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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 14:10

 

 

Dans une Vie manuscrite de saint Samson, -Vîe presque aussi ancienne, selon Dom Le Gallois, que la légende insérée dans les Actes de l'ordre de Saint-Benoît, -on lit le curieux passage que voici : « Judual traita saint Samson (qui l'avait rétabli sur le trône) comme s'il était à la fois et son père et sa mère; et il lui concéda, à lui et à ses successeurs, la juridiction spirituelle de la Domnonée tout entière. » Ces paroles nous donnent la clef de toutes les difficultés qu'on s'est plu, pour ainsi dire, à entasser au sujet de la métropole de Dol. Que saint Samson, évêque ou archevêque, dit Dom Taillandier, ait établi son siège à Dol, au VIe siècle, et ait eu pour successeurs saint Magloire, saint Budoc et saint Thuriau, c'est une vérité constatée par les Actes de ces saints évêques.» Nul doute, en effet, que saint Samson n'ait exercé à Dol les fonctions épiscopales; nul doute, comme le dit encore le docte bénédictin, que, du temps de Nominoë, « les territoires de Tréguer et de Saint-Brieuc -j'ajoute:et de Saint-Malo, n'aient été gouvernés par l'évêque de Dol, qui y possédait des églises et pouvait facilement veiller sur tout le pays ,» Ci-dessous l'Ancien Palais Episcopal de Dol

 

 

Mais ce n'est pas à dire pour cela, nous le répétons,qu'un siège fixe, une véritable métropole, existât dès lors à Dol. Sur ce point, nous l'avons établi plus haut, les Bretons avaient d'autres usages que les Gallo-Romains:«Il faut se représenter, dit Dom Le Gallois dont l'opinion a tant de poids en ces matières, il faut se représenter que les Bretons, étant venus de l'île avec leurs prêtres et leurs prélats, cette Église transplantée, qui, dans les commencements, n'avait aucuns rapports politiques avec les Francs, nouveaux venus. Se renferma dans le pays qu'elle occupait, d'autant plus qu'elle avait sa langue particulière, ses princes propres et ses moeurs différentes. Ajoutons qu'il n'eût pas été facile d'aller trouver un métropolitain dépendant des Goths ariens. Chaque principauté des Bretons eut donc ses propres pasteurs venus de l'île, et qui, dans leurs nouveaux établissements,gouvernèrent de la même manière et avec la même indépendance des évêques gaulois, qu'ils avaient delà la mer, mais sans avoir aucune ville affectée à leur dignité.  Ci  dessous, fresques du Haut Moyen Âge à Langast.

 

 

Ces évêques, venus du dehors, étant morts, il fallut leur donner des successeurs, et, pour peu qu'on ait lu la Vie des saints qu'on nomme communément premiers évêques des diocèses de la Bretagne armoricaine, on reconnaît aisément que les successeurs des évêques bretons insulaires ne le furent que de leurs dignités et de leurs charges, sans l'être de leurs évêchés. C'est ainsi que saint Tugdual fut évêque de Tréguier saint Samson et, après lui, saint Magloire et saint Budoc évêques des pays de Dol, etc.» Bien que saint Samson, selon la coutume des évêques de son pays, n'eût point de siège fixe affecté à sa dignité, rien n'empêche de croire qu'il ait exercé sa juridiction sur les territoires de Saint-Brieuc, de Tréguier et de Saint-Malo. Soutenir, avec quelques érudits modernes, que «Dol n'était qu'un monastère compris dans le diocèse d'Alet,» me paraît, qu'on me passe l'expression, une sorte d'énormité. Une telle opinion n'eût jamais été mise en avant si l'on ne s'était avisé de confondre,pour le besoin d'une thèse impossible, l'histoire des Bretons avec celle des Gallo-Francs, leurs voisins. Ci dessous, ruines de l'église de Saint André des Eaux 

 

 

 

Dom Taillandier fait judicieusement observer que Nominoë ne fit autre chose qu'ériger en diocèses fixes et régulièrement délimités les territoires sur lesquels saint Samson, saint Brieuc et saint Tugdual avaient exercé les fonctions épiscopales. De son côté, Dom Lobineau soutient que, délivré par son coup d'état des évêques qu'il regardait comme des factieux, «le roi des Bretons établit un évêché dans le lieu où saint Brieuc avait fini sa sainte vie, rétablit celui de Tréguer et donna la qualité de métropole et d'archevêché au siège de Dol. » Ces assertions ne sont pas contestables, et il n'est pas moins certain que, en 848, Salacon, l'un des prélats expulsés, occupait le siège de Dol, et non pas celui d'Alet, où Maen était alors assis. L'évêché de Dol, le moins étendu de tous ceux des quatre Lyonnaises, était limité, au nord, par la mer; au sud, par le diocèse de Rennes; à l'ouest, par celui de Saint-Malo; à l'est, par le diocèse d'Avranches, qui dépendait de la deuxième Lyonnaise ou province de Rouen. Le peu d'étendue de l'évêché de Dol, où n'existait qu'un seul archidiaconé et qui ne renfermait (en ne tenant aucun compte de ses enclaves) que quarante et quelques paroisses, ne permet pas de supposer qu'il y ait eu des doyennés sur un territoire aussi restreint. Il est question, à la vérité, de decani Dolenses, dans quelques chartes des xne et XIIIe siècles; mais rien n'indique qu'on les doive considérer comme des doyens territoriaux établis dans le pagus Dolensis proprement dit.

 

 

Cathédrale de Dol

 

 

De tous les diocèses de France, Dol était celui qui possédait, en dehors de son territoire propre, le plus grand nombre d'enclaves disséminées dans d'autres contrées. L'évêché de Saint-Malo en renfermait vingt-trois; celui de Saint-Brieuc, douze; celui de Tréguer, neuf; celui de Léon, une; celui de Rennes, trois; enfin, le diocèse de Rouen, quatre. L'origine de ces enclaves a été diversement expliquée. Dom Taillandier n'hésite pas à l'attribuer à l'espèce de primatie exercée par saint Samson sur les autres évêques régionnaires du royaume de Domnonée : « De là vient, dit-il, que les lieux qui appartenaient en propre à l'évêque de Dol, lors de l'érection des évêchés de Saint-Brieuc et de Tréguier, sont demeurés et sont encore aujourd'hui sous la juridiction des évêques de Dol.C'est pour la même raison que, dans le territoire de Rouen, les paroisses de Saint-Samson, sur la rivière de Lizaire, et celle de La Roque sont soumises àl'évêché de Dol. Ces églises dépendaient du monastère de Saint-Samson et y sont demeurées annexées, par respect pour le savant prélat, lorsqu'on a érigé les nouveaux évêchés. Ci dessous Coëtmieux

 

 

Quelle autre raison pourrait-on donner d'une telle dispersion d'églises dans un seul et même évêché ?» Malgré ces observations pleines de justesse, et qui concordent si bien d'ailleurs avec le texte par lequel débute ce paragraphe, quelques écrivains ne veulent voir en saint Samson que l'abbé d'un important monastère du Porhoët, et ils prétendent expliquer les anciennes enclaves de Dol par l'obligation où se serait trouvé Nominoë d'imposer aux autres prélats de la Bretagne une cession partielle de leur territoire en faveur de la nouvelle métropole. L'hypothèse paraît spécieuse, au premier abord; mais si le libérateur de la Bretagne avait en effet pris la décision qu'on lui attribue, comment se fait-il qu'en dehors de la Domnonée, Nantes, Vannes et Cornouaille se soient dispensés de tout sacrifice, et que le diocèse de Léon n'ait jamais renfermé qu'une seule enclave de Dol, Locunolé ? Ci-dessous Ruines de l'ancienne église de Saint Judoce

 

 

Ce fut seulement sous le pontificat d'Innocent III et durant la minorité du jeune Arthur, en 1199, que l'église de Dol cessa d'être la métropole des Bretons.Dans la dernière moitié du XVe siècle, le cardinal d'Avignon, Alain de Coëtivy, remplaça les anciens doyennés, ou groupes de paroisses situées hors du pagus Dolensis, par cinq officialités. L'official de Dol eut dans son ressort l'archidiaconé de Dol et les enclaves du diocèse de Saint-Malo; ceux de Lanmeur et de Lannion furent chargés des enclaves de Tréguer; l'official de Lanvollon gouverna les paroisses de Saint-Brieuc, et, enfin, l'official de Saint-Samson reçut la direction des paroisses de la Normandie. L'évêque de Dol était seigneur temporel dans la ville et dans la circonscription qu'on appelait le franc-regaire de Dol, dans la paroisse de Coetmieux, en Saint-Brieuc, et dans les paroisses de La Roque et de Saint-Samson-sur-Risle. Tout le monde sait que l'évêché de Dol a été supprime en même temps que ceux de Saint-Pol-de-Léon, de Tréguer, de Saint-Malo, et que le territoire de l'ancienne métropole bretonne a été annexe au département d'Ille-et-Vilaine. Ci dessous église de Bréhat (Inventaire de Bretagne) 

 

Doyenné de Dol :


 

Baguer-Morvan

Baguer-Pican

Bonaban

Bonnemain

La Boussac

Broualan

Carfantin

Cendres

Chapelle aux Filzméens

Cherrueix

Cuguen

Abbaye de Dol

Crucifix de Dol.

Notre-Dame de Dol

Epiniac

La Vieuville

La Fontenelle

La Fresnais

Hirel

Lanhelin

Lanvallay

Lillemer

Meillac

Miniac-Morvan

Mont-Dol

Pleine-Fougères

Plerguer

Plesder

Pleudihen

Pleugueneuc

Rimoux

Roz-Landrieux

Roz sur Couesnon

Sains

Saint-Broladre

Saint-Georges de Gréhaigne

Saint-Guinoux

Saint-Helen

Saint Leonard

Saint-Marcan

Saint-Pierre de Plesguen

Saint-Rémy du Plain

Saint-Solein

Tréméheuc

Tressaint

Tressé

Vildé-Bidon

Vildé La Marine

Le Vivier


 

Doyenné de Bobital


 

Aucaleuc

Bobital

Illifaut

La Landec

Langan

Languenan

La Nouaye

Le Hinglé

Le Lou du Lac

Saint André des Eaux

Saint-Carné

Saint Coulomb

Saint Ideuc

Saint-Jacut

Saint-Judoce

Saint- Launeuc

Saint-Méloir des Bois (près Bourseul)

Saint-Méloir-sous-Hédé

Saint-M'Hervon

Saint Samson Jouxte Livet

Saint-Thual

Saint-Uniac

Sainte-Urielle

Trébédan


 

Doyenné de Lanvollon


 

Bréhat

Lanlou

Perros Hamon

Saint Quay


 

Doyenné de Coëtmieux


 

Coëtmieux

Landébia

Langast

Saint-Glen


 

Doyenné de Lanmeur


 

Locquénolé

Coadout

Lanmeur


 

Doyenné de Lannion

 

Loguivy-Lès-Lannion

Perros-Guirec

Trevou-Treguignec


 

Doyenné de Saint-Samson

(quatre paroisses en Normandie)

 

Conteville

Marais Vernier

Saint Samson de la Roque

Saint Samson sur Risle

 

Extraits de La Bretagne, du Ve au XIIe siècle, par M. Aurélien de Courson. Ci-dessous, église de Perros-Guirec (cliché Wikipedia)

 

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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 08:22

 


 

A la suite de graves événements dont la trace, cependant, s'aperçoit à peine dans l'histoire, Corseult, l'antique capitale des Curiosolites, avait été anéantie. Alet, qui, vers la fin du IVe siècle, servait encore de résidence à un préfet des soldats de Mars, ne paraît pas avoir échappé non plus aux ravages exercés dans la péninsule par les pirates germains. La ville était en effet presque déserte, lorsque de nombreux essaims de fugitifs bretons vinrent aborder sur ses rivages en 513. Riwal II, leur chef, ayant réussi à fonder une nouvelle Domnonée dans la région septentrionale de la péninsule, le port d'Alet reprit toute l'activité qu'il avait perdue.

 

 

Résidence d'été des évêques de Saint-Malo

à Saint-Malo de Beignon

 

Toutefois,quoique les Bretons, chrétiens pour la plupart, dominassent complètement dans le pays, on voit, par la Vie de saint Malo, que la cité dont il fut véritablement l'apôtre renfermait une population presque entièrement païenne vers le milieu du VIe siècle. Maclovius, auquel on donne aussi le nom de Machutus, était né, selon le P. Le Large et Dom Lobineau, « dans le pays même dont il fut le premier évêque.» Mais le fait n'est point énoncé dans les deux anciennes légendes publiées par D. Mabillon et par D. Morice.

 

 

Abbaye de Saint-Méen

 

Ce qu'il y a de certain, c'est que, bien jeune encore, Malo fut confié aux soins de saint Brendan qui l'éleva dans son monastère de Lan-Carvan, au pays de Cambrie Sous un tel maître, la piété, la vertu, les talents du jeune Breton jetèrent un si vif éclat, que, l'évêque du pays étant mort, les habitants demandèrent à grands cris que Malo lui fût donné pour successeur. Le saint jeune homme protesta autant qu'il fut en lui; mais, malgré son refus et ses larmes, il fut élevé à l'épiscopatil. Pour échapper au fardeau, le seul moyen c'était de fuir. Malo n'hésita pas; ayant fait avertir quelques disciples, il s'embarqua furtivement avec eux, et leur vaisseau, guidé par un ange, dit l'hagiographe, vint aborder non loin d'Alet, dans l'île de Cézembre. Après plusieurs années passées dans cette solitude, le jeune anachorète alla s'établir dans une autre île, plus rapprochée de l'antique cité. Là, de pieux chrétiens, comme lui fatigués des bruits du monde,venaientincessammentse placer sous sa discipline, lorsque le peuple d'Alet, lui faisant violence à son tour, le choisit pour évêque Le P. Le Large, et d'autres écrivains, à son exemple, ont avancé que, dès le VIe siècle, Alet était devenu le siège d'un diocèse à limites fixes, dont aurait relevé, ajoutent-ils, l'évêché-monastère de Dol.

 

 

Abbaye de Beaulieu en Languédias

 

Mais c'est là, je ne crains pas de le dire, une assertion dénuée de toute espèce de fondement. Saint Malo, comme saint Brieuc et saint Tugdual, était, en effet,un simple évêque régionnaire, placé sous la dépendance de saint Samson, lequel, depuis l'avènement de Judual au trône, remplissait véritablement l'office de métropolitain de la Domnonée. Prétendre,comme l'a fait le P. Le Large, que saint Malo fit le voyage de Tours non-seulement afin d'aller prier au tombeau de saint Martin, «mais encore dans le but d'y reconnaître son archevêque, » est une assertion que rien ne justifie. Les évêques d'Alet, comme leurs collègues de la Bretagne proprement dite, n'avaient point contracté d'union canonique avec le métropolitain de Tours, et l'organisation des églises domnonéennes, calquée sur celle des églises de la Bretagne insulaire, était si bien restée intacte dans ce coin de la péninsule, qu'on la retrouve en pleine vigueur du temps même de Charlemagne. Dans un titre du monastère de Saint-Méen, publié par D. Lobineau, un évêque de Saint-Malo rappelle, en 1294, sous forme de vidimus, un diplôme de Louis le Débonnaire, où l'on voit que, durant le règne du grand empereur, l'église d'Alet avait obtenu de la munificence de ce dernier la restitution de biens assez considérables enlevés au monastère de Saint-Méen et Saint-Judicael. Or, qui gouvernait, à cette époque, l'antique abbaye dont les Francs avaient naguère pillé le trésor, ravagé les terres et brûlé les églises ? C'était précisément le même Hélocar désigné. dans l'acte, sous le titre d'évêque-abbé, et qui, du fond de son monastère, sans qu'aucun siège fût affecté à son office, remplissait, dans une circonscription plus ou moins étendue, et sous l'autorité de l'évêque de Dol, les fonctions d'évêque régionnaire.

 

 

Ancienne cathédrale d'Alet

 

Cet état de choses, tout à fait conforme aux vieilles coutumes des Bretons insulaires, ne cessa d'exister, dans la Domnonée, que quand Nominoë, monté sur le trône, y eut organisé des diocèses réguliers et à limites fixes, comme ceux du pays des Francs. L'histoire nous apprend que ces limites varièrent peu du IXe siècle au XVIIIe. L'évêché d'Alet, transféré, depuis 1152, dans la ville de Saint-Malo, avait pour bornes, au sud-ouest et à l'ouest, les évêchés de Vannes et de Saint-Brieuc, dont nous avons fait connaître la délimitation; à l'est, le diocèsede Rennes; au nord-, mais dans un espace très-restreint, la Manche. Le diocèse de Saint-Malo était l'un des plus étendus de la péninsule : il renfermait cinq abbayes, deux collégiales, plus de cent prieurés, cent soixante et une paroisses et vingt-quatre trêves ou succursales. On trouvera dans les Pouillés placés à la fin du volume beaucoup d'autres renseignements que nous sommes obligé, faute d'espace, de supprimer ici. Plusieurs évêques d'Alet et de Saint-Malo sont désignés, dans le Cartulaire de Redon, sous le titre d'évêques du Poutrecoet, Episcopi in Poutrecoet.

 

 

Abbaye de Paimpont

 

Cela ne veut pas dire, assurément, que le territoire dont se composait le diocèse d'Alet eût la même étendue que le pagus trans silvam; mais, comme des hommes instruits sont eux-mêmes tombés dans cette erreur, nous allons indiquer, en très-peu de mots, quels territoires comprenait le primitif Poutrecoet, ce pays des bois, dont il est si souvent parlé dans notre Cartulaire, et qui, sous la plume des poètes du moyen âge, est devenu le théâtre de tant de merveilles. Il existait autrefois, en Bretagne, deux circonscriptions ecclésiastiques et une circonscription féodale désignées sous le nom de Poutrecoet ou de Porhoët, par contraction ; c'étaient: i°l'archidiaconé de Porhoët, au sud de l'évêché de Saint-Malo ; 2° le doyenné de Porhoët, dans l'évêché de Vannes; 3° le comté de Porhoët. L'ancien Poutrecoet, ou pagus trans silvam, renfermait les trois territoires. M. A. de la Borderie a très-bien établi les limites du comté de Porhoët, tel qu'il fut constitué au XIe siècle: il s'étendait, en longueur, de l'est à l'ouest, depuis Campénéac jusqu'à Plouguernevel, -et, en largeur, depuis Corlai jusqu'à Camors.

 

 

Abbaye de Léhon

 

Or, si l'on ajoute à ce territoire les parties de l'archidiaconé et du doyenné de Porhoët situées hors des limites de la grande seigneurie de ce nom -ce qui porte le pagus traits silvam jusqu'à Montfort et Guichen ; -si, d'un autre côté, l'on tient compte de ce fait, aujourd'hui constaté, que la forêt de Brécilien, dont les ombrages couvraient le Poutrecoet,s'avançait, au delà de Rostrenen, jusque dans la paroisse de Paul, l'on peut dire, sans exagération, que cette vaste région boisée, dont nous donnons plus loin les curieux usements, occupait, au centre de la péninsule, un espace d'environ trente lieues de longueur, sur douze ou quinze de largeur.   

 

 

Cathédrale de Saint-Malo

 

Subdivisions ecclésiastiques. -Archidiaconés. -Doyennés.


 

L'évêché de Saint-Malo se composait de deux archidiaconés (Dinan et Porhoët) et du Pou-Alet, ou territoire de la cité.


 

I. L'archidiaconé de Dinan, dont faisaient partie les doyennés de Poudouvre, de Bécherel et de Plumaudan, renfermait soixante- dix-sept paroisses et sept trêves.


 

II. L'archidiaconé de Porhoët, situé au sud du diocèse, se composait des doyennés de Montfort, Beignon, La Nouée, Lohéac, et comprenait soixante-dix-huit paroisses, avec dix-sept trêves. Les bornes des sept doyennés précités correspondaient-elles aux limites de divisions territoriales plus anciennes ? Aucun document ne l'indique ; mais on peut conjecturer, avec quelque vraisemblance, que le Pou-Alet, ou territoire propre de cette ville, reproduisait une circonscription antérieure à l'arrivée des Bretons. Ce petit pagus était borné, au nord, par la Manche à l'est (sous les marais de Dol), par des lais de mer; à l'ouest, par la Rance ; au sud, par les marais de Châteauneuf de La Nouée, qui formaient la limite du diocèse de Rennes. Extraits de La Bretagne, du Ve au XIIe siècle, par M. Aurélien de Courson


 

 

 

Abbaye du Tronchet

 

page non terminée

 

Doyenné de Poulet :


 

Saint-Malo

Saint-Servan, (autrefois Alet)

Cancale

Châteauneuf

La Gouesnière

Paramé

Saint-Benoît des Ondes

Saint-Jouan des Guérets

Saint-Méloir des Ondes

Saint-Suliac

Saint-Père-Marc-en Poulet. 

 

 

Doyenné de Poudouvre :


 

Bourseul

Corseul, l'Abbaye, trève de Corseul

Créhen

Dinan, St-Malo

Lancieux

Langrolay

Plélan le Petit, et St-Michel de Plélan sa trève

Pleslin

Plessix Balisson

Pleurtuit

Plorec, et sa trève Lescouët

Ploubalay

Plouër

Quévert

Saint-Briac

Saint-Enogat

Saint-Lunaire

Saint-Maudez

Taden

Trégon

Trélivan

Tréméreuc

Trigavou

Vildé-Guingalan


 

Doyenné de Plumaudan :


 

Broons

Brusvily

Calorguen

Caulnes

Chapelle du Lou

Dinan St-Sauveur

Eréac

Guenroc

Guitté

Landujan

Languédias (prieuré cure)

Lanrelas

Léhon

Médréac

Mégrit (prieuré cure)

Plumaudan

Plumaugat

Saint-Jouan-de-L'Isle, La Chapelle Blanche, sa trève

Saint-Juvat

Saint-Maden

Sévignac, Rouillac, sa trève

Trédias (prieuré cure)

Trémeur

Trévron

Yvignac


 

Doyenné de Bécherel


 

La Baussaine

Bécherel

Cardroc

Chapelle Chaussée

Combourg

Dingé

Evran

Les Iffs, Saint-Brieuc des Iffs, sa trève

Langouët

Lanrigan

Longaulnay

Lourmais

Plouasne

Québriac

Le Quiou

Saint-Domineuc

Saint Gondran

Saint-Léger

Saint-Pern

Tinténiac, Trimer, sa trève

Trévérien


 

Doyenné de Beignon

 

Augan

Beignon

Campénéac

Caro

Comblessac, La Brûlais, sa trève

Guer, Monteneuf, sa trève

Lieuron

Loutehel

Maure, Campel, sa trève

Mauron

Maxent

Memel

Néant

Paimpont, Saint Péran, sa trève

Plélan le Grand, Treffendel, sa trève

Ploërmel, La Chapelle, sa trève

Reminiac

Saint-Abraham, Monterrein, sa trève

Saint-Brieuc de Mauron

Saint-Malo de Beignon

Saint-Séglin

Tréhoranteuc

 

 

Doyenné de La Nouée


 

Croix-Héléant, Montertelot, sa trève

Gomené

Guilliers

Josselin Notre-Dame

Josselin-St-Martin

Josselin St-Nicolas

Loyat, Gourhel, sa trève

Ménéac, Héléant, sa trève

Glac vel Guillac, Evriguet, sa trève

Merdrignac

Mohon, La Grée-St-Laurent, sa trève

La Nouée

Pommeleuc

Taupont

La Trinité


 

Doyenné de Loréac


 

Baulon

Bréal

Bruc

Chapelle Bouexic

Goven

Guichen

Guignen

Guipry

Lassy

Lohéac

Pipriac, Saint-Ganton, sa trève

Saint Germain des Prés

Saint-Malo du Phily

Saint Senoux

Saint Thurial


 

Doyenné de Monfort


 

Bédée

Boisgervily

Breteil

Clayes

Concoret

Coulon

Le Crouais

Gaël

Monfort St-Jean

Montfort St Nicolas

Pleumeleuc

Quédillac

Romillé

Saint-Gonlay

Saint-Léry, Muel, Le Bran, ses trèves

Iffendic, Bleruays, sa trève

Irodouer

Miniac

Montauban

Monterfil

Saint-Malon

Saint-Maugan

Saint-Méen (le Grand)

Saint-Onen (la Chapelle)

Talensac, Le Verger, sa trève

Trémorel, Loscouët (sur-Meu), sa trève

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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 05:30


 


 

Dès les premières victoires remportées par les Saxons dans l'île de Bretagne, plusieurs princes de ce pays, violemment expulsés par les conquérants germains, étaient venus chercher un refuge sur le continent. Le territoire des Curiosolites reçut successivement plusieurs de ces exilés, parmi lesquels les anciens hagiographes nomment Fracan, Conothec, Conan et Riwal Ier. Celui-ci, le premier auquel fut attribué, dans l'Armorique, le titre de duc de Domnonée (Domnoniæ dux), habitait, à ce qu'il paraît, vers l'an 465, un manoir nommé le champ du Rouvre (Aula campi Roboris), qui s'élevait, non loin de la mer, au point de jonction des deux rivières de Gouet et de Gouedic. Le chef domnonéen (ce titre lui est donné dans la Vie de saint Guénolé, par Gurdestin) goûtait le repos dans sa nouvelle patrie, lorsqu'un jour l'un de ses serviteurs, tout effrayé, lui vint annoncer que des étrangers étaient débarqués sur son territoire.

 

 

 

Abbaye de Saint-Aubin des Bois à Plédéliac

 

A cette nouvelle, Riwal, redoutant sans doute quelque invasion de pirates, fit prendre les armes à ses serviteurs. Mais, averti bientôt que les nouveaux venus étaient des moines bretons, naguère descendus sur les bords du Jaudy, et que même leur abbé, nommé Brioc, se réclamait de lui comme d'un parent, le prince donna l'ordre de les traiter en hôtes. Introduit en effet dans la demeure de son cousin, Brioc y fut accueilli les bras ouverts, et, peu de temps après, le saint homme, ayant guéri Riwal d'une grave indisposition, reçut du tyern, en signe de reconnaissance, son propre palais. Telle fut l'origine de la ville de Saint-Brieuc, dont la cathédrale, selon une très-ancienne tradition, occupe l'emplacement même où les protégés du chef domnoné en bâtirent l'église de leur monastère.

 

 

Cathédrale de Saint-Brieuc

 

Ce monastère, comme ceux de Dol et de Tréguier, devint le centre d'une circonscription religieuse, peu étendue à l'originel, mais dans laquelle Brioc, qui avait été sacré dans l'île, exerça naturellement les fonctions d'évêque régionnaire. Nous ignorons absolument quels furent les premiers successeurs du saint prélat. Mais l'importance toujours croissante du nouveau monastère en fit nécessairement, la résidence fixe des saints personnages chargés, sous l'autorité de l'évêque de Dol, de gouverner cette partie de la Domnonée. Cela explique la facilité avec laquelle Nominoë put établir, d'un jour à l'autre, pour ainsi dire, des sièges réguliers à Saint-Brieuc et à Tréguer. On a parlé, il est vrai, de foudres lancées parle Saint-Siège à l'occasion de la transformation ecclésiastique opérée, de sa propre autorité, par le vainqueur de Charles le Chauve.

 

 

 

Abbaye de Boquen en Plénée-Jugon

 

Mais l'assertion n'a nul fondement dans l'histoire. Si l'on y voit, en effet, les Papes et les conciles condamner et l'érection de Dol en métropole, et la déposition irrégulière des quatre évêques déclarés simoniaques, et, par-dessus tout, l'expulsion inique d'Actard, on y chercherait vainement, je ne dis pas un anathème, mais un simple mot de blâme contre la fondation des nouveaux diocèses. L'évêché de Saint-Brieuc avait, dès lors, la mer pour limite septentrionale ; du côté du midi, il s'enfonçait, en forme de pointe, dans l'intérieur des terres. A l'ouest, le cours du Trieuc et du Leff séparait le diocèse de celui de Tréguier jusqu'aux abords de Quintin. De là partait une ligne qui, traçant quelques sinuosités dans la direction du sud-est, traversait la forêt de Lorges et allait joindre, au-dessous d'Uzel, la rivière d'Oust.

 

 

 

Ancien palais épiscopal de Saint-Brieuc

 

Celle-ci servait de bornes à l'évêché jusqu'à l'endroit où elle rencontre le Lié. Là commençait la frontière orientale du diocèse, laquelle suivait d'abord une ligne onduleuse à travers les landes du Menez, pour aller rejoindre, à quelques lieues au-dessous de Jugon, le cours de l'Arguenon qui, de ce point jusqu'à la mer, continuait la délimitation. Le diocèse de Saint-Brieuc renfermait, en 1516, quatre abbayes, cinq chapitres, treize prieurés, cent six paroisses, vingt trêves et quatre vicariats-cures.

 

 

Eglise Saint-Mathurin de Moncontour

 

Depuis la Révolution, l'évêché de Saint-Brieuc s'est agrandi d'une grande partie de celui de Tréguier et d'un certain nombre de paroisses de Saint-Malo, de Cornouaille et de Vannes. La seigneurie temporelle de l'évêque se divisait en deux juridictions : le regaire de Saint-Brieuc et celui d'Hénanbilhen. Le regaire de Saint-Brieuc comprenait la ville épiscopale et les paroisses de Plou-Fracan, Cesson, Trégueux et Langueux; le regaire d'Hénanbihen se composait de pièces de terre disséminées en diverses paroisses. L'évêque de Saint-Brieuc avait la haute justice dans toute l'étendue de ses regaires : les appels de sa cour, tant au civil qu'au criminel, se portaient directement au parlement de Bretagne

 

 

Abbaye de Beauport à Paimpol (Kerity)

 

Subdivisions ecclésiastiques.


 

L'évêché de Saint-Brieuc était divisé en deux archidiaconés : Goëllo et Penthièvre. L'archidiaconé de Goëllo (moins vaste que la seigneurie de ce nom. laquelle s'étendait dans le pays trécorois,) était limité à l'ouest par le Leff et le Trieuc, qui le séparaient de l'évêché de Tréguier ; puis, au-dessous de Quintin, par le cours de l'Oust, qui servait de frontière aux diocèses de Quimper et de Vannes. La partie méridionale de l'archidiaconé s'allongeait en pointe jusqu'à la jonction du Lié avec l'Oust. Le Lié qui, dessinait en partie la limite orientale, embrassait dans ses sinuosités la paroisse d'Allineuc et sa trêve l'Hermitage, et, laissant Lanfains en dehors, du côté du Penthièvre, il allait rejoindre le cours du Gouet jusqu'à la mer, qui formait la limite naturelle du Goëllo, en remontant vers le nord.

 

 

Eglise Saint-Martin de Lamballe

 

La Vie de saint Guénolé, par Gurdestin, atteste que, très-anciennement, existait, entre les rives du Gouet et l'embouchure du Trieuc, un pagus dont le nom latin (Velaviensis) correspond, sans aucun doute, à la forme bretonne de Wello ou Goëllo. Quant à l'archidiaconé de Penthièvre, séparé du Goëllo par le Gouet et le Lié à l'ouest, il embrassait tout le reste de l'évêché, moins le territoire dit entre Urne et Gouet, qui constituait le regaire de Saint-Brieuc. 

 

Le territoire d'Urne et Gouet embrassait les cinq paroisses de :

Saint-Brieuc

Cesson

Ploufragan

Trégueux

Langueux

 

 

Archidiaconé de Goëllo


 

Allineuc et l'Hermitage, sa trêve

Bréand-Loudéac

Cadélac,

Cohiniac

Étables

La Méaugon

Lantic,

Lannebert

La Prénessaye

Le Foeil

Loudéac avec Grâces et La Motte, ses trêves

Plaine-Haute

Pléguien

Pléhédel

Plelo

Pleriu

Plerneuf

Ploubaznalec,avec Lannevez et Perros-Hamon, ses trêves

Plouezec

Plouha

Piounez, avec Lanvignec et Paimpol, ses trêves

Plourhan

Plourivo

Plouvara

Pludual

Pordic

Quintin (V. Saint-Thuriau)

Saint-Donan

Saint-Maudan

Saint-Samson

Saint-Thelo

Saint-Thuriau de Quintin

Trégomeur,

Tréguide

Tréméloir

Tréméven

Trémuson

Tressignaux

Trévé

Tréveneuc

Uzel

Yvias.


 

Archidiaconé de Penthièvre.


 

Andel,

Bréhant-Montcontour

Gollinée

Dolo

Erquy

Hénanbihen

Hénansal

Hénon

Hillion

Jugon (Saint-Malo de)

La Bouillie

La Chèze

La Ferrière

La Malhoure

Landebia

Lanfains,

Langast

Langourla

Laurenan

Le Gouray

Maroué, avec Saint-Trimoel et Saint-Yves - de -la - Poterie, ses trêves Matignon (V. Saint-Germain-de-la-Mer)

Mérillac

Meslin

Morieux

Notre-Dame de Lamballe

Notre-Dame de Montcontour

Noyal

Plaintel et Saint-Brandan, sa trêve

Plancoët

Pléboulle

Plédeliac

Plédran et Saint-Carreuc, sa trêve

Pléhérel

Plémet

Plémy

Plénée-Jugon

Pléneuf

Plessala

Plestin

Plévenon

Pléven

Ploeuc et Gausson, sa trêve

Plouguenast

Pluduno

Plumieux et Saint-Etienne-du-Gué-de-l'Ile, sa trêve

Plurien

Pommerit

Quessoy

Quintenic

Ruca

Saint-Aaron

Saint-Alban

Saint-Cast

Saint-Denoual

Saint-Germain-de-la-Mer

Saint-Gilles-du-Mené

Saint-Goueno

Saint-Igneuc

Saint-Jacut-du-Mené

Saint-Jean de Lamballe

Saint-Lormel

Saint-Martin de Lamballe

Saint-Mathurin de Montcontour

Saint-Michel de Montcontour

Saint-Potan

Saint-Rieul

Saint-Vran

Tramain,

Trébry

Trédaniel

Trégomar

Yffiniac

 

Extraits de La Bretagne, du Ve au XIIe siècle, par M. Aurélien de Courson

 

 

 

Eglise de La Ferrière

Cette paroisse hébergeait l'Abbaye de Lantenac

 

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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 13:05

 

 


 

 

Déroch, fils de Riwal II, le fondateur du royaume de Domnonée, venait de monter sur le trône, lorsque l'un de ses cousins, nomméTugdual, vint aborder sur la côte occidentale du pays de Léon, avec soixante-douze moines qui, depuis quelques années, pratiquaient la vie monastique sous sa direction. C'est non loin du Conquet, dans un petit havre de la paroisse de Ploumoguer, que s'établirent les pieux fugitifs. Mais bientôt le zèle ardent du fils de sainte Ponpaïa les conduisit du cap Saint-Mahéàla presqu'île de Tréguer, où fut fondé, vers le milieu du vie siècle, le célèbre monastère de Trécor. Des hagiographes prétendent qu'il y. avait alors à Cos- Guéodet (qu'ils nomment aussi la cité de Lexobie) un siège épiscopal sur lequel s'étaient assis, avant l'arrivée de saint Tugdual, soixante-sept ou soixante-huit prélats.

 

 

 

Abbaye de Bégard

 

Ce n'est là, l'on s'en doute bien, qu'une pure fable ; mais comme elle remonte assez haut, il faut expliquer quelle en fut primitivement l'origine. Les clercs du moyen âge, comme beaucoup d'hommes instruits de notre temps, ignoraient que l'appellation d'Armorique se fût étendue à d'autres régions qu'à la Bretagne. Aussi ne manquaient-ils jamais de placer dans la péninsule les Diablintes, les Ambiliates, les Unelli, les Lexovii et autres nations nommées Armoricaines par César. Or, ayant sans doute ouï parler d'une visite de Tugdual dans la cité des Lexovii de l'Armoriquel, ils en conclurent que le saint homme devait avoir occupé en Bretagne un siège nommé Lexobie. Mais existait-il, en ces temps reculés, autre chose qu'un grand monastère à Trécor ?

 

 

 

Abbaye Sainte-Croix de Guingamp

(cliché Wikipedia)

 

Plusieurs en doutent, car la Chronique de Nantes déclare formellement que le siège de Tréguer fut créé trois cents ans plus tard par le roi Nominoë. Cependant le fait de l'épiscopat de Tugdual et de quelques successeurs, avant le IXe siècle, n'en est pas moins certain. On n'a pas oublié ce que nous avons dit des prélats sans diocèse de la Bretagne insulaire. Or, en racontant tout à l'heure le rôle de saint Samson en Domnonée, nous établirons, d'après un texte précis, que les évêques de Tréguer, de Saint-Brieuc et d'Alet doivent être considérés, du vie au IXe siècle, comme de véritables suffragants, mais sans sièges fixes, des prélats de Dol. Tout le monde sait que, vainqueur de Charles le Chauve et maître de toute la Bretagne à laquelle il avait ajouté les comtés de Rennes et de Nantes, Nominoë fit déposer comme simoniaques plusieurs évêques hostiles à ses projets. Après leur expulsion, qui fut promptement suivie de celle d'Actard, malgré sa conduite irréprochable, le siège de Dol fut érigé en métropole; les églises de Saint-Brieuc, de Tréguer et d'Alet, gouvernées jusque-là par des évêques régionnaires, sous la juridiction supérieure des successeurs de saint Samson, acquirent, avec un territoire fixe, le titre régulier de diocèses. Par cette mesure, les divers sièges de la Bretagne se trouvèrent placés dans la même situation que tous les autres évêchés de la Gaule.

 

 

 

Cathédrale de Tréguier

 

Depuis cette érection régulière jusqu'à l'époque de la révolution française, le diocèse de Tréguer paraît être resté circonscrit dans les limites suivantes : A l'est, il avait pour frontière commune avec l'évêché de Saint-Brieuc la rivière de Leff depuis sa source, auprès du Leslay, jusqu'à sa jonction avec le Trieuc, qui, de ce point à là mer, continuait la délimitation. A l'ouest, le cours du Kefleut lui servait de borne jusqu'à la ville de Morlaix, dont une partie appartenait au Léon. De Morlaix, la ligne de séparation se dirigeait vers le sud, en inclinant un peu vers l'orient, et s'arrêtait au pied des montagnes d'Arez, non loin dés bois du Relec. Là commençait la limite méridionale, qui allait atteindre, après diverses sinuosités, la source du Leff. Au nord, le pays trécorois, baigné par la Manchequi formait de ce côté une frontière naturelle, s'étendaitde l'embouchure du Trieuc à celle du Kefleut.

 

 

 

Plougasnou

 

L'évêque de Tréguer était possesseur de la seigneurie universelle de sa ville épiscopale. Son regairecomprenait, en entier, onze paroisses ou trêves, dont sept étaient situées sur la rive gauche et quatre sur la rive droite du Jaudy. Le domaine proche du prélat était considérable; il s'étendait particulièrement dans les paroisses de Ploulantréguer, Langoat, Prat, Plougrescant et Ploulech. Les droits et coutumes de l'évêque au havre de Tréguer ne manquaient pas non plus d'importance Il est souvent parlé dans l'histoire de Bretagne de l'asile ou minihi de Tréguer. Il ne s'étendait pas seulement, comme on l'a supposé, à la paroisse de Ploulantréguer, mais embrassait les onze paroisses citées plus haut. Le diocèse de Tréguer renfermait, vers le milieu du XIIe siècle, trois abbayes. Deux collégiales y furent plus tard fondées. Le chapitre de la cathédrale se composait, en 1516, de onze chanoines. Le Pouillé de cette époque ne mentionne que treize prieurés; mais le nombre en était certainement plus considérable.  

 

 

 

Ancien palais épiscopal de Tréguier

(cliché Wikipedia)

 

Subdivisions ecclésiastiques.


 

L'évêché de Tréguer, comme les diocèses de Léon, de Dol et de Saint-Brieuc, ne renfermait qu'une seule subdivision ecclésiastique, celle par archidiaconé. Le principal archidiaconé du diocèse, celui de Tréguer (archidiaconatus Trecorensis, archidiaconatus meyor), renfermait cinquante-sept paroisses et vingt-deux trêves; il était borné à l'ouest par le Guer, à l'est par la rivière de Leff, au nord par la mer, au sud par la Cornouaille, depuis la source du Guer jusqu'à celle du Leff, non loin du Leslay. L'archidiaconé de Plougastel, ou plutôt de Pou-Castel, se composait de vingt-neuf paroisses et de dix trêves. Il avait pour limites: à l'ouest, la rivière de Morlaix; à l'est, celle du Leguer; au nord, la mer; au sud, les montagnes d'Arez et le diocèse de Cornouaille.

 

 

 

Ancien couvent des Jacobins de Morlaix

 

La dénomination de Pou-Castel indique, non pas un viens, une paroisse (Plou), mais la région beaucoup plus étendue dont Cos-Guéodet (Vetus civitas) était le chef-lieu. C'est donc à tort que M. J. Desnoyers suppose que Châtel-Audren pourrait bien avoir donné son nom à l'antique pagus Castelli. Ce castellum, cet oppidum, c'était incontestablement Cos-Guéodet, où les évêques de Tréguer, avant les invasions normandes, avaient une de leurs résidences, et qui, dans le pays, était désigné, comme Carhaix en Poher, par ce seul mot: le Château. Les droits et prérogatives de l'archidiacre de Pou-Castel étaient plus importants que ceux des autres archidiacres: il avait une juridiction particulière avec officiai, sénéchal, chancelier, huissiers; il nommait les fabriciens, il examinait leurs comptes ; il possédait la juridiction temporelle en diverses paroisses; bref, sa situation, plus épiscopale que celle de ses collègues, prouvait l'importance de l'antique pagus transformé plus tard en archidiaconé. L'évêché de Tréguer comptait, en 1516, quatre-vingt-huit paroisses, vingt-deux vicariats et quarante-neuf trêves. C'est à peu près le chiffre général que fournit le Pouillé de 1648.

 

 

Saint-Jean du Baly à Lannion

(cliché Philippe Jef, Diocèse de Sait-Brieuc et Tréguier)

Archidiaconé de Pou-Castel (Pagus Castelli).


 

Botsorhel

Garlan

Guerlesquin

Guimaëc

Le Ponthou

Plestin et Trémel, sa trêve;

Plouaret-Vieux-Marché

Ploubezre

Plouegat-Guerrand

Plouegat-Moysan

Plouezoch

Plougaznou

et Saint-Jean-du-Doigt, sa trêve

Plougonvenet Saint-Eutrope, sa trêve

Plougonver et Chapel-Nevez,sa trêve

Plougras, avec Loguivy-Plougras et Lohuec,ses trêves

Ploujean,

Plouigneau et Lanéanou, sa trêve

Ploulech

Ploumiliau et Kéraudy, sa trêve

Plounerin

Plounevez-Moedec

Plourin et Le Cloître, sa trêve

Plouzelambre

Plufur

Saint-Mathieu de Morlaix

Saint-Melaine de Morlaix

Saint-Michel-en-Grève

Trédrez et Loquémeau, sa trêve

Tréduder.

 

 

 

Chapelle Sainte-Geneviève à Saint Michel en Grève

​(cliché : éditionsLe Flohic)

 

 

Archidiaconé de Tréguier, ou grand archidiaconé.


 

Belle-Ile-en-Terre

Berhet

Bocqueho

Botzelau et Lanneven, sa trêve;

Bourbriac et Saint-Adrien, sa trêve

Brélidy,

Buhulien

Cavan et Caouennec, sa trêve

Châtelaùdren,

Coatascorn

Goniimenech

Goudelin et Bringolo, sa trêve

Guénézan et Saint-Sauveur, sa trêve

Gurunhuel

Hengoat

Landebaeron,

Lanmérin

Lannion (Saint-Jean-du-Baly)

Lanlaurent

Lanvézéac

La Roche-Derrien

Le Faouet

Le Merzer

La Trinité de Guingamp

Louannec et Kermaria-Sulard, sa trêve

Louargat

Notre-Dame de Guingamp

Pédernec

Penvenan

Plésidy, avec Senven-Lehart, Saint-Péver et Saint-Fiacre, ses trêves;

Pleubihan

Pleumeur-Bodou

Pleumeur-Gaultier et Lézardrieux, sa trêve

Pleudaniel,

Ploezal et Saint-Yves-de-Pontrieux, sa trêve

Plouegat-Châtelaudren avec Saint-Jean-Kerdaniel et Lanrodec, ses trêves

Plouec et Runan, sa trêve

Plougrescant

Plouguiel

Plouisy et Saint-Michel-de-Guingamp, sa trêve

Ploumagoar,avec Pabu et Saint-Agathon, ses trêves;

Pluzunet

Pommerit-Jaudy et I'lle-Loy, satrêve; Pommerit-le-Vicomte, Pont-Melvez,

Pontrieux

Pouldouran

Prat et Trevouazan sa trêve

Quemper-Guezennec et Notre-Dame des-Fontaines de Pontrieux, sa trêve

Quemperven,

Rospez

Saint-Gilles-le-Vicomte

Saint-Quai-Perros

Saint-Sauveur de Guingamp,

Servel

Squiffiec et Kermoroch, sa trêve

Trézélanet Saint-Norvez,sa trêve. 

 

Extraits de La Bretagne, du Ve au XIIe siècle, par M. Aurélien de Courson

 

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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 07:02

 

 

 

Les limites du diocèse de Léon étaient, avant la révolution française, les mêmes que celles de l'ancien comté de Léon, car la Vie de saint Paul-Aurélien nous apprend que les deux pagi Achmensis et Leonensis, entre lesquels était situé celui de Kemenet-Ili, formaient, dès le VIe siècle, un petit état placé sous l'autorité d'un chef unique qui s'appelait Withur. Ce fut sous le règne de ce prince que Paul-Aurélien, l'un de ses parents, vint, avec douze disciples et une suite assez nombreuse, prendre terre sur le continent armoricain. Paulus Aurelianus était né, vers 490, dans le pays de Galles, d'un père nommé Porphius.

 

 

Cathédrale de Saint-Pol-de-Léon et l'ancien palais épiscopal

 

Ayant manifesté, dès sa plus tendre enfance, un goût prononcé pour la vie religieuse, il fut placé par ses parents dans le monastère de Saint-Iltud, où il eut pour condisciples saint David, saint Samson et saint Gildas. On sait qu'à cette époque un grand relâchement s'était introduit parmi le clergé breton, et que les moeurs générales du pays s'en étaient ressenties. Mais, au sein des monastères, dans des ermitages creusés dans le roc ou cachés au fond des bois, vivaient des hommes d'élite dont la vie s'écoulait dans la pratique des plus austères vertus. Le fils de Porphius appartenait à cette phalange de saints dont on peut suivre, dans l'histoire, la trace lumineuse à travers les contrées les plus sauvages de l'ancienne Europe.

 

 

 

Pleyber-Christ

 

Apôtre plein de zèle, missionnaire éloquent, Paul avait prêché avec éclat l'Évangile à divers peuples de la Bretagne, et ceux-ci, dans leur reconnaissance, le demandèrent pour évêque. A cette nouvelle, le saint jeune homme, effrayé d'un tel fardeau, résolut de s'expatrier. Et, en effet, vers 512, il abordait dans l'île d'Ouessant où il se fit bâtir un oratoir (Lan-Paul). Après avoir converti les habitants d'Heussa, où le druidisme était resté vivant, Paul, se sentant appelé à de plus importantes conquêtes, passa sur le continent avec ses compagnons. C'est dans le pagus Achmensis, non loin d'un plou nommé Thelmedovia, que l'exilé fixa d'abord sa demeure. Mais là ne devait pas longtemps s'arrêter le pieux missionnaire.

 

 

 

Lesneven

 

Une œuvre « de Tours, qu'ils ne se croyaient peut-être pas obligés de reconnaître pour leur métropolitain. » Quant au prétendu diocèse des Osismes, dont on veut faire remonter l'origine au commencement du Ve siècle, ni Dom Lobineau, ni les savants religieux, ses collaborateurs, n'en ont, bien entendu, découvert la moindre trace dans l'histoire. Il est rapporté dans la Vie de saint Paul de Léon que, sentant sa fin approcher, il désigna lui-même, devant le peuple assemblé, celui de ses disciples qu'il jugeait digne de lui succéder. C'était là, en effet, un antique usage des nations bretonnes.

 

 

 

Eglise de Tregarantec

(cliché  Wikipédia)

 

Subdivisions ecclésiastiques.

 


 

Le diocèse de Léon paraît avoir été, dès la plus haute antiquité, partagé en trois archidiaconés, ceux de Léon, de Kemenet-Ili et d'Ach. M. J. Desnoyers, dans sa savante Topographie ecclésiastique de la France, parle d'un quatrième archidiaconé Léonais, dont il est fait mention en effet dans une charte du XIe siècle : « Je n'ai trouvé, dit-il, aucun texte qui pût aider à déterminer la situation et à prouver l'existence, durable ou passagère, de l'archidiaconé d'Audour. Ce nom n'aurait-il pas servi aussi à désigner (d'un des archidiaconés connus,?» La conjecture est parfaitement fondée. On nommait Daoudour une ancienne et importante seigneurie située dans l'archidiaconé de Léon, et qui, avec les fiefs de Coetmeur et de Kermilin, forma plus tard ce qu'on appelait le comté de Coetmeur. Évidemment l'archidiaconé de Daoudour n'était autre que celui de Léon. Voici quelles étaient les limites des trois archidiaconés :

 

 

 

Eglise de Guimiliau


 

1. L'archidiaconé de Léon, ou grand archidiaconé, s'étendait de la rivière de Quefleut à celle de la Flèche; il comptait vingt-six paroisses et vingt trois trêves.

 

Batz

Cléder

Commana et sa trève Saint-Sauveur

Guimiliau et sa trève Lampaul-Guimiliau

Lanhouarneauz et Tréveur

Pleyber-Christ

Le Tréhou et ses trèves Tréflévénez et Tréveur

Plounévez-Lochrist

Ploudiry et ses trèves La MartyreLa Roche-MauriceLoc EguinerPencran et Pont-Christ

Plouénan

Plouescat

Plougar et sa trève Bodilis

Plougoulm

Plougourvest et sa trève Landivisiau

Plounéour-Ménez et sa chapelle Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec

Plouvorn et ses trèves Mespaul et Sainte-Catherine

Plouzévédé et sa trève Berven

Saint-Martin-des-Champs et sa trève Sainte-Sève

Saint-Thégonnec

Saint-Vougay

Sibiril

Sizun et ses trèves Locmélar et Saint-Cadou

Taulé et ses trèves CarantecHenvic et Penzé

Tréflaouénan et ses trèves Quéran et Trézilidé



 

 

 

Le Folgoët


 

2. L'archidiaconé de Kemenet-Ili avait pour limites les deux cours d'eau de la Flèche et d'Abervrac'h; il renfermait vingt et une paroisses et quatre trêves.

 

 

Brouennou

Elestrec et sa chapelle Le Folgoët

Goulven

Guisseny et sa trève Saint-Frégant

Kerlouan et sa trève Lerret

Kernilis et sa trève Lanarvily

Kernouës

Landéda

Lanneuffret

Lannilis

Lesneven et sa trève Languengar

Ploudaniel et ses trèves Saint-Méen et Trémaouézan

Plouédern

Plouguerneau et sa trève Trémenec'h

Plouider

Plounéour-Trez et sa chapelle Brignogan

Plounéventer et ses trèves Saint-Derrien et Saint-Servais

Tréflez

Trégarantec, où se trouvait le siège de l'archidiaconé 


 

 

 

 

Saint-Derrien

 

 

3. L'archidiaconé d'Ac'h était compris entre l'Abervrac'h et l'Elorn; il se composait de quarante et une paroisses et de dix-sept trêves. Rien n'indique que la subdivision par doyennés ait jamais existé dans l'évêché de Léon. Le Minihi-Saint-Pol, ou asile de Saint-Pol-de-Léon, comprenait les sept paroisses qui entouraient la ville épiscopale.  

 

Beuzit-Conogan

la ville de Brest avec ses deux paroisses : Saint-Louis (et sa trève Saint-Marc) et Saint-Sauveur

Bréventec

Guilers et sa trève Bohars

Guipavas et sa chapelle Le Relecq-Kerhuon

-Plabennec

La Forest-Landerneau et sa trève Saint-Divy

la ville de Landerneau avec ses deux paroisses : Saint-Houardon et Saint-Julien

Lambézellec

Lampaul-Plouarzel

Lampaul-Ploudalmézeau

Landunvez et sa trève Kersaint-Trémazan

Lanildut

Lanrivoaré

Larret

Le Drennec et sa trève Landouzan

Loc-Brévalaire

Lochrist et sa chapelle Le Conquet

Milizac et sa trève Guipronvel

île de Molène

île d'Ouessant

Plabennec et sa trève Locmaria-Lann

Plouarzel

Ploudalmézeau et sa trève Saint-Pabu

Plougonvelin et sa trève Saint-Mathieu-de-Fineterre

Plouguin et ses trèves Coatméal et Locmajan

Ploumoguer et sa trève Lamber

Plourin et sa trève Brélès

Plouvien et ses trèves Balanant et Bourg-Blanc

Plouzané et sa trève Locmaria

Porspoder

Saint-Pierre-Quilbignon

Saint-Renan

Saint-Thonan

Trébabu

Tréglonou

Tréouergat

 

Extraits de La Bretagne, du Ve au XIIe siècle, par M. Aurélien de Courson

 

 

 

La chapelle Notre-Dame du Kreisker à St-Pol-de-Léon

(cliché Wikipedia)

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11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 12:55

 

 


 

Avant d'entrer dans le détail des divisions et des subdivisions d'un des diocèses de la Bretagne proprement dite, je demande la permission de présenter quel de l'église bretonne. L'ancienne cité des Osismes, contre l'usage ordinaire, a donné naissance à trois évêchés: Cornouaille, Léon, Tréguer. De là une foule d'assertions erronées de la part d'écrivains qui, moins savants en histoire qu'en archéologie, ont voulu retrouver, à toute force, chez les Bretons de l'Armorique, l'organisation ecclésiastique des nations gallo-romaines. Nous allons établir que rien n'est moins fondé, et que les règles posées par M. Guérard, très justes en ce qui concerne une grande partie des Gaules, ne sont point applicables à la Bretagne proprement dite. Et d'abord, rappelons ici, puisqu'on l'oublie si souvent, que, chez les Bretons réfugiés sur le continent, langue, moeurs, institutions, tout venait de l'île de Bretagne. Cela posé, on concevra facilement que les églises de la Cornouaille, du Léon, de la Domnonée, aient été régies autrement que celles de Rennes, de Nantes ou de Vannes. Les Pères du concile de Tours, en 567, essayèrent, on le sait, de faire cesser cet état de choses; mais ce fut en vain. « Il faut convenir aussi, dit D. Lobineau, que les Bretons, venant dans l'Armorique, n'avaient trouvé l'évêque de Tours en possession  d'avoir d'autres suffragants que les évêques du Mans, d'Angers, de Rennes et de Nantes. Ils lui laissèrent donc volontiers la disposition des évêchés de Rennes, de Nantes et de Vannes, parce qu'ils n'étaient pas encore de leur nation; mais, pour les autres évêchés de Bretagne, comme les Bretons en étaient les fondateurs, ils ne s'imaginèrent pas qu'un évêque étranger eût des droits sur eux, et pût entreprendre de les soumettre à son siège en vertu d'une distribution des Gaules faite par les empereurs.  » A quoi il faut ajouter que la coutume ancienne de la nation n'était pas d'attacher la dignité de métropolitain à quelque siège déterminé, mais à celui des prélats que les autres en avaient jugé le plus digne Ces paroles sont de la plus rigoureuse exactitude. Mais qu'importe aux écrivains à système préconçu ? -Quoi! des Bretons, fuyant devant l'épée saxonne, auraient ravi aux évêques gallo-romains la gloire de convertir les Armoricains à la foi ! -A l'exemple de D. Liron, l'on s'est insurgé contre une telle assertion, et de là d'incroyables efforts pour prouver qu'avant l'arrivée des Bretons, des évêchés existaient à Vannes, à Carhaix, à Corseult.

 

 

Abbaye de Langonnet

 

Nous montrerons tout à l'heure que ce système n'est qu'une négation absolue des documents et des traditions les plus respectables de l'histoire de Bretagne. Mais, préalablement, il nous faut dire quelques mots encore au sujet des vieilles coutumes ecclésiastiques des Bretons insulaires, coutumes qu'il importe de connaître si l'on veut comprendre le rôle des Tugdual, des Samson, des Malo et de tant d'autres saints, en Armorique. Il n'y avait point de diocèses à sièges fixes dans l'île de Bretagne. Les primats établis tantôt à Landaff, tantôt à Ménévie, gouvernaient toutes les églises, à l'aide d'évêques régionnaires qui se portaient sur tel ou tel point, selon le besoin des âmes. Or, il en fut longtemps de même dans la Domnonée continentale, et c'est ce qui explique la situation exceptionnelle de saint Samson, situation méconnue naguère, à mon grand étonnement, dans un livre des plus recommandables. Dans la Domnonée, en effet, saint Tugdual, à Tréguer, saint Brieuc, dans la ville qui porte ce nom, saint Malo, à Alet, exercèrent, comme évêques-abbés, toutes les fonctions de l'épiscopat. « J'observe, dit le bénédictin D. Le Gallois, dont les doctes recherches ont été si profitablesà D. Lobineau et à tant d'autres, j'observe que le génie des Bretons était de multiplier les évêchés comme les couronnes, et de consacrer partout des évêques dont la plupart, ne pouvant être que titulaires, n'étaient que comme des curés de campagne, dépendant, quant à la juridiction, d'un évêque principal; car comment entendre autrement les trois cent cinq évêques consacrés par saint Patrice dans la seule Hybernie, et les deux cent six qui se trouvèrent au synode de Bruy, pour la seule Cambrie, et ant d'autres prélats qu'on trouve de tous côtés, dont la plus grande partie vivaient dans des monastères, et étaient ordonnés par des métropolitains, ou même par de simples évêques, pour servir de pasteurs au peuple, sans que ces dignités tirassent à conséquence pour des successeurs ? Ces évêchés passagers, si l'on ose parler ainsi, finissaient avec les évêques, de sorte qu'après tout, il n'en est resté que quatre dans la Cambrie. La dignité d'archevêque était personnelle, indépendante des sièges, et les évêques d'une province choisissaient entre eux celui qu'ils jugeaient le plus digne métropolitain. Cette remarque sera nécessaire pour expliquer l'ordination de quelques nouveaux évêques en Armorique

 

 

Eglise Sainte-Croix de Quimperlé

 

Tout cela est d'une justesse parfaite et conforme aux données de l'histoire. Mais la distinction si judicieuse établie par dom Le Gallois entre les églises de Bretagne et celles de la Gaule n'a point été comprise, ou plutôt l'on n'a pas voulu l'accepter. Et, pourtant, la différence qu'il signale se retrouve partout, et on la voit se prolonger à travers les siècles. En veut-on une preuve éclatante? l'hagiologie comparée des diocèses de la Bretagne avec ceux de la Romanie va nous la fournir. Lorsque, quittant les anciens évêchés gallo-romains de Rennes et de Nantes, on met le pied sur le territoire breton proprement dit, les noms de lieux, nous l'avons fait remarquer, changent aussitôt de physionomie. Or, la même différence entre les noms de saints se peut observer dans l'une et l'autre contrée. Dans les diocèses de Rennes et de Nantes les noms patronymiques des églises sont gallo-romains, pour la plupart; ainsi saint Clair, saint Donatien, saint Rogatien, saint Similien, saint Martin, saint Hilaire, saint Julien, saint Marc, saint Aubin, saint Hélier, saint Vitalis (Viau), saint Herbelon, saint Filibert, etc. Il n'en est pas de même dans le pays breton. Il est certain, en effet, que presque toutes les paroisses de la Domnonée armoricaine, du Browerech, du Léon, de la Cornouaille, eurent pour patrons primitifs des saints venus de l'île de Bretagne et d'Irlande, ou nés, en Armorique, de parents de race bretonne. Les exceptions, on l'a fait judicieusement observer, ne portent guère que sur des noms qui, se rattachant intimement aux traditions évangéliques, doivent naturellement se retrouver partout. On a remarqué que presque tous les saints de la première période de l'histoire de Bretagne appartenaient à l'ordre monastique. Aussi, dom Le Gallois ne croit-il pas qu'il y ait eu de clergé séculier, dans le pays, avant le IXe siècle. Les essaims de moines bretons disséminés dans les solitudes de la péninsule y surent maintenir, avec tant de persistance, les coutumes particulières de leur Eglise, que Louis le Débonnaire, un jour qu'il campait, avec son armée, sur les bords de l'Elié, en 818, put voir se présenter devant lui l'abbé de Landévénec, avec le costume et la tonsure des anciens moines d'Hybernie. Or, si les Églises bretonnes pratiquaient encore, sous le fils de Charlemagne, les vieilles règles monastiques des saints irlandais, on peut juger de la puissance des coutumes nationales trois ou quatre siècles auparavant.il paraît, néanmoins, que, dans la Cornouaille et le Léon, des sièges fixes furent établis d'assez bonne heure. La fondation de ces deux Églises est sans doute entourée de quelque obscurité; mais, quoi qu'on en ait pu dire, leur existence est autrement certaine que celle de prétendus évêchés créés, dit-on, chez les Osismes et chez les Curiosolites,dès la fin du IVe siècle, et qui, on ne sait comment, auraient disparu tout à coup, en ne laissant pas plus de traces que la célèbre ville d'Is, engloutie, selon les légendes, sous les flots de l'Océan. 

 

 

Ancien Palais épiscopal de l'évêché de Cornouaille

et cathédrale de Quimper

 

 

Abbaye de Landevennec

 

Nous avons établi, dans un précédent paragraphe, que l'Église de Vannes ne remonte qu'à 465, et que, plusieurs années après la mort de saint Patern, les Vénètes, restés païens pour la plupart, durent être convertis par saint Melaine. Est-il donc croyable, après cela, qu'aux extrémités de la presqu'île armoricaine, le nombre des chrétiens ait pu être assez considérable, dès l'an 400, pour y rendre nécessaire l'établissement de plusieurs évêchés? Nous ne le pensons pas. D'ailleurs, le fait fût-il possible, il resterait à expliquer comment des diocèses, établis moins d'un siècle avant l'arrivée des Bretons, ont pu s'évanouir,en quelque sorte, sans que l'histoire ou la tradition n'aient conservé le moindre souvenir. Il faut donc le proclamer, rien de moins fondé que l'existence de ces diocèses primitifs. Et cependant, je le dis à regret, cette thèse a été reprise, en sous-oeuvre, après la mort de M. Bizeul, par le seul disciple qui défende son système. Le docte explorateur de nos voies romaines, pour rester conséquent avec lui-même, avait été amené à rejeter, en bloc, une grande partie des documents de notre histoire. Plein de mépris pour la tradition, il traitait avec le même dédain et les Actes de saint Melaine, de saint Samson, écrits par des contemporains, et les Vies de saint Malo, de saint Pol de Léon, de saint Guénolé, acceptées par la plus sévère critique.

 

 

 

Abbaye de Daoulas

 

Bien plus, comme l'établissement des Bretons en Armorique dérangeait le système du vénérable vieillard, il en vint, un jour, jusqu'à contester, pour ainsi dire, leur passage sur le continent. En vain lui opposa-t-on les textes formels de Sidoine Apollinaire, de Jornandès, de Procope, de Grégoire de Tours, d'Éginhart, d'Ermold Nigel, de Gurdestin, etc. en vain lui fit-on observer,-argument sans réplique,-qu'au moment même où les Saxons s'emparaient de l'île de Bretagne, un coin de la presqu'île armoricaine perdit son nom,pour prendre celui de Britannia minor, Britannia cismarina, rien ne put convaincre l'indomptable Armoricain-Nannète, et, sans daigner discuter un seul texte ni répondre à un seul argument, il passa outre. Moins passionné, moins absolu que son maître, l'archéologue qui s'est donné la mission de le continuer a produit, à l'appui du système, un argument nouveau, qui doit réduire à néant, croit-il, l'histoire de dom Lobineau, les savantes recherches de dom Le Gallois, de Lebeau, de Tillemont et de tant d'autres. Cet argument déeisif, en deux mots, le voici : « La Notice des Provinces place neuf cités dans la métropole de Tours, vers l'an 400 ; or, comme il ressort du texte d'un concile tenu à Vannes, en 465. que huit évêques existaient alors dans cette métropole, on en doit conclure que, non-seulement en ce temps-là, mais même soixante et dix ou quatre-vingts ans auparavant, il y avait des sièges épiscopaux à Vannes, à Carhaix, à Corseult. Par conséquent, il y a lieu d'affirmer que l'Évangile était prêché dans l'extrême Armorique avant l'arrivée des Bretons, de leurs évêques et de leurs moines. »

 

 

 

Abbaye de Bon-Repos à Saint-Gelven

 

Je crois avoir résumé fidèlement la thèse qui s'est produite dernièrement à l'Institut; ma réponse sera courte, mais péremptoire, je l'espère. Je ferai remarquer, tout d'abord, que, comme son maître, l'auteur résout, a priori, la question par la question même: « Au quatrième siècle le nombre des diocèses répondait, en Gaule, à celui des cités.-Mais rien n'est moins fondé qu'une telle proposition. Il est très-vrai, sans doute, que, après la chute de l'Empire, l’Église gallo-romaine modela ses diocèses sur les anciennes cités, et que, quand les circonscriptions civiles furent, en quelque sorte, annulées par les circonscriptions religieuses, les mots civitas et dioecesis devinrent synonymes.» Mais cette synonymie ne fut complète que le jour où l'Église ordonna formellement de faire concorder les divisions ecclésiastiques avec les divisions administratives. Or, la première décision prise à cet égard l'a été au concile de Chalcédoine, en 451, c'est-à-dire plus d'un demi-siècle après la rédaction de la Notice des Provinces. Voici, au surplus, les propres termes employés par les Pères de Chalcédoine : « Sivero quselibet civitas per auctoritatem imperialem renovata est, aut si renovetur in posterum, civilibus et publicis ordinationibus etiam ecclesiasticarum parochianarum sequatur ordinatio.» Ces paroles sont décisives; elles montrent l'inanité d'un système qui, cinquante ans, et plus, avant la décision du concile de Chalcédoine, prétend identifier, dans toute la Gaule, les cités et les diocèses. Nous ferons remarquer, au surplus, que des huit évêques mentionnés, mais sans désignation de sièges, dans les actes du concile de Vannes (465), six seulement appartiennent sans conteste à la province de Tours. Ce sont: Perpetuus, le métropolitain ; Paternus,évêque de Vannes; Talasius, d'Angers; Victorius, du Mans; Athenius, de Rennes; Nunnechius, de Nantes. Quant à Albinus et à Liberalis, aucun catalogue, aucune légende, aucune tradition n'autorise à croire qu'ils fussent évêques des Osismes et des Curiosolites. Est-ce donc que, pour assister à un concile provincial, il fallait nécessairement appartenir à la métropole où il était assemblé ? Nullement; car, au premier et au second concile de Tours, en 461 et 567, le tiers des prélats assistants étaient étrangers à la province. On peut juger, d'après cela, de la valeur du système. Ni dom Lobineau, ni dom Le Gallois, ni leurs savants confrères de l'ordre de Saint-Benoît n'ont jamais émis un doute sur la date d'érection du diocèse de Vannes. Et, en effet, la tradition constante de cette Eglise, tradition confirmée par une lettre synodale émanée de six prélats, atteste que saint Patern fut le premier évêque des Vénètes. L'hypothèse de trois diocèses antérieurs, à Vannes, à Carhaix et à Corseult, est donc purement chimérique. On sait quelle est la ténacité des traditions ecclésiastiques.Or, comment admettre que le souvenir de trois évêchés armoricains, fondés, moins de soixante et dix ans avant l'arrivée des Bretons, chez les Vénètes, les Osismes et les Curiosolites, se soit tellement effacé de la mémoire des hommes qu'on n'en trouve trace ni dans les catalogues d'évêques, ni dans les légendes, ni même dans les poêmes du moyen âge, qui, pourtant, ont fait arriver jusqu'à nous quelques reflets de l'antique splendeur des cités de Vorganium et de Coriosolitum ? Quant à la conversion de l'extrême Armorique, on ne peut que répéter, après M. de la Borderie, qu'il n'existe ni un fait, ni un texte, ni un indice quelconque d'où l'on puisse induire que l'Evangile y ait été prêché avant la venue des Bretons et de leurs moines. Nous avons eu l'occasion de citer ailleurs un curieux passage de la Vie de saint Melaine, d'où ressort la preuve que, plus de trente ans avant la fondation de l'évêché de Vannes, la plus grande partie des habitants du pays étaient encore païens. Or, s'il en était ainsi, vers l'an 500, dans un diocèse où saint Clair, suivant la tradition, avait fait pénétrer, plus de deux siècles auparavant, quelques rayons delà divine lumière, qui pourra croire qu'aux extrémités de la péninsule armoricaine le nombre des chrétiens ait été assez considérable, dès le règne d'Honorius, pour motiver l'érection de deux nouveaux sièges ?

 

 

Ancien prieuré de Locmaria-Quimper

(cliché Wikipédia)

Subdivisions ecclésiastiques de la Cornouaille. -Archidiaconés.- Doyennés.


 

La Cornouaille était divisée en deux archidiaconés : l'archidiaconé de Cornouaille et celui de Poher. L'archidiaconé de Cornouaille comprenait la région du sud, c'est-à-dire les sept districts de Cap-Sizun, Cap-Caval, Fouesnant, Conc, Quimperlé, Gourin, Coray. L'archidiaconé de Poher renfermait les quatre territoires de Poher, de Huelgoet, de Châteauneuf-du-Faou et de Châteaulin. Les paroisses dont il se composait, à partir de la chaîne des montagnes Noires jusqu'à Poullaouen inclusivement, répondaient à l'ancien comté de Poher. Plus loin, c'était la Cornouaille proprement dite, Anciennement, selon toute probabilité, chacun des archidiaconés cornouaillais renfermait un certain nombre de doyennés. Mais la plupart, à ce qu'il paraît, avaient de bonne heure cessé d'exister, et les deux seuls dont il soit fait mention, dans les Cartulairesde Quimper, furent supprimés en 1283, sur la demande d'un des titulaires dont les ressources étaient insuffisante. Quoi qu'il en soit, voici ce qu'on sait, ou, plutôt, ce qu'on croit savoir de ces anciens doyennés.


 

I. L'archidiaconé de Cornouaille et les paroisses qui y étaient rattachées

 

Bannalec  et sa trève Trébalay

Baye 

Beuzec-Cap-Carnavalet et  ses trêves Saint-Guénolé et Saint-Jean-Trolimon

Beuzec-Cap-Sizun et sa trève Pont-Croix

Beuzec-ConqBriec et ses trèves LandudalLangolen et Quilinen

Bodivit

Cléden-Cap-Sizun

Clohars-Carnoët

Clohars-Fouesnant

Combrit et ses trèves Île-Tudy et Lambour

Coray

Cuzon

Edern et sa trève Guellevain

Elliant et ses trèves Locmaria-an-HentRosporden et Saint-Yvi

Ergué-Armel

Ergué-Gabéric

Esquibien et sa trève Audierne

Fouesnant et sa trève La Forêt

Gouesnac'h

Goulien

Gourin et ses trèves Le Saint et Roudouallec

Guengat

Guiscriff et sa trève Lanvénégen

Kerfeunteun

Kernével

Lababan

Landrévarzec et sa trève Tréflez 

Landudec

Langonnet et sa trève La Trinité-Béver

Lanriec

Lanvern et sa trève Saint-Honoré

Le Faouët

Le Trévoux

Leuhan

Locamand

Loctudy

Locunolé

Lothéa et sa trève Trélivalaire

Mahalon et sa trève Guiler  

Meillars

Melgven et sa trève Cadol

Mellac

Moëlan

Névez

Nizon et sa trève Pont-Aven

Penhars

Perguet et sa chapelle Bénodet

Peumerit

Pleuven

Ploaré, ses trèves Gourlizon & Le Juch et sa chapelle Douarnenez

Plobannalec

Plogastel

Plogoff

Plomelin

Plomeur et sa chapelle Guilvinec

Plonéis

Plonéour

Plonivel et sa trève Pont-L'Abbé

Plouhinec

Plovan

Plozévet

Pluguffan

Pouldergat et sa trève Pouldavid

Pouldreuzic

Poullan, et sa chapelle Tréboul

Primelin et sa trève Saint-Tugen

Querrien

la ville de Quimper avec 5 paroisses Lanniron, Locmaria, Saint-Corentin, Saint-Mathieu et Saint-Sauveur

la ville de Quimperlé avec 2 paroisses Saint-Colomban et Saint-Michel

Riec

Saint-Évarzec

Saint-Germain

Saint-Thurien

Scaër

Île de Sein

Tourc'h

Treffiagat

Tréguennec

Trégunc

Tréméoc

Tréméven

Tréogat

Tréoultré

 

 

 

Abbaye de St Maurice de Carnoët à Clohars-Carnoët

(cliché Wikipédia) 

 

Ce doyenné de Cornouaille était composé des territoires de Quimper, Pontcroix, Pont-l'Abbé, Fouesnant, Conc, Quimperlé et Gourin, paraît avoir été divisé en quatre doyennés, dont les deux premiers sont parfaitement connus :

 

 

1. Cap-Sizun. -Ce doyenné commençait à l'est de Guengat, atteignait les bords de la mer, vers le ruisseau du Riz, qui coule au fond de la baie de Douarnenez, suivait le contour de la pointe de Sizun jusqu'à la rade d'Audierne, et avait pour limite, au sud, le cours de la rivière de Goayen, sur laquelle est établi le port d'Audierne.

  

 

2. Cap-Caval.-Ce doyenné comprenait la portion de la pointe de Sizun située au midi du Goayen, et toute la contrée s'étendant de ce point-jusqu'au ruisseau qui, des confins de la paroisse de Guengat, va se jeter dans la rivière de Quimper, à l'anse de Combrit.

 

Landudec

Plouhinec

Mahalon et sa trève Guiler 

Plozévet

Pouldreuzic

Lababan (village de Pouldreuzic)

Plovan

Treguennec

Peumerit

Plogastel-Saint-Germain

Plonéour-Lanvem

Beuzec-Cap-Caval

Tréoultré (Penmarc'h)

Plobannalec

Plomeur

Treffiagat

Plonivel

Loctudy

Tréméoc

Combrit

Plomelin

Pluguffan

 

 

3. Conc. -Le pays de Conc formait probablement un doyenné comprenant : tout le territoire de Fouesnant, lequel s'étend, au sud d'Ergué-Armel et d'Ergué-Gaberic, entre la rivière de Quimper et le ruisseau qui forme la petite anse de Saint-Laurent, au fond de la baie de la forêt ; 2° les anciens ressorts de justice royale de Conc et Rosporden. Le doyenné, des autres côtés, s'avançait jusqu'à la rivière d'Aven et aux limites nord de la paroisse de Scaer.

 

 

4. Il est à présumer que le territoire soumis à la juridiction royale de Quimperlé,- territoire qui s'avançait jusqu'au nord de Querrien, après avoir suivi la rivière d'Ellé depuis son embouchure, -se réunissait au pays de Gourin pour former un quatrième doyenné dont aurait fait partie toute la région comprise entre les montagnes Noires et la mer.

 

 

I L'archidiaconé de Poher, composé, nous l'avons dit, des pays de Porzai ou Châteaulin, du Faou, de Daoulas et de Châteauneuf, en Basse-Cornouaille, et des territoires de Carhaix et Corlay (Haute-Cornouaille, comté de Poher), paraît avoir aussi formé trois subdivisions :

 

 

1. Le Porzai ou Porzoed. -Il commençait au nord du doyenné de Cap-Sizun, enveloppait toute la pointe de Crozon et avait pour limites, d'un autre côté, la rivière de Châteaulin, ou l'Aune, jusqu'aux confins est de la paroisse de Saint-Thois, où les montagnes Noires se relient à la rivière

 

 

2. Le Faou. - On sait d'une manière positive que le pays du Faou embrassait dans sa circonscription ecclésiastique le territoire de Daoulas, qui forme, au delà de la rivière de l'Hôpital-Canfrout, une autre pointe dans la rade de Brest. Quoique la seigneurie du Faou fût distincte de celle de Châteauneuf, toutes deux formaient un même doyenné dont les limites devaient être celles-ci: à l'ouest, la rade de Brest; au nord, l'Elorn et les montagnes d'Arez jusqu'aux sources de l'Aune, et enfin le cours de cette rivière jusqu'aux confins ouest de Spezet, qui, comme Saint-Hernin, dépendait probablement du pays de Poher.


 

3. Territoire de Poher. -En présence des grandes circonscriptions ecclésiastiques dont il vient d'être parlé, on ne peut guère admettre que le territoire de Poher, dont l'archidiacre siégeait primitivement à Plussulien, ait formé plusieurs subdivisions. Aussi bien, le nombre sept, que nous croyons avoir été anciennement celui des doyennés cornouaillais, correspondait-il à un chiffre en quelque sorte sacré dans l'Eglise bretonne. On sait, en effet, qu'elle se composait de sept diocèses et qu'elle reconnaissait sept saints pour principaux patrons. Mais ce n'est pas tout: la ville de Quimper renfermait, de même, sept paroisses, et ce n'est point au hasard qu'il faut attribuer cette division qu'on retrouve dans plusieurs autres parties de la Bretagne.

 

 
 
Doyenné de Poher :
 
Neulliac, et sa trève Kergrist. Cette paroisse avait encore une autre trève, Hémonstoir
 
 
 
Doyenné de Quimperlé :
 

 Locunolé ;

 

 

Extraits de La Bretagne, du Ve au XIIe siècle, par M. Aurélien de Courson

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Published by poudouvre
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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 12:25

 

Selon la tradition, saint Clair, l'apôtre des Nannètes, aurait aussi prêché la foi dans la Vénétie et dans le pays des Rhedons. Mais, quoi qu'il en puisse être, il est certain que l'établissement du diocèse de Vannes ne remonte pas plus haut que la dernière moitié du Ve siècle, d'où la preuve, soit dit en passant, que toutes les cités désignées dans la notice des provinces ne furent pas, comme on l'a prétendu, des sièges d'évêchés. C'est en 465, dans un concile convoqué par Perpetuus, métropolitain de Tours, que Vannes reçut pour premier évêque l'armoricain saint Patern, qui mourut, peu d'années après, chez les Francs où les Goths l'avaient forcé de se réfugier. Modestus, son successeur, dont le nom est inscrit parmi ceux des Pères du concile d'Orléans, en 511, mit tout en oeuvre, sans doute, pour répandre le christianisme parmi les pagani de son diocèse. Mais son zèle, à ce qu'il paraît, ne fut guère récompensé, car, plus de trente ans après la mort de Patern, les habitants de la Vénétie étaient encore presque tous païens: «erant enim tune temporis Venetenses pene omnes gentiles .» On a essayé de nos jours. comme au XVIIIe siècle, de contester ce fait, qui concorde si bien avec les assertions de Sulpice Sévère et de Grégoire de Tours. Mais, outre que le témoignage du biographe de saint Melaine est décisif, nous ferons remarquer que l'hagiographe félicite l'illustre évêque, son contemporain, d'avoir effacé, chez les Rhedons eux-mêmes, les derniers vestiges de l'idolâtrie. Or, si dans l'évêché de Rennes, dont la fondation remonte au moins à 439, des idolâtres se montraient encore du temps de saint Melaine, à plus forte raison en devait-il être ainsi, à la même époque, dans l'évêché de Vannes, institué depuis si peu d'années et où le druidisme paraît avoir survécu plus longtemps qu'ailleurs. Quoique les Bretons eussent introduit, dans toutes les contrées où ils s'établirent, les coutumes de leur Église particulière, il est certain que, jusqu'à l'avènement de Nominoë au trône, le siège de Vannes ne fut pas soustrait à la juridiction de la métropole de Tours. Le discours adressé par l'évêque Regalis au duc Ebrachaire, le jour de son entrée dans Vannes, pourrait faire croire le contraire; au fond, cependant, les paroles du prélat n'attestent qu'une chose, c'est que les Bretons faisaient sentir durement leur joug au clergé gallo-romain. Les évêques de Vannes, comme ceux de Rennes et de Nantes, prenaient presque toujours parti pour les rois francs contre les petits souverains du Bas-Vannetais. Aussi, quand l'un de ces derniers s'avisait d'envoyer quelque prélat vénète en mission près d'un prince mérovingien, celui-ci, mécontent de la démarche, condamnait l'ambassadeur à l'exil et lui interdisait même de rentrer plus tard dans son diocèse. C'est ce qui advint, sous Waroch II, à l'évêque Ennius. Cette dépendance imposée à l'église de Vannes par les Mérovingiens se prolongea jusqu'au milieu du IXe siècle. Régnier, on se le rappelle, fut presque toujours en hostilité contre Nominoë, et tel était envers Charles le Chauve le dévouement de Suzannus, que Nominoë se crut obligé de le faire descendre de son siège. Sous le règne du libérateur des Bretons, les limites du diocèse vénète se modelèrent exactement sur celles de l'ancienne cité. Le Browerech, après la mort de l'intrus Gislard, s'accrut, il est vrai, de plusieurs paroisses du pays nantais, usurpées par ses évêques; mais, sur la prière de Fulchric, nous l'avons dit plus haut, Alain le Grand mit fin à ce désordre. Depuis cette époque jusqu'à la révolution française, la circonscription du diocèse a peu varié. Il avait pour frontière, à l'ouest, le cours de l'Ellé et celui de la Laita jusqu'au delà de Plouré. A partir de ce point, la ligne de délimitation se dirigeait sur Gouarec, où elle faisait angle sur le diocèse de Cornouaille, et, descendant le Blavet jusqu'aux abords de Pontivy, elle allait aboutir, au nord-ouest de cette ville, à la rivière d'Oust, qu'elle suivait jusqu'à Malestroit. De Malestroit, la ligne, après avoir décrit plusieurs sinuosités jusqu'aux bords de l'Aff, au-dessus du Temple, prenait la direction du sud-est,et gagnait la Vilaine qui formait la frontière commune des deux évêchés de Vannes et de Nantes. Lorsque les circonscriptions départementales furent établies, on crut devoir sacrifier les délimitations naturelles à des convenances d'un autre ordre. L'ancien diocèse de Vannes, dont l'aspect topographique était des plus irréguliers, fut alors ramené à la forme plus simple d'un parallélogramme. Pour former le nouveau diocèse, on prit, sur l'ancien évêché de Saint-Malo, une grande partie des paroisses dont se compose l'arrondissement actuel de Ploermel; sur l'évêché de Cornouaille,les districts du Faouet et de Gourin, plus un certain nombre de paroisses qui dépendent aujourd'hui des cantons de Pontivy et de Cléguérec. Enfin, au département du Morbihan fut annexé le canton de la Roche-Bernard, enlevé au diocèse de Nantes. L'auteur du Pouillé de 1646 place six abbayes dans l'évêché de Vannes, et, parmi elles, il cite l'abbaye de Notre-Dame-de-la-Monge, qui était tout simplement le prieuré de Notre-Dame-la-Montjoie, et l'abbaye de Notre-Dame-de-Saint-Pierre, qui n'a jamais existé. Il n'y avait dans le diocèse que cinq monastères d'hommes. C'étaient les abbayes de Redon, de Saint-Gildas de-Rhuys, de Locminé, de Prières et de Lanvaux. Une communauté de femmes, l'abbaye de la Joie, s'élevait aux portes d'Hennebont. On trouvera plus loin la liste des prieurés de l'évêché de Vannes, liste aussi complète que possible

 

 

 Saint-Gildas-de-Rhuys


 

Subdivisions ecclésiastiques.


 

Le diocèse de Vannes, quoi qu'en ait pu penser le docte auteur de la Topographie ecclésiastique de la France, ne renfermait qu'un seul archidiaconé, dont le titulaire, chose digne de remarque, n'exerçait aucun pouvoir sur les doyennés du diocèse. Ces doyennés étaient au nombre de six, savoir :

 

1. Le doyenné de Pou-Belz, ou de Mendon qui renfermait dix-sept paroisses :

 

Belz;

Brech;

Carnac;

Crach ;

Erdeven ;

Kervignac ;

Locmariaquer;

Locoal, avec sa trêve Sainte-Hélène   (désignée aussi sous le nom  de paroisse de Locoal-Hennebont) ;

Mendon ;

Merlévenez (dont l'église paroissiale était anciennement à Trévelzun);

Nostang ;

Ploemel ;

Plouharnel ;

Plouhinec ;

Quiberon ou Locmaria-de-Quiberon;

Riantec, avec sa trêve le Port-Louis;

Saint-Gildas-d' Auray. primitivement en Brech ;

Saint-Gilles-Hennebont, y compris sa trêve

Saint-Gilles-des-Champs (anciennement paroisse). La paroisse de Saint-Gilles-Hennebont faisait primitivement partie du territoire de Vannes.


 

2. Le doyenné de Kemenet-Héboë, ou de Guidel (vingt paroisses) :

 

 

Arzano, avec sa trêve Guilligomarch (anciennement paroisse);

Berné ;

Bubry, avec sa trêve Saint-Yves;

Caudan;

Cléguer ;

Groix ou Île-de-Groix;

Guidel;

Inguiniel;

Inzinzac, avec sa trêve Penqueslen ;

Lanvaudan, avec sa trêve Calan (anciennement paroisse);

Lesbins-Pontscorff, avec sa trêve Gestel (anciennement paroisse) ;

Lorient ou St-Louis-de-Lorient. anc. en Ploemeur;

Meslan ;

Ploemeur;

Plouay ;

Quéven . avec sa trêve Bihoué (anc' paroisse):

Quistinic;

Rédené , avec sa trêve Saint-David;

Saint-Caradec-Hennebont ;

Saint-Caradec-Trégomel , avec sa trêve Kernascléden.


 

 

 

Maison abbatiale Notre-Dame de Lanvaux à Brandivy

(d'après éditions Le-Flohic)


 

3. Le doyenné de Kemenet-Guingamp,ou de Guéméné-Guengamp (dix neuf paroisses)

 

Bieuzy (unie à l'ancienne paroisse de Caslennec) ;

Cléguérec , avec ses trêves Saint-Aignan et Sainte-Brigitte ;

Guern, avec sa trêve Saint-Michel ;

Langoëlan, avec sa trêve le Merzer (anciennement paroisse);

Lescouet ;

Liguol, avec sa trêve Saint-Yves;

Locmalo ou Locmalo-Guérnené ;

Malguénac, avec sa trêve Stival (anciennement paroisse) ;

Mellionnec ;

Melrand ;

Persquen ;

Plélauff;

Ploërdul, avec sa trêve Locuon;

Plouguernevel, avec ses trêves Bonen, Locmaria et Saint-Gilles-Goarec : cette paroisse faisait anciennement partie du diocèse de Cornouaille ;

Plourny ;

Priziac;

Saint-Tugdual (primitivement trêve du Croisty), avec sa trève le Croisty (anciennement paroisse);

Séglien, avec sa trêve Lescharlins (aujourd'hui Saint-Germain, paroisse au XVe siècle) ;

Silfiac, avec sa trêve Perret (ancienne paroisse).

 



 


 Abbaye de Redon

 

 

4. Le doyenné de Porhouet (trente-trois paroisses);

 

 

Baud;

Bignan ;

Bohal, anciennement trêve de Saint-Marcel, et primitivement paroisse : cette paroisse faisait partie du territoire de Rieux au XVe siècle;

Buléon, anciennement trêve de Saint-Allouestre;

Camors ;

Crédin ;

Croixanvec;

Cruguel (anciennement trêve de Billio, et primitivement paroisse), avec sa trêve Billio (anciennement paroisse);

Guégon, avec ses trêves Coët-Bugat (anciennement paroisse) et Trégranteur;

Guéhenno, avec sa trêve la Chapelle-ès-Brières (anciennement paroisse);

Guénin ;

Lontillac;

Locminé ou Saint-Sauveur-de-Locminé, anciennement dans la paroisse de Moréac;

Moréac ;

Moustoirac ou Moustoir-Radenac ou Moustoir-Locminé, anciennement trêve de Locminé, et primitivement paroisse ;

Naizin;

Noyal-Pontivy (dont l'église paroissiale était anc. à Sainte-Noyale), avec ses trêves Gueltas. Kerfourn, Saint-Gérand, Saint-Thuriau:

Pleugriffet;

Plumelec, avec sa trève Saint-Aubin (anciennement paroisse);

Pluméliau, avec sa (rêve Saint-Nicolas-des-Eaux ;

Plumelin;

Pontivy;

Quily, anciennement trève de Sérent;

Radenac ;

Réguiny ;

Remungol, avec sa trève Moustoir-Remungol (ancienne paroisse) ;

Rohan, anciennement trève de Saint-Gouvry et primitivement paroisse ;

Saint-Allouestre;

Sainte-Croix (de Josselin);

Saint-Gonnery ;

Saint-Gouvry, anciennement trève de Rohan ;

Saint-Jean-Brévelay ;

Saint-Marcel ;

Saint-Servant;

Sérent, avec ses trêves Lizio, le Roc-Saint-André et Saint-Guyomard (ou Saint-Maurice).

 

 

Notre-Dame des Prières à Billiers

(document Wikipédia)

 

 

5. Le doyenné de Péaule (quinze paroisses) ;

 

Ambon;

Arzal , avec sa trêve Lantiern ; 

Berrric

Billiers ;  

Bourg-Paul-Muzillac;  

Caden; Noyal-Muzillac;

Larré ;  

Lauzach ; 

Limerzel ;

Malansac;

Marzan ;

Molac : la paroisse de Molac faisait partie du territoire de Rieux pendant le XVe siècle et aussi pendant le XVIe;

Noyal-Muzillac, avec sa trêve le Guerno;

Péaule ;

Pluherlin, avec sa trêve Rochefort;

Questembert


 

6. Le doyenné de Carentoir (sept paroisses).

 

Carentoir, avec ses trêves la Chapelle-Gaceline, la Gacilly, la Haute- Bourdonnaye ou les Hautes-Bouessières, Quelneuc;

Malestroit ou Saint-Gilles-de- Malestroit, anciennement trêve de Missiriac, et primitivement paroisse : Malestroit faisait partie du territoire de Rieux au XVIe siècle;

Missiriac, anciennement trêve de Malestroit, et primitivement paroisse : la paroisse de Missiriac faisait partie du territoire de Rieux au XVIe siècle; Renac ;

Ruffiac, avec sa trêve Saint-Nicolas-du-Tertre;

Saint-Just;

Sixt;

Temple de Carentoir (Le), anciennement trêve de Carentoir, et primitivement paroisse ;

Tréal.


 

Outre ces six doyennés, l'évêché de Vannes renfermait les quatre territoires suivants : 

 

 

 

Cathédrale de Vannes

 

1. Le territoire de Vannes (trente-quatre paroisses) :

 

Arradon, avec sa trêve l'île-aux-Moines ; Ile-d'Arz (L') (unie à Ilur):

Arzon; 

Baden; 

Brandérion, anciennement trêve de Languidic; 

Elven, avec ses trêves Aguénéac et Trédion;

Grand-Champ, avec ses trêves Brandivy et Locmaria;  

Houat, anciennement trêve de Saint-Goustan-de Rhuis

Île d'Arz (unie à Ilur)

Landaul;

Landévant; 

Languinic;

Meucon;

Notre-Dame du Méné (à Vannes);

Noyalo;

Plaudren (unie à Saint-Bily), avec ses trêves Locqueltas et Monterblanc;

Plescop;

Ploeren;

Plougoumelen;

Plumergat, y compris sa trêve Mériadec-Coëtsal;

Pluneret ;

Pluvigner, avec sa trêve Saint-Bieuzy ;

Saint-Avé;

Saint-Gildas-de-Rbuis( anciennement Saint-Goustan) , avec sa trêve Hoedic 

Saint-Gouslan-d' Auray ;

Saînt-Nolff;

Saint-Patern (de Vannes) ;

Saint-Pierre (de Vannes), anciennement Sainte-Croix ;

Saint-Salomon (de Vannes);

Sarzeau;

Séné;

Sulniac, avec ses trêves le Gorvello et la Vraie-

Croix ;

Surzur, avec ses trêves le Hézo et la Trinité-de-la-Lande ;

Theix;

Treffidan, avec sa trêve Bizole.

Rhuis; Locqueltas et Monterblanc;

 

 

 

Ancien Palais Episcopal de Vannes


 

2. Le territoire de Rieux (quinze paroisses);

 

Allaire, avec sa trêve Saint-Gorgon ;

Begänne;

Fougerêts (Les) ;

Glénac (anciennement trêve de Couraon, et primitivement paroisse), avec sa trêve Cournon (anciennement paroisse, et primitivement en celle de Bains) : Glénac faisait partie du doyenné de Carentoir au XVe siècle;

Peillac;

Pleucadeuc;

Rieux, avec sa trêve Saint-Jean-des-Marais ;

Saint-Congard ;

Saint-Gravé ;

Saint-Jacut;

Saint-Laurent-de-Grée-Neuve : cette paroisse faisait partie du doyenné de Carentoir au XVe

siècle ;

Saitit-Martin-sur-Oust;

Saint- Vincent-sur-Oust, avec sa trêve Saint-Perreux.


 

3. Le territoire de Redon (quatre paroisses);

 

Bains;

Brain ;

Langon ;

Redon.


 

4. Le territoire de Belle-Ile (quatre paroisses).

 

Bangor ;

Locmaria ;

Palais (Le) ou Saint-Gérand du Palais ;

Sauzon.

 

 

Abbaye Notre-Dame de  Joie à  Campénéac 

 

Les limites des doyennés, comme celles des territoires, sont indiquées, sur notre carte, avec une exactitude qu'il n'a pas dépendu de nous de rendre plus rigoureuse. Le diocèse de Vannes ne comptait pas seulement, comme subdivisions ecclésiastiques, un archidiaconé,des doyennés, des territoires, des paroisses ; ces dernières étaient elles-mêmes fractionnées en trêves et en frairies. On nommait trêves, en Bretagne, de petites églises, ou succursales, dépendantes d'une église principale. Ainsi, pour ne pas sortir du pays des Vénètes, la paroisse de Carentoir renfermait quatre trêves: Haute-Bourdonnaye, La Chapelle-Gaceline, La Gacilly et Quelleneuc; la paroisse de Lanvaudan, deux trêves: Calan et Locmélé ; la paroisse d'Elven, deux trêves: Aguenac et Trédion, etc. On sait que, chez les Bretons insulaires, le territoire de chaque petite peuplade était divisé en districts composés chacun de cent trêves (contref). Nous voyons, par les lois d'Hoël le Bon, que, dans le pays de Galles, les trêves étaient l'objet de faveurs spéciales, lorsqu'une église y était fondée: « Que si une église est bâtie, avec l'autorisation du roi (Brenin), sur le territoire d'une trêve habitée par des serfs, et qu'il s'y trouve un prêtre disant la messe et un lieu de sépulture pour les morts, dès ce moment, la trêve est libre. » La frairie était une subdivision inférieure à la trêve elle-même. Dans le diocèse de Vannes, en Tréguer, en Cornouaille, les paroisses renfermaient plusieurs frairies, ayant chacune leur chapelle qui était desservie quelquefois par un prêtre spécial. Nous donnons plus bas une sorte de statistique de ces petites agrégations religieuses dont le gouvernement paraît avoir été placé, assez anciennement, entre les mains d'un petit conseil de fabriciens.  Les évêques de Vannes résidaient à Vannes, au Manoir de la Motte, ancien château ducal (plus tard la préfecture); ils avaient aussi une résidence d'été au manoir de Kerango, en la paroisse de Plescop, ci-dessous, d'après éditions Le-Flohic.

 

 

 

Extraits de La Bretagne, du Ve au XIIe siècle, par M. Aurélien de Courson 

 

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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 09:11

 

Voici ce qu'écrivait au cours du XVIIIe siècle, Jean Ogée au sujet du lieu qui vit s'éteindre ce duc Jean Ier de Bretagne : « la voie romaine de Blain à Port-Navalo traverse cette commune du midi au nord, après avoir passe la Vilaine sous le manoir de la Noie, laissant le bourg a quelques centaines de mètres a l'ouest.  -A 1,000m au- dessus de la Noie, et sur le bord de la Vilaine, on voit les ruines du château de l'isle, vieux camp romain qui était devenu château dans le moyen-âge. Ce château occupait une langue de terre fort escarpée entre la rivière et un vallon profond. Il est situé en Marzan, mais on le mentionne ici parce qu'il parait avoir eu une liaison directe avec la voie romaine qui passait à Arzal. »

 

 

Gisant de Blanche de Navarre épouse de Jen Ier de Bretagne

 

Et Jean Ogée à la page consacrée à la localité de Marzan, d'ajouter : « Le château de l'Isle, situé sur un rocher dans la Vilaine, à trois quarts de lieue à l'Ouest du bourg & dans son territoire, fût bâti par les Romains ou par les Rois de Bretagne. Il est plus probable qu'il doit son existence aux premiers : ce qui le prouve est le chemin Romain qui y passe. Les Souverains de cette Province y passoient ordinairement quelques mois de l'année. Le Duc Arthur (II) y mourut l'an 1312. Son corps fut porté à Ploërmel, inhumé dans l'église des Carmes, et son coeur à Vannes, où il fut déposé dans l'église des Pères Cordeliers. » C'est aussi en ce château de L'Isle que trépassa le 8 octobre 1286 le Duc Jean II de Bretagne, il fut inhumé en l'abbaye des Prières qu'il avait fondée (voir Lieux des sépultures des souverains Bretons, page n° 4). Il avait régné quarante neuf ans ; son épouse Blanche de Navarre, qui était morte l'année précédente, avait été inhumée en cette même abbaye, une autre source donne l'Abbaye Notre-Dame-de-la-Joie près d'Hennebont. Laquelle abbaye des Prières posséda ensuite le dit château de L'Isle.

 

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8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 15:16

Contrat de mariage entre Alain de Rohan et Marguerite de Bretagne, sœur de Jean V

 

 

Orig.scellé en cire rouge sur d. q. du sceau n° 3 et du contre-sceau n° 3 bis (Bib). de Nantes, f. Bizeu ; anc. Arch. de Rohan,Contrats de mariage, n° 29.-Copie (Bib). nat., ms. fr. 22640 anc. BI. Mx LXXIIId, fo 48). Imprimé en partie seulement (D. Mor. Pr. II.. 783-784).

 

« A Saint Jehan », 1407, 19 avril. « Jehan. A toux. salut. Comme nostre très cher et très ame cousin et feal Alain, viconte de Rohan et nostre rès chere et très amée cousine damme Beatriz de Cliçon sa compaigne, desiranz avoir amour et amience o nous plus parfaite par affinité, en continuant et multipliant les amours et agences qu'ilz et leurs predicesseurs ont eu avecques nous et les noz par consanguinité et autrement, Nous eussent requis et fait requerre et prier que nous voulseissons octrier et consantir que nostre très chère et très amée seur Marguarite de Bretagne feust conjoainte par mariage,au plaisir de Dieu et de sainte église, o Alain de Rohan, filz ainzne et hoir principal presumptif et actendent de nozd. cousin et cousine; et eussent nozd. cousin et cousine, au traitie dud. mariage, promis et octrié pluseurs choses qui seront declerecs plus à plain, Savoir faisons que nous, considerenz la affeccion et bonne votente que nozd. cousin et cousine ont a nous, et les amours et aliences que nozd. cousin et cousine et leurs predicesseurs ont eu et ont ovecques nous et les noz; Nous, de nostre partie desirant ycelle continuer et multiplier, et par ce, inclinez aud. octroy de mariage, avons voullu et octrié, voulions et octrions et promectons en bonne fay, que nostred. seur, au plaisir de Dieu et de sainte église, prandra par mariage led. Alain de Rohan, ainzne filz et hoir principal de nozd. cousin et cousine ; à laquelle nostred. seur nous avons donné et octrié, et par ces presentes donnons et octrions, par led. Mariage faisant, pour tout droit, porcion et advenant de heritaige et de meuble, qui lui peut competer et appartenir de la subcession de nostre très redouté seigneur et père feu Mgr le duc, que Dieu absoille, et aussi de la subcession, quant le cas y escherra, de nostre très redoutée damme et mère Madamme la royne d'Engteterre, ta terre de Guillac o ses appartenances et despendences ainsi dit et condicionné que, ou cas que nostred. seur decepderoit senz hoir de son corps, que Dieu ne vuille, lad. terre de Guillac o ses appartenances retournera ànous et à noz hoirs; et aussi en cas que elle sourvivroit sond. mary, elle aura et joira de lad. terre, pourveu que si lesd. Viconte et sa famme, a cause d'elle, monstroient et apparoissoient avoir droit par heritaige en lad. Terre de Guillac, appartenances et despandanccs, par la subcession du sire de Cliçon ou autrement deument, ilz et leurs hoirs joiront d'icelle terre et appartenances oud. cas; et possé que ne apparoistroient y avoir aucun droit par heritaige, comme dit est, ilz pourront avoir et recouvrer lad. terre par eschange, se avoir la veullent, en nous baillant, ou a elle ou à noz hoirs, rescompassacion par autant au grant et vallant en nostre arsible, en nostre duchie Et par tant, nozd. cousin et cousine ont promis faire et procurer que lourd, filz et nostred. Seur et les hoirs qui d'eulx ystront se tendront contens de lad. promesse, pour toute porcion et avenant, et plus ne demanderont ; et aussy nozd. cousin et cousine ont octrié, promis et graié en bonne fay que ted. Alain, leur filz et hoir principal presumptiff et actendent, comme dit est, prandra par mariage, au plaisir de Dieu et de sainte eglise, nostred. seur; et defait ont nozd. cousin et cousine, pour leur filz, promis et octrié !ed. mariage. Et, par led. trahie de mariage et en ce faisant, le ont herité et heritent et marient comme leur principal hoir presumptitf et actendent, en leurs terres et seignouries et droiz de heritaiges, saisines et possessions que tiennent appresent et qui leur puent et doivent escheoir et avenir, tant par la subcession du sire de Cliçon que autrement, tant en Bretaigne que ailleurs; et ont voullu et octrié qu'il ait pour provission, savoir est la tierce partie desd. heritaiges et subcession, pour laquelle tierce partie nozd. cousin et cousine ont baillé, baillent et assiest a lourd, filz, aud. mariage faisant et pour sa provission, les terres, seignories et heritaiges qui se enssuivent, savoir est : la seignorie et revenue du chastel et chastellennie de Cliçon, la seignorie et revenue du chastel et chastellennie de la Garnache, ou autres chasteaulx et chastellennies, un ou plusseurs, a la value, en leursd. terres. Et se il avenoit, que Dieu ne vuille, que led. filz decepderoit avant sesd. père et mère ou avant l'un d'eulx, et que nostred. seur sourvivroit, nozd. cousin et cousine ont voullu, promis et octrié que nostred. seur ait et joisse pour son droit de douaire et par douaire, son vivant, desd. chastelx et chastellennies, o leurs appartenances et revenues, ou autant vallant en leurs autres terres et heritaiges en Bretaigne. Et cestes choses et chascune avons promis et jure, nous de nostre partie, tenir et faire tenir à nostred. seur, selon la fourme que dit est, et le promectons et jurons, et en parolle de prince, senz jumès encontre venir et paraillement nozd. cousin et cousine, en ce que leur touche, le ont promis et juré en bonne fay et par le serment de leurs corps, ainsi le tenir et faire tenir à lourd, filz, senz jamès encontre venir; et nous en ont baillé leurs lettres. Item comme nostred. cousin soit adjourne et poursuy par noz procureurs, tant par nostre court et barre de Ploerme! que ailleurs, de ptusseurs accions personnelles et de meuble, que nostred. cousin dit n'estre pas de grant poys, et nous ayt supplié que le voulscissons meictre hors desd. adjournement et poursuite, et ii en donner quitance valable, Nous, pour amour de nostred. cousin et pour contemplacion dud. mariage, avons voullu que nostred. cousin deciere parliculierement les cas dont il est poursuy, et sur ce li en ferons benignement, par l'avis de nostre conseill, tant qu'il devra suffire.

Par le Duc. (Et sur le repli) Par le duc, de son commandement et en son conseil, ouquel l'evesque de Nantes, le president, messire Guy de Mouiac, Tritan de la Lande et les seneschalx de Broereuch et de PIoermel estoient. J. Mauleon. »

 

 


 

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8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 09:35

IX.-Conclusion.


 

Résumons-nous.De six chapelles dites jusqu'à ce jour les Sept-Saints, une seule est consacrée -et seulement depuis trente ans -aux Sept-Saints de Bretagne. D'où vient cet injuste oubli de nos Sept-Saints,et ces bizarres substitutions de saints étrangers à nos saints nationaux si chers à nos pères ? Une raison se présente tout d'abord à l'esprit. Le malheur a voulu que au lieu de dire, comme nos historiens, les Sept-Saints de Bretagne, l'usage dit par abréviation les Sept-Saints. Cette abréviation a effacé, si j'ose le dire, leur marque d'origine. Si on eût dit tes Sept-Saints de Bretagne, l'ignorance ou la fantaisie aurait pu faire erreur sur leurs vrais noms, substituer un saint breton à un autre ; mais personne n'aurait eu l'idée -qui eût été bien saugrenue -d'aller chercher sept frères étrangers réunis dans le martyre pour les assembler dans un culte commun en Bretagne comme saints bretons. Mais je n'ai parlé que des chapelles, des ruines de chapelles ou des souvenirs gardant encore le vocable des Sept-Saints ; or, d'autres chapelles originairement et jusqu'à la fin du XVIIe siècle consacrées aux Sept-Saints de Bretagne ont reçu depuis un autre vocable : un plus grand nombre vendues nationalement comme carrières ont été démolies ou tombées en ruines ont disparu. N'en resterait-il pas quelque trace ou quelque souvenir, surtout aux abords des vieilles voles romaines ? C'est une enquêta à faire. Mais est-ce tout que de rappeler le souvenir de nos Sept-Saints de Bretagne ? A Quimper, leurs images ont été rétablies, à Erquy, ils sont honorés d'un culte collectif. Ces exemples donnés par les diocèses de Quimper et de Saint-Brieuc ne seront-ils pas suivis ? Je ne puis me résigner à le croire ; et, sous forme de conclusion à ce trop long et pourtant insuffisant travail, je prends la liberté d'émettre quatre voeux. Le premier s'adresse à vous.Messieurs,et aux ecclésiastiques qui habitent les campagnes et dont plusieurs m'ont déjà fourni d'utiles renseignements. Le voici : Que l'on recherche les anciens rocades des vieilles chapelles situées surtout le long des anciennes voies romaines et spécialement le long des voies ayant été le chemin des Sept-Saints; -que, ce travail fait, il soit dressé une liste générale des chapelles, fontaines ou lieux nommés des Sept-Saints. Les trois autres voeux sont à soumettre à S. E. le Cardinal Archevêque de Rennes, Dol et Saint-Malo, et. à ce titre, successeur de saint Samson et sairt Malo, à Nos seigneurs les Evêques de Saint-Brieuc et Tréguier, Quimper et Saint-Pol, enfin Vannes. Mais je n'ai pas spécialité comme l'Association Bretonne pour soumettre ces voeux aux vénérables prélats : c'està vous, Messieurs, que je les soumets :


 

1° Qu'à l'exemple de la cathédrale de Quimper, les six églises stations principales du pèlerinage aient une memoria (comme on disait anciennement), sinon un autel des Sept-Saints de Bretagne.


 


 

2° Que les chapelles gardant encore le nom des Sept-Saints, et celles qui seront reconnues comme ayant eu ce vocable, reprennent le vocable des Sept-Saints de Bretagne, et aient une memoria des Sept-Saints.


 

3° Que, dans les églises ou chapelles dédiées à l'un des Sept-Saints, le souvenir des six autres soit associé à celui du patron, par une memoria quelconque, fût-ce une simple inscription portant les noms des Sept-Saints de Bretagne. Si vous approuvez ces voeux, je mettrai en toute confiance au pied de la requête aux vénérés successeurs des Sept-Saints de Bretagne la formule finale, quelquefois un peu hasardeuse, des requêtes auxquelles je répondais jadis : Et ce sera justice.


 

 

 

 


 

Post Scriptum


 

Depuis que ces pages sont écrites, une grande solennité religieuse a été célébrée à Saint-Pol-de-Léon, et des milliers de pèlerins bretons sont accourus au rendez-vous donné dans la vieille cathédrale. Rendant compte de ces fêtes, des journaux ont montré des pèlerins visitant dans la cathédrale le tombeau de Conan Mériadec, qui fut le fondateur et le premier roi de Bretagne. Cette nouvelle a éveillé l'attention ; et voilà un sarcophage du XIIe siècle, aujourd'hui bénitier, devenu une preuve nouvelle de l'existence et de la royauté de Conan huit siècles auparavant I.… Eh bien ! non : la fondation de la Bretagne ne fut pas l'oeuvre du fabuleux Conan, et elle n'a pas été au prix de ces tueries d'hommes auxquelles les peuples attachent la gloire. Chassés de l'Ile de Bretagne, les Bretons durent chercher une autre patrie, et ils abordèrent aux rivages de l'Armorique comme émigrés et suppliants. Aux Ve et VIe siècles, ils débarquent en petites troupes, conduits quelquefois par leurs princes, d'ordinaire par des prêtres et des moines. Parfois aussi, c'est un chef de monastère qui passe la mer avec ses moines, comme saint Brieuc débarquant avec plus de cent soixante frères. Qu'ils soient venus comme chefs d'une troupe d'exilés ou seuls, les moines se mettent à l'oeuvre. Ils s'emparent de la terre: elle est couverte de bois et inculte, ils la défrichent et l'ouvrent à la culture. Ils s'emparent de la population: elle est livrée pour la plus grande part à un grossier polythéisme : les moines prêchent l'Evangile qui fut alors et qui reste le plus puissant élément de civilisation, lis réunissent les exilés et les Armoricains en petites colonies qu'ils nomment ptov.Avec le temps les plou se multiplient, s'élargissent, se rapprochent, se groupent ; au milieu du VIe siècle, le travail de groupement est assez avancé pour qu'il se trouve en Armorique quatre petits Etats. Voilà notre Bretagne fondée ! Donc l'Armorique a été conquise par les prêtres et les moines, nos saints bretons ; et parmi ces conquérants pacifiques brillent les Sept-Saints de Bretagne. Or, des Sept, deux seulement ont été nommés à Saint-Pol, Paul Aurélien et Corentin, fondateurs des deux évêchés aujourd'hui réunis de Saint-Pol et de Quimper. Mais le mot les Sept-Saints de Bretagne n'a pas été prononcé ; et du culte collectif des Bretagne, pas un mot ! Un éloquent orateur,qui parle arec un égal talent les deux langues française et bretonne, s'est fait entendre en breton. Que nous eussions voulu qu'il rappelât ce grand acte de foi bretonne, le pèlerinage des Sept-Saints ; -qu'il montrât seigneurs et grandes dames et même un duc et un amiral de Bretagne suivant les vieilles routes avec le pauvre peuple : -qu'il dit aux pèlerins -ce qui est vrai : « Pas un de nous, vieux Bretons, dont les pères n'aient fait le Tro-Breiz. Ils ont prié sous ces voûtes ; mais le pavé de l'église, il a fallu le renouveler, les genoux de nos pères, pieux pèlerins des Sept-Saints, l'avaient usé. » D'un mot, l'orateur aurait ravivé la mémoire et le culte de nos Sept-Saints ! Nous faut-il expliquer pourquoi nous avons pris la liberté de signaler le silence gardé à Saint-Pol sur les Sept-Saints et leur pèlerinage ? Il ne s'agit pas d'une critique malséante ; mais nous faisons de ce silence un argument en faveur des requêtes exposées plus haut : il montre en quel oubli est tombé le culte collectif de nos Sept-Saints. Plus cet oubli de la Bretagne envers ses Sept-Saints est complet, plus il est injuste.historiquement et religieusement, et plus il appelle la réparation que nous sollicitons.

 

J. Trévédy. Ancien Président du Tribunal de Quimper, Vice-pr. Honoraire de la Soc Arch. du Finistère.

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