Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 17:43

La fontaine de la Mi-Mai à Broons couverte d'une simple margelle, se voit dans une prairie à côté du village du Bas Penhoêt.

 

 

 

Voilà les notes que Mathurin Monier laissait dans son ouvrage "sanctuaires, croix et fontaines -nouvelles promenades autour de Dinan."  Et d'ajouter : son eau est employée pour soigner la maladie de peau dite "la râche" qui atteint les bébés. A peu de distance de la source, une croix ancienne, mutilée.

 

 

Louis Richard dans une biographie datant de 1969 consacrée aux recherches récentes sur le culte d'Isis, évoquait  Yves. Le Diberder, collecteur  des traditions populaires bretonnes, expliquant que ce dernier avait  été intrigué par une curieuse fête célébrée dans certaines régions de Bretagne, et plus particulièrement dans cette partie de la Bretagne septentrionale, située entre la baie de Saint-Brieuc et la baie de Morlaix, que l'on appelle Trégor ou Trégorrois. Il s'agit d'un culte de la Vierge alitée, ayant près d'elle un petit enfant. Plutôt que de chercher à résumer le texte publié, il semble préférable de citer l'analyse qui a été donnée du mémoire de Y. Le Diberder. «Ayant habité longuement le Trégor, il a eu la surprise de découvrir, et toujours sur des emplacements gallo-romains, le culte en mai de la Vierge alitée (donc n'ayant pas encore fait ses relevailles, qui sont pourtant du 2 février), ayant près d'elle un enfant. Ces deux personnages, grandeur nature, se voient dans un vrai lit, avec, de vrais draps, à Kergrist de Plounez (en face de Lézardrieux), et au Yaudet (connu pour être Velus Civitas), à l'embouchure du Léguer, derrière un vallum. Pour obvier aux pratiques secrètes, probablement féminines, en ces deux endroits on a séparé le chœur, qui enferme les statues, de la nef, par une forte grille. Et le culte ouvert, traditionnel, a lieu en mai. Dès la nuit du Premier Mai, la jeunesse s'assemble au Yaudet pour la messe de Minuit. Vers le 15 mai, nouvelle fête, mais de jour. La procession sort, se coule dans le vallum, monte jusqu'à la croix qui domine le pays, et revient. « M. Le Diberder voit là une survivance du culte d'Isis, et dans sa forme supérieure. Il cite Fraser, qui parle de « la « forme raffinée et sainte sous laquelle, spiritualisée par des  siècles d'évolution religieuse, Isis se présentait aux adorateurs d'une époque postérieure comme la fidèle épouse, la tendre mère, la reine bienfaisante de la nature, entourée d'une auréole de pureté morale, de sainteté immémoriale et mystérieuse... Dans ce mélange de religions qui accom- pagne le déclin de la vie nationale dans l'antiquité, son culte devint l'un des plus populaires à Rome et dans l'empire entier...«Ce culte au mois de mai est réduit maintenant à une simple superstition. Celle-ci peut se retrouver ailleurs qu'au Yaudet. A Kergornet en Gestel, les femmes se rendent au Premier Mai à la fontaine pour obtenir du lait. Précisons que Kergornet se trouve à proximité de la voie romaine de Pont- Scorff à Moélan, et à deux lieues environ d'un centre, Redené, qui semble (son nom l'indique), avoir été longuement gallo- romain. Ce culte lactigène de Mai se retrouve-t-il en d'autres endroits ? En tout cas, s'il ne remonte pas à Isis, ce culte du Yaudet et d'ailleurs serait incompréhensible. Il faudrait au moins élucider l'histoire de ce culte de la Vierge, et en Mai . Sans doute la citation est-elle un peu longue, mais il a semblé utile de montrer ainsi comment le problème avait été abordé par Y. Le Diberder. Bien entendu, je laisse à plus compétent que moi le soin de discuter de la nature et de la valeur des fêtes locales observées dans le Trégor par feu Y. Le Diberder. Ce n'est assurément pas la première fois quel'attention a été attirée sur les particularités du culte de la Vierge, des saints ou des fontaines en Bretagne ; bien des légendes les concernant ont été recueillies, bien des coutumes ont été décrites et, au total, une littérature considérable a été consacrée à ces questions. Conclusion : et si le nom de cette fontaine et de la croix voisine étaient en rapport avec le culte précédemment évoqué ?

 

 

-Soit sage ou le diable de Guenroc va venir te chercher ! tel était le conseil donné jadis aux enfants ! le diable de Guenroc connaissait déjà la notoriété en 1897. Dans le  Bulletin archéologique de l'Association bretonne, Joseph Janvier auteur d'un article consacré à la seigneurie du Lattay qui a fait ici l'objet d'un sujet sur ce blog se posait la question quant à savoir  si ce diable était aussi fameux dans les siècles qui ont précédé. 

 

 

On voit dans l'église de Guenroc le célèbre diable terrassé par l'arcange saint-Michel.

 

 

Du reste le bourg de Guenroc est sous bonne protection, car de part et d'autre du rocher de quartz blanc, deux emblèmes chrétiens dominent le site : un Christ en majesté et une croix. 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article

commentaires