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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 06:03

Les réformes républicaines suscitèrent ici à Lanrelas des réticences, l'ancienne paroisse devint commune et fut rattachée au canton de Plumaugat. En 1790 elle comptait 1756 habitants: 350 hommes sur lesquels 250 citoyens actifs dont journée de travail était cotée 15 sols, 348 femmes et filles, 608 personnes en dessous de 18 ans. Jean Thominiaux en fut élu maire. En juillet 1790, Joachim Roumain du Plessix fermier général de la terre de Guillerien porta plainte contre les les paysans qui envahirent sur les conseils du maire -qui prêchait un tout autre discours  :  les clôtures de la lande défrichée par Auguste Bertrand de Saint Pern et l'ont saccagée. Ils s'en prennent aussi aux terrains vagues, détruisant les fossés qui les entourent coupant les ajoncs et les genêts, et même les arbres qui y étaient plantés. Ils reprochent aux seigneurs locaux de s'emparer des landes et communs aux détriment des pauvres

 

 

Dans le cahier de doléance de Lanrelas dressé au cours du printemps 1789, il fut demandé le maintient de la Bretagne dans ses droits, franchise, et privilèges dont elle jouissait depuis et avant sa réunion à la couronne est réclamée ainsi qu' un juste partage de l'impôt entre les trois Ordres, et qu'aucune terre ne fut exemptées de fouages. La corvée des grands chemins fut aussi remise en cause car elle dépeuplait les campagnes et augmentait la misère, le tirage au sort de la milice fut aussi contesté. Les cahiers de doléances de Lanrelas furent signé sénéchal Béchu. On demanda à Lanrelas le maintient du vote par ordre pour la fixation des impôts, mais leur répartition se fera au vote par tête. La population condamne les «usements étranges, jugés barbares, contraires à l'humanité», et inutiles aux seigneurs dont ils flattent la vanité. Furent élus députés de Lanrelas : Jean Baptiste Renouvel et Jean Thominiaux. Tandis que l'on procédait au transfert des instances judiciaires au district de Broons, il fut demandé au clergé de bien vouloir prêter serment à la République, ce que l'abbé Jean Guillaume Bellouard refusa ainsi que son vicaire Mathurin Manseau, de même qu'il rejeta l'idée de lire en chaire la lettre de Monseigneur Jacob, cet évêque proche des idées du nouveau régime, refusant même que Thominiaux alors maire lu la lettre à sa place. Jean Guillaume Bellouard était né à Paimpont en 1725, après de brillantes études chez les Jésuites de Rennes il entra dans la prêtrise en 1747 et fut nommé à Lanrelas le 28 octobre 1780. A son arrivée au bourg il trouva le presbytère en si mauvais état qu'il fit entreprendre des travaux immédiats et en attente de la fin du chantier il prit pension ainsi que son vicaire chez une dénommée Anne Renouvel. Faute de trouver un curé constitutionnel, l'insoumis resta parmi ses paroissiens, refusant que la cure fut confiée à son vicaire. C'est ainsi que le maréchal des logis Pinot assisté de quatre représentants de la force armée vinrent arrêter en sa demeure Jean Bellouard. Ils le prièrent de monter sur son cheval et le conduisirent à Broons le 30 décembre 1792. De là il fut dirigé vers Saint Brieuc où il fut interné à la maison des Filles de la Croix. Âgé de 66 ans, il y est qualifié de «dangereux criminel». Gabriel Mauny était né à St Méen en 1742 de l'union de Joseph et Marie Janvier, il fut ordonné en 1767. Vicaire à Lanrelas, le 14 août 1792 il accepta de prêter serment et de devenir vicaire provisoirement. Il fut également procédé à l'inventaire du bien ecclésiastique:

-les morceaux d'une croix démontée

-un encensoir avec sa navette et cuillère

-cinq calices et cinq Paternes

-les morceaux d'une croix démontée

- une clochette

-une vieille lampe

 

En 1792 on relève 22 naissances à Lanrelas : 10 garçons et 12 filles; 6 mariages et 62 décès.

Un mouvement nait à sous l'égide du marquis de la Rouerie : l'Association Bretonne et dès lors les réseaux royalistes dit «chouans» vont intervenir çà & là. Parmi eux l'enfant du pays: Mathurin Tournatory né en 1773 à Lanrelas, devenu chef chouan en 1793. Charles Doursenaud vient de lui consacrer un ouvrage: « le fusil de récompense» mais très vite il eut maille avec les opposants au régime, alors très nombreux en la localité voisine de Plumaugat. C'est ainsi que les chouans s'emparèrent à son domicile de la somme de 1000 livres en espèce, de sa montre et de toute son argenterie. Le 21 mars 1793, ils passèrent de nouveau au domicile de l'abbé Mauny et l'assassinèrent. Une enquête sera menée afin de connaître les circonstances du drame. La délégation était conduite par les citoyens Lemoine, maire et Thominiaux officier municipal de la commune de Lanrelas. Ils étaient accompagnés des administrateurs du district de Broons, au nombre desquels se trouvaient Laurent Binnet greffier, Joseph Chardemel & Toussaint Lemoine notables et Guillaume Bouvier officier de santé accompagnés de deux détachements de la force armée à cheval. C'est à dix heures du matin qu'ils se ont rendus au village de Rohan où 'a eut lieu le drame. Ils ont pénétré dans la boulangerie dudit village où reposait le cadavre du dénommé Mauny. Ce dernier est mort violemment de deux coups de fusil reçu. Des témoins ont été interrogés sous serment, parmi eux la citoyenne Marguerite Fleury âgée de 54 ans. Selon elle c'est le matin du 21 courant que vers 9 ou 10 heures du matin une bande de brigands sont entrés dans la maison du citoyen Mauny. Bien que celui ci leur ai proposé sa fortune, ils l'ont conduit entre la tour et son pressoir et son amas de blé au costé et en dehors de sa cour et après elle a entendu deux coups de fusil. D'autres témoins sont également entendus, l'une affirme avoir ouï «laissez moi la vie !» . Ils affirment en outre l'avoir découvert dans une mare de sang près d'un amas de paille. Jamais les coupables ne seront arrêtés, d'ailleurs le 21 juillet 1795, ils reviennent et incendient les archives de la municipalité de Lanrelas.

Ci dessous la boulangerie au village de Rohan où périt ledit Mauny
 


 

En avril 1795 Jean Bellouard fut libéré et revint à Lanrelas au milieu de ses ouailles et fit du ministère caché sa spécialité après que les lieux de culte eussent été fermés. Une troupe de républicains s'empara de lui le 6 janvier 1796, l'enferma dans la chapelle St Jacques au bourg, puis la nuit bien avancée on le fusilla près des ponts de Lanrelas, comme il en est fait mention dans son acte de décès. Aux abords de la Rance, à l'angle des routes conduisant du Bourg de Lanrelas à Eréac, un peu en retrait, hommage a été rendu récemment à celui qui fut l'une des nombreuses victimes lors de la Révolution. Aux dires des témoins, plus il prononçait le nom de Jésus plus il recevait de coups de baïonnettes. Le lendemain la troupe revint et tira sur ceux qui étaient en train de l'ensevelir en blessant un gravement

 

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Published by poudouvre
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