Au cours du XIe siècle, ces défenses se généralisèrent en Bretagne, la Tapisserie de Bayeux rappelant l'épopée de Guillaume le Conquérant semble montrer le siège de Dinan. Cette motte située sur les arrières de l'actuelle sous préfecture était désignée château Ganne. Des fouilles entreprises sur certains sites ont révélé la présence de monnaies émises sous le duc Conan II, c'est à dire au milieu du XIe siècle. (voir Extraits -De l'âge probable des châteaux de terre des Côtes du Nord par le vicomte Frottier de la Messelière, page n° 1)
Luigi Odorici dans ses recherches sur Dinan et ses environs évoque un oppidulum entouré de palissades revêtues d'un fossé et protégé d'un castrum bâti sur les anciennes fortifications romaines à l'extrémité orientale de la Haute Voie et sur le promontoire qui domine le petit port. Ce serait en l'an 1061 que Guillaume le Conquérant duc de Normandie vint assiéger Dinan.
A Pléven, l'éperon dominant l'Arguenon est quand à lui barré par la motte castrale des Bourgs Heussais (voir Le retranchement des Bourghensais à Pléven et la motte castrale de Guénault en Plorec)
En face de la Bourgheusais en Pléven on trouve la motte castrale de la Tour Basse en Plorec (ci dessous photo extraite des éditions Le Flohic). Les Tours au lieu dit le Guénault. Ensemble d'un diamètre de 50 mètres pour une hauteur comprise entre 4 & 5 mètres. Au lieu dit la Boissière, autre motte castrale de 40 mètres de diamètre. (voir Le retranchement des Bourghensais à Pléven et la motte castrale de Guénault en Plorec)
La Motte de Guénault à Plorec
S'agissant de la Motte Broons, Yves Marie Rouat auteur de remarquables recherches sur Broons signalait dans le bulletin paroissial de Broons : " à nviron 300 mètres à l'Ouest de la colonne, se trouve le parcellaire dit pré de Launay (section cf -1 /23 de l'ancien cadastre), les possesseurs signalèrent qu'il y avait là une chose curieuse: sur une certaine surface le foin qu'on y fauchait n'était jamais aussi dense que sur le reste du pré. Cette indication était assez significative d'une construction disparue. L'emplacement d'un cercle d'une vingtaine de mètres de diamètre et une superficie elle même surélevée par rapport aux pièces voisines : le pré de la Mare et le pré Neuf. Et de conclure que la motte castrale fut progressivement abandonnée au profit d'une défense de pierre mieux adaptée. Le centre archéologique d'Alet évoque le Bas Saudrais en Trémeur comme probable emplacement du site de la motte castrale dudit lieu.
Il est possible que ce soit à la fin du XIIIe siècle que la défense castrale ait été délaissée. Les traces sont depuis recouvertes par le tracé de la voie expresse. Linée était aussi une défense castrale : la Butte du Pré Robert, de moindre importance toutefois
La Motte Broons
La Butte du Pré Robert à Broons, -ci dessus
Un site y est mentionné : on y découvre une enceinte circulaire, un châtellier rectangulaire, une motte féodale et les ruines d'un château. Des fouilles entreprises en 1909 ont permis la découverte en la partie sud du châtellier un site romain. La Motte Basse proche du lieu dit la Barette au Gouray.
La Motte du Parc au Gouray
A l'orée du bois de Coëlan se trouve l'emplacement d'une motte castrale, laquelle présence défensive féodale sera à l'origine de la seigneurie de Coëlan. Le lieu est aussi désigné le Vieux Châtel. Précisément à 1.500 mètres de l'endroit se trouve une autre enceinte en la partie de la forêt de Boquen située dans la localité du Gouray, endroit désigné la Larronnière. Cette enceinte occupe une pente S-E jusqu'à d'anciens marécages. En forme de fer à cheval de 190 mètres de périmètre (mesuré au fond de la douve), 30 mètres de ligne droite à l'extrémité des branches, que relie perpendiculairement sur 72 mètres de longueur une autre douve avec talus intérieur prolongé vers le S. avec légère déviation à l'Est...Cette défense située au milieu d'un important centre d'exploitation de fer, ressemblait énormément au Vieux Chatel.
La Motte de Coëlan à Langourla
ette butte désignée la Butte de Rolland située à Brigneul en St Vran près de l'actuel domaine qu'occupait jadis, sous l'Ancien régime l'ancienne seigneurie de Langourla est en réalité le château primitif de Langourla : une motte castrale.
La Motte de Langourla à Saint Vran
Plan de la Maison à Plumaugat
La Motte du Bois du Frau en Saint Launeuc
Plénée Jugon avait aussi conservé une motte castrale, celle de Pautomas aujourd'hui détruite. On pense qu'elle avoisinait près de 40 mètres de diamètres. Toutefois comme les lieux dits basse cour semblent aussi désignés des éléments défensifs d'une motte castrale (la Moussaye à Plénée et Limoëlan à Sévignac. Précisément, en face de la Moussaye on trouve deux points défensifs : la Butte du Gognet & la Butte de dom Laurent en Sévignac
La motte castrale de Pautaumas à la Ville Auffray en Plénée
Un chemin mène au bois des Buttes quand on quitte le hameau du Chatelier. C'est la que cette puissante famille du Chatelier disposait d'une première défense, la seconde était Branxian en Lanrelas
La motte castrale du Châtelier à Eréac
Le Bois Hamon à Eréac
Autre lieux proche de la Motte en Tramain : l'endroit désigné Barettes rappelle une avant défense, comme la Barre à Lanrelas. Ci dessous la Motte à Tramain. La Ville-Gour, regardé comme campement romain avant de devenir siège d'une seigneurie est situé près de cette motte
La Motte à Tramain
Monsieur Frottier de la Messelière évoque un manoir avec motte dans son ouvrage Au coeur du Penthièvre. Des témoins attestent la présence de cette motte autrefois, selon leurs dires, cet aménagement était situé à l'angle de l'étang, face au manoir.
Le Loup à Dolo.
La Butte Laurent de Bougneuf à Rouillac
La motte de Branxian en Lanrelas fut aménagée à une date postérieure à celle de Bougneuf en Rouillac. Le site défensif de Lanrelas fut creusé, et la motte qui émergea fut appareillée. Lors de la guerre de succession de Bretagne (1341-1361), le possesseur du lieu avait accordé sa confiance au camp des Blois-Penthièvre. Il s'appelait Raoullet du Chastelier et avait apposé son sceau à une lettre de ladite Jeanne de Penthièvre, adversaire du futur duc de Bretagne Jean IV. Son fils Bertrand du Chastelier figurait en 1378 à Dinan lors de la revue effectuée par Eustache de Mauny. Plus tard, par courrier ce duc de Bretagne Jean IV issu de la maison de Montfort, autorisa Jean du Chastelier dans un premier temps à fortifier l'endroit, mais il revint sur sa décision en 1382 et demanda que la fortification fut abandonnée et la motte remise dans le même état qu'auparavant. Il faut dire que c'est Bertrand du Guesclin lui même qui avait accordé l'autorisation de fortifier le lieu : «21 novembre 1377 : permission à son amé cousin Mr Jean du Chastelier, chevalier, de faire fortifier la Motte de Brancien et de la garder et tenir doresnavant en l'obéissance du Roy». En 1382 Jean du Chastelier déclarait dans un acte solennel : «Comme Monseigneur Jehan, duc de Bretaigne, de sa grâce, me ait ottrié par ses lettres que je peusse faire ediffier chastel et forteresse en un mien lieu nommé la mote de Brenxihan... sommes et serons tenuz bailler à mondit seigneur et à ses successeurs entrée, yssue et demeure oudit chastel, et y pourront tenir gens d'armes contre touz... Et il est et demeure en la voulenté et ordenance de mondit seigneur et de ses successeurs de faire abatre et meitre jus la fortification dudit chastel et de la remeitre en l'estat que estoit ledit lieu avant que je commençasse à le fortifier».
La motte castrale de Branxian en Lanrelas
Aucaleuc -une motte castrale de la Fontaine et tout près un lieu dit La Barre
Ci dessous la Motte-ès-Rieux figure au n° 503, est régardée comme reposant sur un campement romain. Idem Les Vieilles-Villes en Pléée-Jugon, ci-dessous.
La Motte-ès-Rieux à Corseul :
Les Vieilles-Villes en Plénée-Jugon (voir Les Vieilles-Villes à Plénée Jugon)
La motte de Saint Georges en Trémeur: aujourd'hui disparue, elle est évoquée à travers l'un des actes de donation en 1431: "Messire Guy Rabaud, seigneur d'Iray et de la Rabaudière donne une motte de terre avec son circuit avec mazure nommée vulgairement la Motte". Autres lieux significatifs : le Mottay et la Motte. Précisément le village de la Motte en Trémeur voisine avec la Barcane, à travers ce dernier lieu nous sommes en présence de l'abréviation du terme barbacane qui désigne l'avant défense d'une motte castrale. Idem Basse Cour de Limoëlan à Sévignac, Guitté proche de Beaumont, portion n° 51, moitié de la parcelle dite de la Basse Cour