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20 août 2015 4 20 /08 /août /2015 18:30

 

 

Joyeuse Garde

 

L'antique château où nous sommes était la demeure habituelle des princes du Léonais, rois, comtes et vicomtes, suivant le temps, suzerains ou vassaux. Du haut des tours qui s'élevaient à cent pieds au-dessus de ces débris, peu s'en fallait qu'ils n'embrassassent d'un seul regard toute l'étendue de leur empire. La Roche était le palais du prince, Landerneau la ville des gens de justice, des moines et des clercs, des marchands et des marins. Les antiquaires qui ont parlé de La Roche et de Landerneau, ont tout dit quand ils ont rapporté que le vrai nom de la ville est Lan-Ternok, de saint Terné ou Ternok qui y bâtit une chapelle ou un monastère, autour duquel des maisons vinrent se grouper; que, dans les temps modernes, cette ville était le chef-lieu de la baronnie de Léon, appartenant à la maison de Rohan. Quant au château, il reçut son nom de Roch-Morvan, en français La Roche-Maurice, de Morvan, prince du Léonais. Suivant la légende de saint Riek, longtemps avant, il y avait à la même place un autre château, bâti sans doute par les Romains. Lorsque le roi Bristok régnait à Brest, le prince Elhorn, d'après la même légende, était seigneur de La Roche. Dans ce temps-là, un dragon désolait la contrée. Le roi avait ordonné de tirer au sort, tous les samedis, le nom de la personne que le dragon devait dévorer. Elhorn avait vu tous les siens enlevés l'un après l'autre; il ne lui restait plus que sa femme et son fils Niok, dont le tour était arrivé. Dans son désespoir, le malheureux père se jeta d'une fenêtre de son château dans la rivière, qui s'appelait alors le Dourdoun ou le Dourdu, soit à cause de la profondeur de ses eaux, soit à raison de la couleur noire que leur donnait le reflet des rochers; mais il fut secouru à temps par deux pèlerins, Deventer et Derlen, qui revenaient de la Terre Sainte et qui délivrèrent le pays de l'horrible dragon. Depuis, la rivière se nomma l'Elhorn. Quelle que soit l'origine du nom que porte cette rivière, il n'en est pas en Bretagne dont les bords soient plus riants et les eaux plus limpides. Elle forme le joli port de Landerneau, qui n'a point reçu son nom d'un saint appelé Temok, auquel il ne nous est pas plus possible de croire qu'à une foule d'autres saints de la Bretagne. Le nom de Lan'Temok, comme celui de Lan'huon et tous ceux qui commencent par la syllabe Lan, se rapporte à l'établissement politique des Kimris.Du château de La Roche que nous n'avons pas quitté, vous apercevez un bois taillis que traverse la route de Landerneau à Brest. Ce bois est ce qui reste de l'ancienne forêt de Talamon, au bord de laquelle était une forteresse qui a existé jusqu'au XVIIe siècle; ce n'est plus aujourd'hui qu'une ruine. D'après certains antiquaires bretons, cette forteresse ne serait rien moins que le château de la Joyeuse-Garde, si célèbre dans les romans du Cycle d'Arthur. C'est là, disent-ils, que demeurait Lancelot du Lac, l'amant de la reine Genièvre, que la chevalerie prit naissance, que l'ordre de la Table-Ronde fut institué. Ces vieux murs furent témoins des amours de la blanche Iseult et du beau Tristan de Léonais. N'en déplaise aux antiquaires, cette prétention n'est fondée sur aucun titre. Les romans du Cycle d'Arthur, qui sont la seule autorité sur laquelle on puisse s'appuyer, n'ont jamais rien dit de pareil. Ce fut du XVe au XVIe siècle que, pour flatter la vanité des Rohan, on imagina de changer le nom de Castel gouelet forest (château au de la forêt ou près de la forêt), ou de Goy-Ia-forét comme l'appelle Froissart, en celui de Joyeuse-Garde, qui n'appartient point à ce château. C'est dans la Grande-Bretagne que les romanciers ont placé le château de Joyeuse-Garde, qu'Arthur établit l'ordre de la Table Ronde, et que Merlin vit enchanté dans la tombe où sa femme l'a enfermé. Mais ce qui est beaucoup plus vrai, c'est dans la petite Bretagne, dans le pays où nous sommes, que furent composés ces poëmes merveilleux, dont les héros, à la fois bardes et chevaliers, appartiennent presque tous au Léonais. Un prince de ce pays, le roi Méliadus (Meliau), «était l'homme du monde qui plus savait de harpe à cettui temps et qui mieux trouvait chants et notes. » Tristan, son fils, devint encore plus habile. Merlin l'avait prédit à Méliadus « qui se délectait à le voir, car c'était la plus belle créature de son âge qui fût en tout le monde. » Qu'on se rappelle les charmants couplets que Tristan apprenait ou chantait à la blonde Iseult, en parcourant les campagnes d'Albion avec elle :

 

« Bons lais de harpe vous appris,

Lais Bretons de notre pays. »

 

Comme on l'a vu dans notre introduction, la contrée connue depuis sous le nom de Basse-Bretagne, était alors le pays de la poésie et de la liberté. L'une et l'autre périrent sous le fer des Carlovingiens. C'est dans le Léonais que l'indépendance bretonne trouva ses derniers défenseurs. Morvan , qui passe pour le fondateur du château de La Roche, où nous sommes encore, osa s'affranchir du tribut, et braver la puissance de l'Empereur. Louis-le-Débonnaire lui envoya d'abord Witchaire, qui lui fit les promesses les plus brillantes pour l'engager à se reconnaître le vassal des Francs; mais la courageuse femme du prince breton lui conseilla de préférer la guerre à la honte. Il différa jusqu'au lendemain la réponse qu'attendait l'ambassadeur. Inspiré par sa noble femme, il dit alors à Witchaire : « Hate-toi de porter ces paroles à ton roi : les champs que je cultive ne sont pas à lui; je ne reconnais point son autorité. Qu'il gouverne les Francs; Morvan veille à la fidèle observation des lois parmi les Bretons, en se refusant à payer aucune espèce de cens et de tribut. Que les Francs osent déclarer la guerre, et sur le champ je pousserai moi-même le cri du combat »..

 

 

.Soumis au régime féodal, le pays perdit jusqu'au souvenir de son histoire. Le Léonais ne fut plus qu'un comté qui continua d'appartenir à la famille royale de Morvan. Un de ses descendants, Êven, surnommé le Grand, se distingua par la résistance qu'il opposa aux Normands. Il fut le fondateur de la ville de Lesneven qu'il fortifia, et dont le nom veut dire cour d’Ëven. Landerneau n'avait pas de murailles; mais il n'était qu'à une portée de canon des châteaux de La Roche et de La Foret. Les seigneurs de Léon répondirent avec empressement aux divers appels faits à la chrétienté pour délivrer la Palestine du joug des infidèles. L'un d'eux y mourut prisonnier. D'origine royale, il avaient l'humeur aventureuse et prodigue. Pour faire de l'argent, Hervé lll céda au duc Jean-le-Roux le château de Brest, qui était la plus importantelplace de son comté. Hervé IV vendit, un à un, au même prince, tous les domaines que son père lui avait laissés; quand il partit pour la croisade, il n'avait pour tout bien que son armure et son cheval. Sa fille, Anne de Léon, se trouva fort heureuse de recevoir l'hospitalité et la main de Prigent de Coetmen, vicomte de Tonquédec, dont elle n'eut pas d'enfants. En elle finit la branche aînée des princes de Léonais, qui s'éteignit dans les dernières années du XIIIe siècle. Ni Landerneau ni La Foret ne furent vendus; ils appartenaient à une branche cadette de Léon, dont le chef joua un rôle fort équivoque dans la lutte de Penthièvre et de Montfort. La ville de Landerneau n'y gagna autre chose que d'êtretour à tour pillée par l'un et l'autre parti. Au milieu du XIVe siècle, Jeanne de Léon, seul rejeton de la branche cadette, fut mariée au vicomte de Rohan, auquel elle porta la seigneurie de Landerneau et ce qui restait de biens à sa maison. C'est à cette alliance que les Rohan durent le titre de princes et de barons de Léon. Le sort de Landerneau pendant la ligue fut d'être, comme au temps de Montfort et de Charles de Blois, pillée par les deux partis ; on a surtout gardé le souvenir d'une expédition de Fontenelle, en 1592: telle était la condition des villes qui n'avaient point de murs. Les habitants de Landerneau ne demandaient qu'à vivre en paix ; les guerres de succession et de religion jetaient le trouble dans les opérations de leur commerce, qui était considérable. Leur principale industrie consistait dans la fabrication des toiles et des cuirs. lls recevaient du dehors les articles nécessaires à la consommation du pays; particulièrement les vins, que leur fournissait l'Espagne, à laquelle ils vendaient leurs tissus... 

 

 

 

Aristide Guilbert.  

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20 août 2015 4 20 /08 /août /2015 06:56

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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20 août 2015 4 20 /08 /août /2015 06:33

 

 

 
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19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 19:52

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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 17:57


 

 

Dol de Bretagne, le site défensif

d'après site officiel de la ville de Dol de Bretagne

 

Le site qu'occupait le château de Dol remontait selon toutes certitudes à la période carolingienne, voir à une période antérieure. C'est à cet archevêque Junkeneus, que la cité de Dol doit sa première défense aménagée au début de l'an mil, et connue à travers la tapisserie de Bayeux. Curieux personnage que ce prélat donné fils de Haimon -alias Hamon, vicomte de Aleth & Dinan et de Roianteline, vicomtesse de Dol. Il était le second de la fratrie qui comptait cinq fils dont un illégitime: Haimon II, Josselin, Junkeneus, Riwallon chêvre-chenue, et Salomon le Bâtard. Pour avoir soutenu la révolte de Eudon de Penthièvre contre le duc Alain III en l'an 1035, le dit Haimon III fut privé de son fief de Aleth et du Poudouvre au bénéfice de son frère Josselin. Riwallon chêvre-chenue reçut pour sa part les châteaux de Combourg et de Dol, quant à Salomon le Bâtard, il est regardé comme fondateur de la Maison du-Guesclin. Junguené, l'archevêque, donna à Ruellan alias Riwallon, son frère. « tout ce que, dans le territoire de Dol, possède aujourd'hui par sa femme Harcoué de Soligné, à savoir : douze fiefs de chevalerie, et les masures qu'il a dans le bourg Notre-Dame, avec un crédit de mille sous à Dol, sous celte condition : que tant qu'il en serait débiteur nul autre crédit ne lui sérail fait . Ce fut aussi Ginguené qui éleva le château de Combour et le donna au dit Ruellan. donna encore à Salomon le bâtard, son frère, tout ce que tient aujourd'hui Bertrand le jeune, en la paroisse de Saint-Coulomb, et le fief d'Eudes, fils de Geoffroy». Dol de Bretagne, le site défensif

 

 

Château de Dol

d'après tâpisserie de Bayeux

 

Le site qu'occupait le château de Dol remontait selon toutes certitudes à la période carolingienne, voir à une période antérieure. C'est à cet archevêque Junkeneus, que la cité de Dol doit sa première défense aménagée au début de l'an mil, et connue à travers la tapisserie de Bayeux. Curieux personnage que ce prélat donné fils de Haimon -alias Hamon, vicomte de Aleth & Dinan et de Roianteline, vicomtesse de Dol. Il était le second de la fratrie qui comptait cinq fils dont un illégitime : Haimon II, Josselin, Junkeneus, Riwallon chêvre-chenue, et Salomon le Bâtard. Pour avoir soutenu la révolte de Eudon de Penthièvre contre le duc Alain III en l'an 1035, le dit Haimon III fut privé de son fief de Aleth et du Poudouvre au bénéfice de son frère Josselin. Riwallon chêvre-chenue reçut pour sa part les châteaux de Combourg et de Dol, quant à Salomon le Bâtard, il est regardé comme fondateur de la Maison du-Guesclin. Junguené, l'archevêque, donna à Ruellan alias Riwallon, son frère. « tout ce que, dans le territoire de Dol, possède aujourd'hui par sa femme Harcoué de Soligné, à savoir : douze fiefs de chevalerie, et les masures qu'il a dans le bourg Notre-Dame, avec un crédit de mille sous à Dol, sous celte condition : que tant qu'il en serait débiteur nul autre crédit ne lui sérail fait . Ce fut aussi Ginguené qui éleva le château de Combour et le donna au dit Ruellan. donna encore à Salomon le bâtard, son frère, tout ce que tient aujourd'hui Bertrand le jeune, en la paroisse de Saint-Coulomb, et le fief d'Eudes, fils de Geoffroy».

 

 

Guillelmus de Dinan(no), et Gervasius, canonici, et XIX presbyteri et tres diaconi, jurati, dixerunt quod Guingueneus, dolensis archiepiscopus, el Ruellen Capra Canuta, Josselinus de Dinan, et Salomon bastardus, fratres fuerunt. Guingueneus vero archiepiscopus dédit Ruelloni frati suo quidquid Asculfus de Sulincio habet, cum uxore sua, in territorio Doli, scilicet feuda XII militum, et masuras quas habet in burgo Sancte Marie, et creditionem mille solidorum in Dolo, ila quod quamdiu eos deberet nichil amplius ei cred retur, Caslellum etiam. de Comborn fecit et dedit eidem Ruelloni. Idem quoque Guingueneus dedit Salomoni bastardo fratri suo quidquid Bertrandus juvenis invente tenet in parrochia Sancti Columbani et feudum Eudonis Gaufridi. ...Le plus grand nombre des généalogistes, depuis le XVIe siècle jusqu'à nos jours, ont donné, comme premier auteur, à la famille du Guesclin, Salomon, fils naturel de Hamon, vicomte de Dinan et de Dol au commencement du XIe siècle. Il est certain que Junkeneus, archevêque de Dol, l'un des quatre fils légitimes du vicomte de Dinan, inféoda à Salomon la terre dont le Guesclin d'abord, le Plessis-Bertrand ensuite, ont été le chef-lieu : c'est par cet acte que fut constitué à titre de fief ce démembrement du domaine épiscopal de Dol . Mais que Salomon ait laissé une postérité directe et que Geoffroy de Waglip en fût le représentant, c'est une thèse à l'appui de laquelle on n'a jamais apporté l'ombre d'une preuve. Voici ce qu'écrivait au sujet de Salomon le Bâtard aïeul des du-Guesclin, Louis Rioult de Neuville. Riwallon, Ruellan surnommé Chèvre-Chenue, fils d'Haimon de Dinan et de Roainteline de Dol, fut le premier seigneur de Combourg et de Dol. Il épousa la fille du seigneur du Puiset en Beauce, évêché d'Orléans, qui se nommait Aremburge, il en eut six enfants : Guillaume, Jean, Gilduin, Geoffroi, Havoise et Berthe. Celle-ci fut mariée au comte Geoffroi Granonat, fils naturel du duc Alain III. Elle était, dit Le Baud, « moult religieuse et dévote», elle restaura l'abbaye de Saint-Melaine vers 1060. Son mari Geoffroi, comte de Rennes, mourut en 1084 et elle-môme en 1085. Riwallon était un révolté, toujours en lutte contre le duc, il prit parti pour Eudon de Penthièvre dans la guerre que celui-ci soutenait contre le duc Conan II. En 1064, mécontents de celui-ci, quelques seigneurs du pays de Rennes formèrent une ligue contre le duc, à la tête de laquelle fut placé Riwallon de Combourg; puis ils appelèrent Guillaume, duc de Normandie pour les soutenir dans leur révolte. Conan prévint Guillaume et alla mettre le siège devant Dol défendue par Riwallon renfermé dans la forteresse qu'il avait construite malgré l'opposition de l'archevêque. Conan n'ayant pu s'emparer de Dol se retira vers Rennes, à l'approche de Guillaume de Normandie, piqué, dit-on, des railleries de Riwallon, Guillaume apprit de Riwallon la retraite de Conan et regagna la Normandie. Cet épisode est retracé par la Tapisserie de Bayeux. A peine Guillaume fut-il parti que Conan vint assiéger Riwallon dans Combourg, bien décidé à le punir de sa révolte. Combourg résista trois jours et fut emporté, ce qui mit fin à la révolte des seigneurs bretons contre Conan (1065), Riwallon fait prisonnier fut envoyé en exil.Il paraît que cet exil ne fut pas long, car, peu de temps après Riwallon fondait près de son château de Combourg le prieuré de la Trinité. Riwallon mourut à Combourg et fut inhumé dans le prieuré dela Trinité qu'il avait fondé ! On y voyait encore sa statue, couchée sur son tombeau, en armure de chevalier, au siècle dernier, dit Chateaubriand, dans ses Mémoires d'Outre-Tombe. Guillaume de Dol étant rentré dans les ordres religieux et devint abbé de Saint Florent de Saumur, c'est son frère puîné Jean qui succéda à Riwallon à la tête de Dol, ledit Jean allait devenir archevêque de Dol de 1087 à 1092, son frère Gilduin en avait été aussi archevêque de 1075 à 1078. Jean Ier de Dol fut un des opposants à Henri Plantagenêt quand celui-ci mit main basse sur la Bretagne. A sa mort, il confia à Raoul de Fougères les forteresses de Dol et de Combourg, mais dû les céder au dit souverain Anglais. 

 

 

De son union avec Godehilde de Fougères, fille de Main II, Jean Ier de Dol laissait entre autres enfants : Riwallon, Gelduin et Havoise. Riwallon deuxième du nom fut père de Jean III de Dol. Quand Pierre de Dreux épousa Alix de Thouars, héritière du duché de Bretagne, une ligue se forma contre lui, cependant Jean III de Dol fut un des fidèles alliés de Pierre de Dreux.  Cependant, l'entente entre les deux guerriers devait être de courte durée, puisque vers 1235 Jean III, comte de Dol, et Clément de Vitré, évêque de cette ville, se plaignaient au roi de France, Louis IX, des vexations et des injustices du duc Pierre de Dreux. En 1235, le souverain français dépêcha des commissaires à Dol pour dresser une enquête des plaintes faites contre le duc. Yseut de Dol, fille du dit Jean III transporta par son alliance le domaine de Dol à la famille de Saligny, famille d'origine normande. Henri II ayant confié la garde du comté de Dol à Hasculphe de Soligny il lui donna aussi la main de Yseult, fille du défunt seigneur de Dol. Les descendants de ce couple relevèrent le nom de Dol et conservèrent la seigneurie jusqu'au début du XIVe siècle. Jeanne de Dol, ci-dessous, épousa successivement Jean de Tinténiac puis Jean V de Laval. Elle s'éteignit en 1374

 


 

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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 15:56

 

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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 14:55

 

Fontaine saint-Lubin à Landujan

 

 

Eglise saint-Ouen des Iffs et forteresse de Monmuran

 

 

Le Lou du Lac  château XVIIe, tours XVe et étang

 

 

La croix celtique de Tressaint

 

 

Château de Beaumanoir à Evran

 

 

Léhon :

plantes médiévales dans le cloître de l'abbaye et le canal d'Ile et Rance

 

 

 

Temple de Mars à Corseul

 

 

La chapelle et l'oratoire de Bon Secours aux Champs Géraux

 

 

La laitière du rond-point de Créhen

 

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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 09:35

 

 

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14 août 2015 5 14 /08 /août /2015 13:01

 

 

 

Quoique privée aux deux tiers de sa vieille couronne murale, Guingamp n'en demeure pas moins aujourd'hui l'une des villes les plus intéressantes de Bretagne. En elle on salue la reine ou tout au moins la suzeraine de cette longue vallée, si verte, si fraiche et si plantureuse, que fécondent les eaux limpides du Trieu ; c'est dans ces eaux que Guingamp mire les débris encore puissants de son château et de ses gothiques remparts, au-dessus desquels se dressent fièrement les trois tours de son église, dignes de couronner une cathédrale quoiqu'elles n'abritent qu'une paroisse, et qui ont l'honneur d'annoncer à tout Breton, à tout chrétien, le sanctuaire vénéré de Notre-Dame de Bon-Secours, l'un des plus fameux pèlerinages de toute la Bretagne. Pendant que l'archéologue étudie avec amour cette que, tout auprès, l'artiste admire la gracieuse fontaine du au génie inventif du sculpteur Corlay, l'historien reconstruit par la pensée la vie passée de cette noble ville, si souvent et si intimement mêlée aux principaux événements de notre histoire bretonne : tâche bien aisée, il faut le dire, tâche agréable et fructueuse, quand on suit un guide aussi aimable, aussi consciencieux et aussi savant que M. Ropartz. En dépit des antiquaires qui voient les Romains partout, Guingamp, tout comme les trois quarts au moins de nos villes bretonnes, n'a rien de romain dans ses origines. On n'y a pas découvert une tuile romaine, on ne trouve nulle part son nom avant le XIe siècle : son origine est toute bretonne, toute féodale; et si les documents précis manquent pour en retracer l'histoire, la conjecture a ici un fondement tellement solide qu'elle peut passer pour incontestable. Sur la fin du Xe siècle, au sortir de la douloureuse période des invasions normandes, la royauté bretonne, rétablie par Alain Barbetorte et longuement disputée après sa mort entre les comtes de Nantes et de Rennes, se fixa définitivement (en 990) dans la famille des princes rennais, qui dès cette époque d'ailleurs, indépendamment de la dignité ducale, embrassaient sous leur suzeraineté directe les comtés de Rennes et de Vannes et l'antique royaume de Domnonée, c'est-à-dire, le territoire de six des neuf évèchés de Bretagne : Rennes, Vannes, Dol, Aleth, Saint-Brieuc et Tréguier. Les deux premiers ducs bretons de la maison de Rennes, Conan et Geoffroi Ier, et après celui-ci (mort en 1008) sa veuve Havoise régente de deux enfants (Alain III et Eudon), s'occupèrent activement de reconstituer l'organisation politique et militaire du pays, bouleversée de fond en comble par les invasions normandes. Aussi est-ce à cette époque que se place l'origine de toutes nos grandes seigneuries de Bretagne, surtout dans les évêchés de Rennes et de Vannes, de Dol et de Saint-Malo ; car il semble que les princes de la maison de Rennes hésitèrent davantage à démembrer, par des inféodations considérables, leurs domaines de Saint-Brieuc et de Tréguier. Pourtant, dans ce dernier diocèse ils taillèrent un vaste fief, fort de quarante à cinquante paroisses, compris entre les rivières de Trieu et de Douron, mais qui ne touchait la mer qu'aux deux points où ces deux rivières s'y jettent et se trouvait borné, au nord, par la seigneurie épiscopale de Tréguier et parla châtellenie ducale de Lannion laquelle, au contraire, tenait toute la côte comprise entre ces deux embouchures. A l'ouest de ce nouveau fief s'étendaient les seigneuries de Lanmeur et de Morlaix, alors partie intégrante du comté de Léon, peut-être par concession du comte de Rennes. Celui-ci investit du nouveau fief un des guerriers attachés à sa fortune, appelé Guégan ou Guigan, dont le premier soin fut d'élever, sur la rive droite du Trieu et la frontière orientale de son domaine, une de ces grandes buttes de terre connues sous le nom de mottes, et sur cette motte un château, qu'on appela de son nom Châtel-Guigan ou Guégan, absolument comme Josselin, fondé par Josselin, deuxième comte de Porhoët, fut longtemps nommé Châtel-Josselin. Dans ces deux noms le mot de Châtel a cesser d'être en usage, et il ne resta plus d'une part que Josselin, de l'autre Guigan ou Guingamp. Quant à cette dernière altération du nom primitif, elle n'a rien qui puisse surprendre, quand on sait que la seigneurie appelée originairement Quemenet-Guégan, c'est-à-dire Fief de Guégan, est depuis longtemps devenue Guemené-Guingamp. On peut reporter aux premières années du XIe siècle la création de la seigneurie de Guingamp, qui se trouva , peu de temps après, comprise dans l'apanage attribué par le duc Alain III à son frère Eudon, tige des comtes de Penthièvre. Ici, toutefois, pour éviter toute méprise, une explication est nécessaire. L'apanage primitivement constitué à Eudon, en 1032, comprenait, suivant Le Baud, tout le territoire de l'ancienne Domnonée, c'est-à-dire les évêchés de Dol, d'Aleth, de Saint-Brieuc et de Tréguier. Eudon n'en fut pas content et fit à son frère une guerre où il fui battu, terminée au bout de deux ans par un traité, dont le vaincu, naturellement, fit tous les frais, si bien qu'Eudon dut renoncer aux diocèses d'Aleth et de Dol , mais conserva en entier les deux autres, moins dans Tréguier les seigneuries de Morlaix et de Lanmeur rattachées au Léon, et dans Saint-Brieuc un petit nombre de paroisses comprises sous le comté de Porhoët. Cet apanage, encore fort vaste, se partageait en deux grandes divisions, le comté de Penthièvre et le comté de Tréguier. Le Penthièvre comprenait toute la partie du diocèse de Saint-Brieuc où se parle aujourd'hui et se parlait sans doute dès lors la langue française (la langue bretonne y fut parlée jusqu'au XIIe siècle), de l'Arguenon au Gouët; il était composé des châtellenies de Lamballe, de Jugon, de Moncontour, de Cesson, et tenait sous sa mouvance la seigneurie temporelle ou régaire de l'évêché de Saint-Brieuc. Lamballe semble avoir été, dès les temps les plus anciens, la capitale du Penthièvre.

 

 

Le comté de Tréguier comprenait toute la partie bretonnante du diocèse de Saint-Brieuc formant la seigneurie de Goëllo, et tout l'évêché de Tréguier jusqu'au Douron, c'est-à-dire moins le territoire de Morlaix et de Lanmeur ; il était composé, outre le Goëllo, des châtellenies de Lannion et de Minibriac, et tenait sous sa mouvance la châtellenie de Guingamp et le régaire épiscopal de Tréguier. Il est bon de remarquer que, dès les temps les plus anciens , nous voyons attribuer le titre de comté à ces grandes seigneuries de Guingamp, de Lannion, de Goëllo et de Lamballe. Sur la fin du XIe siècle, le comté de Guingamp entra dans le domaine immédiat des comtes de Tréguier par le mariage advenu d'Havoise, seule héritière de Guingamp, avec Etienne, l'un des fils et le deuxième successeur d'Eudon de Penthièvre; depuis lors Guingamp devint, à vrai dire, la capitale du comté de Tréguier ; car pour la ville de Tréguier, elle était à l'évêque. Mais on voit, par ce qui précède, que Guingamp n'a jamais fait partie du comté de Penthièvre ; encore moins en a-t-elle pu être la capitale, quoique plus d'un auteur lui donne ce titre. Ce qui est vrai, c'est qu'elle est entrée dans l'apanage primitif de la maison de Penthièvre, non comme partie du comté de Penthièvre, mais de celui de Tréguier. Ce qui est vrai encore , c'est que, au XVIe siècle, quand le roi de France Charles IX réunit en un seul fief les débris de l'apanage primitif d'Eudon restés en la possession des derniers représentants de ce prince, et érigea ce fief en pairie sous le nom de duché de Penthièvre, Guingamp devint le premier des quatre sièges de juridiction ou, ce qui revient au même, la capitale de ce nouveau duché. Mais le duché de Penthièvre de 1569 (c'est la date de l'érection) était tout autre chose que le comté de Penthièvre de 1034 : il se composait de quatre membres, savoir, le comté de Lamballe et celui de Guingamp, la châtellenie de Moncontour et celle de la Roche-Suhard. Deux de ces membres (Lamballe et Moncontour) appartenaient au Penthièvre primitif, et les deux autres au comté de Tréguier, car la Roche-Suhard (dont le chef-lieu se trouvait situé en la paroisse de Trémuson) n'était qu'un chétif débris du comté de Goëllo et, en comparaison de Guingamp, de Lamballe et de Moncontour, une très mince seigneurie. J'insiste sur tous ces détails de géographie féodale parce que, faute de s'en être- rendu compte, beaucoup d'auteurs sont tombés en des confusions regrettables ; on ne peut, d'ailleurs, s'en passer pour comprendre la succession des premiers comtes de Penthièvre et de Tréguier, et par conséquent la suite des seigneurs de Guingamp, dont il est indispensable de dire quelques mois. Eudon, frère d'Alain III, que nous appellerons Eudon de Penthièvre, mourut en 1079, laissant plusieurs fils, dont l'ainé, appelé Geoffroi (surnommé Boterel), posséda le comté de Penthièvre jusqu'en 1093, époque de sa mort. Le second Brient, assista Guillaume le Conquérant dans la conquête de l'Angleterre et reçut de lui le comté de Richemond, l'un des beaux fiefs de cette ile, qui après sa mort passa successivement à deux de ses frères, Alain le Roux et Alain le Noir, troisième et quatrième fils d'Eudon. Le cinquième, appelé Etienne, qui avait épousé Havoise, dame de Guingamp, hérita de ses quatre aînés morts sans enfants, et il réunit ainsi aux comtés de Penthièvre et de Tréguier, apanage de son père, ceux de Guingamp et de Richemond. A la mort du comte Etienne , survenue en 1137, cette grande succession se partagea entre trois fils : Geoffroi , l'ainé , qui eut le comté de Penthièvre ; Alain le Noir, celui de Richemond ; Henri, ceux do Tréguier et de Guingamp. Henri ne jouit pas paisiblement de son partage; car son frère Alain le Noir, ayant épousé la princesse Berthe, fille de Conan III duc de Bretagne, et héritière du duché, en eut un fils, lui-même duc sous le nom de Conan IV, qui, vers l'an 1160, attaqua son oncle Henri avec des forces supérieures, et le dépouilla non-seulement du comté de Guingamp mais de tout le comté de Tréguier, à la réserve de la seigneurie de Goëllo. A la mort de Conan IV, en 1171, Henri se remit en possession de ses domaines; mais quelques années après, Alain, son fils et son successeur, se vit de nouveau dépouillé et réduit au Goëllo par le duc Geoffroi II, époux de la duchesse Constance, fille et héritière de Conan IV. Depuis lors, le comté de Guingamp resta uni au domaine ducal de Bretagne, jusqu'au jour où le duc Jean III, sixième descendant de Conan IV, reconstitua, en 1317, l'antique apanage d'Eudon en faveur de son frère Gui, qui releva le titre de comte de Penthièvre et épousa Jeanne d'Avaugour, comtesse de Goéllo, dernière héritière des comtes Henri et Alain, dépouillés par Conan IV et par Tout le monde sait que Gui de Bretagne n'eut qu'une fille la célèbre Jeanne de Penthièvre, femme de Charles de Blois, qui fut à cause d'elle comte de Guingamp, et après lui ses fils et petit-fils, Jean et Olivier de Blois, jusqu'au jour où l'attentat de ce dernier contre le duc Jean V (13 février 1420) amena la confiscation do tout l'apanage. A la suite de cette mesure, le comté de Guingamp fut, en 1439, donné en partage à Pierre de Bretagne, deuxième fils de Jean V, qui en vint habiter le chef-lieu avec la pieuse et gracieuse princesse Françoise d'Amboise, sa femme. Quand ce prince monta sur le trône en 1450, Guingamp fut de nouveau réuni au domaine ducal, et n'en sorti qu'en 1536, lorsque le roi François Ier rendit à Jean de Brosses héritier de la maison de Blois, l'apanage fort amoindri de Jeanne de Penthièvre. Quoique amoindri, c'était encore un très-beau morceau, dont le prix se trouva bientôt rehaussé par le titre de duché-pairie, qu'on lui accorda, comme je l'ai dit, en 1569. Auprès de la Motte de Guingamp et sous sa protection, une petite ville ne tarda point à se former. Pour les hommes du moyen-âge, les besoins les plus pressants étaient les besoins religieux; il leur fallait des églises avant d'avoir des remparts. La chapelle seigneuriale du château de Guingamp, bâtie avec le château lui même, ne put donc manquer de s'ouvrir aux habitants de la ville dès qu'il y eut une ville, et elle fut nécessairement leur première église, sous le vocable de Notre-Dame. Bientôt on la trouva trop étroite, on voulut lui donner une succursale, et l'église de Saint-Sauveur s'éleva à une certaine distance du château, dans la direction de l'Ouest. Pour bien assurer le service de cette seconde église, on la remit, avec un certain revenu, aux moines bénédictins de l'abbaye de Saint Melaine de Rennes, dont elle fut d'abord un prieuré. Mais, en 1123, le comte Etienne ayant augmenté le bien de cette maison, la fit ériger en abbaye, et les moines de Saint-Melaine y consentirent, à la condition que l'abbé de ce nouveau monastère serait toujours nécessairement pris dans leur communauté. Etienne de Penthièvre fonda encore deux autres abbayes dans le comté de Guingamp, l'une à la porte de celte ville, sous le vocable de Sainte-Croix, qu'il donna aux chanoines réguliers de Saint-Augustin ; l'autre, distante de quatre lieues environ, où il mit des moines cisterciens, et qui prit le nom de Notre-Dame de Bégar. Cette dernière fondation est de l'an 1130, et l'on place ordinairement celle de Sainte-Croix dans la même année, quoiqu'il y ail quelque raison de la croire plus ancienne. La destinée de ces trois abbayes ne fut pas également heureuse. Bégar atteignit bientôt une prospérité qui lui permit d'envoyer des colonies sur plusieurs points de la Bretagne, et lui mérita le titre de Citeaux de l' Armorique. Sainte-Croix se vit, au début, entourée d'honneurs : c'est un prince encore enfant, Henri de Penthièvre, fils du comte Etienne, qui porta sur ses épaules la première pierre de ses fondations ; c'est un saint, saint Jean de la Grille, qui fut son premier abbé. Mais ces beaux commencements ne se soutinrent pas : Henri, devenu comte de Guingamp après la mort de son père, s'abandonna au libertinage et à toutes les mauvaises passions de la jeunesse; il parait que le second abbé de Sainte-Croix , appelé Moyse, se comporta en digne successeur d'un saint, et fit entendre à Henri de sévères réprimandes. Celui-ci se vengea en le chassant, lui et ses moines, de l'abbaye, où il installa effrontément une femme dont il avait fait sa favorite. Contre l'auteur d'un tel scandale, le pape Eugène III (1145-1153) lança ses censures, grâce auxquelles le comte Henri revint de ses égarements renvoya sa favorite et rétablit dans Sainte-Croix Moyse et ses moines. Cet orage passé, Sainte-Croix s'affermit et s'enrichit de nombreuses libéralités, consignées ei confirmées en 1190 dans une bulle pancarte du pape Clément III, publiée par D. Morice, et dont je regrette que M. Ropartz n'ait pas tenté le commentaire : tâche difficile, je l'avoue, mais non moins utile, et que nul n'est en état d'entreprendre avec de meilleures chances de succès. On y trouve quelques renseignements curieux concernant l'état de Guingamp à la fin du XIIe siècle. Ainsi, le château s'appelait dès lors la Motte ou la Motte au Comte (Mota Comitis) ; la ville avait déjà une porte ou plutôt, probablement, une barrière dite porte de Rennes). Or, ces noms ont continué jusqu'à notre siècle d'être donnés, celui-ci à la porte de ville la plus voisine du château, l'autre à un terrain vague, situé hors des murs, devant le château, et qu'on appelle aujourd'hui le Valli. On voit encore dans la bulle que ce lieu, où s'élevait la forteresse des comtes de Guingamp, était alors défendu du côté de l'Est par un ruisseau torrentueux qui tombait dans le Trieu; et qu'existait alors un moulin auprès du bourg de Sainte-Croix, un second vis-à-vis la Motte, et deux autres compris dans la ville même de Guingamp : ce qui ne-laisse pas de nous donner une idée assez considérable du développement pris dès lors par cette agglomération urbaine. Un monument encore debout aujourd'hui confirme cette idée : c'est l'église de Notre-Dame. Dans l'état où elle est maintenant, son portail occidental s'ouvre entre deux tours, dont l'une, celle du nord, remonte incontestablement, par tous les caractères de son style, aux premières années du XIIIe siècle ; de même, les quatre arcades intérieures formant le carré central de l'église, quoique encastrées dans des constructions plus récentes, offrent non moins évidemment tous les caractères du style roman de la dernière époque, c'est-à-dire de 1150 à 1200....  

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13 août 2015 4 13 /08 /août /2015 12:44

 

Lehon.

 

 

Assise au sommet d'une éminence naturelle de forme conique, rendue plus abrupte par des travaux de main d'homme, cette antique forteresse n'est séparée de Dinan, vers le Sud, que par la distance d'une demi-lieue à peine. La Rance arrose tout près de là, vers l'Est, une délicieuse vallée; un étang creusé du côté du Nord, au pied de la motte qui portait le château, entrait l'escarpement du terrain au Sud et à l'Ouest en rendait l'attaque très-difficile. Le petit bourg de Lehon s'était groupé à l'abri du Vieux et jadis célèbre prieuré de Saint-Magloire, au bas du rocher qui s'incline vers la Rance. Maintenant, si vous gravissez les pentes roides de cette éminence, vous arrivez sur l'aire même du château de Lehon. Vous avez sous les yeux un polygone irrégulier, au pourtour duquel on retrouve encore les débris de l'ancien mur d'enceinte et les bases plus ou moins ruinées de sept tours. Peu de chose reste ici à l'observateur pour l'aider à fixer l'âge de ces débris. Plus de traces de la porte d'entrée, ni des bâtiments d'habitation ! Les tronçons de tours qui subsistent encore n'offrent plus ni escaliers, ni portes, ni fenêtres caractérisées, ni créneaux, ni machicoulis. Quelques ouvertures de meurtrières carrées à l'intérieur, et ne présentant qu'une fente longitudinale à la partie externe, quelques archères longues parfois de 3 mètres, l'appareil de la maçonnerie, l'épaisseur des murailles, voilà à peu près tout ce qui peut servir de matière à observation. Or, les murs des tours n'ont pas plus de six à sept pieds d'épaisseur, excepté la tour de l'Ouest, qui peut avoir trois mètres. La tour S.-O. est la mieux conservée à l'intérieur : on y remarque une baie cintrée oblongue, surhaussée, de forme presque romane, à contours bien appareillés; une porte cintrée aussi; l'intérieur est taillé en demi-lune, dont le côté droit s'adosse à la muraille du fort. Les tours N. et N.-E. sont les mieux conservées : l'empattement de leurs bases coniques et solidement assises présente un appareil très-bien lié de petites pierres inégales et fixées par un mortier tenace. Au-dessus de l'évasement règne un cordon en pierres de moyen appareil, lequel se répète à la hauteur des archères. On a pensé que ces tours pouvaient remonter au XIIe siècle. L'histoire du château de Lehon, comme forteresse, commence au XIe siècle; bâti par Hamon Ier, vicomte de Dinan, il devint bientôt par sa position une des places d'armes les plus inaccessibles de ces fiers barons. Hamon II, vicomte de Dinan, y soutint un siège contre le duc Alain III, et sous les murs de ce château eut lieu une sanglante bataille entre ce duc et son frère Eudon accouru au secours du vicomte de Dinan, qui tenait son parti. A l'époque où le féroce Henri Plantagenet , roi d'Angleterre, guerroyait en Bretagne, Lehon fut aussi menacé par le vainqueur déjà maître de Bécherel, autre château de Rolland de Dinan. Si l'on en croit la Chronique de Saint-Brieuc et les Chroniques annaulx, suivis par Lebaud, une seconde expédition dirigée par le même roi Henri contre Lehon, l'année suivante, 1169, eut plus de succès ; le château de Rolland de Dinan fut emporté et détruit par le prince anglais. Après l'accommodement qui intervint à la suite de cette guerre entre le baron breton et le roi d'Angleterre, il y a tout lieu de croire que Lehon fut rétabli; et si, dans les ruines actuelles, il se trouve quelques parties anciennes, elles ne peuvent remonter plus haut que cette reconstruction de la fin du XIIe siècle. Quoi qu'il en soit, il est certain que Lehon était sorti de ses ruines, et qu'au XIIIe siècle il excitait puissamment la convoitise du duc Jean-le-Roux, ce prince avide et habile à s'agrandir aux dépens de ses vassaux. Lehon et la vicomté de Dinan appartenaient alors au comte de Goello, Alain d'Avaugour, qui avait recueilli, à cause de sa mère, Marguerite, dame du Mayenne et de Dinan, l'héritage des anciens vicomtes de de Dinan. Il finit par vendre, en 1264, tous ses droits sur Dinan et Lehon à Jean, duc de Bretagne, avec ce qui lui restait par ailleurs de la succession de sa mère, pour une somme de seize mille livres tournois, dont il fut payé comptant, et six cents livres de rente. A partir de ce moment, Lehon, rentré dans le domaine ducal, n'en sortit plus. Charles de Blois, à son retour de sa captivité en Angleterre, vint à Lehon en 1351 et y séjourna quelque temps. Au sujet de la garde du château, de Lehon , on lit ce qui suit dans le tome II des Preuves de Dom Morice, col. 709 : « Jocelin de Guité aiant eu la capitainerie de Lehon du tems de la duchesse Jeanne de Navarre, Amaury de Fontenay et Guillaume de Clin, commissaires du duc de Bourgogne, nouveau curateur du duc, receurent ladite forteresse dudit Joceiin, et la confièrent pour le tems du gouvernement du duc de Bourgogne à Raoul, sire de Coëtquen, chevalier, qui jura fidélité sous peine d'être reputé faux et deal chevalier, le 27 novembre 1402. Le nom du château de Lehon cesse, depuis cette date, d'être répété dans les Actes de Bretagne. Après l'union de la province à la France, l'importance de la forteresse diminua graduellement, et ses remparts avec leurs tours cédèrent peu à peu à l'action du temps. Au XVIIe siècle, l'enceinte du château fut afféagée au prieur de Lehon pour une rente annuelle de 10 livres tournois. Charles Bruslard, prieur en 1644, donna aux religieux les ruines et démolitions du vieux chastel de Lehon, consistant en huit tours sur l'enceinte, le donjon étant au milieu de l'emplacement d'icelui, et quelques restes de murailles étant encore sur bout à charge aux Bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur d'employer lesdits matériaux provenant desdites démolitions aux réparations jugées utiles à faire au prieuré. Ce passage nous révèle une particularité intéressante, l'existence d'un donjon central dont il ne reste plus la moindre trace. Quel dommage que ce donjon n'ait pas été dessiné ou décrit avant d'être démoli ! il existait encore en 1677 (d'après un aveu cité par l'annotateur d'Ogée).

 

 

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