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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 15:28

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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 15:04

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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 05:37

Raoul III n'avait encore que cinq ans, lorsque la mort de son père le mit en possession des riches domaines qui formaient alors l'apanage de la maison de Fougères. La garde de sa personne et de ses biens fut confiée à Pierre de Dreux, duc de Bretagne, sous lequel il fit ses premières armes, à la bataille de Chateaubriand (1222). Ce ne fut pas sans de grandes difficultés que Raoul put sortir de l'étroite dépendance dans laquelle le retenait son tuteur. Comme celui-ci avait le plus grand intérêt à conserver le plus long-temps possible la garde des biens de son pupille, il refusait toujours de s'en dessaisir et alléguait sans cesse de nouveaux prétextes pour justifier sa conduite ; enfin, lorsque Raoul eut atteint l'âge de vingt quatre ans, il consentit à l'envoyer en possession ; mais, en retour, il exigea de lui 9,000 livres tournois pour droit de bail (30 mai 1229).Raoul eut bientôt une occasion de se venger de la mauvaise foi de son tuteur. Cette année-là même, Pierre ayant appelé les Anglais en Bretagne, le roi de France le fit condamner par la cour des pairs à la perte de son duché, et en exécution de cette sentence, il fit saisir tous les biens des seigneurs bretons qui se trouvaient dans son royaume. Quoique les nombreuses possessions de Raoul, en Normandie, se trouvassent comprises dans cette confiscation, il s'empressa d'aller trouver le roi à Athée, et lui rendit hommage pour toutes les terres qu'il tenait du duc de Bretagne.

 

 

 

Le monarque, reconnaissant de sa démarche, lui restitua toutes ses terres de Normandie,  pour lesquelles  Raoul lui rendit hommage, suivant la coutume de cette province. Le roi et le seigneur de Fougères conclurent dans celle entrevue un traité dont voici les principales clauses : Le seigneur de Fougères prit l'engagement de livrer son château au roi, qui pourrait y établir telle garnison qu'il lui plairait, et de lui fournir trente chevaliers que le monarque entretiendrait à ses frais jusqu'à la fin de la guerre ou jusqu'à la majorité du duc de Bretagne, avec la faculté d'en disposer comme bon lui semblerait. Le Roi, de son côté, prit l'engagement de ne faire aucun traité qui pût replacer le seigneur de Fougères dans la dépendance du roi d'Angleterre ou du duc de Bretagne , et de le secourir comme son vassal, s'il venait à être attaqué.par l'un ou l'autre de ces princes. Pour garantir la fidélité dosa promesse, Raoul accorda au roi l'hommage de tous les chevaliers de ses terres, lesquels devaient, en cas d'inexécution de quelques-unes des clauses du traité, rester auprès du Roi jusqu'à leur entier accomplissement. Le duc de Bretagne conçut un vif ressentiment de la défection de Raoul, et pour que rien ne pût en arrêter les effets, il jura de ne faire aucune paix avec lui, sans l'assentiment du vicomte de Rohan. Ce seigneur possédait toute la confiance du roi d'Angleterre, qui l'honorait d'une affection toute particulière, et Pierre pensait avec raison que nul plus que lui ne désirait l'humiliation et la ruine d'un vassal qui se montrait si hostile à la cause du monarque. Il marcha ensuite en toute hâte sur Fougères, surprit la garnison et s'empara du château; mais les troupes de France qui gardaient la ville le reprirent presqu'aussitôt, et, la trêve conclue à Saint-Aubin-du-Cormier, en suspendant les hostilités, força le duc de Bretagne d'ajourner ses projets de vengeance. Raoul profita de la paix pour contracter une alliance qui pût lui donner un appui, dans le cas où une nouvelle guerre viendrait fournir à Mauclerc l'occasion d'exécuter ses mauvais desseins contre lui. Il jeta les yeux sur Isabelle fille d'Amaury de Craon et de Sablé, qui lui apporta en dot 2000 livres tournois en deniers, et 350 livres de revenu annuel, qui furent assises sur les biens de la maison de Craon, à Agon, en Normandie, et à Châteauneuf sur Sarthe. L'an 1235, la veille de la Toussaint, Raoul fut reçu chevalier par le roi Saint-Louis lui même, avec tout le cérémonial usité.

 

 

Le 6 décembre de celte année, Isabelle accoucha d'un fils qui reçut au baptême le nom de Jean, et qui mourut le jour même de sa naissance. Raoul était alors occupé d'un procès considérable qui n'eut une solution définitive qu'en 1242. Eudon III, comte de Porhoet, étant mort en 1231, Raoul de Fougères , son petit-fils, Pierre de Chemillé et Olivier de Montauban, ses gendres, ainsi que Guy de Mauvoisin, son beau-frère, prétendirent également à son héritage (1235). Après de longs débats, qui ne furent suivis d'aucun résultat, Raoul et Guy de Mauvoisin convinrent de s'en rapporter, pour ce qui les concernait, à la décision du roi de France. Le monarque, ayant pris connaissance de l'affaire, prononça en faveur de Raoul, fils de l'aînée des filles d'Eudon, et envoya ce seigneur en possession de tous les biens contestés, à la charge de payer à Guy une somme de 2,500 livres tournois et une rente annuelle de 200 livres, qui serait assise sur les biens de la maison de Fougères en Normandie. Le 29 janvier 1253, Raoul maria sa fille unique Jeanne de Fougères, à Hugues XII de Lusignan, comte de la Marche. Le mariage fut célébré par Etienne de Châteaudun, abbé de Savigny, avec toute la pompe que comportait la haute position des deux conjoints. Raoul ne survécut que trois ans à cette cérémonie. Il mourut le 24 mars 1256, à l'âge de cinquante-deux ans, et fut inhumé, comme ses prédécesseurs, dans le cloître de l'abbaye de Savigny. En lui finit la maison de Fougères, après 266 ans d'existence.

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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 20:12

 

Seigneurs de la maison de Fougères proprement dite. (990—I207).

 

La plupart des historiens qui ont parlé de la maison de Fougères regardent Méen, son auteur, comme un puîné de la maison de Rennes. Nous n'hésitons pas à regarder comme erronée cette opinion, qui repose uniquement sur une fausse interprétation que l'on a donnée à la qualité de neveu de l'archevêque prise dans un acte par ce seigneur. On a supposé en effet que Junkeneus, frère de Juhel Béranger et oncle de Conan, occupait encore, en 990, le siège métropolitain, et on a conclu de là que Méen devait appartenir à la famille ducale. Le catalogue des évêques de Dol ne donne, il est vrai, un successeur à Junkeneus que dix ans plus tard ; mais il est évident qu'il y a une lacune dans ce catalogue. Le prélat dont Méen est dit être le neveu, et qui a signé l'acte dont il s'agit, est désigné ainsi que luis ous le nom de Méen ; or, quoique les actes de l'église de Dol ne fassent mention d'aucun pontife de ce nom, nous croyons qu'il est plus raisonnable do supposer une lacune dans ces actes, surtout lorsqu'un acte qui a tous les caractères de l'authenticité nous présente un nom pour la remplir, quo d'attribuer à un homme une existence qui dépasserait les limites quo la providence semble avoir assignées à la vie humaine. Telle eût cependant été la condition do Junkeneus, s'il eût encore vécu en 990, car un siècle tout entier s'était écoulé depuis la mort de Béranger, son père. Pour nous, nous renfermant dans les limites de la connaissance que nous donne l'histoire du premier seigneur de Fougères, nous nous garderons de rien hasarder sur ses ancêtres. Nous dirons seulement qu'il devait appartenir à une famille considérable du duché, puisque celte famille avait fourni un prélat à la métropole. Nous ne connaissons aucune particularité de la vie de Méen; son nom, ainsi que le nom de plusieurs de ses descendants, ne réveille aucun souvenir, et ils seraient tombés dans l'oubli où sont ensevelis tant d'autres noms qui n'ont pas reçu la consécration de la gloire, si les églises et les monastères, dont les seigneurs de Fougères se montrèrent toujours les généreux bienfaiteurs, ne nous les avaient conservés avec les actes de leur pieuse munificence. Méen eut pour successeur son fils Auffroy, vers l'an 1024. Ce seigneur fonda sur la hauteur où s'éleva plus tard l'abbaye do Rillé une première église qu'il consacra à Dieu sous le vocable de Sainte Marie. Il prit une part active à la guerre civile qui éclata en 1034 entre Alain, duc de Bretagne, et Eudon, comte de Penthièvre. Il suivit les drapeaux du duc, et combattit à la bataille de Lehon, qui termina la querelle. En 1027, il avait marié sa fille Ynoguen à Tristan de Vitré, et avait donné à son gendre toutes les paroisses du Vendelais situées au-delà du Coèsnon, qui depuis cette époque ont toujours dépendu de la seigneurie de Vitré : il s'était seulement réservé le droit de pêche sur les deux côtés de la rivière. Auffroy mourut vers l'an 1048, et laissa la terre de Fougères à Méen II, son fils. Celui-ci sembla prendre à tâche de surpasser son père et son aïeul par ses libéralités envers les églises et les monastères, qui reçurent des témoignages non équivoques de son zèle religieux. Il est généralement regardé comme le fondateur de la collégiale de Saint-Léonard, qu'il érigea vers 1090. Il mourut l'année suivante, ou tout au plus tard celle d'après, et fut inhumé dans l'église de Saint-Sauveur-des-Landes, où reposaient déjà deux de ses fils, Eudon et Juthel. Méen eut pour successeur Raoul, le second de ses fils, et le seul enfant qui lui restât. Ce jeune seigneur, qui avait été élevé à la cour d'Alain Fergent, duc de Bretagne, conserva toujours pour ce prince une vive affection : il l'accompagna lorsqu'il suivit le duc de Normandie dans son expédition en Angleterre, et combattit auprès de lui à la bataille d'Hasting (1066). Les services du jeune seigneur breton ne furent pas perdus pour la maison de Fougères. Le conquérant, pour le récompenser de son zèle, et se l'attacher par les liens de la vassalité, lui donna des possessions considérables, tant dans ses anciens que dans ses nouveaux domaines. Un grand nombre de paroisses de Normandie, limitrophes de la Bretagne, furent alors réunies au patrimoine de la maison de Fougères, qui devint par cela même vassale des ducs de Normandie. Raoul, de son côté, se montra tout dévoué au service do ses nouveaux maîtres. En 1106, il embrassa le parti d'Henri Ier contre Robert-courte-Cuisse, son frère, et conduisit à ce prince une troupe de Bretons, à la tête desquels il combattit à la bataille de Tinchebray, qui décida de la liberté et des prétentions du malheureux Robert. Ce fut là le dernier acte politique de sa vie : à partir de cette époque, il ne parut plus occupé que des intérêts de son âme, et les années se passèrent pour lui dans les exercices religieux, les pèlerinages et de pieuses fondations.

 

 

En 1110, après avoir assisté au concile de Nantes, il partit pour Rome, vit, en passant, la célèbre abbaye de Marmoutiers, et y consacra le souvenir de son séjour par le don de l'église de la Trinité, qu'avait fait bâtir sa mère dans le marché de la ville de Fougères. Do retour dans ses terres, il donna à saint Vital la forêt de Savigny pour y bâtir un monastère, et accompagna cette donation de largesses considérables qui lui méritèrent d'être nommé le père nourricier de cette abbaye. Il fit même construire tout auprès une maison dans laquelle il se retirait souvent pour se délasser des affaires et jouir des entretiens de saint Vital. Enfin, sentant sa fin approcher, il quitta tout-à-fait le monde, prit l'habit religieux à Savigny, et y mourut en 1122 . Guillaume et Raoul, ses deux fils aînés, l'ayant précédé dans la tombe, il eut pour successeur Méen III, que l'on avait surnommé Fransgallon. Ce jeune seigneur ne tarda pas lui-même à suivre son père : il tomba malade, quelques mois après, dans le cours d'un voyage qu'il avait entrepris pour visiter ses domaines d'Angleterre, et succomba à cette maladie. Son corps fut déposé dans l'église de Saint-Pierre de Winchester. La terre de Fougères passa alors à Henri, quatrième fils de Raoul. Le nouveau Seigneur, qui avait manifesté une vive opposition aux projets de saint Vital, lorsque ce saint anachorète était venu à la cour de son père solliciter l'autorisation d'établir son monastère dans la forêt do Savigny, n'eut rien tant à coeur que de faire oublier aux religieux la conduite qu'il avait tenue alors. Il assista en personne, et entouré d'un grand nombre de seigneurs, ses vassaux, à la dédicace de l'église de l'abbaye, qui eut lieu en 1124; et voulant laisser aux religieux un souvenir de sa munificence, il leur donna à cette occasion la seigneurie de Moidré et la terre de. Vers l'an 1137, Henri donna un asile dans ses terres à Robert de Vitré, qu'une révolte de ses sujets, fomentée par Conan, duc de Bretagne, avait chassé de sa ville. Il lui procura même le moyen de se venger de ses sujets, en mettant à sa disposition une petite troupe avec laquelle Robert pénétra dans le Vendelais, et fit quelques dégâts sur les terres de son ancienne baronnie. Mais les liens du sang et les égards dus au malheur furent moins puissants sur le coeur du seigneur de Fougères, que les caresses et les promesses de Conan. Celui-ci, voulant prévenir une alliance qui pourrait lui faire ombrage, fit offrir à Henri la terre de Gahard, avec une partie de la forêt de Rennes, s'il consentait à abandonner la cause de Robert : le seigneur de Fougères, séduit par ces offres, eut la lâcheté de sacrifier son parent et son ami, et l'obligea à quitter, avec sa famille, l'asile qu'il lui avait d'abord généreusement procuré. Cette coupable condescendance cimenta une étroite amitié entre Conan et Henri, qui devint dès lors un des conseillers les plus intimes du duc. Cependant, le seigneur de Fougères n'avait pas trouvé dans la satisfaction de ses désirs ambitieux le bonheur qu'il avait espéré, et il avait tourné vers le ciel tous ses voeux et ses espérances. L'exemple de son père, mort religieux à Savigny, était comme un aiguillon puissant qui le poussait à l'imiter et portait toutes ses pensées vers le cloître; mais Olive de Penthièvre, sa femme, ne négligeait aucun des moyens qui étaient en son pouvoir pour l'en détourner: les prières, les caresses et les larmes, étaient tour à tour mises en jeu pour ébranler la résolution de Henri. Enfin, cette dame, lasse de combattre et craignant de résister à une volonté si fortement arrêtée, céda à ses instances. Henri se démit alors de la seigneurie de Fougères, en faveur de son fils Raoul (1150); puis, après avoir réglé toutes ses affaires, il se retira à l'abbaye de Savigny, où il prit l'habit religieux. Son entrée dans le cloître fut, comme on n'en doute pas, l'occasion de magnifiques largesses qu'il fit à l'abbaye. A tous les dons qu'il lui avait déjà faits, il ajouta celui d'un moulin, d'un étang, d'une prairie, situés dans la ville de Fougères, de la mouture de tout un quartier de la ville, de la vigne qui en était voisine, de l'église du Loroux, déjà donnée par son père, mais dont il confirma la donation, et enfin celui de la forêt des Loges, avec toutes ses dépendances, sauf le quartier dit des Eperviers. Du reste, Henri ne jouit pas long-temps du repos qu'il s'était promis à l'ombre du sanctuaire; il mourut l'année suivante et fut inhumé dans le cloître de son abbaye, qui devint dès lors le lieu ordinaire de la sépulture des seigneurs de Fougères ). Raoul II prit part à la guerre civile qui éclata, en 1154, entro Conan, fils d'Alain, comte de Richemont, et Eudon, comto de Porhoët, au sujet de la possession du duché de Bretagne. Il fut du petit nombre des seigneurs qui suivirent les drapeaux d'Eudon, et servit ce prince avec beaucoup de zèle, dans le cours de la première campagne. Il combattit même pour lui à la bataille qui plaça un instant la couronne ducale sur sa tête, et força son rival d'aller chercher un asile et des secours à la cour du roi d'Angleterre. Mais l'année suivante, lorsque Conan reparut en Bretagne à la tête d'une armée anglaise, on le vit tout à coup, sans qu'on puisse se rendre compte des motifs qui déterminèrent sa conduite, embrasser le parti contraire et le servir avec la même ardeur qu'il avait montrée l'année précédente à le combattre. Dès le début de la campagne, il reçut l'armée anglaise dans sa ville de Fougères, assista dans ses rangs aux sièges de Hédé et de Montmuran, et marcha ensuite avec elle contre la ville de Rennes, dont la garnison capitula après un combat opiniâtre. Peu de temps après, ayant rencontré Eudon qui battait la campagne pour rallier les débris de son armée et lever de nouvelles troupes, il l'attaqua et le fit prisonnier. Des services aussi signalés, une capture aussi importante, valurent à Raoul toutes les bonnes grâces de Conan, qui le nomma grand-forestier do Bretagne, et attacha de grands avantages à cette charge, qu'il rendit héréditaire dans sa famille. Cependant, ni les faveurs de son souverain, ni les dignités dont il était revêtu, ne pouvaient faire oublier à Raoul les obligations qu'il avait à Eudon et l'amitié dont ce prince l'avait honoré aux jours de sa bonne fortune. Sensiblement touché des disgrâces de son ancien seigneur, et étouffant dans son coeur la crainte que pouvait lui inspirer le ressentiment de Conan, il lui rendit la liberté et lui procura les moyens de passer à la cour de Louis VII, qui occupait alors le trône de France. Vers le même temps, Jean de DoI, son beau-père, lui laissa en mourant la garde de sa jeune fille Iseult et de ses terres (1162). Raoul, craignant que Conan ne voulût se venger sur sa pupille de la haine que lui avait toujours portée son père, prit toutes les mesures que la prudence pouvait lui suggérer pour défendre ses domaines, dans le cas où Conan tenterait de s'en emparer. Il fit fortifier les châteaux de Dol et de Combourg, pourvut à leurs approvisionnements, et y établit de bonnes garnisons; puis, cédant aux pressantes sollicitations d'Eudon, qui n'avait cessé, dans sa retraite, de travaillera se créer de nouveaux partisans, il abandonna tout à coup le parti de Conan, repassa sous les drapeaux de Porhoet, et, étant entré sur les terres du duc, il y exerça de grands ravages (1164). Conan, menacé de nouveau, eut recours à son ancien protecteur. Richard du Hommet, connétable du roi en Normandie, reçut l'ordre de pénétrer en Bretagne; et, ayant réuni ses troupes à celles de Conan, il s'empara de Dol et do Combourg. Raoul ne se laissa point abattre par cet échec : trop faible pour tenir seul tête à un ennemi bien supérieur en forces, il songea à se créer des alliances qui le missent en mesure de recommencer les hostilités, et il manoeuvra avec tant d'adresse qu'il entraîna sous sa bannière un grand nombre de seigneurs bretons et manceaux, qui formèrent avec lui une alliance offensive et défensive (1165). Henri II, instruit du danger auquel allait être exposé son allié, se hâta de passer lui-même sur le continent, et se mit en devoir de tirer une vengeance éclatante de Raoul, qu'il regardait, à juste titre, comme l'âme du complot. L'armée anglaise souffrit beaucoup, avant d'arriver à Fougères; car Raoul, dans la prévision d'une guerre, avait fait couper tous les blés et les fourrages à plusieurs lieues à la ronde ; il avait fait rompre les chemins qui aboutissaient à sa ville ; il les avait remplis d'épines, de pieux et de chausses-trappes, et avait multiplié autant que possible les obstacles, pour entraver la marche des ennemis. Outre cela, la garnison, informée de leur approche, s'était mise en campagne et les harcelait sans cesse, jusqu'au moment où ils arrivèrent devant la ville et la sommèrent de se rendre. On était alors vers la mi-juin. La place, qui était abondamment pourvue de provisions et de munitions de toute espèce, ne voulut point entendre à une pareille sommation et les Anglais se disposèrent à en faire le siège. Ils éprouvèrent d'abord quelques échecs et virent, à plusieurs reprises, leurs travaux détruits par les assiégés, qui faisaient de fréquentes sorties dans lesquelles l'avantage leur restait quelquefois; mais enfin la fortune de l'Angleterre l'emporta : la ville, prise d'assaut, fut livrée au pillage et rasée par ordre de Henri (1166). Raoul, qui avait été assez heureux pour échapper au vainqueur, profita de son éloignement pour réparer les désastres de la guerre et relever les murs de son château.  Sur ces entrefaites fut conclu le traité de Montmirail (1169), qui rendit la paix à la Bretagne; mais sur la fin de l'année 1173, une rupture avant éclaté entre le roi d'Angleterre et ses fils, le monarque soupçonneux, dans la crainte que les seigneurs bretons ne s'attachassent à son fils Geoffroy, qui avait épousé l'héritière de Bretagne, et ne profitassent de cette occasion pour se soustraire à son obéissance, leur envoya l'ordre de se rendre auprès de sa personne. Le seigneur de Fougères fut du petit nombre de ceux qui refusèrent d'obéir : regardant cet ordre comme l'expression d'un sentiment de faiblesse de la part du roi, il se hâta de mettre la dernière main aux fortifications de sa ville, et aussitôt qu'elles furent achevées, il se déclara ouvertement contre lui. Son exemple trouva des imitateurs dans Harsculphe de Saint-Hilaire, Hugues, comte de Chester, Eudon, comte de Porhoët, et Guillaume Patri, qui réunirent leurs troupes aux siennes. Henri ne put contenir le ressentiment qu'excita en lui la nouvelle de cette défection. Il confia le soin de sa vengeance, dont le poids devait principalement retomber sur Raoul, à une troupe de routiers ou de Brabançons, qu'il envoya en Bretagne avec ordre de ne rien épargner sur leur passage. Ces mercenaires entrèrent sur les terres de Fougères, et, trop fidèles exécuteurs des ordres qui leur avaient été donnés, ils y mirent tout à feu et à sang. La grandeur du péril ne fit qu'exalter le courage de Raoul et de ses alliés. Le seigneur de Fougères, qui d'abord s'était tenu renfermé derrière ses murailles, et qui, par son inaction, avait inspiré une fausse confiance aux ennemis, profita habilement de cette disposition pour les attaquer. Il fondit tout-à-coup sur eux, surprit leurs bataillons en désordre et les força de se disperser, après leur avoir fait éprouver des pertes considérables. Puis, pour exercer de justes représailles des dégâts qu'ils avaient commis sur ses terres, il alla brûler les châteaux de Saint-James et du Teilleul. Henri, outré décolère, se mit en devoir de couper la retraite au seigneur de Fougères et songea à s'emparer de sa ville avant qu'il y fût rentré; mais Raoul,soupçonnant ses desseins, hâta son retour, et le roi se garda bien de se trouver sur son passage. Il se consola néanmoins de cet échec, par la richesse et la grandeur du butin qu'il emporta de son expédition. Raoul, dans la prévision d'une guerre, avait fait construire dans sa forêt un souterrain assez vaste pour contenir son mobilier le plus précieux et celui de ses vassaux. Il avait en outre donné l'ordre à ceux-ci de conduire dans le bois tous leurs bestiaux et leurs meubles, afin de les soustraire au pillage, dans le cas où l'ennemi viendrait une seconde fois à se rendre maître de la ville. Informés de l'approche de l'armée anglaise, les habitants de Fougères s'étaient mis en devoir de se conformer à cet ordre et déjà le convoi allait atteindre la forêt, lorsqu'il fut surpris par une troupe d'Anglais qui le pilla et se retira chargée de butin. Pendant que l'ennemi emportait ses richesses et ne paraissait occupé que du soin de les mettre en sûreté, Raoul ne restait pas inactif; il prenait le chemin de Combourg et de là se rendait à Dol. Arrivé devant ces deux places, il y pratiquait des intelligences, employait l'argent et les promesses pour gagnerles garnisons et finissaitpar arborer sa bannière sur ces murailles, à la place du drapeau de l'Angleterre ; mais c'était là le dernier terme des prospérités de Raoul, le dernier gage que devait lui donner la fortune à la veille de lo trahir. Henri, informé delà défection des garnisons de Dol et de Combourg, et craignant que leur exemple ne trouvât des imitateurs, envoya une seconde fois les Brabançons en Bretagne, pour contenir dans le devoir les populations qui pourraient être tentées de s'en écarter et y. ramener celles qui s'en étaient déjà éloignées. Raoul et ses alliés n'hésitèrent pas à marcher contre eux. Les deux armées se rencontrèrent le 20 août à une petite distance de Combourg et le combat s'engagea aussitôt; mais les Bretons ne purent soutenir le choc impétueux de leurs adversaires. Plus de 1500 des leurs restèrent sur la place et seize chevaliers, tombés entre les mains des Anglais, furent ensuite conduits à Pontorson. Raoul et le comte de Chester ne durent qu'à la vitesse de leurs chevaux d'échapper au sort de leurs compagnons; ils gagnèrent en toute hâte la tour de Dol, où ils s'enfermèrent avec quarante chevaliers qui étaient parvenus à se sauver avec eux. Il y furent bientôt investis par les Brabançons qui les avaient suivis de près. L'arrivée de Henri qui, à la première nouvelle de la victoire de Combourg, s'était empressé de venir en personne pour en recueillir les fruits, fit pousser les opérations du siège avec une ardeur incroyable. Au bout de quelques jours, la tour, battue par les machines anglaises, menaçait d'ensevelir les assiégés sous ses ruines. Ceux-ci durent donc renoncer à la défendre et en conséquence ils capitulèrent le 26 août Roger de Houveden nous a conservé les noms des chevaliers qui furent faits prisonniers, tant à la bataille de Combourg qu'à la prise de Dol. Parmi les premiers, on remarque Harsculphe do Saint-Hilaire et Raoul de Sens. Parmi les seconds, Raoul de Fougères, Guillaume et Juhcl, ses fils; Lcones de Poilley, Philippe de Landcvy, Hamelin d'Esné (peut-être d'Ernée), Guillaume de Goron, Juhel de Mayenne, Guillaume de Saint-Brice, Guillaume d'Orange, Guillaume du Châtellier, Robert le Bouteiller, Sowal de Bâzouges, Henri et Philippe de Saint-Hilaire, Robert de Bâzouges, Pbilippe de Louvigné, Henri des Gastincs, Henri de Saint-Élienne, Roger des Loges, etc. . Ils furent les uns et les autres conduits dans diverses forteresses, où ils demeurèrent renfermés jusqu'à la paix. Le seigneur de Fougères ayant obtenu sa liberté en laissant au roi ses deux fils pour otages, revint dans ses terres, où il se montra plus que jamais l'ennemi irréconciliable des Anglais. Accompagné de quelques amis aussi ardents et aussi intrépides que lui, il passa une année toute entière dans les bois, dont il ne sortait que pour faire des incursions sur les terres du parti contraire. Durant tout ce temps, il ne cessa de harceler les troupes anglaises et de leur faire autant de mal qu'il était en son pouvoir, sans qu'elles pussent jamais user de représailles envers lui ; car il leur échappait toujours par sa prodigieuse activité. Enfin la paix conclue entre Henri et ses enfants vint mettro un terme à sa vie errante et lui permit de rentrer dans sa ville (1173). Les grandes qualités de Raoul avaient été bien appréciées par Geoffroy, lors même qu'il était son ennemi. Aussi lorsque ce prince eut été reconnu duc de Bretagne, ne négligea-t-il aucun des moyens qui pouvaient lui attacher le seigneur de Fougères. Non content de lui restituer tous ses domaines et de rendre la liberté à ses fils, il lui accorda toute sa confiance et lui en donna le plus éclatant témoignage, en lui conférant la première dignité du duché, avec le titre et les fonctions de sénéchal de Bretagne. Raoul assista en 1185 à la célèbre assemblée connue sous le nom d'Assise au comte Geoffroy, dans laquelle furent réglées les successions des barons et des chevaliers. Geoffroy étant mort l'année suivante, il se montra un des plus zélés défenseurs des droits de la duchesse Constance contre les prétentions des rois Henri et Richard, qui réclamèrent successivement la garde des Etats et de la personne du jeune Arthur pendant sa minorité, et ce fut en partie à ses généreux efforts que cette princesse fut redevable de la conservation de ses droits de souveraine et de mère. Cette affaire terminée, Raoul se mit en devoir de réaliser un projet qu'il méditait depuis long-temps. Dès l'année 1163, il s'était croisé avec ses frères Frangal et Guillaume; mais il est plus que probable que la guerre qui s'alluma presqu'immédiatement après ne lui permit pas de donnersuite à cette démarche, et depuis vingt-cinq ans il n'avait pas trouvé l'occasion d'accomplir son voeu. Il profita donc du rétablissement de la paix pour prendre part à la croisade qui se préparait contre les infidèles et il partit avec Richard, roi d'Angleterre, André de Vitré et Juhel de Mayenne. Il assista au siège de Saint-Jean-d'Acre et ne revint en Bretagne que vers l'année 1193. Il renonça dès lors aux affaires publiques et se retira dans le château que Raoul 1er avait fait construire auprès de l'abbaye de Savigny. Ce fut dans cette retraitequ'il expira le 15 juin 1194. Son corps fut déposé dans le cloî- tre régulier de l'abbaye, devant le chapitre. A l'époque de la destruction de l'abbaye de Savigny, le tombeau de Raoul fut acheté par M. le comte de la Riboisière, qui l'a placé dans le parc de son château de Montorin, où on le voit encore aujourd'hui. Guillaume, fils aîné de Raoul, était mort depuis sept ans, lorsque ce seigneur lui-même descendit dans la tombe. La terre de Fougères passa en conséquence à un enfant du nom de Geoffroy, que Guillaume avait eu d'Agathe du Hommct, son épouse, et dont la garde fut confiée à Guillaume l'Angevin, son grand-oncle., Guillaume fut du nombre des seigneurs bretons qui, à la nouvelle de l'attentat commis par ordre de Richard, sur la personne de la duchesse Constance, se rendirent à Saint-Malo-de-Raignon et là, après avoir renouvelé leur serment de fidélité au jeune Arthur, arrêtèrent d'aller porter leurs plaintes au roi de France de la perfidie de son vassal (1196). Quand ensuite, pour toute réponse, Richard eut fait avancer ses troupes en Bretagne, Guillaume marcha contre elles à la tête des gens d'armes de la baronie de Fougères et contribua à la défaite qu'elles éprouvèrent près de Carhaix. Cinq ans plus tard (1203), Guillaume vit les terres de son neveu menacées d'une nouvelle invasion anglaise. Jcan-sans-Terre, après l'assassinat du jeune Arthur, étant entré en Bretagne à la tête d'une nombreuse armée, s'empara de Dol et ravagea les environs de Fougères, sans éprouver de résistance. Il aurait sans doute attaqué la ville elle-même, si le roi de France, qui faisait la guerre à ses sujets du continent, ne l'eût contraint de voler à leur secours. Guillaume, profitant de sa retraite se rendit à Vannes, où les États de la province venaient de se réunir et délibéraient sur les moyens de venger le meurtre d'Arthur L'année suivante (1204), Guillaume maria son neveu à Mahault ou Mathilde, fille d'Eudon, comte de Porhoët, alliance qui, faisant passer une partie des biens de cette riche maison dans celle de Fougères, rendit celle-ci une des plus puissantes de la Bretagne. Guillaume, en mariant son neveu, se réserva la jouissance du tiers de la terre de Fougères et le droit de disposer à perpétuité, soit en aumônes, soit à titre de gratification à ses serviteurs, d'une valeur de 100 livres, monnaie d'Anjou; mais après son mariage Guillaume refusa de ratifier les engagements qui avaiont été pris en son nom par Eudon, son beau-père, Geoffroy de Chateaubriand et Guillaume de la Guerche. Quatre années se passèrent en contestations ,après lesquelles Geoffroy consentit à laisser à son oncle la jouissance du Coglais et un revenu de 100 livres à prendre sur Marcillé et sur les terres les plus voisines de ce fief ou du Coglais. Mais Geoffroy ne tarda pas à regretter sa générosité envers son oncle, et il ne cessa de le troubler dans la possession de son apanage : alors l'un et l'autre consentirent à regarder comme non avenu le premier acte passé entre eux, et au lieu de Marcillé, Geoffroy proposa à son oncle, qui les accepta , 20 livres en fonds de terre sur les fiefs de Louvigné, avec le droit de prendre dans la foret tout le bois de chauffage ou de construction qui lui serait nécessaire; et pour que cet arrangement fût définitif, les deux parties le soumirent à l'approbation du roi de France, Philippe-Auguste, qui le revêtit de sa sanction ...Le seigneur de Fougères et son oncle prirent une part active à la guerre que Philippe-Auguste entreprit contre le roi d'Angleterre, pour le punir du meurtre du jeune Arthur, et combattirent dans les rangs de l'armée française, aux sièges de Loches et de Chinon (1205). Ce fut le dernier acte important de la vie de ces deux seigneurs, qui moururent l'un et l'autre dans le courant de l'année 1212. Ils furent inhumés dans le cloître de l'abbaye de Savigny (ci-dessous)

 

 

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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 20:02

 

La terre ou baronnie de Fougères se composa, dès le principe, de tout le territoire compris dans le Vendelais, le Coglais, le Désert et les châtellenies d'Antrain et de Bâzouges Elle avait, comme on voit, une étendue beaucoup plus considérable quo l'arrondissement qui l'a remplacée, puisqu'à l'exception de quelques communes du canton de Saint-Aubin-du-Cormier, elle comprenait toutes celles qui font aujourd'hui partie de notre arrondissement, et, en outre, un grand nombre qui sont entrés dans la formation des arrondissements de Vitré et de Saint-Malo. La baronnie de Fougères étant une des plus anciennes et des plus considérables de la province, donnait à son possesseur le droit d'assister aux conseils du duc, comme membre de son Parlement. Il suffit de jeter un coup-d'oeil sur nos annales pour se convaincre de la vé- rité de.notre assertion. Du XIe au XIIIe siècle, nous rencontrons peu d'actes émanés de nos souverains dans lesquels le concours des seigneurs de Fougères ne soit clairement exprimé. Nous bornant à une seule citation, nous rappellerons YAssise du comte Geoffroy, dans laquelle Raoul II figure, en première ligne, comme témoin de cette célèbre constitution. Et remarquons-le ici en passant, cette circonstance n'est pas la seule dans laquelle le seigneur de Fougères, en concurrence avec les autres barons de la province, semble avoir eu sur eux cette prérogative d'honneur. Cependant nous croyons qu'il y aurait plus que de la témérité à avancer, avec l'auteur de l'article Fougères, dans le Dictionnaire d'Ogée, que cette terre conférait à son possesseur le litre de premier pair ou premier baron de Bretagne, et le droit de présider ta noblesse aux Etats de la province. Il est bien certain, d'abord, que les historiens antérieurs au XVe siècle ne nous ont laissé aucun renseignement sur lerang que les barons pouvaient tenir entre eux avant cette époque, et les documents que l'on invoquerait, à l'appui d'un système sur leur hiérarchie, ne sont ni assez nombreux, ni assez explicites, pour qu'on en puisse déduire aucune conséquence. L'auteur cite, il est vrai, une charte d'Alain-le-Long, qui donne la préséance au seigneur de Fougères; mais la saine critique a depuis long-temps fait justice de cette pièce, évidemment apocryphe. On rechercherait encore aussi inutilement ces prétendues ordonnances dont parle le même auteur, et qui, selon lui, établirent l'alternative entre le seigneur de Fougères et celui de Vitré. Un vers latin, fait exprès pour la circonstance, et produit par le duc de Rohan, à l'occasion de ses débats avec le seigneur de Vitré, dans une tirade qui devait consacrer l'ordre établi entre les barons :

 

Vitrus cum Filetro alternantur ambo;

 

 

Ce vers seul est le seul titre sur lequel on puisse fonder une prérogative qui n'est d'ailleurs confirmée par aucun témoignage. On doit porterie même jugement sur le droit de présider la noblesse, que le même auteur attribue au seigneur de Fougères. En effet, jusqu'au commencement du XIVe siècle, le Parlement de Bretagne, composé uniquement des neuf prélats et des neufs barons de la province, ne dut avoir d'autre président que le duc lui-même. Il en dut être ainsi jusqu'en 1309, que le duc, ayant appelé pour la première fois les députés des villes, donna sans doute plus d'extension à l'ordre de la noblesse et du clergé. Alors seulement chaque ordre, devenu trop nombreux pour se réunir dans le même local et ayant des intérêts particuliers et souvent opposés, dut se réunir séparément et avoir un président pour régler ses délibérations et maintenir l'ordre pendant les séances; mais l'honneur de présider la noblesse ne put être attaché à la baronnie de Fougères, qui venait d'être confisquée par le roi de France, et qui, par conséquent, ne relevait plus que d'une manière nominale du duc de Bretagne, puisqu'elle était au pouvoir d'un prince dont il était lui-même le vassal...Si nous fouillons dans les annales de Bretagne, dans ce magnifique trésor où la patience et l'érudition des bénédictins ont rassemblé tant de richesses, nous voyons quo notre ville fut d'abord désignée sous les noms de Fulgerium, Castrum-Felicense, Filgerioe ou Fulgerioe, puis sous ceux de Fougières, Foulgèrcs, et enfin Fougères, qui parait avoir prévalu seulement depuis la fin du XVIe siècle. Or, ce nom de Fougères est-il autre chose que la traduction française des noms latins qui servaient auparavant à désigner notre ville; et ces noms latins eux-mêmes, que sont-ils, s'ils ne sont pas des formes diverses du mot Fulgerium ou Fulgeria, employé dans la basse latinité pour désigner la plante à laquelle nous donnons le nom do fougère? Mais essayons, s'il est possible, de découvrir la raison d'une dénomination dont nous connaissons maintenant le véritable sens, et voyons si elle ne serait pas comme un anneau symbolique qui relierait la baronnie de Fougères au comté de Rennes. L'acte de fondation du prieuré de Saint-Sauveur-des-Landes ne permet pas de douter qu'à la fin du Xe siècle, le nom de Rhedonensis ne s'appliquât encore à tout le comté de Rennes : notre pays était donc, par conséquent, Rhedonensis, si je puis m'exprimer ainsi, avant d'être Fulgeriensis ou Felicensis. Si donc il existe un rapport entre ces deux dénominations, et que nous soyons assez heureux pour le découvrir, la difficulté qui nous arrête aura reçu une solution aussi complète que satisfaisante Recherchons donc quel est le véritable sens de ce mot Rhedonensis, mot évidemment celtique, préexistant à la conquête des Gaules par les Romains, et revêtu seulement d'une draperie latine, mais trop transparente pour ne pas laisser apercevoir son origine étrangère, Bien que des autorités imposantes aient pensé que ce mot venait de red, marche ou course précipitée, nous ne saurions nous ranger à leur opinion. Il n'est guère dans les usages d'un peuple encore voisin de l'état de nature, d'aller emprunter ses dénominations aux arts de la guerre ou d'une civilisation à laquelle il n'est pas initié : chez lui, l'expression locale est presque toujours topographique , et rappelle la situation des lieux, leurs accidents ou leurs productions.Nous aimons mieux croire, avec M. Michelet, que Rennes veut dire aussi fougère.

 

 

Ce nom de Rhedones, nom du premier peuple qui occupa notre territoire, est évidemment le Raden, Redenou Rhedyn des anciens Celtes. L'un et l'autre, soit qu'on écrive Redones ou Rhedones, nous présentent des éléments si semblables, des caractères si rapprochés, qu'ils paraissent être identiquement les mêmes, soit qu'on les parle, soit qu'on les écrive. Nous retrouvons en effet dans l'un et dans l'autre les mêmes consonnes, c'est-à-dire tout ce qu'il y a de vital et de permanent dans l'expression. Les voyelles, il est vrai, ont subi quelque altération; mais n'oublions pas que dans toutes les langues, ces lettres constituent ce que l'on peut appeler l'élément périssable de la langue : elles se corrompent par la prononciation, et finissent quelquefois par disparaître entièrement, tandis quo les consonnes survivent et persistent, comme le squelette, par rapport aux chairs qui le recouvrent...Le seigneur de Fougères fut comme le fils aîné de la vieille cité celtique, qui, en se séparant de sa mère et venant prendre rang dans la société féodale, ne voulut pas rejeter un nom consacré par le temps et par de glorieux souvenirs; mais pour se conformer aux exigences de la société dans laquelle il entrait, il le rajeunit en lui donnant la forme nouvelle que comportait le génie de sa langue Telle est,selon nous, l'opinion la plus probable que l'on puisse émettre sur l'origine et le véritable sens du nom de Fougères; et la preuve la plus convaincante que, dès le principe, on lui donnait le sens que nous lui attribuons aujourd'hui, c'est qu'au XIIe siècle, lorsque le seigneur de Fougères eut à se créer un écusson et une bannière, il n'alla pas chercher pour leur décoration d'autres attributs que ceux qu'exprimait le nom de sa ville et de sa baronie : Trois branches de fougère de sinople mises en pal sur un fond d'or, devinrent le signe distinctif de sa maison, et ces armes parlantes, après avoir été celles de sa famille, sont encore aujourd'hui celles de la ville de Fougères. 

 

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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 06:16

I.

 

Autrefois, ô Bretagne chérie,-

Ton nom dans l'univers était vénéré.

Mélancolique,

Forte et solide

Tu étais sans égale

Sur la terre.

 

Hélas! aujourd'hui, ô mon pays,

Tu te rendors à nouveau.

O ! quel malheur '

O! quel chagrin !

Tu meures,

O Bretagne !

 

II.

 

Toi si libre jadis,

Pourquoi inclines tu le front?

Et toi 'si pauvre

Donnes-tu ton or

Au mauvais étranger

De France ?

 

III

 

Tu sais, bêlas! de la part de qui

Tu es aussi morfondu aujourd'hui

De méchants Français,

Tes ennemis,

Jusqu'à ton souvenir

Veulent détruire.

 

IV

 

En Arvor et en Argoed

(Sur le bord de la mer et dans la haute terre )

Les Bretons se corrompent.

Ils n'enseignent plus

A leurs enfants

Ni la langue ni les coutumes

De leurs pères.

 

V

 

En Arvor et en Argoed

Les Bretons faiblissent ;

Les guerres,

Ni les sones,

Ils ne savent plus chanter

 

VI

 

0 combien vous êtes coupables,

O parents pervers !

En Bretagne

Faire la guerre

Au breton,

Chose infâme !

 

 

O quand donc, ô mon Dieu,

Finira ma triste vie I

Pour moi la mort

Sera moins amère

Que de voir mourir

La Bretagne.

 

Efflam Koed-Skau

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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 18:42

 

 

Sur la fin de l'onziéme siécle, Alain Fergent Duc de Bretagne ayant fait faire une Enqueste solemnelle des Rangs que les Grands de son, Estat avoient eu de toute ancienneté dans les Parlemens & Assemblées generales du Pays, il se trouva que les Vicomtes de Leon & de Rohan y avoient toujours eu des plus hauts Rangs, & qu'ils estoient Princes du Sang Royal de Bretagne. Eudon, Vicomte de Porhoet, fut Duc de Bretagne ayant épousé Berthe fílle unique & heritiere de Conan troisième Duc de Bretagne : Il mourut l'an 1180. Alain premier Vicomte de Rohan est qualifié Prince, & illustre, dans l'acte de fondation du Prieuré Nôtre-Dame de la Coüarde, avant l'année 1120, & sa femme, qui estoit fille d'Alphonse Roy de Castille, y est nommée Villana. Alain Vicomte de Rohan, épousa Constance de Bretagne Soeur unique de Conan quatriéme du nom Duc de Bretagne, & petite fille de Matilde d'Angleterre, lesquels Alain & Constance fondèrent l'Abbaye de Bon-Repos dans la Vicomté de Rohan l'An 1184. & d'eux sont issus tous les Vicomtes & Ducs de Rohan qui ont esté depuis, jusques à Henry II. du nom decedé l'an 1638. les Seigneurs de Montauban, & les Seigneurs de Guemené. Dans le premier volume de l'Histoire des Guerres France & d'Angleterre, écrit par Jean Froissart il y a prés de trois cens ans, le Vicomte de Rohan est qualifié Prince, & il y est nommé comme l'un des plus confiderables entre ceux qui furent presens, lors que le Roy Philippes de Valois adjugea la Duché de Bretagne à Charles de Blois son Neveu, par Arrest donné à Conflans le septième Septembre 1341. Adonc (dit Froiffart) Monseigneur Charles s'enclina contre le Roy son Oncle, en le remerciant moult grandement, & tantost pria le Duc de Normandie son Cousin, le Comte d'Alençon son Oncle, le Duc de Bourgogne, le Comte de Blois son Frere, le Duc de Bourbon, Monseigneur Louis d'Espagne, Monseigneur Jacques de Bourbon, le Comte d'Eu pour lors Connestable de France, le Comte de Guynes son fils, le Vicomte de Rohan, & tous les autres Princes & Barons qui là estoient, qui tous luy dirent qu'ils iroient volontiers avec luy, à leur Seigneur le Duc de Normandie, chacun à tout tant de Gendarmes comme il pourroit avoir. Jean Vicomte de Rohan aprés la mort de Jeanne heritiere & Vicomtesse de Leon sa premiere femme, de laquelle il avoit deux fils & une fille, épousa lan 1377. Jeanne de Navarre fille de Philippes d'Evreux & de Jeanne de France Roy & Reyne de Navarre; la quelle Jeanne de Navarre avoit trois Soeurs, Blanche mariée à Philippes de Valois Roy de France, Marie à Pierre IV. du nom Roy d'Arragon, & Agnes à Gaston Phoebus III, du nom Comte de Foix. Et dans l'Histoire de Navarre écrite en Espagnol par Dom Charles Infant de Navarre, continuée par un Evêque de Pampelonne, de la Maison du Maréchal de Peralte, & traduite par Cayet, il est dit parlant de ce Mariage, que le Vicomte de Rohan estoit Prince né du droit estoc des anciens Rois de Bretagne. Du premier Mariage dudit Jean Vicomte de Rohan avec ladite Jeanne heritiere & Vicomtesse de Leon, nasquirent Alain Vicomte de Rohan & de Leon, Edoüard de Rohan, & Jeanne de Rohan, laquelle Jeanne de Rohan fut mariée l'an 1574. à Robert d'Alençon Comte du Perche, fils de Charles de Valois Comte d'Alençon, frere du Roy Philippes de Valois. Et du second mariage dudit Jean Vicomte de Rohan avec ladite Jeanne de Navarre, est venu Charles de Rohan Seigneur de Guemené, duquel font issus les Seigneurs & Princes de Guemené, les Ducs de Montbazon, les Seigneurs de Gié, & depuis six-vingts ans les Vicomtes & Ducs de Rohan. Guillaume Sire de Montauban , épousa l'an 1414. Bonne Viscomti Princese de Milan de laquelle il eût un fils nommé Jean, qui n'eût qu'une fille mariée à Louis de Rohan premier du nom Seigneur de Guemené, dont Monsieur & Madame Prince & Princesse de Guemené sont issus. En l'année 1419. Jean Duc de Bretagne , Artus & Richard de Bretagne ses freres estans prisonniers, Alain Vicomte de Rohan, comme Prince de l'ancienne Maison Royale de Bretagne, fut déclaré Lieutenant general de l'Estat, par le consentement universel des Bretons, Alain Vicomtei de Rohan, petit Fils du Vicomte Jean & de Jeanne Vicomtesse de Leon sa premiere femme, épousa Marguerite de Bretagne fille de Jean surnommé le Vaillant & le Conquerant, Duc de Bretagne, & de Jeanne de Navarre fille de Charles II. du Nom Roy de Navarre & de Jeanne de France, laquelle Jeanne de Navarre fut depuis Reyne d'Angleterre. Ce Vicomte Alain eut deux filles de Marguerite de Bretagne sa femme, l'une appellée Marguerite qui épousa Jean d'Orleans Comte d'Angoulême petit Fils de France, Ayeul du Roy François. l'autre appellée Catherine & qui épousa Jean d'Albret Vicomte de Tartas, & fut Mere du grand Alain Sire d'Albret Pere de Jean Roy de Navarre Ayeul du Roy, Henry quatriéme. Le mesme Vicomte de Rohan se maria en secondes nopces avec Marie de Lorraine fille d'Antoine Comte de Vaudemont; Pere de Ferry Duc de Lorraine. Jean Vicomte de Rohan fils d'Alain & de sa seconde femme Marie de Lorraine, épousa l'an 1461. Marie de Bretagne seconde fille de François premier du nom Duc de Bretagne, & d'Isabel d'Escosse fille de Jacques premier du nom Roy d'Escosse. Ce Mariage, aussi bien que celuy de Marguerite, soeur aisnée de ladite Marie avec François second dernier Duc de Bretagne, & pere de la Reine Anne , avoient esté ordonnez par ledit Duc François premier, dés l'an 1450. & les contracts en avoient esté faits, & approuvez par les Estats du Pays cinq ans aprés, dont l'Autheur des anciennes Chroniques de Bretagne rapporte la cause en ces termes, parlant du Vicomte de Rohan : Car c'est luy qui plus droitement de toute ancienneté est issu de la ligne Royale de Bretagne : Et Messieurs de Sainte Marthe disent, Le Duc François premier voulut par son Testament que ses deux filles uniques fussent mariées aux deux plus proches Princes du Sang de Bretagne. En l'année 1535. René premier du nom Vicomte de Rohan, fils de Pierre de Rohan Baron de Frontenay, & d'Anne de Rohan (qui fut heritiere & vicomtesse de Rohan aprés Jacques & Claude ses freres, morts sans enfans, l'un en 1527. l'autre en 1540.) épousa Isabeau de Navarre fille de Jean d'Albret & de Catherine de Foix Roy & Reyne de Navarre. Et le Pere Joseph Texera Portugais en son Histoire genealogique qu'il presenta au Roy Henry IV. L'an 1590. parlant de ce Mariage, dit, Isabeau mariée à Monsieur de Rohan Prince de la Maison de Bretagne. A la ceremonie de l'entrée du Roy Henry second à Paris l'an 1549. ledit René Vicomte de Rohan est appellé Prince, il y eut rang & y marcha en cette qualité. Et en l'an 1551. ayant esté tué dans un combat proche de Mets, François de Rabutin qui vivoit alors, dit, Ce fut un fort grand dommage de la perte de ce Prince qui estoit de la Maison de Bretagne : Guillaume Paradin l'appelle, Monsieur de Rohan Prince Breton : Et l'Autheur des Annales d'Aquitaine , Monsìeur le Prince de Rohan Breton. Dans une Transaction faite le 14. juillet 1581, entre le Roy Henry IV. & René deuxiéme du nom Vicomte de Rohan, fils dudit René premier du nom Vicomte de Rohan, & de ladite Isabeau de Navarre, sont ces mots, Ont esté presens tres Haut, tres-Puissant et tres Illustre Henry par la grace de Dieu Roy de Navarre, estant de present en ce lieu des essarts, d'une part ; & tres Haus & tres-Puissant Prince René Vicomte de Rohan, &c. lesquels assistez des Gens de leur Confeil, &c. Monsieur le President de Thou rapporte qu'en l'année 1589. aprés la mort du Roy Henry III. son successeur Henry IV. ayant esté reconu Roy de France, par quantité de Princes & de Grands qui estoient dans son Armées il en fut passé un Acte solemnel qui fut signé dans cet ordre. Premierement, Le Roy & puis aprés, François de Bourbon Prince de Conty, François de Bourbon Duc de Montpensier, Henry d'Orleans Duc de Longueville, François de Luxembourg Duc de Pinay, Louis de Rohan Duc de Montbazon, Armand de Biron & Jean d'Aumont Maréchaux de France & autres. Il ajoute que plusieurs Seigneurs qui estoient presens & qui approuvoient fort ce qui se passoit, ne voulurent pas neanmoins signer l'Acte, craignans de faire préjudice à leur rang & à leur prerogative, & qu'entre ceux là fut Jean Louis de Nogaret Duc d'Espernon, qui comme Duc Pair pretendoit signer avant les Maréchaux de Biron & d'Aumont, lesquels soûtenoient au contraire, qu'estans les Chefs de l'Armée où l'Acte estoit fait, ils devoient signer immediatement aprés les Maisons de Princes : Ce qu'ils obtinrent. Monsienr d'Espernon estoit plus ancien Duc & Pair que Messieurs de Luxembourg & de Montbazon. Cependant il paroit par ce que dit Monsieur de Thou, qu'ils ne faisaient pas de difficulté de signer aprés eux En l'an 1594. au festin royal fait le jour du Couronnement du Roy Henry IV. à Chartres, la Vicomtesse de Rohan preceda la Duchesse de Retz, dont le mary avoit servy à la Ceremonie du Sacre, comme Pair & representant le Comte de Flandres.

 

André Chedeville et Noël-Yves Tonnerre évoque le personnage considéré comme aïeul de la famille de Rohan, "la Bretagne féodale XIe-XIIIe siècle). Sous Conan IV de Bretagne un certain Eudes détenait la charge vicomtale au sein du comté Rennais, toutefois le dit Eudes se mettait dans la fidélité de Geoffroy Grisegonelle duc d'Anjou. N'ayant pas eut d'héritier direct, à sa mort sa charge ainsi que toutes ses possessions bretonnes furent reprises par le duc Geoffroy Ier, puis elles furent confiées à l'un de ses fidèles : Guéthenoc, dont le patrimoine familiale se trouvait au sud du Poutrocoët. C'est lui l'aïeul de la Maison de Rohan, donné fils de Juthaël, lui même fils de Conan Ier Le Tort duc de Bretagne. Gauzlin, fils de Guéthenoc fut à l'orgine du château et de la ville de Josselin. Le dit Guethenoc disposait d'une défense castrale : château Trô en l'actuelle localité de Guillers. Le nom de Guéthenoc nom apparaît dans une charte de Redon datée de l'an 1008 :

 

 

Florente adhuc mundo et fide vigente vir quidam multe nobililatis Ann. et sagacitatis, Guethenocus, vicechomes de castello Thro, cogilans ipsum castellum de suo loco mutare, audivit omnem plantacionem quam non plantat pater caelestis esse eradicandam. Divino spiritu instinctus, adiit rothonense Christi cenobium quod regionis hujus oblinet principatum consulens fratres qua die et qua hora et super quod fundamentum castellum suum edificare deberet. At illi Christum omnium bonorum fundamentum esse dixerunt, et quicquid super hoc fundatum est cadere non posse. Quo audito, venerabilis proconsul honoravit sanctum locum digno honore; nam, apposita altari Salvatoris tabula argentea eleganter deaurata, commendavit semetipsum et omnia sua orationibus fratrum peciitque ab eis corpus suum, dum vita excederet, et heredum suorum, sicut mos erat Britannie nobilium, in eodem loco sepeliri. Castellum etiam aedificandum Christo Domino et ejus ecclesia rothonensi subjugavit, et censum, id est, quinque solidos unoquoque anno, monachis de eo reddi constituit. Vovit quoque ut, si aliquando castellum ita amplificaretur quod cella monachorum in eo posset construi, nulli alii aecclesia daretur nisi ecclesie Salvatoris. Quod obstinata maledictionis sentencia contestatus est ne quis ex progenie sua scienter violare presumeret. Facta sunt autem in aecclesia Salvatoris teste Deo et omnibus sanctis sequenti vero die dominica, hora prima, figens palum in castello edificando, ut mos est, capellam in honore Sancti Salvatoris fundavit, et supradicta omnia coram omnibus hominibus suis qui aderant confirmavit.

 

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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 14:01

 

 

Alain, de Porhoët, troisième fils d'Eudon Ier, comte de Porhoët, fut le premier seigneur de Rohan, la tige de l'illustre maison de ce nom. Cet Alain mourut en 1128. Dès l'origine, la vicomté de Rohan semble avoir eu l'étendue que lui donnent plus tard positivement les aveux détaillés qui nous en restent, et dont les plus anciens datent du XVe siècle. En effet, la notice de fondation du prieuré de la Couarde (D. Morice, Pr. I, 552 et 553; Cartul. Roton. Ms., fol. limin. v°) et une charte de l'abbaye de Marmoutier (D. Morice, Ibid., 554) mentionnent formellement, parmi les possessions de cet Alain Ier, fils d'Eudon de Porhoët, Rohan, Credin, Châteaunoix ou Castennec, Bieuzi, Metrand, Guern, Perret. Et par les titres de la fondation de l'abbaye de Bonrepos, en 1184, nous voyons encore que les domaines d'Alain III de Rohan, petit-fils d'Alain Ier, comprenaient, entre autres, Pontivi, Saint-Aignan ou Saint-Ignan (ecclesia sancti Inuani. D. Morjce a imprimé par erreur sancti Junani, qui ne se rapporte à aucune localité), la forêt de Quénécan (Kenescam), Gouarec, Rosquelfen, Merléac, Plussulien, Corlé, etc. (Voy. D. Morice, Pr.I, 697 et 724, 725.) Sans plus nous arrêter à ces recherches, qui n'amèneraient aucun résultat suffisamment complet, nous allons donner ici la nomenclature des paroisses comprises dans la vicomté de Rohan, à l'époque la plus ancienne où nous en pouvons connaître l'étendue avec certitude. Mes sources sont : le Mémoire du vicomte de Rohan pour la préséance aux États de Bretagne, rédigé en 1479 et imprimé au t. Il de l'Histoire de Bretagne de Morice et Taillandier ; l'aveu de la vicomté de Rohan, de 1471 ; celui de la châtellenie de Corlé, de 1576, et un autre de même date de la principauté de Guémené, enfin les deux aveux du duché de Rohan, de 1639 et de 1682. Tous ces documents, sauf le Mémoire, sont inédits et font actuellement partie du fonds de la Chambre des comptes de Bretagne, aux archives départementales de la Loire-Inférieure. La première résidence d'Alain Ier, tige des Rohan, fut Châteaunoix; aussi est-il intitulé vicomte de Châteaunoit (Vicecomes Castri Noici) dans la notice de fondation du prieuré de la Couarde. Dans les dernières années de sa vie, Alain Ier fit construire le château de Rohan (voy. D. Morice, Pr. I, 554), qui donna son nom à la seigneurie et en demeura longtemps le chef-lieu ; toutefois, au XVe siècle, et d'après l'aveu de 1471, il semble que Pontivi était déjà la capitale effective ; privilège qui lui fut officiellement confirmé, depuis l'érection de Rohan en duché, en l'an 1603, puisque les divers siéges de juridiction du nouveau duché relevaient tous en appel de celui de Pontivi. Suivant l'aveu de 1471, la vicomté de Rohan était divisée en trois membres : 1° La seigneurie proprement ditede Rohan, que j'appellerai, pour faire court, châtellenie de Rohan ; 2° la châtellenie de Gouarec ; 3° la châtellenie de Corlé.

 

1° La châtellenie de Rohan comprenant 46 trèves ou paroisses, dont voici le dénombrement, en allant du Nord au Sud et de proche en proche : 1. Mur ; 2. Saint-Guen , trève de Mur ; 3. Saint-Connec, id. ; 4. Saint-Caradec ;5. Saint-Gonneri ; 6. Croixanvec ; 7. Neuilliac ; 8. Kergrist , trève de Neuilliac ; 9. Hémonstoir, id. ; 10. Cleguerec (la partie Sud seulement) ; 11. Séglien (moins sa trève de Lichernin ou Lescharlin qui était en Guémené) ; 12. Malguenac ; 13. Stival, trève de Malguenac ; 14. Guern ; 15. Pontivi ; 16. Noyal-Pontivi ; 17. Saint-Geran, trève de Noyal-Pontivi ; 18. Guettas, id. ; 19. Kerfourn, id. ; 20. Saint-Thuriau , id. ; 21. Saint-Gouvri ; 22. Saint-Samson sur l'Oust (les villages les plus voisins de Rohan) ; 23. Rohan ; 24. Credin ; 25. Ptengriffet ; 26. Reguini ; 27. Radenac ; 28. Saint-Fiacre, trève de Radenac ; 29. Naizin ; 30. Moustoir-Remungol ; 31. Plumeliau ; 32. Bieuzi ou Buzy ; 33. Castennec ou Châteaunoix, trève de Bieuzi ; 34. Melrand ; 35. Baud 36. Guénin ; 37. Remungol ; 38, Moréac ; 39. Locminé ou Moustoir-Locminé ; 40. Saint- Allouestre 41. Buléon , trève de Saint-Allouestre, selon l'ancien Ogée ; 42. Hignan ;43. Saint-Jean-Brevelay (la partie Nord-Est seulement) ; 44. Moustoirac ;45. Plnmelin ; 46. Camors. La forêt de Loudéac, quoique enclavée dans le comté de Porhoët, était aussi regardée comme faisant partie de la châtellenie de Rohan, suivant l'aveu de 1471. Mais je ne note ici ce fait que pour mémoire : car cette forêt, comprise originairement dans le comté de Porhoet, n'en avait été distraite qu'au XIIIe siècle, par suite de partages.

 

2° La châtellenie de Gouarec, deuxième membre de la vicomté de Rohan, s'étendait sur treize paroisses ou trêves, savoir : 1. Plourai ; 2. Mellionec 3. Plouguernevel ; 4. Saint-Gilles, trève de Plouguernevel ; 5. Gouarec, id. ; 6. Plelauf, nommé Pellan ou Pellau dans les aveux du XVIIe siècle ; 7. Lescouët ; 8. Penret ou Perret, trève de Silflac ; 9. Sainte-Brigitte, trève de Cleguerec ; 10. Silfiac ; 11. Cleguerec (la partie Nord seulement) ; 12. Saint-Ignan ou Saint-Aignan, trève de Cleguerec ; 13. Saint-Caradec-Tregomel, enclavée dans la seigneurie de Guémené. La résidence seigneuriale du vicomte de Rohan, dans la châtellenie de Gouarec, était le manoir de Penret, aussi appelé les Salles de Penret, et plus simplement le château des Salles, sur la lisière de la forêt de Quénécan, en Sainte- Brigitte.

 

 

3° La châtellenie de Corlé ou Corlai, troisième membre de la vicomté, comprenait 12 paroisses ou trèves, savoir : 1. Corlé ; 2. Saint-Martin-des-Prés ; 3. Merléac ; 4. Le Quilio, trève de Merléac ; 5. Saint-Mayeuc ; 6. Saint-Gilles-Vieux-Marché, trève de Saint-Mayeuc ; 7. Caurel. id. ; 8. Laniscat ; 9. Saint-Guelven, trêve de Laniscat ; 10. Bosquelfen, id. ; 11. Saint-Igeau, id. 12. Plussulien.

 

 

La résidence seigneuriale du vicomte de Rohan en cette châtellenie était le château de Corlé. En réunissant les paroisses et trèves comprises dans les trois membres de la vicomté, on arriverait au chiffre total de 71, que l'on doit réduire à 70, puisque, dans la nomenclature qi précède, la paroisse de Cleguerec est employée deux fois, savoir : une première fois pour sa partie Sud dans la châtellenie de Rohan (n° 10), et une autre fois pour sa partie Nord dans celle de Gouarec sous le n° 11. Ainsi, en 1471 la vicomté de Rohan comprenait 70 paroisses ou trèves. Cependant, d'après l'art. 38 du Mémoire de 1479 pour la préséance, la vicomté se serait étendue sur 112 paroisses, dont on ne nous donne point d'ailleurs la nomenclature. Entre cette assertion, qui n'est soutenue d'aucune preuve, entre l'autorité du Mémoire et celle des aveux il n'y a point à hésiter. Les aveux ayant été reçus à la chambre des comptes sont des documents officiels et authentiques; le Mémoire est simplement un factum, un plaidoyer élogieux en faveur de la puissance et de l'illustration de la maison de Rohan; rien d'étonnant qu'on y trouve quelques exagérations. Au reste, le chiffre de 70 paroisses, en place de 112, est encore fort respectable. Telle était la vicomté de Rohan en 1471. Mais plusieurs sont presque tous, je crois, postérieurs à la date susdite, en avaient dès le commencement du XVIIe siècle réduit notablement l'étendue. 1° La châtellenie de Corlé tout entière, avec ses douze paroisses, fut, dans le cours du XVIe siècle ou sur la fin du XVe, distraite de la vicomté de Rohan en faveur de la branche de Rohan-Guémené, ainsi qu'on le voit dans l'aveu rendu au roi en 1576. 2° De la châtellenie de Gouarec on détacha de même, en faveur des Rohan-Guémené, les quatre paroisses de Saint-Caradec-Trégomel, Plouray, Mellionec et Plouguernevel (presque en entier), lesquelles furent annexées à la seigneurie ou principauté de Guémené, comme on le voit par l'aveu de 1576, où l'on trouve encore, parmi les dépendances de Guémené, une grande partie des paroisses de Lescouët ct de Silliac, qui avait dû être démembrée en même temps de la châtellenie de Gouarec. Outre ces deux grands démembrements pris sur la partie Nord-Ouest de la vicomté, les cinq seigneuries suivantes furent démembrées, au Sud, de la châtellenie deRohan, telle qu'on l'a décrite plus haut; c'étaient :3° La châtellenie de Pleugriffet, contenant tonte la paroisse de ce nom.était situé en Naizin, et dont les principales pièces ou dépendances se trouvaient dans les paroisses de Naizin, Noyal-Pontivi, Pluméliau, Remungol, Monstoirac, etc. 5° La seigneurie de Kergrois qui avait son château en Remungol, et ses principales pièces en Moréac, Plumelin, Guénin, Remungol et Moustoir-Remungol. 6° La châtellenie de Baud, comprenant les paroisses de Melrand et de Baud en entier, et en grande partie Guénin, Plumelin et Locminé. 7° La seigneurie de Kerveno, qui s'étendait sur une grande partie de la paroisse de Pluméliau. Les cinq dernières seigneuries, démembrées de Rohan, dont on vient de parler, comprenaient en totalité les paroisses de Pleugriffet, Remungol, Plumelin, Guénin , Baud, Metrand, et une grande partie de Moustoirac, Locminé, Moréac, Naizin, Moustoir-Remungol et Pluméliau. Ces divers démembrements restreignirent sensiblement les bornes primitives de la vicomté; aussi, en l'an 1603, lors de l'érection de Rohan en duché, on trouva que cette seigneurie ainsi réduite n'était plus en état de soutenir convenablement son nouveau titre ; on l'agrandit en y annexant la châtellenie de La Chèze, qui fut distraite, à cet effet, du comté de Porhoët, et comprenait, ainsi qu'on l'a vu ailleurs, 21 paroisses. Il faut donc se garder de confondre le duché de Rohan avec l'ancienne vicomté de ce nom, dont la circonscription , comme on l'a vu, différait essentiellement. En raison de son étendue, la vicomté de Rohan avait dû être partagée ab antiquo en plusieurs ressorts de juridiction, dont les siéges, suivant le Mémoire de 1479 (art. 38), étaient à Corlé pour la châtellenie de Corlé, à Loudéac pour la forêt de Loudéac et le territoire en dépendant, à Gouarec pour la châtellenie de Gouarec, à Baud pour une petite partie de la châtellenie de Rohan, et enfin à Pontivi pour tout le reste de cette même châtellenie. Il n'y avait point alors de siége de juridiction à Rohan ; seule ment un juge de la Cour de Pontivi y allait tenir audience une fois la semaine , ce qui dura jusqu'à l'érection de Rohan en duché. Au XVIIe siècle, les aveux de 1639 et de 1682 nous font connaître un état de choses assez différent. Par suite des démembrements ci-dessus indiqués, les juridictions de Corlé et de Baud ne dépendaient plus de la terre de Rohan ; et le nouveau duché, en y comprenant, bien entendu, la châtellenie de La Chèze, se trouvait divisé entre six juridictions, savoir : La Chèze, Loudéac, La Trinité dans l'ancienne châtellenie de La Chèze ; et dans ce qui restait de l'ancienne vicomté de Rohan : Gouarec, Rohan et Pontivi. Ce dernier siége était de plus tribunal d'appel, an premier degré, à l'égard des cinq autres. 

 

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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 12:47

 

 

Carte du Porhoët d'après document Wikipedia

 

Peu de noms se rencontrent aussi souvent dans notre histoire que ceux de Porhoët et de Rohan. Et cependant, si l'on a besoin de connaître l'étendue géographique de ces deux grandes seigneuries, c'est en vain qu'on feuilletera tout ce qui a été imprimé sur la Bretagne, on n'y trouvera rien de satisfaisant pour la préséance aux Etats de Bretagne, composé en 1479, imprimé au t. II de l'Histoire de Bretagne de Morice et Taillandier, et qui renferme, à côté de beaucoup de détails curieux, plusieurs inexactitudes. Ce nom de Porhoët Pou-tre-Coët ou Pou-tro-Coët (Pagus trans Sylvam ou Pagus circa Sylvam), appliqué depuis le VIe siècle à un grand canton renfermant et entourant de toutes parts la forêt de Brekilien ou Brecilien, si célèbre dans les romans du moyen âge sous le nom de Brocéliande. J'ai recherché les limites anciennes du Poutrocoët dans le chap. II dema Géographie historique de Bretagne avant le XIe siècle (voy. Bullet. Archéol. de l'Assoc. Bret., t. III.). Aux IXe et Xe siècles, le Poutrocoët parait avoir fait partie du domaine proche des souverains de Bretagne. Au commencement du XIe ou vers la fin du Xe, les comtes de Rennes, qui en étaient alors possesseurs, y taillèrent pour leurs vassaux plusieurs beaux fiefs, dont le plus grand et le plus occidental retint le nom antique de Poutrocët, contracté, comme je l'ai dit, en Porhoët. Je ne suivrai point à travers les siècles les vicissitudes de cette seigneurie , qui est restée, depuis le XVe siècle, dans la maison de Rohan. Je veux seulement donner la nomenclature des paroisses qu'elle renfermait à l'époque la plus ancienne où nous en pouvons connaître avec certitude l'étendue géographique. Mes sources sont : le Mémoire de 1479 cité plus haut, deux aveux du comté de Porhoët de 1471 et de 1679, deux aveux du duché de Rohan de 1639 et de 1682. Les originaux de ces quatre aveux existent à Nantes, dans les archives de l'ancienne Chambre des Comptes de Bretagne. Josselin était, depuis le Xe siècle, la capitale du comté de Porhoët. D'après l'aveu de 1471, ce comté se subdivisait en deux membres principaux, dont le plus considérable avait Josselin même pour chef-lieu, et c'est pourquoi je l'appellerai ici châtellenie de Josselin, encore que l'aveu de 1471 n'emploie point ce mot. L'autre membre était la châtellenie de la Chèze. La châtellenie de Josselin se composait des trèves et paroisses suivantes, que j'indique en descendant du Nord au Sud et de proche en proche : 1 Langourla ; 2. Merillac ; 3. Saint- Vran ; 4. Merdrignac ; 5. Gommené ; 6. Brignac ; 7. Menéac ; 8. Evriguet, trève de Mencac ; 9. Guillier ; 10. Mohon ; 11. Lanouée ; 12. La Grée Saint-Laurent, trève ; 13. Loyat ; 14. Campénéac ; 15. Heléan, trève de la ; Croix-Heléan ; 16. La Croix-Heléan ; 17. josselin ; 18. Guillac ; 19. Lantillac ; 20. Guégon ; 21. Saint-Servan ; 22. Quili ; 23. Le Ros Saint-André, trève de Sérent ; 24. Lizio, id. ; 25. Cruguel ; 26. Guchenno 27. Billio ; 28. Saint-Jean-Brevelay (la partie Nord-Est de) ; 29. Plumelec. Les onze dernières paroisses, de Lantillac à Plumelec, formaient, dans la châtellenie de Josselin, une subdivision appelée bailliage d'Outre-l'Eau, fief de Quemenet, ou encore Porhoët en Vannes, parce qu'elles étaient effectivement dans le diocèse de Vannes et sur la rive droite de l'Oust, tandis que tout le reste du comté de Porhoët se trouvait sur l'autre rive (Elle n'est point mentionnée à part dans les aveux, ce qui tient sans doute à ce qu'elle était jadis une trêve, de Lanouée, je crois : car cette paroisse était entourée de toutes parts par le comté de Porhoët.). Remarquons aussi que les trois paroisses de Guillier, Loyat et Campénéac furent démembrées du comté de Porhoët et données en juveignerie, c'est-à-dire en partage de cadet, à une époque ancienne et certai nement avant le XVIe siècle. Loyat forma, à elle seule, une seigneurie sous le nom de vicomté de Loyat. Les deux autres furent incorporées à la vicomte du Bois-de-la-Roche. en Néant. C'est en Guillier que se trouvait situé l'antique château Tro, qui pendant un petit espace de temps avait servi de résidence au premier sire de Porhoët. En 1535 il n'en restait déjà plus que des ruines, suivant un aveu du Bois-de-la-Roche. Dans la châtellenie de La Chèze se trouvaient comprises les trèves et paroisses de :30. Uzel ; 31. Saint-Hervé, trève de Loudéac ; 32. Grâce, id ; 33. Saint-Télo ; 34. Trevé ; 35. La Motte, trève de Loudéac ; 36. Saint-Sauveur-le-Haut, trève de La Prénessaie ; 37. La Prénessaie ; 38. Lanrénan ou Laurenan ; 39. Plémet ; 40. Loudéac ; 41.-Cadelac ; 42. Saint-Barnabé, trève de Loudéac ; 43. La Chèze , 44. La Ferrière ; 45. Plumieuc ; 46. La Trinité ; 47. Saint-Élienne-du-Gué-de-l'lle, trève de Plumieuc ; 48. Saint-Maudan ; 49. Saint-Samson, sur l'Oust (la plus grande partie) ; 50. Brehant-Loudéac.sous le nom de Brocéliande. En 1603, la vicomté de Rohan fut érigée en duché, et comme on ne la trouvait pas d'assez belle taille pour faire honneur à son nouveau titre, on démembra du comté de Porhoët, la châtellenie de la Chèze dont nous venons de parler, et on l'unit au duché de Rohan, dont elle fit toujours partie depuis lors. On la subdivisa même en trois châtellenies de moindre étendue, savoir : Loudéac, La Chèze et la Trinité, en chacune desquelles fut établi un siège de juridiction. Les aveux du ces trois châtellenies. Mais comme ce sont là des circonscriptions tracées arbitrairement à une époque toute récente, je crois qu'on doit se dispenser de les indiquer dans une notice sommaire comme celle que j'écris. Le Mémoire du vicomte de Rohan pour la préséance, composé en 1479, dit, à l'art. 28, que le comté de Porhoët avait 52 paroisses, et tout à l'heure cependant nous n'en avons compté que 50. Cette différence est plus apparente que réelle, vu que j'ai compté Josselin pour une seule paroisse, tandis que cette ville en avait trois : N.-D. du Roncier, Saint-Martin et Sainte-Croix.

 

 

Document Gallica

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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 14:10

C'est à travers le Cartulaire de Redon qu'est mentionnée la paroisse primitive de Campénéac. L'acte est daté de l'an 840. Y est mentionné Riwalt, petit-fils de Jarnuocon, lequel Riwalt était solidement implanté en ces paroisses sur lesquelles il exerçait la charge de machtiern : Campénéac, Caro, Augan, et Guillac. Il comptait pour lointain aïeul Jarnihitin, lequel avait jadis exercé aussi la fonction de machtiern. Hors, cet acte fait mention que Riwalt se trouvait en sa maison de Brann-Ewin en la paroisse de Kempeneac et il fut témoin d'une donation de terres sises en cette même paroisse par Catworet. Mais, en 844, une autre donation dont il était témoin, consistait à céder sa cour de Bronn-Ewin alias Lisbroniuuin afin de dédommager l'assassinat commis sur le dit Catworet, par son fils Deurhoiarn. Deurhoniarn, succéda à son père comme machtiern et probablement au plus tard l'an 853. 

 

lndicat carta quomodo Catuuoret se comendavit ad Nominoe, et dum essed (sic) illi fidelis, occidit eum Deurhoiarn fdius Riuualt. Postea, Nominoe hominem suum requisivit super Riuualt et filium suum. Tune Riuualt, ex semine Iarnuuocon hères, tradidit Lisbroniuuin et hoc quod adjacet ei, ex plèbe Kempeniac, in pretio sui hominis Catuuoret. Factum est hoc in Lisranac, .vin. idus marcias, in die sabbato, presentibus istis hominibus : Conuuoion, monachus, testis; Iarnhitin, monachus, testis; Leuhemel, monachus, testis; Cumdelu, monachus, testis; Rethuualart, presbyter, testis; Dreuuallon, presbyter, testis; Riuuallon, commes Poucaer, testis; Biscan, invitator Nominoe, testis; Juduuoret, invitator Riuualt, testis; Uurscant, testis; Euuen, testis; Portitoe, testis; Drihican, testis; Rohot, testis; Catuuobri, testis.

 

 

Etait-ce sur l'une des cours que le château de Trécesson en Campénéac émergea. Le château de Trécesson appartenait en 1250 à Jean, Chevalier, seigneur de Trécesson et de Campénéac. Jean de Trécesson son fils épousa Catherine de Montauban, fille de Renaud premier et de Amice du Breil -contrat de mariage daté du 11 mars 1336 ; ils eurent pour enfants François, Jeanne et Jean qui suit. Jean de Trécesson, septième du nom, fils des précédents devint chambellan du duc Jean V, et son connétable en 1430. Celui-ci n'eut qu'une fille, Jeanne mariée à Eon de Carné. De ce mariage sortit François, né en 1493, qui obtint des lettres de Charles VIII, données à Ploërmel le 21 avril 1494 pour reprendre le nom et les armes de Trécesson. Construit en schiste rougeâtre comme celui de Comper. De 1440 à 1460, trois campagnes de travaux se succédèrent : la transformation du châtelet, la construction du logis au sud-est et l'édification de la tourelle dite Beaumont. La chapelle est construite au début du 16e siècle au nord-ouest de la cour ainsi que le bâtiment dit Château-Merlet adossé à la chapelle et aménagé pour un cadet de la famille. Une vaste campagne de restauration et d'agrandissement du château est entreprise au 17e siècle. Les élévations à l'intérieur de la cour, les communs de l'avant-cour, le pavillon de jardin et le colombier datent de cette époque. Une ferme-école est établie à Trécesson en 1849. Le domaine appartient en 1913 à Alice de Perrien qui entreprend d'importants travaux de restauration et de consolidation. Trécesson était un de ces vieux châteaux du XVIe siècle qui avait encore ses douves et son pont-levis et aussi ses grandes salles basses peu éclairées, où plusieurs générations de vieux gentilshommes s'étaient écoulées sans bruit, ne laissant que le souvenir de quelques étrangetés de caractère et d'humeur ayant formé le fond de plusieurs légendes qui s'effaçaient de jour en jour. Je restai là une huitaine avec mon père près de son oncle et d'une vieille cousine qui reprenaient à table, les récits plus ou moins accrédités du vieux temps. Au nombre de ceux-ci était la naïve histoire d'un jeune seigneur de Trécesson qui, au moment de s'éloigner de sa famille, était conduit par sa nourrice au delà du pont donnant entré au château et qui, rendu à une certaine distance quand la nourrice allait le laisser prendre son essort, se retournait subitement et revenait, à son tour, conduire la nourrice vers le vieux château sans pouvoir se séparer d'elle et sans que celle-ci de son côté renonçât à faire la conduite à son jeune seigneur, qui de rechef reprenait le pas vers le château, la nourrice repartant encore du pont et du vieux donjon, sans pouvoir se décider à abandonner le jouvenceau à tous les hasards de l'inconnu; naïve expression de tendresse domestique presque filiale, qui avait longtemps retenu dans les mêmes liens tous les habitants de la demeure féodale des anciens officiers de la maison des ducs de Bretagne. Outre cette histoire il en fut raconté une autre beaucoup plus émouvante, et je n'ai pas besoin de dire combien j'en restai frappé. Il s'agissait d'une jeune femme nouvellement mariée qui dans une nuit peu éloignée de ses noces, aurait été victime de la brutale jalousie de son mari. Celui-ci l'aurait traînée dans un coin écarté du parc de Trécesson, et après des sévices répétés, l'aurait enfouie dans une fosse quand elle était encore vivante. Les cris de la malheureuse seraient parvenus jusqu'au château et le sire de Trécesson aurait été assez heureux pour la sauver et la ramener à la vie. Une robe et sa couronne nuptiale sont restées depuis déposées sur l'autel de la chapelle de Trécesson, où un ami que j'avais prié de s'assurer de l'exactitude de mes souvenirs m'écrit qu'on peut encore les voir aujourd'hui, bien fanées, bien délabrées, mais toujours conservées comme un témoignage irrécusable du fait lui-même. 

 

 

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