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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 07:59

En 1759, la paroisse de Plénée alors désignée "Plenest", compte environ 4.500 âmes, son bourg est situé à trois lieues de Lamballe,  à deux de Broons  et à une demie lieue du grand chemin de Rennes à Brest. C'est un pays bas, plat et aquatique. Le mal y fut transporté par le nommé François Macé qui en mourut le 7 novembre 1757, & qui l'avoit contracté dans une petite paroisse adjacente, nommée Tramain, composée de 642 âmes, dont 464 eurent cette maladie, & 86 en périrent.  Le nombre des morts auroit été beaucoup plus considérable sans les grandes aumônes que madame la comtesse de  Froulay & plusieurs autres personnes charitables y firent distribuer. M. Le Bret, intendant  de Bretagne, informé des ravages que faisoit cette maladie, me donna ordre le 4 Mars 1758 de m'y transporter avec deux autres personnes pour secourir les malheureux, arrêter le progrès de la contagion, & lui dresser un mémoire de ce que nous observerions. Le voici tel que j'ai eu l'honneur de le lui présenter.

L'épidémie de Plénée

Symptômes

 

Cette maladie s'annonce par des symptômes qu'on peu diviser en deux classes. Les uns se trouvent toujours ensemble & dans tous les malades; je les nomme essentiels; les autres ne se rencontrent jamais tous à la fois dans les mêmes sujets, je les appelle accidentels. Ceux de la première classe sont un violent frisson qui dure plus pu moins long tems, un grand mal de tête avec des battements qui subsistent depuis le commencement jusqu'à la fin, suivi de chaleur, d'accablement,  comme si les malades étoient brisés, de difficulté de se mouvoir, du dégoût de tout alimen & de toute boissons, si ce n'est d'eau chaude & de cidre, d'un pouls petit,  fréquent, concentré, dur, intermittent, & d'une éruption cutanée qui paroît du premier au troisième jour . Ceux de la seconde classe sontt de deux espèces, les uns qui accompagnent ou suivent de près les signes essenciels; les autres plus rares , qui ne se remarquent qu'au bout de quelques semaines. Les plus fréquentes sont l'amertume de la bouche, les nausées, les vomissements, les diarrhées, les vers, douleurs  au creux de l'estomac ou sous le cartilage xiphoïde, au ventre qui augmente quand on le presse, oppression, mal de poitrine, de gorge, chaleur interne ou altération, langue noire, sèche, râpeuse, mal au col, au côté, au dos, aux lombes, à toutes les articulations & dans tous les muscles des des extrémités supérieures &  inférieures. Les signes les plus rares sont le flux de sang, vomissement de sang, hémorragie du nez, l'enflure des bras, des jambes qui  abcedent ou coulent sans suppurer,  des furoncles, surdité, fluxion sur les yeux ou sur les oreilles, qui change alternativement de côté, affoiblissement de la vue, ou aveuglement entier qui se guérit par l'enflure  & l'écoulement des jambes, très peu parotide (je n'en n'ai vu que deux) -sic.

 

Observation sur les symptômes

 

Les règles des femmes ont presque toujours apparu avant le 15 du mal. Les femmes enceintes ont toutes accouché pendant la durée du mal, à quelque terme que ce soit, d'enfans morts ou qui ont vécu très peu d'heures. L'éruption cutanée dégénère le plus souvent en gale, à cause de la démangeaison qu'elle excite, du défaut de linge, & de la mal-propreté des malades. Ceux qui n'ont m al qu'à la tête, aux extrêmités, au col, au dos ou aux lombes, n'ont ordinairement ni nausées, ni vomissemens, ni altération; la langue est un peu blanchâtre & humide. Ceux qui ont mal à l'estomac; ont des nausées et des vomissemens, les uns leur sortent le plus souvent par la bouche. Ceux qui ont le ventre tendu, souffrent beaucoup moins dans les extrémités.

 

Observation sur le sang

 

Celui qu'on tire les premiers jours est épais , visqueux, sec, d'un rouge écarlate, se coagulant promptement. Celui qu'on tire du huit au dix, est jaunâtre, conéeux, fluxionaire, marqué de tâches bleues; la férocité qui surnage quand il y en a , forme un coagulum transparent, comme de la gelée de viande, tandis que le dessous est très noir. Celui qu'on tire au bout d'un mois ou  six semaines, est bleuâtre,  verdâtre, noirâtre, ne se coagulant qu'avec peine, & formant avec la lymphe une espèce de bouillie; ou s'il n'y a pas de lymphe, elle est gélatineuse.

 

 

Observation sur les ouvertures des cadavres

 

Nous avons trouvé à la première ouverture tous les vaisseaux de la dure & piemere engorgée de sang, les substances corticales & médullaires du cerveau , parsemées d'une infinité de vaisseaux sanguins très rouges, & très dilatés, (celles du cervelet en avoient beaucoup moins). La partie inférieure des lobes du poumon du côté gauche, très noire & très engorgée de sang, les lobes du côté droit très flasques et très désséchés.  Toutes les ramifications des artères mésentériques supérieures & inférieures  remplie d'un sang noir & coagulé, les intestins un peu livides, et contenant beaucoup de vers. La seconde ouverture nous fit également voir tous  les vaisseaux des méninges remplis d'un sang noir & coagulé , un nombre prodigieux de vaisseaux capillaires sanguins & variqueux répandus dans toutes les substances corticale, & médullaires du cerveau, et du cervelet, le côté droit du poumon gangréné & purulent, du côté gauche, plus noir & plus  engorgé, mais moins purulent...

L'épidémie de Plénée

Hélas, de retour d'une expédition à Duisbourg, les matelots qui mettent pied à terre ignorent le mal qu'ils vont propager, d'abord à Brest, puis aux entours de Lamballe et de Plénée. La première victime précédemment signalée s'appelait François Macé : "le huit de novembre mil sept cent cinquante sept  le corps de François Macé âgé de cinquante deux ans vivant époux de Françoise Guéguen, décédé hier après s'estre confessé à missire René Demoulin curé et après avoir receu  le Saint Viatique et l'extrême onction a été inhumé dans le bas de cette église en présence de René et Pierre Macé ses fils, qui ont déclars ne savoir signer de ce interpellés suivant l'ordonnance ". Signature : J:Chesnay R(ecteu)r. Trente décès sont imputables à l'épidémie, mais à partir du mois de février de l'année suivante, la situation s'agrave, le chirurgien en exercice à Plénée, un dénommé Desfontenelles est très vite débordé, le dit recteur Chesnays alerte alors le subdégué de LamballeMicault de Soulleville,  afin de l’avertir de la situation et réclamés  des secours urgents. Après en avoir référé à l’intendant Le Bret, Micault de Soulleville envoya à Plénée le Dr Moucet, médecin du Roi à St Malo,  le 4 Mars 1758.  Très vite celui-ci se mit au travail assisté de deux chirurgiens de Lamballe : Leblanc et Bardet.  Les symptômes furent recueillis : frissons violents, maux de tête, sentiment d’apathie, parfois, les cas les plus graves s’accompagnaient de nausées, vomissements, diarrhée, vers intestinaux  jusqu’aux saignements de nez et apparition d’éruptions cutanées.  Le docteur Moucet et ses assistants prennent des mesures, ils pratiquent les saignées comme c’était la coutume répandue alors, des vermifuges sont prescrits. Nos praticiens  vont de villages en villages, dans toutes les parties de la paroisse, des villages entiers sont affligés par le mal. On trouve des six ou sept dans une maison, des deux ou trois par lits, ou sur la paille.  Tous les malades ne font pas cependant appel aux praticiens, on craint en effet de devoir payer, des soins qui en réalité sont gratuits. On  organise des secours, des bouillons, du pain et de la viande sont distribués par les notables et quelques bonnes âmes charitables, mais le mal  progresse, Le Gouray est à son tour victime de l’épidémie.  L’évêque de Saint-Brieuc écrit à l’intendant pour réclamer des secours plus importants, afin de se rendre compte par lui-même de la situation, l’intendant Le Bret se rend sur place, avec lui il emmène le docteur Busson, médecin de la faculté de Paris. Tous se réunissent au presbytère de Plénée avec l’ensemble des recteurs des paroisses voisines, pour fait le point et prendre des mesures..  Déjà depuis le début de l’épidémie, Plénée compte 130 morts, et ce n’est pas tout, elle continue de faire ses ravages, du 7 au 12 avril déclare le Dr Moucet au subdélégué, nous avons eut 18 morts de plus, toutefois, au début du mois de mai, une lettre qu’il envoie à l’intendant laisse entendre que la maladie commence à décliner. Hélas, c’était crier victoire un peu tôt, Le 9 avril, la situation s’aggravant, on dépêche le Sr de Montigny, chirurgien à Jugon.  Langourla  touché par l’épidémie voit l’arrivée d’un charlatan nommé Pellerin, mais  c’est Dufresne, qui va se rendre chez un dénommé Jean Lucas, afin de pratiquer chez ce défunt une autopsie.   Le docteur Moucet qui avait été rappelé à Lamballe doit revenir à Plénée où la situation devient catastrophique, le Sieur Bardet,  chirurgien est mourant, ainsi que le docteur Desfontenelles, et le 22 mars, ordre est donné de réquisitionner aux maîtres de postes de la route de Rennes à Broons, pour leur procurer des chevaux.  Le syndic de Broons est même réquisitionné afin d’emmener les deux chirurgiens à Plénée.  On adjoint alors au Dr Moucet deux chirurgiens, Rapatel et  Dufresne.  Rapatel étant lui-même victime du mal au début d’avril, on appelle Le Sabde, chirurgien à Lamballe ; Labadens de Lamballe ; Gambier de Plancoët ; Gauvin ; Lanoë, aide chirurgien de Rennes et Chevallier, qui restera  en place jusqu’à la fin.  L’effectif mobilisé fut très important, un médecin et douze chirurgiens, toutefois, à leur tour,   Montigny, Le Sabde & Labadens sont touchés. A l’évêque de Saint-Malo qui s’inquiétait de l’état des paroissiens de  Sévignac ressortant de son évêché, le docteur Moucet lui dépêche une  missive afin de le rassurer : 

 

 

Monseigneur

J’ay l’honneur d’estre avec le plus profond respect de votre grandeur. Le bruit s’étant répandue parmy le peuple que la maladie de Plenée avoit pénétré en sévignac et qu’elle commençoit à désoler la paroisse, je me transportay mardy dernier sur les lieux pour le vérifier. Je fûs chez monsieur de recteur qui m’assura qu’il n’y avoit en toute la paroisse quoy qu’aussi grande que Plenée, que trente malades, dont seulement quelques uns avoient la maladie contagieuse. Depuis le dernier mardi ordinaire, il ne s’est rien passé qui mérite d’en instruire votre grandeur. Le Sr Rapatel est tiré d’affaire, le Sr Le Sabde autre chirurgien est très mal et j’ignore l’évênement du mal. Le Sr Labadens leur confrère a esté aujourd’huyatteint de la maladie régnant. A  Plénée le 21 avril 1758,  le très humble et très obéissant   serviteur (signé Moucet)

L'épidémie de Plénée

Les Hostieux Testart ; demeure du chirurgien Issaly au bourg de Plénée 
 

Le bilan de l’épidémie de 1758 est terrible : les chirurgiens Desfontenelles et Le Sabde en sont morts.  Bilan des victimes dans les  localités suivantes:

-Tramain : sur 643 habitants -378 malades et 86 morts

-Jugon sur 250 habitants -25 malades et 15 morts 

-Dolo : sur 450 habitants presque tous malades et 90 morts

- Sévignac : sur 3200 habitants -560 malades, enfants non compris et 135 morts

-Lanrelas : sur 1300 habitants -50 malades et 27 morts

-Plumaugat :  sur 2300 habitants -9 morts

-Eréac : sur 1000 habitants -198 habitants et 98 morts

-Mérillac : 350 habitants -35 malades et 15 morts

-St-Vran : sur 1350 habitants -1000 malades et 140 morts

-Langourla : sur 1100 habitants -360 malades et 140 morts

-Le Gouray : sur 1400 habitants -700 malades et 145 morts

-St-Jacut sur 650 habitants -181 malades et 45 morts

-Collinée, sur 550 habitants -80 malades et 60 morts

-St-Glen : sur 560 habitants -106 malades et 26 morts

-Plénée : sur 4000 habitants -392 morts

 

Précisément, sur la situation à Langourla le sieur Pellerin, chirurgien alors en poste sera considéré par ses homologues comme un charlatan ! Ignorant et cupide, pendant la terrible fièvre typhoïde qui désole la Province, l'arrivée des médecins excite sa jalousie. Il se hâte de parcourir les chaumières et d'effrayer les paysans en leur donnant mille détails «sur la mauvaise façon dont on les traitera, sur l'ouverture de leurs cadavres qui s'en suivra». Il fait si bien que les malades refuseront les secours des autres médecins. De 1774 à 1776 l'épidémie toucha particulièrement Langourla, au point que le chirurgien en poste fut touché et trépassa. Toutefois les habitants de Langourla étaient montrés du doigt car ils refusaient de se rendre à Lamballe afin d'y récolter les vives dépêchés par le gouvernement

Quinze ans après l’épidémie de 1758, de nouveau Plénée fut le théâtre d’un nouveau foyer épidémique, le typhus.  C’est vers la Toussaint de 1773 que messieurs Issaly, chirurgiens du lieu firent état des faits au subdélégué de Lamballe Monsieur Boulaire de la Villesmoisan, lequel attendit les premières victimes au mois de décembre pour réagir. Plénée, Le Gouray, Collinée, Landéhen furent touchées à tour de rôle.  Le docteur Moucet fut de nouveau sollicité, et dépêché à Landéhen où il trouva la paroisse très affectée. Le sénéchal de la Moussaye, M. de Saint-Mirel,  alors retiré à Dinan écrit à l’intendant :  «Il y a actuellement huit cents malades, étendus sur la paille, quelques uns sur le chaume, comme les plus vils animaux, couchés pêle mêle, sans distinction de sexe, à quatre ou cinq dans le seul lit de la amison. A défaut de linge, on se sert de filasse comme compresse…Il faut, au confesseur qui veut entendre le malade près de la ruelle passé sur les corps des autres, s’étendre au milieu de l’infection générale. Des cinq prêtres de la paroisse de Plénée, il ne reste que le recteur (il devait mourir en avril)  et deux capucins…Le cimetière de l’église étant plein, on fit inhumer dans celui ouvert hors du bourg, lors de l’épidémie de 1758. Selon, l’abbé Le Mintier (futur évêque de Tréguier, alors abbé de Boquen) résidant à rennes, -le cimetière du Gouray répand une infection si forte que même les gens  vertueux n’osent plus s’approcher de l’église. »

De janvier à août 1774,  397 personnes meurent à Plénée. Les secours s’organisent, cela n’empêche pas les paroisses voisines de Plénée d’être affectée elles aussi : Le Gouray, St-Vran, Langourla, Sévignac ou on dénombrera entre 120 & 130 morts, parmi ceux-ci, le prêtre et le curé de la paroisse ainsi qu’un mendiant mort Margaro (voir la rubrique sur l’église).  Automne 1777, c’est le tour des régions de Dinan/St Malo puis la côte du Penthièvre.  Taburet de la Chevalerie chirurgien de Broons, Labadens de Plancoët, de la Cour de Merdrignac, tous retroussèrent leurs manches et s’en furent au charbon, combattre le mal avec tous les risques que cela comportait. En 1782 c’est Broons qui est touchée par la terrible épidémie, et durant l’hiver 1786-1787, les paroisses situées entre Mégrit, Sévignac, Dolo et Le Gouray. Le sieur Bernard de l’Isle, qui vint seconder le sieur Issaly de Plénée, ne bénéficiait pas de la même confiance que celle témoignée à son confrère, c’est ce qu’écrit M. de la Motte de Broons de Vauvert seigneur de la Moussaye à l’intendant.  Pourtant grâce aux statistiques précieusement relevées par le Sieur Bernard, on sait qu’à Eréac il y eut 82 malades et 6 morts ;  à Sévignac, 40 malades et 5 morts ; au Gouray il y eut 58 malades et 7 morts ; à Dolo, il y eut 55 malades et 6 morts ; et enfin à Mégrit il y eut 123 malades et 11 morts. Cette dernière paroisse fut particulièrement atteinte et quand le dit Bernard s’y rend en février 1786, au mois de mai suivant il écrit :  « Il est à craindre que le cimetière étant rempli de cadavres, les exhalaisons qui s’en élèvent n’occasionnent une nouvelle maladie. »  Le prêtre Le Marchand, curé d’office à Mégrit fera distribuer pour 346 l. de viande, voulant même ajouter du vin, ce à quoi le médecin-chef s’opposa.   En 1789, de nouveaux foyers éclatèrent, l’un à Trémeur l’autre à Plestan. Des mesures d’hygiène seront prises comme à Broons, où pour lutter contre les odeurs nauséabondes qui émanent du cimetière, les autorités en place décide de son transfert à son emplacement actuel : la chapelle de la Madelaine fondée au XIVème siècle par Jeanne de Malemains, mère de du-Guesclin.

 

L'importance et l'intensité de la crise de 1779 ressortent du nombre de paroisses touchées ; son extension géographique, de la carte qui fait apparaître deux foyers distincts, l'un, secondaire, au voisinage de la frontière du Maine et de l'Anjou, prolongement évident d'une situation similaire dans ces deux provinces limitrophes, l'autre, principal, au nord-ouest et à l'ouest de l'ensemble étudié, soit en gros les subdélégations de Saint-Malo, Dol, Montauban et Montfort, là aussi seule partie visible d'un ensemble plus vaste englobant notamment les subdélégations voisines, mais non étudiées ici, de Dinan et Lamballe 38. Cette surmortalité est particulièrement brutale, puisque toutes les paroisses de la subdélégation de Saint-Malo, sauf une39, et 15 paroisses de la subdélégation de Montauban sur 42 enregistrent des chiffres de décès supérieurs au double de leur moyenne annuelle. Son origine est vite décelée par les médecins envoyés sur place par l'intendant : il s'agit d'une forme de dysenterie bacillaire spécialement virulente. Elle fait ses premières victimes à des dates différentes selon les deux foyers considérés. A l'ouest, dans la subdélégation de Montauban, le nombre des décès monte brutalement pour rester très élevé pendant plusieurs semaines, dès le 27 juin à Merdrignac, le 2 juillet à Caulnes. Ces deux gros bourgs qui sont situés sur les deux routes de Rennes à Lamballe et de Rennes à Pontivy et sont l'un et l'autre d'importants lieux de passage, notamment de troupes, vont constituer de véritables centres de propagation de la maladie : de Merdrignac, vers Saint-Launeuc et Lanrelas en juillet, vers Trémorel au début d'août ; de Caulnes, vers Yvignac au nord et Quédillac au sud vers la mi-juillet, et de là vers Saint-Méen au début d'août. Plus au nord, venant sans doute de la région de Dinan, la dysenterie atteint le 18 juillet la paroisse de SaintPierre-de-Plesguen qui, sur la route de Rennes à Saint-Malo, va servir de relais à l'épidémie vers le nord et le nord-est ; de là, en effet, on peut suivre la progression du mal dans les paroisses des subdélégations de Dol et de Saint-Malo qui sont toutes atteintes, à des dates diverses, entre la seconde quinzaine d'août et la fin de septembre, et seront parmi les plus touchées de toute la Bretagne. A la frontière orientale de la province, le mal fait son apparition plus tardivement, peut-être en provenance du Bas-Maine ou de l'Anjou où il apparaît vers les mêmes dates : vers le 15 août à Saint-M'hervé, le 20 août à La Bazouge-du-Désert sur la route de Mortain à Fougères, vers le 28 au Loroux ; de ces foyers initiaux, la dysenterie gagne les paroisses immédiatement voisines dans la première quinzaine de septembre, mais sans s'étendre très loin vers l'ouest. Le fait qu'en cet été 1779, les grandes routes de Bretagne et des provinces voisines sont sillonnées par les régiments qui gagnent la région de Saint-Malo pour s'y concentrer en vue d'un hypothétique débarquement en Angleterre, n'est certainement pas étranger l'extension du fléau le long de ces grandes routes et à sa virulence exceptionnelle dans la région malouine. Par ailleurs, l'exploitation des registres de sépultures permet de constater que les principales victimes de la dysenterie de 1779 sont les enfants entre 1 et 15 ans. Voici, à titre d'exemple parmi d'autres, la répartition des décès par âges, en pourcentages, dans cinq paroisses de la subdélégation de Montauban, en 1770-1789 d'une part, en 1779 d'autre part

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