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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 16:30

Dinec'h ha krenn, Bretoned 
'vo tenn ar stourmer 
en noz 'tarzho kastellioù 
gweleoù ar gwasker 
na kriz e vo heol an argad 
d'ar vourc'hizien ha d'an treitour 
na kaer e vo luc'h an tantad 
da galon Breizh, d'he argadour 
en noz 'tarzho kastellioù 
gweleoù ar gwasker 
dinec'h ha krenn, Bretoned 
'vo tenn ar stourmer 

Ret 'vo dastumm, Bretoned 
toc'had ar brezel 
eost du ar re 'vo daonet 
eo trec'h Breizh-Izel 
bugaligoù ha tud kalet 
a raio bec'h da chaseal 
da vountañ 'maez ar C'hallaoued 
da reizhañ hent, da vout feal 
eost du ar re 'vo daonet 
eo trec'h Breizh-Izel 
ret 'vo dastum, Bretoned 
toc'had ar brezel 

An deiz a zo ker kuzet 
war hent an distro 
fenoz e vo kutuilhet 
enor er rannvro 
kerkent dihun, kerkent dispak 
ha bec'h d'al loch an enebour 
n'eus forzh penaos, n'eus forzh perak 
e redo nerzh 'vel red an dour 
fenoz e vo kutuilhet 
enor ar rannvro 
an deiz a zo ker kuzhet 
war hent a distro

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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 15:58

 

Quelques notes sur les abbés de Landévennec

(suite et fin)

 

Le dernier abbé commendataire de Landevennec fut Mgr Champion de Cicé, qui fut successivement évêque de Troyes et d'Auxerre, et mourut en Prusse vers 1780. Pendant sa longue administration, il donna maintes preuves de sa sollicitude pour son abbaye. A sa lettre du 12 septembre 1768, terminée par le voeux de voir se continuer la concorde qui régnait entre lui et les religieux,il joignit des instructions relatives à la construction d'une nouvelle maison abbatiale dans un endroit plus sain etplus commode que celui qu'occupait l'ancienne. Il fit dresser dans ce but divers devis, dont l'un, exécuté en 1769, produisit la maison qu'habite aujourd'hui M. Bavay,son propriétaire. En 1783, on fit un autre devis qui porta à 4,000 le chiffre des réparations dont les deux menses avaient besoin. Pans ces différents devis, on mentionne, entre autres bâtiments, une forge, un four,une hôtellerie, une chambre une pâtisserie, une serre, une prison, un caveau du roi Gradion, une chapelle de Sainte-Gwen (Blanche), etc.

 

 

Mgr Champion de Cicé fut étranger au devis de 1783. En effet, une bulle du pape Pie VI, rendue en 1781, avec l'agrément du roi, prononça la suppression du titre collatif (le la commende et de la mense abbatiale de Landevennec, ainsi que son union perpétuelle avec celle de tous ses biens à la mense épiscopale de Quimper, eu égard aux grandes dépenses que causait à l'évêque l'entretien de ses moulins et de ses fourneaux ou fours banaux; aux secours qu'il distribuait à plusieurs saints lieux et aux hospices du diocèse; aux frais dont le grevait l'hospitalité qu'il accordait aux gens nobles venant de Lorient, pas-sant à Quimper, et se rendant à Brest. La mense abbatiale étant tout à fait distincte de la mense conventuelle,le prélat fut tenu de supporter toutes les charges de l'abbaye, et le Pape réserva au roi le droit de nomination à tous le bénéfices simples, ainsi qu'à ceux communément appelés place...L'abbaye de Landevennec déclarée bien national, lors de la Révolution, fut achetée en assignats pour le prix d'une paire de boeufs, puis démolie par MM. Pouliquenet de Roujoux. La maison abbatiale, construite en 1769, fut seule conservée, et vendue avec la ferme attenante. Il avait été proposé aux habitants de Landevennec de choisir entre l'église de l'abbaye et celle de la paroisse.Sur l'avis de l'un d'eux qui vivait encore, il y a quelques années, ils optèrent pour celle de la paroisse, dont la couverture exigeait moins de frais d'entretien. Ce choix si regrettable entraîna la perte d'un monument auquel se rattachaient tant de souvenirs intéressants. Quelques pans de murs et des décombres amoncelés sur le sol, voilà tout ce qui reste aujourd'hui d'un lieu témoin, pendant treize siècles, de l'ardente piété de nos pères.

 

Notes extraites de : Notices sur Landevennec et son abbaye, état ancien et moderne par P. Levot, Conservateur de la Bibliothèque du port de Brest -1858.

 

Une nouvelle abbaye de Landevennec vit le jour et fut inaugurée le 9 septembre 1958 en présence de l'ensemble des évêques et abbés de Bretagne. Celà faisait suite au rachat en 1930 du site par le mouvement Bleun Brug créé par le prêtre Yann Vari Perrot

 

Il est un lieu secret
Au ceux de la clairière
Paradis qu'un rutilant soleil
Éclaire à son lever
Tout embaumé de parfum
De mille fleurs printanières
C'est là qu'avec ses compagnons
Se fixa saint Guénolé

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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 15:51

 

Quelques notes sur les abbés de Landévennec (suite)

 

Cette obligation contractée par les religieux de supporter les charges incombant à l'abbé commendataire,prouve que Largan n'avait pas encore recouvré son temporel. Ce qui achève de le démontrer, c'est que, quatreans plus tard, nous voyons Jean Brient, chanoine et archidiacre de Quimper, traiter avec Braspart et se pour-voir en cour de Home afin d'obtenir les bulles (l'abbé commendataire. Celles de commission que lui expédia Paul V, en 1608, ne disent pas à quel titre l'abbaye était vacante. Elles étaient accompagnées d'une bulle d'absolution en faveur du nouvel abbé, et de deux lettres adressées, par le Pape, l'une à Henri IV, l'autre aux moines de Lanvennec. Par la première, le souverain Pontife priait le roi d'accorder sa faveur bienveillante au nouvel abbé, et de l'entourer de sa haute protection; dans la seconde, Paul V invitait les religieux au respect et à l'obéissance envers leur supérieur, dont il leur recommandait de suivre avec humilité les ordres et les conseils:faute de quoi il approuvait d'avance le châtiment ou la sentence qu'il prononcerait contre eux. A ces témoignages de sollicitude pour l'abbé Brient était jointe la formule du serment qu'il prononça devant l'official de Quimper, et par lequel il s'obligea à n'avoir aucune communication avec ceux qui eu voudraient à la vie ou à l'honneur du Pape et de ses successeurs; à prêter assis-tance au légat de France, pour la défense et la conservation de la papauté et des droits régaliens de St-Pierre;à conserver, respecter et étendre les droits, privilèges, honneurs et autorité de l'église romaine et du Pape,auquel il donnerait connaissance de tout ce qui pourrait y porter atteinte; à poursuivre les hérétiques et autres; enfin, à ne vendre, hypothéquer ni donner aucun bien de l'abbaye, même avec le consentement des religieux,sans l'autorisation de Sa Sainteté, etc. Ainsi, d'après ce serment, l'abbé Brient était un véritable auxiliaire dul égat; s'il était supérieur de l'abbaye de Landevennec, ce n'était qu'accessoirement. Il prit possession de son bénéfice le 9 juin 1609, et s'appliqua de suite à faire des économies. Le meilleur moyen d'en obtenir lui sembla une réduction dans le nombre des religieux. Mais, au commencement de 1618, prévoyant que les cardinaux délégués par le Saint-Siège,et particulièrement Dom Isaïe Jaunay, grand-prieur de Marmoutier, leur député spécial pour le rétablissement de l'ordre de Saint-Benoît en Bretagne, l'obligeraient à en recevoir uii plus grand nombre, il s'empressa de traiter avec ceux de qui il obtint les meilleures conditions. Au lieu de s'adresser aux monastères de Bretagne, il recourut à l'abbaye de Chezal-Benoil en Normandie. Les premiers religieux qui vinrent n'avaient, il paraît, contracté qu'un engagement de deux ans; car, arrivés le 24 juillet 1618, ils s'en allèrent le 24 juillet 1615. Ils eurent pour successeurs d'autres religieux de la même maison, qui partirent eux-mêmes à la fin du mois d'août 1615, après avoir été remplacés, le 20 de ce mois, par six religieux de choeur, venus des abbayes de Lehon, du Tronchet et de Lantenac, « pour résider, vivre et servir à Landevennec,selon la règle de saint Benoît, au pied de la lettre. Ces religieux, éclairés par ce qui était arrivé à leurs prédécesseurs, exigèrent des revenus. Par le concordat passé entre eux et l'abbé Brient, en 1617, ce dernier leur assigna un revenu de 1698// composé : de 580 // de dîmes en Argol, Trefcarvan et Ploneve-Porzay; 2° de maisons à Quimper et à Landevennec, produisant 39 // de rente; 3° de six moulins d'un rapport de 477//; 4° de sept prieurés évalués 4.800; 5° de 30 boisseaux de froment, 14 d'avoine et 4 d'orge, sur le domaine de Caméros, appréciés 110//; 60 de jardins affermés 12//. En retour, les religieux s'obligèrent à chanter à haute voix,chaque semaine, une messe pour le salut de l'abbé; à lui payer, en signe de reconnaissance de sa supériorité,10" de rentes sur le prieuré de Batz s'ils le recouvraient;à faire le service divin accoutumé, de nuit et de jour, et à vivre selon la règle réformée; à bailler 60" tournois à un régent séculier, en cas qu'il y en eût, qui lirait et enseignerait dans l'abbaye; à ne vendre ni engager aucun bien ou revenu. Ce concordat obligeait l'abbé, dans le cas où un religieux malade aurait besoin de viande,à lui fournir les pigeons qui se trouveraient au colombier. Soit que l'abbé Brient n'exécutât de ce traité que les articles qui lui convenaient, soit que les revenus qui leur étaient assignés fussent de difficile rentrée, les religieux le poursuivirent, afin d'en obtenir les moyens de pourvoi à leur subsistance. Un premier arrêt du Parlement cassa,en 1619, les comptes fournis par l'abbé. Un autre arrêt du 13 juin 1622 l'ayant condamné à fournir aux religieuxsur les revenus et ancien fonds de. la maison ce qu'il fallait pour leur pension et le, service divin, et ayant ordonné la distraction des prieurés et des offices, dontles revenus seraient mis en commun et employés auxréparations et augmentations tant de l'abbaye que du prieuré de Châteaulin, Brient se refusa à payer les quarante écus d'épices ou frais du procès. Un exécutoire fut décerné contre lui, et l'on pratiqua dans sa maison,où l'on entra par la fenêtre (il était absent) la saisie d'un tas d'orge seulement.

 

 

 

Toutefois, l'année suivante, il souscrivit un nouveau concordat par lequel il s'obligea à fournir à dix religieux (six prêtres et quatre novices)et à deux frères lais, pour leur entretien : 1200 payables en argent et en blé; dix charretées de foin; du bois de chauffage charroyé par les sujets de l'abbaye. Brient s'engagea en outre à abandonner aux religieux le revenu des biens dépendants de sept prieurés et de l'office de champlier, la propriété de la maison de Belair,, à Quimper,et le tiers, à son décès, des rentes et biens qu'il aurait rachetés. Il devait en outre supporter seul les frais des réparations urgentes de certains bâtiments de l'abbaye,et ne pouvait conférer qu'à des religieux de la maison les prieurés qui viendraient à vaquer par le décès des titulaires. De leur côté, des religieux ajoutèrent à leurs obligations précédentes celles de dire, chaque vendredi,une messe de cinq plaies, avec notes, diacre et sous-diacre, non plus pour le salut de l'abbé, mais en compensation de la jouissance future du tiers des biens acquittés; d'employer aux réparations et besoins de l'abbaye, à leur vestiaire et à leur ameublement, les revenus de la champlerie, consistant en sept moulins à eau désignés dans le concordat. lis se soumirent, de plus,à porter honneur, dignité, respect et révérence à l'abbé,et consentirent à pouvoir être renvoyés en cas d'infraction au traité. L'abbé Brient, en ce qui le concernait, n'observant pas ce traité, un arrêt de 1626 lui enjoignit de l'exécuter.Il n'en fit rien, et les religieux furent obligés, en i69,d'en obtenir un nouveau qui maintint le prieur de Châteaulin dans la possession de son bénéfice, affecta le tiers du revenu du prieuré à la réparation de son église et du pont de Châteaulin; la nourriture, l'entretien du prieur et la célébration du service divin. Pour mettre un terme aux empiétements de l'abbé, qui s'appropriait tous les biens, même ceux des offices et bénéfices,quoique sa part des revenus fit alors, toutes charges déduites, de 1152O // par an, ce même arrêt le condamna à laisser pour la nourriture et le vestiaire ries religieux le tiers des revenus, et lui enjoignit de prélever sur les deux autres tiers le prix des réparations des ornements et des choses sacrées. Un tiers du revenu des prieurs et autres officiers fut affecté à la réparation et au service du culte des églises et des édifices des prieurés. Si l'abbé se montrait avide, les religieux, de leur côte,n'étaient pas sans reproches. Comme ils n'observaient que fort mal la règle, le Parlement leur' prescrivit, par un arrêt de la même année, de se faire agréger, dans le délai de six mois, à une congrégation approuvée de la réforme de Saint-Benoît. Il ordonna en outre à l'abbé de se purger par serment de ne retenir aucun titre par dol ni par fraude, -les religieux l'accusaient de les falsifier et détruire, et de n'en plus avoir. Enfin les parties adverses durent partager tout le temporel, comprenant les fiefs, colombiers, ports et pêcheries, etc. En présence des prescriptions de cet arrêt, la position de l'abbé Brient n'était plus tenable. Aussi, de gré ou de force, résigna-t-il sa commende à Pierre Tanguy, vicaire perpétuel de l'abbaye, dont les religieux eux-mêmes semblent avoir sollicité la nomination, et auquel le pape Urbain VIII expédia, au mois de mars 1630, la commende du spirituel et du temporel de l'abbaye. Brient survécut peu à sa résignation. Il mourut le 21 mai 1630, et fut inhumé dans son église, où il s'était fait ériger, de son vivant, avec l'agrément des religieux, un magnifique tombeau; son épitaphe le qualifiait ainsi Bonorum venditorum redhibitor, oedium oedificiorumque restaurator, novorumque pervigil exstitit exstructor, par allusion,sans doute, aux rachats qu'il avait opérés, aux réparations faites en 1629 à l'église, à la maison abbatiale et aumoulin de Caméros, due la foudre avait frappés, enfin à la construction, de 1617 à 1618, du manoir du Penity qu'il bâtit pour en faire son habitation, «proche la chapelle du même nom, le; le bourg de Landevennec, dans un endroit lors désert et inhabité. » Voulant qu'après sa mort on célébrât tous les vendredis, dans son église, une grand'messe pour le repos de son âme, l'abbé Brient avait légué aux religieux, d'une part, 36 // de rentes à prendre, sa vie durant, sur la maison de Belair, à Quimper, et de l'autre, à son décès, le tiersdes biens qu'il aurait racquittés. Ses héri-tiers se refusant à servir ce legs et restant en outredétenteurs de divers titres de l'abbaye, un procès s'en-gagea entre eux et les religieux. Commencé en 1632, il eut un grand retentissement à Châteaulin ainsi qu'à Landeveunec, et se termina en 1634 par une transaction. L'abbé Pierre Tanguy eut plus de procès que son prédécesseur, soit avec les religieux, soit avec des tiers, et tous eurent un caractère peut-être plus fâcheux encore que ceux qu'avait soutenus l'abbé Brient : celui-ci, dumoins, pouvait jusqu'à un certain point alléguer les excu-ses déduites dans le préambule du concordat de 1617, où il disait : « qu'à son entrée en fonctions, il n'avait trouvé aucun religieux vivant sous la réforme de Saint-Benoît; que les plus beaux biens de l'abbaye de Landevennec (dont il avait déjà racheté pour plus de 1000 // de rentes en 1617), avaient été vendus à des laïcs; que tous les garants avaient été distraits, soustraits et perdus, l'abbaye ayant été gouvernée depuis soixante-dix ans par des gentilshommes, courtisans et autres de différentes qualités; qu'il avait trouvé l'église, les chapelles et les édifices en ruine ou tombant à terre, etc. » II y avait beaucoup de vrai dans ces allégations, et si l'administration de l'abbé Brient n'avait pas été exempte(le reproches dans ses rapports avec les religieux, du moins avait-il, par compensation, rendu à l'abbaye son antique splendeur. On n'en saurait dire autant de l'abbé Pierre Tanguy, pendant le gouvernement duquel les tribunaux ne cessèrent de retentit' des débats que suscitait le partage du temporel entre lui et les religieux. C'était un homme si violent, que, pour se soustraire à sa rapacité, le P. Silguy, religieux non réformé, qui avait présenté une requête afin d'être admis, vêtu et nourri par l'abbaye, avec dispense, vu ses infirmités; d'embrasser la réforme,fut contraint de fuir à Châteaulin, où il obtint des lettres de sauvegarde qui mirent à l'abri ses jours, menacés par l'abbé et ses gens; et que cet abbé lui-même fut décrété de prise de corps, à la requête du prieur claustral. Il construisit en 1645, sur Je fonds et des deniers de l'abbaye, une belle chapelle dédiée à N.-D. du Folgoèt, et communément appelée le Petit Folgot, chapelle qui, à peine bâtie, devint l'objet d'une grande vénération et reçut beaucoup d'offrandes, dont nous voyons, en 1652, l'abbé Tanguy et les religieux se disputer la possession avec une ardeur peu édifiante. Cinquante ans plus tard,époque où elle ne rapportait plus aux religieux que 15 // de rentes, et où elle avait besoin de réparations, l'abandon gratuit en fut fait à la paroisse de Landevennec, pour le soulagement, la commodité et la dévotion du peuple. L'abbé Pierre Tanguy lit en outre rebâtir, en 1659, la maison des moines, qui, depuis plus de trente ans, était devenue inhabitable. En 1665 il résigna sa commende à son neveu Pierre Tanguy, et mourut en 1669. Bien que,lors de sa nomination, il n'eût pas grand moyen de faire du bien, mais grand besoin, au contraire, d'en recevoir,dit un acte de 1676 il laissa à son neveu, outre une fortune relativement considérable, les litres de l'abbaye, dont il avait disposé comme des siens propres. L'abbé Jacques Tanguy se montra encore plus cupide que ses deux prédécesseurs. Comme eux, il eut des débats avec les religieux, qui, en 1676, se plaignaient de n'être que neuf pensionnaires tandis qu'ils auraient dû être treize, et de ne recevoir pour leur pension com-mune que 100 et la rente de quelques moulins dépendant des offices claustraux. II y avait, à cette époque,entre l'abbé et les moines, des contestations au sujet de coupes de bois indûment opérées par Pierre et.Jacques Tanguy, qui, pour ce seul objet, avaient perçu 80,0000 de 1636 à 1675. Les plaintes élevées contre le dernier furent si graves, qu'en 1695, à la suite de maintes accusations de falsifications et de détournements de titres ou autres objets, un conseiller-commissaire du Parlement, assisté du procureur général, du notaire et du greffier de la Cour, dressa en son absence, et sur son refus de comparaître, un procès-verbal des altérations qu'on lui imputait d'avoir fait subir à des actes qui furent envoyés à Rennes. L'un d'eux était un traité passé l'année précédente, devant deux notaires, entre l'abbé et les religieux, au sujet des propriétés et du revenu assignés à ce dernier. Ce traité, dit un annaliste de l'abbaye, est frauduleux, contre les lois, nul par lui-même, ruais encore par deux registres recouvrés depuis par une disposition de la justice de Dieu. » La crainte que lui inspirait l'issue des poursuites exercées contre lui par le procureur général, hâta la fin de Jacques Tanguy;et lorsqu'il mourut dans le cours de la même année,ses derniers moments furent pénibles pour ceux qui en furent témoins. Avec Jacques Tanguy finirent les divisions intestines de l'abbaye. Il eut pour successeur Mgr de la Brousse, évêque de Saint-Pol-de-Léon, sous l'administration duquel il ne semble s'être rien passé qui mérite d'être mentionné. Sous celle de l'abbé de Chateaurenault, qui le remplaça le 4 janvier 1701, Mgr de la Bourdounaye, évêque de Saint-Pol-de-Léon, permit aux religieux, en 1709 de démolir, pour cause de vétusté, la chapelle de Sainte-Blanche (mère de saint Gwennolé), située sur le bord de la mer, et de la transférer dans l'église de Landevennec. Cette chapelle, qui ne possédait ni fonds ni rentes, et n'était assujettie à aucune obligation de messes ni de prières, se trouvait à l'entrée du cimetière de l'ancien couvent; elle sert aujourd'hui d'habitation particulière. Elle aurait, suivant la tradition, été fondée par Clervie, soeur de saint Gwennolé. Les femmes qui avaient mal aux seins les passaient par un trou pratiqué à cet effet dans la porte de la chapelle, et s'en retournaient guéries, après avoir adressé quelques prières à la patronne du lieu. Rien d'important n'eut encore lieu sous le gouvernement de l'abbé du Plessix d'Argentré, nommé en 1712; mais, sous celui de l'abbé de Varennes, qui fut pourvu de la commende le 4 décembre 1713, les religieux prirent part aux querelles (qui divisaient alors l'église de France. Par un acte capitulaire, qui fut déposé le 6 décembre 1718 à l'officialité de Paris, ils appelèrent au futur concile de la bulle Unigenitus. Ils renouvelèrent leur appel en 1719, et adhérèrent provisoirement à celui qu'avaient interjeté plusieurs prélats français. L'année suivante, on remplaça par un autel de marbre qu'un marbrier de Sablé exécuta pour 145O //, le grand-autel de l'église de l'abbaye, précédemment en bois, qui avait été brûlé par le tonnerre, le 28 octobre 1729.

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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 14:45

 

Quelques notes sur les abbés de Landévennec (suite)

 

En vertu de cette bulle, approuvée par les lettres patentes et l'édit d'Henri III du 20 août suivant, la portion afférente à l'abbaye dans la subvention générale fut fixée à 13 écus en revenu, et en principal, au denier 24, à 1014 // tournois (ou 31 écus, valant 65 sous tournois l'un). Les biens aliénés consistaient en huit domaines congéables situés dans la trêve de Guillevain, commune d'Edern. C'étaient les domaines de Kerdu-Kersurgar, Kermenz ou Kernenez, Kernabadec, Lanharnec, Mesangasec, Niver, Lestang et Lestang-Bihan. Mis à l'enchère, à éteinte de feux, ils ne trouvèrent qu'un enchérisseur, noble homme René de Mesgouez, sieur de Kermoalec, à qui ils furent adjugés par l'official de Quimper, le samedi 30 mars 1577, pour un capital de .. 962 plus les 2S 6- pour livre.D'un brevet d'Henri IV expédié en 1600, malheureusement trop détérioré pour qu'il puisse être lu dans son entier, mais pas assez cependant pour empêcher d'y lire que: «Vu le différend mû entre le président du Blanc-• mesnil et de Riz, et le sieur marquis (le la Roche,• frère du sieur de Kermouallec, ex-abbé de Landeven-« nec, au sujet des revenus de l'abbaye, S. M. a eu pour• agréable que M. . . . jouisse d'icelle; consent aussi qu'elle soit et demeure en la possession et disposition «des premiers, pour en faire pourvoir telles personnes qu'ils nommeront, en conséquence du don qui leur en a été fait, sans qu'elle puisse, par la mort de l'abbé Largan, vaquer ne (ni) en estre disposé à leur préjudice, à la charge toutefois de la jouissance des fruits de la-dite, abbaye audit sieur marquis de la Roche.» D'une volumineuse procédure qui fut pendante devant la cour de Châteaulin de 1588 à 1606, où, parmi les griefs articulés contre le sieur de Kermoalec, ex-abbé,le marquis de la Roche, Laz, etc., et la dame de Carné, leur nièce et héritière universelle, il est allégué : que l'abbé de Kermoalec avait transporté dans sa maison les joyaux, trésors, vaisselle d'argent et vases sacrés de l'abbaye; qu'il avait emporté par force et par dol une somme de 141000 écus d'argent; qu'il avait abattu les plus beaux arbres et employé les matériaux à l'acquisition ou aux réparations du manoir, de la terre et seigneurie de Trévallon, en Scaér; qu'il n'avait fait aucune réparation à l'église de l'abbaye, qui tombait en ruine;qu'il avait privé l'abbaye de plusieurs droits, priviléges et prééminences, notamment en Telgruc; qu'enfin, il n'était ni abbé, ni prêtre, ni religieux. D'un procès-verbal dressé, le 16 juillet 1603, par Vincent Le Briand, sénéchal de Carhaix, à la requête de Jean Mathezou, vicaire de l'abbaye, et constatant que,pendant les guerres de la Ligue, René de Mesgouez (l'abbéde Kermoalec) et son frère Troïlus, marquis de Mesgouez, avaient chassé les religieux, et s'étaient emparés de leurs biens, qu'ils faisaient encore administrer en 1603 par un petit prêtre nommé Braspart. René de Mesgouez,qui avait le premier mis la main sur l'abbaye avait commencé par faire abattre 10,000 pieds d'arbres dans le seul bois de Periforn s'étendant jusqu'à la grève. Lui et son frère avaient ensuite enlevé toute l'argenterie. Et même celle de l'église, emporté les cloches pour en faire des canons, et laissé tomber en ruine les maisons, l'église,le vieil abbatial contre le couvent et la chapelle de Saint-Gwennolé, au Penity. Troïlus avait même construit un mur pour empêcher le peuple de fréquenter l'église de l'abbaye et le vieux cimetière. Le procès-verbal de 1608ajoute que Mathezou, prieur claustral de Landevennec, lors de l'usurpation des seigneurs de la Roche, se retiraau prieuré de Châteaulin, dont il était titulaire, et y obtint contre eux, au siége de cette ville, une sentence qui leur enjoignit de le rétablir dans la possession de l'abbaye,avec quatre de ses confrères, et de leur adjoindre quatre novices et quatre prêtres séculiers, en attendant qu'on pût en faire ordonner de réguliers. Mais le crédit des spoliateurs empêcha l'exécution de cette sentence. D'autres pillards s'abattirent ensuite sur l'abbaye. Royaux et Ligueurs, et après eux les Anglais, ne la respectèrent pas plus que les seigneurs de la Roche. En 1593, les gens de guerre de Sourdéac, gouverneur de Brest, enlevèrent ou détruisirent quantité d'objets en or massif servant au service divin, notamment le porte-sacre de l'abbaye, les plus beaux ornements, les meubles des chambres des religieux et la plus. grande partie des garants (titres) de l'abbaye. L'année suivante, ce fut le tour de l'émule de La Fontenelle, le comte de La Magnanne, alors ligueur, mais travaillant en réalité pour son compte plutôt que pour celui du duc de Mercoeur. Ce partisan, bien qu'il fût lui-même abbé commendataire de Lantenac, pénétra dans la Basse-Cornouaille à la tête d'un régiment de ligne, prit le Faou, le pilla ainsi que les environs,quatre jours durant; puis, gagnant Quimperlé, il s'avança quelques lieues en bon ordre et sans commettre aucune dévastation, afin d'inspirer de la confiance aux populations environnantes, exaspérées par les massacres et les déprédations qu'il leur avait fait subir à deux reprises. Revenant brusquement sur ses pas, il pilla et saccagea pendant quinze jours consécutifs les paroisses de Dinéault, Châteaulin, Ploumodiern, Plounevez, et Quemeven jusqu'à Locronan.

 

 

L'abbaye de Landevennec fut son quartier général pendant trois jours que ses soldats employèrent à brûler les boiseries, les portes et les fenêtres. ils se servaient pour allumer le feu de ceux des titres de l'abbaye qui avaient échappé au premier pillage,et qui étaient conservés dans la chambre basse, cite chambre de M. saint Beno. Les titres qui ne furent pas brûlés, furent foulés aux pieds des chevaux, et se trouvèrent ainsi ou perdus ou gâtés. Au mois d'octobre de la mêmeannée, une troupe d'Anglais qui se rendaient au siége du fort de Crozon, emportèrent de l'église de l'abbaye ce qu'il y restait de chapes, chasubles, nappes, linge,habits des religieux, plats d'étain, etc.; de telle sorte que,suivant ce qui résulte d'un procès-verbal du 20 novembre 1597 l'abbaye ne possédait alors qu'un «failli » ornement et qu'on ne pouvait y dire qu'une messe ou deux au plus,en même temps. Les religieux étaient à cette époque dans des transes continuelles, car les gens de guerre cantonnésà Crozon, Roscanvel, Douarnenez, le Faon, etc., ravageaient tout le pays, enlevaient les bestiaux et empêchaient de se livrer à aucune culture. Des déprédations doivent certainement avoir eu lieu en 1593 et 1594.

 

 

Les deux partis, également peu scrupuleux dans le choix des moyens alors employés à la guerre, étaient bien capables de commettre les désordres qui leur sont imputés dans les documents que nous analysons. Toutefois, nous l'avouerons, l'examen attentif de ces documents nous inspire des doutes sur leur entière sincérité. Si nous les rapprochons de certains actes des ab-bés Jean Brient, Pierre et Jacques Tanguy, successeurs de l'abbé Largan, nous inclinons à croire qu'ils ont exagéré l'importance des dommages causés à l'abbaye en 1598 et 15941 et ce en vue de masquer certaines peccadilles,telles que détournements de fonds et de titres dont nous parlerons plus loin. Ce qui fortifie nos doutes, c'est que ces trois abbés ne parlent pas plus que l'abbé Largan de ces dommages; et certes ils n'auraient pas omis de le faire, pour se disculper des accusations auxquelles ils furent en butte. Malgré tout, l'abbaye dut beaucoup souffrir. Largan,aux gages des seigneurs de la Roche, ne pouvait ou ne voulait opposer aucune résistance aux scandales qui s'y commettaient. En 1597, il est vrai, il se résigna à ab-diquer son vain titre d'abbé en faveur de Louis Lansulien; mais après la mort de ce dernier, qui eut lieu le 20 mars1601 il le reprit, et passa aussitôt, avec le prieur claustral et les religieux, un traité rédigé, chapitre tenant, par deux notaires de la cour de Landevennec, et portant que les religieux s'obligent à entretenir pendant un an en nourriture seulement, quatre prêtres religieux, deux novices ou un novice et un prêtre, tel qu'il plaira au seigneur abbé, de plus un serviteur du même abbé pour négocier ses affaires à ladite abbaye et ailleurs, moyennant une pipe de vin et quatorze vingts (80) écus sol, payables par quartier, en présence du prieur de l'île Sainte, cellérier.

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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 14:04

 

 

Quelques notes sur les abbés de Landévennec

 

 

Jean, dit D. Mars, eut pour successeur Benoît, mentionné dans une charte de 954. Après Benoît, il place un abbé du nom de Gulcheturus, qui obtint du duc Alain Fergent, au commencement du XIe siècle, l'église d'Edern. Il était le premier dont le nécrologe de l'abbaye fit mention (XIX kal. septemb.). Nous négligeons les autres abbés, pour arriver à Jean de Langoueznou ou de Saint-Gouesnou, issu, croit-on, de la famille de Thépault du Breignou, à laquelle appartenait le château du Breignou, dans la commune du Bourg-Blanc, près Brest, appelé Castel Gieb ou Château Mouillé, parce qu'il était entouré d'un étang, desséché il y a une vingtaine d'années. Cet abbé, que D Morice a omis dans sou Catalogue., doit figurer entre Yves Gormon, mort le 7 juin 1344, et Arme! de Languern, décédé le 22 juillet 1376; c'est la place que lui assigne avec raison Missirien, qui dit que ce religieux mourut en odeur de sainteté, et qu'il s'opéra plusieurs miracles sur son tombeau. Il fut témoin de toutes les excentricités du fou Salaiin, dont il a succinctement raconté, dans son histoire manuscrite, la vie et la mort, arrivée en 1360. Cette légende fut communiquée en 1562 par Mgr de Neuville, évêque de Léon, René Benoist et Pascal Robin, qui en firent une traduction, ou plutôt une paraphrase, insérée d'abord dans la légende de René Gantier, du 8 mars, et ensuitepar le P. Albert Le Grand, dans ses Vies des Saints de Bretagne. Elle a été reproduite dans la nouvelle édition d'Albert Le Grand (Brest, 1837, in-4°), sous le titre de histoire miraculeuse contenant le mystère de Notre-Dame du Folqoet ou Foulgoat, au fond de la Basse-Bretaqne,advenu environ l'an 1350, et solennise au premier jour de novembre. feste de Toussaints, ou à la My-oust, en mémoire de sainct Salain, extraite du trésor de l'église du pais mesme oit il est révéré. La légende est suivie de la prose Languentibus in purgatorio, etc., conservée dans la liturgie romaine, dont elle forme l'un des chants les plus pieux, et composée par Jean Langoueznou, afin, dit-il, qu'il puisse mériter d'avoir place de repos éternel avec le simple et pauvre innocent.

 

 

En 1383, pendant qu'Alain de Daoulas était abbé,les Anglais, forcés de lever le siège de Brest, ravagèrent le littoral et particulièrement Landevennec, dont ils brûlèrent ou enlevèrent les titres. Jacques de Villeblanche, à qui une bulle du pape Eugène IV conféra, le 4 avril 1443, le temporel et le spirituel de l'abbaye, était., d'après cette bulle, de noble extraction, âgé de 21 ans et pourvu des ordres mineurs, bien que chanoine de l'ordre de Saint-Benoît. Il fit faire la crosse abbatiale qui existait encore à Landevennec du temps de D. Mars (1647), et sur laquelle se voyaient ses armes. Il mourut en 1490. Dix ans auparavant, les gens du pays avaient attaqué l'abbaye, d'où ils avaient enlevé les meubles et les vases sacrés.L'abbaye fut administrée de 1490 à 1497 par Mathieu Hémery. L'excommunication qu'Alexandre, VI avait lancée contre les spoliateurs de 1480, ne les empêcha pas de revenir dévaster l'abbaye en 1492, conjointe-ment avec les Anglais. Ces derniers reparurent eu 1520. L'abbé était alors Jean de Vieux-Chaste!, de la maison de Brunault, près Carhaix, (lui fit de grands dons à son église et à celles des prieurés. Lorsqu'il mourut, en 1522, il fut inhumé devant l'autel de Sainte-Barbe, plus tard de la B. V. Marie, qu'il avait érigé. Il fut le dernier abbé régulier. Au XVIe siècle, la mise en commende des abbayes (celle de Landevennec cessa d'être régulière de 1522 à 1524) eut pour premier effet d'en remettre le temporel aux mains de séculiers plus empressés d'y trouver un lucre que d'y faire fleurir la religion. Des enfants ou des hommes puissants, fort souvent indignes de posséder ces bénéfices, en furent pourvus. Et comme si ce n'eût pas été assez de cette cause de ruine pour les établissements religieux, il fallut bientôt y ajouter celles qui découlèrent des guerres religieuses de cette époque. L'abbaye de Landeveunec, plus que d'autres, subit les tristes conséquences de cet état de choses. Thomas Le Roy était abbé en 1522 Honoré de la confiance de la reine Anne, qui l'avait chargé de diverses négociations en cour de home, il s'y était concilié la bienveillance des papes Jules Il et Léon X, qui l'avaient successivement nommé clerc de la Chambre apostolique, secrétaire des brefs apostoliques et président des lettres apostoliques. Il fut leur procureur au concile dc Latran (1512-1517). En reconnaissance de ses services, il obtint plusieurs cures et canonicats en Bretagne, puis ensuite l'évêché de Dol, auquel il fut promu en 1522. Avait-il été élu abbé par les moines de Landevennec ? François Ier lui appliqua-t-il le fameux concordat de 1517, en refusant de ratifier son élection d'abbé comme il le fit pour sa nomination d'évêque ? On l'ignore. Tout ce qu'on sait, c'est qu'il eut pour successeur, en 1524,année de sa mort, Alain de Trégain, dont l'administration n'a pas laissé plus de traces que celles de Louis de Kerguern et de Maurice Brient. La bulle de Paul III, du mois de septembre 1538, qui institua Arnoul Brient abbé commendataire, lui enjoignit de donner tous ses soins à la prospérité tant spirituelle que temporelle de l'abbaye. Mais le nouvel abbé ne put pas répondre pendant plus (le deux ans à la sollicitude du souverain Pontife. Les infirmités plutôt que l'age (il n'avait que 54 ans en 1540, et. mourut le 15 septembre 1555) ne lui permettant pas de supporter plus longtemps le fardeau de son emploi, le pape Paul III, à sa prière, lui donna pour coadjuteur perpétuel et irrévocable, au mois de janvier 1540, Maurice de Comacre, «âge de 17 ans, de famille noble, de bonnes vie et moeurs, clerc du diocèse de Tours.» La huile fulminée à cette occasion semble indiquer que le Pape pressentait qu'elle aurait été mal accueillie, car elle menace du courroux céleste et de l'indignation des saints apôtres Pierre et Paul ceux qui oseraient y contrevenir. Maurice de Comacre ayant résigné son office, une bulle de Grégoire XIII, du mois de janvier 1577, conféra la commende de Landevennec, tant au spirituel qu'au temporel, à Pierre Largan ou Loargan, prêtre du diocèse de Quimper. L'administration de ce dernier, homme faible et ignorant, dit D. Morice, fut très-difficile et très-désastreuse.

 

 

Le savant bénédictin le représente comme dominé par Troïlus de Mesgouez, marquis de la Roche, ce page et amant de Catherine de Médicis, dont M. Pol de Courcy a si bien raconté (Biographie bretonne, t. II) la vie plus qu'aventureuse, qui l'obligea à obtenir de la clémence d'Henri IV des lettres d'abolition. D. Morice ajoute que le marquis de la Roche avait l'administration du temporel de l'abbaye, dont il percevait les fruits; et que, pour empêcher le prieur Louis Lansulien de le gêner dans son administration, il le berçait de l'espoir d'une résignation de l'abbé Largan. Ce passage du Catalogue est très-confus, et à dessein peut-être. D. Morice ayant bien pu se montrer complaisant pour la famille de la Roche, en cherchant à pallier les méfaits de deux de ses membres. il paraît.en effet que, pendant toute la commende (le Largan,l'abbaye ne fut entre ses mains qu'un simple fidéi-commis, et qu'en échange de ce qu'on voulut bien lui donner, il la laissa exploiter par René de Mesgouez, sieur de Kermoalec, frère du marquis de la Roche, et aussiquelque peu par ce dernier. C'est ce qui résulte de diversdocuments entièrement inédits, savoir De l'acquisition que le sieur de Kermoalec avait faite d'une partie du temporel de l'abbaye, par suite de l'aliénation qui eut lieu, dans toute la France, au préjudice du clergé, en exécution de la bulle du pape Grégoire XIII, donnée à Rome le 18 juillet 1576, bulle qui ressuscitait, contre ceux qui ne l'exécuteraient pas, les formules de malédiction, pour ainsi dire abandonnées depuis le XIIIe siècle.

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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 09:18

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 08:08

Le cloître (cour et galeries) a révélé de nombreux fragments de bouteilles datant de la démolition finale. Ils sont concentrés dans la galerie nord. Dans l'aile nord du cloître ou " Zone nord ", une chambre d'hôtes a été transformée en four à chaux au cours du XIXe siècle. On y a mis au jour surtout des fragments de verre à vitre ainsi que des plombs de vitraux. Les réfectoires et cuisines ont eux aussi livré de nombreux fragments de verre à vitre, associés à des plombs de vitraux, datés du XVIIe au XIXe siècle et correspondant essentiellement à l'abandon de la cuisine après son transfert et à la démolition finale du secteur. D'une manière générale, on note un rehaussement du sol au XVIIe siècle dans l'ensemble du monastère. Ainsi, les dépotoirs datés de ce siècle correspondent effectivement à des remblais comportant du mobilier de phases souvent antérieures. Dans la zone des " dépotoirs et fortifications ", on a également mis au jour du verre à vitre mais aussi de nombreux fragments indéterminés et divers. Le dépotoir le plus important est lié à l'arasement et au remblaiement d'un ancien moulin du XIIIe siècle. C'est ce remblai qui a fourni le plus de matériel, parmi lequel là encore du verre à vitre mais aussi des plombs de vitraux ont été recensés.L e comblement a débuté au cours du XVIe siècle, au moment où l'abbaye connaît un abandon et un délabrement sous la commende. Les fragments divers sont datés de la phase D ; les bouteilles et un des gobelets mis au jour dans ce secteur datent eux, de la phase C (cf. tab. 1). Dans la " cour intérieure ", secteur sud, un important lot de fragments de bouteilles a été mis au jour. Il est daté des phases A et B (tab. 1). Du verre à vitre et des plombs de vitraux y ont aussi été révélés. Il s'agit ici encore d'un comblement lié aux travaux de restauration entrepris au XVIIe siècle avec l'arrivée des Mauristes, sur l'emplacement et l' ancien logis abbatial. Dans la zone dite " chevet et cimetière ", la proportion de verre à vitre est également importante. Le secteur le plus intéressant correspond à l'extérieur du chevet de l'église, côté sud. Un dépotoir y a fourni la majeure partie du matériel ; il correspond à la période postérieure au XVIIIe siècle. Pour les zones de l'église et du chevet, il s'agit très probablement des traces des grandes démolitions effectuées au début et au cours du XIXe siècle. On peut d'ailleurs supposer que le verre à vitre commun avait alors, et depuis un moment, remplacé le vitrail dans ce temps de déclin de l'abbaye, ce qui expliquerait la quantité de cette catégorie de verre dans ce secteur. Même chose dans l'hôtellerie, où les découverte correspondent au comblement XVIIe de la cave du XVe siècle. Ainsi, les remblais y ont encore révélé du verre à vitre et des plombs de vitraux en majorité, datés des phases B et AA' (tab. 1). La zone du monastère est la plus importante, particulièrement avec un dépotoir très restreint où la quasi intégralité des verres à pied ont été mis au jour. Il s'agit du comblement de la cave du XVIIe siècle ; en fait, ce " dépotoir " est essentiellement une concentration de verres à pied, posés sur le sol même de la cave.

 

 

 

Verres à pied

 

 

Verres à boires ou gobelets

 

 

Bouteilles

 

 

Sceaux

 

 

Flacons et inscriptions

 

 

Verres à vitres et vitraux

 

Il est archéologiquement juste antérieur au comblement de la cave au XIXe siècle après l'abandon de l'abbaye ; la formation de ce dépôt reste encore inexplicable. A noter qu'une fouille " illégale " dans la fin du XXe siècle a entamé cette riche unité stratigraphique dans une proportion qui nous est inconnue.

 

Extrait des travaux de Charlotte le Noac'h : la verrerie de l'abbaye de saint-Guénolé à Landennec

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5 juin 2015 5 05 /06 /juin /2015 15:00

Le premier bâtiment qui arrêta notre attention note M. A. de Blois fut l'ancien logis abbatial, nommé autrefois le manoir du Penity. Cette habitation des abbés commendataires, situé en dehors des bâtiments claustraux, se compose d'un corps-de-logis en pierres blanches, de bonne construction, mais sans caractère monumental et d'une aile en saillie. Le logis ne remonte qu'au XVIIIe siècle ; on lit la date de 1769 près d'une cartouche au-dessus de la porte. Ce sont les armoiries de l'abbé qui le fit bâtir.

 

 

Elle porte le insignes de sa dignité, la crosse et la mitre, mais le blason en est effacé. L'aile en retour en est plus ancienne ; d'après la date marquée sur une de ses lucarnes, elle appartient à la moitié du XVIe siècle. La cour du jardin de ce manoir abbatial contenait quelques débris en 1858 : un fragment de meneau de l'église du monastère, qui présente un écusson portant trois faces accompagnée de dix mouchetures d'hermines avec un lambel : ce sont les armes de Jean du Vieux-Châtel, de la maison de Brunault, près Carhaix, le dernier des abbés réguliers de Landevennec, qu'il gouverna de 1496 environ à 1522. Une statue tumulaire en pierre de kersanton exécutée avec beaucoup d'art et paraissant appartenir au XVe ou XVIe siècle. Le personnage qui paraît être un abbé, y est représenté dans ses habits pontificaux. De la droite il tient une crosse, reposant à son extrémité inférieure, sur la gueule d'un chien couché à ses pieds. Nous avons appris que cette dépouille avait été exhumée par suite des fouilles pratiquées dans la chapelle Notre-Dame. Elle fut aussitôt déposée près du même lieu, dan l'emplacement de la basilique ; mais des étrangers pénétrant dans son enceinte, ne craignirent pas de mutiler ce précieux morceau de sculpture, en brisant la crosse, et une partie de la mitre. Du logis abbatial on descend par un terrain en pente, aujourd'hui planté, à l'une des portes d'entrée de l'ancien monastère. Dans la partie basse de ce terrain on aperçoit une excavation. C'est une fontaine très simple ; dans le fond du revêtement en maçonnerie on a incrusté une face humaine du travail le plus grossier. On prétend (à tort) que cette rustique image est celle de saint-Gwennolé, dont le vocale a été donné à cette fontaine. On rencontre, après l'avoir dépassée, l'un des portails donnant entrée au bâtiments divers contenus dans l'entrée réservée aux moines. Un peu plus loin et suivant toujours la pente du sol qui s'abaisse vers le rivage, apparaît l'église, aujourd'hui entièrement en ruine, de l'antique monastère de saint-Gwennolé. A la façade orientale, on aperçoit une porte formant la principale entrée. Elle est en plein cintre, sans décoration extérieure. Aux cotés de cette porte, deux arcades bouchées correspondent à la largeur des bas-côtés. Elles sont chacune pénétrées par une baie en plein cintre, longue et étroite, dont la fente donnait du jour à cette partie de l'édifice. Du coté du sud, sur le développement de la même façade, e voit une autre arcade bouchée, sans aucune baie. L'aire actuelle de l'église, où l'on parvient par une des brèches de ses murs ruinés, s'élève au-dessus du sol environnant, élévation due au terre-plein formé de débris des murs et des voutes.

 

 

Ancienne église abbatiale

(cliché du site officiel du tourisme en Bretagne)

 

On ne peut guère juger à l'oeil de son ancienne élévation qu'en se rappelant que son aire, présentement si élevée, était naguère si basse qu'il fallait, pour y descendre à l'occident, descendre environ douze degrés. C'est toutefois ce que l'on peut reconnaître encore en visitant les excavations qui ont été faites, il y a quelques années dans une sorte de transept régnant du côté méridional. Cet édifice, dans son plan général, formait un long parallélogramme divisé en trois nefs par un double rang de bas-côtés, lequel se terminait à l'orient par trois absides semi-circulaires, ornées chacune de trois fenêtres en plein-cintre. L'une de ces absides correspondait à la grande nef, les deux autres se développaient en saillie sur les murs extérieurs des bas-côtés. C'est dans cette partie orientale que les murs de la basilique ont conservé le plus d'élévation : on peut y reconnaître la forme de ses neufs fenêtres absidales. Leur archivoltes en plein-cintre n'a pour décoration qu'un gros tore retombant sur un tailloir. Nous remarquerons vers le milieu de la longueur de cet édifice, à on côté nord, une construction de forme quadrangulaire dont les amas de décombres, enlevés il y a quelques années, ont fait place à de ronces. Cette espèce de transept était la chapelle de Notre-Dame, d'après ce qui nous a été appris par un de parent des propriétaires, qui nous a permis de visiter ces ruines. Elle contenait le tombeau de l'abbé, que nous avons décrit en parlant du logis abbatial. On y retrouva aussi sous le décombres, une belle statue en pierre de kersanton, qui est déposée aujourd'hui au fond de l'abside principale, dan un triste état de mutilation, la tête brisée. Elle semble être du XVIe siècle. Le saint qu'elle représente devait être un abbé. D'une main, il tient sa crosse, de l'autre, son livre ouvert. Trois anneaux se remarquent à ses doigts. Il est revêtu de ses habits pontificaux. A chape est ornée de riches pierreries. Au pied se voient les armes de l'abbé qui donna cette statue au monastère. Ce ont les mêmes que celles que nous avons notées sur un fragment de meneau gardé dans la cour du logis abbatial. A l'abside voisine, côté du midi, nous avons reno contré sur le sol une sorte de petit fronton dont les pieds-droits s'élèvent en pyramide et dont la face « présente l'écu de Rohan en bannière, surmonté d'un e lambel, armes de Pierre de Rohan, sire de Quintin, juveigneur de Jean II, vicomte de Rohan, qui vivait à la fin du XVe siècle . Au-dessous de l'abside s'avançant vers le midi, il existait une sorte de transept moins saillant que celui de Notre-Dame, que les fouilles laissent voir, malgré les décombres qui l'embarrassent encore. Dans la même direction que le chevet de l'église, c'est-à-dire vers l'orient, s'ouvre un caveau voûté en arête, dont les parois, sous le badigeon qui les recouvre, sont peintes et parsemées de larmes, de fleurs de lis et d'hermines. On y entre par une porte en plein cintre orné d'un « tore retombant sur deux petites colonnettes à chapiteaux. En regard de l'entrée (lit se voit un autel « massif en pierre, derrière lequel s'ouvre une baie tricf lobée ; à sa gauche, en pénétrant dans ce caveau, on cf voit une excavation qui paraît être Femplacement d'un u tombeau brisé, et, faisant face à cette excavation, apff une voûte pratiquée dans le mur extérieur de l'église. C'est dans cette chapelle que la tradition place la tombe du roi Grallon, et cette tradition s'accorde avec la description qu'en fait Albert Le Grand dans la Vie de Saint-Guennolé. Je n'en citerai que quelques lignes; car le livre du P. Albert, n'ayant pas moins de quatre éditions, peut se passer d'en recevoir ici une cinquième, et se trouve d'ailleurs dans presque toutes les mains - Le bon roy Grallon, déjà cassé de vieillesse.. passa paisiblement de cette vie à une meilleure l'an 405 -Saint Guenolé l'assista.... Le corps fut enseveli dans une petite chapelle voûtée à l'antique, pratiquée au mur de l'aisle droite de l'église. Cette chapelle est fort basse, petite et estroite; le sepulchre est à main droite en guise de charnier, de grain marbré, fort petit et court, avec une croix tout du long gravée cc sur la pierre mesme; sur le parcy en dehors, droit sur la porte, est son épitaphe en vers latins : Hoc in sarcophago, etc. De l'ancien jardin des moines on aperçoit l'élévation extérieure de l'église sur le côté nord et à l'orient. Les murs sont construits en partie en blocage, partie en appareil moyen, ornés de distance en distance par des cc contre-forts peu saillants. Perpendiculairement au côte méridional de l'église s'étendaient les bâtiments monastiques, qui devaient se développer autour du cloître, dont on n'aperçoit plus que l'emplacement. Le puits qui en occupait le centre subsiste encore. On doit rapporter la construction de l'église au XIIe siècle, d'après les ruines subsistantes, et comme le disait aussi il y a deux cents ans « un moine de l'abbaye de Landevennec. Le mur auquel s'appuyait vers l'orient la cour du cloître, a échappé également aux ravages. On y voit une porte à ogive qui doit être attribuée au XIIIe siècle. C'est tout ce qui reste de l'ancienne abbaye de Landevennec. L'église paroissiale ne présente pas de caractères anciens. On y conserve des reliquaires qui ont appartenu à l'abbaye. Deux présentent la forme d'un retable ou façade. Ils sont de petite dimension, en bois, garnis de lames d'argent d'un excellent travail, aux armes de l'abbé Brient; ils portent écartelé aux Ier et 4e, la colombe tenant un rameau, et aux 2e et 3e un aigle accompagné en chef de deux étoiles. Le troisième reliquaire, pareillement lamé de feuilles d'or et d'argent, peut se diviser en deux pièces; elles imitent dans leur ensemble la forme d'un édicule. »A cette description si exacte nous ajouterons quelques détails puisés dans l'histoire manuscrite de Mars. L'église reconstruite au IXe siècle n'était pas, dit-il, celle qui existait de son temps (1647).

 

 

Cette dernière, c'est-à-dire celle dont la description précède, était construite dans un style gothique qui n'était pas parfaitement pur. Son principal ornement était une tour élevée qu'on appelait la lanterne; elle était ornée de vitraux coloriés. Les détails qui précèdent sont confirmés par ceux que contient la notice de M. Perrott, d'où nous nous bornerons à extraire le résumé suivant Ce qui reste de l'édifice sacré suffit pour en faire connaître le plan général, qui était celui d'une croix latine dont le transept est plus avancé vers l'est. Près de ce transept se trouve une abside à cinq pans, dont chacune des trois faces N.-E., E., et S.-E. forme la façade d'une petite chapelle hémisphérique très-peu profonde et pourvue de trois fenêtres dont celle du milieu est flanquée à l'extérieur d'arcs-boutants pleins, d'où il suit que ces chapelles ont l'apparence de tours semi-circulaires adossées aux murs. Les ailes ont-elles été construites autour de l'abside comme à Loctudy, où l'on voit de plus une galerie au dessus de l'allée circulaire? c'est ce qu'on ne pourra affirmer que quand on aura déblayé le sol. M. Perrott croit qu'il en doit être ainsi, parce que l'abside est de la même largeur que le corps de l'édifice. Un aveu de l'abbaye, fourni le 7 juin 1679 par Jacques Tanguy, donne sur l'église, le monastère, leur situation respective et leurs dépendances, des détails que nous reproduisons ici, parce que, joints aux descriptions qui précèdent, ils donneraient les moyens de figurer un plan exact (les lieux tels qu'ils devaient être avant la destruction de l'abbaye. Le manoir noble du Penity, habitation de l'abbé, avait de longueur à l'O. du principal corps de logis trois cordes 7 pieds. Au nord du manoir, une chapelle avec une grande salle y attenant (2 c. 8 p. de longueur). Au midi du manoir, un pavillon carré, avec deux chambres, écurie au-dessous, grenier au-dessus (3 c. 14 p.). A l'E., une maison à four avec la moitié de la grande écurie, un portail et une petite porte au milieu du mur d'enceinte de la maison (4 c. 15 p.). Ce manoir était entouré, à l'E. d'un mur de 12 p. de haut, à l'O. et au S. de chapelles, salles et du corps de logis principal ayant 17 p. de hauteur. A gauche était une petite cour carrée avec une crèche au bout du couchant de l'écurie joignant la chapelle au N.-E., écurie qui avait 2 c. 6 p. Une grange couverte en rosseau (sic) et ayant 2 c. 8 p. de longueur, sur 18 p. de diamètre. et 8 p. de hauteur, était séparée du manoir. Les édifices ci-dessus étaient entourés d'un bois de haute futaie avec un jardin au sud, et deux pièces de terre au nord. Devant l'entrée de l'abbaye se trouvait une place plantée, nommée la place du Marché, et présentant une surface carrée de 39 cordes. - A gauche du grand portail de la basse-cour et y attenant , une petite chapelle de 24 p. de longueur sur 18 de largeur et 8 de hauteur. Un champ d'une contenance de 4 journaux 28 e., nommé le Clos du Manoir, était borné à l'E. par l'enclos des religieux, au S. et à l'O. Par le bois de Penforn, au N. par des bois de haute futaie et la levée du manoir. A l'O. de l'enclos des religieux se trouvait un verger donnant à l'E. sur la grève, au S. sur le bois de Penforn. Ce verger et la levée qui le joignait au jardin avaient une contenance de journaux 71 e. On y voyait à l'O. une maisonnette servant de pressoir, ayant 18 p. de longueur, sur 12 de largeur et 8 de, hauteur, et au N. un petit pavillon de 16 p. et demi de largeur. Venait ensuite la garenne du Stiffel, Stiphel ou Stivel, où se dressaient les patibulaires de l'abbaye, et dont dépendait une aire ou rue à battre (sic). Elle était bornée à l'E. et au N. par des terres de la commune du Gorréquer, au midi par la mer, et à l'O. par Ros an Stiffel. Sa contenance était de 10 journaux 3 cordes. Le grand corps de l'église avait de longueur, prise en dehors, 6 c. 10 p., de largeur, prise par les ailes, 2 c. 5 p., et le tour des chapelles de l'église était de 3 c. 19 p Le dortoir avait 6 c. 3 p. de longueur sur 1c. 2 p de largeur; le cloître, avec les bâtiments environnants, 3 c. 11 p. et demi de longueur, sur 2 c. 17 p. de largeur. Dans la basse-cour il y avait une forge, une écurie, une grange et la cuisine de l'abbaye. La cuisine avait 8 p. de longueur sur 22 de largeur, et les autres édifices, 4 c. 3 p. (le longueur sur 17 P. 5/4 de largeur. L'enclos de l'abbaye, renfermant les jardins, vergers, cour, basse-cour, les bois de haute futaie et les édifices, avait une superficie totale de 5 journaux (deux hectares et demi). Le clos de Penforn, qui appartenait aux religieux, donnait à l'E. sur le verger de l'abbé; au midi, dans toute son étendue, sur l'anse de Penforn; à l'ouest, sur l'enclos du manoir du Penity; et au nord, sur la levée. Sa contenance était de journaux M cordes. Les religieux possédaient aussi la montagne de Penforn, ayant une superficie de 30 journaux 38 cordes. Elle avait pour limites, à l'E., au S., et sur une partie de l'O., la mer et la rivière de Châteaulin. L'aveu du 7 juin 1679 nous fournit, indépendamment de ces détails, quelques renseignements sur la topographie de la ville (sic) de Landevennec. On y trouve l'indication (le trois rues :

 

1° La rue conduisant à la rive dc la mer, où étaient la maison presbytérale et la chapelle de Sainte Gwen ou Blanche, située sur le bord de la mer et ayant 43 p. de longueur sur 19 p. 1/2 de largeur, et 10 de hauteur;

 

2° la Grande Rue, où se trouvait l'église paroissiale, dont l'abbé était seul prééminencier, fondateur et présentateur, église qui avait 84 p- de longueur, 15 p. de largeur, 14 de hauteur compensée, et de circuit, le cimetière compris, 10 cordes et demie;

 

3° la rue Perennès, au bas de laquelle existait un courtil. L'aveu parle d'un autre courtil situé près Notre-Dame (l'église paroissiale) et du four banal de l'abbé. L'abbé Tanguy se déclarait, dans l'aveu, seigneur justicier de Landevennec, d'Argol et de Teigruc.

Il y énumérait cinq prévôtés, dont les titulaires étaient tenus, sous peine d'amende, d'assister aux généraux plaids. II y déclarait, en outre, avoir le droit de pêche dans la rivière de Châteaulin, le long des terres de l'abbaye. L'existence de trois rues, peut-être même de quatre, à Landevennec, atteste, à elle seule, son importance relative avant la Révolution...

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5 juin 2015 5 05 /06 /juin /2015 14:38

 

 

Les droits et prérogatives dont jouissaient l'abbé et les religieux de Landévennec étaient très nombreux et très variés. Ils s'exerçaient, à bien dire sur la Cornouaille toute entière. Le principaux étaient ceux des pêcheries, appartenant pour un tiers à l'abbé et pour deux autre tiers aux autres religieux. Quatre d'entre elles étaient très importantes. Elles consistaient autrefois en saumons, thons et sardines, suffisant, et au-delà, aux besoins des religieux qui abandonnaient le surplus à tout venant. Mais l'abbé Brient les a laissées déguerpir, faute d'entretien. L'abbaye possédait un grand nombre de moulins, dont sept étaient plus particulièrement affectés aux vestiaires et chambrerie des moines, qui se plaignaient, en 1676, de ne plus recevoir que 1930 livres par an, pour se nourrir, se vêtir, entretenir l'église, faire les aumônes, recevoir les hôtes. Un de ces moulins était celui qu'on appelait le moulin à mer (milin ou meil ar mor) ; les vassaux de l'abbaye étaient tenus de réparer les écluses, de charroyer les matériau, de curer les étangs. Ce moulin est le même croit-on que celui qui est encore désigné de nos jours, sous le nom de Moulin à mer, dans la commune de Logonna.

 

 

Deux droits productifs, pour l'abbaye étaient ceux qu'elle retirait des foires et marchés, ainsi que des bacs qu'elle entretenait. L'abbé percevait, de temps immémorial, un devoir de coutume ou impôt, sur les denrées qui se vendaient à Landévennec, le 3 mars, jour de la Saint-Gwennolé ; cet impôt fut bien revendiqué en 1496 par un certain Ely Thépaut ; mais il renonça à ses prétentions, bien ou mal fondées, à conditions que les religieux feraient, quand il le demanderait, un service avec prières pro defunctis. En 1635, Louis XIII, à la prière de l'abbé Jacques Tanguy et des habitants de la ville de Landevennec, y institua trois foires par an et un marché le mercredi de chaque semaines ; mais ses lettres patentes défendirent à l'abbé d'entretenir aucun droit d'étalage. Les trois bacs que l'abbé entretenait au passage de Landévennec, Ploubihan et Cosquer servaient à communiquer avec le Faou. Les droits de péage étaient : pour le passage de Landévennec, de 1 s 6 3 par homme, bœuf, vache, cheval ; de 6 3 par chèvre, mouton ou brebis ; d'un sol par quintal pour les ballots et marchandises et pour ceux de Ploubihan et du Cosquer de 6 3 par homme, bœuf, vache, cheval, quintal de marchandises et ballots....Nous avons dit que les redevances perçues par l'abbaye étaient aussi nombreuses que variées; si nous ne pouvonsles mentionner toutes, Au moins en indiquerons-nous trois fort originales. La première consistait dans le paiement d'une chefrente évaluée 10 //, et consistant en un coq, un gâteau et 50 sous monnoie. Elle était due par la dame de Tréanna et le sieur de Keruon, sur la terre du Moal, au village de Goré-Louré, dans la commune de Saint-Nie ou Saint-Nicaise. Une autre consistait dans la charge d'un cheval d'huîtres pendant le carême, et dans une charge de casse-pierre, le tout à l'usage des religieux de l'abbaye. Une troisième, due par le vicomte du Faou, se composait de six douzaines de vesselle de boys, savoir : deux douzaines d'assiettes, deux douzaines de salliaires, et douzaines d'escuelles. » Pour la pesée des redevances acquittées en denrées, les abbés faisaientusage d'une mesure qui leur était particulière, et qu'on appelait Rez, Raze, Rennée comble, ou boisseau ternisier, tervisier (ce dernier nom est perdu). Ils se servaient aussi d'autres mesures nommées bassinée ou pinte bassinée et brique dont nous ignorons la destination.

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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 12:25

La première église qu'avait élevé saint-Gwennolé, subsista jusque vers 844, époque où les pirates normands s'abattirent sur les côtes de Bretagne ; ils chassèrent les moines et détruisirent l'église. Nominoë commença à la rebâtir ; mais quand il mourut, en 852, elle n'était pas terminée : elle le fut par Salomon. Dans le siècle suivant, elle fut encore en butte aux attaques des Normands, qui en abattirent la façade, reconstruite par Jean, qui s'était bravement battu contre les Normands, et qu'Alain Barbetorte récompensa de son courage, en fondant pour lui vers 940, le Prieuré de Batz en Loire Inférieure, et en le faisant nommer abbé de Landevennec, où il ramena des moines. Ci-dessous, plan de Landevennec  au IXe siècle.

 

 

Les fouilles menées par la Direction des Antiquités depuis 1978 par A. et J. Bardel, et toujours en cours en 1986, apportent des éléments historiques précieux. Figures ci-dessous. Commencée dans l'abbatiale romane, elles s'étendent aujourd'hui au sud de celle-ci, à l'emplacement conventuel...La découverte du pavage pré-roman, donc de l'église réédifiée au retour des moines au Xe siècle. Il occupe la première travée de la nef, et une partie du transept roman, des murs dessinant le chœur. Or sous cet important témoignage sont apparus des murs plus anciens, des fragments de sol rubéfié. Sous ces restes de l'église du IXe siècle, enfin, quelques murs grossiers, peut être témoins de la première implantation. Deux lieux paraissent privilégiés : accolés au transept sud du côté est, un espace toujours respecté de siècle en siècle : dans le chœur, un tombeau maçonné différemment des nombreuses sépultures aux divers niveaux...Il reste beaucoup à préciser, que ce soit sur la nef du Xe siècle, dont l'étendue vers l'ouest est l'objet de trouvailles contradictoires ou sur l'étendue vers le sud et l'est du monastère carolingien.

 

 

Celui-ci semble du type à sanctuaires multiples : l'oratoire du « penity » à quelque distance, et deux églises juxtaposées. L'espace honoré de siècle en siècle près du transept sud roman pourrait être la parva ecclesia dont Gurdisten dit que les reliques déposées là furent transférées dans la grande église vers 870, peut être dans le tombeau du chœur. A cette époque les grands bâtiments conventuels au sud enjambent une petite déclivité que l'on dut drainer. Tout ceci confirme le rôle de Landevennec au temps de Louis le Pieu, quand, en 818, l'empereur imposa la règle bénédictine. Ci dessous sarcophages découverts à Landevennec (cliché éditions Le Flohic)

 

 

-Extrait de la biographie de Marc Simon et collaborateurs, L'abbaye de Landévennec, de saint Guénolé à nos jours.; Rennes, 1986, éd. Ouest-France

 

-Depuis l'étude publiée par Roger Grand dans notre Congrès de Cornouaille, 1957, et reprise par lui en 1958 dans son Art roman en Bretagne, l'abbaye ruinée de Landévennec, au nord de Quimper, a fait l'objet de fouilles menées en 1978 et 1983 par A. et J. P. Bardel qui en ont publié les principaux résultats dans Arts de l'ouest. Études et documents, 1980. Rappelons que le monastère fut selon la tradition fondée au Ve siècle par saint Guénolé avec l'appui de Grallon, roi légendaire de Cornouaille et que la règle de saint Benoît y fut introduite en 818. Le IXe siècle fut le temps de son apogée, mais il fut détruit par les Normands en 914. Les moines, revenus à Landévennec vers 940 reconstruisirent l'église. Cependant l'essentiel des ruines appartient à la fin du XIe siècle et au début du XIIe : nef de six travées, charpentée, à bas-côtés, -transept débordant avec absidiole orientée sur le bras nord seulement, le bras sud, un peu plus long, ouvrant sur une étroite chapelle dite « tombeau de Grallon » et, à côté, sur une annexe carrée, -chœur à travée droite et déambulatoire pourvu de trois chapelles rayonnantes. Intégré au début du XVIIe siècle à la Congrégation de saint Maur le monastère fut largement reconstruit avec la participation de dom Plouvier, notamment le cloître -transporté par la suite à Brest où il fut détruit en 1944 -dont les fouilles ont prouvé qu'il a été monté sur les soubassements du cloître roman un peu postérieur (XIIe-XIIIe ?) à l'église. C'est dans le chœur de l'église romane que les découvertes ont été le plus instructives. Sous le rond-point on a retrouvé le sanctuaire à chevet plat de l'édifice pré-roman. Lui ont été ajoutés à l'est deux départs de murs peut-être en vue d'une abside à construire. Un peu désaxé vers le nord par rapport à la nef romane, ce sanctuaire était flanqué au nord d'une étroite chapelle rectangulaire. Devant s'étend un assez vaste carrelage, déjà connu par les fouilles précédentes ; il est formé de carreaux de terre cuite carrés posés sur la pointe et sans décor ; l'un d'eux portait en creux un poinçon de fabrique et une croix pattée à hampe. Il était admis que ce carrelage était contemporain de la nef romane ; on sait aujourd'hui tant par la fouille que par une analyse archéomagnétique qu'il lui est antérieur : c'est le sol de l'avant-chœur préroman. On peut admettre que l'édifice ainsi retrouvé date du Xe siècle et représente la reconstruction consécutive aux invasions normandes. Entre le sanctuaire ainsi découvert et les bâtiments monastiques, les fouilles de 1983 ont fait apparaître une chapelle rectangulaire prolongée par une abside, désaxée vers le sud par rapport à l'église. Il s'agit d'un bâtiment plus ancien, incendié, rénové à l'époque romane et pourvu alors d'une abside. Nul doute que ce soit l'église primitive -on a trouvé là des soubassements antérieurs à l'époque carolingienne -que l'on a voulu conserver à tout prix ce qui a engendré la dissymétrie du transept roman et l'incohérence du plan à l'est du bras sud. Il est probable que nous sommes là au cœur de la plus ancienne histoire de Landévennec. Mais il faudra réfléchir encore aux dates à attribuer aux divers éléments découverts et souhaiter, avec les auteurs de la présente étude, que les fouilles puissent se poursuivre du côté des bâtiments monastiques. (Landevennec par -Anne Bardel, Xavier Barral, I. Altet, Isabelle Caziot, L'abbaye médiévale de Landévennec, dans Archéologia, 192-193, 1984, p. 76-84, 14 fig. (1). Francis Salet.)

 

 

 Ci dessus : Maquette de l'édifice à la période carolingienne (édition Tourisme voyage) 

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