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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 11:25

C'est par rejet de cette Eglise toute puissante incarnée par le Pape et ces hauts dignitaires cumulant tous les bénéfices, que bientôt se propagea à travers l'Europe une doctrine  incarnée par des théologiens comme Martin Luther, Jean Calvin et quelques autres... La Réforme entreprise  rejetait à la fois l'autorité papale, les principes de l'Eglise catholique tout en préconisant le retour à l'Eglise primitive. Dès 1529, au sujet de ces réformateurs le mot protestant est utilisé. Ce n'est cependant que dans la seconde moitié du XVIème siècle que le protestantisme touche la Bretagne, vers 1558.  Les trois frères Coligny (ci dessous), issus d'une prestigieuse et influente famille furent des adeptes convaincus de cette religion réformée

 


 

 L'un d'entre eux : François  de Coligny d'Andelot, dont nous avons évoqué l'alliance avec Catherine Tournemine, dame de la Hunaudaye, invita toute la noblesse bretonne  en son château de la Bretesche pour y entendre l'un des prêches. Dans notre contrée vivait une puissante famille seigneuriale ayant recueilli les terres de la Moussaye en Plénée et de la Rivière Moussaye en Sévignac (voir Le passé de Plénée Jugon: le château de la Moussaye et ses possesseurs &  Guerre de Succession de Bretagne. Page n° 6). Depuis la guerre de succession de Bretagne, la Moussaye alors aux mains de la famille de la Moussaye avait opté pour le parti perdant : celui de Jeanne de Penthièvre et Charles de Blois. Dès lors le château de la Moussaye ruiné fut abandonné au profit de la Rivière Moussaye en Sévignac. C'est Amaury premier Gouyon, héritier des Moussaye, qui était seigneur des deux lieux  lors de cette période trouble. De son union avec  Catherine de Guémadeuc, la première de ses trois épouses naquit un fils  prénommé Charles en 1549.  C'est à Charles Gouyon, sire de la Moussaye que nous devons  les mémoires dont voici ci dessous la première page.  

 

 

 A  priori tout séparait le jeune Charles Gouyon alors page à la Cour de Catherine de Médicis,  de Claude du Chastel. C'est au château de Combour qu'il rencontra la jeune femme. Il fut séduit par l'ovale pur de son visage, l'éclat de ses yeux verts,  son front élevé,  ses belles mains aristocratiques, son gentil esprit. Le coup de foudre du jeune aristocrate pour sa bien aimée fut immédiat, hélas un grand problème s'opposait à leur alliance. Lui était catholique et sa dulcinée avait été élevée dès son enfance dans la religion réformée par ses oncles maternels : Jean & François d'Acigné. Certes le prétendant n'était pas catholique convaincu mais les oncles influents souhaitaient  pour leur nièce bien aimée quelqu'un comme le jeune duc de Lorges, neveu de Montmorency. La famille Chastel quand à elle originaire de Basse Bretagne voulait un mari catholique. Lorsque le jeune aristocrate annonça sa rencontre à son père celui ci fut formel  : renoncez à pareille alliance sinon je vous soustrait de tout héritage ! La situation est d'autant plus inquiétante que depuis 1565 le gouverneur de Bretagne n'est autre que Sébastien de Luxembourg, le principal allié des extrémistes catholiques bretons en lutte contre les huguenots !   mais l'amour fut plus fort que tout, du reste Amaury Gouyon aimait trop son fils pour le déshériter, en prime ayant rencontré la jeune femme, le vieux Gouyon fut conquis. Charles se convertit au protestantisme, et c'est à la Cour en présence de la reine douairière Catherine de Médicis que l'union des deux tourtereaux eut lieu. Dans les mémoires pré-citées, Charles Gouyon  de sa plume écrit : "Le 20 me du moi de may 1571 nos nopces furent faictes,. Ma maîtresse fut habillée dans la chambre de la Royne mère, et croy qu'elle avoit pour plus de deux cent mille escus de pierreries  sur elle , y ayant celles de la couronne. Le Roy la conduit par la main jusque à la porte de la chapelle du chasteau tout joignant la salle haute de Gaillon". Après quinze jours passés à la Cour où la reine Catherine de Médicis tenta veinement de les retenir, le jeune couple regagna la Bretagne en chariot et vint habiter le château de la Rivière Moussaye en Sévignac. 


 

La Rivière Moussaye en Sévignac 

 

L'endroit  se résume à présent en un espace boisé où l'on devine encore l'emplacement de douves et quelques vestiges,  un buste féminin, un système d'adduction d'eau...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les habitants de Saint Trillac se souvenaient de ces pacellaires aux noms évocateurs : ici le petit jardin, là bas le grand jardin, ailleurs la prée de la chapelle. Les maisons alentours ont toutes conservé quelques pièces de la Rivière Moussaye, une porte cintrée à double rangées de claveaux, une cheminée des faluns, un cadran solaire. L'ancien cimetière fut reconverti en jardin, quand au vivier mentionné sur le cadastre napoléonien, il n'est plus aujourd'hui qu'un vague souvenir... 

 

 

Ancien cimetière (en vert sur le plan)

 

 

 

 

 

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Published by poudouvre
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