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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 12:58

A la mort de Louis XI survenue en 1483, la régence du royaume fut confiée à sa fille aînée Anne de Beaujeu. Le frère de celle ci, l'héritier du trône : le dauphin Charles n'ayant que treize ans. Louis XI s'était fixé pour objectif de se débarrasser de ses voisins qu'étaient le duc de Bourgogne : Charles le Téméraire et le duc de Bretagne : François II. Charles le Téméraire fut tué par les troupes Suisses à la solde du capétien lors de la bataille de Nancy en 1477. Pour sa part François II complètement désintéressé des affaires intérieures de son duché de Bretagne laissa s'entre déchirer son chancelier Chauvin et son financier Landais. Cela contribua à affaiblir le rôle ducal face à la puissante aristocratie bretonne dont une partie se tourna vers le royaume de France. De plus comme nous l'avons vu sur une page précédente, ce même Louis XI n'hésita pas à envoyer à la Cour de Nantes, Antoinette de la Maignelais dans le simple but que la favorite fit rapport au roi de France des confidences recueillies sur l'oreiller. Lorsque survint la mort de Louis XI, son gendre alors désigné Louis d'Orléans n'hésita pas à s'enfuir à la Cour de Bretagne convoitant la jeune duchesse Anne de Bretagne tout en rejetant son épouse Jeanne de France, jeune femme estropiée et ma formée. Avec pareille alliance, Louis XI n'avait pas hésité à sacrifier sa fille cadette misant ainsi sur l'extinction de la branche cadette des Valois incarnée par ce parent le jeune Louis d'Orléans -futur Louis XII. François II  envoya ses propres troupes coalisées avec celle du duc d'Orléans, avec pour objectif d'enlever le jeune Charles VIII, et de renverser la régence hostile à la Bretagne, mais le projet échoua. En vue de trouver alliance contre la France, un accord fut passé entre le malheureux duc et le roi Edouard IV d'Angleterre qui lui dépêcha une troupe de quatre mille hommes. Le duc François II envisagea ainsi le mariage de son héritière Anne avec le jeune prince de Galles : Edouard V, mais le roi d'Angleterre mourut et son frère Richard III tuteur du jeune prince mit un terme à ce projet en faisant assassiner ce dernier pour s'emparer du pouvoir anglais. Alors en toute discrétion le duc François II négocia le mariage par procuration de sa fille Anne avec l'Empereur Maximilien d'Autriche -beau père du jeune Charles VIII. Le but avoué du duc était la protection de sa précieuse héritière contre les ennemis Français et l'invasion de la France par les troupes autrichiennes. Alors que les négociations se déroulaient, au cours du mois de mars 1488, une armée composée de 12.000 Français se mit en marche sous la conduite d'un jeune duc âgé de 28 ans : Louis II de La Trémoille. (ci dessous)

 

     

 

Châteaubriant, Ancenis et Fougères tombèrent aux mains des troupes françaises. Certe les Bretons parvinrent à reprendre la bonne ville de Vannes, en revanche, leur projet d'un assaut à partir de Saint Aubin du Cormier fut mis en échec par le duc de Trémoille qui avait deviné le projet breton. Les troupes bretonnes avaient été particulièrement marquées par d'importantes pertes lors d'une précédente mission. Aussi les troupes bretonnes étaient elles composées de Bretons, d'Anglais, d'Allemands, de Gascons et d'Espagnols. Il est vrai que dans le camp adverses un certain nombre de Bretons dont Jean II de Rohan avaient rejoint les troupes royalistes trahissant ainsi le Duc de Bretagne.  Le Duc d'Orléans, le sire d'Albret assistèrent Louis II de Rieux alors commandant des forces bretonnes. Et cette fin du mois de juillet 1488, au milieu de la nuit, le duc d'Orléans fut éveillé par une alerte. En réalité les assaillants n'étaient autres que les troupes du sire d'Albret et celle du maréchal de Rieux (ci dessous). C'est au nord du Bois d'Ussel qu'eut lieu cette bataille.

 

 

Manifestement ces troupes furent accusées de trahison, et le duc d'Orléans inquiété pareillement La bataille eut lieu le lendemain et pour preuve de sa fidélité à la cause bretonne Louis d'Orléans déclara qu'il resterait au milieu de l'infanterie pendant la bataille.

 

 

Un mouvement des Allemands pour se mettre à l'abri de l'artillerie permit aux troupes  françaises de charger et dès lors le combat devint un véritable carnage général : 6.000 Bretons furent tués. Mais laissons Beauvais de Préau nous relater la bataille : "le maréchal de Rieux prit la conduite de l'avant garde, composée d'environ cent lances; le sire d'Albret eut la direction du corps de bataille, qui consistait en infanterie presque toute formée de Breton; l'arrière garde était commandée par François Laval, seigneur de Châteaubrian, qui devait se porter avec un corps de cavalerie sur tous les points où son secours pourrait être nécessaire. Cette portion de l'armée était formée , en grande partie d'Anglais, auxquels on avait joint douze cent Bretons portant la croix rouge, pour faire paraître le plus grand le nombre des premier. La force toatale de l'armée bretonne pouvait s'élever à dix-huit mille hommes. Avant de faire ses dispositions, La Trimoille avait chargé un capitaine italien, nommé Jacques Galliot, qui passait pour un guerrier expérimenté, d'aller reconnaître les troupes ennemies; il fit le rapport qu'elles étaient plus nombreuses que celles de l'armée royale en infanterie, mais inférieures en cavalerie, il ajouta qu'il croyait expédient d'embusquer un corps de cavalerie, qui, pendant la chaleur u combat, tomberait à l'improviste sur le flanc des ennemis, et jetterait nécessairement le désordre dans leurs rangs. La Trimoille adopta ce plan, et chargea l'Italien de l'exécuter lui même. Adrien de l'Hôpital, seigneur de Choisy, guerrier d'une grande expérience, commandait l'avant-garde. L'action s'engagea par quelques décharges d'artillerie. Le maréchal de Rieux avait voulu faire avancer ses troupes avant que celles du roi ne fussent rangées en bataille, et qu'elles eussent mis leurs pièces en batterie; mais les autres chefs contestant au lieu d'exécuter cet ordre, les royalistes eurent le temps de se former. Les Bretons s'étant avancés ensuite précipitamment, leurs adversaires reculèrent à quelque distance, soit qu'ils ne pussent soutenir ce premier choc, soit qu'Adrien de l'Hôpital eût ordonné ce mouvement pour mieux attirer l'armée confédérée hors de ses retranchements, et rompre l'ordonnance de l'infanterie bretonne, qui en faisait la principale force. En effet les Bretons, en gagnant du terrain, ne présentèrent plus des masses aussi serrées qu'auparavant; ce qui permit à la gendarmerie royale, qui revint à la charge, non seulement d'enfoncer cette première ligne, mais encore de pénétrer fort avant dans le corps de bataille. Le capitaine Galliot, sortant alors de son embuscade, vint fondre sur les flancs de l'ennemi; la cavalerie bretonne, qui devait les couvrir, s'enfuit aussitôt q'elle vit approcher cette charge inattendue, et laissa ainsi la seconde ligne expéosée à une doubla attaque. Bientôt l'infanterie confédérée fut culbutée et mise en déroute avec une grande perte. L'arrière garde, partageant la terreur générale, ne prit aucun soin de couvrir sa retraite. Poursuivis vivement, les confédérés laissèrent plus de douze cent hommes sur le champ de bataille; entre les mains des vainqueurs, cinq à six milles prisonniers, parmi lesquels le duc d'Orléans, le Prince d'Orange...

 

 

Orléans,  le Prince d'Orange furent vaincus, puis faits prisonniers,  et le soir, avec d'autres officiers français et étrangers, ils furent contraints d'assister au souper du vainqueur  : le duc de La Trémoille.  Au dessert, deux francicains furent introduits dans la salle et la terreur s'empara des convives, persuadés que ces moines n'avaient été appelés que pour les préparer à la mort. Un silence morne régnait dans l'assemblée; La Trémoille prit la parole : "Prince dit-il au Duc d'Orléans, je n'ai aucun pouvoir sur vous, et quand j'en aurais, je ne voudrais pas en faire usage. C'est au roi seul qu'il appartient de vous juger. Mais quand à ceux qui, en donnant lieu à cette guerre, ont manqué à leurs serments, et violé la discipline militaire, ils payeront de leur tête ce crime de lèse-majesté : ces moines sont là pour les confesser". Le prince dOrange et le duc d'Orléans prièrent La Trémouille de sauver ces gommes, coupables seulement de les avoir servis. La Trémouille fut inflexible : les officiers français combattants dans le camp breton furent décapités et les princes envoyés à la gouvernance qui fit emprisonner le Duc d'Orléans. Le lendemain, une partie de l'armée française, tout enflée de ses succès, se présenta sous les murs de Rennes et somma les habitants de se rendre sans conditions, sous peine d'être passés au fil de l'épée. Les Rennais furent admirables de courage. Réunis dans la cathédrale, les notables de la cité s'engagèrent à défendre jusqu'à la fin les droits de leur souverain et l'indépendance de leur pays. Trois députés furent chargés de porter cette résolution au général français. L'un d'eux, Jacques Bouchard, greffier du Parlement, exiga l'admiration des Français par la même énergie de son langage en face de tant de calamités, et par cette noble fermeté de l'homme libre et du citoyen, qui, comme le fait observer M. de Courson est le plus beau et le plus rare des héroïsmes."Ne pensez-vous pas dit le généreux Breton, que vous soyez déjà seigneur de la Bretagne et que vous avez aussi facilement le surplus; vous devez premièrement considérer que votre roi n'a aucun droit sur ceste duché...'  Regarder aussi le document : La bataille de Saint-Aubin du Cormier racontée aux enfants par Yann Vleiz ar C'hunff.

 

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Published by poudouvre
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