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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 13:02

 

 

Peu de maisons bretonnes ont leurs noms aussi souvent répétés dans l'histoire de la province que la maison de Dinan peu de familles, aussi, sont moins connues au point de vue généalogique; il est cependant indispensable, quand ce ne serait que pour classer méthodiquement les anciens titres, de savoir positivement dansquel ordre se succédèrent ces barons , et par quel point les branches se rattachent à la souche principale. Les sires de Dinan, depuis que l'on imprime des livres, sont invariablement décorés du titre de vicomtes: c'est une erreur si ancienne aujourd'hui, si répétée, qu'elle subsistera probablement encore après que j'en aurai établi la naïveté. J'aime à penser queles hommes sérieux voudront bien accepter le résultat de mes recherches, et que plus tard on renoncera définitivement à donnerun titre inutile à ces chevaliers. Aucun acte authentique , aucune charte, à ma connaissance ne parle d'un viconte de Dinan, tant que le fief de ce nom appartint en tout ou en partie à un descendant male de cette maison, les d'Avaugour eux-mêmes, successeurs de cette famille alliance des Dinan, ne prirent jamais cette qualification. Le premier personnage qui paraît comme  vicomte de Dinan me semble être Raoul, sire de la Bellière, dont je tacherai ,propos de la branche des Dinan-Montafilant, d'éclaircir la filiation : tous les possesseurs de la terre de la Bellière, jusqu'à la Révolution française, s'intitulèrent vicomtes de Dinan. Pour arriver, par une flatterie héraldique si commune au dernier siècle à illustrer la maison de la Bellière , on s'appuya sur ce que la famille de ce nom était issue d'une branche cadette des anciens Dinan, puis on allégua que, depuis le premier connu, tous les sires de Dinan étaient vicomtes. J'ai dit que celte seconde assertion était démentie par le silence unanime des chartes où figurent des Dinan on m'objectera qu'au XIe siècle on y voit figurer un Haimo de la famille dont je m'occupe et qualifié de vicecomesA cela je réponds que le titre de vicomte, à celte époque, indiquait en Bretagne une fonction parfaitement amovible, et non pas un titre féodal. il suffit de parcourir les colonnes de D. Morice pour reconnaître que cette foule (le vicomtes qui souscrivent les actes ne peuvent être que des lieutenants du comte chargés d'administrer en son nom une circonscription territoriale, ou de garder une place forte : Haimo fut de ce nombre, et ses fonctions, nullement héréditaires, ne passèrent pas à ses descendants Mais comment les La Bellière purent-ils avoir le titre de vicomtes de Dinan ? - Pour répondre à cette question, je fais remarquer, ce qui sera établi plus bas avec détails, qu'au Xl° siècle, le fief de Dinan était partagé entre le duc de Bretagne, le plus souvent appelé comte, et les descendants des anciens seigneurs. Il y avait donc deux fiefs distincts, celui du comte, qui était administré par son lieutenant ou vicomte; celui du seigneur, qui avait un sénéchal. Je crois que les premiers lieutenants ducaux furent pris parmi les sires de la Bellière, et que ceux-ci en conservèrent par la suite le titre honorifique, comme les Sanzay, par exemple, qui se disaient vicomtes héréditaires de Poitou

 

Au commencement du Xle siècle, le siége de Dol était occupé par l'archevêque Junkencus, qui a été maladroitement confondu par quelques personnes, avec Wicohenus, l'un de ses prédécesseurs s'il n'y avait pas ici une erreur, il faudrait supposer un épiscopat de près de 90 ans de durée. Junkeneus, dont les parents me sont inconnus appartenait,d'après les riches apanages qu'il conféra à ses frères, à une famille puissante du pays : il avait quatre frères, Haimo, Rivallon, Joscelin et Salomon. Dupaz leur donne un père du nom d'Haimo, dont je n'ai pu réussir à trouver nulle part de trace authentique.

 

Haimon vicomte, frère de Junkeneus, figure dans ta confirmation du prieuré de Liffré par Gautier, évêque de Rennes,ainsi que dans la donation de Guernidell, faite en faveur  de Redon, par l'archevêque de DoI. D'après la tradition, il se déclara pour le comte Eudes dans les démêlés que celui-ci eut avec son neveu, le comte Conan, et fut assiégé par ce dernier dans le château de Lehon. Haimo  ne paraît pas avoir laissé de postérité directe.

 

Rivallon ou Ruellan, surnommé «capra canuta», devint puissant, grâce aux biens que lui donna son frère Junkeneus : c'étaient les fiefs de douze chevaliers, le château de Combourg , une rente de 1000 sous sur Dol, plus une autre rente de 100 sous ainsi que les mangières de Plerguer. Rivallon est la tige des sires de Combourg, connus sous le nom de Dol, sans doute en   souvenir des droits que Junkeneus avait donnés dans celte ville à son frère. L'existence des prétendus comtes de Dol me semble, en effet, être aussi fabuleuse que celle des comtes de Lannion  là encore on a pris une désignation patronymique pour un titre féodal; je suis même convaincu que l'acte de fondation de St-Cyr de Rennes qui, suivant D. Morice , mentionne S. Rualendis domini Doli, doit être lu S. Rualendis de Dolo.

 

Joscelin, sire de Dinan, nous occupera bientôt.

 

Salomon, bâtard, considéré comme l'auteur de la maison Du-Guesclin, eut sa part dans la paroisse de Saint-Coulomb

 

Malgré les recherches de mes devanciers, qui se sont efforcés de donner à la ville de Dinan une antiquité reculée, je ne puis me décider à faire remonter au-delà du XIe siècle. Elle doit, selon moi, son origine aux habitations qui se groupèrent autour du «castrum» du frère de l'archevèque de Dol; je considère donc Joscelin, qui prit le premier le surnom de «Dinan», comme le fondateur de la ville. Tout au plus pourrait-on en reculer l'ancienneté de quelques années en attribuant la fondation du castrum au père encore inconnu de Joscelin et de Junkeneus. Ce qui pourrait favoriser cette conjecture, c'est que Dinan semble avoir été bien patrimonial, puisque Joscelin pas plus que Haimo ne participèrent aux donations faites par le prélat â ses autres frères.

 

Joscelin Ier de Dinan figure vers 1040 dans une charte de la duchesse Berthe relative à St-George de Rennes; en 1065 il donnait à St-Nicolas d'Angers sa part de la dîme de St-Pern, et son frère Rivallon «de Dol», sire de Combourg, en abandonnait l'autre portion. Je crois que sa femme se nommait Orguen, et que c'est de cette dame qu'il est question dans un acte de Geoffroi, petit-fils de Jos-celin, en ces termes: «deinde Goffredus de Dinan dedit sancto Florencio, et Willelmo abbati , et suis monachis , terram juxta pontem de Dinan in qua fuit virgultum Orguenne uxoris Goscelini» -Je ne connais à Joscelin Ier qu'un seul fils, Olivier.

 

Les archives de l'abbaye de St-Florent de Saumur nous fournissent deux mentions certaines d'Olivier Ier de Dinan : en effet, il est compté au nombre des bienfaiteurs du prieuré de St-Florent sous Dol, auquel, â la prière de l'abbé Guillaume de Dol ,son cousin, il donna la moitié de la sécherie de la Rance en St-Suliac. Cette libéralité fut complétée par l'abandon de l'autre moitié, consenti par Jean et par Gilduin de Dol, frères de l'abbé de St-Florent. Vers la même époque, Olivier figurait dans un jugement rendu à Rennes, sous le duc Geotfroi, en faveur du même monastère. Gana, sa femme, avait fondé un hôpital dans le cimetière St-Malo de Dinan : deux fils naquirent de son mariage, Geoffroi et Rivallon le Roux. Disons immédiatement quelques mots de Rivallon, qui n'est connu que par les titres du prieuré du Pont, ou de la Madeleine de Dinan. Il possédait la vallée de la Rance dans laquelle fut établi ce bénéfice , et le dota de la coutume des marchandises apportées par terre et par mer: il avait aussi en commun avec sort In pê-cherie de la Rance jusques aux moulins du prieuré de Lehon, ainsi qu'une vigne et un verger dans la même vallée et que je suppose avoir appartenu à son aïeule. Rivallon le Roux ne parait pas avoir eu de postérité.  

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Published by poudouvre
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