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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 12:58

 

 

Hélas de retour d'une expédition à Duisbourg, les matelots qui mettent pied à terre ignorent le mal qu'ils vont propager, d'abord à Brest, puis aux entours de Lamballe et de Plénée. La première victime précédemment signalée s'appelait François Macé : "le huit de novembre mil sept cent cinquante sept  le corps de François Macé âgé de cinquante deux ans vivant époux de Françoise Guéguen, décédé hier après s'estre confessé à missire René Demoulin curé et après avoir receu  le Saint Viatique et l'extrême onction a été inhumé dans le bas de cette église en présence de René et Pierre Macé ses fils, qui ont déclars ne savoir signer de ce interpellés suivant l'ordonnance ". Signature : J:Chesnay R(ecteu)r. Trente décès sont imputables à l'épidémie, mais à partir du mois de février de l'année suivante, la situation s'agrave, le chirurgien en exercice à Plénée, un dénommé Desfontenelles est très vite débordé, le dit recteur Chesnays alerte alors le subdégué de LamballeMicault de Soulleville,  afin de l’avertir de la situation et réclamés  des secours urgents. Après en avoir référé à l’intendant Le Bret, Micault de Soulleville envoya à Plénée le Dr Moucet, médecin du Roi à St Malo,  le 4 Mars 1758.  Très vite celui-ci se mit au travail assisté de deux chirurgiens de Lamballe : Leblanc et Bardet.  Les symptômes furent recueillis : frissons violents, maux de tête, sentiment d’apathie, parfois, les cas les plus graves s’accompagnaient de nausées, vomissements, diarrhée, vers intestinaux  jusqu’aux saignements de nez et apparition d’éruptions cutanées.  Le docteur Moucet et ses assistants prennent des mesures, ils pratiquent les saignées comme c’était la coutume répandue alors, des vermifuges sont prescrits. Nos praticiens  vont de villages en villages, dans toutes les parties de la paroisse, des villages entiers sont affligés par le mal. On trouve des six ou sept dans une maison, des deux ou trois par lits, ou sur la paille.  Tous les malades ne font pas cependant appel aux praticiens, on craint en effet de devoir payer, des soins qui en réalité sont gratuits. On  organise des secours, des bouillons, du pain et de la viande sont distribués par les notables et quelques bonnes âmes charitables, mais le mal  progresse, Le Gouray est à son tour victime de l’épidémie.  L’évêque de Saint-Brieuc écrit à l’intendant pour réclamer des secours plus importants, afin de se rendre compte par lui-même de la situation, l’intendant Le Bret se rend sur place, avec lui il emmène le docteur Busson, médecin de la faculté de Paris. Tous se réunissent au presbytère de Plénée avec l’ensemble des recteurs des paroisses voisines, pour fait le point et prendre des mesures..  Déjà depuis le début de l’épidémie, Plénée compte 130 morts, et ce n’est pas tout, elle continue de faire ses ravages, du 7 au 12 avril déclare le Dr Moucet au subdélégué, nous avons eut 18 morts de plus, toutefois, au début du mois de mai, une lettre qu’il envoie à l’intendant laisse entendre que la maladie commence à décliner. Hélas, c’était crier victoire un peu tôt, Le 9 avril, la situation s’aggravant, on dépêche le Sr de Montigny, chirurgien à Jugon.  Langourla  touché par l’épidémie voit l’arrivée d’un charlatan nommé Pellerin, mais  c’est Dufresne, qui va se rendre chez un dénommé Jean Lucas, afin de pratiquer chez ce défunt une autopsie.   Le docteur Moucet qui avait été rappelé à Lamballe doit revenir à Plénée où la situation devient catastrophique, le Sieur Bardet,  chirurgien est mourant, ainsi que le docteur Desfontenelles, et le 22 mars, ordre est donné de réquisitionner aux maîtres de postes de la route de Rennes à Broons, pour leur procurer des chevaux.  Le syndic de Broons est même réquisitionné afin d’emmener les deux chirurgiens à Plénée.  On adjoint alors au Dr Moucet deux chirurgiens, Rapatel et  Dufresne.  Rapatel étant lui-même victime du mal au début d’avril, on appelle Le Sabde, chirurgien à Lamballe ; Labadens de Lamballe ; Gambier de Plancoët ; Gauvin ; Lanoë, aide chirurgien de Rennes et Chevallier, qui restera  en place jusqu’à la fin.  L’effectif mobilisé fut très important, un médecin et douze chirurgiens, toutefois, à leur tour,   Montigny, Le Sabde & Labadens sont touchés. A l’évêque de Saint-Malo qui s’inquiétait de l’état des paroissiens de  Sévignac ressortant de son évêché, le docteur Moucet lui dépêche une  missive afin de le rassurer : 

 Monseigneur

J’ay l’honneur d’estre avec le plus profond respect de votre grandeur. Le bruit s’étant répandue parmy le peuple que la maladie de Plenée avoit pénétré en sévignac et qu’elle commençoit à désoler la paroisse, je me transportay mardy dernier sur les lieux pour le vérifier. Je fûs chez monsieur de recteur qui m’assura qu’il n’y avoit en toute la paroisse quoy qu’aussi grande que Plenée, que trente malades, dont seulement quelques uns avoient la maladie contagieuse. Depuis le dernier mardi ordinaire, il ne s’est rien passé qui mérite d’en instruire votre grandeur. Le Sr Rapatel est tiré d’affaire, le Sr Le Sabde autre chirurgien est très mal et j’ignore l’évênement du mal. Le Sr Labadens leur confrère a esté aujourd’huyatteint de la maladie régnant. A  Plénée le 21 avril 1758,  le très humble et très obéissant   serviteur (signé Moucet)  

 

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Published by poudouvre
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