Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 15:13

Vaste construction militaire flanquée de quatre tours d'angle avec douves, pont levis, plus de trente embrasures de canons et des meurtrières sans nombre. Les documents de l'histoire de Bretagne font mention dès le XIe siècle, d'une seigneurie appelée La Moussaye, en latin Lousseae, ou Mousseia, située à 3 lieues de Lamballe, vers le midi, s'étendant sur les bords de l'Arguenon, et sur le pendant oriental des montagnes qui se groupent dans cette partie de l'ancienne Armorique. (Notes personnelles : tout près de la Moussaye un lieu désigné Basse-Cour atteste la présence à la Moussaye d'une première défense, type motte castrale, en prime à proximité ont été découvertes des hâches de l'Âge de Bronze, -voir Sites antiques réutilisés au cours de la période féodale : Broons, Plénée-Jugon, Corseul, Plédran, Pléven, Plédéliac, Jugon, Léhon, Tramain, Pléboulle, Trigavou, Loudéac...,ce qui pourrait attester que cette défense castrale fut aménagée sur un tumulus). La juridiction de cette seigneurie comprenait un territoire peuplé aujourd'hui de douze mille habitants et dont se composent tout presque en entier les communes de Plénée, Eréac et Sévignac, outre quelques portions des communes voisines. Un vaste château flanqué de quatre tours, élevé sur une haute colline, entourée par une forêt appelée la forêt de la Moussaye et dominant plusieurs lacs et étangs, en était le chef lieu. La première édification de ce château se perd dans la nuit des temps. Vers 1500, il fut rebâti sur un plan remarquable par sa noblesse et par sa grandeur. Les tours et les murs, construits en granit, ont jusqu'à présent résisté aux efforts du temps, et ce qui reste des ruines du château offre encore un beau modèle de l'architecture. (Voir les Dictionnaires géographiques de Corneille et de la Martinière et Manet; Histoire de la Petite Bretagne; t. I.p. 107, etc .). La terre de la Moussaye, faisait partie du comté de Lamballe, l'un des plus grands districts ou apanages de la maison de Penthièvre. Cette maison sortie d'Eudon, premier comte de Penthièvre, second fils de Geoffroi, duc de Bretagne en 992, remontait sa souche jusqu'à Nominoë, mort en 851, gouverneur de la Bretagne, sous l'autorité plutôt apparente que réelle de Louis le Débonnaire, et qui descendait lui même des anciens souverains du pays. Nominoë fit la guerre à Charles le Chauve, le vainquit en 845, et redevint complètement indépendant. (Art de vérifier les Dates, édit. in-8°, t. XIII,pp. 192, 193, 247, 248). On trouve une belle lithographie du château de la Moussaye, d'après une vue de 1829, et une carte de ses environs, d'après Cassini, dans une généalogie de la maison de la Moussaye, imprimée chez Crapelet en 1842, travail intéressant qui a servi de base au nôtre. Eudon, comte de Penthièvre, mort en 1079, avait laissé d'Agnès, fille d'Alain Cagnard , comte de Gornouaille, sept fils : Geoffroi, comte de Penthièvre, mort sans enfants en 1093, Brient, Alain le Roux et Alain le Noir, tous trois successivement comtes de Richemont en Angleterre, domaine qui fut le prix des services qu'ils avaient rendus à GuilIaume-le-Bàtard, duc de Normandie, lors de la conquête de l'Angleterre en 1066 ; Etienne, comte de Penthièvre ; Robert de Penthièvre, nommé dans une charte du comte Geoffroi, son frère aîné, en faveur de l'abbaye de Marmoutier. (Histoire des Grands Officiers de la Couronne, t. III, p. 52); et Derrien de Penthièvre, qui fit construire le château de la Roche-Derrien, lequel échut à ses neveux, et eut ses seigneurs particuliers dans les XIIe et XlIIe siècles. La maison de Penthièvre, après avoir jeté beaucoup d'éclat dans l'histoire, se trouvait, au commencement du XIIIe siècle, considérablement déchue de son ancienne splendeur. Des nombreuses branches qu'elle avait projetées, trois seulement subsistaient alors, sous les noms d'Avaugour, de Quintin et de Penthièvre-la-Moussaye. Alain II d'Avaugour, chef de la branche aînée, était fils de Henri II, comte de Penthièvre, fils d'Alain Ier, comte de Tréguier, de Penthièvre, de Guingamp et de Goello, fils du comte Henri Ier, qui, lui-même, était le troisième fils d'Etienne, comte de Penthièvre. Dépouillé des comtés de Tréguier, de Guingamp, de Saint-Brieuc, de Lamballe et d'autres fiefs considérables, par la politique du roi Philippe-Auguste et l'ambition du duc de Bretagne (Pierre Mauclerc), neveu à la mode de Bretagne de ce monarque.

 

Henri II d'Avaugour, quoique chef de la maison de Penthièvre, en avait quitté le nom et les armes ( d'hermine, à la bordure de gueules), et ne fut plus connu, ainsi que sa postérité, que sous le seul nom d'Avaugour, nom d'un château situé aux extrémités des paroisses de Plousy et de Bourbriac. Il prit un écu d'argent au chef de gueules (sceau de 1229), qu'Alain II d'Avaugour, son fils, changea pour un écu aune aigle au vol abaissé (sceau de 1264 ; Cartulaire de Marmoutier, copie, t. III, p. 405), mais qui fut repris et porté sans interruption par Henri III d'Avaugour, son petit-fils et les descendants de ce dernier. Cette branche des barons d'Avaugour s'est éteinte en hoirs mâles en 1331. La branche connue sous le nom de Quintin, formée par Geoffroi, frère puîné de Henri II d'Avaugour, comte de Penthièvre, s'est éteinte au XVe siècle, et ses biens sont passés dans la maison du Perrier. Elle portait l'écu a Avaugour. (Palliot, Vraye et parfaite science des Armoiries, p. 144). La branche de Penthièvre-la-Moussaye avait pour chef, en 1250, Guillaume de Penthièvre, seigneur de la Moussaye. Nous allons rappeler la filiation de cette branche d'après le témoignage de l'histoire de Bretagne, et les actes des diverses réformations où sa noblesse d'ancienne extraction a. été prouvée.

 

 

La Moussaye 

Armoiries, de gauche à droite : de la Moussaye, Gouyon de la Moussaye, de Montbourcher, Franquetot de Coigny, de la Motte de Broons de Vauvert

I.- Guillaume Ier de Penthièvre (voir le premier comté de Penthièvre, page n° 5), seigneur de la Moussaye, né vers le du XIIIe siècle, est le premier auteur certain de la maison de la Moussaye. Ce seigneur, n'étant point intervenu dans les partages de la branche d'Avaugour, devait, comme celle-ci, retrouver sa souche dans l'un des derniers fils du comte Eudon, et probablement dans Robert de Penthièvre, le sixième, frère puîné du comte Etienne, auteur de la branche d'Avaugour. Celle de Guillaume de Penthièvre avait adopté pour armes distinctives un fretté, c'est-à-dire une figure indiquant une puînesse avant que l'usage du lambel, de la cotice et de la bordure ne fût connu . Olivier, fils aîné de Guillaume, ayant recueilli de son père le château de la Moussaye, en prit le nom, qu'il transmit à sa postérité. Avant lui, nulle autre famille, en Bretagne, n'avait été connue sous ce nom. Guillaume de Penthièvre laissa deux fils :

 

 

 

1° Olivier qui suit

 

 

 

2° Raoul de la Moussaye, chevalier, lui et trois autres chevaliers bretons, Jean de Québriac, Prigent de la Rochejagu et Geoffroi de Boisbilly, se trouvant à Limisso, port de l'île de Chypre, au mois d'avril 1249, avec l'armée que le saint roi conduisait à Damiette donnèrent procuration à un marinier de Nantes pour le fret d'un navire destiné à leur passage

 

 

 

« Universis proesentes litteras inspectitus notum sit quod nos Johannes de Kebriac, Rudulphus de Mouceia, etc..milites ad communem custrum transfretianonis associati, de prundencia Hervei marinarii, nannetensis ciris, plene confidente, dicto Herveo plenam et omnimodam potestatem damus tractandi, ordinandi et conveniendi pro nobis et nostro nomine cumquibuscumque navium dominis, seu parcionariis, super precio pasagii nostri ad Damyettam, promittentes nos ratum habituros et completuros quicquid per procuratem nostrum circa hoc actum fuerit et conventum. Datem apud Nymocium sub sigillo mei Johannis supradicti, anno Domini millesumo ducentesimo quadragesimo nono, mense aprilis. » Raoul de la Moussaye fut tué en 1250 lors de la bataille de la Mansourah (ci dessus)

 

 

 

 

II.- Olivier de la Moussaye,  fils aîné de Guillaume de Penthièvre, prit la croix en 1269, et fit le voyage de Terre Sainte avec le comte de Richemont et plusieurs seigneurs bretons. En novembre 1274 Il vendit le pré d'Uzel au vicomte de Rohan pour payer les frais de la croisade. Voici l'acte de vente consentie par Olivier de la Moussaye : « Universis, etc. Herveus de Bouteville, tunc temporis senescallus nobilis viri domini Johannis ducis Britanniae, in Broerec et in Ploermel, salutem in Domino. Noverint quod Oliverius de la Moussaye armiger, primogenitus Guillelmi de Penthièvr, in jure coram nobis viro vicecomiti Rohan, militi, pratum quod vocatur magnum pratum de Uzel, situm in eadem parrochia…. Olivier de la Moussaye mourut en 1278 à un âge avancé laissant un fils prénommé Gervais de son union avec N. de Vitré, fille de André et de Thomasse de Matefelon.

 

 

 

III.- Gervais de la Moussaye, Sire de la Moussaye, bienfaiteur de Boquen en 1278, avait cessé de vivre en 1280. Laissant de sa femme, dont le nom est ignoré, deux enfants :

 

 

 

1° Bertrand Ier du nom - qui suit

 

 

 

 

2° Olive de la Moussaye

 

 

 

 

IV.- Bertrand Ier de la Moussaye, du nom, sire de la Moussaye, Chevalier, donna en partage noble, en 1280, à sa soeur Olive, de ce qui lui revenait dans les succession et echaste de monseigneur Gervais, sire de la Moussaye, leur père trépassé. Tels sont les termes de l'acte de partage qui s'est conservé. Bertrand de la Moussaye fut du nombre des seigneurs bretons qui siégèrent au parlement rassemblé à Nantes par le duc Jean II au mois de janvier 1288. Il accompagna le duc Arthur dans l'expédition de Flandres, et fut tué en 1304, à la bataille de Mons en Puelle. Il avait eut de son mariage avec Gillette de Rieux (voir La seigneurie de Rieux par Jean Ogée), trois fils :


 

 

 

1° Geoffroi, sire de La Moussaye, né en 1292. Le duc Jean III ayant conduit à Compiègne, en 1339 un secours de 3000 hommes au roi Philippe de Valois, contre Edouard d'Angleterre, la Bretagne se trouva dégarnie de troupes. Un parti anglais vint débarquer aux environs de Dol, et s'avança dans l'intérieur du pays, exerçant de grands ravages. Aussitôt le sire de La Moussaye rassembla ses vassaux, ses amis, ses anciens compagnons d'armes, et repoussa les Anglais. On attribue à la part glorieuse qu'il eut dans cette action ces paroles que le duc, à son retour prononça en le revoyant : Hounnour, Hounnour à Moussaye, paroles qui sont restées la devise de la famille. Après la mort du duc Jean III, deux compétiteurs Charles de Blois et Jean de Montfort, se disputèrent ses états. Un arrêt de la Cour des Pairs consacra les droits du premier et Philippe de Valois envoya une armée pour le soutenir. Le seigneur de La Moussaye embrassa la cause de Charles de Blois, avec du-Guesclin et toute la noblesse qui détestait le parti anglais en Bretagne. Le duc Charles fait prisonnier par Ageworth à la Roche Derrien, fut conduit en Angleterre et enfermé pendant plusieurs années dans la tour de Londres. Rymer, et après lui D. Morice (preuves, col. 1517) rapportent un sauf conduit donné par Edouard III à Geoffroi de La Moussaye et à trois écuyers de sa suite se rendant en Angleterre en 1357, pour la rançon de Charles de Blois; Geoffroi mourut peu après et fut inhumé, en 1358 : dans l'abbaye de Boquien (voir l'abbaye de Boquen en Plénée Jugon)

 

 

 

2° Bertrand IIe du nom qui suit ;

 

 

 

3° Olivier de La Moussaye

 

 

 

V.- Bertrand II de la Moussaye, IIe du nom, sire de la Moussaye, Chevalier, succéda à ses frères Geoffroi et Ollivier. Il ne dût pas rester étranger aux événements qui firent de la Bretagne, pendant vingt trois ans, le théâtre d'une guerre acharnée; mais l'histoire n'a rappelé que la part qui prirent ses deux frères. Bertrand II avait épousé, vers 1320 Isabeau de Pleumaugat (voir les possesseurs de la Maison à Plumaugat)

 

 

 

1° Guillaume, IIe du nom qui suit ;

 

 

2° Olivier de La Moussaye, seigneur de Kergoet, tué à la bataille d'Auray en 1364. (Hist. De Bretagne, par D. Lobineau, t. I, p. 511)


 


 

VI.- Guillaume II de la Moussaye, IIe du nom, sire de la Moussaye et de Kergoet(voir Les possesseurs de Pontaumas en Plénée-Jugon), fut arbitre avec Olivier de Brehan de l'exécution des clauses du contrat de mariage de Guillaume, seigneur de Lesquen et de Jeanne du Parc, le mardi 28 août 1364. (D.Morice, Preuves,t.I, col. 1581,1582). Il s'était marié deux fois,


 

 

 

1° avec Olive du Margaro, d'une très ancienne famille (voir le Margaro en Rouillac) ; 2° avec Jeanne de Maimbier.

 


 

Ses enfants furent :

 

 

 

Du premier lit :

 

 

 

1° Guillaume, IIIe du nom, qui suit ;

 

 

 

2° Alain, auteur de la branche de Lorgeril, rapportée ci après.

 

 

 

Du second lit :

 

 

 

3° N....de La Moussaye, dont se déclarent issus MM. de La Moussaye, seigneurs de Carcouët. On ne rapporte ici rien de leur filiations, ni de leurs services qui sont très honorables, parce qu'on a pas eu communication de leurs titres.

 

 

 

VII.- Guillaume III de la Moussaye, IIIe du nom, chevalier, sire de la Moussaye, épousa Jeanne de Dinan, fille de messire Rolland de Dinan, qui fut tué en 1364 à la bataille d'Auray. En 1386, le roi Charles VI ayant préparé au port de l'Ecluse, en Flandres, un armement contre les Anglais, tout ce qu'il y eut de grand en France, dit D. Lobineau voulut être de la parti. Guillaume de La Moussaye fut de ce nombre, ainsi que Bertrand et Eon de La Moussaye, écuyers, (Hist. De Bretagne, par D. Lobineau, t. I, p. 432). En 1396, Guillaume de la Moussaye fit hommage au vicomte de Rohan pour les fiefs qu'il possédait dans la vicomté de Rohan (D.Morice, Preuves,t.II, col. 671). Guillaume III de la Moussaye eut de Jeanne de Dinan :

 

 

 

1° Edouard, dont l'article suit ;

 

 

 

2° Robert de La Moussaye, mort sans alliance

 

 

 

3° Raoul de La Moussaye, chanoine de Rennes, protonotaire du Saint Siège, et archevêque de Dol, prélât dont les vertus égalaient le savoir et la haute éloquence qui lui fit donner le nom de Bouche d'or. Lors de l'avènement du duc Pierre II, ce fut lui, suivant le droit du chapitre de Rennes, remit l'épée à ce prince et le harangua. Bientôt il fut appelé dans le conseil du duc (1450) et y exerça longtemps la principale influence. En 1440, Raoul de La Moussaye fut envoyé en ambassade vers le roi de France (D.Morice, Preuves,t.II, col. 1231,1346). En 1451, il siégea au parlement tenu à Vannes, à la tête de tous les prélats, immédiatement après le comte de Richemont, héritier de la couronne. Les prérogatives du siège de Dol étaient depuis plusieurs siècles un sujet de discussion.entre les titulaires de ce siège et les archevêques de Tours. Raoul de La Moussaye entreprit de mettre un terme à ces fâcheuses discussions, et il y parvint. Le succès de ses efforts le rendit très agréables au Saint Siège. Plusieurs Chroniques rapportent qu'il était désigné cardinal, lorsqu'il fut enlevé par une mort prématurée. Cette dignité fut conférée à Alain de Coëtivy. Il fut inhumé dans l'église cathédrale de Dol. Son anniversaire se célébrait le 16 des calendes d'août. (Titres de l'église de Dol, fol. 104)

 

 

 

4° Jean de La Moussaye, prêtre, docteur en droit, chanoine de Dol et vicaire général de son frère (Titres de l'église de Dol, manuscrits latins, n° 5211 fol. 61). Il fut aussi conseiller de Pierre II, duc de Bretagne. En 1448, il fut assista au concile d'Angers comme procureur de l'évêque de Dol, son frère. Il s'intitulait docteur en droit, régent en l'université d'Angers. (Le Baud, d'Argentré, Lobineau). En 1451, Jean de La Moussye assista au parlement général ou états tenus à Vannes. (D.Morice, Preuves,t.II, col. 1565,1686).

 

 

 

5° Jeanne de La Moussaye, mariée vers 1590 à Alain de La Motte, chevalier, seigneur de Vaucler.

 

 

 

Fils naturel de Guillaume III, sire de La Moussaye :

 

 

 

Jean, bâtard de La Moussaye, écuyer, qui porta les armes avec distinction. Un compte du trésorier des guerres du dernier octobre 1449, porte que pendant 14 mois et 19 jours il avait suivi le dauphin depuis son départ de Paris. Il avait fait montre avec 16 écuyers, à sa suite au siège devant Tours, le 1er décembre 1418. (D.Morice, Preuves,t.III, col. 984).

 


 

VIII.- Edouard de la Moussaye, sire de La Moussaye et de La Rivière (voir site de la Rivière Moussaie) et de Kergoet (voir Les possesseurs de la terre de Kergoët en la paroisse de Saint-Jouan de L'Isle.), chevalier, chambellan de François Ier, duc de Bretagne, épousa Françoise, dame de Pléguen, de laquelle il eut :

 

 

 

1° Amauri Ier, sui suit.

 

 

 

2° Olivier de La Moussaye, reçut chanoine de Dol en 1462, (Titres de l'église de Dol, fol. 74)

 

 

 

IX.- Amauri Ier de la Moussaye, Ier du nom (voir Amauri Ier de la Moussaye, chambellan), sire de la Moussaye, de La Rivière, de Pléguen et de Kergoet, chambellan et grand veneur de Bretagne, gouverneur de Dol et de Dinan, et l'un des généraux du duc François II, parcourut une longue carrière et son nom se trouve lié à tous les évènements remarquables des règnes de Pierre II, Arthur III et François II. Il était écuyer et chambellan du duc Pierre II en 1451. (D.Morice, Preuves,t.II, col. 1604.1627.1646). Il était chevalier en 1453, servit à la conquête de la Guienne par Charles VII et se distingua aux sièges de Châtillon et de Bordeaux. En 1455, il accompagna le duc Pierre II lorsque ce prince se rendit à Bourges pour conférer avec le roi de France. Sous le règne du duc Arthur III (connétable de Richemont) le sire de La Moussaye, fut successivement choisi par les nobles de Bretagne pour un de leurs capitaines, pour tenir les revues générales dans les évêchés de Rennes et de Saint Brieuc, nommé gouverneur de Dol et de Dinan, puis grand veneur de Bretagne. En 1465, il servit dans l'armée bretonne qui marcha au secours du duc de Bourgogne, et qui arriva sous les murs de Paris le lendemain de la bataille de Montlhéry. Lorsque la faiblesse du duc François II et son aveugle confiance dans les étrangers eurent amené sur la Bretagne les calamités qui finirent par causer sa perte, la noblesse se divisa. Une grande partie arbora les couleurs de la France. Amauri de La Moussaye resta fidèle à son souverain, et entreprit pour le défendre tout ce que permettait la supériorité des forces qu'il eut à combattre. Après la retraite du duc sur Vannes, et sa sortie du port avec le prince d'Orange, Amauri de la Moussaye dégagea de la place 2.800 hommes de cavalerie, et dirigeait les forces vers Nantes, lorsqu'il fut attaqué à Joué par un corps de l'armée française. Tous les Bretons périrent dans cette lutte trop inégale, à l'exception de 600 avec lesquels le sire de La Moussaye alla se renfermer dans Nantes. Il concourut à la belle défense de cette place dont les Français frent obligés de lever le siège. (Le détail de ces actions se trouve dans tous les histoires de Bretagne et de France). Amauri de La Moussaye avait recueillit en 1457, la succession de Raoul, évêque de Dol, son oncle. Il se maria deux fois

 

 

 

I° en 1455 avec Euphrasie de Coetlogon, soeur de Jean, III du nom, sire de Coetlogon, qui le 13 janvier 1461, lui donna parage dans les successions de Jean II, sire de Coetlogon et de Isabeau de La Sauraye, leurs père et mère. (Histoire des Grands Officiers de la Couronne, t VII, p. 708). Après la mort sans enfants d'Euphrasie, le sire de La Moussaye se remaria

 

 

2° avec Marguerite de Langourla (voir histoire de Langourla, page n° 17) de laquelle il eut deux fils et une fille :

 

 

1° Amauri II, sire de La Moussaye, de La Rivière, de Pléguen et de Kergoet. Il devint seigneur de Plouer, de Ponthual et de Touraude, par son mariage avec l'héritière de Plouer. Lorsqu'en 1491, la duchesse Anne de Bretagne, épousa Charles VIII, cette princesse attacha à sa personne une garde 50 chevaliers ou écuyers, choisis pour la plupart parmi les principaux seigneurs de Bretagne. Amauri de La Moussaye en fit partie. Il était en outre maître d'hôtel de la reine. A la mort de Charles VIII, il faisait son service près de la reine et prenait la qualité de chevalier. (D.Morice, Preuves,t.III, col. 793). Il mourut jeune encore, laissant pour fils unique :

 

 

Jacques, sire de La Moussaye, comte de Plouer, seigneur de Pléguen, de La Rivière, de et de Kergoet, de Ponthual et de Touraude. Il fut tué très jeune dans un combat singulier. Sa riche succession revint à sa tante Gillette de La Moussaye épouse de Gui Goyon (voir Genealogie de la Maison des Gouyon pr M. Le Laboureur) ;

 

 

 

2° Christophe de La Moussaye, abbé commendataire de Boquien en 1495; (voir l'abbaye de Boquen, page n° 9)

 

 

 

X.- Gillette de La Moussaye, dame de la Moussaye, de Plouer, de Kergoet, de la Rivière, de Ponthual et de Touraude, après la mort de Jacques de La Moussaye, comte de Plouer, son neveu, s'était mariée deux fois 1° avec Guy Goyon de Mâtignon, chevalier sire de Launay Goyon et du Vaudoré, mort en 1528; 2° avec Jean, seigneur de Commenan. Elle eut de son premier mari une nombreuse postérité que nous allons rapporté comme ayant succédé aux riches possessions de la branche aînée de la Moussaye et étant connue dans l'histoire sous ce nom. Les enfants de Gabrielle (Gillette) de La Moussaye et Gui Goyon sont :

 

 

 

1° Jacques, dont on va parler ;

 

 

 

2° Nicolas Goyon, seigneur de la Rillardaye, qui de son mariage avec Louise de la Prévoté a laissé :

 

 

 

A Jean Goyon, seigneur de la Fosse, vivant en 1598 ;

 

 

 

B Jacquemine Goyon, mariée le 4 avril 1583 avec Jean Bouan, seigneur de la Grandville ;

 

 

 

3° Marie Goyon, épouse Jean Goyon, seigneur de l'Isle Havart;

 

 

 

XI.- Jacques Goyon, sire de la Moussaye, comte de Plouer, seigneur de la Rivière, de Kergoet, de Ponthual, de Touraude, de Launay Goyon, du Vaudoré, épousa, le 14 avril 1529, Louise de Châteaubriand, veuve de Julien Thierry sieur du Bois-Orcant, et fille de Jean de Châteaubriand, chevalier, sire de Beaufort, chambellan de François, duc de Bretagne, et de Jeanne d'Espinay. Jacques Goyon étant mort en1538, à 22 ans, Louise de Châteaubriand se remaria en troisième noce avec Jean des Nos, seigneur de Vaubersart. Elle avait eut du sire de La Moussaye, son second mari :

 

 

 

1° Amauri III, sui suit ;

 

 

 

 

2° Jeanne Goyon de La Moussaye

 

 

 

XII.- Amauri Goyon, III, sire de la Moussaye, IIIe du nom, sire de la Moussaye, comte de Plouer, seigneur de Ponthual, de Kergoet, de la Rivière, de Touraude, de Launay Goyon, du Vaudoré, chevalier de l'ordre du Roi, capitaine de 50 hommes d'armes, décédé le 21 octobre 1582, s'était marié :

 

 

 

1° avec Catherine de Guémadeuc (voir Maison de Guémadeuc par Jean Le Laboureur), fille unique de Jacques, sire de Guémadeuc et de Madeleine du Chastelier,

 

 

 

2° avec Claude d'Acigné, veuve de Claude, sire du Chastel, vicomte de Pommerith. Il laissa du premier lit un fils unique, qui suit :

 


 

 

XIII.- Charles Goyon, baron de la Moussaye, baron de la Moussaye, comte de Plouer, vicomte de Tonquedec et de Pommerith, baron du Juch et de Marcé, seigneur de Mur, de Launay Goyon, etc ; embrassa la religion réformée, ans laquelle ses descendants ont longtemps persévéré (voir Le protestantisme, page n° 1 - Le protestantisme, page n° 2 - Le protestantisme, page n° 3 - Le protestantisme, page n° 4 - Le protestantisme, page n° 5 - Le protestantisme, page n° 6 - La puissante famille Gouyon de la Moussaye, page n° 7). Il mourut en 1593, laissant des Mémoires plein d'intérêts et qui sont encore inédits. Il avait épousé le 21 décembre 1570, Claude du Chastel, vicomtesse de Pommerith et de Tonquedec, baronne du Juch et de Mur, fille de Claude, sire du Chastel, lieutenant général pour le roi en Bretagne, et de Claude d'Acigné. De ce mariage sont provenus :


 

 

1° Amauri IV du nom, sui suit ;

 

 

 

2° Charles Goyon, Pommerith, tué dans les guerres de Hollande ;

 

 

 

3°Jacques Goyon, baron de Marcé, époux d'Elisabeth du Matz de Montmartin. Leurs descendants, les marquis Goyon de Marcé, existaient en 1814 ;

 

 

 

4° Claude Goyon, seigneur de Touraude, marié en 1624, avec Anne Franchet de l'Aumosne. Jean Luc Goyon de Beaufort, seigneur de Touraude, qui représentait cette branche à l'époque de la révolution, fut condamné à mort par le tribunal révolutionnaire de Paris le 20 juin 1794 ;

 

 

 

5° Claude Goyon de la Moussaye, mort sans alliance ;

 

 

 

6° Françoise Goyon de la Moussaye, mariée avec David Mesnard, chevalier, seigneur de Toucheprès, seigneur châtelain des Herbiers, chevalier de l'ordre du Roi, gentilhomme ordinaire de la chambre, capitaine d'une compagnie de 50 chevau(x)-légers :

 

 

 

7° Philippote Goyon de la Moussaye, mariée, le 16 janvier 1592, avec David de la Muce, seigneur de Ponthus, décédée la même année ;

 

 

 

8° Charlotte Goyon de la Moussaye ;

 

 

 

9° Marguerite Goyon de la Moussaye ;

 

 

 

XIV.- Amauri Goyon IV, marquis de la Moussaye (voir le temple de la Moussaye - La famille Rochelle de Plénée-Jugon), IVe du nom, marquis de la Moussaye en 1615 par lettres patentes d'érection de cette terre, comte de Plouer, vicomte de Tonquedec et de Pommerith, baron de Marcé et du Juch, seigneur de Mur, de la Motte, du Parc, de Kergoet, de Launay Goyon, etc.; fut l'un des chefs du parti protestant durant les guerres de religion. (Voir les histoires du temps, et entre autres, l'Histoire de Louis XIII par Michel Le Vassor). Amauri, marquis de la Moussaye, mourut en 1624. Il avait épousé Catherine de Champagné (voir Généalogie de la famille de Champagné, page n° 1 - Généalogie de la famille de Champagné, page n° 2), dame de Nogent sur Loir, morte à Paris le 11 juillet 1649, fille de Louis de Champagne, comte de Suze, chevalier de l'ordre du Roi, conseiller d'état, et de Madeleine de Melun. Elle l'avait rendu père * de trois fils ;

 

 

 

1° Amauri V du nom, sui suit ;

 

 

 

2° Brandelis Goyon de la Moussaye, baron de Juch, tué dans les guerres de Hollande du vivant de son père ;

 

 

 

3° François Goyon, baron de la Moussaye. Il fit ses premières armes sous le duc d'Enghein, depuis le Grand Condé, qu'il suivit dans toutes ses expéditions depuis le siège d'Arras en 1640. Ce prince, témoin de sa valeur et de sa capacité, lui fit conférer le grade de maréchal de camp le 22 avril 1644. François embrassa son parti avec chaleur dans les troubles de la Fronde, et fut nommé par lui lieutenant général de ses troupes et gouverneur de Strenay où il mourut en 1657. (Chronique hitorique militaire, par Pinard, t. VI, p.186)

 

 

 

XV.- Amauri Goyon V, marquis de la Moussaye, Ve du nom, marquis de la Moussaye, comte de Plouer, vicomte de Tonquedec et de Pommerith, baron de Marcé, du Juch et de Nogent sur Loir, seigneur de Kergoet, de Mur, de Launay Goyon, de la Motte du Parc etc.; suivit aussi le parti du Prince de Condé, qui le nomma successivement maréchal de camp et lieutenant général de ses troupes. Il avait servi avec distinction en Allemagne et en Catalogne. En 1646, il commandait plusieurs régiments à la bataille de Nordlingue, et y fut grièvement blessé. L'année suivante, il se tenait près du Prince de Condé pour recevoir et faire exécuter ses ordres. Au moment le plus périlleux, il prit le commandement du régiment de Villequier, et, dans une charge qui rétablit le combat et contribua à fixer la victoire, il eut son cheval tué sous lui, fut blessé et fait prisonnier. Le marquis de La Moussaye, fut depuis gouverneur de Rennes. Il était chambellan du grand Condé. Les Mémoires du temps rapportent plusieurs anecdotes qui prouvent jusqu'à quel point il posséda la confiance de ce prince. (Voir le dictionnaire des batailles; la Vie du vicomte de Turennes; la Vie du prince de Condé; les Mémoires de Motteville, etc.;). Il avait épousé le 11 avril 1629, Henriette-Catherine de La Tour d'Auvergne, soeur du vicomte de Turennes, et fille de Henri de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon, prince de Sedan, maréchal de France, et d'Elisabeth Nassau-Orange, fille de Guillaume Le Taciturne, prince d'Orange. Aux grands biens, que le marquis possédait en Bretagne, il ajouta le comté de Quintin que lui céda Henri de la Trémoille, duc de Thouars, pair de France, son beau-frère. Il eut de Henriette-Catherine de La Tour d'Auvergne (voir Procès verbal rendu au sujet d'une demande d'un Temple protestant à Quintin par le Marquis de la Moussaye  Rapports entre l'évêché de Saint Brieuc et le marquisat de la Moussaye)  

 

La Moussaye, le château avant travaux

1° Brandelis Goyon de la Moussaye, comte de Quintin, mestre de camp du régiment de Bourgogne. Il fut tué en duel à 21 ans, en 1651, par le comte de Tavannes ;

 

 

2° Henri Goyon, marquis de la Moussaye, comte de Plouer et de Quintin, vicomte de Tonquédec, et de Pommerith, baron de Saint Bonnet et de Nogent sur Loir, marié avec Suzanne de Montgommery et décédé sans postérité ; -portrait ci-dessous.

 

 

 

3° Amauri Goyon de la Moussaye, mort célibataire ;

 

 

4° Marie Goyon de la Moussaye. Zélée protestante, elle quitta la France en 1691 et se réfugia en Angleterre où elle mourut le 8 octobre 1717 ;

 

 

5° Elisabeth Goyon de la Moussaye, mariée, en 1679, avec René de Montbourcher (voir Etude de quelques armoiries.), marquis du Bordage, maréchal de camp, tué au siège de Philisbourg, le 18 octobre 1688. Sa veuve lui survécut treize ans et mourut le 18 octobre 1701. René Amauri de Montbourcher, leur fils, marquis du Bordage, recueillit du chef de sa mère le marquisat de la Moussaye (voir Quelques abjurations sur Plénée-Jugon & Sévignac en 1685). On doit au sieur de Montbourcher et à son épouse, la réfection de la chapelle de Saint-Cado à Sévignac, leurs armoiries figurent sur le pignon dudit édifice (voir la chapelle de Saint Cado à Sévignac). Après sa mort en 1744, les marquisats de la Moussaye et du Bordage échurent à sa soeur, Henriette de Monbourcher, épouse de François de Franquetot, duc de Coigny, maréchal de France. Le duc de Coigny, leur petit fils, vendit vers 1780, la terre de la Moussaye, à une bande de spéculateurs qui en firent raser les forêts et aliénèrent les plus beaux droits. Il ne reste maintenant autour des ruines du château, qu'un domaine dégradé qui ne représente pas le quart de la valeur primitive de l'antique seigneurie.

 

Marquisat de la Moussaye

 

1601-1784.- Titres généraux : minu fourni à Louis Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse, à cause de son domaine de Jugon, par René Amaury de Monbourcher, marquis du Bordage, seigneur de la Moussaye et par Henriette de Montboucher, épouse de François de Franquetot, marquis de Coigny, pour le rachat de René de Montbourcher, leur père (1601) : -aveu rendu à la chambre des comptes de Bretagne, pour la réformation du domaine royal de Jugon, par Amaury Gouyon, marquis de la Moussaye, héritier d'autre Amaury Gouyon, son père (1659).- minu et dénombrement présenté à la cour royale de Jugon, par Henri Gouyon, comte de Quintin et de Plouer, marquis de la Moussaye, vicomte de Pommerit, fils et héritier d' Amaury Gouyon, seigneur desdits lieux (1664); ces actes mentionnent « le chasteau et le lieu seigneurial du marquisat de la Moussaye, scitué en la paroisse de Plenest, circuit de douves et fossés, aveq deux ponts levis à l'entrée, haulte et basse cour, jardins, vergers, mestayries, bois de haulte fustaye où il y a de la panteine, le tout enclos dans le parc fermé de fossés et de buissons, garnis de barrière de costé et d'autre, terres labourables, froites, gallouer, aveq un colombier et foye à pigeons près ledit chasteau, et en laquelle seigneurie à le droit de justice, haulte, moyenne et basse, aveq tout ferme droit d'instituer et pourvoir d'officiers, sçavoir, seneschals, alloué, lieutenant, procureurs, greffiers, notaires, sergens et autres pour l'exercice d'icelle jurisdiction qui se fait en l'auditoire édiffié au bourg de Plénest un jour de chascune semaine, auquel bourg se tient tous les jours de samedy, le marché ordinaire, aveq quatre foires et assemblées, sçavoir deux audt bourg de Plénest, sçavoir deux audit bourg de Langouhèdre, o le droit de lever les droits et devoirs de coustume ainsy qu'il est plus au long déclaré, et le lendemain de chascune desdites foires se tient les pleds généraux audit bourg de Plénest, et outre droit et pouvoir de faire recevoir et recueillir les rentes dûes à la seigneuries par les hommes d'icelle chascun à son tour et rang, et le droit de lodes et ventes, épaves, gallois, successions de bastards, déshérances, confiscations, saisies, droit de recepte, rachats, soubz rachapts et autres aventures de fief, mesme de tenir sesdits bois et estangs, buissons et garennes forestables, prohibitifs et deffensables à tous autres sans y pouvoir pescher ny chasser sans la permission du seigneur, et en cas de contravention sesdits officiers doivent punir les contrevenans selon les édits royaux, et pouvoir d'establir forestiers pour la garde desdits bois; et à raison de la ditte seigneurie et marquisat de la Moussaye, ledit seigneur comte est seigneur, patron et fondateur de l'église parrochialle de Plénest, chappelle de Saint Melleuc, église du bourg de Tramain et chappelle de Langouhèdre, aveq droit de présentation des prébendes, droit de sépulture et pierre tombale enlevée, armoryée d'escussons de ses armes et de ses alliances aux principaux endroits tant au dedans que au dehors desdites esglises et chappelles, comme supérieur et présentateur aux bénéfices d'icelles»; quatre moulins à blé, les métairies de la Basse Cour, du Grand et du Petit Saint Melleuc, des Noës Hersart, des Grassins, de la Rochelle, du Cran, de la Cour de Plouër, de la Beusnelière, etc; droit d'assent sur les voisins qui veulent mener leurs bestiaux paistre dans les landes de la Moussaye; halles et cohues au bourg de Plénest, aveq une maison noble dans la rue Hersepot qui sert de prison et geôle pour la jurdiction de la Moussaye; traits de dîme appelés de Laurouan, de Margaro ou de Langouhèdre, du Rocher, des Landes, de la Jousnière et de Saint Melleuc, etc... » -vente de terre et marquisat de la Moussaye par Marie François Henri de Franquetot, duc de Coigny, chevalier des ordres du roi, colonel général des dragons de France, premier écuyer de sa majesté, gouverneur des ville et citadelle de Cambray, des ville et château de Caen, du château et maison royale de Choisy, capitane des chasses de La Varennes du Louvre, demeurant à Paris en son hôtel, rue Saint Nicaise, paroisse Saint Germain l'Auxerrois, à Jacques Joseph de La Motte de Broons (voir La famille de La Motte de Broons de Vauvert.), comte dudit nom chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint Louis, demeurant en son château de Vauvert (voir Le château de Vauvert en Lescouët et ses possesseurs.), trêve de Lescouët, paroisse de Plorec, évêché de Saint Malo pour la somme de 432.000 livres, pot de vin compris (1782); les biens vendus comprennent outre la terre de La Moussaye, les seigneuries de la Vieuville et de la Motte du Parc, dans la paroisse du Gouray, la terre de la Rivière Moussaye dans la paroisse de Sévignac; les seigneuries de la Ville au Prôvost et de la Villepierre dans la paroisse de Plénest, etc; il est stipulé que «les meubles memblants comme lits, tâpisseries, chaises, fauteuls, glaces, mandats, couvertures, linge de lit, table de cuisine, portraits de famille, tableaux et autres meubles», qui sont dans le château de La Moussaye ainsi que les titres de famille et les livres ne feront point partie de la vente.

 

 

Portraits

Catherine de Champagné, Amaury IV Gouyon

Amaury V Gouyon, Le Duc Franquetot de Coigny

 

Branche de Lorgeril

 

 

VIl.- Alain de la Moussaye, chevalier, capitaine de Rennes, second fils de Guillaume II, sire de la Moussaye, et d'Olive du Margaro, sa première femme, eut un commandement de gens d'armes en l'armée que du Guesclin conduisit en Guienne en 1372. (Le Baud. ; Hist. de Bretagne, p. 342). En 1378, suivi de deux chevaliers et de vingt écuyers, il rejoignit le connétable en Normandie, sous les murs de Pont-Audemer, et se signala dans les assauts qui amenèrent la reddition de cette place. Alain de la Moussaye se trouva au siège de Cherbourg, et prit part à la délivrance de Saint-Malo et à la seconde expédition de Guienne. (Hist. de du Guesclin, par Hay du Châtelet, pp. 397, 456). Devenu capitaine de Rennes en 1380, il ratifia en cette qualité le traité de Guérande le 20 août 1381, ainsi que Jean et Guillaume de la Moussaye, chevaliers (D. Lobineau, Histoire de Bretagne, t. III, p. 606). A l'endroit de cette dernière citation, on a imprimé de la Houssaye au lieu de la Moussaye.Cette erreur, sou vent commise, se trouve dans Froissard et dans plusieurs autres ouvrages. Il existe un procès-verbal du 16 février 1669, dressé et signé par le procureur-général du parlement de Rennes, par M. de la Faluère, conseiller, et par les RR. PP., prieur et bibliothécaire des Jacobins de la ville de Rennes, touchant les nom, armes, devises et antiquités du seigneur Alain de la Moussaye, qui se trouvent dans leur couvent, tant en imprimés et manuscrits qu'en pierre et en bois. Il y avait à Saint-Malo une tour maintenant détruite, appelée la tour de la Moussaye, dont on rapporte la construction à cette époque. D'après d'anciens mémoires de famille, Alain de la Moussaye avait épousé Jeanne de Rohan. Il en eut :


 


 

1° François de la Moussaye, mort sans alliance j


 


 

2° Roland, Ier du nom, qui suit.


 


 

VIII.- Roland de la Moussaye, 1er du nom, écuyer, porta les armes avec distinction sous les ducs Jean V et François II. Il accompagna le premier, en 1418, au voyage qu'il fit à Paris pour négocier la paix entre la France et l'Angleterre. Le duc donna une ordonnance pour que Roland fût payé des frais de ce voyage (D. Morice; Preuves, t. 11, col. 968). Les efforts du duc ayant été inutiles, partie de ses troupes se rangea sous les drapeaux du dauphin. Au mois de janvier, que l'on comptait encore 1418 (r. st.), Roland de la Moussaye, accompagné de son jeune fils et de dix écuyers, se rendit au siège de Tours et contribua principalement à la réduction de cette place et de son château. Le régent promit à Roland de la Moussaye une récompense pour ce fait d'armes si important, et s'acquitta de cette promesse, lors qu'il fut roi, par le don de la maison noble et manoir de la Férandière, en Poitou, proche la ville de Poitiers, en laquelle maison il y avait colombier, garenne et juridiction. Roland échangea le fief de la Férandière contre la seigneurie de la Touche-Trebry près Moncontour (voir Le château de la Touche Trébry). Plus tard, il vendit cette dernière terre pour acheter la seigneurie de Lorgeril, agréablement située à trois lieues de Lamballe, sur la rive du Frémur, non loin de la mer, et s'y fixa définitivement. Le 31 décembre 1422, Roland signa le traité d'alliance des états de Bretagne avec le duc de Bourgogne. (D. Morice ; Preuves, t. II, col. 1128). Roland de la Moussaye fut compris dans la réformation de la noblesse en 1427. Il avait épousé Alix de Saint-Meloir, fille aînée du seigneur de Saint-Meloir. Il eut de ce mariage deux fils et deux filles, entre autres :


 



 

1° Jean, dont l'article suit ;



 


 

2° Guillaume de la Moussaye, tué à la guerre, sans avoir pris d'alliance;


 



 

3° Catherine de la Moussaye, mariée à Pierre Goyon, seigneur de Vaurouault, fils de Jean Goyon, seigneur de Vaurouault (voir Quelques notes sur la seigneurie du Vaurouault en Pléhérel), et d'Isabelle, dame du Verger. Catherine de la Moussaye reçut son partage le 41 novembre 4 443 (Hist. des Grands Officiers de la Couronne, t. V, p. 405).



 


 

IX.- Jean de la Moussaye, seigneur de Lorgeril, vivant sous les ducs François Ier , Pierre II, Arthur III et François II, a eu pour enfants :


 


 

1° François, dont l'article suit ;



 


 

2° Jean de la Moussaye, mort célibataire;


 


 

3° Roland de la Moussaye, que sa bravoure se fit connaître dans les armes sous le nom de Capitaine Roland. Les mémoires domestiques ne disent point s'il fut marié ;


 


 

4° Gilles, auteur de la Branche de la Folinaie, rapportée à son rang ;

 

 


 

5° Deux filles, dont l'une épousa le seigneur de Saint-Alban.

 

 

 

X. François de la Moussaye, chevalier, seigneur de Lorgeril, épousa, en 1505, damoiselle Marguerite de Brefeillac. Cette génération correspond à peu près à l'époque où la Bretagne, réunie à la France, cessa d'avoir ses intérêts propres et ses historiens particuliers. Les nobles Bretons restèrent fidèles à la profession des armes, mais leurs services cessèrent d'être recueillis par les annales du pays, ce qui explique les lacunes fréquentes qui se rencontrent depuis ce temps dans l'histoire des familles. François de la Moussaye laissa un fils, qui suit.


 


 

XI. Roland de la Moussaye, IIe du nom, seigneur de Lorgeril, fut élevé enfant d'honneur à la cour de Louis XII. Après la mort de ce monarque (1515), Roland fut destiné par son père au parti des armes. Il fit une partie des guerres d'Italie, et à son retour, il s'allia avec Jeanne Goyon de Beaucorps, fille deFrançois Goyon, seigneur de Beaucorps, et de Louise Jouin. Il eut deux fils :


 

1° Georges, Ier du nom, qui suit ;


 

2°François de la Moussaye, mort sans alliance.


 


 

XII. Georges de la Moussaye, Ier du nom, né en 1540, fit ses premières armes à la bataille de Saint-Quentin en 1557. L'année suivante, il se trouva sous le duc de Guise au siège de Calais, où il fut grièvement blessé, et perdit un bras en combattant vaillamment, dit un ancien mémoire, pour chasser les Anglais de France. De retour en Bretagne, il épousa damoiselle Gillette Roquel, dont il eut un fils,

 


 

Toussaint qui suit.

 

 

XIII. Toussaint de la Moussaye, chevalier, seigneur de Lorgeril, épousa damoiselle Jacquemine des Deserts, d'une très-ancienne famille de Bretagne, dont les planches de D. Morice rappellent les sceaux primitifs (un lion, une palme). De ce mariage est provenu :


 


 

XIV. Georges de la Moussaye, IIe du nom, chevalier, seigneur de Lorgeril et de Saint-Marc, marié, vers 1640, avec Marguerite Denoual, fille de Jean Denoual, sieur du Gravier, et de Marguerite Preheu. Par arrêt du 23 janvier 1669, rendu en la chambre de la réformation de la noblesse de Bretagne, au rapport de M. de Bréhan, Georges de la Moussaye et François, son fils aîné, furent déclarés nobles d'ancienne extraction et maintenus dans la qualité de chevaliers. Georges fit viser dans cet arrêt la filiation de sa branche et de celle de la Folinaie, depuis Roland de la Moussaye, son cinquième aïeul, mari d'Aliette de Saint-Meloir. Georges laissa deux fils :


 

1° François de la Moussaye, chevalier. Il continua la branche aînée sous la dénomination de seigneurs de Saint-Marc et du Pesle. Cette branche s'est honorablement soutenue jusque vers le commencement de la révolution, époque à laquelle elle s'est éteinte. La veuve du dernier seigneur de Saint-Marc est décédée à Saint-Brieuc, en 1829, âgée de 86 ans ;

 

 

 

2° Sébastien, qui suit.

 

 

XV. Sebastien de la Moussaye, chevalier, seigneur de Lorgeril, épousa damoiselle Renée de Saint-Guédas, fille puînée du seigneur de Saint-Guédas , vicomte de Saint-Denoual et de Planguenoual. Sebastien mourut jeune, laissant une fille en bas âge, qui lui survécut peu. Sa veuve se remaria, dissipa tous les biens de sa fille, et vendit la terre de Lorgeril, que les seigneurs de Saint-Marc s'efforcèrent inutilement de recouvrer.

 

 

Branche de la Folinaie, seigneurs de la Villeguerif et de la Vieuville.

 

 

X. Gilles de la Moussaye, écuyer, quatrième fils de Jean de la Moussaye, seigneur de Lorgeril eut en partage la terre de Gueravilly, démembrement de Lorgeril, qu'il échangea contre la terre de la Folinaie. il servit dans la marine royale. Il épousa damoiselle Marie Goures, issue par plusieurs generations de Jean Goures, lequel servait, en 1419, dans l'armée du dauphin, régent de France, avec 19 écuyers de sa compagnie. En 1437, Eon et Pierre Goures sont inscrits parmi les nobles de Goello qui prêtèrent serment de fidélité au duc de Bretagne. (D. Morice, t. Il, col. 919, 1308).


 


 

XI. François de la Moussaye, Ier du nom, écuyer, seigneur de la Folinaie, fils de Gilles de la Moussaye et de Marie Goures, épousa damoiselle Françoise des Rondiers, fille de N.... des Rondiers, seigneur de la Croix. Il en eut Julien, qui a continué la postérité.


 


 

XII. Julien de la Moussaye, chevalier, seigneur de la Folinaie, chevalier de l'ordre du Roi, servit avec distinction sous Henri IV et sous Louis XIII. Il épousa, en 1585, Perronnelle Goyon, dame de la Villeguerif, de Beaussais, des Noes, de la Vieuville, de la Villaumont, de la Villedaniel et des Métairies. De ce mariage sont issus :


 


 

1° Charles, dont on va parler ;


 


 

2° Mathurin de la Moussaye, écuyer, seigneur de Beaussais, marié, en 1636, avec Laurence Boullain, de laquelle il eut un fils : Jean de la Moussaye, écuyer, seigneur de Beaussais, qui fut maintenu dans sa noblesse d'ancienne extraction, en 1669, conjointement avec les seigneurs de Lorgeril et de Saint-Marc, ses aînés. Il avait épousé, en1658, Louise des Rondiers, et en eut :

 

 

A. Georges de la Moussaye, mort sans postérité ;

 

 

B. Jean de la Moussaye, décédé sans avoir pris d'alliance ;

 

 

C. .Louis de la Moussaye, seigneur de Beaussais, marié, en 1693, avec demoiselle Anne Cotton, fille du seigneur de la Faye-Cotton. Il ne laissa qu'une fille : Demoiselle de la Moussaye, dame de Beaussais, mariée à M. le Bouetoux de Bergerac.


 


XIII°. Charles de la Moussaye, seigneur de la Folinaie, de la Villeguerif, de la Vieuville, des Noes, de la Villedaniel et des Métairies, fut compris ainsi que ses cinq fils dans l'arrêt rendu pour sa famille par la chambre de la réformation de la noblesse de Bretagne, le 23 janvier 1669, arrêt qui la maintint dans son ancienne extraction et dans la qualité de chevalier. Il avait épousé damoiselle Françoise Bertho, fille de Jean Bertho, seigneur de Lescoublière et de Marguerite Mouesan. Les noms de leurs enfants sont :


 

 

1° René, qui suit ;

 

 

2° Philippe, auteur de la Branche de la Chesnaye, mentionnée ci-après ;


 

 

3° Jean de la Moussaye, seigneur des Métairies, marié : 1° avec damoiselle N... de la Bouexière, morte sans enfants; 2° avec damoiselle Marie Marin, dont un fils : Jean de la Moussaye, seigneur des Métairies, mort au service. Il ne fut pas marié ;

 


 

4° François de la Moussaye, seigneur des Noes, marié avec damoiselle Jeanne-Françoise Goubin. Leur fils : Charles de la Moussaye, seigneur des Noes, n'eut de son mariage avec damoiselle N... de Botherel, dame de la Chevrie, qu'une fille : Claire-Victoire de la Moussaye, alliée à messire François-Bertrand de Botherel, chevalier, seigneur du Plessix ;


 

 

5° Sébastien de la Moussaye, seigneur de la Villedaniel, marié avec damoiselle Claude le Roy. Il eut pour fille unique : Renée de la Moussaye, épouse de René de la Choue, seigneur de la Haute-Mettrie.

 

 

 

XIV. René de la Moussaye, chevalier, seigneur de laVilleguerif et de la Vieuville, épousa, vers 1645, damoiselle Mathurine Lambert, fille de N... Lambert, seigneur de Lorgeril en Plorec. Il eut pour fils :


 


 

XV. Pierre de la Moussaye, seigneur de la Villeguerif et de la Vieuville, capitaine au régiment de Saint-Mesme, puis commandant des milices de Bretagne ; il épousa damoiselle Jacquemine de Bhan et en eut :


 

 

1° Victor-Martial, mentionne ci après ;


 


 

2° N... de la Moussaye, cordeliers


 

 

3° N... de la Moussaye, cordeliers


 


 

XVI. Victor-Martial de la Moussaye, seigneur de de la Villeguerif, eut de son mariage avec damoiselle Françoise le Gobien, une fille unique :


 

 

 

Françoise de la Moussaye, dame de la Villeguerif, mariée, en 1754, avec messire Augustin de Ruellan, seigneur du Tiercent. Dans le cours de la révolution, cette dame, sans enfants et affaiblie par l'âge et les infirmités, fut amenée par des conseils intéressés à disposer de ses biens, qui étaient considérables et dont les anciennes lois assuraient la reversion au marquis de la Moussaye, alors émigré.


 

 

Branche de la Chesnaye. Marquis de la Moussaye.


 


 

XIV. Philippe de la Moussaye, chevalier, seigneur de la Folinaie, second fils de Charles de la Moussaye, seigneur de la Folinaie, de la Villeguerif, etc., et de Françoise Bertho, est compris avec son père et ses frères dans l'arrêt de la chambre de la réformation de Bretagne qui les maintint en 1669 dans leur ancienne extraction. Il avait épousé damoiselle Jeanne Piédevache, fille du seigneur du Tertre-Pin, famille portée dans les plus anciens rôles de la noblesse de Bretagne. De ce mariage sont issus :


 


 

1° Toussaint de la Moussaye, seigneur de la Folinaie, marié avec damoiselle Renée de Pontual, dame de Pontcornou, dont il n'eut qu'une fille morte en bas âge ;

 

 


 

2° Maurice de la Moussaye, capitaine de vaisseau, chevalier de l'ordre de Saint-Louis. En 1683 il était au service comme garde de la Marine. En 1689, au retour du combat de Bantry, comme il allait désarmer à Rochefort, il fit partie, d'une attaque de chaloupes françaises qui enlevèrent à l'abordage une frégate ostendaise. Il eut un bras emporté dans cette action. Il n'en continua pas moins de servir le roi. En 1693 il fut fait lieutenant de vaisseau et chevalier de l'ordre de Saint-Louis en 1700. Il commandait la frégate la Chasse lorsqu'en 1706, protégeant un convoi, il attaqua et prit à l'abordage une frégate anglaise (Etat de services délivré au Havre le 18 novembre 1715, carton 44, n° 76, et carton 49 , n° 44). Depuis il fut fait capitaine de vaisseau. Il mourut en célibat ;


 

 

3° François, IIe du nom, qui suit ;

 


 

4° N... de la Moussaye, tué au service du roi.

 


 

5° N... de la Moussaye, tué au service du roi.

 

 

 

XV. François de la Moussaye, IIe du nom, seigneur de la Chesnaye, commandant pour le roi à Saint-Domingue, n'avait eu, comme cadet d'une branche cadette, qu'un très-modique patrimoine ; mais la nature l'avait doué d'un esprit actif et intelligent, d'une intrépidité rare, et ces qualités ne restèrent pas stériles. Il s'embarqua à Brest, sur un vaisseau de guerre, comme simple volontaire, sans désirer aucun rang dans la marine royale où servaient ses frères. N'étant pas assujetti aux règles du service, il put prendre part à toutes les expéditions périlleuses, et, passant successivement sur plusieurs bords dans diverses escadres, il se distingua dans une foule de combats de terre et de mer livrés pour la plupart aux Indes occidentales, où les Français commençaient alors à former des établissements. Après quelques années le commandement de la partie sud de l'Ile de Saint-Domingue lui fut confié par le roi avec le grade de colonel, commandement dans lequel il a laissé les plus honorables souvenirs. Il avait reçu de vastes concessions territoriales qui fructifièrent entre ses mains. Mais cédant au désir de revoir sa patrie, il vendit ses biens de Saint-Domingue, et du produit de cette vente il acquit les seigneuries du Pontgamp, de la Chesnaye-Tanio, de Beaulieu, un hôtel à Rennes et quelques autres propriétés. La fortune qu'il avait faite aux Indes occidentales lui fit donner dans son pays le surnom de la Moussaye [Indien. A son retour en France il épousa, en 1714, Emilie de la Choue, fille d'Yves de la Choue, écuyer, et de Françoise Bernard. Il eut de ce mariage quatre enfants :


 

 

 

1° François-Victor, dont l'article suit ;


 


 

2° Maurice-René de la Moussaye, seigneur de Beaulieu, officier au régiment de Marsan, tue' dans la guerre de 1742. Il ne fut pas marié ;


 


 

3° Alexandre de la Moussaye, officier de la marine royale. Il a péri sur le vaisseau l 'Alcyon en 1750 ;

 

 


 

4° Joseph-Gilles-François, auteur d'une Branche établie en Artois (ci-après).


 

 

XVI. François-Victor, comte de la Moussaye, seigneur du Pontgamp, de Beaulieu, de la Chesnaye-Tanio, de la Villéon et de la Sourdière, officier de la marine royale, quitta jeune encore le service, et, ayant fixé sa résidence à Rennes, il s'occupa avec zèle et talent de l'administration de la Bretagne, qui, comme on le sait, se régissait elle-même : il fut l'un des membres les plus considérés de l'ordre de la noblesse, et presque constamment commissaire des états. Il mourut en 1778. Il avait épousé, en 1740, Anne-Jeanne-Gabrielle le Mintier, fille de Pierre le le Mintier, seigneur des Granges, et de dame Radegonde de Boisgelin. De ce mariage sont issus, outre deux garçons morts en bas âge :


 

 

1° Victor-François- Gervais de la Moussaye, qui suit ;

 

 

 

2° François-Auguste-Félix de la Moussaye, auteur de la Seconde branche actuelle, dont on parlera ci -après ;


 


 

3° Françoise-Anne-Emilie de la Moussaye, née en 1741 religieuse à l'abbaye royale de Saint-Georges à Rennes ;

 


 

4° Marie-Anne de la Moussaye, née en 1749, mariée avec N... Piquet , comte de Montreuil, frère aîné de l'amiral de la Motte-Piquet ;

 

 


 

5° Emilie de la Moussaye, née en 1750, mariée avec Louis Prévost, seigneur de la Touraudais, officier de la marine royale ;

 

 


 

6° Renée de la Moussaye, née en 1751, morte sans alliance.


 


 

XVII. Victor-François-Gervais de la Moussaye, marquis du la Moussaye, né en 1752, chef des nom et armes de la maison de la Moussaye depuis l'extinction de la branche de Saint-Marc, obtint du roi Louis XVIII, le 7 mars 1818, des lettres patentes du titre héréditaire de marquis, enregistrées à la cour royale de Rennes. En 1788, il fut l'un des députés que la noblesse de Bretagne envoya à la cour du roi Louis XVI Emigré en 1791, il porta les armes aussi longtemps que d'anciennes blessures le lui permirent. Il rentra en France en 1802 et mourut à Saint-Brieuc en 1819. Il a laissé quelques écrits qui portent l'empreinte d'un esprit supérieur et cultivé. Il avait épousé, en 1772, Sainte-Louise des Cognets (d'une famille d'ancienne chevalerie) morte en exil en Angleterre. Elle était fille unique de Louis des Cognets, seigneur des Hayes, de Belouse, et de Saint-Clavien, et de dame des Cognets de l'Hôpital, qui devint l'héritière de cette branche par la mort de Toussaint des Cognets, son frère, comte de l'Hôpital, vicomte de Pléhérel, capitaine des vaisseaux du roi. La fortune foncière du marquis et de la marquise de la Moussaye, réunie, se composait des terres et seigneuries du Pontgamp, de Beaulieu, de la Vieuville-au-Sénéchal, de la Villeguerif, de la vicomte de Pléhérel, des seigneuries des Hayes, de Carné, du Menubois, de Belouse, de la Ville-Tanet et des Fermes. Les confiscations ont dévoré ces grands biens, dont il reste à peine quelques débris. Du mariage de Victor, marquis de la Moussaye, et de Sainte des Cognets sont issus, outre trois filles mortes en bas-âge :

 

 


 

1° Casimir de la Moussaye. Attaché comme officier a l'état major de l'armée royale débarquée sur la plage de Quiberon, il fit partie d'un corps d'avant-garde, qui après quelques progrès rapides fut attaqué le 5 juillet 1795, à Landevan, par l'armée républicaine. Les soldats que conduisait M. de la Moussaye, accablés par le nombre et peu aguerris, se débandèrent; lui tint ferme et se fit tuer. Il était âgé seulement de 18 ans. (Voir les Mémoires de MM, de Vauban et de Villeneuve et toutes les relations de l'expédition de Quiberon) ;


 


 

2° Louis-Toussaint, dont l'article suit ;

 

 


 

3° Paul, comte de la Moussaye, capitaine aux hussards de la garde royale, mort à l'âge de 29 ans le 25 décembre 1826. Il avait fait la campagne d'Espagne en 1823, et reçu la décoration de la Légion-d'Honneur sur le champ de bataille ;


 

 


 

4° Adélaïde de la Moussaye, mariée à Louis de Visdelou, marquis de Bédée, officier supérieur de cavalerie, chevalier de l'ordre de Saint-Louis, commandant de la garde d'honneur de Rennes, mort en 1836, sans postérité ;


 


 

5° Victorine de la Moussaye, mariée avec Stanislas-Armand de Lorgeril.


 

 

XVIII. Louis-Toussaint, marquis de la Moussaye, pair de France, chevalier de l'ordre de Saint-Louis, commandeur de la Légion-d'Honneur, gentilhomme de la chambre des rois Louis XVIII et Charles X, est né à Rennes le 15 novembre 1778. Officier d'artillerie dans l'émigration, il fit la campagne qui se termina par la catastrophe de Quiberon. Après la pacification ( 1801 ) il revint en France et fut successivement attaché à l'état-major de la grande armée depuis la bataille d'Iéna jusqu'à la paix de Tilsitt, intendant de la haute Autriche en 1809, de la Carinthie en 1810 et de la Carniole en 1811, ministre de l'empereur près la république de Dantzig, préfet du département du Léman ; et, depuis la restauration, chargé d'affaires durant deux ans à la cour de Russie, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire près le roi d'Anglerre et de Hanovre en 1818, près du roi de Wurtemberg en 1 819, près du roi de Bavière en 1821, puis en 1827 près du roi des Pays-Bas, Guillaume 1er, président du collège départemental des Côtes du Nord le 13 octobre 1820, et trois fois élu député par ce département en 1820, 1824 et 1827, et enfin pair de France le 11 septembre 1835. La Biographie des Hommes du jour, de MM. Sarrut et Saint-Edme, rappelle avec détail les faits qui se rattachent à la carrière du marquis de la Moussaye et les apprécie avec impartialité. Son caractère politique semble tracé dans ces paroles que lui adressa Louis XVIII, lorsqu'il lui fut présenté: « Je suis heureux de trouver des Français qui unissent d'anciens sentiments d'attachement à l'expérience des choses nouvelles, » paroles qui renferment toute la pensée de ce prince, l'alliance du progrès social et des institutions monarchiques. Le marquis de la Moussaye a été nommé chevalier de l'ordre de Saint-Louis le 5 septembre 1814, grand-croix de l'ordre de la Couronne de Bavière en (825 et commandeur de la Légion-d'Honneur en 1839. Il a épousé, le 21 juin 1821, Alexandrine de la Rochefoucauld, née le 19 mars 1801, fille d'Alexandre-Armand-Louis-Henri, comte de la Rochefoucauld-Cousage, colonel de cavalerie, chevalier de l'ordre de Saint-Louis (fils du comte de la Rochefoucauld-Cousage, vice-amiral, grand croix de l'ordre de Saint-Louis, et de Louise-Françoise de Rochechouart), et de dame Marie-Anne-Marguerite de Chery, d'une très-ancienne famille de Nivernais, alliée entre autres à la maison de Courtenay et qui a donné deux évêques à l'église de Nevers. De ce mariage sont issus :


 

 

 

1° Louis- Alain-Guillaume-Olivier de la Moussaye, né à Bruxelles le 28 avril 1850 ;


 


 

2° Georges-Maurice-Olivier-Marie de la Moussaye, né à Paris le 20 avril 1838


 


 

3° Marie de la Moussaye, mariée, le 10 juin 1847, avec Eugène, comte de Viry, fils aîné du comte de Viry, chef de cette illustre maison, lieutenant-général de mer, commandant en chef la marine sarde, et de dame Lock, fille de Charles Lock et de Cécile-Marguerite Ogilvie , petite fille de Jacques Fitz-Gerald, duc de Leinster, en Angleterre ;


 


 

4° Elisabeth de la Moussaye ;

 

 


 

5° Marguerite de la Moussaye ;


 


 

6° Claire de la Moussaye.

 

 

Seconde branche actuelle


 


 

XVII. François-Augustin-Félix, vicomte de la Moussaye, seigneur de la Chesnaye-Tanio, né en 1757, colonel de cavalerie, chevalier de l'ordre de Saint- Louis, second fils de François-Victor, comtede la Moussaye, et d'Anne-Jeanne-Gabrielle le Mintier, était officier au régiment Royal, cavalerie, lorsqu'il émigra en 1791 . Après la campagne des princes, il rejoignit les défenseurs de la cause royale en Bretagne et y eut un commandement. Il prit part à presque tous les combats qui se livrèrent à cette époque. La funeste issue de l'expédition de Quiberon, où il servit dans le corps d'armée commandé par le chevalier de Tinteniac, ne lui fit point poser les armes ; il continua à lutter contre des forces supérieures aussi longtemps qu'il y eut des troupes royalistes réunies. (Voir les Mémoires de MM. de Puisaye, de Villeneuve, de Vauban, etc.). Les princes, frères de Louis XVI , le nommèrent maréchal-de-camp. En 1814, le vicomte de la Moussaye se rendit à Paris pour complimenter le roi Louis XVIII au nom de la noblesse de Bretagne. Il est décédé en 1837, laissant de son mariage avec demoiselle N... de Lesquen de la Villemeneust trois fils et deux filles :


 


 

1° Amauri-Eugène, qui suit ;

 

 


 

2° Victor de la Moussaye, officier supérieur d'infanterie, marié avec Hélène Mac Grath, d'une ancienne famille d'Irlande. Il a de ce mariage deux fils et une fille ;

 

 


 

3° François de la Moussaye, conseiller de préfecture, marié avec Marie Mac-Grath, dont aussi deux fils et une fille ;

 

 


 

4° Cécile de la Moussaye, non mariée.

 

 


 

5° Amélie de la Moussaye, non mariée.

 

 


 

XVIII. Amauri-Eugène, vicomte de la Moussaye, capitaine de dragons, chevalier de la Légion d'Honneur et de l'ordre de Saint-Ferdinand d'Espagne , a fait avec distinction les campagnes de Russie et d'Espagne. Les graves blessures qu'il y reçut le forcèrent jeune encore, de quitter le service. Il a épousé 1 ° Angélique Thierry: 2° demoiselle Fournier de Trélo, famille noble et. parlementaire. Du premier mariage est né


 

Alain de la Moussaye.

 

 

Branche établie en Artois

 

 

XVI. Joseph-Gilles-François de la Moussaye, seigneur de la Folinaie, quatrième fils de François de la Moussaye, seigneur de la Chesnaye, et d'Emilie de la Choue, fut successivement officier, puis capitaine au régiment de Provence, chevalier de l'ordre de Saint-Louis et pensionnaire du roi. Enfermé dans Cassel, en 1762, il défendit avec 100 hommes seulement une redoute que les ennemis attaquèrent avec plus de 2,000 hommes, et qu'ils furent obligés d'abandonner après y avoir perdu beaucoup de monde. Joseph de la Moussaye se maria deux fois : 1° le 5 mai 1754, avec Louise-Françoise-Josèphe de Harchies, d'une maison considérable d'Artois. Il n'eut de cette première union que deux enfants, morts jeunes ; 2°, le 26 octobre 1784, avec Bernardine-Isabelle-Marie Gaillard d'Alquine, de laquelle sont issus :


 


 

1° Joseph, qui suit ;


 

 

 

2° Demoiselle de la Moussaye, mariée avec Henri le Sergeant, baron de Bayenghem, député et président du conseil général du Pas de Calais, depuis pair de France ;
 

 


 

3° Demoiselle de la Moussaye.


 


 

XVII. Joseph de la Moussaye, titré comte de la Moussaye, par lettres patentes du roi du mois de juillet 1826, naquit en 1787. Sorti en 1805 de l'école militaire de Fontainebleau, il fit toutes les guerres depuis cette époque jusqu'à la restauration, et gagna tous ses grades sur le champ de bataille, Il fut blessé devant Dantzig le 15 mai 1807, puis à Friedland le 14 juin de la même année. En 1808, Joseph de la Moussaye était aide-de-camp du général Schramm, commandant en Espagne une brigade suisse. Peu d'instants avant la bataille de Baylen (19 juillet) un colonel de carabiniers espagnols, d'une stature colossale, s'avança sur le front de cette brigade, défiant les officiers à un combat singulier.Joseph de la Moussaye s'élança le premier, et après une lutte acharnée, l'espagnol tomba mort. Joseph avait reçu un coup de sabre au bras gauche, mais l'action générale s'engageant, il combattit toute la journée et eut deux chevaux tués sous lui. Ce fait d'armes, digne des anciens preux, est consigné dans une déclaration revêtue de la signature de tous les officiers de la brigade suisse. Blessé devant Vitepsk en 1812, et au retour de Moscou, il fut nommé officier de la Légion-d'Honneur sur le champ de bataille de Lutzen le 2 mai 1813. Le 19 du même mois, deux jours avant la bataille de Bautzen, Joseph de la Moussaye, alors chef de bataillon au 134e de ligne, soutint a Weissing, avec deux bataillons qu'il commandait, tout l'effort du corps prussien d'Yorck et d'un corps russe. Les deux tiers de ses soldats tombèrent à ses côtés. Cette résistance opiniâtre dégagea le 5e corps de la grande armée commandé par le général de division Lauriston, qui se trouvait compromis. Joseph de la Moussaye fut nommé colonel à la suite de cette action. Il reçut de nouvelles blessures à Goldberg le 19 août 1813, et, le 29 du même mois à Lowemberg, où percé de huit coups de lance, il fut fait prisonnier. Le comte de la Moussaye est mort le 4 janvier 1829, à l'âge de 42 ans. Le 18e régiment d'infanterie légère, qu'il commandait, fit élever un monument à sa mémoire dans le cimetière de la ville d'Angers. Il avait commandé auparavant le régiment de Hohen-lohe. De son mariage avec Sophie de Colnet, d'une ancienne famille originaire de Bruges, il a laissé quatre fils :


 


 

1° Gustave de la Moussaye ;

 

 

 

2° Louis de la Moussaye ;

 

 


 

3° Alfred de la Moussaye ;

 

 


 

4° Eugène de la Moussaye.

Partager cet article

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article

commentaires