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7 août 2015 5 07 /08 /août /2015 12:38

 

 

Les Seigneurs.

 

Tihern, ou plutôt Teuhaire (Teharius), marié à Ynnoguen ou Gwen, fut, dans la première moitié du IXe siècle, le père de trois enfants : Brient, premier seigneur de Châteaubriant; Hervé et Bos, ou le Boeuf; ce dernier s'appelait peut-être Brient comme son frère aîné et comme ses descendants, mais son surnom a prévalu de son temps : « Sciticet a Brientio et Herveo atque Bove, necnon et matre eorum Guenno nomine. » (Cartulaire de Redon, 235.) Ce Le Boeuf eut en partage, paraît-il, la lisière des forêts qui entouraient Châteaubriant a l'Ouest et au Midi, et il devint ainsi seigneur des paroisses de Fougeray, Jans, Nozay et Issé. Parmi ses successeurs on remarque Brient Le Boeuf, vivant en 1214, et inhumé dans l'église abbatiale de Melleray, où son tombeau se voyait encore en 1664. En 1235, Nicolle Le Boeuf, dame de Fougeray, épousa Geffroy, seigneur de Rieux, et lui apporta la seigneurie de Fougeray. Puis vinrent Guillaume I, Jean I, Guillaume II, Jean II et Jean III, tous successivement seigneurs de Rieux et de Fougeray. Vers 1425, Marie de Rieux, fille de Jean III, apporta les terres de Nozay et de Fougeray dans la maison d'Amboise, en épousant Louis d'Amboise, seigneur d'Amboise et vicomte de Thouars. De cette union naquit, entre autres enfants, la bien heureuse Françoise d'Amboise, duchesse de Bretagne, l'une des gloires les plus pures de notre Eglise bretonne. Cette pieuse princesse eut quelques rentes sur la seigneurie de Fougeray, mais .cette terre elle-même fut donnée a sa sœur Marguerite, qui épousa, en 1446, Louis de la Trémouille, seigneur dudit lieu. En 1474, ce dernier seigneur échangea la seigneurie de Fougeray contre celle de Saint-Mars-la-Pile, que possédait Jean de Châteaugiron, seigneur de Derval. Celui-ci mourut en 1482, sans enfants légitimes, laissant Fougeray a sa soeur Gillette, veuve de Jean Raguenel, seigneur de Malestroit. Cette dame avait deux filles; l'une d'elles, Françoise Raguenel, épousa Jean IV, seigneur de Rieux, et lui apporta en dot la terre de Fougeray. Une seule fille naquit de cette dernière union ; elle se nommait Françoise de Rieux, et s'unit en 1488 à François de Laval, seigneur de Châteaubriant, qui devint ainsi seigneur de Fougeray. Leur successeur fut leur fils Jean de Laval, l'un des plus grands seigneurs de son temps; mais il mourut sans laisser d'enfants, en 1542. Sa cousine Anne de Montéjean, veuve de Jean VII, seigneur d'Acigné, hérita, entre autres terres, de celle de Fougeray. Ce fut très-probablement son fils, Jean VIII, seigneur d'Acigné, qui vendit la seigneurie de Fougeray, de 1562 à 1567, a René de la Chapelle, seigneur de la Roche-Giffart. Les seigneurs de cette maison, dont nous parlerons plus loin, possédèrent Fougeray jusqu'à la révocation de l'édit de Nantes. Henri de la Chapelle, seigneur de la Roche-Giffart et de Fougeray, préféra l'exil a l'abjuration du protestantisme, qu'avaient embrassé ses pères, et il vendit, avant de quitter la France, ses terres de Fougeray et de la Roche-Giffart à Catherine de Rougé, femme de François, marquis de Créquy Cette dame étant morte après ses enfants, son neveu L,ouis-Gilles de Rougé hérita de la seigneurie de Fougeray, qu'il donna en dot a sa fille Innocente-Catherine de Rougé, mariée à Jean de Kerhoent de Kergournadec, marquis de Coëteufao. Ce seigneur menait une vie fort dissipée, et à sa mort le marquisat de Fougeray fut vendu à Jean-Charles Loquet, sieur de Grauville (1748). Sa famille posséda Fougeray jusqu'à la Révolution. M. Chapelier, puis M. Judicelly sont devenus depuis cette époque propriétaires du château de Fougeray.

 

 
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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 16:48

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 16:26

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 15:33

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 15:14

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 05:14

 

 

 

« La maison de Kergournadeac'h, dit l'antiquaire Marc de Vulson, est une des plus anciennes de toute la Bretagne, et a toujours été comptée pour l'une des quatre premières de l'évéché de Léon, avec celles de Penhoët, du Châtel et de Carman, toutes illustres. » L'étymologie de Kergournadeac'h, qui se tourne en Français par ville de l'homme qui ne fuit pas, a un principe plein d'honneur et d'antiquité, qui est que Saint-Paul-Aurélien, qui a été le premier évêque de Léon, au VIe siècle, venant d'Angleterre, et ayant abordé à l'île de Baz, en laquelle demeurait le comte de Guyture, il la trouva désolée d'un horrible serpent, ou plutôt d'un monstre si épouvantable, qu'il dévorait hommes, femmes et bestiaux ; de ta teste duquel serpent sortoit un glatis sèment comme si vingt braques glatissoient. Le comte, averti de la venue du saint personnage, lui fit ses plaintes; le Saint promit de ne boire ni manger, qu'il n'eût vu le serpent, et s'étant revêtu de ses habits sacerdotaux, précédé de la croix et suivi de tous les habitants de l'île la chercher le serpent ; mais, l'ayant rencontré, il fut aussitôt abandonné de toute la compagnie qui prit l'épouvante et la fuite, fors un seul chevalier de la paroisse de Cléder, qui demeura près du Saint, lequel aborda le serpent, lui jeta sou étole au cou. Le chevalier s'offrit à le tuer, mais le Saint ne le voulut, ainsi le conduisit ainsi par son étole jusqu'à la pointe de l'île, et là lui commanda, de la part de Dieu, de se précipiter dans la mer et de jamais n'aller habiter ni infecter aucune terre habitée par des chrétiens. A quoi il obéit, et s'appelle encore ce lieu Tout-al-Sarpant, c'est-à-dire le trou ou l'abîme du serpent. Le comte prit de là sujet de donner à ce chevalier le titre de Ker-gour-n'a-Tec'h, que l'hymne de l'octave de Saint-Paul traduit par ces deux vers :

 

Villa viri non fugientis ;

Miles erat tune temporis.

 

Depuis ce temps, les seigneurs de Kergournadec'h ont seuls le droit d'entrer dans le choeur et d'aller à l'offrande en l'église cathédrale de Léon, bottés, éperonnés et l'épée au côté, privilège que l'ou dit avoir été accordé par Saint-Paul au premier seigneur de Kergournadeac'h, et que ses successeurs ont toujours conservé jusqu'à présent (1644). Nuz, est effectivement donné ancêtre mytique des seigneurs de Kergournadeac'h. Le premier dont il y soit fait mention, après celui des légendes, est Olivier de Guergournadeach, qui vivait en 1288 ; Guyomar, son fils, se signala dans les guerres de Montfort et de Charles de Blois. Fait prisonnier dans une rencontre, il déclara qu'il aimait mieux mourir que de vendre un petit coin de sa terre pour payer sa rançon, tant il aimait son vieux château ! En quoi ses descendants l'ont imité ; car on les voit sans cesse mettre leur vieux château sous la protection spéciale des ducs, et non-seulement le vieux château avec les officiers, serviteurs, damoiseaux, mais les pigeons et les lapins du dit château. La terre de Kergournadeac'h passa, vers 1504, dans la famille de Kerhoënt, par le mariage d'Alain de Kerhoënt avec. Jeanne de Kergournadec'h, héritière de sa maison. Olivier de Kerhoënt, fils des précédents fut seigneur de Kergournadec'h, chevalier de l'Ordre de Saint-Michel, il fut enterré en décembre 1594 en l'église paroissiale de Cléder. Ledit Olivier de Kerhoënt, seigneur de Kergournadec'h, avait épousé en 1559 Marie de Ploeuc, dame de Coëtenfao. Leur fils François épousa Jeanne de Botignau, dont il n'eut que deux filles, Renée et Claude de Kerhoënt, « et le bonhomme a dit depuis que s'il avait eu des garçons, comme il n'avait que des filles, il leur eût fait prendre le beau nom de Kergournadeac' h, comme déjà lui et feu son père Olivier en avaient pris les armes plaines èchiquetèes d'or et de gueules, et laissé celles do Kerhoent, qui sont lozangées d'argent et de sable. » Renée de Kerhoënt, sa fille aînée, épousa, le 1er mai 1616, à l'âge de quinze ans, Sébastien, marquis de Rosmadec, baron de Molac et de Tyvarlen, gouverneur de Dinan et de Quimper. «. Lequel ayant été mis, en son jeune âge, à l'académie du sieur Benjamin, s'était rendu si adroit à tous les exercices, qu'il avait gagné plus de trente bagues aux assemblées de noces et autres cérémonies où il s'était trouvé.» Il fit rebâtir le château de Kergournadeac'h, que Vulson, qui y avait séjourné quelque tems, disait être l'une des plus belles et régulières maisons, en son architecture, qui se pussent voir en France. » Aussi, nous en a-t-il laissé deux vues gravées par Jean Picart, l'une à la fin de sa Généalogie des Rosmadec, et l'autre au second frontispice de sa Science héroïque.

 

 

On y voit que le château» en 1644, était construit en belles pierres de taille, flanqué de quatre grosses tours, avec mâchicoulis, guérites et meurtrières. Dans l'enceinte du château, régnait un vaste corps-de-logis avec ses portes et ses fenêtres gothiques. Derrière le château, on remarquait un bel étang entouré de quelques bois, et plus loin, une chapelle groupée sur une petite éminence.» Miorcec de Kerdanet. Dans son Voyage en Bretagne Édouard Vallin décrit l'endroit : « le château de Kergournadeac'h, édifice en ruine qui semble n'avoir jamais été achevé. Quoi qu'il en soit, ses murs à demi écroulés, ses grosses tours à créneaux et à mâchicoulis donnent une haute idée du plan qu'avait conçu l'architecte, et l'on ne peut s'empêcher d'admirer celte puissante forteresse que l'on achève par la pensée telle qu'elle dut être conçue primitivement. ». Et cette note supplémentaire : Le beau château de Kergournadeac'h, en Cleder, bâti en 1630 par le marquis de Rosmadec-Molac sur l'emplacement d'une antique forteresse, ne fut jamais achevé et n'offre plus que des ruines saisissantes au milieu de hautes futaies. Sa forme était carrée et chaque angle était flanqué d'une tour ronde, munie de machicoulis et surmontée d'une tourelle avec hautes cheminées. C'est aujourd'hui près des ruines du château 

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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 18:53

 

 

 

 

 

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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 16:51

Aon

Korfoù goloet gant an erc'h hag astennet a-dreuz
Kezeg brein hanter-zebret ha toullgofet
Stroñs-distroñs eo ar wenodenn skornek
Ar biziou bav prest d'ober pav atav!

Hag ez eus tiez dizor didoenn
Hag ez eus kroazioù na vint biken savet
Bez e welan roudoù tan an ifern
Daeroù puilh a ruilh war va dremm

C'hoarielloù torret hag enwadet
Gwelloc'h ganin e vijen aet da zall
Stlak! Stlak! Skrampañ war an douar
Stlejañ buan aze hag ahont

Aon! Me n'am eus ket!

Ar fuzuilhoù ruset war an hent
Son ur binioù-kozh a c'hellomp
klevout o tont eus un toull-pri
Un aezhenn o nijal kuit a zindan ar c'hoad
Spont! Un tokarn war va zreid!
Glav gwad!
Banniel ar vro a stlak evel ur boled
Leun-chouk va beg gant dorn ar marv
War sav! Argad! a yud ur vouezh er foz.

 

 

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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 13:13

Alain Bouchard disait « Ceux de Coëtmen ont toujours été loyaux et vertueux chevaliers envers le duc. Cette antique maison, dont le nom est à toutes les pages de l'histoire de Bretagne, ne figure cependant pas dans les recueils généalogiques. C'est seulement après de longues recherches qu'il nous a été possible de retrouver un fil dans la suite des vicomtes de Coëtmen cette maison qui, à la fin du XVe siècle était réputée « la plus grande et première d'ancienneté, noblesse et extraction des éveschez de Cornouaille, Léon et Tréguier, yssue et partie de la baronnye d'Avaulgour, n'a pas été l'objet d'études sérieuses de la part des anciens annalistes de la province. Nous avons dû, par conséquent, fouiller les archives publiques et privées pendant plusieurs années, et attendre avec patience ces heureux hasards qui révèlent Inopinément à l'antiquaire des documents égarés. Ogé, dans son Dictionnaire de Bretagne, suivant son habitude, multiplié des erreurs qui n'ont pas été rectifiées par ses modernes éditeurs. Feu M. de Fréminville et M. de la Bigne-Villeneuve ont simplement résumé les faits qui pouvaient être colligés dans les « Preuves de D. Morice. M. de La Borderie a fait connaître ce que les aveux apprennent sur le fief de Tonquedec Nous ne parlons pas de ce qui se trouve dans Dupaz ce ne sont que des notions assez vagues et qui d'ailleurs ne remontent qu'à des temps relativement modernes. Nous passerons également sous silence ce que nous avons publié, il y a plusieurs années, dans le « Bulletin monumental de la Société française, dirigée par M. de Caumont, et dans le journal -La Bretagne. Les matériaux alors étaient encore trop peu nombreux pour que ces recherches fussent bien complètes. Nous constaterons seulement que quelques personnes ont bien voulu emprunter ce qu'il y avait de nouveau dans ces modestes recherches, en se gardant bien, peut-être pour ménager l'amour-propre de l'auteur, de mentionner les sources auxquelles on avait puisé. Dès le commencement du XVIe siècle, la généalogie historique de la maison de Coëtmen était peu claire Gillette de Coëtmen, principale héritière, en 1516, faisait faire des recherches pour manifester son extraction féminine pour ce qu'elle estoit moins cogneue à plusieurs personnages. On faisait alors descendre les Coëtmen des comtes de Cornouaille puis du « roy Audran,» comme puinés d'Avaugour, et on arriva à établir une généalogie qui nous a d'abord été communiquée par M. Pol de Courcy, et que nous avons ensuite retrouvée dans des papiers de la maison de Cahideuc. Nous aurons occasion de la rectifier sur plusieurs points. Dès à présent, nous devons constater une source d'erreur que nous sommes peut-être les premiers à éviter c'est que Coëtmen et Tonquedec étaient, dès l'origine, deux fiefs distincts, et qui, à certaines époques, ont appartenu à deux seigneurs différents. Coëtmen était un partage du Goëllo, donné par un aîné à son puiné. Tonquedec était une circonscription féodale étrangère au Goëllo, arrivée par alliance dans la maison d'Avaugour.

 

Geslin, fils puîné de Henri, comte des Bretons, et de Mathilde de Vendôme, eut en partage les terres qui formèrent la seigneurie de Coëtmen dont sa branche prit le nom c'est lui qui peut être considéré comme fondateur du château de Coëtmen en Tréméven. Il paraît dans les chartes de Beauport comme sénéchal de Goëllo, en 1220, et depuis cette date jusqu'en 1224, il partagea avec Lucas le Borgne, chanoine de Tréguier, la charge de tuteur de Henri d'Avaugour, son neveu, fils du comte Alain. Lorsque son pupille eut atteint l'âge de la majorité, Gesiin devint l'un de ses premiers lieutenants ou vicomtes, le soutint vaillamment dans la lutte contre Pierre Mauclerc, et fut chargé de garder la forteresse du Guesclin en 1234. Le dernier acte dans lequel figure Geslin de Coëtmen est de 1235, à cette époque il était témoin dans l'enquête ouverte pour constater les priviléges souverains contestés par le duc aux sires de Léon et de Goëllo Nous supposons qu'il vécut encore quelque temps, peut-être jusque vers 1256, parce que c'est alors seulement que son fils aîné changea son titre de vicomte de Tonquedec contre celui de vicomte de Coëtmen. De N. de Tonquedec, Geslin eut

 

1. Alain qui suit.

2. Hugues, chevalier, vivant en 1233

3. Henri, chevalier, mentionné en 1231 il mourut en 1233 et fut enterré à Beauport.

 

 

Alain portait dès 1231 le titre de vicomte de Tonquedec du vivant de son père des actes de Beauport furent souscrits par lui en 1232, 1233, 1239 et 1253. Quatre ans après, et comme vicomte de Coëtmen il était pleine du sire d'Avaugour, alors que celui-ci empruntait à l'abbaye de Beauport une somme assez considérable il vivait encore en 1260, ainsi qu'il résulte d'un acte du pape Alexandre IV provenant des archives de la même abbaye". Il mourut le 6 des ides d'août. laissant de sa femme, Constance de Léon

 

1. Prigent -qui suit

2. Alain chanoine de Beauport, et recteur de Plouha en 1260.

3. Jean, mort en 1307, d'après l'obituaire des frères prêcheurs de Guingamp.

4. Pierre, vicomte de Tonquedec, mort sans laisser de postérité, avant son frère Jean, et dont l'héritage, par suite du droit de représentation, fut recueilli par son neveu Rolland de Coëtmen dont nous nous occuperons bientôt

 

Prigent, vicomte de .Coëtmen, s'acquittait, en 1274, de la dette de 400 livres qu'il avait contractée auprès du duc de Bretagne pour son expédition en Palestine en 1298 il était en procès avec son souverain au sujet de ce qu'il avait à réclamer dans la succession du dernier vicomte de Léon, du chef de sa femme Anne ou Emmette de Laval, et pour le satisfaire, le duc lui donnait 3,000 livres. Ici se présente une rectification à faire la plupart des historiens répètent qu'Anne de Laval était fille d'Hervé de Léon et de Catherine de Laval on ne comprend pas cette confusion de noms qui est d'autant plus choquante que le sceau d'Anne porte très-distinctement les armes de Laval et non celles de Léon les tombeaux de cette dame et de son époux, dont nous parlerons dans un instant, fournissent, ainsi que les vitraux de la collégiale de Tonquedec, le même renseignement héraldique. II nous semble que toute incertitude cesse du moment que l'on observe que Gui VII de Montmorency, comte de Laval, mort en 1367, eut de sa première femme, Philippe de Vitré, deux filles, Catherine, dame de Landauran, épouse de Hervé, vicomte de Léon, et Emmette à qui, dans son testament, il léguait 300 livres à prendre sur ses terres de Laval et de Vitré c'est évidemment cette Emmette de Laval qui devint vicomtesse de Coëtmen, et qui, héritant de sa soeur Catherine, vicomtesse de Léon, donna à Prigent les droits qu'il faisait valoir en 1398. Prigent et Emmette furent enterrés en l'abbaye de Beauport, dans une chapelle qui, jusqu'à la Révolution, fut désignée sous le nom de chapelle du Vicomte; elle se trouvait dans une partie de l'église abbatiale qui a complètement disparu On y voyait ungn enfeu et sépulture eslevée sur lequel sont pourtraictz, savoir la pourtrecture du viconte de Quoitmen, aiant sous la teste ungn oreiller a deux ymaiges d'anges d'un costé et d'aultre de sa teste, et ungn lyon, le tout de piastre fort magnifique et d'ancien temps comme apiert par la veue d'iceulx. Sur la pourtrecture duquel viconte y a ungn grant escu de ses armes du blason susdit qui est de gueules a annelez d'argent. Et tout a l'entour de celle tombe y a escuz d'armes que l'on ne peut blasonner pour l'antiquité d'elles. Et a costé de luy y a la pourtrecture d'une dame de Quoitmen, et est la voix commune en celles parties que elle estoit fille du conte de Laval et avoit esté inhumée audit enfeu jouxte son seigneur et mary espoux »

 

 

 

Rolland de Coëtmen, fils du précédent, ayant hérité de son oncle, fut vicomte deTonquedec du vivant de son père: en 1284 il était pleige du sire d'Àvaugour, et dix ans plus tard figurait dans l'ost ducal comme devant fournir cinq chevaliers Il posséda peu de temps le fief de Coëtmen puisqu'il était déjà mort en 1311, époque à laquelle sa veuve, Alix, de la maison de la Rochejagu donnait à Beauport trois rais de froment sur ses dîmes de Lannevez, à charge de célébrer un service annuel. De leur mariage naquirent

 

1. Guy, vicomte de Coëtmen, décédé sans postérité en 1330

2. Rolland II qui suit

3. Prigent qui paraît ne pas avoir laissé d'héritiers de sa femme Eugènie

 

On donne généralement à Rolland II une femme de la maison de Quintin, Jeanne, fille de Geoffroi nous pensons plutôt qu'il épousa Marie de Kergorlay, décédée en 1362 l'expression de consors employée parl'obituaire des frères prêcheurs de Guingamp semble indiquer en effet qu'à cette date son époux vivait encore. Il ne nous a pas été possible de déterminer la date de la mort de Rolland II nous notons seulement que dans l'histoire de Bretagne le dernier événement dans lequel il paraît est la bataille d'Auray en 1364, où il fut fait prisonnier précédemment, en 1346, il commandait un corps de l'armée de Charles de Blois contre le capitaine anglais Thomas d'Aigworth; en 1351 nous le trouvons à la suite du sire de Beaumanoir, et l'année suivante aux États de Dinan, convoqués par la comtesse de Penthièvre

 

Jean de Coëtmen, fils deRolland II, n'eut la vicomté de Coëtmen et le fief de Tonquedec que de 1364 à 1371 à cette dernière date, il assistait à la cession de Guémené-Guégant faite au duc par Jeanne de Rostrenen, le 29 mai, et peu après il était mort puisque son fils Rolland III avait succédé à ses titres féodaux Jean avait épousé, en 1340, Marie de Dinan, fille de Rolland III, sire de Montafilant et de Thomasse de Châteaubriant qui, suivant une chronique du XVIe siècle, apporta en dot les fiefs de Runefau et de Goudelin D'après le contrat de mariage qui nous est parvenu à peu près intact, Marie de Dinan eut les terres provenant de la succession de Anne ou Emette de Laval qui étaient alors débattues entre les sires de Coëtmen et de Montafilant

 

Revue nobiliaire, héraldique et biographique par Anatole de Barthélémy

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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 12:02

Constructions de Jean II.

 

 

J'ai dit que Jean II de Coëtmen fût autorisé à appliquer pendant trois ans, à partir du 1er janvier 1474, le produit de l'impôt du billot dans la châtellenie de Tonquédec à la fortification de la place. Il faut lui attribuer le corps de logis qui ferme, du côté de l'ouest, le château de Rolland III et une partie de l'enceinte avancée destinée à en renforcer l'entrée, mais qui ne fut terminée qu'au siècle suivant.

 

 

Front ouest.

 

Orienté du nord au midi, formant courtine, composé d'un corps de logis N M de plan rectangulaire et d'une tour en fer à cheval 0 au sud, sur un front total de 47 mètres, le bâtiment de Jean II est remarquable par une construction homogène qui tranche nettement avec celles qui l'ont précédée. L'architecte a baissé le commandement, augmenté l'épaisseur des murs du côté vulnérable (4 m 10 dans la tour), percé les étages inférieurs pour des armes à feu, au-dessous de la crête du fossé, ménagé dans les parties hautes de larges perspectives sur la vallée et même sur le plateau, remplacé les mâchicoulis par un simple cordon mouluré en profil de talon, revêtu enfin ce véritable palais d'un appareil plus grand et mieux dressé sur des lits de mortier moins épais. La hauteur des assises varie de 0 m 28 à 0 m 45 et la longueur de certaines pierres atteint 1m 40 et même 1 m 72. Tous les caractères de la seconde moitié du XVe siècle, consécutifs aux premiers perfectionnements de l'artillerie, sont là réunis. Les marques de tâcherons sont rares. L'empattement de la base est très faible. La tour du midi, au même niveau, et probablement sous le même comble que le bâtiment d'habitation, fait corps avec lui et forme, sur le front sud de l'ancien château, un saillant prononcé qui lui permettait de battre le fossé en avant de l'entrée. Elle mesure 14 mètres de diamètre et relie ses 220 degrés de circonférence avec la porte de Rolland III par 6 m 90 de mur droit et un pan coupé en retour d'équerre homogène avec la tour et collé sur la porte. Une poterne P, sans pont-levis, amortie par un linteau sur corbelets, s'y ouvre à quelques mètres au-dessus d'un fossé aujourd'hui comblé. Son seuil est à plus de 2 mètres au-dessus du niveau de l'esplanade. Un escalier droit de six marches profondes, couvert par des dalles placées en travers sur des corniches profilées en quart de rond et formant trois ressauts successifs, y conduit. Au-dessus de la poterne et sous une fenêtre à linteau, une canonnière carrée surmontée d'une courte mire contribue avec celles de la tour du midi à en défendre l'accès. En laissant l'escalier à droite on trouve, sur un petit palier J, deux portes dont l'une, à gauche, mène à la salle, rectangulaire 0 de la tour du midi par un couloir U légèrement descendant et qu'une étroite fenêtre m éclaire. A droite, dans l'embrasure de cette fenêtre, on a creusé obliquement une longue galerie pour la mousqueterie, sans doute contemporaine des refaçons que j'ai déjà signalées plusieurs fois clans le front nord-est ella porte d'entrée. Sous le plancher delà salle 0 se trouve un sous-sol O éclairé par trois embrasures de canonnières. L'une q fait face à l'est et commande les abords de l'entrée, l'autre p est orientée au sud ; la troisième, à l'ouest, r, est coudée et conduit au moineau, petit ouvrage extérieur et bas, en partie ruiné, qui faisait l'unique flanquemenf du front ouest, d'ailleurs bien défendu par l'escarpement de la vallée. La tour du midi fait de ce côté une saillie trop faible pour y contribuer. Il ne reste que doux pans du revêtement extérieur de l'ouvrage et l'amorce de son toit, formé par un coude des assises mêmes du palais, chaque assise taillée en appentis et faisant larmier sur l'assise immédiatement inférieure. La canonnière du moineau qui, suivant la règle en pareil cas, atteignait l'assaillant par la droite, affecte une forme particulière qui, si je ne me trompe, n'a pas encore été signalée (r) : une ouverture carrée, au-dessous d'une longue rainure verticale entaillée dans sa partie supérieure, comme l'étaient les anciennes archères cruciformes pour le tir de l'arbalète, encore employée au XVIe siècle concurremment avec l'arquebuse.Les canonnières des deux autres embrasures p et q sont de ce type, mais de dimensions un peu moindres.

 

 

Les embrasures p et q sont voûtées en berceau plein cintre, l'embrasure q en berceau légèrement brisé. La salle 0 du rez-de-chaussée, également barlongue et non voûtée, mesure 6 mètres sur 8 m 25. Chauffée au nord par une profonde cheminée, elle s'éclaire à l'est et à l'ouest par deux baies rectangulaires (1 m 70 X 0 m 5O) à meneau transversal, au fond d'énormes embrasures voûtées en berceau surbaissé ; dans leur allège est ménagée une canonnière carrée surmontée d'une courte mire sans entaille, w. Une porte à linteau échancré en accolade, ouverte dans la paroi nord de l'embrasure sur la vallée, conduit par un couloir droit aux latrines prises avec leur fosse dans l'épaisseur du mur. Une baie rectangulaire, s'ouvrant au-dessus du moineau, éclairait ce couloir.

 

 

Enfin, au premier étage,une salle semblable,mais chauffée au midi par une cheminée à linteau sur consoles et hotte sur arc de décharge, s'éclaire de la même façon à l'est et à l'ouest. Les fenêtres à meneaux transversaux sont beaucoup plus larges, au fond d'embrasures pareilles garnies de bancs sur les deux flancs et de niches au sud. L'allège du côté du plateau est seule percée d'une canonnière.Une petite porte en accolade conduit aux latrines éclairées sur la vallée par une autre canonnière à longue mire. Telle est la tour du midi. Le corps de logis MN rectangulaire, dont le revers fait l'une des quatre faces de l'esplanade B plus élevée que la basse-cour A, n'a-que deux étages. Celui qui correspondait au sous-sol O de la tour du midi est plein. Celui qui, par le palier T, communique avec la salle O, de plain-pied avec la poterne et au niveau du sol de la basse-cour, est lui-même un sous-sol M N par rapport à l'esplanade. Il comprend une première salle N non voûtée, éclairée par une fenêtre basse, barlongue et grillée au fond d'une embrasure profonde (3 m 05), dont l'ébrasement pénètre une voûte en berceau plein cintre. Elle communique avec une grande cave ou magasin M par un couloir s voûté en berceau surbaissé et une porte en arc brisé qui pouvait se barricader à l'aide d'un madrier dont les mortaises carrées sont conservées dans les parois ruinées du couloir. Le levé du plan et l'examen des collages semblent indiquer une refaçon qui se placerait avant l'achèvement de la construction. La première embrasure a du magasin actuel, dont la partie ébrasée reproduit l'embrasure l de la cave non voûtée N, aurait seule appartenu au plan primitif. Le désir de voûter la nouvelle cave nécessita un collage sur la courtine, extrêmement visible dans l'embrasure a augmentée ainsi de 0 m 80 de partie droite; mais ce collage ne se retrouve pas dans la deuxième embrasure v, de plan tout différent (2 m 16 de partie droite), plus étroite (1 m 78 au lieu de 2 m 43), voûtée en berceau presque plein cintre el par conséquent postérieure à la première et contemporaine de la voûte. Celle-ci est un beau berceau surbaissé de plus de 5 mètres de portée. Les baies barlongues étaient grillées. Au delà du soupirail x qui permettait d'approvisionner l'esplanade, le parement qui sert de sommier à la voûte vient buter contre une saillie z du mur, appareillée comme le reste de la construction. Au nord, le mur de fond en blocage bute à son tour sur celte saillie et supporte la voûte qui s'interrompt au contraire sur la paroi du sud. Faut-il rattacher cette saillie au plan modifié par le voûtement, ou au château de Rolland III, ou aux fondations de bâtiments d'habitation plus récents ? C'est une question à résoudre. Un escalier coudé y, éclairé .sur la vallée, fait communiquer ce sous-sol avec l'étage supérieur (niveau de l'esplanade). On débouche ainsi dans la grande salle non voûtée M dont les trois larges baies (1 m 50 en moyenne), à linteau et meneau horizontal. dominent le ravin et ses pentes boisées. Un banc de pierre ceignait, sur leurs trois faces, les embrasures à berceau surbaissé, mais la voussure de celle du nord s'est écroulée. Une niche était ménagée dans la paroi de la seconde. Une cheminée, dont le linteau, monolithe et lisse, sur consoles, mesure plus de trois mètres et dont un arc de décharge supportait la hotte, occupe au sud le centre du mur de refend, à travers lequel la porte 1 conduisait à la pièce voisine N. Cette pièce, chauffée au sud, éclairée aussi à l'ouest par une baie pareille à celle de la grande salle, était le priée ou chambre à coucher, communiquant, selon l'usage, avec la grande salle et probablement avec la tour du midi. L'écroulement de l'angle sud-ouest ne permet pas de s'en assurer. Une porte en accolade et un couloir coudé conduisaient aux latrines, prises, ainsi que leur fosse, dans l'épaisseur du mur, éclairées par une archère et couvertes en dalles sur corniches en quart de rond. A l'extérieur, une gargouille écoulait au nord les eaux de l'esplanade. Enfin, la courtine se relie avec la tour nord-ouest L par un pan coupé très court, faisant, corps avec le retour d'équerre de la courtine et collé sur la tour. Au saillant de cet angle trois pierres d'attente indiquent un plan interrompu. De la façade intérieure de ce beau bâtiment il ne reste qu'une assise à fleur de terre, décorée d'un cordon mouluré en profil de doucine. L'entrée se trouvait à l'angle T du corps de logis adossé à la courtine nord. On y remarque une assise à trois pans, reste probable d'une tourelle d'escalier. Première enceinte. L'enceinte A que Jean II entreprit de construire n'est pas, à proprement parler, une basse-cour. Bien que son projet inachevé ait été continué au XVIe siècle sur un plan probablement différent, il semble que son faible écartement n'aurait pas permis d'y loger tout ce que renfermait une baille du XIIIe siècle. Ce n'est qu'un ouvrage avancé, destiné à fortifier, comme le dit le texte de 1473, l'ancien château qui conservait ses défenses vieillies. On a vu à quel point sa porte, notamment; était insuffisante. Le plan comportait la porte Y, face à l'est, en retour d'équerre sur une courtine (23 m 90) orientée est-ouest et flanquée de deux tours rondes V et X, dont l'une défendait aussi les abords de la porte au sud. Une seconde courtine, dont il n'existe qu'un tronçon, repartait de la porte vers le nord. Il est impossible de présumer du reste. Encore la la crète des fossés qui devaient les entourer. Elle a pour caractères généraux le grand appareil, semblable à celui du front ouest, la forte saillie des tours (220 degrés) encore fermées à la gorge, leur petit diamètre (7 m 50 environ) et la faible épaisseur des murs (courtines: 2m 20 à 2m30 ; tours : 1 m 80 à 2 m 40), d'où l'on peut induire un commandement très bas, la nature des canonnières (ouverture ronde sous une longue rainure verticale qui ne sont pas, comme on l'a dit à tort., d'anciennes archères bûchées après coup, un talus de maçonnerie peu incliné, enfin le plan particulier de la porte. Celle-ci peut être rattachée au type des portes percées dans une tour quadrangulaire, ouverte à la gorge et sans échauguettes, comme on peut y voir apparaître le tracé polygonal de la période moderne. Un pont-levis à deux bras, dont le tablier relevé s'encastrait dans un tableau ménagé dans la maçonnerie, une ouverture unique amortie par un arc brisé et fermée par une porte, une archère pratiquée dans la paroi à gauche en entrant, enfin une herse à 0 m 30 de l'autre extrémité du passage qui a 3 m 30 de longueur, telles étaient les défenses, assez rudimentaires, de cette.porte, en progrès toutefois, par sa herse, sur le reste du château. Des évidements pour deux madriers carrés sont ménagés dans les flancs à 0 m 45 au-dessus du seuil, mais à 2 m 08 et 2 m 80 en arrière des ressauts de la porte. Autre singularité, ces trous n'ont que quelques centimètres de profondeur, au lieu dé la longueur de la barre, comme cela est d'usage pour l'un des côtés. La voûte actuelle en berceau brisé date du XVIe siècle. De part el d'autre de l'entrée, deux casemates, 5 et 6, à linteau, du type trou rond et longue fente. Sur le flanc de l'une d'elles, 6, on a pratiqué au siècle suivant une longue meurtrière grossièrement bûchée pour battre du feu de la mousqueterie l'angle mort qui, de ce côté, s'étendait à tout le fossé. Enfin deux autres casemates, 4 et 7, montrent, au fond d'une embrasure à cinq pans voûtée, la première en berceau surbaissé, la seconde en berceau plein cintre, une petite baie carrée d'environ 0 m 55 de côté, encadrée par un large cavet et qui fut peut-être fermée par une dalle mince percée d'un trou avec ou sans mire. Chacune des tours comporte deux canonnières semblables à celles de la porte. Le plan des embrasures seul diffère.Une cinquième, 3, traverse la courtine qui les relie. La salle de la tour du gardien, V, est hexagone, celle de la tour X pentagone. Une ancienne inscription, signalée par Freminville comme réemployée au revers de la porte, aurait été selon M. l'abbé Daniel, recteur de Tonquédec en 1842, enlevée vers cette époque par le propriétaire du château. 

 

Constructions de Charles Gouyon.

 

Première enceinte.

 

L'enceinte de Jean II fût achevée par Charles Gouyon de La Moussaye à une date comprise entre 1577 et 1582. Cette dernière campagne, dont la construction en blocage donne l'apparence d'un travail hâtif, présente en effet certains caractères de ce temps, embrasures de canon à double ébrasement, lignes de feu haute et basse enfilant les fossés. Toutefois, les talus, quand ils existent, n'empattent que le pied des murailles et n'affectent pas encore le revêtement tout entier. L'artillerie tire à travers les remparts non terrassés et incapables de résister à un bombardement sérieux. D'ailleurs, il s'agissait de repousser les bandes mal armées de la Ligue. Du côté de l'ouest, on éleva une courtine et une petite tour Z ouverte à la gorge, collée sur la tour du midi O, et dont les deux étages de feu balayaient le front ouest d'une part et le fossé de la nouvelle courtine de l'autre. Celle-ci, dont le collage sur la tour du gardien V est très net à l'extérieur, était fortement empattée et munie de latrines dans l'angle, avec couloir coudé percé d'une meurtrière. Les courtines, les tours et la porte de Jean II furent couronnées de l'étage qui leur manquait. La courtine qui montait vers le nord fut continuée jusqu'à la hauteur de la tour d'angle de l'est à laquelle elle fût rejointe par un retour d'équerre. Deux batteries superposées, chacune de deux embrasures, y furent ménagées pour prendre d'enfilade le fossé du nord-est. La courtine, au contraire, n'est qu'une ligne haute de feu à six embrasures desservie, comme la batterie supérieure du pan coupé, par une coursive en encorbellement. Sous la batterie basse qui fait face au nord, une porte aujourd'hui bouchée s'ouvrait sur le fossé. Courtines voisines du donjon. Le donjon, isolé jusqu'ici, fut relié aux tours du nord K et du nord-ouest L par deux courtines basses empattées, en blocage, grossièrement percées, la première de une, la seconde de deux embrasures plongeantes. Ainsi fut formée cette petite cour triangulaire dans laquelle certains archéologues avaient cru voir une troisième enceinte. Refaçons diverses. Je crois qu'il faut dater de la même époque les longues embrasures pour tir plongeant qui furent percées, à quelques mètres au-dessus des talus, dans les angles formés par la courtine du nord-est et ses tours de flanquement, K, dans la tour du nord pour battre le fossé du donjon, dans les fours de la porte de la deuxième enceinte, dans l'angle, de part et d'autre de l'entrée. Une meurtrière de mousquet n dans le flanc de la tour du midi, une autre dans la casemate 6, également signalées comme refaçons tardives au cours de celte élude, rappellent celles du bastion de la porte de Laon, à Coucy.

 

 Le château de Tonquedec -notices archéologiques

 

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Published by poudouvre
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