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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 13:02

Sous l'Ancien Régime, les geôles sont maintes fois évoquées, celles de la Hardouinaye à Saint Launeuc où fut étouffé en 1450 Gilles de Bretagne, celle de la Hunaudais à Plédéliac où fut incarcéré un religieux de Saint-Aubin, hostile aux réformes, celle de Lamballe.. Ainsi, celle de Jugon apparaît-elle dans un acte, suite aux guerres de la Ligue. Au Parlement de Bretagne enjoint et fait commandement au substitut du procureur général et autres officiers de la juridiction de Jugon de faire promptement procéder la démolition de ce qu'ils jugeront pouvoir apporter préjudice au service de Sa Majesté en ce qui reste de logeable ès ruines du château de Jugon et enclos qui sert de prison la juridiction, en telle sorte que personne n'y puisse loger... La prison de Broons reçut quelques prisonniers illustres : Manon du Faou ou encore Servais-François Androuet, vicaire à Médréac, incarcéré pour avoir contesté la lettre de l'évêque Jacob, favorable aux idées républicaines. Nous avons eu l'occasion d'aborder sur les pages consacrées à Broons, la brève histoire de quelques uns de ses locataires et autres pensionnaires : Mre François Pigeon, «sergent, geôlier et cabaretier dans les prinzons de Brons» y est cité en 1683, il était marié à Olive Pestel. « Pierre Socquet, fils illégitime de Catherine Socquet de la paroisse de St Leumeu et actuellement detenue dans les prisons de cette ville, advoué par elle au nommé Cyprien Hervé de Tremorel chez qui elle étoit servante suivant le rapport à nous fait par h. personnes Françoise Mauffrais, matronne et Mathurine Bizeul, geolière, fut né dans la prison le vingt deuxième novembre mil sept cent vingt cinq» « Georgette Davy fille de Pierre et de Mathurine Bizeul sa compagne fut née à la geole le trentième d'aoust mil sept cent trente et luy ont imposé son nom honorables personnes Guillaume Richard et Georgette Lebas qui ont signé présent Pierre Davy et Baptizée par moy le mesme jour». Signatures : -Franç(oys) Thé R(ecteur) de Broon -Richard. « Jean Macé âgé d'environ soixante ans mourut dans les prisons de Broon le vingt six avril 1771...» Au moment de la Révolution, Servais Androuet, recteur de Plumaugat y fut enfermé pour avoir refusé de prêter serment et fut ensuite transféré à celle de Lamballe. Six autres malheureux qui gémissaient dans la prison de Broons furent exécutés à leur tour.

 

 

Geôle de Broons

 

Au cours de la Révolution, le 19 octobre 1791, la clôture de la prison de Broons fut brisée. 

 

S'agissant de la prison d'Yvignac, elle était assise entre les chemins conduisant du bourg dudit lieu à Broons d'une part, à Trédias d'autre part.

 

 

Geôle d'Yvignac

 

Voici un acte dans lequel est évoquée l’ancienne prison de Sévignac en date du quatorzième juillet 1769, « Pierre Hequant époux de Laurence Delambily comparaît devant le notaire de la juridiction de Beaumanoir-Limoëlan pour : une maison couverte d’ardoises, située au bourg de Sévignac, dans laquelle ledit Hequant est demeurant, contenante trente huit pieds de longueur et consistant dans un embas approprié de cheminée par châque costé, dans laquelle est un bois de lit  joignant de couchant au bout  du précédent, une cave ou cellier aussi sittué au  costé nord  de  la ditte maison contenant trente quatre pieds de longueur… Sur dix de laize, trois chambres au dessus des trois embas, deux escabots appropriés de leurs tables & escabeaux, greniers au dessus, joignants le tout vers soleil levant à la maison de Julien Dagorgne, de l’autre vers occident à la ruëlle qui conduist du bourg de Sévignac à la mettairie du manoir du Plessix Gautron. Une petite retraite à cochons au devant de la dite maison contenant dix pieds de longueur avec la cour & déport au devant de la dite maison joignant d’une part au corps de logis cy après et d’autre à la cour de Mathurin Martel. Autre corps de logis avis du précédent, couvert d’ardoises, consistant dans une écurie, chambre au dessus servant d’auditoire de la juridiction de Beaumanoir-Limoëlan, contenant vingt deux pieds de long en laize, demie & douze de laize, le pressouer y estant composé de letrainte, l’auge à piller, les maillots dudit Martel que d’écuelle de Mathurin Jameu et d’autre audit chemin cy devant.  Autre logement au costé vers soleil levant dudit auditoire servant de fournil et boulangerie ou est un four contenant dix huixt pieds de Longueur, en laize de dix, le tout aussi couvert d’ardoise, joignant aussi au dit costé vers soleil levant à Mathurin Martel, du midy à la cour dudit Jameu et d’occident au chemin cy devant déclaré  à la charge audit Hequant de fournir et entretenir  les dits logements et auditoire de tout ce qui est nécessaire, soit à des réparations d’ouvertures, greniers, banc et escabeaux, et degrés pour y monter, d’entretenir aussi l’emplacement qui est au bout de la maison principale vers le cimetière servant de prisons, et de la tenir toujours en bon état parce que aussi il percevra aussi le profit, et emoluments de la ditte prison, et souffrira aussi le dit Hequant, le dit Jullien Dagorgne, puiser de l’eau au puis et cuire son pain au four seulement, le logement étant privatif au dit Hequant.  corde, joignant d’un costé au chemin qui conduit du Bourg à la ditte Méttairie du manoir du Plessix Gautron, d’autre costé et du bout vers le nord au jardin des enfants de feu Jan Gauven et de Marie Durand, et d’autre bout à la ruelle conduisant à la maison des dits feus Jan Gauven  & fe(mme)...

 

 

Geôle de Sévignac

 

 

 

Tout semblerait indiquer que l'auditoire de justice de Beaumanoir-Limoëlan et la prison se trouvaient à l'emplacement de l'actuelle Place du 18 mars 1962. Une imposante bâtisse dotée d'ouvertures anciennes, un perron en donnait l'accès à la porte principale. Elle était connue sous le nom de Maison Malo. L'ensemble formait comme un îlot face à l'église. De plus l'amorce de la rue du Fournil se dessine et de là on peu se rendre au Plessix Gautron comme évoqué dans l'acte.  Merci à Monsieur Philippe Delambily de m'avoir communiqué cet acte

 

 

Geôle de Plénée-Jugon

 

 
Détail de la geôle de Plénée-Jugon
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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 08:04

 

En cette seconde partie du XIXe siècle, le style néo-gothique était la mode émergente, et nombre d'édifices religieux furent ainsi sacrifiés afin de répondre aux critères émis par l'évêché de Saint-Brieuc. C'est ainsi qu'à Sévignac, par un beau matin, des ouvriers armés de pioche démolirent l'ancienne église, ils creusèrent jusqu'à six pieds au-dessous du niveau précédent, tandis que des charretées de pierres furent acheminées depuis Guitternel ainsi que divers matériaux en dépôt à la gare de Plénée-Jugon, quelques pierres provenant de l’édifice disparu furent employées, en revanche, une partie des matériaux de rébus servit à paver la cuisine du presbytère. Ainsi que nous le verrons, un fenestrage et un tirant sculpté furent incorporé dans certaine habitation de la rue de la Métairie. Un arrêté municipal proscrivit l’établissement de bistrots autour de l’église en construction et du cimetière. C'est sous le mandat du sénateur Henri de Carné, alors maire de Sévignac, que décision fut prise en 1873, de raser le précédent édifice. Il est vrai qu'en cas de pluie, il valait mieux se prémunir d'un parapluie afin d'assister aux offices. Déjà à de multiples reprises des travaux avaient été exécutés en cette modeste église, ainsi, le Pouillé   de la Bastie  note cette  église comme : « Pas absolument mal » en 1769, l’évêque de Saint-Malo en visite à Sévignac signale « plusieurs réparations très considérables et très urgentes à faire à l’église.»  Le 6 novembre 1771,  Louis Martin, dit « jeunesse », 48 ans,  tailleur de pierres,  originaire de St-Manvieu au diocèse de Coutances, est porté en terre,  étant à travailler pour les réparations de l’église.  Reconnues comme urgentes par le Conseil de fabrique en 1780, des réparations furent effectuées en 1781 en voici un résumé : « Exécution des réparations convenables dans l’étendue du chœur et du chanceau, parce que avant la démolition de la voûte qui sépare le chanceau de la nef, le général de la fabrique de la dite paroisse fera faire les étagements de la nef et autres parties convenables ainsi que la démolition des deux petits autels qui sont adossés à la ditte voûte à ses frais. Déclarant que pour la continuation des dittes séparations jusqu’à leur perfection, il attend que le général se soit mis en règle, sans que la présente déclaration ne puisse nuire ou préjudicier avec les intérêts du seigneur évêque pour les parties de la dite voûte qui pourrait se trouver mutilée et a signé. On a par ailleurs désignés les trésoriers aux chapelles de Rouillac : Jacques Préauchat de la Corgnais, Pierre Lejeune de la Ville au Bourg, St-Cado : Nicolas Guitton, Quihériac : Nicolas Lecorgne.  »

 

En 1782, le procès-verbal de l’assemblée laisse deviner l’état des lieux :

 

« il a été représenté au général premièrement qu’il est absolument nécessaire que le mur faisant séparation entre le cœur et la nef de l’église soit promptement descendu et refait à neuf ; qu’il pourroit assez être utile et profitable à la paroisse que ce même mur avec son arcade ne fût conduit en sa réfection que jusqu’à la hauteur des deux costalles, le surplus étant fait par deux fermes en bois pour supporter et soutenir les deux charpentes du cœur et de la nef qui s’y trouvent appuyées ; que cela donnerait plus de lumière au grand-autel. Secondement que la chapelle de la Ville-es-Blancs qui se trouve pratiquée au costé vers le Nord de la dite église et séparée du revertuaire par une clouaison en bois donne beaucoup de vens qui gêne les sierges du grand autel, qu’il seroit bon que cette chapelle fut transférée dans le même  lieu du revertuaire –sacristie, et que le seigneur de la Ville-es-Blancs feroit faire tout à ses frais aussi bien qu’une autre porte pour entrer dans sa chapelle comme bon lui sembleroit. ».

 

Monsieur Gautier du Mottay nous a laissé une description assez complète de ce vieil édifice -Mémoires de la Société archéologique et historique des Côtes-du-Nord 1883-1884 : Église remaniée : porte occidentale du XVe siècle, les piédroits sont formés de trois colonnettes à base prismatique et allongée, supportant de légers chapiteaux à feuillages et un arc en accolade dont les archivoltes étaient ornées de figurines ; Au-dessous, une niche portant elle-même des accolades  était accostée de deux écussons aux armes des Rousselot et des Kersaliou, les anciens seigneurs de Limoëlan. -Ossuaire adossé au mur sud, soutenu à l’une de ses extrémités par deux colonnettes cylindriques portant des chapiteaux cubiques du XIIe siècle. -Dans l’intérieur de l’église, chapelle du Rosaire avec voûtes en bois et ses poutres à gueules de requins, sablières sculptées montrant des hommes et des animaux parmi le feuillage ainsi que les armoiries des seigneurs de Limoëlan ; on lit sur ces arcades se lisait la date de 1558. -Dans le pavé, du côté nord de l'évangile, tombeau de Pierre Ferré, sénéchal de Rennes, sr de la Ville-ès-Blancs, mort en 1466. Retable en bois de 1651-Sur les pieds droits d'une arcade, statue de saint-Michel terrassant le dragon et dont le bouclier porte les armes des Le Mintier. Ci-après le plan de cette ancienne église de Sévignac.

 

 

On peut compléter cette description par les renseignements fournis par un ancien rentier du XVIIIe siècle : L’un des soufflets de la vitre proche de l’autel de la Vierge arborait un écusson d’azur à six besants d’or, Jean de L’Epervier, évêque de Saint-Malo, mort en 1486 portait pour armes : « D’azur au sautoir engreslé d’or, accompagné de quatre besants de même », il pourrait s’agir des siennes, en ce cas, c’est sous son épiscopat que l’église de Sévignac aurait été remaniée ; dans l’autre soufflet de la vitre se voyaient  les armes des alliances des anciens seigneurs du Plessix-Gauteron.  Au dessus de l’autel de la Vierge figuraient les armes du marquis de Locmaria, sgr du Plessix-Gauteron. D’après les plans, sa partie septentrionale présentait un porche sous lequel se tenait la délibération de la fabrique, des bancs de pierre y étaient sans doute dressés, la  chambre d’archives était aménagée au-dessus. Un renflement situé à droite du porche désignait l’ancienne trésorerie. Le mur Nord était percé de trois fenêtres -quatre si l’on y inclue celle de la sacristie. Une flèche polygonale du XVème siècle couronnait le toit en sa partie centrale.

 

 

Ancienne église de Sévignac et les armoiries  de L'Epervier et du Parc de Locmaria

 

La nouvelle église

 

 

La première pierre fut bénie le 19 avril 1874.  Difficile de se représenter l’immense chantier en cours et le bouleversement pour une population habituée depuis des siècles à avoir pour point de repère la petite église au fin clocher. Partout on s’affairait, des ouvriers de l’entreprise Réglain de Dinan exécutaient à la lettre, selon les plans de l’architecte Maignan, le nouveau monument de style néo gothique en forme de croix latine. La tour, plaquée à la façade, mesure y compris sa flèche, garnie de clochetons à la base, une hauteur de50 mètres. L’intérieur enduit de chaux et de pierre de Caen,  fut doté d’une  tribune. 

 

Quand les travaux s’achevèrent, les Sévignacais découvrirent  une vaste nef avec des bas côtés aboutissant à des chapelles qui s’ouvraient sur le transept  de chaque côté du chœur.  Voici la proposition qui fut faite par Fonlomeau sculpteur à Quintin en date du 4 octobre 1891 –et retenue:

 

 1° chapelle du chœur côté midi :

 

autel Jean-Baptiste, comprenant la table d’autel, au-dessous, niche destinée à recevoir la statue de St- Jean-Baptiste et un retable adossé au dessous, en bas relief représentant la décapitation de St- Jean-Baptiste

 

 

2° la chapelle Nord :

 

un autel en tous points  semblables  à celui de St- Jean-Baptiste et la chapelle de St Joseph, le bas relief, la mort de St Joseph entouré de Jésus et Marie.

 

3° extrémités transept midi :

 

Sur l’autel en l’honneur de la Vierge, comprenant au-dessous de la table de l’autel ou table du tabernacle, surmontée d’une niche destinée à recevoir la statue de Notre Dame du Rosaire, couronné par un clocheton, aux extrémités de l’autel de deux clochetons, bas relief représentant la tradition du Rosaire à St Dominique.

 

 

4° extrémités du transept Nord :

 

Un quatrième autel  est exactement semblable à celui de la Vierge. Au-dessus niche la statue du Sacré chœur, le bas relief et le dessous de l’autel évoquent la manifestation du secours de la bienheureuse Ste Marguerite.

 

 

5° La chair à prêcher se compose d’une cuve ornée des statues représentant Notre Seigneur prêchant et les quatre évangélistes. Il subsiste un calice XVIIe avec deux fleurs de lys (sous la base et sur la patène) classé au titre objet en 1981.

 

 

Des statues de St Pierre et St Paul prirent place de chaque côté du retable, tandis que les piliers du cœur recevaient celles de Ste Anne d’Auray et Jeanne d’Arc. La chapelle du transept situé au nord reçut un vitrail dédié à Ste Catherine, que l’on voit dans la position de son sacrifice, elle fut offerte par Catherine Davy. Un coq fut mis en place par Célestin Le Hérissé, ouvrier chez Mathurin Gesret dont la forge se tenait à l’angle de la rue de la forge, et le 20 mai 1877, il fut procédé à l’inauguration de cette nouvelle église,  et à la mise en place des cloches : Marie, Eugénie et Augustine, fondues par Viel-Trétel à Villedieu dans la Manche. Le coût total de l’édifice fut établi le 31décembre 1880, il s’élevait à 145.385 francs. Lors de sa visite  en 1884, monseigneur Boucher admira l’ensemble en déplorant toutefois le manque d’aménagement intérieur. Il y fut remédié après que les ateliers Guibbé eurent confectionné le retable aux motifs bibliques,  ainsi que les autels des chapelles latérales. L’ancienne cuve baptismale dont la vasque hémisphérique est creusée dans un bloc de granit à pans coupés (parc du foyer logements) , et deux bénitiers placés près des portes latérales, retrouvaient leur place initiale. Une chaire fut placée en vis-à-vis d’un pilier de la nef. Le transept sud est ponctué des armoiries des généreux donateurs, on peut les lire ainsi de gauche à droite -de St-Pern (possesseurs de Brondineuf), de St-Meleuc, de Farcy (possesseurs de Quenna), Gouzillon de Bélizal (alliances St-Pern), Le Mintier (possesseurs de Heurtelou et St-André). Transept nord, dans la verrière figurent les armes des familles suivantes, de gauche à droite -de Carné, (possesseurs Ville-ès-Blancs), Guéhenneuc (alliance de Carné), de Lorgeril, (alliance de Chappedelaine) Picot de Limoëlan (possesseurs Limoëlan), les armes pontificales (celles de Pie XII, remplacées avant 1958) de Chappedelaine (alliance Picot de Limoëlan, possesseurs Limoëlan, Béchardière), d’Avoust (alliance de Carné et Chappedelaine), & du Bouays de Couesbouc (alliance de Chappedelaine). 

 

 

Enfin, l’aménagement des fonts baptismaux fut achevé en 1885, grâce à la générosité de madame Bonjour de Limoëlan, qui offrit aussi les deux candélabres la lumière du maître autel et une partie du mobilier. 

 

 

D’origine américaine, elle avait épousé l’héritier de Limoëlan, après s’être convertie en 1885. L’ensemble des travaux et des aménagements ne fut vraiment terminé qu’en 1900. La dernière touche fut apportée en 1920 quand la municipalité conduite par Georges de Launay décida de rendre hommage aux 143 morts de Sévignac pendant la  guerre 1914-1918.

 

 

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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 22:20

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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 14:37

 

 

François René de Chateaubriand

 

Dans ses Mémoires, Chateaubriand évoque ses aïeux : « Le chef de nom et d'armes de ma famille était, vers le commencement du dix-huitième siècle, Alexis de Chateaubriand, seigneur de la Guérande, fils de Michel, lequel Michel avait un frère, Amaury. Michel était fils de ce Christophe maintenu dans son extraction des sires de Beaufort et des barons de Chateaubriand par l'arrêt ci-dessus rapporté. Alexis de la Guérande était veuf; ivrogne décidé, il passait ses jours à boire, vivait dans le désordre avec ses servantes, et mettait les plus beaux titres de sa maison à couvrir des pots de beurre. En même temps que ce chef de nom et d'armes, existait son cousin François, fils d'Amaury, puîné de Michel. François, né le 9 février 1683, possédait les petites seigneuries des Touches et de îa Villeneuve. Il avait épousé, le 27 août 1713, Pétronille-Claude Lamour, dame de Lanjegu, dont il eut quatre fils François-Henri, René (mon père), Pierre, seigneur du Plessis, et Joseph, seigneur du Parc. Mon grand-père, François, mourut le 28 mars 1729; ma grand-mère, je l'ai connue dans mon enfance, avait encore un beau regard qui souriait dans l'ombre de ses années... »

 

C'est par son union avec Perronnelle-Claude Lamour, damoiselle de Lanjegu que le sieur « écuier » François de Chateaubriand sieur de la Villeneuve, se retrouva possesseur des Touches en Guitté. Union qui se déroula le vingt septième jour d'août 1713 en l'église de Guenroc. En outre, la famille Lamour était titrée de Lanjegu du nom de la terre dont elle disposait en la paroisse de Médréac, quant à la famille Chateaubriand, elle portait le titre rattaché au domaine de Villeneuve Malabry, sis entre Lanhélin et Combourg. Douze enfants allaient naître au sein de ce foyer, dont quatre fils. En réalité, le sieur François de Chateaubriand n'était guère homme riche, il exerçait la charge de sénéchal à la seigneurie du Lattay alors possession de la puissante famille de Saint-Pern. C'est au demeurant en son manoir des Touches que l'aïeul du grand écrivain s'éteignit le 28 mars 1729 âgé de 45 ans. Toutefois, il avait vu le jour au manoir du Quengo en la paroisse de Brusvily au cours du mois de février 1683, sa mère, Marie-Jeanne de Chateaubriand était née du Rocher du Quengo.

 

 

 

Le Quengo en Brusvily

(d'après Frotier de la Messelière)

 

 

Les Touches en Guitté

(d'après Yvonne Jean Haffen)

 

L'aîné de ses fils comme le souligne l'auteur des Mémoires d'Outre Tombe embrassa la Religion, il fut nommé recteur de Saint Launeuc où il succèda à Missire Henri Gilbert. On lui attribue l'aménagement de ce charmant presbytère à présent reconverti en logements locatifs. Ci dessous reproduction aquarelle du lieu sis en Sant-Launeuc (merci à Serge). Il restera près d'une dizaine d'années à Saint Launeuc avant d'être envoyé à Merdrignac où il devait mourir le 26 février 1776 : « Venerable et discret Missire François de Chateaubriand, en son vivant recteur de cette paroisse décédé le vingt six février 1776 au presbytère de la ditte paroisse muni de tous les sacrements a été aujourd'hui du même mois inhumé dans cette église sous le banc de M. le marquis de St-Pern Seigneur Supérieur et Fondateur de cette ditte paroisse par permission dudit Seigneur comme il couste par son commandement ci-joint. La cérémonie faite par M. Alis Recteur de St-Launeuc en présence de M. Morfouasse curé de Gomené....

 

 

« ...Elle habitait, au décès de son mari, le manoir de la Villeneuve, dans les environs de Dinan. Toute la fortune de mon aïeule ne dépassait pas 5,000 livres de rente, dont l'aîné de ses fils emportait les deux tiers, 3,333 livres; restaient 1,666 livres de rente pour les trois cadets, sur laquelle somme l'aîné prélevait encore le préciput. Pour comble de malheur, ma grand-mère fut contrariée dans ses desseins par le caractère de ses fils l'aîné, François-Henri, qui le magnifique héritage de la seigneurie de la Villeneuve était dévolu, refusa de se marier et se fit prêtre; mais au lieu de quêter les bénéfices que son nom lui aurait pu procurer, et avec lesquels il aurait soutenu ses frères, il ne sollicita rien par fierté et par insouciance. s'ensevelit dans une cure de campagne et fut successivement recteur de Saint-Launeuc et de Merdrignac, dans le diocèse de Saint-Malo, il avait la passion de la poésie; j'ai vu bon nombre de ses vers. Le caractère joyeux de cette espèce de noble Rabelais, le culte que ce prêtre chrétien avait voué aux Muses dans un presbytère, excitaient la curiosité. Il donnait tout ce qu'il avait et mourut insolvable. Le quatrième frère de mon père, Joseph, se rendit Paris et s'enferma dans une bibliothèque on lui envoyait tous les ans les 416 livres, son lopin de cadet. Il passa inconnu au milieu des livres; il s'occupait de recherches historiques. Pendant sa vie, qui fut courte, il écrivait chaque premier de janvier sa mère, seul signe d'existence qu'il ait jamais donné. Singulière destinée! Voilà mes deux oncles, l'un érudit et l'autre poète; mon frère aîné faisait agréablement des vers une de mes sœurs, madame de Farcy, avait un vrai talent pour la poésie; une autre de mes sœurs, la comtesse Lucile, chanoinesse, pourrait être connue par quelques pages admirables; moi, j'ai barbouillé force papier. Mon frère péri sur l'échafaud, mes deux sœurs ont quitté une vie de douleur après avoir langui dans les prisons; mes deux oncles ne laissèrent pas de quoi payer les quatre planches de leur cercueil; les lettres ont causé mes joies et mes peines, et je ne désespère pas, Dieu aidant, de mourir l'hôpital. Ma grand-mère, s'étant épuisée pour faire quelque chose de son fils aîné et de son fils cadet, ne pouvait plus rien pour les deux autres, René, mon père, et Pierre, mon oncle. Cette famille, qui avait semé l'or, selon sa devise, voyait de sa gentilhommière les riches abbayes qu'elle avait fondées et qui en tombaient ses aïeux. Elle avait présidé les états de Bretagne, comme possédant une des neuf baronnies; elle avait signé au traité des souverains, servi de caution Clisson, et elle n'aurait pas eu le crédit d'obtenir une sous-lieutenance pour l'héritier de son nom. Il restait la pauvre noblesse bretonne une ressource, la marine royale on essaya d'en profiter pour mon père mais il fallait d'abord se rendre Brest, vivre, payer les maîtres, acheter l'uniforme, les armes, les livres, les instruments de mathématiques comment subvenir tous ces frais? Le brevet demandé au ministre de la marine n'arriva point, faute de protecteur pour en solliciter l'expédition la châtelaine de Villeneuve tomba malade de chagrin. Alors mon père donna la première marque du caractère décidé que je lui ai connu. Il avait environ quinze ans s'étant aperçu des inquiétudes de sa mère, il s'approcha du lit où elle était couchée et fui dit Je ne veux plus être un fardeau pour vous. Sur ce, ma grand-mère se prit pleurer (j'ai vingt fois entendu mon père raconter cette scène). René, répondit-elle, que veux-tu faire? Laboure ton champ. Il ne peut pas nous nourrir; laissez-moi partir. Eh bien, dit la mère, va donc où Dieu veut que tu ailles. Elle embrassa l'enfant en sanglotant. Le soir même mon père quitta la ferme maternelle, arriva Dinan, où une de nos parentes lui donna une lettre de recommandation pour un habitant de Saint-Malo. L'aventurier orphelin fut embarqué comme volontaire sur une goëlette armée, qui mit la voile quelques jours après. La petite république malouine soutenait seule alors sur la mer l'honneur du pavillon français. La goélette rejoignit la flotte que le cardinal de Fleury envoyait au secours de Stanislas, assiégé dans Dantzick par les Russes. Mon père mit pied terre et se trouva au mémorable combat que quinze cents Français, commandés par le brave Breton de Bréhan comte de Plélo, livrèrent, le 29 mai 1734, quarante mille Moscovites commandés par Munich. De Bréhan, diplomate, guerrier et poëte, fut tué et mon père blessé deux fois. Il revint en France et se rembarqua. Naufragé sur les côtes de l'Espagne, des voleurs l'attaquèrent et le dépouillèrent dans la Galice; il prit passage Bayonne sur un vaisseau et surgit encore au toit paternel. Son courage et son esprit d'ordre l'avaient fait connaître. Il passa aux Iles; il s'enrichit dans les colonies et jeta les fondements de la nouvelle fortune de sa famille. ... »   

 

 

Précisément, celui qui s'était enrichit dans les colonies et jeta les fondements de la nouvelle fortune de sa famille, c'était le père du grand écrivain : haut et puissant René-Auguste de Chateaubriand, chevalier seigneur du Plessis. Il était alors âgé de trente quatre ans et neuf mois ce 3 juillet 1753 quand il épousa en l'église de Bourseul « très noble demoiselle Apolline-Jeanne-Suzanne de Bédée, dame de la Villemain » née le 7 avril 1726, de haut et puissant seigneur Ange-Annibal de Bédée, chevalier seigneur de la Bouëtardais, de la Mettrie et de Boisriou, et de dame Bénigne-Jeanne-Marie de Ravenel du Boisteilleul, son épouse. Comme le souligne Georges Collas : l'événement banal en soi, que ce mariage d'un cadet de Bretagne, issu certes d'une des plus vieilles et des plus nobles maisons de la province, mais simple capitaine de navire, maître après Dieu de quelques planches sur l'Océan, et d'une jeune fille qui, pour n'être pas d'aussi glorieuse extraction que lui, était aussi de la meilleure aristocratie bretonne, maintenue dans sa qualité à la réformation de 1669, et dont l'ascendance maternelle, par les Ravenel, les Farcy et les Béhaignon, n'était pas moins authentiquement noble que celle de l'époux par les Lamour et les Laporte. Evénement banal en soi, mais qui devait avoir des répercussions imprévues dans l'histoire littéraire et dans celle des mœurs, puisque de cette union devait sortir quinze ans plus tard celui qui, selon le mot de E.-M. de Vogué qu'il faut toujours rappeler parce qu'il n'est pas seulement une vérité vraie, mais une vérité trop souvent méconnue, a, après Napoléon Bonaparte, « le plus et le mieux pétri la France contemporaine ». 

 

 

Et notre auteur de poursuivre : Apolline de Bédée, a dit  son fils, « avec de grands traits, était noire, petite et laide », mais elle avait « les plus beaux yeux du monde ». M. de Chateaubriand était grand, sec, il avait le nez aquilin, les lèvres minces et pâles, les yeux enfoncés, petits et pers ou glauques, comme ceux des lions ou des anciens barbares. Son regard était terrible : « quand la colère y montait, la prunelle étincelante semblait se détacher et venir vous frapper comme une balle ». Au moral, même contraste entre les époux. « L'élégance de ses manières, dit encore le fils en parlant de sa mère, l'allure vive de son humeur contrastaient avec la rigidité et le calme de mon père. Aimant la société autant qu'il aimait la solitude, aussi pétulante et animée qu'il était immobile et froid, elle n'avait pas un goût qui ne fût opposé à ceux de son mari ». Tout cela ne donne pas tout à fait l'idée d'un ménage bien assorti ! Mais il n'est pas inutile de le noter, parce que nul homme ne s'est senti avec une conscience plus aiguë que le contradictoire et frémissant François, « pétri des sangs divers de son père et de sa mère ». Quatre jours avant leur mariage, le 30 juin, avait été passé et 'fait au château de la Bouëtardais, par devant Ledeau et Dubourg, notaires de la juridiction de l'ancienne baronnie de la Hunaudaye-Montafllan au siège de Plancoët, leur contrat de mariage, contrôlé et insinué le 2 juillet, et conservé aujourd'hui au minutier de M. Hervé. La tante et marraine de la future épouse, Suzanne-Apolline de Ravenel, demoiselle du Boisteilleul, y figurait comme donatrice. Une des clauses stipulait pour le comte et la comtesse de Bédée l'obligation de loger chez eux et de nourrir les futurs époux avec un domestique pendant trois ans. Ils usèrent de leur droit et tant que M. de Chateaubriand continua de naviguer, ils. n'eurent pas d'autre foyer que celui de leurs parents. C'est donc par erreur que l'écrivain a dit que ses parents vinrent s'établir à Saint-Malo aussitôt après leur mariage. C'est à la Bouëtardais, où elle avait mené, dans l'austère simplicité de la vie provinciale et la pratique des vertus chrétiennes, son existence de jeune fille, que celle qui devait « infliger la vie » au grand mélancolique a vécu ses premières années de jeune femme, fait l'apprentissage des joies et peut-être déjà des déceptions de la vie conjugale et connu les premières cruautés de la maternité : son premier enfant, Bénigne-Jeanne-Angélique, née à la Bouëtardais le 2 décembre 1754, mourut au bout de quelques mois. C'est donc dans l'étroite chapelle du manoir, où elle avait prié, fillette romanesque qui s'ouvrait à la vie, qu'elle revint pleurer, pauvre mère douloureuse. Mais c'est en l'église paroissiale de Bourseul que la petite fille avait été baptisée le 5 décembre, en l'absence du père alors en mer. Quelques mois auparavant, il avait assisté à un autre baptême plus pittoresque, celui du nègre Eugène, natif d'Angola, ramené par lui de Saint Domingue, qui, pour l'ébahissement des paysans, servait de domestique au jeune ménage et que les pieuses dames de Bédée n'avaient pas tardé à convertir. grand-mère de Chateaubriand. Ce n'est pas au «Dôme», comme l'ont répandu la légende et les cartes postales, mais dans une humble et banale maison de la même rue de l'Abbaye, quelques pas plus haut, deux cents mètres avant la chapelle de Nazareth, que Mme de Bédée reçut de Saint-Malo, par une journée de septembre 1768 où la tempête ronflait impitoyablement dans la cheminée immortalisée par les Mémoires d Outre-Tombe, le petit enfant à demi-mort qui devait, à l'aurore du siècle suivant, fixer en une forme enchanteresse les aspirations les plus profondes de l'âme moderne. 

 

 

Ecole Notre-Dame de Nazareth en Plancoët

- Aquarelle, vers 1895

(Archives diocésaines de Saint-Brieuc et Tréguier)

 

En 1757, M. de Chateaubriand cessa de naviguer et s'établit à Saint-Malo dans la rue du Pont-qui-tremble, aujourd'hui rue de l'Epine. En pleine guerre, avec la belle audace qui caractérise toutes ses entreprises, à l'heure où la marine et le commerce français étaient dans le marasme, il y ouvrit une maison d'armement pour courir sus aux ennemis de l'Etat. Onze ans après, le 4 septembre 1768, dans la sombre rue des Juifs, par une nuit de tempête en laquelle il s'est plu à voir le symbole de sa destinée orageuse, naissait à demi mort François-René, dixième et dernier enfant du ménage. Baptisé le lendemain suivant l'usage, il fut aussitôt envoyé à Plancoët, où sa grand-mère depuis son veuvage, s'était retirée pour vivre avec sa sœur en ce simple logis. C'est ce qu'il appelle « subir son premier exil ». En style romantique et chateaubrianesque, cela veut dire qu'on le mit en nourrice. Mais ici c'est à lui qu'il faut laisser la parole depuis : En sortant du sein de ma mère..., jusqu'à : qu'une vaine renommée menaçait d'atteindre. Ci dessous reproduction de l'hôtel de la Gicquelais à Saint Malo qui vit naître Chateaubriand.

 

 

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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 11:09

Il suffit de parcourir les différentes listes des chanceliers de Bretagne, insérées dans les nobiliaires bretons, pour se convaincre de leur imperfection. Entre Pierre de Fougères, évêque de Rennes (1218 et 1222), et Henri du Bois, évêque de Dol (1344), Pol de Courcy, qui en cela reproduit ses devanciers, ne peut citer aucun nom. D'une bulle inédite de la troisième année du pontificat de Jean XXII, il résulte que le 28 avril 1319 le pape confère le canonicat de Saint-Martin de Tours, avec l'expectative d'une prébende, à maître Mathieu Le Bart, en considération du duc de Bretagne, dont il est chancelier. D'autre part, le 6 juillet 1317, Mathieu, qui reçoit le canonicat de Dol avec l'expectative d'une prébende, d'une dignité, d'un personat ou d'un office, n'est que clerc conseiller de Jean III, recteur de Gaël au diocèse de Saint-Malo et chapelain du Thil au diocèse de Séez. Le 23 décembre 1321 la bulle qui le nomme chanoine prébende et écolâtre de la cathédrale de Nantes, ne mentionne plus son titre de chancelier, quoiqu'elle ajoute à ses fonctions ecclésiastiques celle de chanoine prébende de Rennes. En 1323, après être entré en possession de ses bénéfices nantais, il est obligé de se démettre du rectorat de la paroisse de Gaël. Dom Morice le cite, en 1340, comme ayant donné lecture d'une lettre de l'archevêque de Tours au chapitre de la cathédrale de Dol, dont il est chantre. Enfin, le 14 juillet 1352, Guillaume de Beaufort, vicomte de Turenne, supplie Clément VI de conférer à son familier Henri Humare, clerc du diocèse de Liège, le canonicat et la prébende de la cathédrale de Nantes qui vaquent par la mort de Mathieu le Bart. A quelle époque précise la charge de chancelier fut-elle confiée au personnage dont le cursus honorum a été retracé. Quand lui fut-elle retirée ? Dans l'état actuel de nos connaissances, il est impossible de le savoir. Si Mathieu le Bart fut gratifié de nombreux bénéfices, il y a tout lieu de croire qu'il possédait des titres aux faveurs du Saint-Siège ou qu'il comptait de puissants protecteurs. Toutefois, puisqu'à partir de 1321 Jean III ne sollicite plus pour lui aucune dignité ecclésiastique et puisque les bulles ne mentionnent plus sa charge de chancelier, il faut supposer qu'il avait déjà résilié celle-ci

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 19:52

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 18:21

 

1ère phase : la domus (villa luxueuse)

 

Au 1er siècle de notre ère, le site accueille un bâtiment en équerre, composé de trois pièces. Il entoure une petite cour, espaces des activités quotidiennes, comprenant un puits et peut être un foyer.

 

2ème phase : la domus claudienne

 

La domus se développe sous le règne de l'empereur Claude (règne de 41-54) pour occuper 600 m2. Des bâtiments sont ajoutés vers le sud. Un portique est présent sur les trois faces de la cour, devenue un jardin. La maison est bordée à l'est par une petite ruelle qui la sépare d'une autre domus.

 

3ème phase : la domus antonine.

 

Au IIème et IIIème siècle ap. J-C. la domus atteint son stade final. Elle s'étend alors vers l'ouest au-dessus de la ruelle qui est détruite, en englobant une partie du bâtiment voisin. L'absence de témoignages significatifs dans les espaces conservés de la maison ne nous permet pas d'identifier les pièces de manière certaine. Toutefois, nous pensons imaginer que les salles liées aux activités quotidiennes s'organisent davantage autour du jardin pour être à proximité du puits.

 

4ème phase : les thermes.

 

Entre la fin du IIIème et le début du IVème siècle après J.C, la domus est partiellement détruite et ses fondations sont intégrées au nouveau complexe thermal construit à l'ouest, appartenant peut être à une riche corporation coriososlite. Les thermes présentent une succession de salles chaudes, tièdes et froides, en utilisant un système de chauffage par le sol : l'hypocauste. L'ensemble à l'est, entouré d'un portique de 3 m de large, pourrait être la palestre des thermes, où les visiteurs font de l'exercice avant de se baigner. Pourtant sa taille réduite laisse à penser qu'il s'agirait davantage d'un schola, une école appartenant à une riche corporation, ou d'un macellum , un bâtiment commercial.  

 

Le site du Clos-Mulon au fil du temps.

 

Le site du Clos-Mulon nous permet de suivre l'évolution d'une maison urbaine pendant plus de trois siècles. Elle montre l'enrichissement des élites qui adoptent les plans des domus romaines.

 

1ère phase : la domus

 

Au 1er siècle de notre ère, le site accueille un bâtiment en équerre, composé de trois pièces. Il entoure une petite cour, espaces des activités quotidiennes, comprenant un puits et peut être un foyer.

 

2ème phase : la domus claudienne

 

La domus se développe sous le règne de l'empereur Claude (règne de 41-54) pour occuper 600 m2. Des bâtiments sont ajoutés vers le sud. Un portique est présent sur les trois faces de la cour, devenue un jardin. La maison est bordée à l'est par une petite ruelle qui la sépare d'une autre domus.

 

3ème phase : la domus antonine.

 

Au IIème et IIIème siècle ap. J-C. la domus atteint son stade final. Elle s'étend alors vers l'ouest au-dessus de la ruelle qui est détruite, en englobant une partie du bâtiment voisin. L'absence de témoignages significatifs dans les espaces conservés de la maison ne nous permet pas d'identifier les pièces de manière certaine. Toutefois, nous pensons imaginer que les salles liées aux activités quotidiennes s'organisent davantage autour du jardin pour être à proximité du puits.

 

4ème phase : les thermes.

 

Entre la fin du IIIème et le début du IVème siècle après J.C, la domus est partiellement détruite et ses fondations sont intégrées au nouveau complexe thermal construit à l'ouest, appartenant peut être à une riche corporation coriososlite. Les thermes présentent une succession de salles chaudes, tièdes et froides, en utilisant un système de chauffage par le sol : l'hypocauste. L'ensemble à l'est, entouré d'un portique de 3 m de large, pourrait être la palestre des thermes, où les visiteurs font de l'exercice avant de se baigner. Pourtant sa taille réduite laisse à penser qu'il s'agirait davantage d'un schola, une école appartenant à une riche corporation, ou d'un macellum , un bâtiment commercial.

 

Ci dessous d'après reproduction effectuée par Jean-Pierre Bardel, 1996 et Catherine Bizien-Jaglin, 2004

 

 

La domus

Au cœur de Corseul

 

Histoire du site, d'hier et d'aujourd'hui

 

Son histoire et ses vestiges nous sont aujourd'hui dévoilés, grâce aux fouilles archéologiques menées de 1965 à 1971 par Bertrand Chiche et Guy Guennou, sous l'impulsion de la société Archéologique de Corseul. Le clos Mulon a été le premier site gallo-romain de Bretagne fouillé selon la méthode stratigraphique, c'est à dire, couche après couche. Ce site archéologique est classé Monument Historique en 1990 et 2000. Sa valorisation met aujourd'hui l'accent sur la domus claudienne du Ier siècle de notre ère et permet de revivre le quotidien de cette luxueuse habitation.

 

 

 

A la découverte de la domus du Clos Mulon

 

Nous sommes ici sur l'ancienne voie publique, le decumanus. L'accès à la maison s'effectuant depuis la ruelle la bordant à l'ouest et la séparant d'une autre domus. Rentrons maintenant dans l'espace privé de la domus du Clos Mulon et découvrons ensemble son histoire, grâce à Gaius Flavius Ianuarius, notable de l'antique Corseul, invité à un banquet par le propriétaire de la domus. Avant d'entrer, il recule de quelques pas pour admirer la belle bâtisse couverte de tuiles. L'édifice dispose d'un étage. Gaius frappe à la porte, après quelques minutes un serviteur apparaît dans l'entrebâillement de la porte et l'invite à pénétrer dans le bâtiment. 

 

 

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