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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 14:10

Le bilan de l’épidémie de 1758 est terrible : les chirurgiens Desfontenelles et Le Sabde en sont morts.  Bilan des victimes dans les  localités suivantes:

-Tramain : sur 643 habitants -378 malades et 86 morts

-Jugon sur 250 habitants -25 malades et 15 morts 

-Dolo : sur 450 habitants presque tous malades et 90 morts

- Sévignac : sur 3200 habitants -560 malades, enfants non compris et 135 morts

-Lanrelas : sur 1300 habitants -50 malades et 27 morts

-Plumaugat :  sur 2300 habitants -9 morts

-Eréac : sur 1000 habitants -198 habitants et 98 morts

-Mérillac : 350 habitants -35 malades et 15 morts

-St-Vran : sur 1350 habitants -1000 malades et 140 morts

-Langourla : sur 1100 habitants -360 malades et 140 morts

-Le Gouray : sur 1400 habitants -700 malades et 145 morts

-St-Jacut sur 650 habitants -181 malades et 45 morts

-Collinée, sur 550 habitants -80 malades et 60 morts

-St-Glen : sur 560 habitants -106 malades et 26 morts

-Plénée : sur 4000 habitants -392 morts

 

Précisément, sur la situation à Langourla le sieur Pellerin, chirurgien alors en poste sera considéré par ses homologues comme un charlatan ! Ignorant et cupide, pendant la terrible fièvre typhoïde qui désole la Province, l'arrivée des médecins excite sa jalousie. Il se hâte de parcourir les chaumières et d'effrayer les paysans en leur donnant mille détails «sur la mauvaise façon dont on les traitera, sur l'ouverture de leurs cadavres qui s'en suivra». Il fait si bien que les malades refuseront les secours des autres médecins. De 1774 à 1776 l'épidémie toucha particulièrement Langourla, au point que le chirurgien en poste fut touché et trépassa. Toutefois les habitants de Langourla étaient montrés du doigt car ils refusaient de se rendre à Lamballe afin d'y récolter les vives dépêchés par le gouvernement

 

 

 

Les Hostieux Testart

la demeure du chirurgien Issaly au bourg de Plénée 
 

Quinze ans après l’épidémie de 1758, de nouveau Plénée fut le théâtre d’un nouveau foyer épidémique, le typhus.  C’est vers la Toussaint de 1773 que messieurs Issaly, chirurgiens du lieu firent état des faits au subdélégué de Lamballe Monsieur Boulaire de la Villesmoisan, lequel attendit les premières victimes au mois de décembre pour réagir. Plénée, Le Gouray, Collinée, Landéhen furent touchées à tour de rôle.  Le docteur Moucet fut de nouveau sollicité, et dépêché à Landéhen où il trouva la paroisse très affectée. Le sénéchal de la Moussaye, M. de Saint-Mirel,  alors retiré à Dinan écrit à l’intendant :  «Il y a actuellement huit cents malades, étendus sur la paille, quelques uns sur le chaume, comme les plus vils animaux, couchés pêle mêle, sans distinction de sexe, à quatre ou cinq dans le seul lit de la amison. A défaut de linge, on se sert de filasse comme compresse…Il faut, au confesseur qui veut entendre le malade près de la ruelle passé sur les corps des autres, s’étendre au milieu de l’infection générale. Des cinq prêtres de la paroisse de Plénée, il ne reste que le recteur (il devait mourir en avril)  et deux capucins…Le cimetière de l’église étant plein, on fit inhumer dans celui ouvert hors du bourg, lors de l’épidémie de 1758. Selon, l’abbé Le Mintier (futur évêque de Tréguier, alors abbé de Boquen) résidant à rennes, -le cimetière du Gouray répand une infection si forte que même les gens  vertueux n’osent plus s’approcher de l’église. »

De janvier à août 1774,  397 personnes meurent à Plénée. Les secours s’organisent, cela n’empêche pas les paroisses voisines de Plénée d’être affectée elles aussi : Le Gouray, St-Vran, Langourla, Sévignac ou on dénombrera entre 120 & 130 morts, parmi ceux-ci, le prêtre et le curé de la paroisse ainsi qu’un mendiant mort Margaro (voir la rubrique sur l’église).  Automne 1777, c’est le tour des régions de Dinan/St Malo puis la côte du Penthièvre.  Taburet de la Chevalerie chirurgien de Broons, Labadens de Plancoët, de la Cour de Merdrignac, tous retroussèrent leurs manches et s’en furent au charbon, combattre le mal avec tous les risques que cela comportait. En 1782 c’est Broons qui est touchée par la terrible épidémie, et durant l’hiver 1786-1787, les paroisses situées entre Mégrit, Sévignac, Dolo et Le Gouray. Le sieur Bernard de l’Isle, qui vint seconder le sieur Issaly de Plénée, ne bénéficiait pas de la même confiance que celle témoignée à son confrère, c’est ce qu’écrit M. de la Motte de Broons de Vauvert seigneur de la Moussaye à l’intendant.  Pourtant grâce aux statistiques précieusement relevées par le Sieur Bernard, on sait qu’à Eréac il y eut 82 malades et 6 morts ;  à Sévignac, 40 malades et 5 morts ; au Gouray il y eut 58 malades et 7 morts ; à Dolo, il y eut 55 malades et 6 morts ; et enfin à Mégrit il y eut 123 malades et 11 morts. Cette dernière paroisse fut particulièrement atteinte et quand le dit Bernard s’y rend en février 1786, au mois de mai suivant il écrit :  « Il est à craindre que le cimetière étant rempli de cadavres, les exhalaisons qui s’en élèvent n’occasionnent une nouvelle maladie. »  Le prêtre Le Marchand, curé d’office à Mégrit fera distribuer pour 346 l. de viande, voulant même ajouter du vin, ce à quoi le médecin-chef s’opposa.   En 1789, de nouveaux foyers éclatèrent, l’un à Trémeur l’autre à Plestan. Des mesures d’hygiène seront prises comme à Broons, où pour lutter contre les odeurs nauséabondes qui émanent du cimetière, les autorités en place décide de son transfert à son emplacement actuel : la chapelle de la Madelaine fondée au XIVème siècle par Jeanne de Malemains, mère de du-Guesclin.

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Published by poudouvre
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