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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 08:40


Histoire genealogique des seigneurs marquis d'Espinay

   

 D-espinay - Copie

 

La maison & famille des Sires & Marquis d'Espinay a toujours esté tenuë & estimée l'une des plus nobles, anciennes, grandes, meilleures, riches, authorisées, & aussi bien alliée qui soient au pays & Duché de Bretagne; estant marquée de tous les signes que doivent estre celles, qui méritent tenir rang entre les grades & illustres, & a gardé le nom & armes de siecle en siecle, de sucesseur en successeur, & de pere en fils, de temps immemorial, sans tomber en main de fille, jusques au decès de Messire Charles sire & Marquis dernier du nom, qui arriva l'an de grace 1609. Pendant lequel temps elle s'est conservée & a fleuri avec beaucoup d'honneur, grandeur, auctorité & dignité, tant en l'Eglise qu'à la Cour de ses Princes. Car nous y trouvons des Cardinaux, Archevesques, Evesques, Abbez, Prothenotaires, Abbesses, Prieures, deux grandes Maistres, un grand Chambellan, plusieurs Chambellans ordinaires ordinaires des Ducs de Bretagne & Roys de France, Ambassadeurs vers lesdits Roys de France, & autres Princes, pour faire paix & denoncer guerre, Conseillers d'Estat & privé. Les Seigneurs de ceste maison ont commandé il y a deux cents ans aux meilleures villes & plus fortes place du païs, ont esté Chevaliers, Capitaines, & Chefs d'armees, tant en Bretagne qu'es pays estrangers. Leur grandeur, valeur, merite & science (car ils ont esté des plus sçavants de leur temps) les ont fait toucher ce qui pouvoit avoir d'honneur en ce monde : & ont tous esté des plus beaux & &droicts Seigneurs qu'il est peu voir. La chose plus remarquable, & qui est plus à loüer en la succession de ceste illustre famille, & dont nous devo(n)s remercier Dieu, est, qu'on ne peut recognoistre aucun portant ce nom avoir jamais devoié de la vraye Religio(n) Chrestiene ny aheré à aucune fecte ou opinio(n) co(n)traire à l'Eglise Catholique Apostolique & Romaine. N'ont jamais ma(n)qué au devoir & honneur qui est deu à Dieu, aux Princes souverains, & à la patrie, & n'o(n)t espargné leurs vies & biens pour l'augmération & conservation de la foy, y en ayant eu qui ont esté par deux fois fait guerre en Terre saincte contre les infidèles, ont secouru de la part de leur Duc leur souverain le sainct Siege Apostolique en une guerre particuliere qu'il avoit contre les Princes d'Italie, & ont combatu contre les heretiques en plusieurs batailles. Si on a voulu attenter à la personne & Estat de leurs Princes, ils s'y sont opposez, y en ayant eu de fort blessez & pris prisonniers avec eux. N'ont ma(n)qué de faire associations avec les autres Barons & Seigneurs, contre ceux qui vouloient s'emparer de leur Estat. Le seigneur & Chef de ceste maison a sa chaire en l'Eglise Cathedrale de sainct Pierre de Renes ville Capitale de la Province, vis à vis de celle de l'Evesque, assistant à la celebration du divin service : a son pain de chapitre & distribution de deniers comme Chanoine, & n'y a que ce seigneur qui ait ceste dignité. Il présente trois sergentifes Royales en la Province. Ils portèt la qualité de sire il y  plus de quatre cents ans. Titre qui n'a esté porté que par les grands en ce Duché. Se sont alliez aux plus grandes & anciennes maisons non seulement en Bretagne, mais de toute la France, comme avec les Comtes, Barons, & grands seigneurs de ceste Monarchie. Ce qui est certifié par grand nombre de contracts de mariage, qui sont aux Chartes de leur maison, tous de filles de grandes & tres-anciennes maisons, qui y ont entré par alliance; par lesquelles alliances ils ont l'honneur d'estre advoüez de plusieurs Prince du sang, & d'autres de ce Royaume pour leur appartenir, & sont proches parens des plus gra(n)ds de ceste Monarchie de Bretagne, Norma(n)die, Picardie, Cha(m)pagne, Lorraine, Bourgogne, Auvergne, Saincto(n)ge, Gascogne, Anjou,  Poictou. Les puisnez & filles de ceste heureuse famille se sont alliez en tres bonnes & grandes maisons, bien anciennes, ainsi que le discours suiva(n)t le fera voir. La richesse de ceste maison se voit assez par les grandes terres & seigneuries qu'elle a possédé & possede encor, lesquelles portent qualité de Marquisat, Comtez, Vicomtez, Baronnies, & grand nombres de Chastelenies, & plusieurs autres terres qui y sont à present, & qui en ont sorti, desquelles ils ont partagé leurs puisnez. Premierement est le Marquisat d'Espinay, qui a esté erigé en ce titre par le Roy Charles neufviesme, à la requeste de Messire Jean sire & premier Marquis d'Espinay. Lequel est situé en l'Evesché & Seneschaussée de Renes. Il consiste & est orné en premier d'un beau Chasteau fort spacieux & de grande estenduë, & assez fort, ayant eu permission de le fortifier il y a deux cents ans & plus, par les Ducs de Bretagne. Il est tenu pour une des maisons & Chasteaux des mieux basties & plus logeables qui soit en la Province : estant enrichi de salles & chambres dorées, avec force marbres. Il y a grand nombre de tours; pavillons, & beaux corps de logis. La court & jardin sont embellis de deux belles fontaines, qui accomodent & decorent particulierement les offices & cuisines, le tout circuit & enfermé de murailles bien flanquees, avec fossez fort larges à fond de cuve, pleins d'eaux, & ont plus de trois mil pas de tour. L'issue est embellie d'un beau bois de haute futaye, planté à la ligne, où il y a de beaux pourmenoirs, & une belle allee couverte, qui environne partie du Chasteau, & une belle prairie costoiant un estang. Et qui luy donne beau lustre & l'accompagne de beaucoup de decioration, c'est que sortant de la porte, & ayant cheminé à l'ombre d'un bois quelque quinze cents pas sur le bord d'un estang, où de chaques costé trouvés deux jolies chapelles vis à vis l'une de l'autre, arrivez à l'Eglise Collegiale de Champeaux, fondation & sepulture des seigneurs de ceste maison. Lequel college est un des plus beaux & rares de France. Car je m'asseure qu'il y a peu de Princes & seigneurs qui ayent tel droit de presentation. Car il est composé de six prebendes ou Canonicats, où à chacun y a une cure annexée, que presente le seigneur de ceste maison, sans qu'il soit besoing aller à l'Evesque, ny faire courir à Rome. Mais le premier Ecclesiastique qui a dignité, soit Evesque, Abbé, ou autre, en peut donner la collation. Il y a dignité de Doien, 12. Chapelains,4. enfans de choeur, Maistre de Psalette, & chaque Chanoine doit avoir un Prestre sous luy. Il y a bonne musique, le service divin y est celebré avec beaucoup de devotion. Duquel College le revenu vaut huict mil livres ou environ, le choeur & chapelles d'icelle Eglise sont enrichies de belles & rares antiques sepultures decorees de marbre, qui est chose rare au pays. Le Marquisat consiste ès Chastelenies & terres d'Escures, Sauldecourt, auxquelles y a chasteaux, Serigné, Berrignoles, qui s'estendèe dehors & dedans la ville de Renes, bornent Vitré de près, S. Aubin du Cormier, la Guerche, Marcillé, & Ch&steau-giron. Il y a plusieurs  villages & gros bourgs en partie, desquels il y a marchez, la riviere de Vilaine passe par le dedans, sur laquelle & sur estangs & ruisseaux y a plusieurs moulin de ceste seigneurie. Il y a aussi de grands domaines, qui consistent en belles metairies. Sont aussi plusieurs autres terres & fiefs relevans de la Baronnie de Vitré, mais toutesfois de ceste maison, comme la Marche, le bois Corniller, Mainbie, le Sernis, & autres, la chastelenies de Segré, où il y a jolie ville & beau marché, & autrefois y avoit un fort Chasteau, la Chastelenie d'Estiau, & plusieurs vignobles qui soint de toute antiquité de la maison d'Espinay. Ont la sixiesme partie ès Comtez de la Roche-Guyon & de Rochefort, & en sont issuz. En Bretagne Broon belle Chastelenie, le Bois-du-liers, le Troncho, le Plessix-au-noir, & autres terres. En Normandie, la Baronnie de Montfiquet, les seigneuries de Villers le bocaige, & Plaucri. En Anjou le Porte Menis & Courchat. Lesquelles terres & seigneuries ont esté bailees en partage aux puisnez, ou ont esté vendues pour le mariage des filles. Et y est entré par l'alliance de Dame Marguerite de Scepeaux le Comté de Duretal, qui consiste en la Vicomté de Blason, la Baronnier de Marthefelon, & Chastelenies de Lezigné, de Vieille-ville, & d'Esvigné. Et duquel Comté je parleray plus amplement, quand je decriray les alliances matrimoniales & genealogicques des seigneurs de ceste maison. L'alliance de Dame Françoise de la Roche-foucuault y a apporté la Baronnier de Barbezieux avec ses appartenances, qui est une tres belle & grande seigneurie,où y a un tres bien basti Chasteau, au pied duquel y a une ville assez bien marchande. Ladite Baronnie est de tres grande estenduë, & y a plusieurs seigneurs & Gentilhommes qui en relevent. Elle a vallu de ferme vingt mil livres autresfois. "Quelques uns rapportent l'antiquité de ceste maison au temps d'Arthur Roy de la grande Bretagne, & de Hoel premier du nom, son nepveu Roy e la Bretagne Armorique; & disent que ledit Arthur estant venu ès Gaule co(n)treLucius Tiverius Empereur, pour les delivrer de la puissance & domination, il combattit et vainquit un geant de grandeur desmesuree, qui avoit ravy la niepce dudit Hoel, & l'avoit tant tourmentee qu'elle en estoit morte, au pied du mont qui depuis a esté denommé de Sainct Michel du peril de me, & quil en envoya la teste à sondit neveu Hoel estant à Renes, lequel, auroitcenvoyé le seigneur d'Espinay (qu'ils ne nomment point) vers le Roy Artrhur, avec qui lui avoient apporté la teste du geant, pour le remercier & luy faire offre d'hommes & argent, & de tout ce qu'il avoit en sa puissance contre ledit Lucius & les Romains, pour delivrer Les Gaules de leur subjection. Mais d'autant que le voyage d'Arthur ès Gaule est fabuleux, & mesme impossible, l'antiquité de la maison d'Espinay ne se peut pas prouver ce passage.  Il disent encor que sainct Aubin Evesque d'Angers, qui vivoit du temps des enfans de Clovis premier Roy Chrestien de France, qui deceda l'an 514  & de sainct Melaine Evesque de Renes, lequel  sainct Aubin  assista au troisiesme Co(n)cile d'Orleans, l'an 540. le 26. du regne de Childebert fils de Clovis, estoit de la maison d'Espinay, & de mettent en peine de le prouver par les titres & escussons antiques qu'ils disent estre ès archives de l'Abbaye de Sainct Aubin d'Angers, en aucuns desquels ont trouve escrit ce qui s'ensuit ..."Arma Sancti Albini insignis de Espineto...",& par consequent Sainct Aubin seroir natif de l'Evesché de Renes. Et toutefois Fortunacus Evesque de Poitiers, homme sainct, docte(ur) et bien versé en toutes sciences, qui a escrit la vie & gestes de Sainct Aubin, & de plusieurs autres Evesques des Gaules, & qui vivoit au mesme siecle que le dit Sainct Aubin, dit par mots exprès q'uil estoit natif de l'Evesché de Vennes. Or le lieu, manoir, maison, terre, seigneurie, & juridictioon d'Espinay de ceste famille portèt le surnom, est en l'Evesché de Renes, & se voient encor les masures & ruines dudit manoir en la Paroisse d'Acigné, à deux bonnes lieuës de Renes, non loin du grand chemin dudit Renes à Vitré. Sainct Aubin n'estoit donc pas de la maison d'Espinay en l'Evesché de Renes, mais d'une autre noble & antique famille nommée d'Espinefort, laquelle a long temps fleuri, & produict grand nombre de vaillans & hadis Chevaliers, & Capitaines, tels que fut un Messire Henri d'Espinefort Chevalier seigneur dudit lieu du temps des guerres civiles d'entre Charles de Blois & Jean de Bretagne Co(m)te de Montfort l'Amaury, & Jean son fiols : le party desquel suivoit ledit Henry d'Espinefort qui deceda l'an mil trois cents octante cinq, laissant un fils nommé Jean d'Espinefort, qui espousa Marguerite de Palers, & en eut un fils appelé Bonabes, qui ne laissa qu'une fille, mariée avec Messire Henry le Parisi, Chevalier, seigneur de Kermalais. Et se voient encor les ruines & masures de l'ancien manoir d'EspinefortCe que j'ay bien voulu remarquer, non pour aucune nevie, emulation, ou mal-veillance que j'aye contre la maison d'Espinay, mais par ce que ayant la verité pour but, & deferant à la doctrine, saincteté de vie, & antiquité dudit Sainct Fortunat, qui asseure  que Sainct Aubin estoit de l'Evesché de Vennes, je me laisse persuader qu'il estoit de la maison    d'Espinefort. Philippe premier du nom regnant en France, l'an de grace 1066 auquel an deceda sans enfans Conan second du nom Duc de Bretagne, & luy succeda son beau-frere Hoel Comte de Nantes & de Cornoüaille, à cause de sa femme Havoise soeur dudit Conan, Guillaume le bastard Duc de Normandie vaillant Prince, voulant conquerir le Royaume d'Angleterre, qui luy avoit esté laissé en testament par Sainct Edoüard Roy decedé sans enfans; convia en ceste grande entreprise les plus grands Princes & Potentats des Gaules, & entre autres ledit Hoel nouveau Duc de Bretagne sopn amy & co(n)federé, qui luy  son fils Alain depuis surnommé Fergent, accompagné de plusieurs Barons & seigneurs de son Duché. Et furent les Bretons au corps de la seconde bataille, donnee le 14. jour d'Octobre audit an co(n)tre Harald usurpateur du Royaume, qui y fut tué, & la victoire obtenue par le dit Guillaume. Au moyen de quoy il obtint le Royaume , & s'en fist couronner Roy. A ceste expedition de guerre furent les quatre freres de la maison d'Espinay, que l'histoire ne donne point leurs propres noms, ce qui est à plaindre : deux desquels furent tuez en ceste bataille , & moururent au lict d'honneur, combatans valeureusement. L'un d'eux qui resterent fut seigneur d'Espinay, & l'autre se maria en Flandres, & de luy sont venuz les seigneurs & Prince d'Esppinoy, comme le tesmoignent & rendèt certain le nom & les armes qu'ils portent. Apres ladite conqueste, un  chacun fut reco(m)pensé & recogeu selo(n) sa gra(n)deur  & merites. Alain Fergent chef des Bretons eut le Co(m)té de Richemont, à celuy d'Espinay furent donees de blles & grandes terres et seigneuries desquelles ceux de ceste maison ont joui plus de 200. ans depuis.

 

Cestertus seigneur d'Espinay issu de celuy qui fut à la conqueste d'Angleterre par representation de performe, est celuy auquel je commence à filer le discours, auquel je desire plus particulierement parler des homes illustres, & continuer la Genealogie de pere en fils, & decrire les allia(n)ces matrimoniales de ceste maison suivant toujours lr discurs dudit Beaujoüan, fors qu'en certains endroicts je cha(n)ge quelques mots, ajouste ou retranche quelque chose où je voy qu'il est requis, & ce de son advis & co(n)senetement. Cestui-cy vivoit du temps des Roys Philippe Auguste en Fra(n)ce, He(n)ry seco(n)d  en Angleterre, & du Duc Conan 4. du no(m) en Bretagne, & d'Estienne premier & second Evesques de Renes, qui moururès, l'un l'a(n) 1166. l'autre en 1178. ainsi que je l'y appris des tiltres qui sont ès acchives de l'Abbaye de S. Georges de Renes. Et de luy n'ay trouvé autre chose, sino(n) qu'il eut un fils pour successeur nommé Geffroy

 

Geffroy d'Espinay succeda à son pere Gestert à la seigneurie d'Espinay. Ce fut un Chevalier preux & hardy, sage & prudent, & qui est mis au rang des plus illustres de son siecle. De son temps y eut de grandes guerres & divisions en Bretagne entre la Duchesse Constance, son petit fils Artur, & les Barons d'une part, & le Roy Richard d'Angleterre Duc de Normandie d'autre, lequel print plusieurs villes & chasteaux sur lesdits Barons. Mais en fion de paix fut faicte & reformée entre parties. De laquelle paix voicy comme parle M. Pierre le Baud en son histoire des Barons de Vitré, chap. 34. Comme dit est, quand  Constance Duchesse de Bretagne, pour laquelle André de Vitré, guerroyoit le Roy Richard d'Angletere, fut delivree, & qu'elle fist sa paix avec le Roy Richard : Elle fist aussi la paix dudit André & des autres Barons ses coadixteurs, sçavoir à Guillaume de Loheac & à Amaury de Montfort, à Alain de Chastea-giron & à Gffroy d'Espinay, par la maisn de Robert de Tournehan, qui lors estoit Seneschal d'Anjou . Et fut ladite paix en cette maniere que le Roy d'Angleterre  pardonnoit & remettoit aux dits Barons & Chevaliers pleinement toute ire, courroux & indignatio(n), & la rancoeur de son coeur. Et que au service dudit sieur Roy ils pouvoient aller & servir sous la Duchesse, ainsi qu'ils l'avoient accoustume & rendoit le Roy d'Angleterre à monsieur André de Vitré tous ses chasteaux & toute sa terre deça la mer, & outre la mer, entierement & pleinement : & à monsieur Robert de Vitré Chantre de Paris, frere dudit André, rendoit le Roy toutes ses terres de çà & de là la mer entierement. Et oultre pour restittution des choses qu'il avoit perduës, le Roy luy rendit en Angleterre, en benefices, la valeur de cent march de pur argent. A Dame Anne de Vitré rendoit la saisine de ses terres ² de ses doüaires qu'elle avoit par avant celle guerre, ainsi comme oncques mieux elle avoit eu. A Guillaume de Loheac rendoit le Roy d'Angleterre juste & raisonnable part  de toute la terre qui appartenoit à sa femme de la terre de Raiz fors les garnisons & les chasteaux qui demeurerent en la maisn du Roy jusques à sa volonté. Et seroit faite celle partie par le conseil des amis & parens dudit monsieur Guillaume de Loheac, & des amis & parens de sa femme, & demeureroit mo(n)sieur Pierre de Loheac de la famille du Roy & à ses gages. A Alain de Chasteau-giron rendit le Roy tous ses droicts & toutes ses terres en Angleterre, ainsi que son pere mieux & plus pleinement les tint selon le serment & la coutume des liges d'hommes d'Angleterre. Et monsieur Philippe son frere demeureroit de la famille du Roy en prenant chacun an en la Chambre à deniers du Roy gages jusques à ce qu'il l'eust pourveu de bien-fait. Monsieur Raoul de Montfort prendroit aussi chacun an à la Chambre à deniers du Roy gages pour son estat, jusques à ce qu'il l'eust pourveu de competent bien fait. A Geffroy d'Espinay donneroit semblablement le Roy juste & loyale partie du droit de sa femme, qui estoit fille du Seneschal de Dol. Et par ceste convention furent lesdits Barons & Chevaliers en paix, amour, & concorde avec le Roy Richard. Ladite Duchesse Constance promit pour lesdits Barons & Chevalier, qu'ils tiendroient celle paix, & convenance, & que si d'aventure ils s'en vouloient departir, elle les chasseroit & mettroit hors de sa terre. Et mesmement icelle Duchesse Constance, Herbert Evesque de Renes, Pierre Evesque de Sainct Malo, & Robert de Tournehan Seneschal d'Anjou, le jurerent pour le Roy d'Anleterre envers lesdits Chevaliers & Barons. Aussi maintint Geffroy de Chasteau-brient pour le Roy, qu'il garderoit celle paix sans rupture. Et de ce furent faites chrtes sous le sceau dudit Herrbert Evesque de Renes. Jusques icy le Baud.

 

Pean d'Espinay premier de ce nom, fils dudit Geffroy sire d'Espinay, estoit homme fort vaillant, & avec cela devotieux. En l'an 1117. il fit une donation à Nostre Dame du Fau en basse Bretagne, & dota d'une prairie nommée la prée de la Belosse. Laa lettre de fondation bien authentique est  au Thresor des titres d'Espinay. Ce qui montre que les seigneurs d'Espinay avoient lors des terres & seigneuries en la basse Bretagne. Il eut pour successeur un fils nommé Alain.     

 

Alain premier du nom sire d'Espinay, fils de Pean, fist par deux fois le voyage de la Terre Saincte pour le recouvrement d'icelle d'ètre les mains des Sarrazins infideles, avec Pierre de Dreux, alias de Brenne, surnommé Mauclerc, jadis Duc de Bretagne, à cause de sa femme Alix, & pere du Duc Jean premier du nom, qui lors regnoit, & autres grands Princes & Seigneurs de France & de Bretagne. La premiere fois fut l'an de grace 1239. la seconde fut l'an 1248.auquel S. Louys alla aussi. Esquels voyages ledit Alain d'Espinay acquit une reputation  de vaillant Chevalier. Ce qu'il fist paroitstre en beaucoup d'autres expeditions de guerre où il se trouva, comme en celle que le Roy S. fist en Guyenne & en Poictou l'an 1242. contre les comtes de Thoulouze Raimond, & de la Marche & d'Angoulesme nomme Hugues de Lusignen, où il se fist fort vaillammment, & estoit tenu & redouté pour le plus rude jousteur  des Chevaliers qui estoient pour lors, ainsi qu'il est rapporté és Annales d'Aquitaine en termes expres

 

Messire Guillaume d'Espinay Chevalier premier de ce nom succeda à Alain son pere, non seulement en ses biens, mais aussi en  vertu & valeur, ne laissant occasion d'en faire preuve où le service de ses Princes le requeroit. Il eut un fils nommé Galeran.

 

Messire Galeran d'Espinay, seigneur d'Espinay, fils de Guillaume premier, fut en son temps Chevalier sage & de grand renom,  & avoit de belles & amples seigneuries, & grande authorité tant en la ville de Rennes qu'és environs où ailleurs en Bretagne, & faisoit faire & luy mesme rendoit la justice a ses sujets,  ainsi qu'il le justifie par plusieurs lettres és titres qui sont és archives de sa maison : & fut marié à Alix de Champagne fille de Messire Geffroy de Champagne l'an 1308 . par contract datté dudit an. Du mariage de Galeran & Alix de Champagne issirent deux fils, sçavoir Jean d'Espinay  & Charles d'Espinay qui ne degenererent en rien à leurs devanciers. 

 

Messire Jean d'Espinay, sire d'Espinay premier de ce nom, fils de Galeran d'Espinay & Alix de Champagne, ne manqua d'approcher ses Princes de pres, pour leur rendre naturellement le service qui leur estoit acquis, non plus que ses predecesseurs. Car il estoit vaillant & adroit Chevalier, comme ille fist bien paroistre és guerres qui furent de son temps  

                                                                                                                   

Charles d'Espinay,second fils de Galeran d'Espinay & Alix de Champagne, fut aussi vaillant Chevalier. Vualsingham Historien Anglois dit, qu'il s'esmeut Gransd Fubiet de guerre entre le Roy de France Philippe  le Long & Edoüard d'Angleterre 2. du nom qui faisoit lors la guerre en Escosse contre un nommé Robert de Bruz. Le Roy voulant luy parler  de paix luy envoya Jean Comte de Richemont, oncle du Duc de Bretagne : En la compagnie duquel estoient le Comte de la Marche, le seigneur de Montauban, le seigneur de Seuilly, Charles d'Espinay, & plusieurs autres Chevaliers, lesquels passans par la mer pour aller trouver le Roy d'Angleterre en une Abbaye que ledit Vualsingham appelle Royland, pres la montagne  de Blanche-marre, lequel venoit de charger son ennemy, l'ayant contraint se retirer dedans son pays : & se contentant de ce, se retira en ladite Abbaye, & croyant y estre en secureté, licentia partie de ses gens de guerre, & comme estant esloigné des ennemis de bien vingt & quatre lieuës. Là se trouverent le Comte de Richemont & sa suite. L'ennemy indigné de l'outrage receu, amassa beaucoup de gens de guerre le plus diligemment qu'il peut, & suivant le dit Roy avec telle promptitude qu'il le surprist dans son logis, où il disnoit; & de fait l'eussent pris, n'eust esté le Comte de Richemont, la Marche, Montauban, de Seuilly, & d'Espinay, qui firent teste aux Escossois, pendant que le Roy se sauva en un Chasteau proche de là. Mais comme le Comte de Richemont fut chargé avec cette furie, il fut pris, & le sieur de Seuilly, de la Marche, & Montauban, & ledit d'Espinay tué. Les autres Chevaliers furent contraincts de se rendre. Bientot les autres Comtes & Barons furent delivrez, à la requeste de la Royne de France. Ceci est prins de l'histoire du sieur d'Argentré livre 4. chap. 29. Qui dit l'avoir prins dudit Vualsingham, qui toutesfois en parle un peu diversement et n'en dit tant.

 

Messire Guillaume sire d'Espinay, second du nom, Chevalier fort sage & adroit aux armes, fils de Jean premier, estoit respecté , honoré,& redoutez en son pays pour les rares vertus qui reluisoient en luy.

 

Messire Pean d'Espinay, seigneur dudit lieu deuxiesme du nom, fils de Guillaume second, fut Chevalier de grande valeur & reputation, & le fist bien paroistre és guerres civiles qui furent de son temps en Bretagne, entre Charles de Chastillon dit de Blois, qui querelloit le Duché au nom de sa femme Jeanne de Penthievre, fille de Guy de Bretagne, Comte de Penthievre & Jeanne d'Avaugour, d'une part & Jean de Bretagne Comte de Montfort l'Amaury à cause de sa mere Yoland, frere dudit Guy & oncle de ladite Jeanne, & Jean cousin germain de la dite Jeanne, d'autre, le party desquels il suivit, & portoit l'une des bannieres dudit Jean Comte de Montfort à la bataille d'Aulray, en laquelle il se montra tres vaillant, & fut tué ledit Charles de Blois l'an mille trois cent soixante et quatre, & ledit Jean demeura victorieux, & par consequent Duc de Bretagne, & fut appellé le genereux, le vaillant & le conquereur. Mais quelques an apres la guerre s'estant rallumee entre Charles  cinquiesme du nom & les Anglois, & le Duc Jean baillant le passage par son pays de Bretagne ausdits Anglois pour entrer en France, & les favorisans à cause que par leur aide  il avoit fait resistance audit de Blois supporté des François, & avoit obtenu ladite victoire à la bataille d'Aulray, ledit Roy Charles se deffiant de luy, & d'autre part les Barons, seigneurs & communautez des villes  & le peuple s'offenssans de ce qu'il mettoit des garnisons d'Anglois és villes & places fortes du pays, & les avançoit és honneurs & charges, & les preferoit aux siens : lesdits seigneurs Bretons surprirent beaucoup de villes  & places fortes du pays sur ledit. Duc pour le Roy de France, lequel envoya Messire Bertrand du-Guesclin  connestable de France en Bretagne, avec une forte armee, auquel se joignirent  lesdits Barons & seigneurs.Tellement que toutes les villes & le pays fut reduit en la puissance du Roy de France, & convint au Duc se retirer en ngleterre, où il demeura sept ans. Mais le Roy Charles s'estant decouvert ausdits Barons de Bretagne, & leur ayant desclar& que son intention & resolution estoit de confisquer le Duché, & de l'annexer au royaume de France, & d'en priver du tout le Duc Jean, ils en furent fort indignez, & resolurent entre eux de ne le souffrir ny endurer, & se reconcilierent  à leur Duc & Prince naturel, qu'ils rappellerent d'Angleterre. Et pour empescher les desseins du Roy, les nobles du pays firent plusieurs associations & confederations pour la conservation des villes & des places fortes du pays, & de l'estat de leur Prince naturel. Et entre autre  s'en trouve une de tous les nobles de l'Evesché de Renes, datee de l'an 1379. entre lesquels est nomme & signe, & l'un des premiers est Messire Pean d'Espinay. Laquelle lettre d'association est inseree en l'histoire du sieur d'Argentré. Desquels messire Pean premier & second, Jean, Guillaume premier & second, on ne trouve les contracts de mariage, qui est cause qu'on ne sçait où ils ne prindrerent alliance

 

Messire Symon d'Espinay, premier de ce nom,  Chevalier, fils de Pean second, seigneur d'Espinay, de la Riviere, d'Escures, du Bois-du-liers, de la Marche &c. pour la valeur & proüesse, & en recompense des services qu'il & ses predecesseurs avoient faits aux Ducs leurs souverains Princes & seigneurs, furent creé & institué Gouverneur  & Capitaine des ville & chasteau de Dinan & Hede,  qui ont toujours esté les meilleurs place de guerre du païs par ledit Jean cinquiesme du nom dit le Conquerant, & fut  cautionné par son dit pere Pean. La lettre d'obligation est au Thresor des Chartes de ce pays, en date de l'an 1399. Ledit Simon fut marié deux fois en premieres nopces il épousa Marie de la Frete de laquelle il eut Robert, Guy, Guillaume, Jean, Anne & autres filles desquelles je n'ay trouvé les noms. En secondes il epousa Marguerite de Chasteau-giron, grande & ancienne maison de Bretagne duquel mariage issit un fils Guy

 

Enfans du premier lict.

 

Robert duquel sera parlé cy apres
Guy fut seigneur du Bois-du-liers qui luy fut baillé en partage , & ne laissant aucuns enfans, laditte seignbeurie retourna à son aisné ou à son nepveu. Il fut Chevalier de grand merite & reputation & fut grand Escuyer du Duc Jean sixiesme du nom, fils de Jean le Vaillant, auquel il fist de grands & signalez services en la guerre qu'il avoit contre le Duc d'Alençon son nepveu, qui avoit pris son Chancelier Jean de Malestroit Evesque de Nantes : de quoy voyez l'histoire de Bretagne, & comme ledit Duc Jean le recognoist par lettres données à Chasteau-brient, en date du tiers jour de Fevrier l'an 1431.
Guillaume fut homme d'Eglise, & de luy ne se trouve autre chose
Jean fut aussi homme d'Eglise, & fut laissé executeur du testament de sa soeur Anne, datté de l'an 1451/ & de luy n'ay leu rien davantage
Anne d'Espinay fille aisnée de Simon premier du nom sire d'Espinay & de Marie de la Frete, fut mariee trois fois. La premiere avec noble eEscuyer (qui fut depuis Chevalier) Guillaume de Lorgeri seigneur dudit lieu & du Bodou, fils de Messire Olivier seigneur desdits lieux, & de Marguerite Bodin, fille aisnee de la maison du Mottay, Eut quatre vingt livres de rente pour le droit paternel & maternel, ainsi qu'il sonste par le contract de mariage datté du 27 de Juillet l'an 1411. De ce mariage issit un fils appellé Symon, comme son grand pere maternel, duquel & de ses faits nous parlerons ailleurs. En secondes nopces Anne d'Espinay espousa noble homme George de la CIgongne, duquel elle eut un fils nommé Jacques de la Cigongne. En troisiesmes elle espousa noble homme Jean de Fontenailles, qu'elle laissa executeur de son testament, daté du 18 de Novembre l'an 1451.  avec Jean de Champeigné Chevalier seigneur de la Montaigne, & Jean d'Espinay son frere, & choisist sa sepulture en l'Eglise de nostre Dame de la Guerche prés le grand Autel, & ordonne qu'en celle Eglise soient dites mille Messes pour elle & ses amis trespassez, & cinq cents en l'Eglise de sainct Pierre de Vieseiche. Et au cas que lesdits executeurs ou l'un d'iceux ne voudroit pas ou ne pourroit executer sondit testament, elle laissa Reverend pere en Dieu Jean de Coetquis) Evesque de Renes, executeur principal de sondit testament, & luy oblige tous & chacuns ses biens meubles & immeubles, sauf ceux qu'elle a donnez, jusques à entier accomplissement dudit testament. Et afin qu'il le face executer, elle luy donne mille livres, à estre prins sur ses biens meubles & revenuz de ses terres & heritages. 

 

Messire Robert d'Espinay premier du nom, Chevalier, sire d'Espinay, de la Riviere, d'Escures, de la Marche, fils de Symon premier, & de Marie de la Frete, fut de la  maison & famille du Duc Jean sixiesme du nom, & assistoit son maistre lors qu'il fut prist en allant à Chasteauceaux avec peu de train car ceux de Peinthievre, qui l'avoient invité de les aller voir, le jour de Caresme prenant vingtiesme de Frevrier l'an 1420. Et fut blecé estrangementse mettant en devoir de deffendre sonfit maistre & Prince. En recompense duquel service le Duc luy donna cent livres de rente en assiete sur ses terres de Lambale & Moncontour, ainsi  qu'en font foy leslettres de don, par lesquelles il declare que c'est pour la recompense de sa blessure. Quelque temps apres il fut fait Chevalier, & du Conseil privé du Duc, & comme tel donna son advis pour bailler partage à Arthur de Bretagne frere d'iceluy  Duc Jean, ainsi que tesmoigne l'acte de ce fait au Chasteau de l'Ermine à Vennes, daté du 7. d'Aoust l'an 1422. rapporté en la Chronique moderne d'Argentré. L'an 1426. il succeda à sondit pere Symon premier, & depuis le Duc ke crea & institua grand Maistre de Bretagne, & luy donna & à ses hoirs & successeurs l'usage en ses forests de Renes, Liffré, & S.Aubin du Cormier, tant pour bastir que pour le chauffage & pasturage, par lettres donnees à Nantes le tiers jour de Mars l'an 1428. ledit Duc luy donna les biés que Messire Hardouin de Mainbie Capitaine de Chasteau-gonthier avoist en Bretagne, confisquez pour avoir suivy le party du Duc d'Alençon, seigneur dudit Chasteau-gonthier & de Poüencé, qui avoit pris le Chancelier du Duc Jean nommé Messire Jean de Malestroit Evesque de Nantes. Et le 25 de juin 1432. iceluy Duc Jean donna audit Robert d'Espinay une grande place gaste en la ville de Renes, vulgairement appellee la Vieille Monnoye, pour y faire bastiment & s'y loger si bon lui sembloit : de laquelle ville de Renes il estoit Capitaine & gouverneur. Ledit Messire Robert fut envoyé en ostage à la Fleche en Anjou de la part de son maistre vers ledit Duc d'Alençon seigneur dudit lieu de la Fleche, comme il s'atteste par lettres donnees à Renes, où il est mandé luy delivrere argent pur cet effect, & est desclaré par icelles, comme il avoit fait beaucoup de services à ses despends. Il mourut le dixneuviesme de Mars avant Pasques, l'an de grace mil quatre cents trente & huict, & fut inhumé au milieu du choeur de l'Eglise de Chapeaux, où on voit son tombeau enlevé avec cette inscription. Cy gist haut & puissany Messire Robert d'Espinay Chevalier, en son temps sire d'Espinay, d'Escures, de la Riviere, de Saudecourt, & de la Marche, grand Maistre de Bretagne, & premier Chambelan du Duc nostre souverain seigneur, qui deceda le XIX. jour de Mars, l'an de grace M.CCCXXXVIIII. Et est à noter, que celuy qui grava cette inscription, en laquelle il n'y a que trois CCC.(comme il se voist) en oublia un. Car il en faut quatre, comme l'ordre de l'histoire & des temps le nous apprend.
Ledit Robert d'Espinay avoist epousé Jeanne de Montbourcher petite fille de Laval. Les nopces  s'en solenniserent au chasteau de Montejan. Il en eut deux fils, l'aisné appellé.
Simon, & le puisné aussi appellé
Simon, lequel fut tresorier de l'Eglise Cathedrale de Sainct Pierre de Renes

 

Fin de cette première partie de la généalogie d'Espinay.           

 

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Published by poudouvre
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