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18 juin 2015 4 18 /06 /juin /2015 12:33

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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 17:59

L'auditoire de la juridiction seigneuriale de l'abbaye était situé, de temps immémorial et jusque vers la fin du XVIIIe siècle, dans la rue aux Fèvres, aux environs de la halle qui vient de disparaître récemment.

 

 

Cet auditoire de justice servait également, du consentement des religieux, aux réunions de la communauté de ville ; et la cloche de l'hôpital, situé non loin de là è cette époque, était employée comme signal pour convoquer l'assemblée des bourgeois. Enfin l'avertissement du héraut, qui se faisait à demeure pour chacun des membres délibérants du corps de ville, suppléait à la faiblesse du son de la cloche susdite, et ne permettait à personne de prétexter cause d'ignorance. Mais les délibérations municipales des siècles anciens n'ont pas laissé de trace ; et ce n'est qu'à partir du XVIIIe siècle, que les registres ont été conservés « Item ledict Abbé a privilège que tous les hommes mariez manans et habitans en ladicte ville de Redon sont tenus et subiects, à l'appeau (appel) que d'eux sera faict par les dicts officiers (de la juridiction abbatiale), le iour de ladicte vigille de my-aougst, se rendre et comparoir en armes, sans adiournement ny autre assignation, en armes en édicté abbaye, au davant de l'auditoire, heure de trois heures de l'apres midy, pour aller de là par la ville en compaignie desd. officiers, pour voir s'il y a aucuns qui voulussent s'esmouvoir et troubler le peuple à la foire de la my-aougst, qui se tient audict Redon le lendemain de ladicte seste de la my-aougst, et ce, sur peine d'amende pour les défaillants. Et à lafenestre de chacune maison doict estre mis lorsque lesdicts officiers, hommes et subiects passent en armes, une chandelle de suif allumée, sur peine d'amende sur les défaillants. Et lesdicts manans de ladicte ville qui aient esté mariez en l'an doivent ledict jour, après ledict guet, chacun deux pots de vin d'Anjou ou de Gascongne, et ung pain de six deniers aux officiers dudict Abbé.» Cette coutume fut conservée jusqu'à la Révolution française. A coup sûr on devait, au XVIIIe siècle, voir avec étonnement, sinon tourner en ridicule, cet armement subit des paisibles citoyens, cette démonstration de parade, cette illumination en plein jour, et cet appel nominal des hommes mariés avec amende pour les non-comparants. Alors, en effet, les troupes de la garnison, le commandant de place et la maréchaussée avaient tout ce qu'il fallait d'influence pour maintenir le bon ordre en ville, sans avoir recours au procureur fiscal de l'abbaye et à sa troupe un peu confuse de bourgeois et manants armés. Néanmoins cette cérémonie, devenue puérile en ses derniers temps, nous reporte aux siècles où les seigneurs locaux avaient seuls la charge de maintenir le calme nécessaire. Ils fixaient les jours où les foires devaient se tenir ; ils y devaient faire régner le bon ordre. Or, dans ce rassemblement tumultueux, bien plus confus que de nos jours, parce que les voies et moyens de transactions commerciales étaient plus rares, il fallait mettre la paix entre tant de gens de contrées diverses venus de fort loin, et qui encombraient la ville pendant la nuit. II n'y avait point alors de troupes réglées ni de gendarmerie : c'était au seigneur à faire faire la police par les hommes les plus valides qu'il pouvait trouver parmi ses vassaux. On choisissait donc pour cela les hommes mariés, afin d'atteindre la limite de l'âge où l'homme est robuste et fort. C'est le principe (si honoré depuis nos révolutions, si honorable dès auparavant) de l'armement de tous les citoyens pour le maintien de Tordre, sous la direction de l'autorité légitimement constituée. La mesure d'illumination générale s'exécutait primitivement la nuit, comme il était à propos pour favoriser la circulation des détachements armés de cette sorte de garde urbaine. Tout cela peut être considéré comme de la police assez bien entendue. II n'est pas jusqu'à l'appel nominal des hommes mariés qui ne fournît une excellente occasion de recensement, opération trop rare à cette époque, et qui s'étendait ainsi, dans le cas présent, au moins à tous les chefs de famille. II est donc à remarquer que cette coutume féodale, toute bizarre qu'elle fût à la fin, nous a conservé fort à propos un témoignage favorable de la sollicitude qu'apportait l'abbaye de Redon à maintenir la sécurité de ses vassaux. Ce qui n'avait laissé trace qu'en ce seul jour et pour mémoire, se faisait sans doute à l'origine avec le même soin dans toutes les occasions où cela était nécessaire ; et l'on peut dire à l'égard de « la chevauchée de la my-aougst» ce que l'on dit avec justesse d'une autre coutume qui existait également à Redon : le tir du papegault. On avait conservé, dans les derniers temps, cet ancien usage que pour un seul jour de année, le 1er mai ; et ce n'était plus guère qu'une, occasion de fêtes et de réjouissances.

 

 

A l'origine, au contraire, c'étaient les exercices réguliers des compagnies d'archers et d'arbalétriers, qui plus tard avaient adopté l'arquebuse et le mousquet, en attendant les perfectionnements du fusil moderne. Mais ce tir du papegault, qui avait fini par être un jeu d'amateurs, avait été d'abord un exercice sérieux, lorsque, l'armée permanente n'existant pas encore, il fallait que chaque paroisse eut une compagnie de milice bien exercée ; en sorte que ce qui devint par la suite un amusement avait à l'origine autant d'importance que les manoeuvres stratégiques de nos troupes régulières. Aussi nous ne pouvons nous associer à ceux qui voyaient avec dédain ces traditions d'un autre âge; et nous sommes heureux de retrouver ces coutumes vieillies qui, tout en ayant l'avantage d'être inoffensives si elles n'avaient plus celui d'être utiles, nous ont en outre conservé des renseignements précieux sur l'état de choses qui existait à l'époque de leur institution première. Voici pourtant des extraits de l'Aveu qui prouvent que les mesures étaient aussi bien prises à cet égard pendant le moyen âge que dans notre siècle : « A ledict sieur Abbé droict de mettre les bouchers pour vendre chairs en la halle et cohue dudict Redon, et d'eux prendre le serment, par le moyen du prieur claustral de ladicte abbaye, dosidellement se porter en leur estât ; et d'establir un depputé en la halle (pour vérifier les pesées et fixer le prix de vente), à la nomination toutefois du sieur de Beaumont. Lesdicts bouchers ne doivent tuer beufs ny vaches qu'ils ne les ayent menés devant la maison du depputé pour cest effect mis par ledict sieur Abbé, pour voir s'ils sont sains et mangeans, sur peine de soixante solz d'amende. » Dom P. Jausions

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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 12:57

L'Abbé de Redon avait le droit de mettre un maître d'école en chacune des paroisses de Redon, de Bains, de Brain et de Langon pour instruire et apprendre les enfants « desdicts lieux. » En se réservant le droit de choisir des maîtres probes et capables pour former la jeunesse, il avait accepté évidemment la charge de les rétribuer ; car à cette époque, dans l'Église, on ne nommait pas à un emploi sans être tenu par là même d'en délivrer le revenu au titulaire. Mais, quelque préoccupés qu'ils fussent de l'intérêt des âmes, l'Abbé et ses religieux ne négligeaient pas pour cela le soin des misères corporelles. L'hôpital de la ville de Redon les reconnaît également pour ses fondateurs. L'acte le plus ancien conservé dans les archives hospitalières de.la ville est daté de 1438, et se trouve être, par conséquent, bien postérieur aux temps que nous avons parcourus jusqu'ici dans cette histoire. Nous sommes obligé néanmoins d'y avoir recours, faute de pouvoir remonter plus haut Du reste, il constate lui-même une tradition déjà vieille à cette époque, et peut servir ainsi de témoin fidèle pour le passé. II n'est pas question, dans cet acte, de la fondation de l'hôpital, qui existait déjà bien auparavant ; mais de rétablissement d'une chapelle dans les bâtiments de cet hospice. L'Abbé de Saint-Sauveur, Guillaume Chevrel, signataire de cette pièce y prend sans contestation, du chef de ses prédécesseurs, la qualité de « fondeur, patron et gouverneur-général de ladicte maison-Dieu. » C'était donc un titre bien acquis, et qui, du reste, n'a jamais été contesté, On a bien pu, dans la suite, faire des procès aux moines, lorsqu'ils négligèrent parfois (à tort), de payer les redevances auxquelles ils s'étaient primitivement taxés eux-mêmes, et sur lesquelles par suite on comptait, comme sur une dette, pour la subsistance des pauvres ; mais on n'a jamais pu leur dénier le titre de fondateurs et principaux bienfaiteurs de l'hospice de Redon. de leur sollicitude, II n'y avait point encore, au milieu du XVe siècle, de chapelle dans l'hospice de Redon ; c'est à ce sujet que « Guillaume, humble Abbé du benoist moustier monseigneur Saint-Sauveur de Redon, et le convent d'iceluy, le chappitre tenant, la campane sonnée 8, comme est accoustumé, » nous font entendre l'expression naïve de leur compatissance, « En nostre ville a ung hospital et meson-Dieu comancés (fondés) en honneur et révérence de Nostre Seigneur et de la benoiste Vierge Marie et de monseigneur sainct Julian pour loger et soubtenir les povres chrestiens, quels y viennent et y affluent chacun jour en grant multitude,,,., II avient souventes fois que plusieurs povres malades audict hospital y trespassent misérablement par longues pestilances de maladies et autrement, sans ouir messes ne veoir leur Saulveur et le nostre Jhesus crist : dont est pitié, Nous qui suymes grandeur, patron et gouverneur général de ladicte maison-Dieu, désirant le bien et augmentation dudict hospital, et faire accomplir les euvres de miséricorde,., par ces présentes voulons et octroyons que lesdicts bourgeois et habitants denostre dicte ville et forsbours puissent faireériger une chapelle de quatorze piez de franc, etun aultier (autel) seullement dans ladicte meson Dieu, au nom de Nostre-Dame et monseigneur sainct Julian, afin de y faire dire et célébrer messes en faveur d'iceux povres et autres chrestiens qui auront devocion de visiter ledict hospital, etc. »

 

 

On lit dans les Aveux rendus par les administrateurs de l'hospice, qui fournissent la déclaration des biens et rentes de cet établissement, que « lesdits religieux doivent chacun an audit hospital douze tonneaux de bled seigle et un cochon gras, aux termes ordinaires, » c'est-à-dire aux approches du carnaval. L'aumônier de l'abbaye devait aussi « soixante mines 8 de seigle » par an à l'hospice, à prendre sur les prieurés de Marsac et de Macérac, et ce « à raison de la cérémonie du lavement des pieds le Jeudi-Saint, » De plus, les religieux devaient donner donner, tous les jours, « les reliefs de leur table et la portion des o absents, » à la porte du monastère ou bien à l'hôpital; et comme le nombre des religieux était alors très-considérable, ce genre d'aumône paraît avoir été d'une certaine importance pour l'hospice, en sorte que les administrateurs exigèrent plusieurs fois la continuation de cette forme de secours. Après avoir pourvu aux intérêts spirituels et aux besoins matériels des habitants de Redon, l'Abbé et le convent de Saint-Sauveur avaient dû, pour remplir leurs obligations seigneuriales, veiller à la bonne administration de la justice et de la police. On n'a pas oublié que saint Convoïon lui-même, malgré les soins incessants du gouvernement intérieur du monastère, malgré l'attrait puissant qui l'entraînait vers la solitude et l'oraison, n'omettait pas de venir écouter en personne les plaintes et les différends de ses vassaux, s'asseyant volontiers pour cela sous un arbre, à la porte des églises de Bains ou de Redon, et terminant avec sagesse les affaires que l'on venait lui soumettre de toutes parts. L'accroissement de la population redonnaise et l'effacement progressif de l'antique simplicité demandèrent bientôt une autre forme de tribunal. Néanmoins, un des religieux conserva toujours le titre et les fonctions d'official de l'Abbé pour les causes ecclésiastiques du territoire exempt. Quand aux causes civiles, elles furent dévolues à un juge séculier. II exerçait toujours, il est vrai, la juridiction abbatiale qui lui était confiée en cette partie; mais il était choisi parmi les juristes laïques, par respect pour les saints canons, qui défendaient aux personnes ecclésiastiques de s'occuper des causes civiles autrement que par arbitrage gracieux, et non par sentences directes sur des plaidoiries contentieuses. Dom P. Jausions

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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 12:27

Tous les debvoirs qui se levoient auparavant sur les marchandises et denrées qui abordoient ail, tournoient au profit de l'Abbé ou de son monastère, en vertu du privilège concédé aux religieux de ladite abbaye par les précédens ducs de Bretagne, qui s'étoient déportés de ce droit en faveur du monastère ; d'où vient qu'en ce temps-là, comme le tribut estoit fort modique, le trafic qui s'exerçoit à Redon estoit si grand, qu'il sembloit estre le magasin de la province, où les marchands de Rennes, de Saint-Malo, d'Anjou, de Normandie et de Mayne accouroient, pour de là transporter en leurs provinces toutes sortes de marchandises, qu'on y rencontroit en abondance; et, en une enqueste faite environ l'an 1400, par commandement et autorité du duc, touchant les debvoirs que l'Abbé de Redon levoit sur les marchandises qu'on amenoit à Redon tant par eau que par terre, plusieurs témoins déposent que quelquefois, en une seule marée, abordoient au port de Redon plus de cent cinquante vaisseaux chargés de toutes sortes de marchandises, et que les rues en estoient si remplies qu'à peine un hommeà cheval pouvoit-il commodément passer. Mais, depuis que les guerres civiles eurent commencé, et que les ducs, pour subvenir aux frays d'icelles, eurent imposé des tailles, tant sur leurs subjects par teste que sur les marchandises, le commerce commença à diminuer de beaucoup, et l'Abbé de Redon perdit beaucoup des debvoirs qu'il avoit de coutume de lever auparavant . On voit qu'il faisait bon vivre sous la crosse à Redon, Vers la fin du XIVe siècle. Cette prospérité étonnera probablement la plupart des lecteurs qui, entendant supputer sans cesse les années de guerre dont nos pères subirent le fléau, en sont venus à croire que leur sort était tout à fait intolérable. Rien de moins fondé, pourtant, que les conséquences tirées de ces statistiques prétendues historiques.  Il nous faut maintenant jeter un coup d'oeil sur les institutions qui avaient pour objet de répondre aux différents besoins du peuple de Redon pendant le moyen âge. Ici encore nous trouvons partout, à l'origine, l'action bienfaisante des moines, et la création de tous les établissements utiles entreprise par leur initiative.Les intérêts spirituels du peuple qui les entourait durent tout d'abord appeler leur attention. Tant que les habitants de Redon furent peu nombreux, ils n'eurent d'autre église que celle du monastère, et la basilique du Sauveur réunissait dans son enceinte les fidèles avec les moines, qui leur annonçaient la parole divine et leur administraient les sacrements. Plus tard, la population étant devenue plus nombreuse, on sentit le besoin de construire pour les séculiers une église à part ; d'autant que la grande église de l'abbaye étant devenue un lieu de pèlerinage très-fréquenté, il aurait pu résulter une certaine gêne pour les habitants de la ville de se trouver confondus avec la foule des pèlerins,

 

 

D'ailleurs, l'accroissement de la population sédentaire exigeant par lui-même un plus grand nombre de services religieux pour les particuliers, l'office des moines, si long et si solennel, surtout à cette époque, en eût été troublé. C'est pour cela qu'une église à part et une administration spéciale furent jugées nécessaires, et la paroisse fut créée. Elle fut placée sous l'invocation de Notre-Dame. L'édifice qui lui fut consacré subsiste encore, au haut de la place, vers l'entrée du faubourg. Nous en avons dit un mot au chapitre précédent. Quoique rebâti dans la suite, il a conservé, surtout à la tour du portail, des parties évidemment anciennes, et qui peuvent ainsi faire déterminer à peu près l'époque de la fondation de la paroisse. Or, ce service paroissial, quoique transféré dans une église séparée, continua d'être fait par un ou plusieurs des religieux, désignés pour cela; en sorte que, plus tard, lorsqu'il ne leur fut plus possible de remplir eux-mêmes cette fonction et qu'ils durent se faire suppléer par un prêtre séculier, ils conservèrent néanmoins le titre de recteurs primitifs, pour rappeler que c'était par eux que la paroisse avait été d'abord créée et administrée. Dom P. Jausions

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16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 17:33

Nous avons eu l'occasion d'aborder le remarquable travail d'Arthur Le Moine de la Borderie consacré à un examen chronologique des chartes du Cartulaire de Redon. Voici à présent d'autres actes liés à l'histoire de cette abbaye. Dans ses premiers temps, l'abbaye de Redon ne put jouir que d'un petit nombre d'années de paix. Mais, lorsque l'épée d'Alain Barbe-Torte eut délivré la Bretagne du fléau des invasions normandes, avec le travail, la prospérité ne tarda pas à se rétablir. Cette prospérité donna naissance,-cela n'est pas sans exemple, -à une sorte de lutte entre les religieux de Saint-Sauveur et le commun des habitants de la ville (vulgus totius villoe), qui prétendaient se soustraire à toute espèce d'impôt. Les moines durent en référer au duc Conan II, un jour qu'il était venu visiter l'abbaye. Or, le prince, ayant rassemblé les seigneurs de sa suite, leur soumit la réclamation des religieux, avec prière de l'examiner et de lui faire connaître leur avis. Les deux parties comparurent donc devant leurs juges; et ceux-ci, le duc présent, condamnèrent les habitants de Redon à payer aux moines tous les impôts qu'on a coutume de percevoir dans les autres villes du pays. En conséquence, il fut arrêté, par décision des nobles et par autorité du prince, que le receveur de l'abbaye prélèverait un droit sur le pain, la viande, et les autres denrées de même nature ; que, sur le vin, l'hydromel, la cervoise et la liqueur aromatisée (pigmenium) les religieux prendraient une bouteille par muid (ancienne mesure) ; que les drapiers, sans préjudice d'autres devoirs, offriraient, à Noël, une tunique à l'Abbé; qu'à la même époque, et, en outre, au temps de Pâques, certains cordonniers payeraient douze deniers et d'autres, faisant usage de peaux d'agneaux et de moutons, se tiendraient aux deux époques précitées, à la disposition de l'Abbé de Saint-Sauveur, pour exécuter, dans l'intérieur du monastère, tel travail qui leur serait indiqué par les frères ; enfin que les selliers présenteraient une selle à Pâques, et une seconde le jour de la Nativité du Sauveur

 

 

L'exemption de tous les péages et impôts qui grevaient les marchandises, -privilège dont jouissait l'Abbé Catuallon, en 1026, fut un puissant moyen d'accroissement pour le commerce redonnais. Cependant, s'il fallait en croire le géographe arabe Édrisi, qui écrivait dans la première moitié du XIIe siècle, Redon située sur un territoire abondant et fertile, et dont les maisons étaient jolies et bien habitées, n'aurait été, dans ce temps-là, qu'une ville sans importance . Cela s'accorde peu, je dois le dire, avec les données fournies par l'histoire sur l'état florissant de l'industrie redonnaise vers la même époque , et surtout avec la prospérité inouïe de la ville monacale sous le règne des premiers ducs qui succédèrent à Pierre de Dreux et à son fils Jean le Roux. On en pourra juger, au surplus, par l'extrait suivant, que nous empruntons à l'une des chroniques manuscrites du monastère. Dom P. Jausions

 

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 18:33

 

Liste des abbés de St-Sauveur de Redon

 

Saint-Conwoion, 832-868

 

 

Saint-Conwoion d'après édition Le Flohic

 

Ritcandus fut le premier successeur de saint Convoïon. C'était lui que le saint fondateur, quand il dut se retirer à Maxent avec sa communauté, avait chargé de veiller sur les terres de Redon, afin qu'elles ne fussent pas usurpées par les seigneurs voisins pendant l'exil momentané des religieux. Ritcandus fut élu librement par les moines, selon la règle de saint Benoit, en vertu d'un privilège accordé à l'abbaye de Saint-Sauveur par le roi de Bretagne, qui était alors saint Salomon. Le nouvel Abbé releva de ses ruines le monastère de Redon, et y rappela les religieux de Maxent, sauf quelques-uns seulement qu'il y laissa. Car depuis lors ce monastère devint un prieuré dépendant de l'abbaye-mère et portant également le titre de Saint-Sauveur. Néanmoins, les chroniques nous apprennent qu'il était plus généralement connu sous le titre de monastère de Salomon, parce que ce fut ce roi qui, après l'avoir enrichi de reliques insignes et de dons précieux, le soumit, par un acte authentique, à l'abbaye de Redon. Plusieurs autres donations considérables furent faites au monastère,sous le gouvernement de l'Abbé Ritcandus. Elles lui permirent de remettre en bon état le temporel de son abbaye et d'y établir solidement la régularité. Ce fut sans doute aussi alors que les moines, en revenant de Maxent, rapportèrent à Redon le corps de leur saint fondateur et premier Abbé. Quant à Ritcandus, il mourut, disent les Annales du monastère, en 871. Nous ne pouvons rapporter ici le détail des actions de chacun des Abbés de Redon : nous en. Donnerons seulement, ci-après, la série chronologique aussi complète que possible, d'après Dom Morice; mais ici nous nous bornerons à mentionner ceux dont le règne offre le plus d'événements notables.

 

Liosic ou Loisic, élu en 871

 

Roenwammon, mentionné dan un acte de fondation en 876

 

Libérius -En 877, la chaire abbatiale était occupée par Libérius, qui était, à ce que l'on croit, le fils de Ratuili, premier bienfaiteur du monastère, Offert dès son enfance au saint Abbé Convoïon par ses parents, il avait grandi sous l'habit monastique ; et enfin les religieux, autant par considération pour ses vertus que par reconnaissance pour les bienfaits de son père, avaient réuni leurs suffrages pour le mettre à leur tête et lui confier le gouvernement de leur maison. Libérius assista au couronnement du duc Alain le Grand, qui fut fait, en 878,dans l'église d'Allaire, par Armengarius, évêque de Nantes. II semble que la paroisse d'Allaire ait été, à cette époque, une des résidences favorites des princes de la Bretagne. Car, environ dix ans après, Quérak ou Guéroc, fils du duc Alain le Grand, s'y trouvait encore quand il tomba très-gravement malade. On fit aussitôt savoir au duc le grand danger que courait son fils. Le bon père accourut en toute hâte, et trouvant son fils dans un état désespéré, il en conçut une peine extrême. Or, il y avait là, parmi les assistants, l'Abbé de Redon

 

Fulchric, successeur de Libérius. On parle de lui dans une donation du 8 novembre 888. Le duc lui demanda de mettre ses religieux en prière pour obtenir la guérison de son fils; et pour exciter davantage leur ferveur par un sentiment de gratitude, il fit don au monastère de certains domaines situés en Marsac et en Macérac. L'Abbé partit en toute hâte pour se rendre au monastère : il déposa sur l'autel du Sauveur, au nom du prince, le signe que celui-ci lui avait remis comme gage de la donation, et réunit aussitôt les frères en leur ordonnant de demander à Dieu le salut du moribond. Au moment où ils commençaient les supplications solennelles et où ils mettaient en branle toutes les cloches du monastère, pour montrer l'accomplissement de leur promesse et pour inviter tout le pays d'alentour à seconder leurs voeux, les personnes qui étaient restées à veiller auprès de Guéroc aperçurent tout le corps du malade baigné d'une sueur abondante. Une crise favorable se déclarait à l'instant même où ceux qui entouraient le lit du moribond entendirent les sons éloignés des cloches de l'abbaye. Le prince recouvra une santé parfaite, et la donation, ratifiée par son père, fut l'origine des deux prieurés de Marsac et de Macérac.

 

Riwaldus ou Riwalt, donne l'habit monastique à son frère Retvalart

 

Adémar, frère de Haimon, vicomte de Poitou, était Abbé de Redon, lorsqu'on rendit aux Poitevins le corps de saint Maixent, qui, comme nous l'avons dit plus haut, avait été apporté au prieuré de Maxent, près de Plélan, sous le roi Salomon, afin de le soustraire à la fureur des Normands. Cette restitution eut lieu en l'an 924.

 

Maynard, qui est souvent appelé dans les Actes « homme d'une vie parfaite et d'une grande sainteté», gouverna tout à la fois les deux abbayes de Redon et du Mont-Saint-Michel, sous le règne du duc Geoffroy Ier. Ce prince lui donna l'île de Guadel ou de Belle-Ile; et Maynard en confia l'administration au moine Catuallon, qui fut plus tard son successeur. En effet, vers la fin de sa vie, Maynard se retira tout à fait au Mont-Saint-Michel ; et Catuallon qui était, selon l'opinion la plus probable, frère du duc Geoffroy Ier et oncle du duc Alain, fut élu Abbé de Redon

 

Catuallon -Le gouvernement de Catuallon est l'un des plus importants de l'histoire de l'abbaye. Son élection, dit D. Morice, donna un grand relief à la communauté de Redon, et lui procura de grands biens tant qu'il vécut. Le bon état où il mit,par sa prudente administration, le riche domaine de Belle-Ile, les autres donations qu'il obtint à son monastère par sa réputation bien méritée de vertu et de sainteté, ne sont presque rien en comparaison de la faveur et de la protection des souverains du pays, à la famille desquels il appartenait, et qui, pleins de respect et d'affection pour sa personne, étendirent à toute la communauté de Redon la vénération qu'ils témoignaient au saint Abbé. C'est ce que nous apprend une sorte de petit poème, composé à cette époque par un des religieux de l'abbaye,et inséré au Cartulaire. Le bon moine, auteur de cette charte rimée, entre dans un tel enthousiasme à la vue des grandes choses opérées par le nouvel Abbé, qu'il a cru devoir en immortaliser le souvenir non par un acte ordinaire, mais par cette composition rythmique affectant évidemment une forme plus solennelle. Nous croyons faire plaisir aux amateurs de pièces curieuses du moyen âge en donnant plus loin celle-ci en entier. Pour le moment, nous nous contenterons de l'analyser, à cause de son importance. II s'agit de relater un événement capital pour l'abbaye de Saint-Sauveur: c'est son exemption définitive et complète de la juridiction des évêques de Vannes; le territoire de l'abbaye étant compris, ainsi que dit plus haut, dans les limites de ce diocèse. Déjà précédemment Susannus et Courantgen, évêques de ce même siège, avaient accordé aux moines de Redon plusieurs privilèges, tels que celui de se faire donner les saints Ordres par n'importe quel évêque catholique, lorsqu'une difficulté quelconque leur rendait pénible le voyage de Vannes. Quant au vénérable Abbé Catuallon, sa mort se trouve marquée sous l'an 1041 dans la chronique de Quimperlé. Mais il paraît, suivant Dom Morice, que cette date est fautive, et que c'est seulement en 1050 que mourut le saint prélat.

 

Hogonnanus, n'est connu que par la Chronique de Quimperlé

 

Pérennès, deuxième successeur de Catuallon, continua l'oeuvre de son illustre devancier en envoyant de tous côtés de nouvelles de la Chaume, en 1055 , pour les monastères de Sainte-Croix de Josselin,de Her dans l'île de Noirmoutier, en 1060, et de Notre-Dame de Pembeuf. Dieu continuait ainsi de bénir la ferveur et la régularité des moines de Redon, en sorte qu'on les demandait de toutes parts pour venir ouvrir de nouveaux asiles à la piété et à la charité. Enfin, pour que rien ne manquât à Illustration de l'abbaye de Saint-Sauveur, elle allait bientôt compter au nombre de ses religieux un duc de Bretagne. Alain,quatrième du nom,surnommé Fergent, dont nous n'entreprendrons pas de raconter ici la vie aventureuse, avait causé beaucoup de tort à l'abbaye par ses exactions, et par les corvées injustes qu'il avait fait faire aux vassaux de Saint-Sauveur pour la construction du château de Blain. Enfin, frappé à Redon même, d'une maladie dangereuse qui fut pour lui une faveur de la miséricorde divine, touché de la grâce, il sollicita son admission dans ce monastère qu'il avait trop longtemps désolé par ses injustices. II abandonna à son fils le gouvernement de la Bretagne ; puis, ayant obtenu le consentement de son épouse, Ermengarde d'Anjou, pour entrer en religion, il déposa la couronne ducale, et vint se jeter aux pieds de l'Abbé de Redon, qui était alors Hervé.

 

Hervé, selon la chronique latine de l'abbaye, attira sur lui les regards de toute la Bretagne, en recevant à pénitence le duc Alain Fergent, qui avait causé tant de maux aux Abbés ses prédécesseurs, il leva l'anathème qui pesait sur le coupable, et, quand le prince eut recouvré la santé, il eut la joie de l'admettre au sein de la congrégation. e que ses commencements.

 

Almodus, cité en 1075

 

Bili, cité en 1084

 

Robert, abbé de 1086 à 1091

 

Justin, assiste aux obsèques d'Emma de Léon et vivait en 1115

 

Gautier vivait en 1118

 

Guillaume, abbé de Redon en 1140

 

Yves, prieur claustral de Redon remplaça Guillaume et vécu jusqu'en 1158

 

Silvestre , du Paz le fait mourir en 1169

 

Vivien, Jean, Daniel, Henri de Rigoer, Robert Bisel, Jean de Guipry, occupèrent le siège abbatial depuis les dernières décennies du XIIe siècle -1187, jusqu'en 1307

 

Olivier de Berno, abbé en 1332

 

Jean de Tréal, en fonction depuis 1340 jusqu'en 1370. Abbé de Saint-Sauveur, il crut devoir entourer Redon de murailles et de fossés quand advint la guerre de succession de Bretagne avant la bataille d'Auray

 

Mathieu Le Bar, abbé de 1370 à 1380

 

Guillaume de Trébiguet, abbé de 1384 à 1390

 

Raoul de Pontbrient cité de 1396 à1403 

 

Jean de Pontbrient, cité en1404

 

Raoul II de Pontbrient cité de 1419 à 1422. Il s'éteignit le 18 décembre 1428

 

Guillaume Bodard, cité de 1427 à 1428 date à laquelle il mourut

 

Simon Chesnel cité en 1428-1429

 

Guillaume Chesnel cité de 1429 à1439

 

Jean de Sesmaisons cité en 1439

 

Yves le sénéchal, cité de 1440 à 1467

 

Alain de Coëtivy, archevêque d'Avignon, fut nommé abbé de Redon en 1468-il y resta jusqu'en 1474 et mourut cette année là à Rome

 

Odet de la Rivière, évêque de Vannes élu en 1474 mourut le 7 octobre 1492

 

Guillaume Guéguen  obtint Redon en commande en 1492

 

Antoine de Grignaux cité de 1500 à 1505

 

Pierre de Brignac, cité de 1506 à 1514

 

Cardinal Louis de Roussy, abbé de 1515 à 1519 

 

Clément Champion, abbé de 1524 à 1528

 

Jean Salviati, abbé de 1528 à a mort en 1553

 

Cardinal Bernard Salviati, frère du précédent, abbé de 1553 à 1568

 

Paul-Hector Scotti 1568 à 1596

 

Antoine d'Espinay cité de 1600 à 1622

 

Armand du Plessix de Richelieu cité de 1622 à 1642. Le très illustre cardinal, homme d'état sous la Régence de Anne d'Autriche. Ci-dessous

 

 

César de Choiseul cité de 1643 à 1648

 

Alexandre de Choiseul du Plessis-Praslin, frère du précédent, cité en 1652

 

Auguste de Choiseul du Plessis-Praslin, parent des  précédents, cité de 1652 à 1681

 

Emmanuel de la Tour d'Auvergne  cité de 1681 à 1692

 

Henri de la Tour d'Auvergne, archevêque de Vienne en 1722 puis cardinal en 1727, cité de 1692 à 1740. Ci dessous

 

 

 Henri des Nos grand vicaire de Saint-Brieuc il fut appelé à Redon le 29 maai 1747, et mourut en exil en 1793

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 07:02

 

 

Ur werzenn nevez zo savet 
Traitour, ah! mallozh dit 'ta !

War markiz Pontkalleg eo graet 

Ker koant, ken drant, ker kalonek ! 
Traitour, ah! Mallozh dit...

 

Mignon a oa d'ar Vretoned 
Abalamour anezho oa deuet 

Abalamour anezho oa deuet 
Hag etrezo oa bet maget 

Mignon a oa d'ar Vretoned 
D'ar vourc'hizien ne lâran ket 

D'ar vourc'hizien ne lâran ket 
A zo a-du ar C'hallaoued 

A zo atav 'klask gwaskañ re 
N'o deus na madoù na leve 

Nemet poan o divrec'h, noz-deiz, 
Evit magañ o mammou dehe 

Lakaet en devoa en e benn 
Disammañ deomp-ni hor c'hordenn 

Gwarizi-tag d'ar vourc'hizien 
O klask an tu e'it hen dibenn 

- Aotrou Markiz, aet da guzhet, 
An tu a zo gante kavet ! 

II 

Pellik zo emañ dianket ; 
Evit e glask, n'e gaver ket 

Ur paour eus kêr, o klask e voued, 
Hennezh en deus hen diskuliet 

Ur c'houer n'her defe ket graet 
Pa vije roet de'hañ pemp kant skoed 

Gouel Maria 'n Eost, deiz evit deiz, 
An dragoned oa war vale : 

"Lâret-hu din-me, dragoned, 
O klask ar Markiz emaoc'h bet ? 

- O klask ar Markiz emaomp bet 
Daoust penaos emañ-eñ gwisket ? 

- Er c'hiz diwar-maez 'mañ gwisket, 
Glas e vorled hag eñ bordet 

Glas e jak, ha gwenn e chupenn ; 
Bodroù ler ha bragoù lien 

Un togig plouz neudennet-ruz 
War e skoaz, ur pennad blev-du 

Ur gouriz-ler, div bistolenn, 
Hag hi a Vro-Spagn, a-zaou denn 

Gantañ dilhad pilhoù-huan, 
Gant unan alaouret dindan 

"Mar fell deoc'h-hu reiñ din tri skoed 
Me a roy deoc'h-hu e gavet 

- Tri gwenneg zoken na roimp ket, 
Taolioù sabren ne lâromp ket 

Ne roimp ket zoken pemp gwenneg 
Ha te reiñ deomp kaout Pontkalleg 

- Dragoned ker, en an' Doue ! 
Na it ket d'ober droug din-me ! 

Na it ket d'ober droug din-me 
Ho heñchañ raktal e rin-me 

'Mañ-eñ du-se, er sal, ouzh taol, 
O leinañ gant person Lignol" 

III 

"Aotrou Markiz, tec'het, tec'het ! 
Me wel erru an dragoned 

Me wel an dragoned erru 
Sternoù lugernus, dilhad ruz 

- Me na gredan ket em c'halon 
E krogfe ennon un dragon 

Ne gredan ket 'vez deut ar c'hiz 
Ma krog an dragon er Markiz" 

Oa ket e gomz peurachuet 
Tre 'barzh ar sal o deus lammet 

Hag eñ da beg 'n e bistolenn : 
"Neb a dost ouzhin 'n defo 'n tenn !" 

Ar person kozh, dal m'her gwelas, 
Dirak ar markiz 'n em strinkas : 

"En anv Doue, ho Salvez, 
Na dennet ket, ma Aotrou ker !" 

Pa glevas anv hor Salver 
En deus gouzañvet gant douster 

Anv hor Salver pa glevas 
Daoust d'e spered eñ a ouelas 

Rez e galon strakas e zent 
Ken a droc'has, sonn : "Deomp d'an hent !" 

A-dreuz parrez Lignol pa ae 
Ar gouer paour a lavare, 

Lâret a rae al Lignoliz : 
"Pec'hed eo eren ar markiz !" 

Pa ae e-biou parrez Berne 
Digoue't ur frapad bugale : 

"Mad-deo'ch, mad-deoc'h, Aotrou Markiz ! 
Ni ya d'ar vourc'h, d'ar c'hatekiz 

- Kenavo, bugaligoù vat, 
N'ho kwelo mui ma daoulagad 

- Da belec'h it eta, Aotrou ; 
Ha dont na reot souden en-dro ? 

- Me na ouzon ket, Doue 'r goar ; 
Bugale baour, me zo war var" 

O cherisañ en defe graet 
Panevet e zaouarn ereet 

Kriz vije 'r galon na ranne 
Re 'n dragoned zoken a rae 

Paotred-a-vrezel, koulskoude, 
O deus kalonoù kriz enne 

Ha pa oa digoue't e Naoned 
E oa barnet ha kondaonet 

Kondaonet, naren d'an tud-par, 
Nemet tud koue'et diouzh lost ar c'harr 

Da Bontkalleg 'deus int lâret : 
"Aotrou Markiz, petra 'peus graet ? 

- Pezh a oa dleet din da ober 
Ha graet-hu ivez ho micher !" 

IV 

D'ar sul kentañ pask, hevlene, 
Oa kaset kannad da Verne 

"Yec'hed mat deoc'h-holl, er gêr-mañ, 
Pelec'h 'mañ ar person dre-mañ ? 

- 'Mañ o lâret e oferenn, 
'Mañ o vonet gant ar bregenn" 

Pa oa o vonet d'ar gador, 
Oa roet de'hañ ul li'her el levr 

Ne oa ket gouest evit e lenn 
Gant an daeloù dimeus e benn : 

"Petra zo c'hoarvet a nevez 
Pa ouel ar person er c'hiz-se ? 

- Gouelañ a ran, ma bugale, 
War pezh a refac'h-c'hwi ivez 

Marv, peorien, neb ho mage, 
Neb ho kwiske, neb ho harpe, 

Marv an hini ho kare, 
Berneviz, koulz eveldon-me 

Marv neb a gare e vro 
Hag her reas betek ar marv 

Marv da zaou vloaz warn-ugent 
'Vel ar verzherien hag ar sent 

Doue, ho pet outañ truez ! 
Marv eo 'n Aotrou ! Marv eo ma mouezh !" 

 


 

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 05:53

C'est sous le règne et à l'initiative du duc de Bretagne Alain IV Fergent que fut construite l'église Saint-Sauveur de Redon.

 

 

 

La vaste abbatiale de Saint-Sauveur de Redon offre le plus bel exemple de l'art roman en Bretagne. Le clocher et le choeur en furent reconstruits au XIVe siècle et cinq travées furent abattues en 1786. La nef comptait à l'origine onze travées et sa largeur avec les bas-côtés, dépasse 21 mètres ? Cette ampleur apparaît encore au transept à deux croisillons, surmonté vers le milieu du XIIe siècle d'une magnifique tour-lanterne à trois étages et dont les arcades ajourées incitent à en rechercher le type vers le Poitou ou le Saintonge. Quand au choeur primitif, il comportait un déambulatoire terminé par un chevet en hémicycle avec chapelles rayonnantes d'inspiration tourangelle. Le diocèse d'Ajaceio par François Casta. L'église de Saint-Sauveur de Redon remonte par son origine au IXe siècle (832). Ce n'est pas l'édifice primitif, sans doute, que le Congrès a sous les yeux, hâtons-nous de le dire; c'est une reconstruction dont la date précise n'est pas connue. L'inspection du monument peut donc seule éctaircir ce point. Un incendie a dévoré la nef quelques années avant la révolution de 1789. Après la catastrophe, les réparations urgentes faites à l'antique vaisseau le raccourcirent de plusieurs mètres, et laissèrent isolée la tour du clocher, reliée à l'église dans le plan primitif. Cette tour est un curieux échantillon de l'architecture du XIVe siècle à peine commencé. Les formes rayonnantes s'y épanouissent et ne laissent aucune matière à discussion. La seule chose à regretter, c'est que la soudure de la flèche à son élégante base, soudure évidemment plus moderne, n'ait pas été ménagée avec le goût des artistes du moyen âge. En pénétrant sous les voûtes un peu basses de la nef, le Congrès a du examiner s'il restait quelque chose -de la nef romane qui a subi les ravages du feu. Sous les formes modernisées des arcades et de leurs-supports, le tact sûr de nos savants archéologues a flairé les vieux piliers romans recevant les arceaux de la même époque, le tout lourdement empâté, badigeonné et replâtré, suivant le style néo-grec du XVIIIe siècle. Des bases munies de moutures en dents de scie n'ont laissé aucun doute à cet égard. Mais je m'arrête ici. Je me garderai bien, Messieurs, de refaire après M. l'abbé Brune, dont nous regrettons tous ici l'absence, la description archéologique de l'intérieur,de l'église Saint-Sauveur. Vous avez profité des courts moments qu'il a passés au milieu de nous, et vous vous rappelez la notice savante et substantielle qu'il a bien voulu rédiger, après l'exploration faite en commun, notice qui a été insérée dans un des procès-verbaux de nos séances. Seulement si, après lui, il ne reste plus rien à dire sur le dessin hardi du carré centrât dont le style roman atteint presque l'élégance, sur la tour qui le surmonte avec ses doubles arcades superposées du XIIe siècle, sur le choeur, oeuvre magnifique et splendide, dont les voûtes aériennes, les gracieuses colonnettes, le clerestory et le triforium à jour portent, si bien caractérisé, le cachet de la fin du XIIIe siècle, du moins pouvons-nous rappeler en passant que les dates approximatives fournies par l'inspection du monument concordent avec les faits historiques et les documents écrits. C'est en effet à la fin du XIIIe siècle que les religieux de Redon, longtemps dispersés et en butte aux exactions des ducs Pierre de Dreux et de son fils Jean I, purent rentrer dans leur monastère et en relever les ruines. M. Brune n'a pas parlé en détail des monuments sépulcraux qu'on remarque dans l'église de Redon; disons-en quelques mots. La pierre tombale de Jean de Guipry, abbé, mort en 1307, que renferme encore la chapelle la plus voisine à droite de la chapelle absidale, recouvre, dit-on, les restes de celui qui mit la dernière main à l'achèvement du choeur et des chapelles rayonnantes. L'épitaphe de cet abbé, aujourd'hui presque effacée, constatait que sa mort fut un deuit public pour la ville de Redon. On le conçoit sans peine, en apprenant qu'il réunissait les vertus et les qualités les plus attrayantes la simplicité, la douceur, l'humilité, le don de la persuasion, l'amour de la justice, la générosité,'ta délicatesse de sentiments. Il est impossible de voir un spécimen plus élégant des tombeaux arqués dans le style du XVe siècle que celui de l'abbé Roul de Pontbrient, humble abbé de Redon, comme dit son épitaphe, tombeau pratiqué dans le mur Nord de la chapelle absidale, et qui sans doute était autrefois orné d'une statue tumulaire ou gisant sous le costume abbatial. A gauche, le Congrès a retrouvé la dalle funéraire qui recouvre les restes de Guillaume de Treal, « chevalier bon, prouz et léal; » mort en 1341. C'était le frère d'un abbé de Redon. Nous devons citer encore l'ancien mausolée de François 1er, duc de Bretagne, malheureusement bien mutité aujourd'hui, et dont l'arc flamboyant s'ouvre dans le mur méridional d'une des chapelles du rond-point, du côté de l'épître. Il serait intéressant de savoir ce qu'est devenue l'effigie en marbre blanc qui décorait jadis la sépulture ducale. Parmi les personnages illustres qui voulurent reposer sous les voûtes de l'église Saint-Sauveur, on compte encore Jarnithin, qui, après avoir été chef souverain des Bretons, mourut à Redon sous l'habit monastique; le comte de Vannes Pasewcten, sa femme Prostlon, Alain I' ar bras (le Grand), qui mourut à Rieux en 907, etc.; enfin le duc Alain Fergent. A son retour de la Croisade, « ce prince, dit Pierre le Baud, abandonna le royaulme terrien pour le céleste et perdurable, se retrayant au moustier de Redon pour vacquer à oraison et y fut enséputuré à grand et solennelle pompe, en présence de son fils et des seigneurs évêques et abbés de la région. Sa tombe était placée au milieu du choeur quand on t'ouvrit en 1793, on y trouva un cercueil de forme antique, contenant quelques cendres, une paire de sandales et un fragment de manteau de pourpre.

 

 

Et y a encore une partie de l'église dont M. l'abbé Brune n'a pas parlé dans sa notice. pas parlé dans sa notice. Du côté du transept Nord, et accolée à ce transept, les membres du Congrès ont visité avec intérêt une chapelle ajoutée en hors d'oeuvre au XVe siècle, et connue aujourd'hui sous le nom de chapelle des ducs. Elle est voûtée en pierre à nervures saillantes; trois fenêtres à meneaux flambloyants l'éclairent, et l'archivolte d'une de ces fenêtres offre un détail remarquable c'est un pampre de vigne délicatement sculpté qui tapisse la moulure creuse à l'intrados de l'arc formeret. A l'extérieur, cette chapelle présente, en outre, une particularité bonne à recueillir la crète du mur est garnie de machicoulis, et les ogives des fenêtres sont elles-mêmes encadrées dans une arcature de même forme, destinée à servir également de défense contre les assaillants. Cette chapelle fut édifiée vers 1440 par Yves Le Sénéchal de Carcado, abbé de Redon, qui la dédia à la Sainte Vierge. En quittant la vieille église abbatiale, le Congrès ne pouvait pas oublier le monastère voisin. S'il n'est 'plus l'asile de la savante et pieuse Congrégation bénédictine de Saint-Maur, la Société si utile et si recommandable qui en a recueilli l'héritage est bien digne de ses illustres devanciers; le Congrès a éprouvé que le zèle et le talent pour l'instruction de la jeunesse s'y allie, particulièrement chez son vénérable chef, à la sympathie la plus éclairée pour les travaux de l'Association Bretonne. Je suis heureux de pouvoir, en cet instant, me faire l'écho de la reconnaissance de tous mes collègues pour l'accueil si bienveillant que nous avons trouvé au collège de Saint-Sauveur (adhésion chaleureuse dans l'assistance). Chaleureuse dans l'assistance). La mémoire du fameux cardinal de Richelieu s'associe à l'étude architectonique des bâtiments actuels de l'abbaye. C'est à lui qu'est due la reconstruction des cloîtres et d'une grande partie des lieux réguliers. Les arcades de ce beau cloître, rempli aujourd'hui des merveilles de l'exposition régionale en produits agricoles, maraîchers et industriels,ces arcades portent bien le cachet de la première moitié du XVIe siècle, qui les vit élever. C'est en 1622 que le grand cardinal fut pourvu de l'abbaye de Redon. En 1628, il y introduisit les Bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur. Aussi les armoiries adoptées par cette illustre Société sont-elles souvent reproduites sur les clefs de voûte et aux tympans des portes. C'est le mot FAX occupant le centre de l'écusson, accompagné en chef d'une fleur de lys, en pointe des trois clous de la Passion. Dans une ancienne salle capitulaire, transformée actuellement en chapelle, la voûte, supportée par une colonne de marbre monocylindrique, est divisée en quatre caissons, avec clefs sculptées, dont vous me permettrez de vous signaler les remarquables détails la première clef est décorée de l'ancien écusson de France; la seconde, de l'écusson de Bretagne aux hermines pleines; la troisième, de l'écusson de la Congrégation de Saint-Maur; sur le quatrième écusson on lit la vieille devise bretonne Potius mori quam foedarus, « plutôt la mort que la souillure, » Des parties anciennes, si intéressantes qu'elles aient paru aux membres du Congrès, il est d'autant plus facile de passer à la chapelle moderne, que cet édifice est lui-même un monument de style ancien. Le plan et l'exécution de ce gracieux spécimen du XIIIe siècle sont l'oeuvre de M. l'abbe Brune. C'est avec le plus vif intérêt et un sentiment de satisfaction franchement exprimé que le Congrès a fait la visite de cette jolie chapelle. Si dans le détail de l'inspection, il a paru difficile de ne pas faire quelques réserves sur certains détails secondaires,l'harmonie de l'ensemble n'en a pas paru moins complète. D'ailleurs, le plus souvent c'est à des motifs d'économie qu'est due la dérogation, légère d'ailleurs, aux règles et aux traditions du style adopté par M. l'abbé Brune. Le Congrès, à l'unanimité, a donc cru devoir accorder son approbation et ses encouragements à l'essai si heureusement tenté de réunir la pureté du style à la modicité de la dépense. Le douzième siècle n'avait pas vu seulement, à Redon, la reconstruction de la puissante basilique de Saint-Sauveur. Une autre église date aussi du même siècle et peut-être même est-il possible d'y retrouver un caractère plus ancien je veux parler de l'église paroissiale de Notre-Dame. Elle a du aussi attirer l'attention du Congrès les étages inférieurs de la vieille tour du clocher avec ses arcatures romanes, ses archivoltes à moulures minces et redoublées retombant sur des colonnettes engagées dans l'angle des baies cintrées, l'arcade et la voussure de forme si grossière et si primitive de la grande porte occidentale, composent un ensemble qui mérite d'être examiné. Dans !e reste de l'église, menacée d'une ruine prochaine, on ne trouve guère à noter que quelques fenêtres du style flamboyant; les unes, comme les trois plus voisines du chevet, du côté Nord, rappelant le XVe siècle, les autres plus modernes. Elles n'ont guère d'autre valeur à nos yeux que d'avoir servi à encadrer les curieux vitraux disparus sous l'injure des temps, dont un de nos collègues a découvert et présenté ce matin au Congrès les intéressants croquis.

 

Bulletin archéologique de l'Association bretonne 1857

 

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14 juin 2015 7 14 /06 /juin /2015 18:31

Tethwiu n'était que simple clerc, quand Dieu lui fit la grâce de l'appeler à la retraité; mais il fut ordonné prêtre fort peu de temps après. II s'occupait uniquement de plaire à Dieu et de le louer. Il fut inquiété de plusieurs tentations , dont il trouva le remède dans la prière, et dans une abstinence si rigoureuse, qu'elle faisait l'admiration de la communauté, qui s'étonnait qu'il pût vivre avec aussi peu de nourriture. Quelques-uns pensaient même qu'il poussait trop loin ses austérités. Un homme riche, nommé Ronwallon, avait donné à la communauté sa maison, qui était construite en grandes pièces de bois, pour servir au bâtiment du monastère, Convoïon envoya Tethwiu pour enlever ces matériaux et les faire conduire à l'abbaye. Tout était chargé sur des charrettes attelées de boeufs ; et, comme on approchait du monastère, une des charrettes roula avec tant d'impétuosité à la descente d'une montagne voisine, qu'un serviteur de la maison, nommé Joucom, en eut le corps tout meurtri, les bras cassés et les cuisses rompues. Ce que voyant, l'homme de Dieu ne pouvait s'attendre à autre chose qu'à la mort de son valet. II se mit néanmoins en prière ; et l'effet en fut si prompt, que le domestique se leva dans l'instant, sans mal ni douleur., et, continuant de guider l'attelage, arriva sain et sauf au monastère. La douceur et la patience du saint homme furent mises a une longue et rude épreuve; car, après avoir vécu pendant assez longtemps en bonne santé, il devint muet et paralytique, et le fut cinq ans entiers. II mourut enfin, le 5 janvier ; et l'un de ceux qui portaient son corps au tombeau nous assure, dans son histoire, qu'il en sortait une odeur si agréable, qu'il semblait qu'on eût entassé dans le cercueil tous les parfums les plus délicieux Outre ces miracles, par lesquels Dieu voulut faire voir la sainteté de chacun des religieux dont nous avons parlé, il y en eut d'autres qui furent opérés, pour ainsi dire, par l'intercession de»la communauté toute entière. Ainsi on rapporte que, dans le temps où, par suite de l'accroissement considérable du nombre des religieux, il était devenu nécessaire de construire un plus vaste dortoir, un jour qu'un grand nombre de moines et d'ouvriers étaient réunis dans le nouvel édifice, occupés à y placer le plancher et la charpente, les pièces d'appui manquèrent, et toutes les poutres et chevrons tombèrent à l'intérieur avec un fracas épouvantable. Chacun, étourdi par ce bruit terrible, croyait que tous les autres avaient péri; mais par une protection toute spéciale du Seigneur, personne ne reçut aucune blessure, et tous se retirèrent sans dommage de cette périlleuse rencontre. Il arriva une autre fois qu'un vassal de l'abbaye, qui était honnête homme et cultivait fort bien sa terre, s'étant rendu aux champs avec sa charrue et ses boeufs, fut saisi tout à coup d'une paralysie qui lui enleva tout à la fois l'usage de ses membres par quelques signes et par des sons inarticulés, qu'il voulait être porté dans l'église de l'abbaye. On le plaça donc sur un brancard, et on le porta au monastère. Les moines, apprenant ce qui était arrivé, s'empressèrent de prier pour lui ; et la nuit suivante, selon son désir, on le plaça dans la basilique du Sauveur, dans cette illustre basilique où, dit le chroniqueur ancien, se sont accomplies tant.de merveilles, comme nous l'ont rapporté ceux qui en ont été les témoins. Or, comme déjà l'aurore commençait à paraître, et que les moines, chantant les Laudes, louaient Dieu comme d'une seule voix, quand on fut arrivé au Psaume qui commence par ces mots : Deus, Deus meus, ad te de luce vigilo; au moment où le choeur entonnait ce verset, le paralytique se sentit guéri subitement. U courut d'un pas rapide vers le saint autel, se servant pour louer Dieu, de sa langue dont l'usage venait de lui être rendu. II quitta le nom qu'il portait auparavant, et en prit un autre qui rappelait le souvenir de sa délivrance par les prières des moines ; puis, accompagné de tous les religieux, il alla au lieu où l'on conservait les saintes reliques, et les toucha de ses mains, en signe de la consécration spéciale qu'il voulait faire de l'ayant porté à se lier par voeu au service de l'abbaye, il ne cessa plus de demeurer avec les religieux jusqu'au temps où le Seigneur l'appela à lui. Les bornes de cette Histoire ne nous permettent pas de citer aucun des miracles opérés par les reliques des saints Marcellin et Apothème, dont le récit touchant forme le troisième livre de la vieille chronique latine de Redon. Déjà peut-être on trouvera que nous nous sommes longuement arrêté sur les détails de la vie de nos premiers Saints; mais nous avons pensé que la pieuse curiosité du lecteur accueillerait volontiers ces antiques légendes. Nous nous empressons de terminer la vie de saint Convoïon en racontant les malheurs qui, dans ses derniers jours, vinrent fondre sur sa chère abbaye. Les invasions des Normands commençaient vers cette époque, et les côtes de la Bretagne eurent tout d'abord à souffrir de la rage de ces barbares. Ils se présentèrent une première fois à l'embouchure de la Loire en 854, sous le règne d'Érispoé, fils et successeur de Nominoé. Cette première fois, l'abbaye fut préservée des insultes des Barbares du Nord par une marque visible de la protection divine. En effet, les Normands, ayant été repoussés des environs de Nantes par l'armée d'Érispoé, se rembarquèrent, et, remontant la Vilaine tandis qu'on les croyait bien loin en pleine mer, ils se présentèrent tout à coup en vue de Redon. Us descendirent et campèrent à deux milles environ de l'abbaye. Les moines, apercevant de loin cette nuée de barques guerrières, supplièrent la Majesté divine de préserver le lieu saint des outrages des païens et de l'incendie qu'ils allumaient partout sur leur passage. Un des prêtres du monastère, nommé Hinconan, célèbre par ses vertus, ne craignit, point de s'écrier, dans la sainte hardiesse de sa foi « C'est maintenant, ô Sauveur du monde, que nous allons voir comment vous saurez préserver des Barbares le lieu qui vous est consacré. Montrez à cette heure votre puissance, et notre salut est certain. » A peine avait-il fini de parler, qu'un orage terrible se forme aussitôt. Le ciel se couvre de ténèbres épaisses; les éclairs sillonnent la nue ; la foudre éclate de toutes parts, et les Normands effrayés reconnaissent les marques de la colère du Seigneur. Ils épargnent le monastère, et, b'.en loin de le livrer au pillage, ils y envoient des offrandes et font allumer des cierges sur tous les autels, après avoir placé des gardes à la porte pour empêcher toute profanation. II est vrai qu'ils se vengèrent sur les cantons voisins qui entouraient les domaines de l'abbaye. Ils y commirent mille excès, et parvinrent à faire prisonniers le comte de Vannes, Pascweten, et l'évêque intrus de la même ville, nommé Courantgen. Plusieurs des habitants du pays échappèrent à la captivité en se retirant dans le monastère de Redon, qui fut pour eux comme un asile inviolable. Les religieux, peu touchés sans doute du malheur d'un évêque qu'ils regardaient comme usurpateur de son siège, ne firent rien pour sa délivrance ; mais ils traitèrent avec les Normands pour la rançon du comte, et lui procurèrent la liberté au prix d'un calice d'or avec sa patène de même métal. Après la mort d'Érispoé, les Normands, continuant leurs courses, attaquèrent encore plusieurs fois l'abbaye de Redon, ce qui obligea saint Convoïon d'avoir recours à Salomon, cousin et successeur d'Érispoé, pour lui demander un lieu de refuge. Le roi, cédant à ses prières, prit la résolution de bâtir un nouveau monastère, auprès de Piélan, dans un lieu nommé depuis Maxent, parce qu'on y transféra, sous le règne de Salomon, les reliques Poitiers. Ce fut dans cette nouvelle maison que saint Convoïon se retira avec ses frères, tandis que l'abbaye de Redon subissait une ruine qui devait durer jusqu'après la mort de son fondateur. Lors donc que, par un secret jugement de Dieu, le vénérable monastère qui avait brillé jusque-là avec tant de gloire, enrichi somptueusement par les rois et les plus magnifiques seigneurs, eut été ravagé et détruit, Convoïon, cherchant la solitude et non la foule, se retira à Plélan avec ses frères, macérant son corps jusqu'à la fin par les veilles et les jeûnes, pleurant sans cesse la défaite des chrétiens et les désastres de sa patrie, à l'exemple de Jérémie dans ses Lamentations sur la ruine d'Israël. Après avoir passé plusieurs années dans cette douleur amère, il connut par révélation que son heure était arrivée, et mourut à l'âge de quatre-vingts ans, fut enterré avec une grande dévotion par l'évêque d'Alet (au diocèse duquel appartenait ce territoire), et placé auprès de saint Maixent, Abbé du pays de Poitiers, dont le corps avait été déposé dans la magnifique église construite par le roi Salomon. Les reliques de saint Convoïons furent rapportées à Redon par son successeur, l'abbé Ritcandus, et sa fête fut toujours célébrée solennellement dans l'église de l'abbaye, le 5 janvier de chaque année, depuis cette époque jusqu'à la Révolution française de 1789. Elle a été interrompue depuis ce temps ; mais on sait que Sa Grandeur Mgr Godefroy Saint-Marc, premier archevêque de Rennes, dans le diocèse duquel est maintenant comprise la ville de Redon, s'occupe activement de faire rétablir cette fête par l'autorité du Saint-Siège. Nous appelons de tous nos voeux le jour où les habitants de Redon pourront de nouveau rendre leurs hommages solennels au saint fondateur de la cité.

 

 

Cliché extrait de Wikipedia

 

Cette première partie consacrée à Conwion est extraite de  Histoire abrégée de la ville et de l'abbaye de Redon par un prêtre, ancien élève du collège Saint-Sauveur-Dom P. Jausions

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14 juin 2015 7 14 /06 /juin /2015 13:20

II avait d'autant plus besoin d'un tel appui, que plusieurs des évêques de ses états, attachés à la France et au siège de Tours, dont ils reconnaissaient la suprématie, s'opposaient au vœu de la nation bretonne et aux projets de Nominoé. Le prince voulut se débarrasser de ces évêques, et trouva bon de leur imputer le crime de simonie, qui consiste en un odieux trafic des choses saintes. Sans doute ces évêques paraissent avoir été réellement simoniaques; il fut prouvé, par leur propre aveu, qu'ils avaient acheté leur siège à prix d'argent, abus trop fréquent à cette époque, et qu'ils exigeaient des présents de ceux à qui ils conféraient les ordres. Saint Convoïon, qui gémissait de ces abus et qui ne savait point s'en taire, les avait déjà dénoncés plusieurs fois à Nominoé, mais sans succès. II fut plus heureux lorsque les intérêts de la politique se trouvèrent à concorder avec ceux de la discipline. Nominoé rendit publique l'accusation portée contre ces évêques, et leur signifia qu'ils eussent à se disculper à Rome, où deux d'entre eux allèrent avec saint Convoïon, pour que la cause fût débattue contradictoirement. Nous ne rapporterons pas tous les détails du procès qui se jugea dans le consistoire de Latran ; disons seulement que le saint Abbé confondit publiquement les évêques simoniaques, et les obligea à confesser leur crime; mais qu'il implora tout aussitôt pour eux la clémence du Pontife; en sorte qu'après avoir été sévèrement avertis de changer de conduite à avenir, ils reçurent l'absolution pour eux et pour leurs confrères Le Souverain Pontife, qui était S.Léon IV, témoigna du reste une bienveillance insigne envers le roi de Bretagne et son envoyé. Comme le saint Abbé était chargé de lui demander des reliques, il lui donna le corps de saint Marcellin, Pape et Martyr, trentième successeur de saint Pierre, afin de satisfaire la piété de Nominoé. Puis, voulant donner à saint Convoïon une marque personnelle de son estime, il lui fit présent d'une chasuble dont il avait coutume de se servir lui-même pour la célébration du saint sacrifice. Le corps de saint Marcellin fut déposé dans l'église de l'abbaye, où beaucoup de miracles furent opérés par sa présence. Déjà une autre relique insigne reposait dans cette illustre église : c'était le corps de saint Apothème, évêque d'Angers, que saint Convoïon s'était procuré quelque temps auparavant. Cette translation est l'un des principaux exemples de la facilité avec laquelle on se permettait, au moyen âge, d'enlever par surprise les corps des Saints pour se les approprier, lorsqu'ils étaient devenus célèbres par leur vertu miraculeuse. C'est ce que firent en cette occasion saint Convoïon et ses moines ; désespérant d'obtenir du clergé d'Angers la cession volontaire de ce dépôt précieux, autour duquel se faisait un immense concours du peuple, ils parvinrent à l'enlever une nuit, et rapportèrent secrètement à Redon. On a coutume de dire que ces sortes d'enlèvements, assez fréquents à cette époque, ne peuvent s'expliquer que par une simplicité très grande de la part de ceux qui se les croyaient permis ; mais nous devons observer que, dans le cas présent, le Ciel favorisa clairement l'entreprise. Car, déjà auparavant, d'autres clercs étrangers avaient voulu enlever ces reliques, et toujours ils avaient été repoussés par une force surnaturelle. Au contraire, le saint Abbé et ses frères levèrent tout d'abord, sans difficulté et sans bruit, l'énorme dalle qui couvrait le sépulcre ils purent sortir ensuite de l'église avec leur précieux fardeau sans éveiller les soupçons des gardiens; ce qui peut passer à bon droit pour une marque certaine que Dieu avait sinon inspiré, du moins approuvé cette translation. Le monastère de Redon, enrichi de trésors si grands aux yeux de la foi, devint l'objet d'un concours immense de peuple, et sa renommée s'accrut de jour en jour. La pieuse vie des premiers moines ne contribuait pas moins que la présence des saintes reliques à rendre ce lieu vénérable et sacré. Convoïon et ses frères rivalisaient de vertus et de miracles; et leur premier historien, qui avait connu plusieurs d'entre eux, se plaît à rapporter à leur sujet une foule de traits édifiants. Nous en placerons ici quelques-uns, d'après la traduction abrégée de Dom Lobineau, dans ses Vies des Saints de Bretagne. « Un jour que le saint Abbé, assis à la porte du monastère, s'occupait de terminer les différends et de juger les causes que l'on venait de soumettre à son arbitrage, il se présenta devant lui un aveugle nommé Goislen, du pays de Poitiers', qui lui dit qu'après avoir vainement fait plusieurs pèlerinages pour recouvrer la vue, il avait été averti en songe de venir au monastère de Redon sur le bord de la Vilaine, où un homme de Dieu, nommé Convoïon, le guérirait. L'Abbé, après avoir longtemps gardé le silence, répondit enfin au pauvre aveugle : Taisez-vous, mon frère, taisez-vous; il ne nous appartient pas de rendre la vue à ceux qui l'ont perdue»

 

 

L'aveugle insista, et dit qu'il ne se retirerait pas avant que Dieu n'eût accompli la promesse qu'il lui avait faite. Le Saint dit à un religieux qui l'assistait alors : « Allez, menez cet homme à la maison des pauvres, et qu'il s'y repose aujourd'hui. » Étant entré ensuite dans l'église de Saint-Sauveur, il y fit rassembler tous les prêtres du monastère, et leur dit : « Hâtez-vous : prenez vos ornements, et offrez le sacrifice à l'Éternel de mon côté, je vais en faire autant.» Ils obéirent, et, quand le saint sacrifice fut achevé, il dit à celui qui a conservé ce fait de lui apporter une cuvette de cuivre où les prêtres lavaient leurs mains à la sortie de l'autel. Il y lava les siennes et les autres prêtres se lavèrent après lui. Quand tous eurent fini, il dit au même ministre ; « Portez cette eau à l'aveugle qui est au parvis du monastère; commandez-lui d'en laver ses yeux et sa face; et dites-lui : Qu'il te soit fait selon ta foi. Le ministre obéit, et l'aveugle n'eut pas plutôt lavé ses yeux et sa face, qu'il lui sortit du nez et des yeux une grande quantité de sang, dont il eut le visage tout baigné. Aussitôt, il recouvra la vue, et rendit grâces à Dieu d'un si grand bienfait. Ce fut ainsi que saint Convoïon fit partager l'honneur de ce miracle à tous les prêtres de son monastère, afin de pouvoir dire, pour satisfaire son humilité, que c'étaient eux, plutôt que lui, qui avaient opéré cette guérison surnaturelle.  Du reste, il leur rendait justice quand il les croyait assez agréables à Dieu pour en obtenir des effets au-dessus de la nature. Le prêtre Riowen était un homme d'une simplicité et d'une pureté de vie admirables. Un jour il sortit par obéissance, avec quelques autres religieux, pour aller faner au delà de la Vilaine. Ils passèrent la rivière dans une barque, et travaillèrent jusque vers midi. Le saint prêtre, brûlé du soleil aussi bien qu'eux, demeura au travail aussi longtemps que le soin qu'il avait d'óstrir tous les jours le saint sacrifice put le lui permettre, Enfin, ne pouvant plus différer, il leur, demanda permission, avec sa simplicité accoutumée, de s'en retourner pour célébrer les saints Mystères, leur promettant de revenir ensuite pour les aider de nouveau dans leur travail. « Allez, lui dirent ses compagnons, que le Seigneur soit avec vous, et intercédez pour nous auprès du Seigneur notre Dieu.» Après avoir ainsi pris congé d'eux, il marcha vers le bord de la rivière, pieusement absorbé par la pensée de la céleste action qu'il allait accomplir, en sorte que, ne trouvant plus le bateau, il se mit à le chercher de tous côtés. II croyait marcher sur la terre dans cette recherche, tant la fervente contemplation où il était plongé relevait au dessus des sens; mais il s'aperçut enfin qu'il avait marché sur les eaux, quand il se vit de l'autre côté de la rivière. Son humble simplicité ne luisît trouver, dans cette faveur singulière de Dieu, que des motifs de veiller de nouveau, avec encore plus de sévérité, sur ses actions, pour se conserver toujours agréable à Dieu. II vécut encore longtemps après, toujours occupé de cette attention vigilante; après quoi, attaqué de la fièvre, il passa au séjour de la béatitude le 14 août. Un autre prêtre du monastère, nommé Condeloc, ne punissait point, par son austère pénitence, les désordres de sa jeunesse, qui avait toujours été chaste et innocente. II était d'une simplicité aussi grande que Riowen, et ignorant ce que c'était que tromper, il croyait tout ce qu'on lui voulait dire. Les heureuses larmes de l'amour divin coulaient fréquemment de ses yeux ; et il ne se passait point de jour qu'il n'offrit à Dieu l'hostie sainte et sans tache. Saint Convoïon lui donna le soin du jardin, et Condeloc ne se contenta pas d'en diriger le travail : il y mettait la main lui-même, par esprit d'humilité. Un jour, voyant les légumes de son jardin dévorés par les chenilles, il fut attendri jusqu'aux larmes du dommage que recevaient ses confrères. II leva les yeux au ciel, et, après avoir prié Dieu, il se tourna vers les chenilles, et leur dit : « Méchants insectes, je n'ai point assez de monde pour vous ôter du jardin des serviteurs de Dieu ; mais je vous commande, au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, de sortir d'ici tout à l'heure '. Dans l'instant, les vers pernicieux abandonnèrent entièrement le jardin. Le saint religieux se prosterna par terre, pour rendre grâces à Dieu, qui fait éclater sa puissance, quand il lui plaît, dans les plus petites choses comme dans les plus grandes. Condeloc vécut encore plusieurs années, dans une grande sainteté. Dieu lui fit la saveur de lui révéler le temps de sa mort : il l'apprit à ses confrères, et leur dit qu'il mourrait un dimanche, comme il était né un dimanche, avait été baptisé un dimanche, et avait reçu le sacerdoce un dimanche. II passa, en effet, à une meilleure vie un dimanche, le 6 novembre. Il y avait dans le monastère deux autres religieux, Conhoiarn et Fidweten, qui étaient liés par l'amitié la plus étroite, en sorte que, se portant aux bonnes oeuvres avec un même zèle, on les voyait toujours saintement unis pour faire le bien. Un jour qu'ils étaient allés à l'hôtellerie du monastère pour laver les pieds des pauvres et des pèlerins, ils trouvèrent là un pauvre paralytique, qui ne pouvait faire un seul pas. Ils se mirent à prier pour lui, et puis ensuite ils lui lavèrent les pieds. Aussitôt le paralytique fut guéri; mais les deux saints lui défendirent de raconter comment il avait recouvré sa santé première. Conhoiarn était d'une beauté angélique, doux, affable, joyeux, et tout rempli de la ferveur de la charité. Dès qu'il s'appliquait à la prière, des torrents de larmes s'échappaient de ses yeux, jusqu'à ce que, une nuit, il eut une vision, dans laquelle un Ange, sous la figure d'un jeune homme, lui dit : « J'ai été envoyé par Dieu pour te dire que, par tes larmes continuelles, tu as mérité une place dans le royaume éternel, et la rémission de tous tes péchés.» Peu après, l'homme de Dieu tomba malade de la fièvre; et, après avoir été éprouvé par une longue maladie, il rendit sa sainte âme à son Créateur. Maintenant il jouit de la gloire, au ciel, avec les Anges et les Bienheureux. En effet, le Seigneur tout-puissant a daigné révéler au monde, par le miracle suivant, le rang élevé qu'il s'est acquis par ses vertus. Un jeune homme du monastère,nommé Anoworet, était tellement infirme qu'on rappelait le malade de la maison. II avait une espèce d'hydropisie, et souffrait d'une soif intolérable. Un jour qu'il s'était rendu au puits, et cherchait à tirer de l'eau, il vit auprès du puits un homme vêtu d'une longue robe blanche, et tenant à la main une coupe d'or. En le voyant, le jeune homme trembla, mais le Saint lui adressant aussitôt la parole, lui demanda : « Sais-tu qui je suis? - Non, Seigneur, répondit le jeune homme; je pense que vous êtes un Ange de Dieu envoyé du ciel.» -Mais aussitôt le Saint ajouta : « Je suis le moine Conhoiarn, qui ai naguère quitté ce monde ; et maintenant je me réjouis au ciel, pour toujours, avec Dieu et ses Saints. Et afin que tu saches que c'est bien moi qui te parle, désormais tu seras guéri, et tu te porteras bien tout le reste de ta vie. Va donc, et annonce partout la saveur que t'accorde le Seigneur Jésus-Christ. Mais surtout, je te le recommande, sois toujours fidèle et dévoué à ce saint lieu. » A ces mots, il disparut tout à coup. Le jeune homme se trouva parfaitement guéri, et il raconta partout ce qui lui était arrivé. Ce prêtre Fidweten dont nous venons de parler à propos de Conhoiarn, était l'ancien compagnon de l'ermite Gerfroi. Quand celui-ci, après avoir établi la règle de saint Benoît dans l'abbaye de Redon, se fut retiré à son ancien monastère de Saint-Maur-sur-Loire, Fidweten, qui était resté seul dans l'ermitage de la forêt de Wenoc, résolut de quitter ce pays, où il était né, et de passer le reste de sa vie en pèlerinage alla trouver Nominoé pour lui en demander la permission. On sait combien à cette époque les souverains eux-mêmes, remplis de foi comme leurs peuples, honoraient les serviteurs de Dieu, et cherchaient à les retenir dans leurs domaines, sachant que les prières de ces hommes saints attiraient sur leur règne les bénédìctions du ciel. Les exemples sont trop nombreux pour qu'il soit nécessaire d'en citer ici ; mais cela nous explique pourquoi Fidweten ne crut pas pouvoir quitter la Bretagne sans demander la permission de Nominoé, qui, du reste, lui avait sans doute donné le lieu de son ermitage. Ce prince, qui connaissait tout le mérite de Fidweten, fut affligé de la résolution qu'il avait prise, et le pria de ne point sortir de Bretagne. II lui parla avantageusement de Convoïon et de son abbaye, et lui persuada enfin de s'y retirer. Le compagnon de Gerfroi ne pouvait manquer d'être bien reçu par Convoïon et par tousses frères. II les édifia par ses vertus,et surtout par l'austérité de son abstinence, ayant été instruit à bonne école sous ce rapport, pendant le temps de sa vie érémitique. Une sainte émulation porta la plupart des religieux à l'imiter, et à se perfectionner encore dans les vertus monastiques, il donnait à tous des conseils salutaires ; et sa douceur, jointe à sa sainteté, lui gagna tous les coeurs. Cependant il n'avait pas encore quitté le dessein de voyager : il en parlait quelquefois et se disposait à prendre congé de ses hôtes. Mais l'Abbé et tous les religieux lui firent de si pressantes instances, que, touché sensiblement de voir ce concours unanime de tant de volontés pour lui marquer une tendre affection, il résolut de demeurer avec eux le reste de sa vie, et de ne s'en séparer jamais ni de corps ni d'esprit. Étant un jour à l'office divin avec les frères, il vit le démon, sous la figure d'un enfant, assis aux pieds d'un religieux nommé Orbert. L'événement justifia sa vision : car, peu de temps après, cet insensé quitta le monastère et rentra dans le siècle pour y vivre dans le désordre. Mais Dieu lui fit la grâce de le rappeler à son devoir, et nous avons appris, dit l'auteur contemporain ,que ce .pauvre égaré vivait enfin religieusement dans un monastère de Pavie, pù il s'était retiré pour expier sa légèreté criminelle. Le même auteur nous assure avoir éprouvé en sa personne quel était auprès de Dieu le pouvoir de Fidweten. Étant encore jeune enfant dans le monastère, il ressentit une douleur de dents si violente, qu'il ne pouvait ni manger ni dormir ; sa tête et son visage enflés le rendaient méconnaissable. II courut à Fidweten, pour lui demander le secours de ses prières ; Fidweten ne fit que lui toucher les joues, et tout aussitôt la douleur cessa. - Après plusieurs années d'une vie très-sainte passée dans le monastère, Fidwetenattaqué d'un cancer, fut longtemps sur le lit; il ne cessait, au milieu des extrêmes douleurs qu'il endurait, de rendre grâces à Dieu de ce qu'il avait voulu le visiter. Ceux qui passaient auprès de sa cellule l'entendaient psalmodier jour et nuit les louanges divine. Enfin, le venin montant au coeur, avertit le saint homme que sa patience allait être couronnée. II appela ses frères, et, leur ayant dit le dernier adieu, il alla régner avec Jésus-Christ. C'était le 11 décembre.

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Published by poudouvre
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