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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 15:27

Caesden en la paroisse de Plenest était une terre qui relevait de la sénéchaussée de Jugon avec titre de châstellenie. Un manoir à cour close, auquel on accède par un porche qui fut érigé au cours du XVe siècle, porche percé dans un logis porte. Le manoir fut réaménagé au cours du XVIIIe siècle. Le lieu disposait d'une chapelle, d'un colombier, d'un moulin, ainsi que d'un étang, et cette famille Lemoine qui diposaait du lieu. Originaire de la paroisse voisine de Maroué, possédait également de biens sur Lamballe, Trébry et La Landelle. Elle prit possession très tôt de la terre de Caëden en Plénée. Cette famille avait pour armoiries :

 

 

 

 

d'or à trois faces d'or

 

Cette famille Le Moine, alias Le Moenne ou Lemouenne était déjà présente sur la paroisse de Plénée dès 1231 comme l'atteste une charte émanant de l'abbaye de Saint Aubin des Bois en la paroisse de Plédéliac, un certain Hamon Le Moenne fit une donation à cet établissement Cistercien

Guillelmus, Dei gracia Briocensis Episcopus, universis Christi fidelibus presentes licteria inspecturis et audituris salutem in Domino. Noverit universitas vestra quod Hamo dictus Monachus, de Pleneet, miles, in nostra presencia constitutus, pro salute anime sue et antecessorum suorum, concessit Deo et abbacie Sancti Albini, Cisterciensis ordinis, decinam illam quam Salomon Rufus abbacie predicte et monachis ibidem Deo servientibus, perpetuo et pacifice possidendam ; preterea omnes alias decimas quas dicti monachi in feodo suo possidebant eisdem monachis concessit et confirmavit pacifice in perpetuum possidendas. No vero ad testimonium hujus rei pariter et munimem,, de assensu et voluntate parcium, licteras islas sigilli nostri munimine fecimus roborari. Actum anno gracie M° CC° XXX° primo, in festo Petronille viginis, Valete

Guillaume, évêque de Saint-Brieuc, la grâce de Dieu, pour tous les fidèles du Christ qui verront ces présentes lettres. Vous le nommé Hamon Le Moine, soldat de Plénée, a été nommé en notre présence, pour le salut de son âme et de ses ancêtres, accordé à Dieu et l'abbaye de Saint-Aubin, de l'ordre cistercien, …..Fait en l'an de grâce mil deux cent trente et un, en la fête de Pétronille

 

 


 

Un autre Hamon Le Moenne est cité le 27 juin 1410, il comparaissait au sein des troupes conduites par Raoul de Coêtquen Maréchal de Bretaigne, qui s'était fixé tout comme ses troupes, mission de délivrer le Duc Jean V de Bretagne alors fait prisonnier par Olivier et Charles de Blois, issus de la Maison de Penthièvre. Cet Hamon semble avoir été l'un des signataires du second traité de Guérande qui mit un terme à la guerre de succession de Bretagne; écuyer Hamon Le Moenne, présent à Guingamp, signe le 30 avril 1381.
 

Le 10 juillet 1427, Guillaume Le Moenne comparait parmi les nobles de la paroisse de Plénée, vêtu d'une robe, porteur d'une salade et armé d'une vouge. Il a pour métayer Guillaume Cadel et perçoit 5 livres de revenu.

 

Dans « mémoires pour servir de preuves à l'histoire », Pierre Hyacinthe Morice évoquait la prise de possession des places fortes et forteresses du Comte de Penthièvre au nom du Duc de Bretagne, et cite ce 7 septembre de l'an 1407 comme présent :

Guillaume Le Moenne, Garde de la ville et chastel, tour et forteresse de Lamballe....et ajoute que ledit Le Moenne rendit, bailla et délaissa audit seigneur de Montauban oudit nom la pocession & garde desdites ville, chastel, tour & forteresse par la tradition & baill que li en feist des cleffs, pour la tenir durant lesdits quinze jours...A cette même montre en date du 10 juillet 1427 est évoqué Jehan Goret, métayer d'Eon Le Moenne.

 

La salade, est une sorte de casque, la brigandine est une armure, le jacque également.

 

La revue et monstre générale des nobles, ennobliz, exemplts et aultres tenants fiefs nobles et subjects aux armes de l'Evesché de Saint Brieuc, tenue à Moncontour par haut et puissant Messire Tristan du Perrier, Comte de Quintin; noble et puissant Messire Guyon de La Motte, Chevalier, sieur de l'Orfeuil et de Vauclerc; Messire Amaury de la Moussaye -gisant ci dessous, Chevalier, sieur du didct lieu de la Moussaye, commissaire commis et députez par mandement patent du Duc nostre souverain seigneur, quant à ce, les VIIIe., IX et Xe jours de janvier l'an mil IIIIe IXIX

 

 

Le 8 janvier 1480, comparaissent à la montre de la paroisse de Plénée :

 

Guillaume Le Mouenne, Hamon Le Moenne et Guillaume Le Mouënne dit le jeune.

 

Le premier cité au numéro 11364, Guillaume Le Mouenne, fut capitaine de Cesson. Il apparaît vêtu d'une robe avec injonction d'un jaque, armé d'une vouge et paré d'une salade, ; pour ses services rendus au duc de Bretagne, il perçoit 100 livres de revenu.

 

Dom Lobineau

histoire de Bretagne composée sur les titres et les auteurs originaux évoque celui qui fut capitaine de Cesson : XII juin -1484 Institution de Capitaine de la Tour de Cesson , pour Guillaume Le Moenne-Beauregard.... Un autre membre de cette famille est aussi mentionné : ...Mandement à Jacques Le Moenne de prendre l'artillerie qui est à Josselin, qui fut prise lorsque le Capitaine Treumeul y mit le siège.

Pour la ville de Jugon cette même année apparaît Jehan Le Moenne, porteur d'une brigandine et armé d'un archer, il perçoit la somme de 50 livres de revenu.

 

Le second cité en 1480, Hamon Le Moenne, est seigneur de La Daviais, et porteur d'une brigandine, il comparait armé d'une dague, d'une épée et d'une vouge. Il perçoit 10 livres de revenu.

 

Guillaume Le Mouenne, désigné le jeune dans cette montre nobiliaire, est vêtu de brigandine, de Jacque et armé de dague, d'épée et de vouge. Il perçoit également 10 livres de revenu. Guillaume Le Jeune est marié avec Jehanne Riou.

 

Réformation du 14 mars 1536, extraits...

La Court de Plouer & leurs appartenances*, la maison, manoir & métairie noble de Caesdan avec ses appartenances appartenant à Jacques Le Moenne sieur de Beauregard, noble homme avec les maisons & métairies de la Joumerie, Le Loran, la Ville-Neuffve, Quengro, Le Bas-Caesdan avec leurs appartenance...... La maison & métairie de la Ville-Josses appartenantes à Françoise Le Moenne, damoiselle dame de la Ryaye

 

* Ces lieux sont à présent désignés : La Cour-Plouet, Caëden, La Julerie, Le Lorrain, La Ville-Neuve, Quengros et Le Bas-Caëden, La Ville-Josse

 

En revanche aucun membre de cette maison n'apparaît à la montre nobiliaire en date du 10 juillet 1569. En revanche, dans les registres paroissiaux de Plénée sont mentionnés certains membres de cette famille ; ainsi les registres de baptêmes et décès évoquent ces personnes (acte ci-dessous)

 

Margueritte Le Mouyene fille Charles et Julienne Chaignon sa compaigne a esté baptizée par dom Julien Guyomard le vingt et huitiesme jour de septembre (1603) au predict le parain Christophle Abel, la marainne Marguerite Gouret et Mathurine Lemounier. Un acte daté du 21 octobre 1653 mentionne le décès de damoiselle Margueritte Lemoinne, dame de La Vallée, est ce la même personne, si oui, en ce cas elle aurait vécu cinquante ans.


 

 

 

Pierre Lemoyne filz de Escuyer Charles Lemoyne, sieur de la Vallée et de dame Julienne Chaignon sa compaigne fut baptizé le vingt quatriesme jour de janvier (1610) a esté le parrain escuyer Pierre Le Voyer sieur de Trésurain, la marainne Janne de Plumaugat, dame du Bignon.

 

 

Autre acte de baptême :  Jeanne Le Moyne fille de escuyer Rolland Le Moene et damoiselle Janne Boterel sa compaigne, sieur et dame de Beauregard, et de Caesdan a esté baptisée par missire Olivier Rouxel, desservant de Plenest le diziesme jour d'octobre mil six cent quatorze , le par(r)ain escuyer Jan Soulabaille sieur de la Roturday, marainne Louysse Boterel, dame de la maison du Roucher.

 

 

 

 

 

 

Caëden dessiné par Henri Frotier de La Messelière le 6 juin 1931

 

 

 

 

Le domaine de Caesden fut rattaché au Marquisat de la Moussaye en 1620 par héritage, en effet, en 1537, Jeanne Le Moine dame de Caesden avait épousé Arthur de la Moussaye

 

La terre de la Moussaye, faisait partie du comté de Lamballe, l'un des plus grands districts ou apanages de la maison de Penthièvre. Cette maison sortie d'Eudon, premier comte de Penthièvre, second fils de Geoffroi, duc de Bretagne en 992, remontait sa souche jusqu'à Nominoë, mort en 851, gouverneur de la Bretagne, sous l'autorité plutôt apparente que réelle de Louis le Débonnaire, et qui descendait lui même des anciens souverains du pays. Nominoë fit la guerre à Charles le Chauve, le vainquit en 845, et redevint complètement indépendant. La juridiction de cette seigneurie comprenait un territoire peuplé aujourd'hui de douze mille habitants et dont se composent tout presque en entier les communes de Plénée, Eréac et Sévignac, outre quelques portions des communes voisines.

le chasteau et le lieu seigneurial du marquisat de la Moussaye, scitué en la paroisse de Plenest, circuit de douves et fossés, aveq deux ponts levis à l'entrée, haulte et basse cour, jardins, vergers, mestayries, bois de haulte fustaye où il y a de la panteine, le tout enclos dans le parc fermé de fossés et de buissons, garnis de barrière de costé et d'autre, terres labourables, froites, gallouer, aveq un colombier et foye à pigeons près ledit chasteau, et en laquelle seigneurie à le droit de justice, haulte, moyenne et basse, aveq tout ferme droit d'instituer et pourvoir d'officiers, sçavoir, seneschals, alloué, lieutenant, procureurs, greffiers, notaires, sergens et autres pour l'exercice d'icelle jurisdiction qui se fait en l'auditoire édiffié au bourg de Plénest un jour de chascune semaine, auquel bourg se tient tous les jours de samedy, le marché ordinaire, aveq quatre foires et assemblées, sçavoir deux audt bourg de Plénest, sçavoir deux audit bourg de Langouhèdre, o le droit de lever les droits et devoirs de coustume ainsy qu'il est plus au long déclaré, et le lendemain de chascune desdites foires se tient les pleds généraux audit bourg de Plénest, et outre droit et pouvoir de faire recevoir et recueillir les rentes dûes à la seigneuries par les hommes d'icelle chascun à son tour et rang, et le droit de lodes et ventes, épaves, gallois, successions de bastards, déshérances, confiscations, saisies, droit de recepte, rachats, soubz rachapts et autres aventures de fief, mesme de tenir sesdits bois et estangs, buissons et garennes forestables, prohibitifs et deffensables à tous autres sans y pouvoir pescher ny chasser sans la permission du seigneur, et en cas de contravention sesdits officiers doivent punir les contrevenans selon les édits royaux, et pouvoir d'establir forestiers pour la garde desdits bois; et à raison de la ditte seigneurie et marquisat de la Moussaye, ledit seigneur comte est seigneur, patron et fondateur de l'église parrochialle de Plénest, chappelle de Saint Melleuc, église du bourg de Tramain et chappelle de Langouhèdre, aveq droit de présentation des prébendes, droit de sépulture et pierre tombale enlevée, armoryée d'escussons de ses armes et de ses alliances aux principaux endroits tant au dedans que au dehors desdites esglises et chappelles, comme supérieur et présentateur aux bénéfices d'icelles»; quatre moulins à blé, les métairies de la Basse Cour, du Grand et du Petit Saint Melleuc, des Noës Hersart, des Grassins, de la Rochelle, du Cran, de la Cour de Plouër, de la Beusnelière, etc; droit d'assent sur les voisins qui veulent mener leurs bestiaux paistre dans les landes de la Moussaye; halles et cohues au bourg de Plénest, aveq une maison noble dans la rue Hersepot qui sert de prison et geôle pour la jurdiction de la Moussaye; traits de dîme appelés de Laurouan, de Margaro ou de Langouhèdre, du Rocher, des Landes, de la Jousnière et de Saint Melleuc, etc...-vente de terre et marquisat de la Moussaye par Marie François Henri de Franquetot, duc de Coigny, chevalier des ordres du roi, colnel général des dragons de France, premier écuyer de sa majesté, gouverneur des ville et citadelle de Cambray, des ville et château de Caen, du château et maison royale de Choisy, capitane des chasses de La Varennes du Louvre, demeurant à Paris en son hôtel, rue Saint Nicaise, paroisse Saint Germain l'Auxerrois, à Jacques Joseph de La Motte de de Broons, comte dudit nom chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint Louis, demeurant en son château de Vauvert, trêve de Lescouët, paroisse de Plorec, évêché de Saint Malo pour la somme de 432.000 livres, pot de vin compris (1782); les biens vendus comprennent outre la terre de La Moussaye, les seigneuries de la Vieuville et de la Motte du Parc, dans la paroisse du Gouray, la terre de la Rivière Moussaye dans la paroisse de Sévignac; les seigneuries de la Ville au Prôvost et de la Villepierre dans la paroisse de Plénest, etc; il est stipulé que «les meubles memblants comme lits, tâpisseries, chaises, fauteuls, glaces, mandats, couvertures, linge de lit, table de cuisine, portraits de famille, tableaux et autres meubles», qui sont dans le château de La Moussaye ainsi que les titres de famille et les livres ne feront point partie de la vente »

 

 

 

Manoir à cour fermée à deux corps de logis dont l'un est de type logis-porte et le second au fond de la cour est très remanié. Construction en moellon de granite. Manoir à cour fermée, de type logis-porte. Manoir construit au 15e siècle, à la famille Le Moine puis de la Motte de Broons de Vauvert. Très remanié. Une partie du mur nord a été remontée, sans doute au 18e siècle. Toit refait : toit à longs pans ; pignon couvert . Colombier en ruine. Vestiges d'un escalier en vis en pierre déposés dans la cour. Moulin détruit.

 

 

 

 

Aquarelle représentant Caëden

 

 

 

 

 

 

 

 

Même endroit photographié le dimanche 14 septembre 2014

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Published by poudouvre
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