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8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 06:34

 

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8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 06:13

 

 

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6 octobre 2016 4 06 /10 /octobre /2016 13:04

La légende doit avoir sa place dans cette étude. Le compte-rendu de l'enquête malheureusement insuffisante que nous avons pu faire serait incomplet si nous ne faisions pas connaître les légendes qui ont pris la place de l'histoire des Sept-Saints, et qui se répètent et sont encore acceptées de nos jours. Ces légendes se retrouvent en particulier à Erdeven, aux environs de Ploërmel, à Kergrist-Neuliac et environs, à Yffiniac. Leur énoncé n'est pas inutile. Quels que soient les ornements dont l'imagination les ait parées, elles ont, vous le verrez, un fonds commun ; et vous reconnaîtrez sans peine qu'il est vrai de dire :

 

Souvent un peu de vérité

Se mêle au plus grossier mensonge.

 

Voici ces quatre légendes :

 

Légende de Erdeven. -Une pauvre femme d'une seule couche avait eu sept fils. Résolue d'en garder un seul, elle chargea une servante d'aller noyer les six autres. La servante mit les six enfants dans un crible, et se hâta vers la rivière. A mi-chemin, pour se reposer, elle déposa le crible sur un bloc de granit et partit après. Aussitôt elle vit le crible s'enfonçant dans le granit ; épouvantée elle voulut se lever ; mais elle même était collée à la pierre. Eperdue, elle entendit une voix disant ; « Rapporte les enfants auprès de leur frère. » La femme, tout à l'heure attachée au rocher, se sent libre, prend le crible et marche.En route, elle trouve le père des enfants revenant de son ouvrage. Celui-ci mit les enfants en nourrice : tous les sept devinrent évêques Leurs noms, direz-vous ?... On ne les nomme pas. En preuve de ces dires,on vous montrera à cinquante mètres de l'emplacement de l'ancienne chapelle des Sept-Saints le bloc do granit sur laquelle fut posé le crible. Sur ce bloc, on remarque une dépression de quatre ou cinq centimètres de profondeur, à peu près circulaire. C'est l'empreinte du crible. A côté se voient des lignes irrégulières. Ce sont les marques laissées par les vêtements de la femme qui s'est assise là. Dans l'arrondissement de Vannes, au sud de l'Oust, nous trouvons une légende analogue. Ce n'est plus une pauvre femme qui met au monde sept enfants : c'est une reine d'Irlande. En l'absence du roi, elle ordonne de les noyer. Mais la femme qui portait le panier les renfermant rencontre le roi revenant d'une expédition lointaine. Le roi entend des plaintes sortant du panier, il l'ouvre : la femme avoue l'ordre qu'elle exécutait. Le roi lui pardonne à la condition qu'elle laisse croire à la reine que les enfants sont noyés. -Le roi les fait élever et, quand ils ont grandi, les présente à la reine qu'il condamne à mort. Mais les sept intercèdent pour leur mère et le roi pardonne. -Bientôt ils demandent à se retirer du monde. Le roi consent à contre coeur ; mais il en garde un. Les six autres passent la mer, débarquent en Bretagne où ils sont bientôt rejoints par leur frère ; et tous sept deviennent moines ou évêques. Les noms de ceux-ci sont connus : c'est Jacut, resté le dernier en Irlande, Maudez, Congar. Gravé, Perreux, Corgon et Dolay. Cinq d'entre eux. Jacut, Congar, Gravé, Perreux et Gorgon sont patrons de paroisses portant leurs noms, situées entre l'Oust et la Vilaine (arrondissement de Vannes). Dolay a sa paroisse dans le même arrondissement, mais sur la rive gauche de la Vilaine. Maudez a une chapelle avec une fontaine aujourd'hui comblée dans la commune de la Croix-Helléan, près de Josselin. Ci-dessous Saint-Maudez d'après vitrail de la Croix-Helléan.

 

 

 

 

D'après la légende, les sept enfants di la reine d'Irlande devaient être noyés dans cette fontaineVoici une troisième légende répandue dans la partie de l'ancien évêché de Cornouaille comprise aujourd'hui dans les Côtes-du-Nord et le Morbihan, notamment cantons de Mûr et Pontivy. Sept enfants, nés ensemble, comme ceux dont nous venons de parler, furent abandonnés, disons mieux, exposés par une mère dénaturée. La légende dit le lieu : ce sont les bois du Quélenec. appartenant à notre savant confrère, mon vieil ami Charles de Keranflec'h-Kernezne. Ces enfants furent nourris par une chèvre blanche, disent la plupart, une biche, disent quelques-uns. Mais tous sont d'accord sur le lieu où ils furent élevés. Dans le bois il y a un rocher do la Chèvre, une fontaine de la Chèvre et un canton des Sept-Fontaines… C'est là !… Les sept enfants grandirent et devinrent tous évêques. -Tous sont honorés sous un seul nom pris apparemment comme nom de famille, les saints Malret ou Mairec. En récompense de ses bons soins, la chèvre vit encore ; et elle s'associe à sa manière au culte rendu à ses nourrissons. Elle a même sa part moleste, il est vrai, mais bien méritée, dans les hommages populaires. Elle ne manque pas de venir chaque année, visiter la chapelle de Kergrist-Neuliac, la veille de la fête des saints. Aussi était-il d'usage de faire pour elle une litière de paille fraîche sous le porche de la chapelle. Depuis quelques années, cet usage a cessé. Mais la chèvre revient toujours. Notre confrère Keranflec'h, bien que voisin, ne l'a jamais vue; mais il pourrait nous montrer nombre de braves gens qui, plus heureux que lui. l'ont rencontrée sur les landes de Saint-Guen et de Saint-Connec courant vers la chapelle, la veille de la fête au soir. Enfin, à Yffiniac, on a pu recueillir, en 1851, la légende qui suit : «  Un seigneur, de retour d'une lointaine expédition, aurait, égare par la jalousie, martyrisé dans ce lieu (auprès de la chapelle ou de la fontaine des Sept-Saints) ses sept enfants, tous d'une ressemblance frappante et vêtus habituellement de la même manière. » Si la légende a été exactement reproduite, il faut reconnaître qu'au premier abord elle semble bien éloignée des autres. Ici ce n'est plus la mère, c'est le père qui résout la mort de ses enfants ; ceux-ci n'échappent pas à la mort, ne deviennent pas évêques. La légende a pourtant quelques points de contact avec les légendes qui précèdent; l'un d'eux nous est révélé par ce détail puéril : « Ils étaient habituellement vêtus de la même manière.  Qu'est-ce à dire ? Que tous les sept étaient du même âge ou jumeaux, comme ceux dont nous avons parlé. De plus, les sept enfants martyrs de la démence de leur père sont les sept saints honorés primitivement dans la chapelle : autrement quelle raison avait-on d'indiquer la chapelle comme le lieu de leur mort ? Ne faut-il pas entendre qu'ils furent noyés dans la fontaine, comme les sept autres dont nous avons parlé ? Voici maintenant des lieux qui ne gardent pas le nom des Sept-Saints, mais ou la légende semble garder d'eux un lointain souvenir.» Un auteur qui semble parler sérieusement écrit sans dire ou il a puise ce renseignement : « Sous le règne de Clovis, une petite colonie irlandaise, composée de sept frères et trois soeurs, vint chercher un asile sur le continent. Elle débarqua à l'embouchure de la Rance, croyons-nous...elle édifia tout le pays par ses bonnes semences… Les sept frères, c'est-à-dire les sept saints, se nommaient Gobrien, Helen, Petran, Germain, Veran, Abran et Tressaint.  Or, au pays de Dinan, on trouve les paroisses de Saint-Helen, de Tressaint, de Saint-Germain de la Mer, de Saint-Abraham au diocèse de Saint-Malo, et, dans le diocèse de Saint-Brieuc, les communes de Saint-Veran et de Trévérec, toutes les deux sous le patronage de saint Vran ou Veran. Nous pensons que cette famille a donné le nom de chacun de ses membres aux paroisses que nous venons de citer. » Toute cette géographie est assez inexacte, et de cette légende apparemment recueillie aux bords de la Rance, et transformée en un renseignement historique, nous ne pouvons retenir qu'un point : les sept saints frères venus d'Irlande et évangélisant cette partie de la Bretagne. Autre légende recueillie dans les mêmes parages. On raconte à Lancieux que huit frères passèrent de l'Angleterre en Bretagne pour prêcher l'évangile. On les nomme Cast, Jacut, Cieux, Briac, Lunaire, Enogat, Malo et Serran. Remarquez-le, ce sont les noms de huit paroisses voisines, sinon limitrophes. Les deux premières étaient du diocèse de Saint-Brieuc ; et des six autres situées au diocèse de Saint-Malo, quatre sont contigues; enfin au dernier siècle, Saint- Servan n'était que la paroisse rurale de Saint-Malo. Il semble permis d'admettre que Saint-Serran a été ajouté & la liste pour flatter l'amour-propre de la paroisse, peut-être pour ne pas ajouter un ferment de plus aux jalouses querelles des deux villes. Dans cette hypothèse, que je n'imagine pas, la légende primitive nommerait sept frères seulement venus d'Angleterre. Un seul d'entre eux fut évêque; mais il suffit que les autres soient représentés comme évangélisateurs du pays, pour que nous puissions retrouver dans la légende un souvenir des Sept-Saints de Bretagne. Enfin on conte ce qui suit à Saint-Cast: Sainte Blanche, que la légende fait originaire du lieu même, eut sept fils qui devinrent évêques et missionnaires du pays. -Ceux-ci, à la différence de la plupart des autres, ne viennent pas d'Angleterre ; mais leur nombre, leur qualité de frères, leur titre commun d'évêques n'autorisent-ils pas à rapprocher cette légende de celles qui précèdent ? La plupart de ces légendes ont un fond commun qui n'échappera à personne. N'est-il pas permis de retrouver dans ces fables comme un écho lointain de la vérité? Nos Sept-Saints étaient frères en ce sens qu'ils avaient la même origine ; ils furent délaissés ou condamnés par leur mère, en ce sens qu'ils durent quitter la patrie envahie,devenue pour eux inhospitalière; enfin, d'après une tradition acceptée historiquement pendant des siècles, tous les sept devinrent évêques. Voilà les légendes substituées aux histoires des Sept-Saints de Bretagne, qui furent les apôtres et « les vrais pères de la nation bretonne en Armorique. » N'est-il pas temps que l'histoire reprenne la place que l'ignorance et l'insouciance lui ont fait perdre ?... Mais ce n'est pas assez demander. Il y a plus et mieux à faire. D'après notes laissées par J. Trévédy : Les Sept-Saints de Bretagne et leur pèlerinage.  

 

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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 13:20

Voilà pour les chapelles. Parlons maintenant des fontaines et des lieux dits Sept-Saints


 

VIII. - A Bulat-Pestivien, à deux cents mètres du bourg, les fontaines dites des Sept-Saints. Il y a sept fontaines contigues;chacune d'elles est surmontée d'une niche vide. On ne garde pas souvenir d'une chapelle dite des Sept-Saints. Rien d'étonnant, puisque les fontaines sont à deux cents mètres de l'église de Notre-Dame où pouvait être autrefois un autel des Sept-Saints. Quoiqu'il en soit, pas un des nombreux pèlerins de Notre-Dame (fête le dimanche qui suit la fête de la Nativité) ne manquerait à visiter les fontaines. Quels sont ces saints ? Les pèlerins ne les nomment pas. La pensée des Sept-Saints de Bretagne se présente naturellement à l'esprit. -Remarquons que les fontaines sont sur la route de Tréguier à Rostrenen, autrefois route de Tréguier à Vannes.


 


 

IX. -A Locmaria-an-hent, dont nous avons parlé plus haut, dans la chapelle contiguê à la fontaine des Sept-Saints, on voit un tableau ancien, sans aucun art, mais qui, pour nous, ne manque pas d'intérêt. Il représente, comme celui de Brest, le martyre des sept fils de sainte Félicité ou de sainte Symphorose. Il est bien clair que ici, comme à Brest, quand on eut perdu les noms des Sept-Saints anciennement honorés, quand le nom de Sept Saints de Bretagne n'eut plus de sens, et qu'on effaça les deux derniers mots sur le rentier dont nous avons parlé, on chercha au martyrologe sept saints pouvant être unis dans un culte collectif.


 


 

X. -Dans la commune de Glomel, trêve de Trégornan, une métairie nommée les Sept-Saints. On n'a pas gardé souvenir d'une chapelle des Sept-Saints ; mais on ne peut guère douter que le village ne prenne son nom du voisinage d'une chapelle depuis longtemps disparue, consacrée sous ce vocable. Un vénérable curé mort octogénaire, en septembre 1800, après avoir passé cinquante-sept ans à Trégornan, avait cette pensée et professait une dévotion particulière pour les Sept-Saints, entendant par ces mots, on n'en peut douter, les Sept-Saints bretons. Le site des Sepl-Saints est à peu de distance de la voie romaine de Carhaix à Vannes. Ajoutons, pour être complet, que plusieurs fragments de chemins gardent encore le nom de chemin des Sept-Saints Il s'en trouve dans le Morbihan: ces tronçons peuvent être les restes des voies romaines conduisant autrefois les pèlerins de Vannes à Quimper, Est à Ouest, ou des voies descendant de Dol et Alet sur Vannes (Nord-Est au Sud-Ouest) par Saint-Jean de Brévelay. -D'autres chemins du même nom peuvent conserver le souvenir de voies antiques conduisant aux églises principales stations du pèlerinage. Je ne puis indiquer la situation de ces fragments de chemins. Je rappelle seulement que, en 1310, nous avons trouvé en Trédias un chemin des Sept-Saints, introuvable de nos jours. Ainsi, sans doute, est-il de beaucoup d'autres. Résumons ce que nous venons de dire. Sans parler des chemins gardant encore le nom des Sept-Saints, voilà dix lieux, chapelles, fontaines ou villages dits les Sept-Saints. Dans tous ces lieux, les vrais noms des Sept-Saints de Bretagne ont été oubliés, et dans un seul, à Erquy, ils ont été restitués, et seulement depuis peu d'années.

 

 

 

Chapelle des Marins à Erquy construite

à l'emplacement de la chapelle des Sept-Saints de Bretagne

 

 

Dans quatre endroits, à Erdeven, Conquereuil, fontaine de Bulat-Pestivien, village de Glomel, on se contente de cette dénomination de Sept-Saints sans rechercher le nom de chacun des Sept. Dans trois autres lieux, pour suppléer aux noms oubliés, on a demandé à l'histoire les noms de sept saints qui pussent être raisonnablement l'objet d'un culte collectif. A Brest et à la fontaine de Kermaria-an-Hent, les sept saints sont les frères martyrs, fils de sainte Symphorose ou de sainte Félicité Romaine. Au Vieux-Marché ce sont les Sept-Dormants d'Ephése. A Yffiniac c'est la fantaisie ou des dévotions particulières qui ont dressé une liste de saints, parmi lesquels plusieurs étrangers à la Bretagne, et dont un seul, saint Pabu (Tugdual), à sa place parmi nos Sept-Saints de Bretagne. A Kergrist-Neuliac et aux environs on donne aux Sept-Saints, réputés frères, un nom de famille Merec ou Mairel. Voilà un premier résultat de notre enquête aux lieux gardant le nom de Sept-Saints ; mais il y a des lieux qui ne gardent pas ce nom, et où se retrouvent, par tradition, des listes de saints réunis non dans un culte collectif, mais dans un souvenir commun. Ces listes comprennent d'ordinaire sept saints ; et c'est ce nombre de sept qui m'autorise,je crois, à faire mention de ces listes. Les noms qu'elles comprennent sont les noms de patrons de paroisses ou de saints réputés fondateurs de la foi chrétienne aux environs. -Ici, vous le voyez, nous sommes en pleine légende. D'après notes laissées par J. Trévédy : Les Sept-Saints de Bretagne et leur pèlerinage.

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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 12:08

VII. -Souvenirs actuels des Sept-Saints.


 

Mais me direz-vous pas: « Aux temps anciens, les Sept-Saints de Bretagne et leur pèlerinage lui-même si populaire, n'ont-ils pas eu une histoire écrite ? » Au milieu du XVe siècle il existait un légendaire des Sept-Saints ; c'est-à-dire un recueil où étaient réunies leurs vies. L'évêque Jean de Coëtquis, évêque de Tréguier de 1454 à 1464, en donna un exemplaire à son église ; et le Chapitre tenait ce cahier en telle estime que, en 1468. après la mort de l'évêque, il dépensa pour le faire relier la somme « de III sols VIII deniers, » le tiers d'une livre de 20 sols, environ 10 fr. 50 monnaie actuelle. Si ce recueil n'a pas été imprimé dans les années qui suivirent., ne nous étonnons pas trop qu'il ait disparu. C'est une chose surprenante que le souvenir des Sept-Saints, qui allait vivre en Cornouaille jusqu'à la Révolution, se soit, dans les dernières années du XVIIe siècle, presque subitement perdu dans les autres évêchés bretons, même dans le clergé. Les hésitations et les erreurs de Lobineau, qui imprimait son Histoire en 1707, sont une première preuve de ce fait singulier. Mais voici une autre preuve bien plus certaine encore. Nous la tirerons d'une brève notice sur chacune des chapelles existant aujourd'hui, au moins a l'état de souvenir, sous le vocable des Sept-Saints. Nous en avons retrouvé sept : une à Brest, trois dans le département actuel des Côtes-du-Nord, au Vieux-Marché. Yffiniac et Erquy, deux dans le Morbihan, à Kergrist-Neuliac et Erdeven, une dans la Loire-Inférieure.


 


 

I. -La chapelle des Sept-Saints à Brest était un ancien prieuré de l'abbaye de Saint-Mathieu, selon le P. Champion, seule de ce vocable en Bretagne, elle fut église paroissiale, elle avait ce titre dés le commencement du XVIIe siècle et elle le garda jusqu'à la fin du siècle. Au dernier siècle, la chapelle conservait le vocable ancien des Sept-Saints ; mais ces sept saints étaient les sept frères, fils de sainte Symphorose, martyrs arec leur mère, à Tibur, au IIe siècle.Au moins, un tableau sauvé de la chapelle et conservé à l'église Saint-Louis, représente-t-il le martyre de sainte Symphorose et de ses sept fils. d'autres, dans les Sept-Saints de Brest, voyaient les sept fils de sainte Félicité Romaine, martyrisés avec leur mère, à Rome. au IIe siècle. La preuve de cette confusion, faite au dernier siècle, se tire même du vocable des Sept-Saints : Les sept martyrs, fils de sainte Symphorose ou de sainte Félicité, ne figurent pas au martyrologe sous le nom des Sept-Saints, mais des sept frères martyrs. Et puis, comment expliquer que le vocable d'une chapelle dédiée à une mère et à ses fils omette le nom de la mère ? La vérité est que la chapelle était encore, en 1683, dédiée aux Sept-Saints de Bretagne ; que les noms de ces saints, rappelés par le P. Champion, étaient oubliés quelques années après lui ; et que, sans prendre la peine de s'en enquérir, on a cherché au martyrologe sept saints honorés ensemble, pour leur rendre un culte collectif sans changer le vocable de la chapelle. Nous allons voir le même fait se produire ailleurs.

 

 


 

II. -La chapelle des Sept-Saints, autrefois commune de Plouaret, aujourd'hui du V Elle offre cette particularité unique de couvrir un dolmen. M. de Courcy suppose, avec toute vraisemblance, que le culte des Sept-Saints a été substitué à quelque pratique païenne attachée au dolmen. Mais est-il dans le vrai quand, acceptant sans objection le sens donné actuellement au vocable, il reconnaît pour patrons les Sept Dormants d'Ephése ? Voici une objection. Le remplacement par une consécration chrétienne de quelque culte païen n'a pu se faire qu'aux temps qui ont suivi l'évangélisation des Ve et VIe siècles. Or, comment à cette époque, la chapelle aurait-elle été dédiée aux Sept-Dormants ? Si je suis bien informé, leur histoire n'a été révélée à l'Occident que par Jacques de Voragine. Celui-ci écrivait dans la seconde moitié du XIIIe siècle (il est mort en 1208). Sa Légende dorée, traduite en français seulement en 1470, n'a pu devenir populaire en France qu'à la fin du XVe siècle. Or, dès le temps ou Voragine écrivait, les Sept-Saints de Bretagne étaient en grand honneur, et leurs pèlerins passaient sur la voie qui borde la chapelle. Le vocable des Sept-Saints ne dut-il pas originairement s'entendre des Sept-Saints de Bretagne? Et n'est-ce pas seulement à la reconstruction de la chapelle, entre 1701 et 1711, que le titre des Sept-Saints fut transféré aux sept Dormants ? C'est alors aussi que naquit la légende d'après laquelle sept statues de pierre furent miraculeusement trouvées dans le dolmen. On sait le goût des habitants des campagnes bretonnes et leur naïve croyance au merveilleux. Or, ni la légende des saints de pierre, même rimée en un cantique breton de cinquante-quatre couplets en l'honneur de sept Dormants, ni leurs sept statuettes posées dans la chapelle n'ont convaincu les doyens de la paroisse ! Interrogez-les : ils vous diront que les Sept-Saints patrons de la chapelle sont les Sept-Saints bretons. Ces braves gens ont assurément reçu cette indication de vieillards qui pouvaient la tenir de contemporains de la chapelle remplacée en 1711 par la chapelle actuelle. Leur parole n'est-elle pas l'écho fidèle de l'antique tradition ? 

 

 

 

 

III. -La chapelle de Saint-Laurent, de Saint-Laurent des Sept-Saints, ou simplement des Sept-Saints aux confins de la commune d'Yfflniac, au bord de la voie romaine de Carhaix à Alet, touchant au fond de la baie de Saint-Brieuc. Presque entièrement reconstruite en I850, elle a remplacé une chapelle dont un linteau portait la date 1681, mais dont la fondation était bien antérieure. Elle était le but d'un pèlerinage très suivi. Le pardon se célébrait le premier dimanche d'octobre. La chapelle, vendue nationalement, tombait en ruines quand la fabrique l'a acquise en 1833. Près de la chapelle se voit une fontaine ancienne dite aussi des Sept-Saints, et contenant sept niches depuis longtemps vides. Dans la chapelle, au-dessus de l'autel, sont sept statuettes toutes modernes, mais auxquelles on n'a pas imposé les noms des Sept-Saints de Bretagne. II est même à remarquer qu'ici on ne s'est pas préoccupé,comme à Brest et au Vieux-Marche, de trouver sept saints qui, rapprochés dans la vie ou dans une mort glorieuse, pouvaient raisonnablement être unis dans un culte collectif. Voici les sept saints d'Yffiniac : Pabu, Meen, Armel, Cadoc, Laurent, Fiacre, Lubin; Tugdual, dit en ce pays Pabu, est le seul des Sept-Saints de Bretagne figuré dans la chapelle. Saint Brieuc, qui vécut à si peu de distance, n'y a pas trouvé place. Les quatre premiers saints bretons du VIe siècle ont pu se rencontrer sur terre ; et, bien que l'hagiographie ne leur attribue pas une action commune, on peut admettre à la rigueur qu'ils aient été rapprochés en tant que contemporains. Mais voici où la fantaisie s'est donné libre carrière. Le cinquième saint est Laurent, le célèbre diacre romain, martyr au IIIe siècle. Le sixième est Fiacre, moine irlandais du VIe siècle, patron des jardiniers, et sans doute introduit sur la liste par les nombreux maraîchers d'Yfflniac. Le septième, enfin, est Lubin, né à Poitiers, évêque de Chartres en 511, patron des hydropiques, parce qu'il en guérit un, des fabricants de chandelles, à cause d'un miracle arrivé lors de sa sépulture, et enfin, on ne sait trop pourquoi, des déchargeurs de vin à Rouen. On no voit pas qu'un de ces patronages ait pu déterminer la nationalisation de saint Lubin à Yffiniac. Aujourd'hui, saint Cado surtout est invoqué pour la guérison des coups et blessures. Les pèlerins, après avoir visité la chapelle, ne manquent pas de visiter la fontaine

 

 

 

 

 

 

La chapelle de Saint-Laurent des Sept-Saints à Hillion

 

 

 

IV. -Au bourg d'Erquy, l'ancienne Reginea, près de la voie conduisant de Reginea à Corseul, la chapelle nommée Notre-Dame des Sept-Saints. Cette chapelle a été rebâtie, il y a une trentaine d'années, en place d'une très ancienne chapelle entourée de sept croix, dont on voit encore les soubassements. Le souvenir des Sept-Saints bretons avait persisté à Erquy ; et leur culte y a été heureusement rétabli, il y a quelque trente ans. Un évêque de Saint-Brieuc, de pieuse et érudite mémoire. Mgr David, consacra la nouvelle chapelle et lui fit don d'un beau reliquaire, à sept arcades ogivales, contenant des reliques des Sept Saints de Bretagne. « Voilà donc un sanctuaire bien et dament consacré à nos chers Sept-Saints » Mais hélas ! c'est le seul.


 

 


 

V. -En la paroisse de Kergrist-Neuliac, à peu de distance de la voie de Carhaix à Rennes la chapelle dite de Saint-Mérec, abbé ou évêque, renferme les statuettes de nos Sept-Saints de Bretagoe en évêques et en costume du XVe siècle. -La chapelle porte encore le nom de chapelle des saints Mérec ou Mairet. On conte que les sept frère ?, nourris par une chèvre ou une biche dans un bois voisin devinrent évêques. Ajoutons que, à quelques centaines de mètres au Nord de la chapelle, dans une lande voisina de l'ancien manoir de Perchennic, près de la limite de Saint-Connec,il y a une fontaine en granit sous le vocable de saint Patern

 

 

 

 

 

VI. -En la paroisse d'Erdeven, sur la côte du Morbihan, se trouve un village dit des Sept-Saints, où était autrefois une chapelle, but, selon la tradition, d'un pèlerinage très suivi avant la Révolution. La chapelle, qui paraissait dater du XVe siècle, était tombée en ruine, et ses débris ont servi, il y a quarante ans, à l'agrandissement d'une chapelle au bourg. A cinquante mètres, il y a une fontaine dite des Sept-Saints, aujourd'hui ruinée, mais dans laquelle les pèlerins jettent souvent des pièces de monnaie. Du reste, de nos jours encore, le culte des Sept-Saints, non autrement désignés, est en honneur dans la paroisse, et chaque dimanche, à la grand'messe, il se fait une quête en l'honneur des Sept-Saints. Le pèlerinage existe encore; il se fait surtout les trois premiers samedis de mai. -Le pardon avait lieu le premier dimanche de mai.

 


 


 

VII. -A cette liste de chapelles des Sept-Saints, situées dans les limites de leurs anciens diocèses, il faut en ajouter une autre située dans le diocèse de Nantes. En la commune de Conquereuil (canton de Guémené-Penfao, arrondissement de Saint-Nazaire), prés du château de Pont-Veix, au bord même de l'ancienne voie romaine conduisant de Blain vers la Vilaine, il existe une chapelle placée sous le vocable de Saint-Anne, mais nommée autrefois chapelle des Sept-Saints, autrement (par corruption) de Lessaint (les Saints). On voyait autrefois dans la chapelle sept statuettes en bois, très anciennes, occupant sept niches distinctes, représentant sept saints avec leurs attributs ; mais les noms de ces saints étaient perdus, il y a prés d'un demi siècle. A cette époque, vers 1852, la chapelle fut reconstruite ; et avec le goût qui préside d'ordinaire à ces réfections, les sept niches furent supprimées. Il y a vingt ans les statuettes furent offertes à un brocanteur qui n'en voulut pas ; six d'entre elles furent remisées au grenier de la chapelle neuve ; la septième, moins vermoulue que les autres, fut placée dans le choeur de la chapelle ou elle figure encore sous le nom de saint Mêen. D'après notes laissées par J. Trévédy : Les Sept-Saints de Bretagne et leur pèlerinage

 

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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 08:46

Dans la suppression de deux des quatre temporaux avant l'année 1424, nous avons vu un indice de l'affaiblissement de la vogue du tour de Bretagne. On peut croire que la décadence une fois commencée, se continua sans doute en progressant au XVe siècle; et, aux dernières années du siècle, les guerres de religion rendirent impossible cet acte de religion. Et cela s'explique trop bien. Les guerres du XIVe siècle n'avaient pas, nous l'avons vu, interrompu le pieux voyage, parce que les Anglais entrés en Bretagne étaient catholiques comme les Bretons. Mais, pendant les guerres de la Ligue, il en allait tout autrement. Les Anglais venus an secours de Henri IV, les lansquenets allemands, les soldats gascons enrôlés dans l'armée royale, étaient anglicans, luthériens, calvinistes. Ils voyaient des idolâtres dans les catholiques ligueurs ou non : « Ils pillent, disent les Etats royaux pourtant, profanent et foulent les Saints Sacrement aux pieds.» Supposez ces hommes dont l'indiscipline fait une troupe de brigands rencontrant des pèlerins en route ... La prudence recommandait aux pèlerins de ne pas tenter le voyage. Quand enfin la Bretagne retrouva la paix, le pèlerinage interrompu au temps de sa décadence ne reprit pas. Nous savons d'une manière certaine qu'il n'existait plus en 1622. Nous trouvons la preuve de ce fait dans deux mentions des rentiers du prieuré de Locamand, signalé plus haut. Ces mentions, datées de 1622 et 1650 sont relatives aux offrandes déposées à la fontaine de Locmaria-an-hent.

 

 

 

Chapelle Locmaria-Hent

 

Elles sont identiques ; mais au rentier de 1630, il a été fait une rature qui n'est pas sans intérêt. Voici l'extrait de ce dernier rentier : «  Droits seigneuriaux dus au prieuré selon qu'ils ont été extraits du rentier général... au mois d'août 1492 ».«  Item la neuvaine de tout ce qu'une personne déposera en allant le viage des Sept-Saints de Bretagne » (ces deux derniers mots rayés). Et en marge : « C'est une fontaine qui jadis était fort fréquentée de pèlerinage, laquelle est au fief de Logomand, située proche Treffédern. » Cette phrase démontre que, en 1622, les pèlerins ne visitaient plus la fontaine, en d'autres termes, que le pèlerinage avait cessé ; mais que le souvenir en restait encore en 1650. Mais la rature des deux mots de Bretagne nous fournit un autre renseignement. Quels sont l'auteur, la date, la cause de cette rature ? Voici, je pense, la réponse. Les mots les Sept-Saints de Bretaigne existent au rentier de 1622. Le copiste de 1650 a sous les yeux le rentier de 1492, il le copie exactement, puis il se ravise ; il se demande ce que veulent dire ces mots Sept-Saints de Bretaigne ; et ne trouvant pas la réponse, il efface les deux mots qui lui sont une énigme. Après lui d'autres ne seront pas mieux instruits ; et aujourd'hui nous pouvons voir dans la chapelle de Kermaria-an-hent un vieux tableau représentant sept saints, mais pas nos Sept-Saints bretons. Toutefois le souvenir des Sept-Saints de Bretagne, perdu à Locamand, restait vivant ailleurs. A la fin du XVIIe siècle, nous l'avons vu par le témoignage du P. Maunoir; et il faut rapprocher de ce témoignage celui du P. Champion que nous allons donner en entier, et une séquence imprimée au propre de Quimper, en 1702, que nous donnerons ensuite. En 1683, les Bollandistes trouvant dans les actes de saint Yves la mention des Sept-Saints de Bretagne et de leur pèlerinage, interrogèrent le savant P. Champion, jésuite breton résidant à Brest. Ils demandaient -on le voit par la réponse : -Quels sont les Sept-Saints de Bretagne ? Où étaient-ils honorés ? Que fut leur pèlerinage ? Saint Yves l'a-t-il accompli ? Les Sept-Saints ont-ils un jour de fête et quel jour de l'année ? Le P. Champion répondit en donnant les noms des Sept-Saints que nous connaissons, et il ajouta : «  La piété de nos pères a consacré çà et là en Bretagne plusieurs autels et quelques chapelles ; -au nombre de ces sanctuaires est la principale église de la ville de Brest aujourd'hui paroissiale, autrefois seulement chapelle ; -un pèlerinage célèbre et fréquenté surtout au temps de saint Yves se faisait aux sept cathédrales des villes dont ils (les Sept-Saints) furent évoques ; -en ces églises ou en quelqu'autre lieu, les Sept-Saints ont-ils une fête collective et a quel jour de l'année? C'est ce que je n'ai pu savoir. » Les Bollandistes se sont, à ce qu'il paraît, contentés de ces réponses si peu précises. A leur place nous aurions voulu en savoir plus long ; et combien il aurait été facile au P. Champion de les renseigner ! Que ne lui ont-ils adresse cette requête : « Ecrivez en chaque diocèse : chacun vous donnera la liste des autels des Sept-Saints et des chapelles qui leur sont consacrées : et chacun vous dira si dans ses limites il y a une fête des Sept-Saints et quel jour elle est célébrée. » Nous avons essayé de faire l'enquête que le P. champion a négligée. Mais deux cents ans après lui, c'est trop lard ! Jusqu'à ce moment le résultat de cette enquête est presque nul. Ainsi nous n'avons a vous signaler qu'un seul autel des Sept-Saints élevé dans une cathédrale: c'est celui de Quimper que nous connaissions déjà. Quant aux chapelles des Sept-Saints semées par la Bretagne, nous en signalerons seulement neuf -dont quatre sont aà l'état de souvenir : leurs ruines mêmes ont péri. Pour l'office spécial des Sept-Saints, leur fête a un jour de l'année, nous ne les trouvons nulle part, pas même à Quimper. Le propre de Quimper, imprimé après la mort du P. Champion, ne contient pas cet office. Si l'église de Quimper n'avait pas d'office propre, à plus forte raison les six autres églises qui n'avaient pas d'autel des Sept-Saints. Mais si la fête des Sept-Saints n'était pas célébrée dans les églises principales du pèlerinage qui n'avaient pas le vocable des Sept-Saints, ne l'était-elle pas en quelques chapelles portant ce vocable? On ne comprend guère en Bretagne une chapelle rurale sans pardon; et une chapelle des Sept-Saints n'avait-elle pas un jour consacré à la fête patronale et collective des Sept-Saints ? La question reste sans réponse. Mais nous avons la preuve que dans la cathédrale de Quimper les Sept-Saints qui y avaient un autel n'y avaient pas d'office propre. Nom sommes assurés du fait par le propre même du diocèse, imprimé en 1702, et dans lequel se trouve, à l'office de saint Corentin, la séquence a laquelle nous avons fait allusion. Elle commence ainsi :

 

Septem Sanctos veneremur

Et in illis admiremur

Septiformam gratiam :

Qui perversos converterunt,

Qui repleti repleverunt

Dogmate Britanniam...

llis praefulsit Corentinus,

Quem Paternus, Maclovius

Dùm hic locus visitatur

Admirantur nimium.


 

Vénérons les Sept-Saints

et admirons en eux

les sept dons de l'Esprit ;

ils ont converti les infidèles,

remplis de la science sacrée

ils en ont rempli la Bretagne...

A leur tête brille Corentin

que Patern et Malo

le visitant en ce lieu même

admirent sans réserve.

 

Pendant que l'église de Quimper chantait au dernier siècle saint Corentin et les six autres Saints de Bretagne, la cathédrale perdait l'ancien autel des Sept-Saints ; il a subsisté jusqu'aux sacrilèges dévastations de la fin du siècle. L'hymne ne se chante plus. L'autel a disparu ; seul le dais qui le couronnait en marque la place au pilier droit de l'entrée du choeur. Les Sept-Saints sont peints au retable de l'autel de Notre-Dame de la Victoire,dans la chapelle absidale. Souvenir qui ne remplace pas l'autel ! Si Je suis bien informé, c'est la seule image collective des Sept-Saints qui reste dans les sept églises, stations et buts du célèbre pèlerinage. D'après notes laissées par J. Trévédy : Les Sept-Saints de Bretagne et leur pèlerinage.

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 14:02

Il est permis de penser que, avant les guerres, au temps de saint Yves, l'affluence était autre ; et, pour notre part, nous croyons le P. Champion bien informé quand il date la grande vogue du pèlerinage du temps de saint Yves. Nous aurons bientôt la preuve que la décadence était assez accentuée avant 1421. Mais auparavant, suivons le plus illustre pèlerin dont l'histoire nous dise le nom. Malade de la rougeole à Rennes, en mal 1419, Jean V avait promis le voyage des Sept-Saints. Il accomplit ce voeu au premier temporal, celui de saint Michel. Les dates d'actes authentiques, lettres et mandements signés par le duc vont nous renseigner sur son itinéraire. Jean V êtait « à son châtel d'Auray » le 21 septembre.

 

 

"Chastel d'Auray "

(document Wikipedia)

 

 

C'est quelques jours après qu'ayant visité saint Patern, il partit à pied avec son fidèle amiral de Penhoët : il se dirigea sur Dol et Saint-Malo; le 22 octobre, il est à Dinan : il y séjourne et aussi en son château de Jugon où il est encore le 29 octobre ; le 15 novembre, il est à Saint-Pol-de-Léon ; et c'est seulement un acte du 9 décembre qui nous apprend son retour à Vannes. Nous ne disons pas que le 9 décembre soit le jour de son arrivée ; il suffit de remarquer que le jour où le duc arriva à Dinan (22 octobre), le mois du temporal était passé ; et il restait à faire les deux tiers du chemin : le pèlerinage commencé avant la Saint-Michel a excédé de beaucoup le temporal, puisqu'il a duré deux mois jusqu'à l'arrivée du duc à Saint-Pol. Cest que le duc séjournait de proche en proche et s'écartait de la route par exemple quand il allait à son château de Jugon ; et il s'occupait, comme en ses fréquents voyages, des affaires de l'Etat et de celles de la justice, qui lui tenaient tant à coeur. Un acte du cartulaire de l'église de Quimper, daté de 1421, nous apprend que deux temporaux ont été supprimés ; mais II ne nous dit pas depuis quelle époque et quels temporaux subsistaient. D'après ce que nous venons de dire, on ne peut guère douter que le temporal de Noël si peu suivi ne fût un des supprimés, et que le temporal de la Saint-Michel, le plus suivi de tous, ne fût conservé. Pourtant plus de soixante ans après cette date, en 1492, les pèlerins étaient encore assez nombreux pour que « la neuvaine » des offrandes laissées par eux au trône de la fontaine de Kermaria-an-hent, méritât de figurer au rentier d'un prieuré voisin, celui de Locamaud (commune de Fouesnant n'avons pas le rentier de 1492, mais seulement deux rentiers de 1622 et 1650 qui mentionnent celui de 1492 et l'usage pour les pèlerins de visiter la fontaine et d'y laisser une offrande. -Nous reviendrons sur ces mentions. On a dit que cent ans plus tard, un bien autre changement avait été apporté au pèlerinage : la liste des Saints de Bretagne aurait été modifiée: Saint Pierre et saint Guillaume, évéque de Saint-Brieuc, y auraient été introduits, en place de saint Corentin et saint Patern ; les pèlerins, au lieu de visiter Quimper et Vannes, auraient eu à dédoubler leur station de Saint-Brieuc et à visiter Nantes ; en sorte que les stations principales du pèlerinage auraient été désormais Saint-Pol, Tréguier, Saint-Brieuc comptant pour deux, Saint-Malo, Dol, Nantes. L'expression tour de Bretagne n'est plus exacte. Le 11 avril 1518, Nicolas Coetanlem, riche armateur de Morlaix, dictait son testament qui fut rédigé en latin. Il léguait de grosses sommes à diverses personnes et à de nombreuses églises de Bretagne, France, Allemagne et Espagne, notamment à Saint-Jacques en Galice, enfin aux Sept-Saints de Bretagne. Voici la traduction du legs fait aux Sept-Saints: «  Aux Sept-Saints de Bretagne ; sçaroir à M. saint Pierre de Nantes, à M. saint Paul, à M. saint Tugdual, à M. saint Guillaume de Saint-Brieuo: à M. saint Samson, à M. saint Brieuc, à M. saint Malo, à chacun d'eux un ecu porté et faire le tour ainsi que l'on est accoutumé par le dit testateur ou par quelque autre, au nom du dit testateur et en ses dépens. » Ainsi Coetanlem ordonne un pèlerinage aux sept églises des saints qu'il nomme et l'offrande d'un écu à chaque église. Mais, quoiqu'il dise que l'on est accoutumé de faire ainsi le tour, nous ne pouvons croire que saint Pierre ait jamais pu être pris pour un des saints que le testateur lui-même nomme les Sept-Saints de Bretagne : Ne peut-on pas supposer une confusion entre le nom latin de Pierre et celui de Patern ? D'autre part, le vieil armateur et marin était-il si bien instruit des noms des saints bretons qu'il n'ait pu faire erreur en nommant Guillaume au lieu de Corentin ? Quelle apparence que la route de Quimper fût abandonnée, et que les Cornouaillais renonçant à fêter le fondateur de l'évêché de Cornouaille reconnussent deux des Sept-Saints, c'est-à-dire deux fondateurs à l'évêché de Saint-Brieuc ? D'après notes laissées par J. Trévédy : Les Sept-Saints de Bretagne et leur pèlerinage.

 

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 04:22

A Saint Suliac, on faisait en octobre des neuvaines (prières) pour la fièvre. Ce saint protégeait aussi les animaux des épizooties (région plus ou moins vaste, touchée par une épidémie).


 

Sainte-Blanche guérissait du mal blanc, sorte de pourriture des doigts. Une chapelle située à Saint-Cast et dédicacée à Sainte-Blanche attirait des pèlerins venus d'assez loin.

 

 

 

 

Chapelle Sainte-Blanche à Saint-Cast


 

A la Saint-Denis,

Tout soitier s'allie ;

 

A la Saint Simon,

Faut mett' en limon (brancard)


 

Les soitiers étaient les petits paysans qui s'associaient pour les labours


 

A la Saint-Denis,

Il y va le père et le fils ;

 

A la Saint Simon,

La mère et la fille y vont


 

Le jour de la Saint-Crépin, patron des cordonniers, ceux-ci, dans les petites villes faisaient dire une grand'messe, suivie d'un repas fait avec l'argent collecté le reste de l'année.


 

Le jour de Saint-Crépin ,

Mon ami,

 

Les cordonniers se frisent

Pour aller voir Catin

 

Qu'à brûlé sa chemise


 

Octobre à ta fin,

J'avons la Toussaint au matin.


 

Quand octobre prend fin,

La Toussaint est au matin.


 

Quand octobre prend fin,

Onze jours après j'avons la Saint-Martin.

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 07:07

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 06:20

VI.-Le pèlerinage après saint Yves.


 

Nous nous sommes arrêtes au temps de la canonisation de saint Yves (1330), dix ans avant le commencement des guerres de la succession de Bretagne (1311). La guerre et l'occupation anglaise n'allaient pas interrompre le pèlerinage. Nous avons la preuve de ce fait par ce qui nous est appris de Vannes la ville épiscopale la plus exposée à la guerre. Les Anglais la tenaient et avaient transformé en forteresse l'église Saint-Patern, située hors des murs ; l'entrée de la ville close et celle de l'église étaient interdites ; mais les reliques de saint Patern étaient exposées sous le porche, sur une tombe,dans le cimetière ou dans une chapelle voisine ; les pèlerins arrivaient dans le faubourg les cierges allumés et pouvaient accomplirent toute liberté leurs actes de dévotion. Cette tolérance s'explique: les Anglais étaient catholiques comme les Bretons; et leur foi commune était un lien et un gage de paix religieuse entre les adversaires. Mais cette paix, garantie à Vannes par un capitaine anglais, était-elle assurée sur les routes, continuellement sillonnées par des partis pillards aux ordres de chefs subalternes, ou manquant d'autorité, ou non moins pillards que leurs soldats ? Comment croire que pendant ces lugubres années le nombre des pèlerins n'eût pas diminué ? Qu'après la paix, le pèlerinage ait repris faveur, ce n'est pas douteux : mais fut-il aussi fréquenté qu'avant les guerres ? Nous osons en douter. Les exactions des Anglais, succédant aux ravages de la guerre, épuisaient la Bretagne; et il lui fallait des années pour recouvrer et l'aisance ancienne et un parfait repos. On a dit pourtant et on a essayé de démontrer que, à la fin du XIVe siècle, il y eut grande affluence de pèlerins. Ce mot ne dit rien, il faut un chiffre. On l'a donné: trente à trente-cinq mille ! On a cru pouvoir déduire ce chiffre de la somme des offrandes laissées au tronc de saint Patern dont un compte est conservé à Vannes.

 

 

 

 

 

Le total s'éleva & 100 livres, qu'on a évaluées à huit ou neuf mille francs de notre monnaie; mais que selon une évaluation plus exacte, il faut réduire à environ 5.500 fr. ou 6.000 francs. La modicité des offrandes des pèlerins, pauvres en grand nombre, est attestée par une enquête faite à Vannes en 1400, 1401,1402. Les témoins sont notamment des chanoines et des curés des environs,qui ont fait le pèlerinage et rendent compte fidèle de ce qu'ils ont vu. Or, ils disent que nombre de pèlerins pauvres ne déposaient en chaque tronc qu'un denier ou même une obole, c'est-à-dire la moitié ou le quart d'un denier. C'est du chiffre des oblations, et après avoir constate la modicité des offrandes du plus grand nombre, que l'abbé Luco a déduit le chiffre do trente ou trente-cinq mille pèlerins. La réduction des offrandes de 9.000 ou même 8.000 à 5.500 ou 6.000 francs, ne me porterait pas à abaisser le chiffre des pèlerins: du reste, je le donne sans en prendre la responsabilité. Je ferai seulement remarquer que la population de la Bretagne d'alors ne pouvait atteindre un million. Encore les deux évêchés de Rennes et de Nantes, qui comptaient pour plus du tiers, n'étaient pas représentés au pèlerinage; il reste donc environ 000.000 âmes pour les sept évêchés : 30000 c'est le vingtième; 35.000 c'est le dix-septième de la population totale. Comptez pour on tiers seulement les vieillards, les infirmes, les enfants : 30 et 35.000 seront le treizième et le onzième de la population valide… N'est-ce pas beaucoup pour l'époque à laquelle nous reporte le compte de saint Patern ? D'après notes laissées par J. Trévédy : Les Sept-Saints de Bretagne et leur pèlerinage.

 

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