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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 00:19

Merci aux Archives départementales des Côtes d'Armor

 

La paroisse de Sainte-Urielle dépendait de l'évêché de Dol et relevait du doyenné de Bobital. Juridiquement cette paroisse était rattachée à la subdélégation de Montauban, et ressortait du siège royal de Dinan, cependant la juridiction de Bécherel étendait ici sa suprématie. Dans la taxe imposée aux bénéfices du diocèse de Dol en l'année 1516 le prieur recteur de Sainte Urielle dut compter 60 sous. Cette paroisse fut menacée d'être supprimée en 1790 et rattachée à celle de Trédias, mais il fallut attendre 1802. Lors de la réorganisation du Culte, officiellement Ste Urielle fut rattachée à Trédias, au presbytère de Trédias fut longtemps conservé ce document du ministère du Culte paraphé par Napoléon Ier. En tant que commune demande fut effectuée en 1813 par ses habitants afin que Sainte-Urielle soit annexée à Trédias. Il fallut attendre un décret en date du 23 juin 1819 pour assister à la disparition de l'ancienne localité désormais rattachée à Trédias.(ci dessous le vieux marronier planté à proximité du presbytère de Sainte Urielle)

 

 

 

 

 

 

A travers la dédicace de cette localité à Sainte Urielle on peut estimer que son évangélisation fut entreprise vers le VII ème siècle. La présence du village de Kermehen à Trédias est aussi intéressante : il signifie -le village de Mewen allusion probable au fondateur du monastère de Saint Jean de Gaël qui mourut au début de cette même période. En réalité Sainte Urielle et Trédias se seraient détachées de la paroisse primitive de Plelan -Ploe lann: paroisse de la lande, et dont on peut penser qu'elle fut évangélisée par celui qui est à l'origine de la fondation monastique de Languédias -lan Catihern. Ce religieux: Catihern est évoqué vers 511-520 car il fut mis à l'index lors du Concile de Tours, car avec un certain Lovocat ils allaient de cabanes en cabanes célébrer les offices et étaient assistés dans leurs démarches par des femmes. Cette pratique fut condamnée dans une lettre adressée au sixième siècle à ces missionnaires Bretons, lettre écrite par les évêques de la Gaule romaine*: «-nous faisons appel à votre charité, non seulement pour empêcher ces femmes d'administrer les saints sacrements , mais aussi de ne pas admettre de vivre sous votre toit avec une femme qui n'est pas votre grand-mère, votre mère, votre sœur ou votre nièce» Une lettre signée par les évêques *Licinius de Tours, Eustochius d’Angers et Melaine de Rennes fut envoyée aux deux belligérants : «...Par un rapport du vénérable prêtre Spararus, nous avons appris que vous ne cessez point de transporter certaines tables de-ci, de-là, dans les cabanes de divers concitoyens, et que vous osez célébrer des messes, en ayant recours, pendant le service divin, à des femmes que vous appelez “conhospitae”. Pendant que vous distribuez l’Eucharistie, elles tiennent le calice vous étant présent, et elles ont l’audace de donner au peuple le sang du calice. C’est là une nouveauté, une superstition inouïe. Nous avons été profondément contristés de voir réapparaître, de notre temps, une secte abominable qui n’avait jamais été introduite dans les Gaules. Les pères ont décidé que les partisans de cette erreur doivent être exclus de la communauté ecclésiastique. Aussi avons-nous cru devoir vous avertir et vous supplier, pour l’amour du Christ, au nom de l’unité de l’Eglise et de notre commune foi, de renoncer, aussitôt que la présente lettre vous sera parvenue, à ces abus de tables en questions, que nous ne doutons pas, sur votre parole, avoir été consacrées par les prêtres, et de ces femmes que vous appelez “conhospitae”, d’un nom qu’on n’entend ni ne prononce sans un certain tremblement, d’un nom propre à diffamer le clergé et à jeter la honte et le discrédit sur notre sainte religion. C’est pourquoi, selon les règles des Pères, nous ordonnons à votre charité, d’empêcher ces femmelettes de souiller les sacrements divins en les administrant illicitement ».

 

***Licinius -à la tête de l'archevêché de Tours de 507 à 519

 

*** Eustochius -à la tête de l'évêché d’Angers et présent au Concile de Tours en 511

 

*** Melaine - à la tête de l'évêché de Rennes de 505, il fut canonisé en 530

 

***On peut aussi les désigner évêques du «Royaume Franc» -Regnvm Francorvm


 

Santez Uriell

 

La tradition veut que Sainte Urielle* -Eurielle soit la fille du roi de Domnonée* Juthaël connu sous le nom de Hoël ou de Judual,* lequel régna vers l'an 560 et eut pour successeur l'un de ses fils : Judicaël. Ce dernier fut contemporain du roi Dagobert qu'il rencontra en 632 à Clichy afin de mettre un terme aux exactions commises par les troupes bretonnes en Pays franc -vallée de la Vilaine. Mais son frère Haeloc s'appropria illégalement le trône obligeant son aîné Judicaël à se retirer au monastère Saint Jean de Gaël* -actuel Saint Méen, où il mourut vers 650. Précisément ce monastère avait été fondé par cet ecclésiastique connu sous le nom de Saint Méen. Né vers 540 dans le Gwent en actuel Pays de Galles, il accompagna dans sa mission évangélique de l'Armorique Saint Samson de Dol, et selon la tradition alors qu'il traversait le Porhoët -pays au delà de la forêt «de Paimpont», il reçut l'hospitalité d'un riche seigneur nommé Caduon. De retour d'une mission dans le Bro-Waroch le pays Vannetais, il retrouva Caduon qui lui fit don des terres dont il disposait et qui étaient en bordure du Meu. L'ensemble émanait de la seigneurie désignée Tre Foss. Un monastère y fut construit: le monastère Saint Jean de Gaël. Saint Méen y mourut le 21 juin 617.Une fontaine dédiée à St-Méen est visible au bourg de Trédias, elle a été transportée auprès de l'actuelle église de Trédias mais elle provient du village de Kermehen* à Trédias. Ci dessous : statue de Sainte Urielle-bois polychrome XVIème



****Une femme porta ce prénom: Urielle Ledormeux, morte âgée de 33 ans, au Chesnay en 1765, une autre femme: citée le 13 pluviôse an VI, elle s'appelait Urielle Lefort et demeurait la Chapelle es Fougerays.

 

***Le royaume de Domnonée fut fondé vers 510 par un obscur Riwall né dans le Gwent en actuel Pays de Galles. Ce territoire de Domnonée s'étirait approximativement _nitialemet de la rade de Brest jusqu'à Aleth -actuellement Saint Servan, et de la Manche jusqu'à la forêt de Paimpont. La Domnonée rappelle l'origine de ces Bretons établis ici en notre péninsule : Outre Manche ils appartenaient à la tribu Dumnonis, ils ont également donné leur nom au Devon.

 

***Enfants du roi Juthaël et de la reine Pritelle:

Judicaël, Judoc, Winnoc, Eoc, Eumaël, Doetval, Gozel, Largel, Ruivas, Riguald, Judgoseth, Halon, Ludon, Guinmaël, Guenae, Juthaël, Urielle, Onenn -patronne de Tréhorenteuc, Bredai, Guen, Cleor, Prust.


 

 

 

Statue de Sainte Urielle -XVIe, ce qui subsiste de ce bourg ainsi que le chemin qui conduisait de ce bourg à celui de Trédias

 

***Le monastère de St Jean de Gaël fut incendié à trois reprises par Charlemagne vers 799 en représailles aux raids bretons en pays franc -actuelle vallée de la Vilaine, et les envahisseurs Normands *** détruisirent le monastère ce 919. Il sera reconstruit au cours des Xème et XIème siècles et une ville se développera autour, elle empruntera son nom: Saint Méen.

Devenue en 1918 Saint Méen Le Grand

 

***Normands: terme emprunté à l'ancien norrois parlé jadis en Scandinavie -nordmaðr signifie les hommes du Nord

 

***En breton Kermehen signifie le village de (St) Mewen ou le village de (St) St-Meen .


 

 

 

Sainte Urielle, Saint-Judicaël et Sainte-Onenn

 

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Published by poudouvre
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