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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 15:13

 

Plénée Jugon

La Maison de la Moussaye

 

Vaste construction militaire flanquée de quatre tours d'angle avec douves, pont levis, plus de trente embrasures de canons et des meurtrières sans nombre.

Les documents de l'histoire de Bretagne font mention dès le XIe siècle, d'une seigneurie appelée La Moussaye, en latin Lousseae, ou Mousseia, située à 3 lieues de Lamballe, vers le midi, s'étendant sur les bords de l'Arguenon, et sur le pendant oriental des montagnes qui se groupent dans cette partie de l'ancienne Armorique. La juridiction de cette seigneurie comprenait un territoire peuplé aujourd'hui de douze mille habitants et dont se composent tout presque en entier les communes de Plénée, Eréac et Sévignac, outre quelques portions des communes voisines. Un vaste château flanqué de quatre tours, élevé sur une haute colline, entourée par une forêt appelée la forêt de la Moussaye et dominant plusieurs lacs et étangs, en était le chef lieu. La première édification de ce château se perd dans la nuit des temps. Vers 1500, il fut rebâti sur un plan remarquable par sa noblesse et par sa grandeur (1). Les tours et les murs, construits en granit, ont jusqu'à présent résisté aux efforts du temps, et ce qui reste des ruines du château offre encore un beau modèle de l'architecture. (Voir les Dictionnaires géographiques de Corneille et de la Martinière et Manet; Histoire de la Petite Bretagne; t. I.p. 107, etc .). La terre de la Moussaye, faisait partie du comté de Lamballe, l'un des plus grands districts ou apanages de la maison de Penthièvre. Cette maison sortie d'Eudon, premier comte de Penthièvre, second fils de Geoffroi, duc de Bretagne en 992, remontait sa souche jusqu'à Nominoë, mort en 851, gouverneur de la Bretagne, sous l'autorité plutôt apparente que réelle de Louis le Débonnaire, et qui descendait lui même des anciens souverains du pays. Nominoë fit la guerre à Charles le Chauve, le vainquit en 845, et redevint complètement indépendant. (Art de vérifier les Dates, édit. in-8°, t. XIII,pp. 192, 193, 247, 248)

 

(1) On trouve une belle litographie du château de la Moussaye, d'après une vue de 1829, et une carte de ses environs, d'après Cassini, dans une généalogie de la maison de la Moussaye, imprimée chez Crapelet en 1842, travail intéressant qui a servi de base au nôtre.

 

I

Guillaume Ier de Penthièvre, seigneur de la Moussaye

 

Naquit vers le commencement du XIIIème siècle. Ce seigneur n'étant pas intervenu dans les partages de la branche d'Avaugour, devait comme celle ci retrouver sa souche dans l'un des derniers fils du comte Eudon, et probablement dans Robert de Penthièvre, le sixième frère puiné du comte Etienne, auteur de la branche d'Avaugour. Celle de Guillaume de Penthièvre avait adopté pour armes distinctives un fretté, c'est à dire une figure indiquant une puînesse avant que l'usage du lambel, de la cotice ou de la bordure ne fût connu. (voir le premier comté de Penthièvre, page n° 5).

 

Moussaye_de_la_-ramage_Penthi-vre--copie-1.jpg

 

Armoiries de la Moussaye

 

Olivier fils aîné de Guillaume ayant recueilli de son père du château de la Moussaye en prit le nom, qu'il transmit à sa postérité. Guillaume Ier de Penthièvre ssa deux fils :

 

1° Olivier qui suit

2° Raoul de la Moussaye

chevalier, lui et trois autres chevaliers bretons, Jean de Québriac, Prigent de la Rochejagu et Geoffroi de Boisbilly, se trouvant à Limisso, port de l'île de Chypre, au mois d'avril 1249, avec l'armée que le saint roi conduisait à Damiette donnèrent procuration à un marinier de Nantes pour le fret d'un navire destiné à leur passage :Universis proesentes litteras inspectitus notum sit quod nos Johannes de Kebriac, Rudulphus de Mouceia, etc..milites ad communem custrum transfretianonis associati, de prundencia Hervei marinarii, nannetensis ciris, plene confidente, dicto Herveo plenam et omnimodam potestatem damus tractandi, ordinandi et conveniendi pro nobis et nostro nomine cumquibuscumque navium dominis, seu parcionariis, super precio pasagii nostri ad Damyettam, promittentes nos ratum habituros et completuros quicquid per procuratem nostrum circa hoc actum fuerit et conventum. Datem apud Nymocium sub sigillo mei Johannis supradicti, anno Domini millesumo ducentesimo quadragesimo nono, mense aprilis. Raoul de la Moussaye fut tué en 1250 lors de la bataille de la Mansourah (ci dessous) 

 

 

 

Olivier de la Moussaye

 

Fils aîné de Guillaume de Penthièvre, prit la croix en 1269, et fit le voyage de Terre Sainte avec le comte de Richemont et plusieurs seigneurs bretons. En novembre 1274 Il vendit le pré d'Uzel au vicomte de Rohan pour payer les frais de la croisade. Voici l'acte de vente consentie par Olivier de la Moussaye : Universis, etc. Herveus de Bouteville, tunc temporis senescallus nobilis viri domini Johannis ducis Britanniae, in Broerec et in Ploermel, salutem in Domino. Noverint quod Oliverius de la Moussaye armiger, primogenitus Guillelmi de Penthièvr, in jure coram nobis viro vicecomiti Rohan, militi, pratum quod vocatur magnum pratum de Uzel, situm in eadem parrochia... Olivier de la Moussaye mourut en 1278 à un âge avancé laissant un fils prénommé Gervais de son union avec N. de Vitré, fille de André et de Thomasse de Matefelon.

 

 

    III  Gervais de la Moussaye

 

Sire de la Moussaye, bienfaiteur de Boquen en 1278, avait cessé de vivre en 1280. Laissant de sa femme, dont le nom est ignoré, deux enfants :

1° Bertrand Ier du nom - qui suit

2° Olive de la Moussaye

 

IV  Bertrand Ier de la Moussaye

 

 

Bertrand, Ier du nom, sire de la Moussaye, Chevalier, donna en partage noble, en 1280, à sa soeur Olive, de ce qui lui revenait dans les succession et echaste de monseigneur Gervais, sire de la Moussaye, leur père trépassé. Tels sont les termes de l'acte de partage qui s'est conservé. Bertrand de la Moussaye fut du nombre des seigneurs bretons qui siégèrent au parlement rassemblé à Nantes par le duc Jean II au mois de janvier 1288. Il accompagna le duc Arthur dans l'expédition de Flandres, et fut tué en 1304, à la bataille de Mons en Puelle. Il avait eut de son mariage avec Gillette de Rieux, trois fils :

 

1° Geoffroi, sire de La Moussaye, né en 1292. Le duc Jean III ayant conduit à Compiègne, en 1339 un secours de 3000 hommes au roi Philippe de Valois, contre Edouard d'Angleterre, la Bretagne se trouva dégarnie de troupes. Un parti anglais vint débarquer aux environs de Dol, et s'avança dans l'intérieur du pays, exerçant de grands ravages. Aussitôt le sire de La Moussaye rassembla ses vassaux, ses amis, ses anciens compagnons d'armes, et repoussa les Anglais. On attribue à la part glorieuse qu'il eut dans cette action ces paroles que le duc, à son retour prononça en le revoyant : Hounnour, Hounnour à Moussaye, paroles qui sont restées la devise de la famille. Après la mort du duc Jean III, deux compétiteurs Charles de Blois et Jean de Montfort, se disputèrent ses états. Un arrêt de la Cour des Pairs consacra les droits du premier et Philippe de Valois envoya une armée pour le soutenir. Le seigneur de La Moussaye embrassa la cause de Charles de Blois, avec du-Guesclin et toute la noblesse qui détestait le parti anglais en Bretagne. Le duc Charles fait prisonnier par Ageworth à la Roche Derrien, fut conduit en Angleterre et enfermé pendant plusieurs années dans la tour de Londres. Rymer, et après lui D. Morice (preuves, col. 1517) rapportent un sauf conduit donné par Edouard III à Geoffroi de La Moussaye et à trois écuyers de sa suite se rendant en Angleterre en 1357, pour la rançon de Charles de Blois; Geoffroi mourut peu après et fut inhumé, en 1358: dans l'abbaye de Boquien.

2° Bertrand IIe du nom qui suit;

3° Olivier de La Moussaye

 

 

    V  Bertrand II de la Moussaye

 

 

Bertrand, IIe du nom, sire de la Moussaye, Chevalier, succéda à ses frères Geoffroi et Ollivier. Il ne dût pas rester étranger aux évènements qui firent de la Bretagne, pendant vingt trois ans, le théâtre d'une guerre acharnée; mais l'histoire n'a rappelé que la part qui prirent ses deux frères. Bertrand II avait épousé, vers 1320 Isabeau de Pleumaugat, rappelé dans les preuves de la branche de Carcouët. Il en avait eut deux fils :

1° Guillaume, IIe du nom qui suit;

2° Olivier de La Moussaye, seigneur de Kergoet, tué à la bataille d'Auray en 1364. (Hist. De Bretagne, par D. Lobineau, t. I, p. 511)

 

 

VI  Guillaume II de la Moussaye  

 

Guillaume, IIe du nom, sire de la Moussaye et de Kergoet, fut arbitre avec Olivier de Brehan de l'exécution des clauses du contrat de mariage de Guillaume, seigneur de Lesquen et de Jeanne du Parc, le mardi 28 août 1364. (D.Morice, Preuves,t.I, col. 1581,1582). Il s'était marié deux fois, avec Olive du Margaro, d'une très ancienne famille; 2° avec Jeanne de Maimbier. Ses enfants furent :

Du premier lit :

1° Guillaume, IIIe du nom, qui suit;

2° Alain, auteur de la branche de Lorgeril, rapportée ci après.

 

Du second lit :

3° N....de La Moussaye, dont se déclarent issus MM. de La Moussaye, seigneurs de Carcouët. On ne rapporte ici rien de leur filiations, ni de leurs services qui sont très honorables, parce qu'on a pas eu communication de leurs titres.

 

 

VII  Guillaume III de la Moussaye  

 

 

Guillaume de la Moussaye, IIIe du nom, chevalier, sire de la Moussaye, épousa Jeanne de Dinan, fille de messire Rolland de Dinan, qui fut tué en 1364 à la bataille d'Auray. En 1386, le roi Charles VI ayant préparé au port de l'Ecluse, en Flandres, un armement contre les Anglais, tout ce qu'il y eut de grand en France, dit D. Lobineau voulut être de la parti. Guillaume de La Moussaye fut de ce nombre, ainsi que Bertrand et Eon de La Moussaye, écuyers, (Hist. De Bretagne, par D. Lobineau, t. I, p. 432). En 1396, Guillaume de la Moussaye fit hommage au vicomte de Rohan pour les fiefs qu'il possédait dans la vicomté de Rohan (D.Morice, Preuves,t.II, col. 671). Guillaume III de la Moussaye eut de Jeanne de Dinan :

1° Edouard, dont l'article suit;

2° Robert de La Moussaye, mort sans alliance

3°Raoul de La Moussaye, chanoine de Rennes, protonotaire du Saint Siège, et archevêque de Dol, prélât dont les vertus égalaient le savoir et la haute éloquence qui lui fit donner le nom de Bouche d'or. Lors de l'avènement du duc Pierre II, ce fut lui, suivant le droit du chapitre de Rennes, remit l'épée à ce prince et le harangua. Bientôt il fut appelé dans le conseil du duc (1450) et y exerça longtemps la principale influence. En 1440, Raoul de La Moussaye fut envoyé en ambassade vers le roi de France (D.Morice, Preuves,t.II, col. 1231,1346). En 1451, il siégea au parlement tenu à Vannes, à la tête de tous les prélats, immédiatement après le comte de Richemont, héritier de la couronne. Les prérogatives du siège de Dol étaient depuis plusieurs siècles un sujet de discussion.entre les titulaires de ce siège et les archevêques de Tours. Raoul de La Moussaye entreprit de mettre un terme à ces fâcheuses discussions, et il y parvint. Le succès de ses efforts le rendit très agréables au Saint Siège. Plusieurs Chroniques rapportent qu'il était désigné cardinal, lorsqu'il fut enlevé par une mort prématurée. Cette dignité fut conférée à Alain de Coëtivy. Il fut inhumé dans l'église cathédrale de Dol. Son anniversaire se célébrait le 16 des calendes d'août. (Titres de l'église de Dol, fol. 104)

4° Jean de La Moussaye, prêtre, docteur en droit, chanoine de Dol et vicaire général de son frère (Titres de l'église de Dol, manuscrits latins, n° 5211 fol. 61). Il fut aussi conseiller de Pierre II, duc de Bretagne. En 1448, il fut assista au concile d'Angers comme procureur de l'évêque de Dol, son frère. Il s'inttulait docteur en droit, régent en l'université d'Angers. (Le Baud, d'Argentré, Lobineau). En 1451, Jean de La Moussye assista au parlement général ou états tenus à Vannes. (D.Morice, Preuves,t.II, col. 1565,1686).

5° Jeanne de La Moussaye, mariée vers 1590 à Alain de La Motte, chevalier, seigneur de Vaucler.

 

Fils naturel de Guillaume III, sire de La Moussaye

Jean, bâtard de La Moussaye, écuyer, qui porta les armes avec distinction. Un compte du trésorier des guerres du dernier octobre 1449, porte que pendant 14 mois et 19 jours il avait suivi le dauphin depuis son départ de Paris. Il avait fait montre avec 16 écuyers, à sa suite au siège devant Tours, le 1er décembre 1418. (D.Morice, Preuves,t.III, col. 984).

 

VIII Edouard de la Moussaye  

 

 

Edouard, sire de La Moussaye, de La Rivière et de Kergoet, chevalier, chambellan de François Ier, duc de Bretagne, épousa Françoise, dame de Pléguen, de laquelle il eut :

1° Amauri Ier, sui suit.

2° Olivier de La Moussaye, reçut chanoine de Dol en 1462, (Titres de l'église de Dol, fol. 74)

 

IX

Amauri Ier de la Moussaye

 

 

Amauri, Ier du nom, sire de la Moussaye, de La Rivière, de Pléguen et de Kergoet, chambellan et grand veneur de Bretagne, gouverneur de Dol et de Dinan, et l'un des généraux du duc François II, parcourut une longue carrière et son nom se trouve lié à tous les évènements remarquables des règnes de Pierre II, Arthur III et François II. Il était écuyer et chambellan du duc Pierre II en 1451. (D.Morice, Preuves,t.II, col. 1604.1627.1646). Il était chevalier en 1453, servit à la conquête de la Guienne par Charles VII et se distingua aux sièges de Châtillon et de Bordeaux. En 1455, il accompagna le duc Pierre II lorsque ce prince se rendit à Bourges pour conférer avec le roi de France. Sous le règne du duc Arthur III (connétable de Richemont) le sire de La Moussaye, fut successivement choisi par les nobles de Bretagne pour un de leurs capitaines, pour tenir les revues générales dans les évêchés de Rennes et de Saint Brieuc, nommé gouverneur de Dol et de Dinan, puis grand veneur de Bretagne. En 1465, il servit dans l'armée bretonne qui marcha au secours du duc de Bourgogne, et qui arriva sous les murs de Paris le lendemain de la bataille de Montlhéry. Lorsque la faiblesse du duc François II et son aveugle confiance dans les étrangers eurent amené sur la Bretagne les calamités qui finirent par causer sa perte, la noblesse se divisa. Une grande partie arbora les couleurs de la France. Amauri de La Moussaye resta fidèle à son souverain, et entreprit pour le défendre tout ce que permettait la superiorité des forces qu'il eut à combattre. Après la retraite du duc sur Vannes, et sa sortie du port avec le prince d'Orange, Amauri de la Moussaye dégagea de la place 2.800 hommes de cavalerie, et dirigeait les forces vers Nantes, lorsqu'il fut attaqué à Joué par un corps de l'armée française. Tous les Bretons périrent dans cette lutte trop inégale, à l'exception de 600 avec lesquels le sire de La Moussaye alla se renfermer dans Nantes. Il concourut à la belle défense de cette place dont les Français frent obligés de lever le siège. (Le détail de ces actions se trouve dans tous les histoires de Bretagne et de France). Amauri de La Moussaye avait recueillit en 1457, la succession de Raoul, évêque de Dol, son oncle. Il se maria deux fois, I° en 1455 avec Euphrasie de Coetlogon, soeur de Jean, III du nom, sire de Coetlogon, qui le 13 janvier 1461, lui donna parage dans les successions de Jean II, sire de Coetlogon et de Isabeau de La Sauraye, leurs père et mère. (Histoire des Grands Officiers de la Couronne, t VII, p. 708). Après la mort sans enfants d'Euphrasie, le sire de La Moussaye se remaria 2° avec Marguerite de Langourla de laquelle il eut deux fils et une fille :

1° Amauri II, sire de La Moussaye, de La Rivière, de Pléguen et de Kergoet. Il devint seigneur de Plouer, de Ponthual et de Touraude, par son mariage avec l'héritière de Plouer. Lorsqu'en 1491, la duchesse Anne de Bretagne, épousa Charles VIII, cette princesse attacha à sa personne une garde 50 chevaliers ou écuyers, choisis pour la plupart parmi les principaux seigneurs de Bretagne. Amauri de La Moussaye en fit partie. Il était en outre maître d'hôtel de la reine. A la mort de Charles VIII, il faisait son service près de la reine et prenait la qualité de chevalier. (D.Morice, Preuves,t.III, col. 793). Il mourut jeune encore, laissant pour fils unique :

Jacques, sire de La Moussaye, comte de Plouer, seigneur de Pléguen, de La Rivière, de et de Kergoet, de Ponthual et de Touraude. Il fut tué très jeune mériée deux fois dans un combat singulier. Sa riche succession revint à sa tante Gillette de La Moussaye épouse de Gui Goyon;

2° Christophe de La Moussaye, abbé commendataire de Boquien en 1495;

 

X Gillette de La Moussaye  

 

Gillette de La Moussaye, dame de la Moussaye, de Plouer, de Kergoet, de la Rivière, de Ponthual et de Touraude, après la mort de Jacques de La Moussaye, comte de Plouer, son neveu, s'était mariée deux fois 1° avec Guy Goyon de Mâtignon, chevalier sire de Launay Goyon et du Vaudoré, mort en 1528; 2° avec Jean, seigneur de Commenan. Elle eut de son premier mari une nombreuse postérité que nous allons rapporté comme ayant succédé aux riches possessions de la branche aînée de la Moussaye et étant connue dans l'histoire sous ce nom. Les enfants de Gabrielle (Gillette) de La Moussaye et Gui Goyon sont :

1° Jacques, dont on va parler;

2° Nicolas Goyon, seigneur de la Rillardaye, qui de son mariage avec Louise de la Prévoté a laissé :

A Jean Goyon, seigneur de la Fosse, vivant en 1598;

B Jacquemine Goyon, mariée le 4 avril 1583 avec Jean Bouan, seigneur de la Grandville;

3° Marie Goyon, épouse Jean Goyon, seigneur de l'Isle Havart;

 

Gouyon_de.jpg

 

Armoiries Gouyon

 

XI Jacques Goyon  

 

 

Jacques Goyon, sire de la Moussaye, comte de Plouer, seigneur de la Rivière, de Kergoet, de Ponthual, de Touraude, de Launay Goyon, du Vaudoré, épousa, le 14 avril 1529, Louise de Châteaubriand, veuve de Julien Thierry sieur du Bois-Orcant, et fille de Jean de Châteaubriand, chevalier, sire de Beaufort, chambellan de François, duc de Bretagne, et de Jeanne d'Espinay. Jacques Goyon étant mort en1538, à 22 ans, Louise de Châteaubriand se remaria en troisième noce avec Jean des Nos, seigneur de Vaubersart. Elle avait eut du sire de La Moussaye, son second mari :

1° Amauri III, sui suit;

2° Jeanne Goyon de La Moussaye

 

XII

Amauri Goyon, III, sire de la Moussaye

Amauri Goyon, IIIe du nom, sire de la Moussaye, comte de Plouer, seigneur de Ponthual, de Kergoet, de la Rivière, de Touraude, de Launay Goyon, du Vaudoré, chevalier de l'ordre du Roi, capitaine de 50 hommes d'armes, décédé le 21 octobre 1582, s'était marié : 1° avec Catherine de Guémadeuc, fille unique de Jacques, sire de Guémadeuc et de Madeleine du Chastelier, 2° avec Claude d'Acigné, veuve de Claude, sire du Chastel, vicomte de Pommerith. Il laissa du premier lit un fils unique, qui suit :

 

 

    XIII Charles Goyon, baron de la Moussaye

 

 

Charles Goyon, baron de la Moussaye, comte de Plouer, vicomte de Tonquedec et de Pommerith, baron du Juch et de Marcé, seigneur de Mur, de Launay Goyon, etc,; embrassa la religion réformée, ans laquelle ses descendants ont longtemps persévéré. Il mourut en 1593, laissant des Mémoires plein d'intérêts et qui sont encore inédits. Il avait épousé le 21 décembre 1570, Claude du Chastel, vicomtesse de Pommerith et de Tonquedec, baronne du Juch et de Mur, fille de Claude, sire du Chastel, lieutenant général pour le roi en Bretagne, et de Claude d'Acigné. De ce mariage sont provenus :

1° Amauri IV du nom, sui suit;

2° Charles Goyon, vicomte de Pommerith, tué dans les guerres de Hollande;

3° Jacques Goyon, baron de Marcé, époux d'Elisabeth du Matz de Montmartin. Leurs descendants, les marquis Goyon de Marcé, existaient en 1814;

4° Claude Goyon, seigneur de Touraude, marié en 1624, avec Anne Franchet de l'Aumosne. Jean Luc Goyon de Beaufort, seigneur de Touraude, qui représentait cette branche à l'époque de la révolution, fut condamné à mort par le tribunal révolutionnaire de Paris le 20 juin 1794;

5° Claude Goyon de la Moussaye, mort sans alliance;

6° Françoise Goyon de la Moussaye, mariée avec David Mesnard, chevalier, seigneur de Toucheprès, seigneur châtelain des Herbiers, chevalier de l'ordre du Roi, gentilhomme ordinaire de la chambre, capitaine d'une compagnie de 50 chevau(x)-légers:

7° Philippote Goyon de la Moussaye, mariée, le 16 janvier 1592, avec David de la Muce, seigneur de Ponthus, décédée la même année;

8° Charlotte Goyon de la Moussaye;

9° Marguerite Goyon de la Moussaye;

 

 

    XIV  Amauri Goyon IV, marquis de la Moussaye

 

 

Amauri Goyon, IVe du nom, marquis de la Moussaye en 1615 par lettres patentes d'érection de cette terre, comte de Plouer, vicomte de Tonquedec et de Pommerith, baron de Marcé et du Juch, seigneur de Mur, de la Motte, du Parc, de Kergoet, de Launay Goyon, etc.; fut l'un des chefs du parti protestant durant les guerres de religion. (Voir les histoires du temps, et entre autres, l'Histoire de Louis XIII par Michel Le Vassor). Amauri, marquis de la Moussaye, mourut en 1624. Il avait épousé Catherine de Champagne, dame de Nogent sur Loir, morte à Paris le 11 juillet 1649, fille de Louis de Champagne, comte de Suze, chevalier de l'ordre du Roi, conseiller d'état, et de Madeleine de Melun. Elle l'avait rendu père * de trois fils ;

1° Amauri V du nom, sui suit;

2° Brandelis Goyon de la Moussaye, baron de Juch, tué dans les guerres de Hollande du vivant de son père;

3° François Goyon, baron de la Moussaye. Il fit ses premières armes sous le duc d'Enghein, depuis le Grand Condé, qu'il suivit dans toutes ses expéditions depuis le siège d'Arras en 1640. Ce prince, témoin de sa valeur et de sa capacité, lui fit conférer le grade de maréchal de camp le 22 avril 1644. François embrassa son parti avec chaleur dans les troubles de la Fronde, et fut nommé par lui lieutenant général de ses troupes et gouverneur de Strenay où il mourut en 1657. (Chronique hitorique militaire, par Pinard, t. VI, p.186)

 

 

 XV Amauri Goyon V, marquis de la Moussaye

 

 

Amauri Goyon, Ve du nom, marquis de la Moussaye, comte de Plouer, vicomte de Tonquedec et de Pommerith, baron de Marcé, du Juch et de Nogent sur Loir, seigneur de Kergoet, de Mur, de Launay Goyon, de la Motte du Parc etc.; suivit aussi le parti du Prince de Condé, qui le nomma successivement maréchal de camp et lieutenant général de ses troupes. Il avait servi avec distinction en Allemagne et en Catalogne. En 1646, il commandait plusieurs régiments à la bataille de Nordlingue, et y fut grièvement blessé. L'année suivante, il se tenait près du Prince de Condé pour recevoir et faire exécuter ses ordres. Au moment le plus périlleux, il prit le commandement du régiment de Villequier, et, dans une charge qui rétablit le combat et contribua à fixer la victoire, il eut son cheval tué sous lui, fut blessé et fait prisonnier. Le marquis de La Moussaye, fut depuis gouverneur de Rennes. Il était chambellan du grand Condé. Les Mémoires du temps rapportent plusieurs anecdotes qui prouvent jusqu'à quel point il posséda la confiance de ce prince. (Voir le dictionnaire des batailles; la Vie du vicomte de Turennes; la Vie du prince de Condé; les Mémoires de Motteville, etc.;). Il avait épousé le 11 avril 1629, Henriette-Catherine de La Tour d'Auvergne, soeur du vicomte de Turennes, et fille de Henri de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon, prince de Sedan, maréchal de France, et d'Elisabeth Nassau-Orange, fille de Guillaume Le Taciturne, prince d'Orange. Aux grands biens, que le marquis possédait en Bretagne, il ajouta le comté de Quintin que lui céda Henri de la Trémoille, duc de Thouars, pair de France, son beau-frère. Il eut de Henriette-Catherine de La Tour d'Auvergne :

1° Brandelis Goyon de la Moussaye, comte de Quintin, mestre de camp du régiment de Bourgogne. Il fut tué en duel à 21 ans, en 1651, par le comte de Tavannes;

2° Henri Goyon, marquis de la Moussaye, comte de Plouer et de Quintin, vicomte de Tonquédec, et de Pommerith, baron de Saint Bonnet et de Nogent sur Loir, marié avec Suzanne de Montgommery et décédé sans postérité;

3° Amauri Goyon de la Moussaye, mort célibataire;

4° Marie Goyon de la Moussaye. Zélée protestante, elle quitta la France en 1691 et se réfugia en Angleterre où elle mourut le 8 octobre 1717;

5° Elisabeth Goyon de la Moussaye, mariée, en 1679, avec René de Montbourcher, marquis du Bordage, maréchal de camp, tué au siège de Philisbourg, le 18 octobre 1688. Sa veuve lui survécut treize ans et mourut le 18 octobre 1701. René Amauri de Montbourcher, leur fils, marquis du Bordage, recueillit du chef de sa mère le marquisat de la Moussaye. Après sa mort en 1744, les marquisats de la Moussaye et du Bordage échurent à sa soeur, Henriette de Monbourcher, épouse de François de Franquetot, duc de Coigny, maréchal de France. Le duc de Coigny, leur petit fils, vendit vers 1780, la terre de la Moussaye, à une bande de spéculateurs qui en firent raser les forêts et aliénèrent les plus beaux droits. Il ne reste maintenant autour des ruines du château, qu'un domaine dégradé qui ne représente pas le quart de la valeur primitive de l'antique seigneurie.

 

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Armoiries de Montbourcher

 

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Armoiries de Franquetot de Coigny

 

 

Catherine de Champagné

 

 

Amaury V de Gouyon

 

 

Le duc Franquetot de Coigny

 

 

 

Le château de la Moussaye au XIXe siècle

 

 

Marquisat de la Moussaye

 

1601-1784.- Titres généraux : minu fourni à Louis Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse, à cause de son domaine de Jugon, par René Amaury de Monbourcher, marquis du Bordage, seigneur de la Moussaye et par Henriette de Montboucher, épouse de François de Franquetot, marquis de Coigny, pour le rachat de René de Montbourcher, leur père (1601) : - aveu rendu à la chambre des comptes de Bretagne, pour la réformation du domaine royal de Jugon, par Amaury Gouyon, marquis de la Moussaye, héritier d'autre Amaury Gouyon, son père (1659).- minu et dénombrement présenté à la cour royale de Jugon, par Henri Gouyon, comte de Quintin et de Plouer, marquis de la Moussaye, vicomte de Pommerit, fils et héritier d' Amaury Gouyon, seigneur desdits lieux (1664); ces actes mentionnent «le chasteau et le lieu seigneurial du marquisat de la Moussaye, scitué en la paroisse de Plenest, circuit de douves et fossés, aveq deux ponts levis à l'entrée, haulte et basse cour, jardins, vergers, mestayries, bois de haulte fustaye où il y a de la panteine, le tout enclos dans le parc fermé de fossés et de buissons, garnis de barrière de costé et d'autre, terres labourables, froites, gallouer, aveq un colombier et foye à pigeons près ledit chasteau, et en laquelle seigneurie à le droit de justice, haulte, moyenne et basse, aveq tout ferme droit d'instituer et pourvoir d'officiers, sçavoir, seneschals, alloué, lieutenant, procureurs, greffiers, notaires, sergens et autres pour l'exercice d'icelle jurisdiction qui se fait en l'auditoire édiffié au bourg de Plénest un jour de chascune semaine, auquel bourg se tient tous les jours de samedy, le marché ordinaire, aveq quatre foires et assemblées, sçavoir deux audt bourg de Plénest, sçavoir deux audit bourg de Langouhèdre, o le droit de lever les droits et devoirs de coustume ainsy qu'il est plus au long déclaré, et le lendemain de chascune desdites foires se tient les pleds généraux audit bourg de Plénest, et outre droit et pouvoir de faire recevoir et recueillir les rentes dûes à la seigneuries par les hommes d'icelle chascun à son tour et rang, et le droit de lodes et ventes, épaves, gallois, successions de bastards, déshérances, confiscations, saisies, droit de recepte, rachats, soubz rachapts et autres aventures de fief, mesme de tenir sesdits bois et estangs, buissons et garennes forestables, prohibitifs et deffensables à tous autres sans y pouvoir pescher ny chasser sans la permission du seigneur, et en cas de contravention sesdits officiers doivent punir les contrevenans selon les édits royaux, et pouvoir d'establir forestiers pour la garde desdits bois; et à raison de la ditte seigneurie et marquisat de la Moussaye, ledit seigneur comte est seigneur, patron et fondateur de l'église parrochialle de Plénest, chappelle de Saint Melleuc, église du bourg de Tramain et chappelle de Langouhèdre, aveq droit de présentation des prébendes, droit de sépulture et pierre tombale enlevée, armoryée d'escussons de ses armes et de ses alliances aux principaux endroits tant au dedans que au dehors desdites esglises et chappelles, comme supérieur et présentateur aux bénéfices d'icelles»; quatre moulins à blé, les métairies de la Basse Cour, du Grand et du Petit Saint Melleuc, des Noës Hersart, des Grassins, de la Rochelle, du Cran, de la Cour de Plouër, de la Beusnelière, etc; droit d'assent sur les voisins qui veulent mener leurs bestiaux paistre dans les landes de la Moussaye; halles et cohues au bourg de Plénest, aveq une maison noble dans la rue Hersepot qui sert de prison et geôle pour la jurdiction de la Moussaye; traits de dîme appelés de Laurouan, de Margaro ou de Langouhèdre, du Rocher, des Landes, de la Jousnière et de Saint Melleuc, etc...-vente de terre et marquisat de la Moussaye par Marie François Henri de Franquetot, duc de Coigny, chevalier des ordres du roi, colnel général des dragons de France, premier écuyer de sa majesté, gouverneur des ville et citadelle de Cambray, des ville et château de Caen, du château et maison royale de Choisy, capitane des chasses de La Varennes du Louvre, demeurant à Paris en son hôtel, rue Saint Nicaise, paroisse Saint Germain l'Auxerrois, à Jacques Joseph de La Motte de de Broons, comte dudit nom chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint Louis, demeurant en son château de Vauvert, trêve de Lescouët, paroisse de Plorec, évêché de Saint Malo pour la somme de 432.000 livres, pot de vin compris (1782); les biens vendus comprennent outre la terre de La Moussaye, les seigneuries de la Vieuville et de la Motte du Parc, dans la paroisse du Gouray, la terre de la Rivière Moussaye dans la paroisse de Sévignac; les seigneuries de la Ville au Prôvost et de la Villepierre dans la paroisse de Plénest, etc; il est stipulé que «les meubles memblants comme lits, tâpisseries, chaises, fauteuls, glaces, mandats, couvertures, linge de lit, table de cuisine, portraits de famille, tableaux et autres meubles», qui sont dans le château de La Moussaye ainsi que les titres de famille et les livres ne feront point partie de la vente.

 

 

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Published by poudouvre
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