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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 13:59

C'est à l'architecte Etienne Le Tur, auquel le duc Jean IV avait confié la réalisation du donjon de Dinan qu'il fut fait appel vers 1390 afin de mener à terme la confection du château du Hac. L'endroit situé en la paroisse du Quiou, ressortait du patrimoine ducal : c'était un domaine de chasse.

 

     

 

Guillaume de Saint André alors diplomate ducal  avait hérité de cette terre, mais à sa mort, Arthur de Richemont, (ci-dessus) fils du duc Jean IV recueillit la terre du Hac et en fit donation à la famille de Bintin. Guyonne de Bintin transporta alors le domaine à un personnage  de renom : Jehan Hingant, fils de Chevalier Charles Hingant qui vivait l'an mil quatre cent neuf.  C'est lui Jehan Hingant qui fit bâtir cette remarquable bâtisse construite de 1440 à 1448. Toutefois l'édifice tel qu'il se présente aujourd'hui affiche deux périodes distinctes quant à sa construction :  fin  XVe et début XVIe siècle. 

 

     

 

Le lieu avoisinait jadis avec un champ d'urnes datant de la période du Bronze. Une façade sophistiquée qui ne manque pas de rappeler la Renaissance est conçue en pierre calcaire des faluns, il en résulte un des plus beaux joyaux de l'âge d'or que traversa alors le duché de Bretagne.  Le plan du Hac affecte presque la forme d'un rectangle ayant aux angles des tours. L'une d'elles possède, en encorbellement un dispositif très curieux et très artistique. Au milieu des deux façades s'élève, du côté est, une tourelle au dernier étage de laquelle est un oratoire; et, du côté ouest, une tour d'escalier que termine une petite chambre de guet, à laquelle on accède par un escalier logé dans une échauguette. Les trois étahes du Hac sont divisés en trois pièces. La plus septentrionale couvre une superficie à peu près égale à celle des deux autres. Au rez de chaussée, la grande salle, dite des gardes, était vraisemblablemet l'auditoire des seigneurs du Hac qui avaient moyenne justice. La salle suivante a été modifiée par l'élévation du sol et la transformation d'une fenêtre en porte d'entrée à laquelle on accède par un escalier extérieur. La dernière salle possède sur le côté gauche de sa cheminée un four de pâtisserie assez curieux, cette salle devait servir de cuisine. Dans la tour voisine, on voit des vestiges des murs qui supportaient les sièges des "commodités" aux différents étages et qui étaient disposés en retrait les uns au-dessus ds autres. La fosse qui subsiste sous la tour s'aérait par un espace ménagé dans la double paroi de la tour, et la sortie d'air se faisait par des évents percés comme des meurtrières dans le paroi extérieur. Le premier étage a les mêmes dispositions que le rez de chaussée, et devait servir d'appartements. Une cheminée, sur le côté et près de la première fenêtre, a complètement disparu sauf le seuil qui est encore visibl du rez de chaussée. Le second étage comme la plupart des demeures médiévales était réservé au seigneur. Les charpentes ont été malheureusement regaites en partie dans une forme différente des anciennes qui devaient être ambrissées. La charpente de la grande salle est du XVIIe siècle. L'enduit de plâtre qui subsiste sur le mur extrême de cette salle indique le tracé du lambrissage. Dans cette grande salle s'ouvre l'oratoire, très remarquable, conservé à peu près intact avec son autel, sa piscine, sa fenêtre à meneau et sa très curieuse charpente. la salle suivante, chambre seigneuriale avait une petite baie de communication avec la chapelle, aujourd'hui murée. La charpente est du siècle dernier. Enfin, la dernière salle a une charpente du XVI e siècle. Au sommet de la tour voisine est une petite chambre de service avec cheminée. La chambre du guet, au sommet de la tour d'escalier a gardé, comme la chapelle, sa charpente primitive. 

 

     

 

 Armoiries Hingant :

"De gueules à la fasce d'or accompagnée de sept bilettes du même."

 

Le dit Jehan Hingant servait en 1419 dans la garde ducale sous Bertrand de Dinan, puis il se vit confier par le duc Jean V procuration à la Cour d'Ecosse afin de s'enquérir du mariage de l'héritier François Ier de Bretagne. Dès lors, Jehan Hingant devint Conseiller puis Chambellan des Ducs Jean V et François Ier de Bretagne, leur confident, jusqu'à ce qu'il soit chassé de la Cour de Nantes par un autre personnage éminent : Olivier du Breil, seigneur du Châlonge en Trévron,  Sénéchal de Dinan puis de Rennes, Juge universel du Duché de Bretagne, puis ambassadeur près des principales Cours d'Europe. L'ancien Chambellan avait été accusé de complicité lors du lâche assassinat dont le Prince Gilles de Bretagne fut victime en 1450. En effet en 1446, il avait été en mission auprès du malheureux Gilles de Bretagne. Jehan Hingant laissait un fils :   Eustache Hingant, seigneur du Hac, de Saint-Tual, uni en 1500 avec Perrine Botherel, dame de Cicé, fille de Robin Botherel, seigneur de Cicé.     Le domaine du Hac fut alors confisqué à cette famille  et échoua dans le patrimoine de la puissante famille de Tournemine de la Hunaudaye en Plédéliac. En effet, en 1526, la seigneurie passa par le mariage de Françoise Hingant avec René de Tournemine. Leur fils René reçut le Hac en héritage, puis en 1572, ses cousins d'Annebaud devinrent possesseurs de ce magnfique héritage (Claude d'Annebaud  Maréchal de France avait épousé vers 1540 Françoise de Tournemine) . Nous voyons ensuite Le Hac, la Hunaudaye passer à Jeanne de la Motte de Vauvert, cousine des Tournemine, remariée en 1600 à Sébastien de Rosmadec. Ses fils morts sans postérité, le bien passa à sa fille Catherine de Rosmadec, mariée en 1631 à Guy de Rieux. Catherine de Rosmadec mourut en 1647, ne laissant qu'une fille Jeanne de Rieux, mariée à son cousin Jean de Rieux. En 1686, les Rieux vendirent le Hac à René de Lopriac, conseiller au Parlement de Bretagne. Ce bien fut ensuite possédé par son petit-fils, Guy, qui ne laissa qu'une fille, la marquise de Querhoent, condamnée par le tribunal révolutionnaire et exécutée le 8 thermidor an II (1794) -portrait ci dessous

 

     

 

Elle avait vendu en 1770 le Hac à Yves Reslou de la Tisonnaye, Conseiller du roi et son procureur en la sénéchaussée de Dinan, ville dont il devint le premier maire lors de la révolution. Le Hac passa à sa seconde fille mariée à Jacques Poisson de Gastines et fut vendu ensuite en 1807 au marquis de Langle de Beaumanoir, son petit-fils Louis, le vendit à Jean Larère. Depuis 1854, ce château est resté dans la famille Larère, qui se trouve être la quatrième à posséder le Hac depuis sa construction. Il appartient en 1932 à M. Paillard, mari de mademoiselle Gueniot, petite-fille de M. Larère.   

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Published by poudouvre
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