débris de la forteresse que Jean V a détruite en 1420. Ils servent de caserne à une brigade de gendarmerie»
 

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