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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 13:19

Alix de Thouars fut d'abord fiancée à Henri dAvaugour, issu de la maison de Penthièvre, mais celui ci n'étant qu'un enfant, le roi de France intervint craignant que des débordements ne se produisent et il maria l'héritière de Bretagne à Pierre de Dreux, arrière-petit-fils du roi de France Louis VI le Gros. De leur union naquirent trois enfants. Alix de Thouars devait s'éteindre le 21 octobre 1221 et fut inhumée en la même abbaye que sa mère. Dans son ouvrage Encyclopédie théologique...., l'abbé Migne nous décrit cette sépulture : Tombeau de cuivre émaillé, au milieu du sanctuaire , sur lequel sont deux figures en relief. La première est d'Alix, comtesse de Bretagne, fille aînée et héritière de Gui de Thouars, comte de Bretagne, qui fut mariée l'an 1213 à Pierre de Dreux, dit Mauclerc, duc de Bretagne, mort en 1250, enterrée à saint Yved du Braine. Elle mourut l'onzième août 1221. La seconde figure est Yolande de Bretagne, fille de Pierre Mauclerc, duc de Bretagne, etc. Elle mourut le 12 octobre 1272 (Epitaphe)

Tombeau de Pierre :

Du haut  Seigneur de qui j'attends merci

Du haut  Seigneur dont son ton huit  mi pensé...

Dame dou ciel, qui portastes Jhesus

Par qui le mont fut tôt enluminé,

deffendez moi que je ne sois vaincu

par l'anemi qui est fol et desvé

Pierre Mauclerc 

Pierre Mauclerc mourut au retour de la septième croisade au cours de laquelle il avait été blessé. La Revue de Bretagne  et de Vendée publiait  un remarquable article consacré aux tombeaux des ducs de Bretagne. S'agissant de la description du tombeau du personnage M. de l'Isle du Dreneuc nous laisse cette note : La tombe du premier duc de Bretagne de la maison de Dreux semble bien modeste si on la compare au somptueux mausolée de son dernier descendant, mais élevé dans les plus belles années de l'art français, elle a, dans sa simplicité même , une pureté de sentiment qu'on ne retrouve pas dans le chef d'oeuvre de Michel Colombe. Marie-Edmée Vaugeois, alias Loïc Trémor née à Nantes en 1841 : le tombeau des Carmes

 

 

   

Autre représentation de Pierre de Dreux et Alix de Thouars

Dans le demi-jour de la splendide petite église de saint-Yved, reposait, la face tournée vers le ciel, un chevalier, les mains jointes pour l'éternelle prière. Comme le bon roi saint-Louis, son suzerain et son ami, il a les armes de mailles et une large épée est suspendue à sa ceinture; poête,il garde sur les lèvres comme un sourire d'insouciante jeunesse; prince de sang royal et duc de Bretagne, il porte à son bouclier  l'écusson de Dreux et l'hermine bretonne ; chrétien  il repose au pied de l'autel du Christ, et deux anges protecteurs veillent à ses côtés. On dirait que, dans le silence de ce sanctuaire, il écoute au loin le bruit de la justice divine qui approche de jour en jour, prêt à se dresser à cet appel pour offrir au Souverain Juge, afin de relever la balance de ses fautes, l'épée, qu'il a tant de fois tirée pour sa sainte cause. Précision est apportée par l'abbé Migne : tombe de cuivre en relief, à main droite, dans la nef de saint Yved de Braine, elle est de Pierre de Dreux, dit Mauclerc, duc de Bretagne mort le 22 juin 1250 (Epitaphe). Au XVIe siècle, un trésorier de l'église de Braine, du nom de Mathieu Herbelin, composa une histoire généalogique de la maison de Braine, dont le manuscrit renferme de précieuses sur les tombes de saint Yved. Voici le passage relatif à Pierre de Dreux : "Je veuil demonstrer ou son corps, lequel par son testament commanda et bailla charge à Jehan le Conte, surnommé le Roux son fils ayné, de conduire et admené son corps après sa mort en l'abbaye Saint-Yved de Braine et supplia aux exécuteurs dudit testament estre mis au plus près de ses prochains parens, parquoy son corps fut honnestement ensebvely, enbaulmé et mis en ung cercueil de plomb, avecques gros dueil pour l'apporter en France en ladicte église de Saint-Yved de Braine, ausquel lieu gist et repose ledict Duc dessoulx une tombe de cuivre moyennement eslevée dans laquelle est emportraicturée avec son écusson dudict Dreux et quelques petites parties des herminettes de Bretaigne, comme on peult veoir en icelle sépulture . S'ensuist l'épitaphe qui est à l'entour de la tombe dudit Pierre de Dreux, duc de Bretaigne, dict Mauclerc  :

     

Petrus flos commitum Brittonum comes, hic monumentum

Elegit positum juxta monumenta parenta

Largus, magnanimus audendo magna probatus

Magnatum primus regali flore stirpe creatus

In sancta regine Deo famulando moratus

Vite sublatus rediens jacet hic lamulatus

Celi militia gaudens de milite Christi

Summa letitia comiti comes obtinet isti 

Anno M°CCXXXVIII°

 

 

Saint Yved de Braine. Outre Pierre de Dreux y fut aussi inhumée Alix de Thouars son épouse, depuis transférée à l'abbaye de Villeneuve près de Nantes

Enfants de Pierre Mauclerc et Alix de Thouars :

-Jean Ier Le Roux, page suivante

-Arthur de Dreux 1223- épousa Jeanne du Craon

-Yolande de Dreux épousa en 1238 Hugues VIII de Luzignan, elle mourut le 8 octobre 1272 et fut inhumée comme indiqué ci dessus à l'abbaye de Ville Neuve

Enfant de Pierre Mauclerc et Marguerite de Montagu sa seconde femme :

-Olivier de Braine (ci-dessous)

 

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 13:00

 

Havoise de Bretagne, fille du duc Alain III épousa Hoël fils d'Alain Canhiart, comte de Cornouaille et de Judith fille de Judicaël, comte de Nantes, une nouvelle dynastie s'établit à la tête de la Bretagne. Hoël, deuxième du nom mourut le 13 avril 1084 et laissa sa succession à son fils Alain IV Fergent. Marié avec Ermengarde d'Anjou qui est à l'origine de l'implantation de l'ordre Cistercien en Bretagne, Alain IV Fergent s'éteignit le 13 octobre 1119 en l'abbaye saint -Sauveur de Redon où il s'était retiré malade sept ans plus tôt. Ermengarde d'Anjou fut également inhumée à Redon en 1146. En revanche, Constance de Normandie, première épouse de Alain IV Fergent, morte le 13 août 1090 avait été enterrée en l'abbaye de Saint-Melaine à Rennes. Conan III surnommé Conan Le Gros succéda à son père, il régna trente deux ans, et mourut le 17 septembre 1148 âgé de 59 ans. Il n'est pas précisé cependant le lieu de sa sépulture, pas davantage que celui de son épouse Mahaut d'Angleterre. Ayant déshérité son fils Hoël, c'est sa fille Berthe qui hérita du trône ducal. Elle contracta deux alliances, d'abord avec Alain Le Noir de la Maison de Penthièvre le premier comté de Penthièvre, page n° 3 dont elle eut trois enfants, puis devenue veuve elle épousa Eudon de Porhoët dont elle eut trois autres enfants. A sa mort survenue l'an 1156, Conan, son fils aîné monta sur le trône. Connu sous le nom de Conan le Petit, c'est lui qui plaça la Bretagne sous le joug Plantagenêt, ce qui provoqua une ligue menée par Eudon de Porhoët le veuf de sa mère. C'est en l'abbaye de Bégard que le dit Conan IV fut enterré le 20 février 1171. Il laissait pour héritière Constance alors âgée de 8 ans, mariée à Géoffroy Plantagenêt.

 

 

 

Le règne de Géoffroy II fut bref, mais il fut marqué par l'Assise du comte Géoffroy, visant à limiter  la division des grands fiefs, texte rédigé en 1185 et qui a fait l'objet d'un article sur ce blog l'Assise au comte Geoffroy -la très ancienne coutume de Bretagne..Géoffroy devait mourir lors d'un tournoi à Paris le 19 août 1186 âgé de 29 ans. Il fut inhumé en la cathédrale de Paris

 

 

   

 

Le jeune Arthur premier trouva la mort le 3 avril 1203, ayant revendiqué la couronne d'Angleterre à la mort de son oncle Richard Coeur de Lion, Jean Sans Terre, le plus jeune des fils Plantagenêt le fit arrêter, jeter en prison et l'aurait tué de sa propre main avant de jeter le corps du jeune prince Breton dans la Seine. La légende voudrait qu'un pêcheur retrouva la dépouille de l'adolescent âgé de 16 ans, et l'aurait portée discrètement au prieuré du Bec connu sous le nom de Notre-Dame des Prés. Constance, la mère de l'enfant restée seule avec ses deux filles, répudia Ranulph de Bruneville son deuxième époux et épousa alors en troisième noce Guy de Thouars dont elle eut deux autres filles : Alix et Catherine. Constance de Bretagne s'éteignit le 24 novembre 1225 et fut inhumée en l'abbaye de Villeneuve, près de Nantes.       

 

 

 

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 08:12

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 07:54

L'aboutissement juridique

De toutes les solutions proposées, on peut dire qu'aucune n'a triomphé, mais que toutes ont apporté un élément à la nouvelle législation issue de la nuit du 4 août 1789. C'est en effet à l'article 2 du décret de la nuit du 4 août que le privilège du colombier a été aboli : « le droit exclusif des fuies et colombiers est aboli. Les pigeons seront enfermés aux époques fixées par les communautés, et dans ce temps, ils seront regardés comme gibier et chacun aura le droit de les tuer sur son terrain ». Si on analyse ce texte, on s'aperçoit qu'il ne prévoit pas la destruction des colombiers et l'anéantissement du droit comme cela était souvent demandé mais qu'au contraire, il « démocratise » cette possession en l'accordant à tous. Autrement dit, depuis cet article, le colombier n'est plus une prérogative noble mais bel et bien un bâtiment dont chacun peut jouir. Malgré cela, dans les faits la mort était certaine car, si maintenant chacun peut avoir des pigeons, il est obligé de les tenir enfermés une bonne partie de l'année donc obligé de les nourrir ce qui n'est guère rentable. L'entretien du bâtiment est déjà coûteux, si de surcroît il faut acheter la nourriture ou la prélever sur les denrées destinées à la maison, les bénéfices deviennent nuls. L'âge d'or du colombier est dès lors terminé et les paysans pourront enfin « conserver le fruit de leurs sueurs, même en tuant les pigeons » comme le demandait Plévenon. Ge brusque retournement de la situation a été fort préjudiciable aux édifices. Les fermetures temporaires les ont rendu d'une exploitation souvent déficitaire. L'obligation de nourrir les pigeons au colombier et la possibilité pour les voisins de les tuer s'ils vaguaient n'ont fait que hâter la décision d'abandonner cette forme d'élevage. Devenu inutile, le pigeonnier n'a plus été entretenu et la nature a vite fait de le mettre à terre ; à moins qu'on ne l'ait volontairement détruit afin d'utiliser les pierres pour d'autres constructions. C'est ainsi que beaucoup ont disparu ne laissant de leur existence que le nom donné à un champ. Heureusement, tous n'ont pas eu le même sort et il en reste encore beaucoup ; soit qu'ils aient été maintenus dans leur état, parce qu'ils ne gênaient pas, parce qu'ils donnaient encore un relent de prestige ou tout simplement parce qu'ils ont reçu une nouvelle affectation. Ainsi certains sont devenus de simples bâtiments de ferme, pas toujours pratiques en raison de leur forme circulaire mais, avec quelques travaux on a pu en faire une remise, voir même un bar ou une maison. Selon les cas, les transformations ont plus ou moins modifié l'aspect ; on a dû agrandir la porte, percer des fenêtres... Une des transformations les plus courantes est la mise en place d'un étage ; un plancher est alors ancré dans une rangée de boulins. Il semble que dans ce cas on ait gardé la partie supérieure comme colombier en bouchant toutefois une certaine quantité de nids afin de limiter le peuplement. Il reste encore quelques colombiers toujours en fonction, et bien que rares et ne comportant que peu de pigeons, ils font que l'article 2 cité plus haut reste d'actualité.

   

Colombier au domaine de la Houssaye à Quessoy

(tourisme de Moncontour)    

Conclusion

Comprendre le problème posé par les colombiers, même dans une région bien déterminée, n'est pas aisé. Nous avons voulu dans ces quelques pages réaliser une synthèse et surtout démontrer que c'est à tort que l'on a délaissé, relégué au passé ces édifices. Sous l'ancien régime, ils devaient être quotidiennement remis en question, non pas par leurs propriétaires qui en tiraient de substantiels profits, mais par tous les paysans qui souffraient des ravages des pigeons. Ceux-ci se délectaient de grains et de légumes, réduisant de jour en jour la portion de la famille. Nous avons du mal à concevoir actuellement l'ampleur du phénomène, mais il suffit de se pencher un peu sur les cahiers de doléances , de faire quelques calculs, pour s'apercevoir qu'en une journée ce sont plusieurs centaines de kilogrammes qui étaient engloutis pour le seul plaisir du noble voisin. La Révolution a engendré de grands débats politiques, religieux... mais elle a aussi dû se pencher sur des problèmes concrets, quotidiens, qui touchaient infiniment plus le petit peuple. Le seigneur trouvait naturel et nécessaire le fait de lever des impôts, de faire payer des droits de passage, etc. ; il ne remettait jamais en question l'existence de son colombier. Il a fallu un grand soulèvement populaire pour qu'enfin on daigne s'occuper de tout ce qui n'était que petits soucis pour un gouvernement. Le droit de colombier était ressenti comme une véritable injustice ; ce n'était pas le seul et bien souvent on ne fait qu'effleurer ces questions pensant que les signaler est bien suffisant. Qu'importe « l'Etre Suprême », si chaque jour on doit regarder passivement les pigeons d'autrui s'abattre par milliers sur les emblavures, une année où l'on pensait faire de justesse le lien entre les deux moissons ? Nous n'avons pu ici qu'effleurer le sujet. Il faudrait trouver d'autres documents, plus parlant peut-être, dénonçant l'oppression subie par le monde paysan ; il faudrait aussi pouvoir compléter l'inventaire commencé pour avoir enfin une idée précise de la réalité d'ancien régime. Malheureusement, les démarches d'analyse sont longues en raison de la relative rareté des documents, mais nous espérons pouvoir un jour achever l'étude d'un département ou mieux d'une sénéchaussée. Mais là, d'autres colombiers auront encore disparu ou seront devenus nouvelles porcheries, de nouveaux bars ou plus simplement de nouveaux bassins aquatiques.

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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 19:16

 

 

 

 

 

 

 

 

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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 16:21

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 10:37

 

 

Nous avons eu l'occasion de décrire le tombeau du duc François II à travers un des poèmes de Marie-Edmée Vaugeois. Marie-Edmée Vaugeois, alias Loïc Trémor née à Nantes en 1841 : le tombeau des Carmes Si on remonte au cours du IXe siècle, il est généralement admis que Nominoë fut inhumé l'an 851 en l'abbaye saint Sauveur de Redon, quant à son fils, aussi son successeur : Erispoë, assassiné six ans plus tard, l'assassinat de Erispoë en novembre 857 à Talensac  ce fut sans doute en l'église de Talensac qu'il fut mis en terre. Salomon mort en 874, fut « ensépulturé » en l'église de Maxens où il reposait auprès de son épouse Wembrit voir page consacrée à Mawent). à travers le bourg de Maxent  Les sombres décennies qui suivirent cette période qui avait vu émerger la Bretagne, ne fournissent aucun renseignement sur la date exacte à laquelle mourut l'un des successeurs de Salomon ; ce dernier nommé Alain Le Grand disparut en 907, mais aucune précision ne mentionne sa dernière demeure, la Bretagne était alors la proie des invasions normandes. Arthur de la Borderie publiait en 1897 la chronique de Nantes aux éditions Merlet,  et,  évoquant Alain Barbetorte qui régna jusqu'en 937, écrit que ce souverain fut inhumé en la Collégiale de Nantes.

 

   

     

Conan Ier Le Tort, issu de la maison comtale de Rennes, s'empara du Nantais alors entre les mains de Foulque Néra duc d'Anjou, mais il fut tué l'an 992 lors de la seconde bataille de Conquereuil et fut inhumé en la chapelle Saint-Martin de l'abbatiale du Mont-Saint-Michel. 

 

   

 

Geoffroy Ier, fils du précédent trouva la mort de retour d'un pèlerinage à Rome : tué d'un coup de pierre lancé dans sa tête par la main d'une femme, le faucon du prince ayant étranglé la poule de son hôtesse.Les faits remontent à l'an 1008, sans qu'il ne soit mentionné le lieu du drame ni celui de la sépulture. Havoise de Normandie sa veuve s'éteignit en la ville de Rennes le 22 février 1034, mais aucune précision en l'endroit où elle repose depuis. Idem pour le successeur de Geoffroy Ier, on sait que le duc Alain III mourut probablement empoisonné le premier octobre 1040 de retour d'une expédition en Normandie et fut enterré dans la salle capitulaire de l'abbaye de la Trinité de Fécamp auprès des premiers ducs de Normandie, ses parents maternels.

 

   

    ,   

Son frère Eudon de Penthièvre, pour ce qui le concerne avait choisi d'élire sa sépulture en la Collégiale de Lamballe. Conan II, fils de Alain III et Havoise de Normandie, un temps malmené par son tuteur Eudon de Penthièvre, fut tout comme son père empoisonné – en 1066, semble-t-il sur ordre de son adversaire Guillaume Le Conquérant, et il fut mis en terre en l'abbaye Saint-Melaine de Rennes

 

     

 

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 08:12

 

Pointe du Raz

 

 

 

Plougrescant  

 

 

Roc'h Trévenel à Plounéour Ménez

 

 

La Brière

 

 

Forêt de Paimpont

 

 

Le Cap Fréhel

 

 

Presqu'île de Quiberon

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 07:40

Le colombier : un édifice détesté

II est difficile de concevoir actuellement, alors que le problème ne se pose plus, l'ampleur des dévastations commises par les pigeons. S'alimentant de grains et de légumineuses, ils étaient censés trouver seuls leur nourriture et pour ce faire, on leur laissait la plus complète liberté de vaguer dans les environs. Il faut essayer d'imaginer ce que pouvait représenter un groupe de plusieurs centaines voir même de plusieurs milliers de pigeons, s'abattant sur un champ. N'oublions pas que chaque pigeon peut consommer selon sa taille, jusqu'à 70 grammes de grain par jour. Si l'on considère la capacité d'un colombier (2.000 pigeons en moyenne) et le fait qu'il n'est généralement pas le seul dans la paroisse, on a peine à envisager les dégâts faits aux emblavures, surtout au moment des semailles ou des moissons. Le cahier de doléances de Saint-Pern, commune d'Ile-et- Vilaine limitrophe des Côtes-du-Nord, révèle la situation. Il peut être gardé comme exemple car il développe ce que les autres cahiers se contentent de dénoncer. Ainsi, dans son article 3 : « autre injustice criante : dans notre paroisse de Saint-Pern ou sous l'arrondissement d'une lieu ou environ, il se trouve au moins 22 colombiers et fuies remplis chaque au moins de 1.000 couples de pigeons ou environ et qui ont tous leurs volées sur notre paroisse, qui dévorent tant en grain qu'en épi soit l'ensemensage ou à la récolte, de quoi substenter et alimenter le quart de notre paroisse... ». On peut penser en lisant cet extrait qu'il y a une part d'exagération mais le problème n'en demeure pas moins posé et son importance pour les paroissiens était telle qu'on a éprouvé le besoin de placer cette revendication en article 3 donc, parmi les premières plaintes. Bien d'autres cahiers montrent l'exaspération des paysans face à la perte de tant de grain, denrée indispensable à la vie. La paroisse de Guitté (canton de Caulnes) précise : « les pigeons détruisent presque autant de grain que les décimateurs en enlèvent ». Caulnes explique que, « mille milliers de pigeons vont manger autant de grainsqu'en emporte la dîme au douze ». Dans l'Est des Côtes-du-Nord, la plupart des cahiers demandent que des mesures soient prises pour pallier aux dévastations.


   

Les revendications paysannes

 

Nous ne connaissons pas actuellement les premières manifestations d'hostilité à l'égard des colombiers, mais si le XVIII* siècle connu les plus fortes attaques, il est certain que bien avant des paysans ont dû s'insurger contre ce droit jugé insupportable. Nous avons signalé plus haut que les paysans n'avaient aucun moyen efficace de lutte contre ce fléau aussi dès qu'ils en ont eu l'occasion, ils ont bien montré que seules les peines dont ils étaient menacés les empêchaient de réagir ouvertement Or, dans les deux grandes vagues de revendications qu'a connue la Bretagne à l'époque moderne, le problème des colombiers a été soulevé. Spécifique à la Bretagne, la révolte des Bonnets Rouges apporte sa liste de revendications et pour la première fois nous voyons les paysans demander la destruction des colombiers et le droit de se défendre contre les pigeons qui viennent piller les cultures. L'article 11 du Code Paysan stipule : « que les fuies et colombiers seront rasés, et permis de tirer sur les pigeons de campagne ». Un autre texte de tendance plus modérée explique : « et en outre ils ont de grand nombre de pigeons qui gastent nos bleds, quoyque nous n'ayons pas permission de les chasser. Ils nous menacent de coups de baston de quoy nous ne pouvons avoir justice ». Ce dernier extrait montre bien que les paysans étaient dans l'incapacité de lutter efficacement contre les colombiers. La révolte écrasée, on ne tiendra aucun compte des revendications bretonnes de la fin du XVIIe siècle et il faudra attendre les cahiers de doléances et la révolution de 1789 pour voir une nouvelle levée de boucliers contre les privilèges des nobles. C'est en effet la Révolution qui a porté un coup fatal aux privilèges de l'ordre dit supérieur ; la lutte contre ces privilèges a été unanime dans les cahiers. Il faut d'abord considérer que leur rédaction au début de l'année 1789 n'est plus un phénomène local comme l'était la révolte des Bonnets Rouges mais qu'au contraire elle touche l'ensemble du Royaume. Dans toutes les régions de France nous voyons les paysans se plaindre de « l'établissement de colombiers ou fuies parce que c'est une servitude très onéreuse au public » (cahier de la paroisse de la Bouillie). Cette prérogative seigneuriale était devenue intolérable ; la multiplication des pigeons ne se justifiait que pour les seuls bénéficiaires, et seulement dans la mesure où les volatiles se nourrissaient sur les champs voisins. Nous avons consulté les cahiers de doléances des paroisses de l'actuel arrondissement de Dinan et relevé des exemples intéressants, tant pour les plaintes formulées que pour les solutions envisagées. Selon la gravité des dévastations, les attitudes face à ce problème ont été bien différentes. Le cahier des « charges d'un bon citoyen de campagne » a souvent servi de base aux rédactions particulières et disait dans son article 4 : « (nous nous plaignons) des établissements de fuies et de garennes ». Ce n'est pas là la ligne la plus dure, la plus radicale car certains demandaient la destruction pure et simple de ces édifices et l'anéantissement du droit afin de mettre un terme aux continuelles dévastations. Cette attitude est sans appel et ne demande pas de longs commentaires, il suffit de citer quelques exemples pour être convaincu du fait que certaines paroisses n'acceptaient plus de subir ce fléau : -« que les colombiers soient détruits » (Plédéliac). - « La suppression des colombiers, fuies et garennes » (Hénansal). - « abolir les colombiers, fuies et garennes » (Yvignac). - « qu'il soit porté une loi qui proscrive les fuies et garennes, fléaux si terribles à l'agriculteur » (Merdrignac). -« la destruction et démolition des colombiers dont nous sommes entourés » (Guitté). Dans les cahiers que nous venons de citer, seule la destruction est envisagée mais, d'autres paroisses ont une attitude plus conciliante puisqu'elles proposent une alternative : suppression ou fermeture des pigeonniers. En fait, il semble que les paysans ont plutôt cherché à se protéger des dégradations des pigeons qu'à interdire aux nobles d'en posséder, à la condition toutefois de les enfermer aux périodes des semailles et des récoltes. Ainsi la Chapelle Blanche demande : « que les colombiers et fuies soient supprimés ou du moins que ceux à qui ils appartiennent soient obligés de les tenir fermés dans le temps qu'on ensemence les grains, et depuis que les blés sont en grains jusqu'à ce qu'ils soient récoltés ». D'autres paroisses comme Saint-Hélen estiment qu'on doit toujours les garder fermés : « que les colombiers soient abolis, si mieux n'aiment les propriétaires des dits colombiers et fuies retenir leurs pigeons et les nourrir, sans les laisser vaguer sur les terres du public ». Les paroissiens de Pluduno se montrent plus libéraux et ne demandent que la fermeture temporaire des refuges à pigeons, sans évoquer la question de la destruction : « que les pigeons soient traillés lors des semences et que les récoltes soient ramassées... », il en va de même pour la paroisse de Lanrelas. Nous voyons donc que les démarches, si elles vont dans le même sens, n'ont pas toutes le même caractère. Outre la fermeture aux périodes clefs de la vie agricole, Pleudihen demande le strict respect de la coutume et la lutte contre les « possessions abusives ». Bien que les colombiers aient été particulièrement nombreux dans cette paroisse, les paysans (s'ils ont rédigé eux-même le cahier) semblent accepter le principe de cette possession dans la mesure où elle est contrôlée. Autre requête : la limitation du nombre des pigeons. On la trouve dans deux cahiers ; celui de Créhen : « aussi les dits seigneurs font ravager par leur nombre de pigeons les levées de la campagne. Il conviendrait qu'ils n'en eussent pas tant ou de les renfermer ». Autre exemple, beaucoup plus explicite, celui de la paroisse d'Eréac : a qu'à l'avenir le noble... lui soit fait défense d'avoir à la fois plus de six couples de pigeons à cause de la désolation qu'ils causent... ». Enfin, dans les autres cahiers, on se contente de se plaindre des dévastations (Caulnes, Saint-Gouéno...) ou on revendique le droit de tuer les déprédateurs comme mesure de compensation : « qu'il soit permis d'avoir un fusil chez nous, de chasser sur nos terres, de tirer les pigeons et de les manger pour nous dédommager ». Quelle que soit la forme de lutte envisagée, le droit de tuer les pigeons sans encourir de peine est toujours demandé. Les plaintes durent être nombreuses et justifiées car la Révolution, dès son début, sonna le glas des colombiers.

 

     

 

colombier de Kergu à Mégrit

 

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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 13:35

Cet acte, à valeur officielle, est déjà un bon acquis car selon l'Ancienne Coutume, toute personne qui avait anciennement un colombier pouvait en faire bâtir un nouveau donc, le défendeur était en règle avec ce premier point de la jurisprudence. Il l'était aussi avec le second puisqu'il a été reconnu dans un acte passé entre les pères des antagonistes que « le dict de la Motte avait lieu et suffisante estendue d'en avoir et faire... ». Cette déclaration des paroissiens de la Bouillie et les actes du procès nous permettent de savoir que le seigneur du Champ-Chapel avait grande liberté au sujet de son colombier puisqu'il pouvait le changer de lieu, le bâtir par pied ou en fuie par pied selon son intérêt, pourvu qu'il entretienne ce droit (Laisser un colombier à l'abandon, jusqu'à la ruine risquait d'entraîner la perte du droit. Ceci justifie l'entretien de ces édifices). Outre la déclaration des paroissiens de la Bouillie attestant la présence d'une fuie dans son domaine, J. de la Motte apporte une autre justification plus inattaquable encore puisqu'elle émane d'un seigneur de la Hunaudaye (seigneur supérieur de la paroisse). En effet, un François de Tournemyne avait établi un acte en date du 4 juillet 1485 où il confirmait qu'il « y avait au dict lieu du ChampChapel droict de fuye et refuge à pigeons de tout temps immémorial... ». Il n'est pas évident que tous les propriétaires de colombiers aient possédé des actes écrits justifiant leurs possessions et c'est pourquoi on devait avoir recours aux déclarations des paroissiens. Dans le cas du procès cité, le défenseur est en mesure de produire les deux actes, ceci le rend inattaquable, car, non seulement il est en règle avec la coutume, mais en plus son droit est ireconnu par le seigneur supérieur (le siège de la juridiction de la Hunaudaye se trouvait au CheminChaussée, c'est-à-dire dans la même paroisse que le Champ-Chapel). J. de la Motte produit encore d'autres actes allant dans le même sens et notamment un accord passé le 20 février 1526 entre son père Allain de la Motte et feu Jean Visdelou, père du demandeur. Là, la situation devient presque drôle, car nous apprenons que le propre père du demandeur avait reconnu aux seigneurs du Champ-Chapel, non seulement le droit de colombier mais en plus l'existence de celui-ci. Pierre Visdelou se trouve alors dans une situation des plus précaires, il nie un fait attesté par son père. Mieux encore, il est précisé que si la terre du Champ-Chapel était dotée de colombier de tout temps immémorial, il n'en va pas de même pour le seigneur de la Goublaye qui, s'il possède effectivement un colombier, ne peut avoir la prétention d'en faire oublier l'origine dans la nuit des temps car selon l'acte, il est de construction récente. Ester un propriétaire de colombier pouvait donc réserver des surprises, surtout quand l'accusé était de vieille extraction et qu'il conservait avec soin tous ses actes. Pierre Visdelou perdit d'ailleurs son procès ; il ne réussit sans doute pas à contester l'authenticité des titres produits par le défendeur. Même incomplet, ce procès est très révélateur des pratiques des hommes de l'ancien régime. Nous voyons ainsi apparaître tout un système de reconnaissances mutuelles, destinées en fait à parer les coups dans le cas d'une contestation. Il était nécessaire de prendre un certain nombre de garanties lorsqu'on construisait un colombier et pour cela, on composait avec les proches voisins afin que plus tard ils ne puissent revenir sut leur attitude du moment. La pratique en elle même semble avoir été assez simple et fondée sur le principe suivant : « je fais construire un colombier sur ma terre, tu le reconnais, en accepte la présence et précises que je l'ai construit sans me cacher, et donnant-donnant je reconnais le tien selon les mêmes conditions ». Voilà en gros la démarche qui a dû être suivie par la plupart des constructeurs ; démarche claire et combien pratique. La prétention du seigneur de la Goublaye fut bien vite non justifiée et la coutume n'eut aucune prise contre les actes produits. Nous voilà aussi renseignés sur le fait que le seigneur de la Goublaye avait pu construire au XVe siècle un colombier sur un fief qu'il détenait alors qu'il était receveur à Lamballe. Sa qualité de noble n'est pas confirmée, mais nous savons qu'il bénéficiait de certains soutiens qui ont dû faciliter son installation en tant que propriétaire foncier et son introduction dans l'ordre de la noblesse. Cet appui ou protection que l'on qualifierait maintenant par d'autres termes, a pu jouer un rôle important dans ce genre de situation et même mettre une entrave au déroulement de la justice en soutenant certains personnages contre la loi. Avant de mettre un terme à la situation juridique bretonne, il nous reste à examiner un dernier point relatif aux pigeons de colombiers ; il s'agit de l'interdiction qui était faite de tuer ou de capturer des pigeons d'élevage. Comme le montre le tableau de la page suivante, il n'y a que peu de changement entre les trois coutumes, sinon qu'une fois de plus la dernière se montre plus radicale que les précédentes. En effet, on y prévoyait des châtiments corporels pour les contrevenants et ce n'était pas là de simples menaces. Les paysans dont les cultures étaient menacées essayaient toujours de supprimer un certain nombre de ces volatiles se gobergeant de leurs récoltes. Pris en flagrant délit, ils étaient accusés d'atteinte à la liberté et soumis à la justice qui se montrait implacable, le seigneur se sentant « personnellement visé ». Les cahiers de doléances signalent les peines encourues et réclament qu'il « soit permis à toute personne de tuer les pigeons, sans qu'elle puisse encourir aucune peine » (cahier de la paroisse de la Chapelle-Blanche, canton de Caulnes).

 

 

   

 

    Colombier de la Hunaudière à la Chapelle-Blanche -Canton de Caulnes 

 

 

La paroisse de Saint-Glen (canton de Moncontour) demande quant à elle : « l'abolition de la peine corporelle prononcée contre les pauvres infortunés qui ont le malheur de tirer sur des pigeons qui désolent et ravagent leurs moissons ». Si nous considérons les possibilités légales de lutte contre les colombiers, telles qu'elles sont définies dans les coutumes, et l'interdiction faite d'exterminer les pigeons, on voit que les paysans n'avaient en fait aucun moyen de défense contre les dévastations. Ils ne peuvent raisonnablement pas intenter un procès contre leur seigneur et se voyaient menacés de « galère » (Pléhérel-Plévenon) s'ils agissaient. Cette situation ne pouvait être acceptée aussi les marques d'hostilité contre ce droit injuste ont-elles été nombreuses.

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Published by poudouvre
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