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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 18:21

 

 

Langouhèdre.

 

Il semblerait qu'il y ait eu une activité à Langouhèdre dès l'âge de Bronze, il y a environ  3000 ans. La découverte de nombreux types de haches aux alentours de la Moussaye *, remontant à cette période et cette découverte effectuée ici à Langouhèdre : un moule en pierre. Selon Harmois ce moule était destiné à la fabrication d'objets de bronze, et l'hypothèse selon laquelle ici à Langouhèdre il y ait eu un atelier destiné à la fabrication d'objets de bronze est crédibilisée avec pareille découverte.

 

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Plénée-Jugon, canton de Jugon, arrondissement de Dinan, à la Moussaye. -Plus de 100 grands coins; fin du larnaudien.

 

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Une partie des découvertes de la Moussaye au cours du XIXe siècle

 

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couvertes effectuées récemment sur Plénée-Jugon

 

J. Gaultier du Mottay et Ogée considéraient que la voie antique reliant la civitas Coriosolite de Fanum Martis -alias Corseul, à la civitas des Vénètes de Darioritum -alias Vannes, traversait la localités de Plénée-Jugon par Langouhèdre, où quelques fragments étaient encore visibles en coupe de fossé en 1869. Le chemin pavé qui passait via les actuels territoires de Lamballe, Plestan, Tramain, Plestan, Plénée, Dolo, Sévignac, Trémeur.....s'étirait semble-t-il via Langouhèdre. Frotier de la Messelière considérait lui même que Langouhèdre était un des carrefours de voies antiques qui sillonnaient l'Armorique sous l'occupation romaine.

 

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Plan dressé par Frottier de la Messelière

 

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Amorce du chemin de l'étrat, à gauche : la Mare Pillet 

 

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Le chemin de l'étrat au niveau de la Ville-Josse

 

L'amorce de la route conduisant à la Ville-Josse, à partir du tracet de l'ancienne nationale 12 nous conduit sur l'ancienne voie romaine dite aussi chemin de l'étrat. D'après ce plan, achevé en 1857, quelques hameaux bordant ce tracet ont révélé un riche passé. Au n° 1 les hameaux  la Ville Josse, de la Mare-Pillet, et de l'Abbaye. A la Mare-Pillet, en 1861, furent découvertes ces plaques de schiste ornant les thermes d'une villa. Récemment, en travaillant dans son champs proche de ce lieu dit l'abbaye, un agriculteur découvrit les restes d'une autre plaque, déjà en 1989 une plaque de schiste sculptée portant une tête d'homme et une faux fut mise à jour par un fermier au village de l'Abbaye. Des tegulae, des imbrices et des fragments de poterie y avaient été découverts la même année.

 

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La découverte de 1861

 

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Découvertes récentes, anse de poterie, plaque de shiste, poterie....

 

 

Au n°2, au lieu dit les Fontenelles, ont été aussi découverts des tegulae et des fragments de poterie sigillée

 

 

Langouhèdre doit sans nul doute son nom à la forme ancienne -«llan» dans le sens de   monastère. Certains «lan» furent fondés avant les plous ces paroisses auxquelles ils furent ensuite rattachés. Ainsi celui qui fait l'objet de notre étude allait être rattaché à la très vaste paroisse primitive bretonne de Plénée administrée par un machtiern, territoire qui englobait très certainement, une partie de Penguily, Le Gouray, Tramain, Saint Igneuc, Jugon jusqu'à l'Arguenon, Dolo, jusqu'à la Rieule. L'ancienne forme de Langoulhedre que l'on découvre en 1419 ou celle de Langouedre en  1535  ne permettent pas de savoir qui fut celui auquel est dédicacé ce lieu; sans doute à un évangéliste qui vécut au cours du Haut Moyen Âge, c'est à dire lors de l'arrivée des Bretons dans notre contrée -du IVe au XIe siècle.  

 

 

Acte émanant des chartes de l'abbaye de Boquen en date de l'an 1353.

 

Le recort Eon du Margarou, Geffroi Rabate, Raoul Gonnart, Jehan Durant, et Guillaume Gonnart, sur le debat esmeu et pendant entre les Religious de Boquian, d'une partie, et Guillaume de Langouhèdre , d'aultre, tant sur le debat des rentes du Leseu que d'aucunes rentes qui estaent en main de court, l'on doit esdiz religious sur le fé du Léseu, 2 s. 6 d. de taille de brief, de quoy Raoul Gonnart et Guillaume son frere doivent 7 d. ob.. Guillaume de Langouhedre et Olivier Gouret, 7 d. ob.par meitié; Pierre Paumier, 4 d. ob; Guillaume Foutelay, 3 d.; item Guillaume du Margarou, sur les pieces de cel feage 4 d.o.;item recordent que comme ils se sont peux miels enfourmer 6 d. de chieve de rente qui demeurent à paer sur la dicte ville de la somme de 2 s.6 d. de chieve rente esdiz religious demeurent et sont deuz sur certains sellons, lesquels sellons Robert du Margarou bailla a Ferchant . De droit le debat des ventes recordent que le fe es Lonmans qui fut des Rabatez dont les ventes qui sont en garde de court sont essues et tenu d'iceux religious et de Guillou de Lang(h)ouedre par meitié et que ce que les bans et les ventes se deyvent partir et passer par meitié entre eux, lesquelles parties cest assavoir lesdiz religious par Hamon Machefer lour procurour et ledit Guillaume en sa personne sasentirent et vendrent contenu a lours diz recors et le jurerent. Feit le samedi apres la feste du Sacrement, l'an mil trois cenz quarante et un. (Original aux Archives des Côtes du Nord.--Copie de 1353). En 1341, enquête fut ouverte au sujet d'un procès entre Guillaume de Langouhèdre et Boquen      

     

 

Lors de la Réformation des fouages, apparaissent un certain nombre de personnages mentionnés au hameau de Langouhèdre ce 10 juillet 1427 : (d'après l'ouvrage de Eric Lorant et Jérôme Floury -Montres générales et réformations des fouages de Bretagne aux XVe & XVIe siècles)

 

Jehan Hercouët

Guillaume Coestel

Les filles Hamon Brevint

Guillaume Le Fevre & son fils *

Guillaume Chaugnon

La déguerpie (veuve) Olivier Hagomar & ses enfants

Eon Caquant

Roland Morel & son fils, deux mariages

Guillaume Hercouet

Noël Colas

Johan Thebault

Johan Sauvaget

Guillaume Botherel, sergent de messire Alain de la Soraye

Guillaume Le Quiet, sergent Margaro

Guillaume Hercondeaulx, sergent d'Olivier de La Bouesne

Robert Calnaz

La déguerpie Rotel

Geffroy Briend

 

La plupart   d'entre eux se  disaient nobles,  afin d'échapper à  l'impôt, mais la plupart furent déboutés, car ne pouvant fournir les preuves d'une noblesse authentique. Beaucoup exerçaient des charges au sein des juridictions seigneuriale

 

* La famille Lefebvre était encore présente à Langouhèdre en 1669 où elle était représentée par Pierre Lefebvre, l'un des six auditeurs des comptes de la paroisse de "Plenest". En avril 1703, Pierre Lefebvre, alors trésorier de la paroisse fut désigné par lettres patentes du Gouverneur de Bretagne : syndic perpétuel

 

 

          

 

     Langouhèdre, en violet le manoir du Margaro et ses dépendances

                 en bleu le relais de poste et la maréchaussée

 

Parmi ces seigneuries, figurait celle, longtemps aux mains de cette maison issue dudit lieu le Margaro alors situé au quartier de Rouillac, en la paroisse de Sévignac. Elle arborait pour armoiries le blason «d'azur à trois coquilles d'argent» et disposait ici à Langouhèdre d'un manoir, d'un colombier, preuve d'une noblesse de « toute antiquité » ainsi que des  bans  seigneuriaux comme le prouve la présence du moulin aujourd'hui disparu dit   Margaro  ainsi que d'une chapelle pareillement disparue. Un clos porte encore le nom de Clos de la Chapelle. Les bâtiments qui constituaient l''ancienne seigneurie furent dans nul doute séparés lorsque fut percée la route royale conduisant de Paris à Brest dans la seconde moitié du XVIIIe siècle (voir La construction des grands chemins et le personnel des Ponts par J. Letaconnoux, page n° 1

 

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La famille du Margaro est connue à partir de Robertus de Margarou cité en 1263 dans  une charte de Boquen, et Jamet, sénéchal de Jugon en 1370. Un certain Guilllaume du Margaro est cité en 1416 & 1428 comme possédant la terre du Margaro, sans doute s’agit-il du fils de Jamet. Marié à Plossette de Bréhan, il fonda le 20 septembre 1416 la  léproserie St-Armel de Sévignac. «Cappela sancte Catherine in hospitali de Sevignac domini de Margaro… ». Egalement titré seigneur de Langouhèdre, écuyer Guillaume du Margaro, figure parmi les gens d'armes de Monseigneur le comte de Richemont en date du 6 octobre 1424. Le 14 mars 1536, « La maison et métairie noble de Langouhedre appartient à Claude du Margaro, sieur dudit lieu, noble homme ».  (voir Mandements du duc Jean V de Bretagne touchant la réparation du château de Jugon et des dons de terres à Guillaume du Margaro, renseignement sur le nombre de feux à Brusvily)

 

 

En 1883-84, était encore visible à Langouhèdre un auditoire de justice du XVe siècle presque en ruines; sa fenêtre portait un linteau en accolade et un appui en corniche décoré de losanges ; dans le pignon sud, et dominant la grande route, une meurtrière creusée dans une seule pierre de granit s'élargissait en rond dans sa partie inférieure. (Mémoires de la Société archéologique et historique des Côtes-du-Nord). Ci dessous, plan de Langouhèdre d'après Frotier de La Messelière  

 

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L'arrêt du parlement de Bretagne touchant l'érection de la baronnie en marquisat en date du 25 septembre 1615 évoque le possesseur de cette terre : Messire Amaury Goyon. On apprend que ledit baron « unist, joint et incorpore les chastellainyes de Lanjourdre et de la Vieuville ». Ainsi l'ancienne terre des du Margaro tomba aux mains des puissants marquis de la Moussaye. Certes au cours du XVe siècle, une certaine Olive du Margaro avait   épousé Guillaume II de la Moussaye, mais cependant, ce n'est pas cette alliance qui  donna au possesseurs de la Moussaye, le domaine fit sans doute l'objet d'une acquisition  par les Gouyon de La Moussaye.

 

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Une partie de l'ancien manoir du Margaro à Langouhèdre

 

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détails du premier endroit

 

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Seconde bâtisse : ouverture XVIIe dont une porte cintrée avec double rangée de claveaux, avec vaisselier en pierre. Ci dessous le même lieu côté rue    

 

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Ancien four

 

A travers les titres de La Moussaye, il est mention des privilèges dont disposaient les possesseurs de ce marquisat : -extrait « ….auquel bourg (de Plénée) se tient tous les jours de samedy, le marché ordinaire, aveq quatre foires et assemblées, sçavoir deux audIt bourg de Plénest, sçavoir deux audit bourg de Langouhèdre *... » La foire a disparu dans la première moitié du XXe siècle, quelques témoins se souviennent : les vaches étaient exposées près de l'intersection menant à la Villeneuve, dans le haut de Langouhèdre...Au cours du XIXe siècle, deux foires furent maintenues à Langouhèdre : la première avait lieu le 9 mai, la seconde le 1er décembre; le 9 mars 1875 eut lieu une foire chevaline : chevaux entiers et juments de poste, de trait léger et de gros trait. 

 

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Les Vieilles-Courts  

 

Les Vieilles-Courts, près de laquelle passait jadis la diligence desservant le relais de poste  de Langouhèdre. Effectivement  le village disposait d'un relais de poste où faisaient halte les diligences transportant des voyageurs. Le premier maître de poste de Langouhèdre nommé par Louis XIV en 1737 fut Pierre Le Pinthier. Cependant le problème résulte en ce fait que ledit relais ne dispose d'aucun équipement : pas de logement commode si ce n'est qu'un petit cabaret où le dit Le Pinthier exerçait jusqu'à lors. On envisagea un temps de supprimer le relais mais l'intendant de Bretagne s'y opposa fermement et il fut demandé aux paroisses alentours de participer aux frais de fonctionnement. Christophe Le Camus, originaire du Gouray fut désigné pour exercer cette charge; il s'éteignit le 6 octobre 1754 à Plénée. Gilbert Noël dans sa remarquable biographie consacrée à Plénée-Jugon, évoque les autres maîtres de postes de Langouhèdre : Roger Joullain jusqu'en 1757; Louis Clément jusqu'en décembre 1758....

 

Nombre de problèmes surgissaient, ainsi en 1754, Roger Joullain  considérant que les locaux étaient insuffisants, demanda en vain le transfert de la poste à La Mare Pillet, ce qui lui fut refusé. Louis Clément lui même fut épuisé pour approvisionner ses chevaux, équipages et fourages. Il abandonna son poste ! Un postulant du nom de Jacques Le Hérissé de Lamballe possédant 13 chevaux, cherchait à prendre l'auberge de la Croix-Verte  tenue par Julien Joublet cabaretier, mais il abandonna tout espoir de reprise. Julien Joublet aurait dû prendre la relève, mais il n'obtint pas le brevet de maîtrise.

 

 

 La mention  du cabaret de Langouhèdre nous fait penser à ce drame qui se joua en un cabaret du même hameau :

 

 

....Au tablier du greffe de la juridiction du marquisat de la Moussaye, Jean Roussel revenant le 23 octobre dernier de Lamballe, avec son harnois, de conduire les bagages de la troupe de soldats, qui passa le jour précédent entra au passage de Langouhèdre, chez un hôte débitant boire une bouteille de cidre, y trouva Louis Le Feuvre; sans aucune dispute; celui-ci prit une pelle à feu et lui en dégagea un coup sur la tête au côté gauche du visage dont il lui creva l'os du crâne, de laquelle opération ledit Jean Roussel est décédé le sept de ce mois. Nicolas Goudelin, avocat au parlement se transporte à cheval au cimetière de Broons, accompagné de deux chirurgiens; il se fait indiquer par le recteur et le fossoyeur le lieu où a été inhumé Roussel, serment préalablement prêté; fait procéder à l'exhumation et enlever le suaire; les témoins disent le reconnaître. Les chirurgiens font l'autopsie et on inhume de nouveau le cadavre; "fait et conclu à la porte de l'église paroissiale dudit Broons, 12 novembre 1774."

 

 

Au cours du  XVIIIe siècle,  Langouhèdre disposait aussi d'une maréchaussée regroupant une brigade de  gendarmerie à   cheval, mais le bail expirant à la date du 30 septembre 1889, la brigade fut alors transférée au bourg de Plénée. Dans un rapport datant du 15 septembre 1871, MM. le commandant de gendarmerie, le sous-préfet et le procureur de la répubique de l'arrondissement de Dinan   demandait  son transfert à Plélan le Petit. En 1881, sont mentionnés présents Jean-Marie Hascoët, 36 ans, brigadier en chef; Jérôme Hascoët, 29 ans, gendarme:  François Le Maigat, 27 ans, gendarme: Jean-Marie Ollivier, 35 ans, gendarme; Jean-François Richard, 40 ans, gendarme 

 

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Corps de bâtiments qui hébergea le relais de poste et la maréchaussée

 

...La route offre plusieurs montées et descentes, et parcourt un pays fertile  qui se prolonge jusqu'au relais de Langouhèdre, au delà duquel une pénible côte d'où l'on aperçoit le château de la Villeneuve -Guide pittoresque des voyageurs, 1838   

 

 

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L'accès de l'ancien moulin

 

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Vue générale de Langouhèdre 

       

 

Quand on évoque Langouhèdre, on pense bien évidemment à cette voie qui traverse l'important village.

Cette route était en réalité appelée à ses origines le Grand Chemin. Depuis de nombreuses années des travaux avaient été envisagés afin de rendre plus aisée la pénétration de notre province, assez mal desservie au XVIème siècle. Sous le duc de Chaulnes, gouverneur de Bretagne de 1669 à 1694, la question des grands chemins était déjà une préoccupation, Jouvin de Rochefort qui voyagea en 1672 dans notre contrée, constata que le grand chemin était déjà très fréquenté. Il est vrai que Rennes était alors le centre administratif de la Bretagne, et que cette ville hébergeait le Parlement, ainsi que nombre de tribunaux et d’hôtels particuliers. Evoquant les environs, Jouvin de Rochefort indique que la route de Broons à Rennes était peu sûre, les bandits des grands chemins y sévissaient, ses notes indiquent qu’à partir de Plestan, on consommait déjà ici du cidre, et qu’à hauteur de la Motte Broons on y voyait «dans un grand marais les ruines du château dont les murailles font assez paroître qu’il étoit presqu’imprenable ». On franchissait la rivière Rosette sur un pont minuscule car la chaussée était encore au niveau des prairies, enfin, l’entretien de ce chemin était financé par cette survivance féodale appelée corvée et par les péages et barrières disposés ici & là afin de taxer les transports de marchandise. Au dix huitième siècle, de vastes travaux furent entrepris en matière de voirie. Il n’y avait guère jusqu’en 1753 que 80 lieues de chemins à peu près convenables, le duc d’Aiguillon, gouverneur de Bretagne jusqu’en 1768 publia un règlement afin de déterminer la forme et la largeur et le mode de construction des routes, ce qui ne manqua pas de provoquer le mécontentement des Etas de Bretagne qui s’insurgèrent contre un tel empiètement à leurs privilèges. L’entretien de cette voirie royale incombait à chaque général de paroisse qui devait désigner parmi la population active des individus requis le temps nécessaire à cette tâche. Nombre de paysans se rebellèrent contre pareille décision qui les handicapaient surtout durant les travaux des champs ou la moisson. De plus, les paroisses étant sollicitées financièrement, nombre de récriminations se produisirent entre elles, en 1772, les habitants de Plénée écrivaient : « …Pourquoi il est nécessaire que cette part de route soit réparée et pour y parvenir plus aisément, comme aussi pour que l’entretien en soit plus commode sur lesdits revers de pavés qui servirait de plafond, ce qui rendra cette chaussée d’autant plus solide et moins coûteuse à faire et attendu que cette partie de route se trouve dans la tâche de la paroisse de Sévignac… » Les Etats de Bretagne obtinrent finalement en 1785 pleine et entière administration des grands chemins. La route de Lamballe se signalait alors par son état de dégradation.  surtout aux environs de Langouhèdre où se trouvait un premier relais de poste tandis que Broons en hébergeait un deuxième. Pour l'entretien de ce grand chemin, Plénée fournissait 45 hommes, et en 1755 selon Gilbert Noël, à Plénée avait échu la réfection de 1852 toises de route, dont "à la sortie du pavé de Langouhèdre 812 toises jusqu'au Haut-Temple". De 1760 à 1768 poursuit notre auteur, les travaux de réflexions et de construction se poursuivirent.

 

 

Quelques actes de décès

 

 

Janne Talva, «Langouhedre», inhumée le 24 juillet 1640

Julien Lucas, «Langouhèdre», inhumée le 16 septembre 1654

Françoys Collas, «Langouhèdre», fils de Tanguy, inhumé le 3 décembre 1654

Julienne Collas, «Langouhèdre», « enfans de Pierre », inhumée le 19 février 1657

Françoise Talva, « Langouhedre », enfant de Pierre, inhumée le 21 février 1657

Pierre Cillas, «Langouhèdre», fils de Pierre, inhumé le 7 mars 1657

Louis Bouvet, « Langouhedre », fils de Jan, inhumé le 12 mars 1657

Jeanne Collas « enfans-Langouhedre », inhumée le 3 avril 1657

Jacquemine Davi, «Les Marres» et «Langouhèdre», inhumée le 20 mars 1657

Jeanne Henry, enfant de Jean, inhumée le 4 août 1657

Alain Crestel, « s'estant fortuitement noyé par la grandeur des eaux au pont qui est au dessousdu moulin de Langouhedre », inhumé le 1er décembre 1657

Pierre Talva, « Langouhedre », mort d'un coup de pierre, inhumé le 23 décembre 1658

Guillemette Morin, « Langouhedre », 70 ans, inhumée le 16 novembre 1669

Gilles Hureau -meunier au moulin du Margaro, décédé à Langouhedre chez Antoine

Tardivet, inhumé le 8 avril 1670

Pierre Davy, «Langouhèdre», 60 ans, fils de Thomas et de Julienne Gesret, inhumé le 3

février 1671

Renée Lefeuvre, «Langouhèdre», 31 anis, épouse de Françoys Talva, inhumée le 31 août

1672

Hélène Sentier « Langouhedre », 17 ans, fille de Pierre, inhumée le 19 juillet 1674

Olive Bouver, « Langouhedre », 75 ans, inhumée le 14 novembre 1674

Mathurin Massé, « Langouhedre », inhumé le 19 janvier 1679

Jean Cornière, «Langouhèdre», inhumé le 3 mars 1679

Thomas Davy, «Langouhèdre», i60 ans, inhumé le 4 novembre 1679

Françoise Regnault, « Langouhedre », 50 ans, veuve de Bertrand Coribière, inhumée le

16 janvier 1680

Gilles Massé, «Langouhèdre», fils d'Olivier et Cyprienne Chastaignier, inhumée le 6

octobre 1680

Pierre Collas, 50 ans, «Langouhèdre», inhumé le 20 novembre 1680

Jean Henry, âgé de 60 ans, «Langouhèdre», époux de Guyonne Collas, inhumé le 22

février 1683

Pétronille Cadet, «Langouhèdre», 4 à 5 mois, inhumée le 10 mars 1686

Georges Lecompte, «Langouhèdre», 60 ans, époux de Françoise Riasse, inhumé le 20

août 1688

Françoys Morel, «Langouhèdre», 62 ans, époux de Anne Durand inhumé le 23 janvier

1690

Laurence Henry, «Langouhèdre», 80 ans, épouse Audren, inhumée le 14 novembre 1693

Gilles Morel, «Langouhèdre», 70 ans, inhumé le 29 novembre 1697

Anthoine Tardivel, «Langouhèdre», 80 ans, inhumé le 24 octobre 1698

Olivier Macé, «Langouhèdre», 45 ans, inhumé le 5 mars 1699

Mathurin Macé, «Langouhèdre», 20 ans, couvreur en ardoise, inhumé le 20 février 1700

Janne Lecompte, «Langouhèdre», inhumé le 22 octobre 1700

Guillaume Lecompte, «Langouhèdre», 55 ans, inhumée le 22 novembre 1700

Julienne Audren, « Langouhedre », 44 ans, inhumée le 2 octobre 1702

Julienne Massé, «Langouhèdre», 55 ans, épouse Bouyère, inhumée le 27 janvier 1703

Françoise Talva, « Langouhedre », 22 ans, inhumée le 24 juillet 1707

Gillette Morel, «Langouhèdre», 50 ans, inhumée le 4 février 1707

Pierre Talva, « Langouhedre », 50 ans, inhumé le 12 mars 1707

Julien Lecompte, «Langouhèdre», 50 ans, époux de Jeanne Thomas, inhumé le 31 juillet

1719

François Soulain, « Langouhedre », inhumé le 30 mai 1750

René Lecomte, «Langouhèdre», 42 ans, inhumé le 12 septembre 1758

Jeanne Lefeuvre, «Langouhèdre», 1 mois, fille de Joseph et Renée Henry, inhumée le 28

janvier 1759

Gilette Periault, «Langouhèdre», 70 ans, veuve de Pierre Méheust, inhumée le 12

décembre 1761

Louis Clément, «Langouhèdre», 5 ans, fils de Louis et Pétronille Ferté, inhumé le18 février

1762

Louis Clément, «Langouhèdre», 52 ans, époux d'Anne Badoual, inhumée le 28 avril 1763

Jacquemine Guitton, 3 ans, «Langouhèdre», fille de Julien et de Jacquemine Badoual,

inhumée le 10 octobre 1763

Louise Bazin, «Langouhèdre», 3 ans, fille de François et Louise Lefeuvre, inhumée le 18

mars 1764

Mathurine Audren, « Langouhedre », 68 ans, veuve de Charles David, inhumée le 17

mars 1767

Marguerite Hery, «Langouhèdre», veuve de François Portier, inhumée le 20 avril 1767

Mathurin Maraboeuf, «Langouhèdre», 70 ans, époux de Françoise Houée, inhumé le 21

avril 1767

anonyme Rabasté, «Langouhèdre», fils de Guillume et Jacuemine Lemée, inhumé le 21

octobre 1770

François Collas, 1 jour, Langouhèdre», fils de Jacques et Françoise Berno, inhumé le 12

février 1771

Guillaume David, Langouhèdre», fils de Jean et Angélique Morfouasse, inhumé le 12 avril

1771

Louis Brousse, Langouhèdre»,35 ans, époux de Mathurine Plestan, inhumé le 2 avril 1772

Jeanne David, 7 mois, «Langouhèdre», fille de Charles et de Louise Lefeuvre, inhumée

le 18 septembre 1779

Julienne Talva, «Langouhedre», 50 ans, épouse de Jan Villeneuve, inhumée le 14

décembre 1779

Mathurine Cantin « Moulin du Margaro », 3 ans, fille de Thomas et de Louise Ollivier,

inhumée le 25 février 1780

Françoise Cantin « Moulin du Margaro », 2 ans, fille de Thomas et de Renée Droguet,

inhumée le 19 avril 1781

François Cantin «Margaro », 15 mois, fille de Thomas et de Renée Droguet, inhumé le

30 décembre 1782

François Rivière, « Langouhedre », 18 jours, fils de Julien et Louise Guitton, inhumé le 13

mai 1783

Jean Cantin « Moulin du Margaro », 30 ans, fils de Thomas et de Perrine Brousse,

inhumé le 14 mai 1783

Louis Deschamps, «Langouhèdre», 7 ans, fils de Louis et Anne Lefeuvre, inhumé le 15

juin 1783

François Lehérissé, «Langouhèdre», 7 ans, fils de Mathurin et Françoise Pringault, inhumé le 19 juin 1783

Jean Conseil, «Langouhèdre», 18 ans, fils de Jean et Marie Testa, inhumé le 2 juillet 1783

François Rondel « Langouhedre », 3 ans, fils de François et de Janne Renault, inhumé le

17 juillet 1783

Louise Bazin, «Langouhèdre», 3 ans, fille de François et Louise Lefeuvre inhumée le 23

janvier 1784

Jacques Mégret, «Langouhèdre», 36 ans, fils de Jacques et Mathurine Lefeuvre, inhumé

le 22 février 1785

René Asséré, «Langouhèdre», 17 ans, fils de René et Mathurine Hervé, inhumé le12 janvier 1786

Jan Mégret, «Langouhèdre», 4 jours, fils de Pierre et Janne Moisan, inhumé le 6 janvier

1787

Janne Talva, «Langouhedre», fille de Mathurin et Julienne Viilleneuve,inhumée le 8 janvier

1786

Perrine Conseil, «Langouhèdre», 2 ans, fille de Jean et Françoise Marabeuf, inhumée le

15 octobre 1789

François Pringault, « Langouhedre », 72 ans, veuf de Jacquemine Rouvrais, inhumé le 22

mai 1790

Françoise Rondel « Langouhedre », 3 ans, fille de François et de Janne Renault, inhumée

le 6 mai 1791

Julien Mégret, «Langouhèdre», 3 mois, fils de Pierre et Janne Moisan, inhumé le 13 janvier 1791

Mathurin Bazin, «Langouhèdre», 2 ans, fils de Mathurin et Yvonne Leroi, inhumé le 9

février 1792

Louis Mégret, «Langouhèdre», 5 ans, fils de Pierre et Janne Moisan, inhumé le 12 février

1792

Jacquemine Rondel « Langouhedre », 2 ans, fille de François et de Janne Renault, inhumée le 13 février 1792

 

Quand éclata la période révolutionaire, il semble qu'il y ait eu ici à Langouhèdre un club jacobin. Des gardes nationaux se fixèrent ici afin d'arrêter les déserteurs, ils étaient assistés par une  colonne mobile mise en place pour  combattre ces troupes de "chouans" dès le début de l'année 1800. Ces derniers surveillaient les abords du Grand Chemin qu'empruntait les diligences, en effet, celles ci transportaient le courrier, les voyageurs, mais aussi des caisses avec de grosses sommes d'argent qui intéressaient particulièrement les opposants au mouvement révolutionnaire afin de financer leur lutte. Comme nous l'avons vu aux pages consacrées à Tramain, l'une des diligences fut interceptée à la Chapelle aux Chèvres par les pro-royalistes. Un autre sujet sucitait menace de la part des opposants aux réformes en cours : la vente du bien public et ceux qui exploitait ce bien, dès lors cinquante hommes furent cantonnés à Langouhèdre pour réprimer toutes atrocités commises. (Gilbert Noël)

 

Sous le Consulat, celui qui occupait le fauteuil de premier magistrat de Plénée était natif de Langouhedre, il s'agissait de Joseph Rabasté

 

 

La gare de Langouhèdre fut mise en service le 7 septembre 1863, un habitant de Langouhèdre : Auguste Marteau avait acquisition de deux actions auprès de la Compagnie des chemins de fer de Lyon le 12 janvier 1861. Un des rails désservait le bourg de Plénée, et bifurquait face à la route qui conduit à Sévignac,  puis se dirigeait vers  Collinée, via le rue Briens

 

Au cours des premiers mois de l'année 1867, une épidémie de cholérique toucha Langouhèdre et refit son apparition au cours du mois de mai.

 

Au début du mois de février 1871, la peste bovine contraignit les cultivateurs de Langouhèdre à abattre leurs troupeaux.

 

Recencement effectué en 1906, Langouhèdre comptait alors 169 habitants dont 51 ménages répartis dans 49 maisons. La plupart étaient agriculteurs, mais voici quelques charges et métiers divers :

 

-Louis Guichard,  52 ans, originaire de Mayenne, chef d'équipe au chemin de fer 

 

 

- Eugène Hergnot, 41 ans, de Lescouët, marchand

-Auguste Moisan, 26 ans, de Plénée, charretier

-Jean Louis Provost, 28 ans, de Malansac, employé au chemin de fer 

-Pierre Jouvard, 72 ans, de Plénée, débitant

-Eugène Jouvard, 20 ans, son fils, boulanger

-Anastasie Brexel, 52 ans, du Goutay, débitante

-Eugène Hugot, 41 ans, de Lescouët, marchand de bois

-Victoire Rouxel, sa femme, 40 ans, débitante

-Pierre Basset, 29 ans, de Sévignac, charron

-Marie Hardy, sa femme, 24 ans, de Plélan Le Petit, tailleuse

-Alexandre Nonarque, 30 ans, de Plélan le Grand, scieur de long 

-Joseph Nonarque, 26 ans, de Iffendic, scieur de long 

-Jean Rebours, 51 ans, de Plénée, maréchal

-Henri Rebours, 15 ans, son fils, maréchal

-François Bazin, 50 ans, de Plénée, cordonnier

-Jean Louis Boutrais, 56 ans, de Plénée, couvreur

-Jean Oger, 54 ans, de Plaine Haute, tisserand

-Jeanne Besnard, 30 ans, de Plénée, tailleur

-Adèle Chauvel, 59 ans, de Plénée, débitante

-Marie Anne Thebault, 32 ans, de Plénée, tailleur

-Guillaume Glouaret, 63 ans, de Grace Uzel, scieur de long

-Jean Glouaret,  son fils, 26 ans, de Plénée, charpentier

-Eugène Tronel, 23 ans, de Tramain, maréchal

-Eugène Noël, 39 ans, de Saint-Igneuc, cantonnier

-Marie Morvan, 60 ans, de Plénée, tailleur

-Jean Rouxel, 63 ans, de Plénée, charpentier

 

Moulin du Margaro :

 

-foyer Volet 7 personnes dont : Pierre Volet, 46 ans, originaire de Noyal exerçait la charge de meunier au moulin du Margaro

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Une école de hameau se trouvait en place ici à Langouhèdre

 

Dans son ouvrage « chemin d'exil en Côtes d'Armor, Pierre Fenard rappelle ces faits : Les tziganes furent internés en octobre 1940 au Château de la Ville Neuve et son parc, à environ 300 mètres de Langouhédre en Plénée-Jugon, en bordure de la RN 12. Ils furent  ensuite transférés en novembre 1940, à Coudrecieux

 

 

En décembre 2011, il fut procédé à la mise en place d'un monument en hommage aux victimes du département lors de la Guerre d'Algérie   

 

 

 

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Published by poudouvre
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commentaires

Fercoq 18/06/2015 17:38

Bonsoir
Je suis tombée sur votre site par hasard en recherchant le nom d une chapelle
Votre site est très interressant , surtout qu il parle de Langouhedre
J ai 52 ans et j ai passé toutes mes vacances scolaires à Langouhedre ; j ai connu le moulin du Margaro , ainsi que les deux écoles , le cabaret en bas de Langouhedre ; Mon seul regret est de ne pas avoir pris de photos
Il y avait une chapelle chose que j ignorais
Savez vous ou elle se situait?
De plus Gilbert Noel parlait d une sorte de donjon mais j en ai trouvé aucune trace
Puis je savoir ce qui vous a fait faire ce site?
Merci
Cordialement
Catherine Fercoq

poudouvre 18/06/2015 20:36

bonjour Catherine, dommage effectivement pour les photo, mais qui sait peut être un jour....plus de trace du moulin, ni de la chapelle, elle devait je penses se situer tout près du manoir du Margaro, en la partie haute du hameau. Quant à la sorte de donjon, il semblerait que ce soit une allusion au dit manoir. Je ne vis pas très loin de Langouhèdre et cet endroit est riche de sn passé comme le reste de la localité de Plénée. Cordialement Michel