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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 19:34

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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 19:00

 

 

Josselin

 

 

Pleyben

 

 

 

Pontivy

 

 

Châteaulin

 

 

Châteauneuf-du-Faou

 

 

Redon

 

 

Malestroit

 

 

Nort sur Erdre

 

 

Abbaye de Bon Repos

 

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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 13:43

 

 

Rostrenen était une baronnie, et ses armes étaient à trois fasces de gueule. Cette ville avait un ancien château qui se trouvait placé non loin du château moderne, sur les bords de l'étang, qui, fort probablement, en faisait autrefois le tour. En l'an 800, c'était là toute la ville, ou plutôt, la ville n'existait pas encore. Elle n'a pris naissance que postérieurement, et ce n'est que peu à peu et à la longue que des habitations se sont formées à l'abri de son donjon. La maison des seigneurs de Rostrenen était des plus anciennes comme des plus illustres de la Bretagne. L'an 683, dit le P. Grégoire, Rivallon de Rostrenen était chambellan d'Alain II, dit le Long, onzième roi de la Bretagne Armorique. Tous les historiens sont d'accord sur ce point que c'est la maison de Rostrenen qui a donné à la France son premier connétable, dans la personne de Guillaume, sire de Rostrenen, tué au service de Louis-le-Débonnaire, en l'an 834. En 1237, Pierre de Rostrenen prit part au différend qui s'éleva entre Olivier, baron de Lanvaux, quelques autres seigneurs et le duc Il donna des secours à Olivier et se rendit sa caution. Dans cette guerre, Olivier, vaincu, fut mis en prison à Sucinio, et Pierre de Craon, au Bouffai, à Nantes. La baronnie de Lanvaux fut confisquée par le duc. Geffroi de Rostrenen prit part, avec Jean Ier, à la croisade de 1270. En 1276, à l'imitation du duc, qui en avait donné la faculté aux seigneurs, Pierre de Rostrenen abolit dans ses domaines le bail des mineurs, et le convertit en rachat payable par une année de revenu, à la mort de leur père. Le 14 Décembre 1284, Alain de Bruc, évêque de Tréguier, met les Dominicains en possession du couvent qu'avait fondé pour eux, à Guingamp, Pierre de Rostrenen, couvent qui a été ruiné en 1591. En 1294, les seigneurs de Rostrenen s'engagent à suivre en Gascogne l'ost du duc. Pierre de Rostrenen ayant appelé, sans sujet au roi, d'une sentence du duc, est condamné à l'amende en 1325. 

 

 

Le sire de Rostrenen, commandant en second l'un des corps d'armée de Charles de Blois, est tué à la bataille de la Roche-Derien, le 18 Juin 1346. Jeanne de Rostrenen, veuve d'Alain, vicomte de Rohan, tué à la bataille de la Roche-Derien, épouse, en 1354, un officier anglais nommé Roger David, et le roi, Edouard d'Angleterre, leur accorde une partie de la vicomte de Rohan, à titre de douaire pour la veuve et de droit de conquête pour l'époux. Aux états de 1386 et à ceux de 1398, le sire de Rostrenen siège au banc des barons de Bretagne. A la suite du traité du 27 Juin 1387, le sire de Rostrenen est contraint de venir demander pardon au duc Jean IV d'avoir pris parti pour Clisson ; ce qui n'empêcha pas le même sire de Rostrenen de prendre d'assaut, le 27 Septembre de la même année, et au nom de Clisson, la ville de Châtelaudren, qui tenait pour le roi. Le sire de Rostrenen refusa aussi, en 1388, de rendre au duc, qui le demandait, Vatec Beauvis, détenu dans les prisons du château de Rostrenen, qui tenait pour Clisson En 1433, le seigneur de Rostrenen embrasse encore le parti de Clisson contre le duc Jean V. Le sire de Rostrenen fait des prodiges de bravoure au siège de Moncontour en 1437. Le 16 Novembre 1455, madame de Rostrenen assiste au mariage du comte d'Etampes avec la princesse Marguerite de Bretagne. En 1A87, Rolland de Rostrenen signe la ligue de Châteaubriant. Cette ligue, qui avait pour but apparent d'obliger le duc François II à chasser les étrangers, et pour motif réel la crainte qu'avaient les seigneurs bretons que ce prince ne voulu venger la mort de son favori Landais; cette ligue eut pour résultat la perte de la bataille de St-Aubin-du-Cormier, le 28 Juillet 1488, la mort du duc, que la perte de la bataille contraignit à demander la paix ; et finalement, la réunion de la Bretagne à la France. Guillaume de Rostrenen fut tué au combat de Pontrieux, en 1489, par les Français sortis de Guingamp pour attaquer les Bretons. Le château de Rostrenen, où il y avait quelque garnison, fut livré aux royalistes vers la fin du mois de Juin 1592. Il leur fut remis par son commandant Montessu ou Menéheu qui le rendit, croit-on, par trahison. Mercoeur le fit attaquer peu après par l'Espagnol don Juan d'Aguila, qui le reprit après un sège de six ou sept jours. Il appartenait au baron de Pont (Toussaint de Beumanoir), qui tenait pour Son Altesse; mais comme il était pour le pays une cause de pillage et de désolation, d'Aguila y mit le feu et le ruina de telle sorte, qu'aucun homme de guerre ne pût dorénavant s'y loger. Cependant, le 8 Avril 1593, René de Rieux, seigneur de Sourdéac, lieutenant du roi en Bretagne, donna commission à du Liscoët de fortifier la ville et le château de Rostrenen. Cet ordre fut-il ou non exécuté, nous l'ignorons ; nous tenons toutefois pour la négative, car nous ne voyons pas qu'il s'y soit passé depuis ce temps aucun fait de guerre, et pourtant le château est tellement ruiné qu'il n'en reste pas pierre sur pierre, et qu'on ne reconnaît son emplacement qu'à l'élévation circulaire du bosquet planté sur le lieu où il exista jadis. Il en restait pourtant quelques vestiges avant la révolution, mais le propriétaire actuel en a fait disparaître les dernières traces. Il a trouvé un grand nombre de pièces de monnaie d'or et d'argent dans les ruines. Les murs du château avaient, m'a-t-on assuré, dix-huit pieds d'épaisseur. Cent cinquante-cinq ans plus tard, en 1727, le seigneur de Rostrenen fit grand nombre d'afféagements qui rendirent son fief l'un des plus considérables et des mieux cultivés de la Bretagne. Voilà tout ce que nous savons des seigneurs de Rostrenen et de leur château, qui, par parenthèse, était facile à battre, et ne pouvait plus être véritablement fort, depuis la découverte de la poudre et l'usage du canon. En effet, il était dominé de toutes parts par les montagnes environnantes...

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11 août 2015 2 11 /08 /août /2015 18:23

C'est autour de l'antique cité de Vorgium -à présent Carhaix que s'est développé ce comté de Poher. Ker-Ahès, le nom breton de l'antique civitas Osime, désignait en sa forme originale un lieu défensif pourvu d'un castrum. Ce territoire fit ensuite partie du diocèse de Cornouaille, et l'archidiaconé du même nom s'étendait en toute la partie nord de la Bretagne depuis Mûr de Bretagne jusqu'à Crozon, selon les études effectuées par André Chédeville et Hubert Guillotel. Cet archidiaconé renfermait les quatre territoires de Poher, de Huelgoët, de Châteauneuf-du-Faou et de Chateaulin. Quant aux limites de ce comté, elles étaient formées aux nord, au midi et au levant par la chaîne de l'Arès, les Montagnes-Noires et la Rivière d'Oust. Autant de limites naturelles.  Prosper Jean Levot considère en revanche qu'en la partie occidentales ces limites étaient moins précises. Quant aux comtes de Poher, les spécialistes actuels contestent La fratrie unissant Nominoë et Riwallon. Leur parenté se résumerait au fait d'avoir épousé deux sœurs : ils étaient donc probablement beaux-frères. Erispoë fils de Nominoë eut entre autres enfants Conan ainsi qu'une fille d'abord fiancée à Louis Le Bègue, elle fut probablement mère de Judicaël comte de Poher. Quant à Salomon qui régna de l'an 857 à 874, il était fils de Riwallon, comté de Poher en 844 et avait pour frère Riwelen titré comte de Cornouaille  puis de Vannes, lui même père de Guigon. Salomon de Bretagne épousa Wembrit dont il eut au moins trois enfants Riwallon, Guigon et Prostlon unie à Pascweten, comte de Vannes. Mathuedoi, comte de Poher, gendre de Alain Le Grand et père de Alain Barbetorte était de ceux qui s'enfuirent lors des invasions normandes. Il fut aussi le dernier comte de Poher, il régna sur cette contrée jusque l'an 914 ; Arthur Le Moyne de La Borderie donne ledit Mathuedoi fils de Judicaël. Les vicomtes de Poher semblent être les descendants de la maison comtale de Cornouaille à travers Guethenoc Ier, fils de Budic comte de Cornouaille. Son fils Tanguy lui succcéda à la tête du Poher où il est mentionné l'an 1108, quant à son second fils prénommé Riwallon, il est considéré comme l'auteur de la Maison de Mûr. Tanguy Ier, vicomte de Poher fut ainsi que le signale Jean Ogée le fondateur du prieuré de Saint-Nicolas de Carhaix l'an 1108 tout près de son château. Ce prieuré, dépendant de l'abbaye de Redon, Tanguy premier de Poher lui accorda la dîme de Cleven (aujourd'hui Cleven-Poher) et celle de Cholorec (aujourd'hui Collorec). Au début du XIIe siècle, le Poher comprenait trois petits domaines : Landélan, Chateauneuf du Faou et Huelgoët. Et aussi, bien évidemment la châtellenie de Carhaix. Hors, en cette châtellenie de Carhaix, le Poher tenait sous sa mouvance, outre beaucoup d'autres fiefs, deux baronnies importantes Rostrenen (contenant une douzaine de paroisses) et Callac (treize paroisses). (Arthur Le Moyne de la Borderie).

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11 août 2015 2 11 /08 /août /2015 12:16

Comtes de Poher.

 

Le premier comte de Poher mentionné dans les actes pour servir à l'histoire de Bretagne est Riwallon ou Rivelin , comte de Poukaer, cité dans un acte dé 848 ou 849, sous Nominoé, qui gouvernait alors toute la Bretagne. ( Dom Morlce , t I, col. 273. ) On croit que ce Riwallon était fils d'Erispoë, père de Nominoé, lequel était lui-même comte de Poher, quand Louis-le-Débonnaire lui donna le comté de Vannes, et lui confia le gouvernement de toute la Bretagne , en 826. On sait que Nominoé, ayant battu Charles-le-Chauve, et expulsé les Français de la Bretagne, s'en fit proclamer roi en 841. On présume que ce fut vers ce temps qu'il donna le comté de Poher à Riwallon , son frère. Son fils Mathuédoi lui succéda; il était frère de Salomon III, roi de Bretagne, qui usurpa la couronne, après avoir tué le roi Erispoë, fils de Nominoé, en 857. Il est mentionné comme comte de Poher dans les Chartes de 860 à 868. Judicaêl ou Jedecaël, fils du précédent , et frère de Pasquiten et d'Alain, comte de Vannes. Ce dernier, devenu depuis duc de Bretagne, sous le nom d'AIain-le-Grand, est désigné dans une Charte de 896 ou 897 comme prince de Poucoer. Mathuédoi II, comte de Poher, fils de Judicaêl, et gendre d'Alain-le-Grand, comte de Vannes et duc de Bretagne, fut forcé de se réfugier avec son fils Alain, en Angleterre, auprès d'Edouard Ier (alias Ahestan), roi des Anglo-Saxons. Il mourut dans ce pays. Alain II, dit Barbe-Torte, son fils, revint en Bretagne en 936, et, aidé des Bretons et des secours du roi Athelstan , son parent, il combattit les Normands, les chassa de la Bretagne, et y fut universellement reconnu pour duc et souverain eu 937. C'est ainsi que le comté de Poher fut réuni au duché, auquel il est demeuré annexé depuis.

 

Vicomtes de Poher.

 

Aussitôt après la réunion du comté de Poher au duché de Bretagne, on voit paraître une suite de vicomtes de Poher qui semble être une branche puinée de ses comtes. Le premier cité aux actes de l'histoire de Bretagne est Guethenoc Ier. (Dom Morice, t I , col. 347, 362 et 364. ) Il vivait en 990, et existait encore en l'an 1027. Tanguy Ier fonda le prieuré de Saint-Nicolas de Carhaix, en 1108, confimé eu 1116 par Budic, évêque de Quimper. Il eut pour fils Guethenoc, Fortis, Hilarius et Thebaldus. (Dom Morice, actes , t. I , col. 514 et S15.) Guethenoc II vivait en 1009 , et Tanguy II en 1088. On ne trouve rien de particulier sur eux. Bernard, fils de Tanguy II, fut témoin dans un Acte de donation à l'abbaye de Quimperlé. (V. Dom Morice, t. I , col. 464.) Ses enfants furent , Riwallon, Gour Maclon, Desarvoë, Thenenec et Brlent. Riwallon Ier, mari de Guieldera, fit en 1110 plusieurs donations à l'abbaye de Quimperlé, du consentement de ses enfants Riwallon et Adélice, et ses frères cédèrent leurs droits d'héritage sur les biens donnes. Il ajouta à cette donation celle de Saint-Martin de Corlai. (Dom Morice, t. 1,col. 514.) Riwallon II vivait en 1145, et Bernard II en 1160. On ne sait rien sur leur histoire. Tanguy III, fils de Bernard III. et mari d'Arénor, fit a l'abbaye de Quimperlé une donation, où Riwallon, son frère, fut témoin. (Dom Morice, t. I, col. 514.) Ses enfants étalent alors Bernard, qui parait être mort avant son père, et Henry qui suit.Henry, fils de Tanguy III, vivait en 1180. Il est probable qu'il mourut sans enfants. Il parait avoir été le dernier des vicomtes de Poher. Le titre s'est continué cependant dans des branches puînées jusqu'à la moitié environ du XVe siècle ; passé ce temps on le perd de vue. Une opinion fort ancienne dans le pays est que les sires de Plusquellec, de Kergorlay, de Ploeuc, de Corlé et de Rostrenen, étaient issus des branches puînées des comtes ou des vicomtes de Poher.

 

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10 août 2015 1 10 /08 /août /2015 13:56

 

 

 

Le Cartulaire de Saint-Georges à Rennes renferme d'intéressants documents; un des plus curieux est, sans contredit, la convention passée vers 1036, suivant du Paz, par l'abbesse Adèle, sœur d'Alain III, avec un de ses feudataires ou tenanciers nobles nommé Donoal. Elle lui permit de construire un château, « castrum sibi agere, » a Tinténiac, « in Tinteniaco, » a condition qu'il se reconnût l'homme lige de l'abbaye et qu'il ne pût jamais transférer son hommage, dans aucun cas, a nul autre suzerain. De plus, Donoal s'engageait â ne jamais donner asile ni protection a un ennemi de Saint-Georges. S'il faussait son serment de fidélité, il perdait son fief comme parjure et foimentie. « Quod si prefalus Donoalus hujus convencionis quidpiam transgressor fuerit, quicquid sibi honoris Sancti Georgii est concessum amitlat velut perjurus et infidelis. » Le mot honor, dans la latinité du XIe siècle, est synonyme de feudum; c'est le fief confié à la foi du noble tenancier, et plus particulièrement encore le manoir principal, le chef-lieu de la châtellenie féodale. Dès l'époque des empereurs carolingiens, le litre honor s'appliquait déjà aux bénéfices concédés viagèrement aux hommes de guerre par te souverain dont ils suivaient la bannière et â qui ils avaient voué leur service militaire. Ce château de Tinténiac dont l'origine vient de nous apparaître dans la charte de concession d'Adèle a Donoal, fut encore l'occasion d'une transaction postérieure entre la même abbesse et Guillaume, surnommé Ismaélite, qui paraît avoir succédé à Donoal, et était vraisemblablement son héritier. Guillaume avait construit une chapelle dans son château, vers 1060, du temps de Reginald (ou Rainaud), évêque de Saint- Malo. II fut stipulé et accordé entre l'abbesse et Guillaume « son fidèle » que la moitié des oblations faites à ladite chapelle par les paroissiens de Tinténiac, habitant dans l'enceinte du château, appartiendraient au chapelain de Guillaume, l'autre moitié restant à l'église paroissiale dédiée à la Sainte Vierge, et à l'abbesse. Mêmes conditions pour les hommes du dehors, étrangers à la paroisse de Tinténiac. Quant aux paroissiens de Tinténiac habitant en dehors de la forteresse, toutes leurs oblations étaient la propriété de Notre-Dame et de l'abbesse. Je renvoie le lecteur au texte de cet acte, où il trouvera encore de curieux détails sur le casuel ou les droits et rétributions que la législation coutumière accordait aux ecclésiastiques dans certaines solennités du culte et dans l'administration des sacrements de l'Église. Les descendants de Guillaume continuèrent pendant plusieurs générations â porter le surnom d'Ismaëlile, « Ismaeliticus. » C'est au XIIe siècle seulement qu'ils commencent à prendre le nom de Tinténiac. En 1180 et 1197, Guillaume de Tinténiac, dans des donations à Saint-Georges, parle le premier de son père, Guillaume de Tinténiac, et de son oncle, Geoffroi de Tinténiac. Le P. du Paz a appliqué au château de Montmuran les chartes de notre Cartulaire où il est question du château construit par Donoal, « castrutn in Tinteniaco. » Je ne partage pas son opinion. Rien ne prouve que les châteaux de Tinténiac et Montmuran doivent être confondus. Au contraire, il résulte du texte de nos chartes citées ci-dessus, que c'est bien à Tinténiac, in Tinteniaco. que fut fondé le château de Donoal et de Guillaume Ismaélite. Quand a-t-il disparu? L'Histoire de Bretagne nous l'apprend. Ce fut vers la fin du XIIe siècle. En 1168, Henri II, roi d'Angleterre, guerroyant contre Eudon de Porhoët, vint attaquer le château de Tinténiac, le prit, le rasa, le détruisit de fond en comble. « Tintenniacum everlit, » dit la Chronique de Robert, abbé du Mont-Saint-Michel. Nul auteur, nul chroniqueur ne mentionne la reconstruction de Tinténiac, et je crois que les seigneurs de Tinténiac, successeurs des « Ismaélites, » sont les fondateurs du château de Montmuran. Construite sur une éminence qui domine la contrée avoisinante, cette nouvelle forteresse remplaça pour les sires de Tinténiac leur ancien donjon réduit en ruines. Elle doit dater au moins du XIIIe siècle, car en 1269 Olivier de Tinténiac, rendant hommage â Agnès d'Erbrée, abbesse de Saint-Georges, s'engageait â lui payer annuellement, sur ses seigneurie et terres de Montmuran, une rente de 48 livres,pour demeurer quitte des tailles et mangers que percevait l'abbaye sur ses vassaux, ainsi que des ledit Olivier restait concessionnaire. Enfin, une dernière observation a l'appui de ma thèse qu'il ne faut pas confondre Tinténiac et Montmuran c'est que ce dernier château est éloigné de Tinténiac de la distance d'environ deux lieues. Ce ne peut donc pas être là le primitif château de Tinténiac du XIe siècle, castrum in Tintenniaco On me pardonnera cette digression, un peu longue peut être, sur la distinction que je me crois fondé à établir entre les deux chefs-lieux successifs du grand fief de Tinténiac. L'étude des textes du Cartulaire de Saint-Georges m'a semblé une occasion toute naturelle de rectifier la confusion et l'erreur que me semble avoir commises le P. du Paz. On trouvera encore dans le Cartulaire un autre exemple de concession féodale de même nature. Geoffroi, fils de Salomon, obtenait vers 1050, du comte Eudon et de sa soeur l'abbesse Adèle, le droit d'édifier un château-fort, dans un lieu appelé Nulliacum (Noyal ou peut-être, ou bien Nouille, sur le territoire de Mortelles), en reconnaissant relever directement de l'un et de l'autre. Il prenait, du reste, les mêmes engagements que le châtelain de Tinténiac, sous la foi du serment prêté sur les Évangiles et les reliques des saints. Le fief de Geoffroi était vendable, c'est-à-dire qu'il devait, dans certains cas, livrer et rendre sa forteresse à son suzerain, qui se réservait le droit de l'occuper avec ses hommes d'armes pendant ses guerres. Quatre otages, « obsides, » fournis par Geoffroi De plus, Geoffroi fit ratifier la convention par douze de ses plus considérables vassaux, qui jurèrent avec lui en se liant par les formules des plus redoutables anathèmes. L'article des redevances, des revenus ou impôts publics et privés, des services utiles que les seigneurs percevaient sur leurs fiefs et leurs terres, est un de ceu de très-intéressantes particularités. Les redevances, charges, devoirs, prestations et droits imposés sur les terres concédées par les seigneurs de fiefs à leurs tenanciers, étaient de multiple nature. Il y en a de plus d'une sorte énumérés dans le Cartulaire de Saint-Georges : par exemple, les dîmes inféodées, les cens, les rentes en nature, en grains, en vin, en divers autres produits du sol, en animaux, les rentes en argent, Le droit de ban et de semonce féodale, avec les amendes qui en résultaient pour défaut d'obéissance a la justice on à la législation des fiefs; Les coutumes, qui comprenaient toutes les prestations, tous les tributs et devoirs anciennement établis, et qui n'avaient rien d'arbitraire, mais étaient fixes et délimités par l'usage, à la différence des tailles, impôts transitoires, décrétés par l'initiative et la volonté des princes et des seigneurs ; Les redevances appelées « droit de past ou mangiers, » en vertu duquel les vassaux étaient tenus d'héberger et de nourrir, à certains jours, leur seigneur et sa suite, Les tonlieux, ou péages qui frappaient le transport et le passage des marchandises; Les distraits de moulins, c'est-à-dire le privilège attribué au seigneur de fief d'obliger les sujets d'une certaine étendue de territoire a venir moudre h son moulin bannier. D'après les rentiers sommaires que renferme le Cartulaire, on voit en quoi consistaient les coutumes, les cens et les mangiers dans les fiefs de Tinténiac, de Pleubihan, d'Acigné et de la Chapelle-Janson.Sous le fief proche, jurable et rendable que tenaient de Saint-Georges les Ismaélites, seigneurs de Tinténiac, sont nommés plusieurs villages et tenures qui, à titre de coutume, devaient à l'abbaye les redevances suivantes : le tiers de la dime, des redevances à quotité fixe en avoine, celle-ci dite brenage, en pain, en cierges, en rétributions pour les baptêmes, les confessions, les sépultures; la moitié du ban seigneurial et du galoir, c'est-a-dire le droit prélevé par le suzerain sur les biens meubles des individus décédés sans héritiers directs et des aubains ou étrangers. En outre, l'abbaye percevait sur ses vassaux des cens qui, en Tinténiac, se soldaient en menues sommes de deniers. Les tenanciers de Tinténiac acquittaient leur devoir de past, repas ou mangier vis-a-vis de l'abbaye, en lui fournissant certaine quantité de vin, de porcs, de fouaces ou pains, de cire et de poissons...

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10 août 2015 1 10 /08 /août /2015 05:30

Le Château.

 

 

Nous avons très-peu de documents sur le château de Fougeray, toutefois, si l'on ne trouve pas de preuve de son existence avant le XIVe siècle, il n'en est pas moins probable qu'il remonte a une plus haute antiquité. La plebs ou paroisse de Fulkeriac était au IXe siècle une condita, c'est-à-dire, selon M. de Courson, qu'elle devait sa naissance à un magasin d'approvisionnements établi par les Romains sur les bords de leur voie de Blain a Rennes. Cette position de Fougeray, son importance sous les rois bretons, sa renaissance au XIe siècle sous le gouvernement des Le Boeuf, puînés des puissants barons de Châteaubriant, tout porte à croire qu'il existait dans cette petite ville une forteresse a une époque très-reculée. Le fait d'armes le plus important qui se soit accompli au château de Fougeray est aussi celui qui nous donne la première preuve écrite de son existence. C'était en 1354. Jean de Rieux, l'un des plus zélés partisans de Charles de Blois, en était alors le seigneur; Fougeray lui fut enlevé, et une garnison anglaise y fut placée sous le commandement de Bembro. Bertrand du Guesclin, qui combattait sous le même drapeau que le seigneur de Fougeray, parvint a reprendre cette forteresse par une ruse de guerre racontée par tous les historiens bretons, en particulier par dom Lobineau, Hay du Chastelet et Bertrand d'Argentré. Déguisé en bûcheron et accompagné de quelques soldats, le héros breton s'introduisit dans la place en l'absence de Bembro, s'en empara en combat tant vaillamment, et défit le capitaine à son retour à Fougeray. On trouve dans les auteurs que je viens de nommer ce glorieux fait d'armes raconté avec d'intéressants détails; voici le récit de Bertrand d'Argentré (Hist. de Bret., édit. De 1582) : « Il advint que du Guesclin descouvrit que le château de Foulgeré, bonne place pour lors, estoit mal gardé : car ayant prins un varlet sorty du châsteau en la forest de Teillay, il sceut que messire Robert Bembro, anglois capitaine du châsteau, estoit party d'iceluy pour battre la route de l'armée de Charles de Blois et qu'il estoit aux champs et n'avoit laissé au chasteau pas les meilleurs des siens. Sçachant ces nouvelles, du Guesclin monta à cheval avec ses compaignons, et a l'issue de la forest les fait mettre à pied et accoustrer de biaux de toille à chascun une hache en la main en forme de bucherons et les faict charger chascun un faix de fagots et de huches sur le col, laissant la moitié de sa compagnie en embusche dedans le bois au plus prés qu'il peut du chasteau, pour attendre le signal qui leur seroit donné à l'ouverture de la porte. Ceux qui étoient chargés sortirent de la forest et s'en vont devers le chasteau le col ployé soubs le faix avec leurs haches et quelques courtes dagues cachées soubs leurs habits. Venus à la porte ils huchèrent au portier s'il falloit point de bois au seigneur qui estoit céans, qui respondit qu'ouy. On ouvre les portes a cest adveu, ils entrèrent trois ou quatre et entre iceux ledit Bertrand lequel commença à jetter son faix au devant de ladite porte pour l'empescher de fermer, et ses compagnons de mesme, conséquemment les autres, qui suivoient le dit du Guesclin, donnant le signal a leurs gens. Et quant a lui commença à charger le portier qu'il tua, et ceux qui étoient avec luy crioient Guesclin. A ce bruit accoururent tous les soldais du chasteau et commencèrent d'une et d'autre part à se charger a bon escient et combattre. Où du Guesclin fut tellement blessé, que le sang lui couvroit la veue et le visage; mais pour cela il ne recula, et se combatirent ceux de la maison fort vaillamment et en fut tué plusieurs : mais finalement furent deffaicts et la place gagnée, bien munie de vivres et armes. Bembro capitaine qui estoit absent, ayant faict une course, et chargé par gens de cheval de Charles de Blois qui le descouvrirent, délibéroit se retirer en sa place, mais il fut averry par le chemin qu'elle avoit été surprise; chose qui l'estonna tant qu'il commença à tourner bride pour se sauver en quelque place de son party : mais il fut suivy par du Guesclin, ayant recouvert quelques gens de cheval, qui se trouvèrent à son aide, lequel ledit du Guesclin attrapa par le chemin et le contraignit de tourner visage et faire teste : venant aux mains fut deffaict Bembro et demeura mort sur le lieu, Ce fut le premier exploit de marque de messire Bertrand du Guesclin et qui luy donna reputation d'homme de guerre. » Le souvenir de ce glorieux fait d'armes est resté très-populaire dans le pays de Fougeray. Nous avons dit qu'au XVIe siècle Fougeray appartenait aux seigneurs de la Roche-Giffart, ardents protestants. Le duc de Mercoeur convoitait cette place, et son parti parvint à s'en emparer; mais les huguenots, furieux de cette perte, épiaient l'occasion de reprendre ce château. Dès 1594, un de leurs chefs, La Tremblaye, essaya, mais en vain, « de jouer quelque tour aux ligueurs de Fougeray, » l'année suivante ils furent plus heureux. Le capitaine huguenot Saint-Luc, accompagné de Louis de la Chapelle, seigneur de la Roche.Giffart et de Fougeray, parut sous les murs de cette place; mais ce dernier ne rentra point dans son château, il fut tué sous les murs d'un coup d'arquebuse que lui porta l'un des assiégés. Toute fois la forteresse succomba, les ligueurs en furent chassés et Saint-Luc y entra victorieux. Au mois de décembre de cette même année 1595, fut conclue une trève entre les ligueurs et les royaux, au château de Fougeray. « Les présidents de la Grée et de Marigny, de Molac et de Kergroadès s'étant rendus a Fougeray, qui pour lors était en neutralité, le 14 décembre 1595, pour conférer avec les députés du duc de Mercoeur, vinrent à bout d'une trève pour les mois de janvier, février, mars et avril. » (Hist. de la Ligue en Bretagne.) Cette trève fut heureusement suivie de la nouvelle officielle de la conversion d'Henri IV. Après la pacification , les États de Bretagne demandèrent a ce roi la démolition de plusieurs places fortes de la province; leur demande fut naturellement agréée, et c'est alors que furent détruites les fortifications de Derval et du Fretay. Tout porte a croire que le château de Fougeray partagea le sort des deux forteresses voisines; démantelé à son tour, il ne se releva plus de ses ruines. La charge de capitaine du château de Fougeray était importante au moyeji âge; en 1476, Jean de Châteaugiron, dit de Derval, seigneur de Fougeray, donna la capitainerie de cette place forte à son fils naturel Georges de Derval, seigneur de la Lanceulle. Cette charge existait encore en 1653, quoiqu'à cette époque le château fut complètement démantelé, car il est dit, dans l'aveu de cette année-là , que « le cens du devoir de guêt sert pour payer le capitaine dudit château, le concierge et les officiers d'iceluy. » Le droit de guet ayant été aboli en 1670, peut-être la capitainerie du château cessa-t-elle d'exister en même temps. L'aveu de 1541 décrit trop brièvement le château de Fougeray : « Le château, place et forteresse de Foulgeré ô ses tours, maisons, clostures de fortes murailles, douves et fossés, étang, chaussées, moulin à eau, coulombier et refuge à pigeon, garennes et refuge à connyns, deux journaux et demy de terre ou environ ô toutes leurs appartenances, le tout en un joignant sise près et adjacent de la ville dudit Foulgeré. » L'aveu de 1653 entre dans beaucoup plus de détails : « Le château, place et forteresse de Foulgeré où il paraît encore des tours, guérittes, machecoullis et clostures de fortes murailles, fauces braies, douves et fossés au joignant lequel est le donjon séparé d'iceluy par un large fossé revestu; auquel donjon il y a plusieurs logements et terrasses et une grande tour couverte d'ardoises, avec une autre qui la joint où est la vue et monstrée d'icelle, dans laquelle il y a uu grand nombre de chambres et cabinets, et marques de ponts dormants pour la communication avecq le donjon, corps de gardes, terrasses, et esprons qui sont autour d'icelle, entre lesquels terrasses et esprons il y a deux petites tours qui servent de corps de garde, et un pout-levis par lequel on entre dans ledit donjon et a l'un des coings de ladittc terrasse une autre plus grosse tour que les deux précédentes qui sert de logement au concierge du chasjeau et au-dessus, jusqu'à la couverture de ladite tour une fuge et refuge à pigeons. Joignant ladite principale entrée du donjon est un estang, l'eau duquel se communique dans les fossés qui sont autour dudit donjon et terrasse avec la chaussée et retenue d'eau et au dessous d'icelle un moulin a eau appelé le moulin du château. Au dessous de ladite chaussée et moulin, un petit pré au joignant duquel sont les grands jardins dudit château avec ses hayes et fossés, et à l'un des costés d'iceluy des mottes élevées a garennes, et contient, le tout ensemble, le nombre de trois journaux de terre ou environ, vieilles douves et fossés, entre lesquels grands jardins, garennes et le chasteau, il y a une grande place où il y paraist encore des vestiges de fortifications, laquelle place contient, avec un jeu de longue paulme qui est a l'un des costés d'icelle, trois à quatre journaux de terre ou environ, en laquelle se vend, les jours des marchés et foires qui tiennent en ladite ville de Foulgeré, des boeufs, vaches, porcs et autres sortes de bestail, marchandises et denrées ; les jardins d'allentour en partie séparent ladite issue. » De nos jours, la grosse tour du donjon de Fougeray reste seule debout a peu près intacte; mais on retrouve encore des vestiges de la tour du concierge que surmontait naguère une fuie à pigeons; on aperçoit aussi dans la cour les fondations d'une troisième tour. Quant a l'étang qui avoisinait le donjon, il a été desséché en partie et converti en un charmant jardin anglais. Le donjon de Fougeray a conservé quelque chose de son aspect primitif; il est couronné de créneaux gothiques, et les poutres de ses ponts-Ievis ont laissé sur la muraille trace de leur ancienne position ; des écussons indéchiffrables, et qui semblent appartenir au XIIIe siècle, sont placés à une grande hauteur; peu de sculpture à l'extérieur du reste, des colonnettes ornent seules l'entrée principale. Les escaliers, bien conservés, conduisent aux différents étages, où se trouvent d'assez belles salles ornées de cheminées et de quelques jolies portes qui ne remontent guère qu'aux XVe et XVIe siècles. Malheureusement ces salles ont beaucoup souffert des ravages du temps et ont été bien des fois remaniées; la garde nationale, établie dans cette tour sous le gouvernement de Juillet, y a laissé des traces de son séjour, d'un pittoresque fort douteux. Malgré cela, la tour de Fougeray est sans contredit le monument le plus imposant du canton. Le château moderne qui l'avoisine fut construit, au XVIIIe siècle, par M. Loquet de Granville, seigneur de Fougeray. Ce dernier fit raser tout ce qui restait encore de l'antique forteresse, sauf le donjon et la tour du concierge; il fit ensuite niveler l'emplacement des fortifications, où il plaça sa cour d'entrée et ses écuries; puis il transporta le champ de foire, dont parle l'aveu précédent, dans la ville, et construisit son château dans cette vieille place d'armes, entre les fortifications et les jardins. Ce nouveau château n'offre de remarquable que les ruines et le beau parc qui l'entourent.

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9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 04:57

 

 

 

 

 

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8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 12:36

 

 

 

 

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8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 12:20

La Seigneurie.

 

Un aveu rendu au roi en 1541 par Jean de Laval, et deux autres aveux rendus par les seigneurs de la Roche-Giffart, l'un en 1653, l'autre en 1678, nous font connaître assez bien la seigneurie de Fougeray. Cette seigneurie s'étendait dans toute la paroisse de Fougeray, dans une partie des paroisses de Pierric, Derval, Luzanger, Sion, Mouais et Guémené. La châtellenie de Sion. les forges de la Hunaudière, la forêt de Thiouzé, beaucoup de moulins, d'étangs et de bois en faisaient partie. Le seigneur de Fougeray était fondateur des églises de Fougeray, de Pierric et de Sion; il avait droit d'enfeu dans celle de Luzanger.

 

 

Il avait un droit sur les tanneurs de Fougeray et de Pierric, et droit de chasse prohibitive. dans toutes les paroisses ci-dessus désignées. Châtellenie d'ancienneté au moyen âge, la seigneurie de Fougeray fut érigée eu marquisat, en 1644, en faveur de Henri de la Chapelle, seigneur de la Roche-Giffart et de Fougeray, elle relevait directement du roi. Le seigneur de Fougeray avait dans l'origine le droit de guêt, pour la garde de son château, sur tous les hommes du marquisat; mais en 1665 le général de la paroisse de Fougeray refusa de payer ce devoir, fixé, depuis 1505, à trois sols par chaque homme marié; un procès s'ensuivit entre le seigneur du lieu Henri de la Chapelle et le général; il se termina, en 1670, a l'avantage des paroissiens. Le seigneur de Fougeray avait :

 

« le droit de coustume et péage sur toutes les marchandises qui passent dans l'étendue dudit marquisat. »

 

« Item deux halles ou cohues dans ladite ville de Foulgeré pour l'estallage et vente de plusieurs sortes de marchandises qui se vendent toutes tes semaines que se tient marché le jeudy dans ladite vilte, et, outre cinq foires par chacun an, l'une en carême, l'autre a l'Ascension, la troisième à la feste de saint Jean descolé, la quatrième le jour saint Luc, et la cinquième le jour saint Thomas, avant Noël. »

 

« Item au bourg de Pierric une autre foire qui se tient le jour de saint Lien, où ledit marquis prend semblablement droit de péage. » « Item une autre halle dans laquelle il y a un four banal pour cuire le pain des sujets et habitants de ladite ville de Foulgeré. »

 

« Item au joignant de l'une desdites halles un grand logis au haut duquel est l'auditoire pour l'exercice de la juridiction dudit marquisat, avec ses galeries, chambres criminelles, appartenances et dépendances : les audiences de la juridiction dudit marquisat tiennent ordinairement deux jours la semaine, sauf les extraordinaires selon l'abondance des affaires, et au-dessous est la prison et cachots, et basse-fosse pour les criminels et coupables avec les logements et nécessaires pour loger le geollicr et garde desdites prisons. » 

 

« Item appartient audit seigneur de Foulgeré le droit de bailler mesures tant à blé qu'à vin en l'étendue dudit marquisat avec le droit de police. »

 

« Item les moulins de Chère, du Chêne-Prier, de la Haye, de Gault, de la Minière, de Lennaulx, de Pierric et d'Auvers. »

 

« Item le droit de pêche prohibitive dans les rivières d'Aaron, de Chère et marais d'Auvers. » 

 

« Item le droit de quintaine que sont tenus courir les poissonniers qui peschent sur lesdites rivières et marais, le mardy après la feste de Pasque, lorsqu'il leur est assigné par ledit seigneur sous peine de l'amande, pour laquelle courir doivent ledit seigneur fournir de fust de lance, le capitaine dudit château (de Fougeray), de chevaux, le sieur propriétaire de la Bornière d'éperons, et le propriétaire des vignes de la Sauldre de fer pour la lance, de clous, de marteau et tenailles pour couldre ledit fer de lance, et doit tenir ladite quintaine sur bout. »

 

« Et oultre a ledit seigneur droit de sceaux et papiers dans toute sa juridiction. »

 

Cette juridiction était haute, moyenne ct basse, et un grand nombre de manoirs, tant en Fougeray que dans les paroisses voisines, en relevaient noblement. D'après une appréciation faite en justice en 1748 -lorsque M. Loquet de Grandville acheta Fougeray - le revenu de ce marquisat s'élevait a cette époque a 7,251 livres, mais la châtellenie de Sion n'en faisait plus alors partie.

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