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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 18:21

 

 

Langouhèdre.

 

Il semblerait qu'il y ait eu une activité à Langouhèdre dès l'âge de Bronze, il y a environ  3000 ans. La découverte de nombreux types de haches aux alentours de la Moussaye *, remontant à cette période et cette découverte effectuée ici à Langouhèdre : un moule en pierre. Selon Harmois ce moule était destiné à la fabrication d'objets de bronze, et l'hypothèse selon laquelle ici à Langouhèdre il y ait eu un atelier destiné à la fabrication d'objets de bronze est crédibilisée avec pareille découverte.

 

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Plénée-Jugon, canton de Jugon, arrondissement de Dinan, à la Moussaye. -Plus de 100 grands coins; fin du larnaudien.

 

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Une partie des découvertes de la Moussaye au cours du XIXe siècle

 

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couvertes effectuées récemment sur Plénée-Jugon

 

J. Gaultier du Mottay et Ogée considéraient que la voie antique reliant la civitas Coriosolite de Fanum Martis -alias Corseul, à la civitas des Vénètes de Darioritum -alias Vannes, traversait la localités de Plénée-Jugon par Langouhèdre, où quelques fragments étaient encore visibles en coupe de fossé en 1869. Le chemin pavé qui passait via les actuels territoires de Lamballe, Plestan, Tramain, Plestan, Plénée, Dolo, Sévignac, Trémeur.....s'étirait semble-t-il via Langouhèdre. Frotier de la Messelière considérait lui même que Langouhèdre était un des carrefours de voies antiques qui sillonnaient l'Armorique sous l'occupation romaine.

 

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Plan dressé par Frottier de la Messelière

 

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Amorce du chemin de l'étrat, à gauche : la Mare Pillet 

 

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Le chemin de l'étrat au niveau de la Ville-Josse

 

L'amorce de la route conduisant à la Ville-Josse, à partir du tracet de l'ancienne nationale 12 nous conduit sur l'ancienne voie romaine dite aussi chemin de l'étrat. D'après ce plan, achevé en 1857, quelques hameaux bordant ce tracet ont révélé un riche passé. Au n° 1 les hameaux  la Ville Josse, de la Mare-Pillet, et de l'Abbaye. A la Mare-Pillet, en 1861, furent découvertes ces plaques de schiste ornant les thermes d'une villa. Récemment, en travaillant dans son champs proche de ce lieu dit l'abbaye, un agriculteur découvrit les restes d'une autre plaque, déjà en 1989 une plaque de schiste sculptée portant une tête d'homme et une faux fut mise à jour par un fermier au village de l'Abbaye. Des tegulae, des imbrices et des fragments de poterie y avaient été découverts la même année.

 

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La découverte de 1861

 

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Découvertes récentes, anse de poterie, plaque de shiste, poterie....

 

 

Au n°2, au lieu dit les Fontenelles, ont été aussi découverts des tegulae et des fragments de poterie sigillée

 

 

Langouhèdre doit sans nul doute son nom à la forme ancienne -«llan» dans le sens de   monastère. Certains «lan» furent fondés avant les plous ces paroisses auxquelles ils furent ensuite rattachés. Ainsi celui qui fait l'objet de notre étude allait être rattaché à la très vaste paroisse primitive bretonne de Plénée administrée par un machtiern, territoire qui englobait très certainement, une partie de Penguily, Le Gouray, Tramain, Saint Igneuc, Jugon jusqu'à l'Arguenon, Dolo, jusqu'à la Rieule. L'ancienne forme de Langoulhedre que l'on découvre en 1419 ou celle de Langouedre en  1535  ne permettent pas de savoir qui fut celui auquel est dédicacé ce lieu; sans doute à un évangéliste qui vécut au cours du Haut Moyen Âge, c'est à dire lors de l'arrivée des Bretons dans notre contrée -du IVe au XIe siècle.  

 

 

Acte émanant des chartes de l'abbaye de Boquen en date de l'an 1353.

 

Le recort Eon du Margarou, Geffroi Rabate, Raoul Gonnart, Jehan Durant, et Guillaume Gonnart, sur le debat esmeu et pendant entre les Religious de Boquian, d'une partie, et Guillaume de Langouhèdre , d'aultre, tant sur le debat des rentes du Leseu que d'aucunes rentes qui estaent en main de court, l'on doit esdiz religious sur le fé du Léseu, 2 s. 6 d. de taille de brief, de quoy Raoul Gonnart et Guillaume son frere doivent 7 d. ob.. Guillaume de Langouhedre et Olivier Gouret, 7 d. ob.par meitié; Pierre Paumier, 4 d. ob; Guillaume Foutelay, 3 d.; item Guillaume du Margarou, sur les pieces de cel feage 4 d.o.;item recordent que comme ils se sont peux miels enfourmer 6 d. de chieve de rente qui demeurent à paer sur la dicte ville de la somme de 2 s.6 d. de chieve rente esdiz religious demeurent et sont deuz sur certains sellons, lesquels sellons Robert du Margarou bailla a Ferchant . De droit le debat des ventes recordent que le fe es Lonmans qui fut des Rabatez dont les ventes qui sont en garde de court sont essues et tenu d'iceux religious et de Guillou de Lang(h)ouedre par meitié et que ce que les bans et les ventes se deyvent partir et passer par meitié entre eux, lesquelles parties cest assavoir lesdiz religious par Hamon Machefer lour procurour et ledit Guillaume en sa personne sasentirent et vendrent contenu a lours diz recors et le jurerent. Feit le samedi apres la feste du Sacrement, l'an mil trois cenz quarante et un. (Original aux Archives des Côtes du Nord.--Copie de 1353). En 1341, enquête fut ouverte au sujet d'un procès entre Guillaume de Langouhèdre et Boquen      

     

 

Lors de la Réformation des fouages, apparaissent un certain nombre de personnages mentionnés au hameau de Langouhèdre ce 10 juillet 1427 : (d'après l'ouvrage de Eric Lorant et Jérôme Floury -Montres générales et réformations des fouages de Bretagne aux XVe & XVIe siècles)

 

Jehan Hercouët

Guillaume Coestel

Les filles Hamon Brevint

Guillaume Le Fevre & son fils *

Guillaume Chaugnon

La déguerpie (veuve) Olivier Hagomar & ses enfants

Eon Caquant

Roland Morel & son fils, deux mariages

Guillaume Hercouet

Noël Colas

Johan Thebault

Johan Sauvaget

Guillaume Botherel, sergent de messire Alain de la Soraye

Guillaume Le Quiet, sergent Margaro

Guillaume Hercondeaulx, sergent d'Olivier de La Bouesne

Robert Calnaz

La déguerpie Rotel

Geffroy Briend

 

La plupart   d'entre eux se  disaient nobles,  afin d'échapper à  l'impôt, mais la plupart furent déboutés, car ne pouvant fournir les preuves d'une noblesse authentique. Beaucoup exerçaient des charges au sein des juridictions seigneuriale

 

* La famille Lefebvre était encore présente à Langouhèdre en 1669 où elle était représentée par Pierre Lefebvre, l'un des six auditeurs des comptes de la paroisse de "Plenest". En avril 1703, Pierre Lefebvre, alors trésorier de la paroisse fut désigné par lettres patentes du Gouverneur de Bretagne : syndic perpétuel

 

 

          

 

     Langouhèdre, en violet le manoir du Margaro et ses dépendances

                 en bleu le relais de poste et la maréchaussée

 

Parmi ces seigneuries, figurait celle, longtemps aux mains de cette maison issue dudit lieu le Margaro alors situé au quartier de Rouillac, en la paroisse de Sévignac. Elle arborait pour armoiries le blason «d'azur à trois coquilles d'argent» et disposait ici à Langouhèdre d'un manoir, d'un colombier, preuve d'une noblesse de « toute antiquité » ainsi que des  bans  seigneuriaux comme le prouve la présence du moulin aujourd'hui disparu dit   Margaro  ainsi que d'une chapelle pareillement disparue. Un clos porte encore le nom de Clos de la Chapelle. Les bâtiments qui constituaient l''ancienne seigneurie furent dans nul doute séparés lorsque fut percée la route royale conduisant de Paris à Brest dans la seconde moitié du XVIIIe siècle (voir La construction des grands chemins et le personnel des Ponts par J. Letaconnoux, page n° 1

 

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La famille du Margaro est connue à partir de Robertus de Margarou cité en 1263 dans  une charte de Boquen, et Jamet, sénéchal de Jugon en 1370. Un certain Guilllaume du Margaro est cité en 1416 & 1428 comme possédant la terre du Margaro, sans doute s’agit-il du fils de Jamet. Marié à Plossette de Bréhan, il fonda le 20 septembre 1416 la  léproserie St-Armel de Sévignac. «Cappela sancte Catherine in hospitali de Sevignac domini de Margaro… ». Egalement titré seigneur de Langouhèdre, écuyer Guillaume du Margaro, figure parmi les gens d'armes de Monseigneur le comte de Richemont en date du 6 octobre 1424. Le 14 mars 1536, « La maison et métairie noble de Langouhedre appartient à Claude du Margaro, sieur dudit lieu, noble homme ».  (voir Mandements du duc Jean V de Bretagne touchant la réparation du château de Jugon et des dons de terres à Guillaume du Margaro, renseignement sur le nombre de feux à Brusvily)

 

 

En 1883-84, était encore visible à Langouhèdre un auditoire de justice du XVe siècle presque en ruines; sa fenêtre portait un linteau en accolade et un appui en corniche décoré de losanges ; dans le pignon sud, et dominant la grande route, une meurtrière creusée dans une seule pierre de granit s'élargissait en rond dans sa partie inférieure. (Mémoires de la Société archéologique et historique des Côtes-du-Nord). Ci dessous, plan de Langouhèdre d'après Frotier de La Messelière  

 

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L'arrêt du parlement de Bretagne touchant l'érection de la baronnie en marquisat en date du 25 septembre 1615 évoque le possesseur de cette terre : Messire Amaury Goyon. On apprend que ledit baron « unist, joint et incorpore les chastellainyes de Lanjourdre et de la Vieuville ». Ainsi l'ancienne terre des du Margaro tomba aux mains des puissants marquis de la Moussaye. Certes au cours du XVe siècle, une certaine Olive du Margaro avait   épousé Guillaume II de la Moussaye, mais cependant, ce n'est pas cette alliance qui  donna au possesseurs de la Moussaye, le domaine fit sans doute l'objet d'une acquisition  par les Gouyon de La Moussaye.

 

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Une partie de l'ancien manoir du Margaro à Langouhèdre

 

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détails du premier endroit

 

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Seconde bâtisse : ouverture XVIIe dont une porte cintrée avec double rangée de claveaux, avec vaisselier en pierre. Ci dessous le même lieu côté rue    

 

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Ancien four

 

A travers les titres de La Moussaye, il est mention des privilèges dont disposaient les possesseurs de ce marquisat : -extrait « ….auquel bourg (de Plénée) se tient tous les jours de samedy, le marché ordinaire, aveq quatre foires et assemblées, sçavoir deux audIt bourg de Plénest, sçavoir deux audit bourg de Langouhèdre *... » La foire a disparu dans la première moitié du XXe siècle, quelques témoins se souviennent : les vaches étaient exposées près de l'intersection menant à la Villeneuve, dans le haut de Langouhèdre...Au cours du XIXe siècle, deux foires furent maintenues à Langouhèdre : la première avait lieu le 9 mai, la seconde le 1er décembre; le 9 mars 1875 eut lieu une foire chevaline : chevaux entiers et juments de poste, de trait léger et de gros trait. 

 

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Les Vieilles-Courts  

 

Les Vieilles-Courts, près de laquelle passait jadis la diligence desservant le relais de poste  de Langouhèdre. Effectivement  le village disposait d'un relais de poste où faisaient halte les diligences transportant des voyageurs. Le premier maître de poste de Langouhèdre nommé par Louis XIV en 1737 fut Pierre Le Pinthier. Cependant le problème résulte en ce fait que ledit relais ne dispose d'aucun équipement : pas de logement commode si ce n'est qu'un petit cabaret où le dit Le Pinthier exerçait jusqu'à lors. On envisagea un temps de supprimer le relais mais l'intendant de Bretagne s'y opposa fermement et il fut demandé aux paroisses alentours de participer aux frais de fonctionnement. Christophe Le Camus, originaire du Gouray fut désigné pour exercer cette charge; il s'éteignit le 6 octobre 1754 à Plénée. Gilbert Noël dans sa remarquable biographie consacrée à Plénée-Jugon, évoque les autres maîtres de postes de Langouhèdre : Roger Joullain jusqu'en 1757; Louis Clément jusqu'en décembre 1758....

 

Nombre de problèmes surgissaient, ainsi en 1754, Roger Joullain  considérant que les locaux étaient insuffisants, demanda en vain le transfert de la poste à La Mare Pillet, ce qui lui fut refusé. Louis Clément lui même fut épuisé pour approvisionner ses chevaux, équipages et fourages. Il abandonna son poste ! Un postulant du nom de Jacques Le Hérissé de Lamballe possédant 13 chevaux, cherchait à prendre l'auberge de la Croix-Verte  tenue par Julien Joublet cabaretier, mais il abandonna tout espoir de reprise. Julien Joublet aurait dû prendre la relève, mais il n'obtint pas le brevet de maîtrise.

 

 

 La mention  du cabaret de Langouhèdre nous fait penser à ce drame qui se joua en un cabaret du même hameau :

 

 

....Au tablier du greffe de la juridiction du marquisat de la Moussaye, Jean Roussel revenant le 23 octobre dernier de Lamballe, avec son harnois, de conduire les bagages de la troupe de soldats, qui passa le jour précédent entra au passage de Langouhèdre, chez un hôte débitant boire une bouteille de cidre, y trouva Louis Le Feuvre; sans aucune dispute; celui-ci prit une pelle à feu et lui en dégagea un coup sur la tête au côté gauche du visage dont il lui creva l'os du crâne, de laquelle opération ledit Jean Roussel est décédé le sept de ce mois. Nicolas Goudelin, avocat au parlement se transporte à cheval au cimetière de Broons, accompagné de deux chirurgiens; il se fait indiquer par le recteur et le fossoyeur le lieu où a été inhumé Roussel, serment préalablement prêté; fait procéder à l'exhumation et enlever le suaire; les témoins disent le reconnaître. Les chirurgiens font l'autopsie et on inhume de nouveau le cadavre; "fait et conclu à la porte de l'église paroissiale dudit Broons, 12 novembre 1774."

 

 

Au cours du  XVIIIe siècle,  Langouhèdre disposait aussi d'une maréchaussée regroupant une brigade de  gendarmerie à   cheval, mais le bail expirant à la date du 30 septembre 1889, la brigade fut alors transférée au bourg de Plénée. Dans un rapport datant du 15 septembre 1871, MM. le commandant de gendarmerie, le sous-préfet et le procureur de la répubique de l'arrondissement de Dinan   demandait  son transfert à Plélan le Petit. En 1881, sont mentionnés présents Jean-Marie Hascoët, 36 ans, brigadier en chef; Jérôme Hascoët, 29 ans, gendarme:  François Le Maigat, 27 ans, gendarme: Jean-Marie Ollivier, 35 ans, gendarme; Jean-François Richard, 40 ans, gendarme 

 

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Corps de bâtiments qui hébergea le relais de poste et la maréchaussée

 

...La route offre plusieurs montées et descentes, et parcourt un pays fertile  qui se prolonge jusqu'au relais de Langouhèdre, au delà duquel une pénible côte d'où l'on aperçoit le château de la Villeneuve -Guide pittoresque des voyageurs, 1838   

 

 

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L'accès de l'ancien moulin

 

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Vue générale de Langouhèdre 

       

 

Quand on évoque Langouhèdre, on pense bien évidemment à cette voie qui traverse l'important village.

Cette route était en réalité appelée à ses origines le Grand Chemin. Depuis de nombreuses années des travaux avaient été envisagés afin de rendre plus aisée la pénétration de notre province, assez mal desservie au XVIème siècle. Sous le duc de Chaulnes, gouverneur de Bretagne de 1669 à 1694, la question des grands chemins était déjà une préoccupation, Jouvin de Rochefort qui voyagea en 1672 dans notre contrée, constata que le grand chemin était déjà très fréquenté. Il est vrai que Rennes était alors le centre administratif de la Bretagne, et que cette ville hébergeait le Parlement, ainsi que nombre de tribunaux et d’hôtels particuliers. Evoquant les environs, Jouvin de Rochefort indique que la route de Broons à Rennes était peu sûre, les bandits des grands chemins y sévissaient, ses notes indiquent qu’à partir de Plestan, on consommait déjà ici du cidre, et qu’à hauteur de la Motte Broons on y voyait «dans un grand marais les ruines du château dont les murailles font assez paroître qu’il étoit presqu’imprenable ». On franchissait la rivière Rosette sur un pont minuscule car la chaussée était encore au niveau des prairies, enfin, l’entretien de ce chemin était financé par cette survivance féodale appelée corvée et par les péages et barrières disposés ici & là afin de taxer les transports de marchandise. Au dix huitième siècle, de vastes travaux furent entrepris en matière de voirie. Il n’y avait guère jusqu’en 1753 que 80 lieues de chemins à peu près convenables, le duc d’Aiguillon, gouverneur de Bretagne jusqu’en 1768 publia un règlement afin de déterminer la forme et la largeur et le mode de construction des routes, ce qui ne manqua pas de provoquer le mécontentement des Etas de Bretagne qui s’insurgèrent contre un tel empiètement à leurs privilèges. L’entretien de cette voirie royale incombait à chaque général de paroisse qui devait désigner parmi la population active des individus requis le temps nécessaire à cette tâche. Nombre de paysans se rebellèrent contre pareille décision qui les handicapaient surtout durant les travaux des champs ou la moisson. De plus, les paroisses étant sollicitées financièrement, nombre de récriminations se produisirent entre elles, en 1772, les habitants de Plénée écrivaient : « …Pourquoi il est nécessaire que cette part de route soit réparée et pour y parvenir plus aisément, comme aussi pour que l’entretien en soit plus commode sur lesdits revers de pavés qui servirait de plafond, ce qui rendra cette chaussée d’autant plus solide et moins coûteuse à faire et attendu que cette partie de route se trouve dans la tâche de la paroisse de Sévignac… » Les Etats de Bretagne obtinrent finalement en 1785 pleine et entière administration des grands chemins. La route de Lamballe se signalait alors par son état de dégradation.  surtout aux environs de Langouhèdre où se trouvait un premier relais de poste tandis que Broons en hébergeait un deuxième. Pour l'entretien de ce grand chemin, Plénée fournissait 45 hommes, et en 1755 selon Gilbert Noël, à Plénée avait échu la réfection de 1852 toises de route, dont "à la sortie du pavé de Langouhèdre 812 toises jusqu'au Haut-Temple". De 1760 à 1768 poursuit notre auteur, les travaux de réflexions et de construction se poursuivirent.

 

 

Quelques actes de décès

 

 

Janne Talva, «Langouhedre», inhumée le 24 juillet 1640

Julien Lucas, «Langouhèdre», inhumée le 16 septembre 1654

Françoys Collas, «Langouhèdre», fils de Tanguy, inhumé le 3 décembre 1654

Julienne Collas, «Langouhèdre», « enfans de Pierre », inhumée le 19 février 1657

Françoise Talva, « Langouhedre », enfant de Pierre, inhumée le 21 février 1657

Pierre Cillas, «Langouhèdre», fils de Pierre, inhumé le 7 mars 1657

Louis Bouvet, « Langouhedre », fils de Jan, inhumé le 12 mars 1657

Jeanne Collas « enfans-Langouhedre », inhumée le 3 avril 1657

Jacquemine Davi, «Les Marres» et «Langouhèdre», inhumée le 20 mars 1657

Jeanne Henry, enfant de Jean, inhumée le 4 août 1657

Alain Crestel, « s'estant fortuitement noyé par la grandeur des eaux au pont qui est au dessousdu moulin de Langouhedre », inhumé le 1er décembre 1657

Pierre Talva, « Langouhedre », mort d'un coup de pierre, inhumé le 23 décembre 1658

Guillemette Morin, « Langouhedre », 70 ans, inhumée le 16 novembre 1669

Gilles Hureau -meunier au moulin du Margaro, décédé à Langouhedre chez Antoine

Tardivet, inhumé le 8 avril 1670

Pierre Davy, «Langouhèdre», 60 ans, fils de Thomas et de Julienne Gesret, inhumé le 3

février 1671

Renée Lefeuvre, «Langouhèdre», 31 anis, épouse de Françoys Talva, inhumée le 31 août

1672

Hélène Sentier « Langouhedre », 17 ans, fille de Pierre, inhumée le 19 juillet 1674

Olive Bouver, « Langouhedre », 75 ans, inhumée le 14 novembre 1674

Mathurin Massé, « Langouhedre », inhumé le 19 janvier 1679

Jean Cornière, «Langouhèdre», inhumé le 3 mars 1679

Thomas Davy, «Langouhèdre», i60 ans, inhumé le 4 novembre 1679

Françoise Regnault, « Langouhedre », 50 ans, veuve de Bertrand Coribière, inhumée le

16 janvier 1680

Gilles Massé, «Langouhèdre», fils d'Olivier et Cyprienne Chastaignier, inhumée le 6

octobre 1680

Pierre Collas, 50 ans, «Langouhèdre», inhumé le 20 novembre 1680

Jean Henry, âgé de 60 ans, «Langouhèdre», époux de Guyonne Collas, inhumé le 22

février 1683

Pétronille Cadet, «Langouhèdre», 4 à 5 mois, inhumée le 10 mars 1686

Georges Lecompte, «Langouhèdre», 60 ans, époux de Françoise Riasse, inhumé le 20

août 1688

Françoys Morel, «Langouhèdre», 62 ans, époux de Anne Durand inhumé le 23 janvier

1690

Laurence Henry, «Langouhèdre», 80 ans, épouse Audren, inhumée le 14 novembre 1693

Gilles Morel, «Langouhèdre», 70 ans, inhumé le 29 novembre 1697

Anthoine Tardivel, «Langouhèdre», 80 ans, inhumé le 24 octobre 1698

Olivier Macé, «Langouhèdre», 45 ans, inhumé le 5 mars 1699

Mathurin Macé, «Langouhèdre», 20 ans, couvreur en ardoise, inhumé le 20 février 1700

Janne Lecompte, «Langouhèdre», inhumé le 22 octobre 1700

Guillaume Lecompte, «Langouhèdre», 55 ans, inhumée le 22 novembre 1700

Julienne Audren, « Langouhedre », 44 ans, inhumée le 2 octobre 1702

Julienne Massé, «Langouhèdre», 55 ans, épouse Bouyère, inhumée le 27 janvier 1703

Françoise Talva, « Langouhedre », 22 ans, inhumée le 24 juillet 1707

Gillette Morel, «Langouhèdre», 50 ans, inhumée le 4 février 1707

Pierre Talva, « Langouhedre », 50 ans, inhumé le 12 mars 1707

Julien Lecompte, «Langouhèdre», 50 ans, époux de Jeanne Thomas, inhumé le 31 juillet

1719

François Soulain, « Langouhedre », inhumé le 30 mai 1750

René Lecomte, «Langouhèdre», 42 ans, inhumé le 12 septembre 1758

Jeanne Lefeuvre, «Langouhèdre», 1 mois, fille de Joseph et Renée Henry, inhumée le 28

janvier 1759

Gilette Periault, «Langouhèdre», 70 ans, veuve de Pierre Méheust, inhumée le 12

décembre 1761

Louis Clément, «Langouhèdre», 5 ans, fils de Louis et Pétronille Ferté, inhumé le18 février

1762

Louis Clément, «Langouhèdre», 52 ans, époux d'Anne Badoual, inhumée le 28 avril 1763

Jacquemine Guitton, 3 ans, «Langouhèdre», fille de Julien et de Jacquemine Badoual,

inhumée le 10 octobre 1763

Louise Bazin, «Langouhèdre», 3 ans, fille de François et Louise Lefeuvre, inhumée le 18

mars 1764

Mathurine Audren, « Langouhedre », 68 ans, veuve de Charles David, inhumée le 17

mars 1767

Marguerite Hery, «Langouhèdre», veuve de François Portier, inhumée le 20 avril 1767

Mathurin Maraboeuf, «Langouhèdre», 70 ans, époux de Françoise Houée, inhumé le 21

avril 1767

anonyme Rabasté, «Langouhèdre», fils de Guillume et Jacuemine Lemée, inhumé le 21

octobre 1770

François Collas, 1 jour, Langouhèdre», fils de Jacques et Françoise Berno, inhumé le 12

février 1771

Guillaume David, Langouhèdre», fils de Jean et Angélique Morfouasse, inhumé le 12 avril

1771

Louis Brousse, Langouhèdre»,35 ans, époux de Mathurine Plestan, inhumé le 2 avril 1772

Jeanne David, 7 mois, «Langouhèdre», fille de Charles et de Louise Lefeuvre, inhumée

le 18 septembre 1779

Julienne Talva, «Langouhedre», 50 ans, épouse de Jan Villeneuve, inhumée le 14

décembre 1779

Mathurine Cantin « Moulin du Margaro », 3 ans, fille de Thomas et de Louise Ollivier,

inhumée le 25 février 1780

Françoise Cantin « Moulin du Margaro », 2 ans, fille de Thomas et de Renée Droguet,

inhumée le 19 avril 1781

François Cantin «Margaro », 15 mois, fille de Thomas et de Renée Droguet, inhumé le

30 décembre 1782

François Rivière, « Langouhedre », 18 jours, fils de Julien et Louise Guitton, inhumé le 13

mai 1783

Jean Cantin « Moulin du Margaro », 30 ans, fils de Thomas et de Perrine Brousse,

inhumé le 14 mai 1783

Louis Deschamps, «Langouhèdre», 7 ans, fils de Louis et Anne Lefeuvre, inhumé le 15

juin 1783

François Lehérissé, «Langouhèdre», 7 ans, fils de Mathurin et Françoise Pringault, inhumé le 19 juin 1783

Jean Conseil, «Langouhèdre», 18 ans, fils de Jean et Marie Testa, inhumé le 2 juillet 1783

François Rondel « Langouhedre », 3 ans, fils de François et de Janne Renault, inhumé le

17 juillet 1783

Louise Bazin, «Langouhèdre», 3 ans, fille de François et Louise Lefeuvre inhumée le 23

janvier 1784

Jacques Mégret, «Langouhèdre», 36 ans, fils de Jacques et Mathurine Lefeuvre, inhumé

le 22 février 1785

René Asséré, «Langouhèdre», 17 ans, fils de René et Mathurine Hervé, inhumé le12 janvier 1786

Jan Mégret, «Langouhèdre», 4 jours, fils de Pierre et Janne Moisan, inhumé le 6 janvier

1787

Janne Talva, «Langouhedre», fille de Mathurin et Julienne Viilleneuve,inhumée le 8 janvier

1786

Perrine Conseil, «Langouhèdre», 2 ans, fille de Jean et Françoise Marabeuf, inhumée le

15 octobre 1789

François Pringault, « Langouhedre », 72 ans, veuf de Jacquemine Rouvrais, inhumé le 22

mai 1790

Françoise Rondel « Langouhedre », 3 ans, fille de François et de Janne Renault, inhumée

le 6 mai 1791

Julien Mégret, «Langouhèdre», 3 mois, fils de Pierre et Janne Moisan, inhumé le 13 janvier 1791

Mathurin Bazin, «Langouhèdre», 2 ans, fils de Mathurin et Yvonne Leroi, inhumé le 9

février 1792

Louis Mégret, «Langouhèdre», 5 ans, fils de Pierre et Janne Moisan, inhumé le 12 février

1792

Jacquemine Rondel « Langouhedre », 2 ans, fille de François et de Janne Renault, inhumée le 13 février 1792

 

Quand éclata la période révolutionaire, il semble qu'il y ait eu ici à Langouhèdre un club jacobin. Des gardes nationaux se fixèrent ici afin d'arrêter les déserteurs, ils étaient assistés par une  colonne mobile mise en place pour  combattre ces troupes de "chouans" dès le début de l'année 1800. Ces derniers surveillaient les abords du Grand Chemin qu'empruntait les diligences, en effet, celles ci transportaient le courrier, les voyageurs, mais aussi des caisses avec de grosses sommes d'argent qui intéressaient particulièrement les opposants au mouvement révolutionnaire afin de financer leur lutte. Comme nous l'avons vu aux pages consacrées à Tramain, l'une des diligences fut interceptée à la Chapelle aux Chèvres par les pro-royalistes. Un autre sujet sucitait menace de la part des opposants aux réformes en cours : la vente du bien public et ceux qui exploitait ce bien, dès lors cinquante hommes furent cantonnés à Langouhèdre pour réprimer toutes atrocités commises. (Gilbert Noël)

 

Sous le Consulat, celui qui occupait le fauteuil de premier magistrat de Plénée était natif de Langouhedre, il s'agissait de Joseph Rabasté

 

 

La gare de Langouhèdre fut mise en service le 7 septembre 1863, un habitant de Langouhèdre : Auguste Marteau avait acquisition de deux actions auprès de la Compagnie des chemins de fer de Lyon le 12 janvier 1861. Un des rails désservait le bourg de Plénée, et bifurquait face à la route qui conduit à Sévignac,  puis se dirigeait vers  Collinée, via le rue Briens

 

Au cours des premiers mois de l'année 1867, une épidémie de cholérique toucha Langouhèdre et refit son apparition au cours du mois de mai.

 

Au début du mois de février 1871, la peste bovine contraignit les cultivateurs de Langouhèdre à abattre leurs troupeaux.

 

Recencement effectué en 1906, Langouhèdre comptait alors 169 habitants dont 51 ménages répartis dans 49 maisons. La plupart étaient agriculteurs, mais voici quelques charges et métiers divers :

 

-Louis Guichard,  52 ans, originaire de Mayenne, chef d'équipe au chemin de fer 

 

 

- Eugène Hergnot, 41 ans, de Lescouët, marchand

-Auguste Moisan, 26 ans, de Plénée, charretier

-Jean Louis Provost, 28 ans, de Malansac, employé au chemin de fer 

-Pierre Jouvard, 72 ans, de Plénée, débitant

-Eugène Jouvard, 20 ans, son fils, boulanger

-Anastasie Brexel, 52 ans, du Goutay, débitante

-Eugène Hugot, 41 ans, de Lescouët, marchand de bois

-Victoire Rouxel, sa femme, 40 ans, débitante

-Pierre Basset, 29 ans, de Sévignac, charron

-Marie Hardy, sa femme, 24 ans, de Plélan Le Petit, tailleuse

-Alexandre Nonarque, 30 ans, de Plélan le Grand, scieur de long 

-Joseph Nonarque, 26 ans, de Iffendic, scieur de long 

-Jean Rebours, 51 ans, de Plénée, maréchal

-Henri Rebours, 15 ans, son fils, maréchal

-François Bazin, 50 ans, de Plénée, cordonnier

-Jean Louis Boutrais, 56 ans, de Plénée, couvreur

-Jean Oger, 54 ans, de Plaine Haute, tisserand

-Jeanne Besnard, 30 ans, de Plénée, tailleur

-Adèle Chauvel, 59 ans, de Plénée, débitante

-Marie Anne Thebault, 32 ans, de Plénée, tailleur

-Guillaume Glouaret, 63 ans, de Grace Uzel, scieur de long

-Jean Glouaret,  son fils, 26 ans, de Plénée, charpentier

-Eugène Tronel, 23 ans, de Tramain, maréchal

-Eugène Noël, 39 ans, de Saint-Igneuc, cantonnier

-Marie Morvan, 60 ans, de Plénée, tailleur

-Jean Rouxel, 63 ans, de Plénée, charpentier

 

Moulin du Margaro :

 

-foyer Volet 7 personnes dont : Pierre Volet, 46 ans, originaire de Noyal exerçait la charge de meunier au moulin du Margaro

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Une école de hameau se trouvait en place ici à Langouhèdre

 

Dans son ouvrage « chemin d'exil en Côtes d'Armor, Pierre Fenard rappelle ces faits : Les tziganes furent internés en octobre 1940 au Château de la Ville Neuve et son parc, à environ 300 mètres de Langouhédre en Plénée-Jugon, en bordure de la RN 12. Ils furent  ensuite transférés en novembre 1940, à Coudrecieux

 

 

En décembre 2011, il fut procédé à la mise en place d'un monument en hommage aux victimes du département lors de la Guerre d'Algérie   

 

 

 

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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 13:31

 

 

 

 

 

 

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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 12:01

III -Le Plessis sous l'administration des du Perrier sires de Quintin.

 

C'est par erreur, avons-nous vu tout à l'heure, que l'on attribue  ordinairement à Jean IV du Perrier, la création de la foire de la Madeleine. Ce Jean du Perrier, fils et héritier d'Alain et Plézou de Quintin. fut  sans aucun doute seigneur du Plessis-Balisson, mais nous n'avons trouvé à son actif aucun geste favorable à cette seigneurie. Nul auteur à notre connaissance ne relate la date de la naissance de Jean IV du Perrier. Par contre, nous savons qu'il épousa l'an 1400 Olive de Rougé, sa première femme, fille du seigneur de bourg d'Iré en Anjou. Deux enfants naquirent de cette union : Marie du Perrier, qui épousa Roland V, sire de Chateaubriant et de Dinan-Montafilant, l'un des principaux barons de Bretagne, décédé en 1419 sans postérité, et Geoffroy du Perrier, qui continua par son fils Tristan, la lignée des seigneurs de Quintin. Pour son malheur,Jean du Perrier devenu veuf, se remaria en 1423, avec Constance Gaudin, fille du seigneur de Martigné Ferchaud. Cette nouvelle épouse lui donna quatre enfants : Jehan, dont ous allons avoir à nous occuper bientôt, Guillaume puis, Jehanne qui se maria avec Bertrand  Gouyon, et Anne qui devint l'épouse du sire de la Feuillée. Ambicieuse et intrigante, Constance ne rêvait rien moins que de déshériter les enfants nés du premier lit au profit des siens propres. Déjà, lors de son mariage en 1423, elle avait obtenu de son mari, la cession à son profit, de la terre du Plessis-Balisson, pour lui tenir lieu de ses deniers dotaux qui avaient été employés à payer les dettes de son dépensier de mari. Dix ans plus tard, du consentement de celui-ci, elle transportait à Jehan du Perrier, son fils aîné, la possession de la seigneurie du Plessis-Balisson. Mais si Constance Gaudin savait acquérir les domaines, elle n'entendait rien à les administrer, et son mari, prodigue et dissipateur était encore moins qualifié qu'elle pour gérer ses affaires. Aussi durant la minorité du fils aîné de Constance, le Plessis eut-il beaucoup à souffrir de l'incurie de Jehan IV du Perrier, devenu seigneur de Quintin, à la mort de son oncle arrivée en 1428. La chose devint même à un tel point, que le duc de Bretagne dut  évincer Jehan IV de l'administration de ses biens, et les confier à son fils aîné Geoffroy du Perrier, lequel fut en fait seigneur de Quintin depuis 1437 à sa mort survenue en 1444;  Geoffroy du Perrier, sire de Quintin, témoigna quelques bonnes volontés envers le Plessis-Balisson. C'est ainsi qu'il obtint à la date du 14 octobre 1441, des lettres patentes de Jean V, rabattant cinq feux aux paroissiens de Ploubalay, "pour les demourans au Plessis-Balliczon, afin que le lieu auquel Monseigneur avait ordonné réparation et fortifications du chasteau put être mieux habité, garni et peuplé de gens qui y habitassent et demourassent pour le temps de lors et advenir.". Malheureusement, tout celà demeura lettre morte. Geoffroy du Perrier, dut à la réflexion se soucier assez peu de remettre en état un château  sur lequel il n'avait aucun droit. Si bien que le 13 juin 1444, le connétable de Richemont, tuteur de Tristan du Perrier, fils de Geoffroy V, signale dans une longue requête au duc de Bretagne "que les chasteaux du Perrier et du Plesseiz-Baluczon estoint cheuz et ruyneux et ne seroient pas reparés et rédiffiés pour le nombre de vingt mille escuzs d'or". Pour la même cause, les receveurs de fouages du duc de Bretagne, faisaient des difficultés à consentir à l'exonération d'impôts accordée aux habitants du Plessis, parce que disaient-ils : "le rabat de cinq feux estoit faict en faveur de ce que le sire de Quintin debvoit r). édiffier le chastel du Plessix-Balliczon, ce qu'il n'a pas fait". (Archives des Côtes du  Nord, E 568) 

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10 septembre 2014 3 10 /09 /septembre /2014 12:23

II- Alain du Perrier et les Actes de Bretagne.

 

 

Alain du Perrier ne nous étant connu que grâce aux Actes de Bretagne, nous croyons faire oeuvre utile en réunissant ici ce que nous avons relevé dans les Actes concernant ce personnage, qui jusqu'ici nous semble avoir été presque ignoré.

 

Morice, Pr. I. 1657 et 1658. Alain du Perrier, chevalier, parait à une montre de Bertrand du-Guesclin, tenue à Caen, le 1er octobre 1371, et une autre tenue dans la même ville le 1er novembre de la même année.   

 

Morice, Pr. II. 214. Alain, sire du Perrier, fait partie de l'association de la noblesse bretonne formée pour empêcher l'invasion du pays, le 25 avril 1379.

 

Lobineau. Pr. II. 592.  Idem 

 

Morice, Pr. II. 278. Alain, sire du Perrier, ratifie à Guingamp, le traité de Guérande, le 30 avril 1381

 

Morice, Pr. II. 461.L'an 1384, le 13e jour de may, la cause de dame  Aliénor de Kergolé, par Guillaume Le Leonnais, son procureur, vers messire Alain, sire du Perrier, en cause d'appeau fait de la partie de la icelle dame , et contre le dit sieur du Perrier, d'un jugement fait en cours de Rennes pour lui et contre elle, en demande d'un doaire, selon leur procès est remuée et continuée d'assentement de partie  jusqu'au prochain parlement. 

 

Lobineau. Pr. II. 753.L'an MCCCXCIV. Clisson fit le siège du Perrier et de Saint-Brieuc et  les prit.    

  

Morice, Pr. II. 513. Le 13 mai 1386, lors de la session du parlement, Dame Aliénor de Kergolé, dame du Boais de La Motte, présentée par Jéhan du Recoudeboing son procureur, en cause d'appeau, faite en la pertie de la dite dame contre le sire du Perrier.

 

 Morice, Pr. II. 557. Alain du Perrier, comparaît en 1388, (Lobineau dit en 1389), à une assemblée de barons, convoquée à Nantes, par le duc, pour les entretenir  de ses plaintes contre Clisson et les Penthièvre.

 

Lobineau. Pr. I. 457- Morice Hist. de Bret. I. 398. Alain du Perrier, maréchal de Bretagne, assiste aux Etats de Vannes tenus en 1387 (D'après la chronique de Saint-Brieuc).

 

Lobineau. Hist. 486 -et Morice. Pr.II. 622. En 1393, Alain, sire du Perrier, fait serment de fidélité au duc de Bretagneavec plusieurs autres seigneurs.  

 

 Note d'Ogée -A propos de Squiffiec, on y remarque les ruines du château du Perrier, famille qui a fourni un maréchal à la Bretagne en 1387, nous dit M. de Blois. Ce château fut assiégé et pris le 1er juin 1393 par Olivier de Clisson, connétable de France, qui le fit démolir.  

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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 13:20

I - Alain du Perrier.

 

 

Les premiers des du Perrier que nous voyons qualifiés du titre de seigneur du Plessis-Balisson, est Alain, sire du Perrier, lequel parut, l'an 1387, vers la veille de la Nativité de Saint-Jean-Baptiste aux Etats convoqués à Vannes par le duc Jean IV. La chronique de Saint-Brieuc, reproduite par Lobineau (tome II col. 816), lui donne à cette occasion le titre de maréchal de Bretagne. Une charte de 1392, que nous avons trouvée au tome 70, folio 249, de la collection Duchesne, à la Bibliothèque Nationale est également très affirmative sur ce sujet. Voici cette pièce qui rectifie plusieurs assertions des agents du duc de Penthièvre, mentionnées aux Archives des Côtes-du-Nord, lesquelles attribuent à Jean IV du Perrier, le mérite d'avoir obtenu pour le Plessis, la création de la foire de la Madeleine : "Jehan, duc de Bretagne, et conte de Richmond, à tous ceux que ces présentes lettres verront ou oiront, Salut. Comme à nous de noz droitz, souveraineté et nobleces apartiengne et non à autre institution, ordenance et donnaison des foires et marchiez en nostre duchié. Savoir faisons, que, à la supplication  contemplation et requeste de nostre très bien aimé et féal Alain du Périé, nostre mareschal, à icelui avons donné et octroié, par ces présentes, donnons et octroions de nostre certaine science et grace espêcial une foire par chacun an, à la avoir et tenir en ses fiefs et héritages jouxtes la Chapelle de la Madelaine et landes de Beaucellier, en la paroisse de Ploeballa, et en l'évesché de St-Malo, et à mettre au jour de la Madelaine. Donné à Rennes, le 15 décembre 1392. Sous nostre grand scel  en laz de soie rouge et verte". Grâce à Lobineau, nous possédons le sceau d'Alain du Pérrier. Il figure au tome II de son Histoire de Bretagne, sous le numéro CCXXXI. Après lui dom Morice l'a représenté au tomme IIe de ses Preuves, sous le numéro CCLXXXI. Voici sa description : on pourra la comparer avec la reproduction que nous donnons, Alain du Perrier est représenté debout, armé de toutes pièces, l'épée à la main, la gauche appuée sur un écu contenant dix billettes : 4, 3, 2 et 1. A ses pieds, deux léopards accroupis, tiennent chacun une bannière carrée. La première représentant deux léopards et la seconde semée d'hermines. Derrière la tête des lions sont placés deux écussons, l'un à dextre, vairé d'azur et d"argent; et l'autre à sénestre, semé d'hermines. Pour légende ces mots : Sceau d'Alain, sire du Perrier,   et du Pleseiz-Baliczon, et de Questambert". Le tout porte la date de 1387.

 

 

   

 

 Cette légende, et cette bannière armoriée, de même que la charte que nous venons de citer, ne peuvent laisser de doutes sur les liens qui existaient entre Alain du Perrier et le Plessis-Balisson : mais à quel titre possédait-il cette châtellenie ? Etait ce par héritage, acquêt ou mariage...Voilà ce que nous n'avons trouvé nulle part, et nous en sommes réduits à former ds hypothèses. Peut être Alain tenait-il le Plessis, du chef de sa femme Plezou de Quintin. En ce cas, voici comment la chose aurait pu se produire. Les Avaugour, et leurs puînés les Botherel, ont eu au cours des XIIe et XIIIe siècles plusieurs alliances et partages, soit avec les Dinan, soit avec les vicomtes de Poudouvre. C'est ainsi qu'Henri II, comte de Goëllo, dit d'Avaugour, aîné des Botherel de Quintin, épousa Marguerite, dame de Mayenne et de Dinan. Alain II d'Avaugour, comte de Goëllo épousa Clémence de Dinan, et Jéhanne leur fille se maria à son tour avec Geoffroy de Dinan-Montafilant. Plus tard, Jean Botherel II, seigneur de Quintin, branche cadette des d'Avaugour, épousa, l'an 1328, Philippine de Dinan-Poudouvre, vicomtesse de la Bellière. Quelques temps après, on voit cette dernière, procuratrice de Geoffroy III, son fils, terminer les différents de sa famille avec les moines de Saint-Aubin des Bois. Or Geoffroy III mort vers 1381, laissa deux fils : Jean III et Geoffroi IV, qui furent successivement seigneurs de Quintin et finirent sans postérité, le dernier en 1428. Mais Geoffroi III avait aussi une fille, dame Plezou de Quintin, laquelle épousa, avons-nous dit Alain, sire du Perrier. Si, comme il est possible, le Plessis, par suite de l'extinction des mâles de la branche aînée des Baluçon, avait passé par alliance dans la branche des Botherel-Quintin, grâcé à l'alliance de ces derniers avec les Dinan-Poudouvre, on peu supposer que Plezou de Quintin ayant eu le Plessis pour sa part d'héritage, l'ait ensuite porté aux du Perrier, du fait de son mariage. Nous avons dit que  Plezou de Quintin épousa Alain du Perrier  : en celà nous allons contre le sentiment habituellement reçu et d'après lequel cette noble dame aurait  épousé Geoffroi, sire du Perrier. Mais à celà s'oppose à notre avis une grosse dificulté : on ne trouve pas trace de ce Geoffroy, ni dans les Preuves de Lobineau, ni dans celles de dom Morice, à l'époque vers laquelle il faudrait justement situer son existence, c'est à dire de 1370 à 1390; tandis qu'à ces dates, les mêmes Actes rapportent constamment les faits et gestes d'Alain du Perrier, ainsi qu'on pourra s'en convaincre plus loin, par le relevé que nous avons fait de ces pièces. (voir  Généalogie des Seigneurs de Quintin du XIIIe au XVIe siècle) Du reste, les généalogies que l'on a données de la famille du Perrier, et sur lesquelles on s'appuie, paraissent bien fantaisistes, à commencer par celle de La Chesnaie des Bois, qui fait d'Alain du Perrier, déjà cité comme chevalier en 1374, un fils de Plezou de Quintin ! Quand aux auteurs des Anciens Evêchés, ils écrivent tout simplement que Plezou apporta le Quintin  à Jehan du Perrier. Enfin Courcy dans son Armorial, indique Geoffroy du Perrier comme épousant en 1400, Plezou de Quintin, et d'après ses dires, ce Geoffroy aurait été le fils de Juhel du Perrier et d'Havoise de Quintin. Quant à Alain du Perrier, lui-même, Coury n'en souffle mot. Ce sont là croyons nous de grosses erreurs dont la paternité primirive incombe à La Chesnaie des Bois, ainsi qu'aux faiseurs de généalogie  du XVIIe et du XVIIIe siècle. Aussi, jusqu'à preuves démontrées du contraire, regarderons-nous désormais Alain du Perrier, sire dudit lieu et du Plessis-Balisson, comme l'époux de Plezou de Quintin, et le père de Jean du Perrier, dont nous allons étudier les faits et gestes.     

   

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7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 13:55

VI -Extinction de la famille Baluçon au Plessis.

Ses branches cadettes.

 

Nous avons déjà eu lieu de regretter l'absence de doument permettant d'établir la succession des Baluçon dans la seigneurie du Plessis. Nous trouvons encore la même pénurie de renseignements pour expliquer de façon adéquate de ce dernier débris de l'antique vicomté du Poudouvre dans la maison des du Perrier. Nouss savons seulement que les du Perrier ne possédèrent primitivement qu'une partie du fief du Plessis; le reste de la châtellenie, le quart, paraît-il, continuait d'appartenir aux descendants des anciens seigneurs, en la personne de Jean du Plessis, fils de Bertrand, pour lequel Phelipot Labbé, son tuteur, rendait aveu au comte de Penthièvre, le 6 décembre 1423. (Bibl.nat.C. Duchesne. Mss 70). C'est aussi vers cette époque qu'il fut placer la ruine du château féodal du Plessis-Balisson. Peut-être eut il à souffrir des guerres vers 1390 et les années suivantes, le connétable de Clisson et le duc Jean IV de Bretagne, pour lequel tenait Alain du Perier, pour lors seigneur du Plessis. 

 

 

 

Sceaux de Jean IV de Bretagne et d'Olivier de Clisson

 

Mais, ainsi que nous le verrons plus loin, la fin de cette forteresse s'explique surtout par l'extinction de la branche aînée des Baluçon et le passage de leur château à des étrangers, qui, résidant loin du Plessis, négligèrent d'entretenir ses murailles, lesquelles finalement s'effondrèrent à la longue. Cependant, la race des Baluçon, les fondateurs du château ne disparu pas aussi vite ue croulèrent les murs  de leur forteresse. Des branches cadettes de cette famille figurent encore, nous dit de Courcy, dans son Armorial de Bretagne, aux réformations et montres de la noblesse de 1423 à 1479, aux paroisses de Lanvallay, Trigavou, Plancoët et Pôtan. Notemment Jean Baliczon qui vivait en cette dernière paroisse, lors de la réformation de 1427, et Guillo Baluczon qui parut en "brigandine, salade, épée et jusarme" parmi les nobles de St-Pôtan, appelés en 1469 à Moncontour, pour une revue d'armes. (Annuaire des Côtes-du-Nord, année 1855). A Ploubalay même, Olivier du Plessis Karpostan en 1448, et y  avait métayer. (Réf. de l'Anc. dioc. de St-Malo, édit.des Salles). Pareillement l'an 1527, Ollivier Baliczon figurait avec sa femme parmi les vassaux nobles du deuxième baillage de la châtellenie du Plessis. (Cf. Pièces justificatives. P. 60). Nous savons aussi qu'en 1419, le receveur du comté de Penthièvre, s'appelait Rolland Baliczon et habitait Lamballe. (Arch. des Côtes-du-Nord. E 493). Le compte de  Jéhan Ferron, receveur du Plessis, signale un autre Rolland Baliczon qui vivait à Créhen en 1461 (Cf. Pièces justificatives. P. 53). Enfin, Courcy, dans sa seconde édition de son Armorial, tome II, p. 267, cite Renée du Plessis-Balisson, laquelle épousa l'an 1500 Guillaume, fils de Laurent de Plancoët. Nous nous demandons même si Guillaume Balisson, sieur de Champcabart, qui vivait à Plöuër, en 1588, et dont on trouve encore des descendants dans cette paroisse en  1657, n'aurait pas lui aussi apartenu à la race des Baluçon ? (Cf. Rég. paroi. de Plouër. édi. du-Guerny. p. 3). Du reste des branches cadettes des Baluçon se sont même perpétuées jusqu'à notre époque, entre autres les Launay-du-Bois-ès-Lucas, dont Maxime, le dernier représentant a dû récemment aux ouvrages de Le Nôtre et de M. Herpain un regain d'actualité. Ces Launay  n'étaient rien d'autre que des descendants des Launay du Pont-Cornou et de Launay-Comats en Ploubalay, puînés des Baluçon. La Roche, en Lancieux, fut aussi semble-t-il la résidence d'autres cadets qui prirent le nom de cette terre et l'illustrèrent ensuite sur maints champs de bataille. Ce sont ls membres de cette famille que Courcy signale, à tort, croyons-nous, comme habitant Cuguen près Combourg, à la fin du XVe siècle. Comme le vieux tronc dont ils étaient sortis, ils s'armaient "de gueules,  à deux léopards d'or"; mais en qualité de cadets ils écartelaient parfois leur écusson "d'une bande brochant". (Coursy, 2e édition). La Guérais et l'Argentais, en Ploubalay, cette dernière terre située dans les environs de la propriété actuelle des Brenan, furent également des juveigneuries des Baluçon, mais nous ignorons le nom de leurs premiers seigneurs

 

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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 11:51

V -La descendance de Geoffroy Baluçon et la fondation du Collège du Plessis.

 

Geoffroy Baluçon, seigneur du Plessis, et fondateur de sa maison n'a point laissé, avons-nous dit, l'histoire de tous ses faits et gestes. Les vieilles chroniques ne relatent point sa mort. Grâce aux chartes que nous avons citées, nous savons qu'il laissait après lui un fils qui s'appelait Alain. Malheureusement, les descendants de Geoffroy Baluçon n'ayant pris dans les actes publics d'autres titres que des individus portant ce nom en Bretagne. Cependant, M. de Courcy, et après lui M. Couffon de Kerdelech sont d'avis que c'est un Baluçon, ce Guillaume du Plessis que La Roque, dans son Traité du Ban et arrière-ban, cité sous le nom de Guillelmus de Plessiaco, parmi les trente-huit bannerets Bretons qui accompagnèrent Philippe-Auguste en 1214, à la bataille de Bouvines. (illustration ci-dessous)

 

 

 Il est vrai que la terre du Plessis fut autrefois un fief de bannière et que l'on ne connaît pas d'autre bannière de ce nom en Bretagne, mais c'est le seul argument que l'on puisse apporter au  sentiment de MM. de Courcy et Couffon. C'était encore un Baluçon, ce Geoffroy du Plessis, qui devint chancelier de Tours et protonotaire apostolique. S'il n'est pas sûr qu'il naquit au Plessis, il est au moins certains qu'il appartenait à la famille de ces seigneurs et c'est lui qui a rattché sa race le plus durable renom. Comme secrétaire du Roi Philippe Le Bel, il fut mêlé à l'epédition des plus grandes affaires de son temps. Le pape Clément V le chargea même de plusieurs missions importantes qui témoignent de l'estime de ce pontife pour sa personne. En 1311, Geoffroy ajouta à tous ces autres titres celui d'archidiacre en Normandie. Comme tel, il fut chargé concuremment avec l'évêque de Coutances de rechercher s'il était vrai qu'Arthur II eut épousé sans dispence du Saint-Siège, sa parente Yolande de Dreux (Archives Loire Inférieure E. 37). Vers la fin de sa vie, Geoffroy se retira dans son hôtel qu'il possédait au haut de la rue Saint-Jacques à Paris, il acheva alors de transformer cet hôtel en collège, sous le nom de Saint-Martin-au-Mont de Paris, oeuvre qu'il avait entreprise quelques années auparavant. Il fonda dans ce but les rentes nécessaires à l'entretien de quarante boursiers et d'un grand-maître. Le pape Jean XXII approuva cette donation le 30 juillet 1326. C'est alors que Geoffroy, sans abandonner la direction de l'établissement qu'il avait fondé, se retira à l'abbaye de Marmoutiers, où il mourut en 1332, après avoir fait profession religieuse. Il confirma dans son testament la fondation de son collège du Plessis; mais comme les divers autres établissements qu'il avait fondés avaient absorbés ses revenus, il réduisit le nombre de boursiers à 25, dont 6 devaient être du diocèse d'Evreux, 6 du diocèse de Saint-Pol-de-Léon,6 de la métropole de Tours, et  7 de celui de Saint-Malo. Ces derniers, devaient autant que possible être choisis parmi ceux de ses parents qui seraient jugés propres aux études. L'abbé de Marmoutiers fut déclaré par ce testament, chef de ce collège, et les abbés de ce monastère ont dirigé le collège du Plessis durant plus de trois-cents ans  Mais en 1646, J.B de Vignerot, alors abbé de Marmoutiers,  jugeant ce collège d'un entretien trop onérux,  le céda à la Sorbonne aux trois conditions suivantes : remplir les intentions des fondateurs, prier pour eux et réparer les édifices. Malgré la quasi-disparition de cet établissement, les seigneurs du Plessis-Balisson se paraient encore au XVIIIe siècle du titre de fondateurs du collège du Plessis, et, vers la même époque, Mme de Launay du Pontcornou  en Ploubalay, faisait de nombreuses démarches pour que son fils, en qualité de descendant d'une branche puînée des Balisson, obtint une bourse à ce collège.    

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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 17:54

IV-Résumé de ce que nous savons sur les origines du Plessis-Balisson.

 

En résumé les documents que nous v enons de citer nous apprennent  que Geoffroy Baluçon, fils d'Alain Brient, vicomte du Poudouvre, reçut en apanage le fief du Plessis, démembrement de la vicomté paternelle, et c'est du surnom de son premier seigneur que le Plessis s'est appelé ensuite le Plessis-Baluçon ou Balisson. Il semble bien aussi ressortir des chartes que  nous avons consultées, que le Plessis n'était alors qu'une juveigneurie du Poudouvre. Geoffroy dut donc avoir un frère aîné, dont l'histoire nous tait le nom, mais qui mourut sans laisser d'autre postérité qu'une fille appelée Muliel, comme sa grand-mère. Cette héritière porta, par son mariage avec Geoffroy II, seigneur de Dinan, la vicomté de Poudouvre dans cette puissante maison. (Ct Les Dinan et leurs juveigneurs). Voilà pourquoi, nous voyons confirmer comme seigneur supérieur les fondations de Geoffroy Baluçon, donation confirmée une seconde fois, en 1199, par Pierre Giraud évêque de Saint-Malo. (Anciens évêchés de Bretagne, t. III, p.  44, Dom Morice, Preuve, t. 1er, col. 579 -Les Dinan et leurs juveigneurs. p. 40)

 

   

 

 

IV -Construction du château féodal du Plessis.

 

Bien qu'aucun document positif ne nous le dise, tout porte à croire que c'est Geoffroy Baluçon qui construisit dans son fief du Plessis, le château-fort dont il ne subsiste plus aujourd'hui que l'emplacement. C'est autour de cette forteresse que se groupèrent les éléments constitutifs d'une grande seigneurie au Moyen-âge; c'est à dire une justice avec un tribunal et ses juges, des finances avec des officiers fiscaux, enfin une organisation militaire à peu près complète. C'est de la réunion de ces divers rouages d'administration féodal qu'est né le bourg du Plessis-Balisson. C'est à sa châtellenie que cette minuscule paroisse, peut être unique en France, par sa situation singulière, doit non seulement son existence, mais toute l'importance dont elle jouissait autrefois. D'ailleurs, écrit  M. Fustel de Coulanges, "six siècles plus tard, les hommes n'avaient que haine pour les forteresses seigneuriales, mais au moment où elles s'élevèrent, ils ne sentirent qu'amour et reconnaissance. Elles ne s'étaient pas faite contre eux, mais pour eux. Elles étaient le sûr dépôt de leurs récoltes et de leurs biens. En cas d'incursion, elles donnaient un abri à leurs femmes, à leurs enfants, et à eux-mêmes. Chaque château-fort était le salut d'un canton. Bâti sur un mamelon, au confluent de petits ruisseaux dont la réunion, formant un  assez vaste étang, permettait aux défenseurs de se couvrir d'eaux pour empêcher l'abord de la forteresse, la forme de celui du Plessis était triangulaire. De profonds fossés, maintenant plantés d'arbres, l'entouraient aux trois-quarts; l'étang dont nous avons parlé, ailimentait ces fossés et constituait le reste de de sa défense. Malheureusement, les démolitions ont été telles qu'il est impossible de fixer le nombre et la place des tours qui devaient par endroit  flanquer son enceinte. Un puits profond, creusé au milieu d'une tour construite là où devait être le milieu de la cour d'honneur, demeure le seul vestige conservé d'un passé disparu

 

 

Photographie publiée par Les éditions Le Flohic : vestiges du château féodal. 

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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 09:30

Les Balucon, Seigneurs du Plessix.

 

 

II -Le père de Geoffroy Baluçon.

 

C'est dans une charte d'Alain Brient, vicomte de Poudouvre, que nous voyons pour la première fois mention  le nom de Baluçon. Voici la tradution de cette charte d'après ce que nous en donne Dom Morice, (Preuves I, col. 701; extrait des titres de Marmoutiers) : "Moi, Alain, fils de Briens, je fais savoir que la difficulté qui s'est élevée entre les religieux de St-Magloire de Léhon et les Télonéarii de Corseul, touchant la dîme que ces religieux possèdent dans la paroisse de Corseul, au fief de la vicomté, par suite du don de mes prédécesseurs les vicomtes de Poudouvre, a été justement résolue par l'adresse et la sollicitude du comte Geoffroy, fils du roi d'Angleterre. En conséquence, la dîme reste auxmoines de Corseul. J'approuves cette décision, d'accord avec mon fils Baluçion, en présence de Géoffroy d'Aucaleuc, de Hingand, doyen de Corseul, et de Robert de Calorguen, l'an de l'Incarnation du Seigneur 1184.

 

II -Geoffroy Baluçon, seigneur du Plessis. Ses fondations pieuses.

 

Ce Geoffroy Baluçon ou Baluçion, fils du comte Alain et de Muliel, est d'après les actes que nous allons citer tout à l'heure, le premier seigneur du Plessis dont l'histoire fasse mention. Mais ne connaissant de ces temps reculés que ce que nous en raconte les chartriers des monastères, nous ne savons que ses donations et fondations pieuses qui témoignent d'un grand esprit de leur auteur. Son épouse, d'ailleurs partageait ses sentiments à ce sujet, ainsi qu'en fait foi la charte dont voici la traduction : "Qu'il soit connu de tous, présents et futurs, lisons nous dans cet acte reproduit par Geslin de Bourgogne, au tome III des Anciens Evêchés de Bretagne, que moi Geoffroy Baluçon ait donné et concédé en pure aumône à la Bien heureuse Marie de Saint-Aubin des Bois, avec l'assentiment de mon fils Alain , une mine de froment sur la ferme de la Rogerais, et une autre mine sur la dîme du Trèfle, en Corseul, pour la rédemption de mon âme et de l'âme de mes prédecesseurs, à la condition spécifiée aux moines de St-Aubin de faire brûler nuit et jour une lampe devant le corps de Notre-Seigneur. De plus, le susdit Baluçon, donne  à la susdite abbaye, à prendre sur son printêt (primtuarium) une dîme de froment, qu'Alain son père, de bonne mémoire avait déjà donnée. "Que tous ceux qui verront cette même charte, sachent aussi qu'A.. épouse  de Geoffroy Baluçon, confirme la donation, sur la dîme de Talva, qu'Alain son père, fils de Jordan, avait déjà donné avant elle à perpétuité, et de sa part, une autre mine de froment sur sa métairie de Querhient (Créhen) pour la rédemption de son âme et celle de ses ancêtres. Parmi les témoins de cet acte, nous relevons les noms de Hamon, doyen de Corseul, Guillaume et Jocius, chapelains, ainsi que Faudomer, juge de la terre du Plessis. Geoffroy Baluçon ne se borna pas à ces; quelque peu  libéralités; quelque peu après, il faisait écrire encore : "Qu'il soit connu de tois que moi, Geoffroy Baluçon, seigneur du Plessis-Raheli, ait donné et concédé, en pure aumône à Dieu, à l'abbaye de St-Aubin des Bois, , le sixième de la dîme de blé du Treff (del Tref), avec le consentement et la bonne volonté des hommes-liges de ma terre, pour que ce don soit possédé en paix. Pour ratifier et confirmer cet acte, j'y ai fait opposer mon sceau en présence des téoins". Parmi lesquels nous remarquerons les noms du Guillaume Boterel, doyen de Corseul, Jocius, prêtre, Geoffroy d'Aucaleuc, chevalier. 

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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 08:19

 

 

L'ancienne église du Plessix Balisson illustrée par Frotier de La Messelière

 

 

La châtellenie du Plessix-Balisson. Bannière de Bretagne, et ses seigneurs.

 

I -Signification du mot "Plessix".  

 

  

 

Le nom Plessix, porté par la localité qui nous occupe, indique là qu'il y eut très anciennement un lieu fortifié, longtemps avant le premier seigneur du Plessix, dont l'histoire fasse mention.  En effet, d'après le glossaire de du Cange, Plessix dérive de "Plessiacum" , bois, parc fermé de haies ou de branches pliées qu'on appelait "bois en Plessix" . De même Dom Lobineau et Guillotin de Corson nous apprennent qu'on entendait autrefois par "Plessis" une sorte de fortin formé de haies façonnées avec des arbres pliés et capable de résister à un premier coup de main. Toujours est-il qu'avant la fin du XIIe siècle, nous n' avons aucune données historiques sur le Plessis, sinon qu'il portait à cette époque le nom de Plessis Raheli, autrement dit Plessis-Juhel.

 

II -La vicomté de Poudouvre et les origines du Plessis. Tous les auteurs qui ont parlé de la châtellenie du Plessis cordent à considérer l'origine de ce fief comme un démantèlement, une juveigneurie de la vicomté de Poudouvre; nous tenons donc avant d'aller plus loin, à dire quelques mots de cette antique seigneurie. Son nom breton "Pou dour", pays de l'eau, depuis altéré en celui de Poudouvre se trouve appliqué dans les chartes du XIIe et XIIIe siècle, à un grand fief féodal, ainsi qu'à une circonscription ecclésiastique. Situés l'un et l'autre dans l'angle nord-est du comté de Penthièvre, bornés au nord par la mer, à l'est par la Rance, bornés ou traversés dans leurs autres limites par le Frémur et l'Arguenon; la capitale de la seigneurie, dit le chanoine de Corson, se trouvait peut-être alors située alors située au lieu encore appelé la Vicomté, en Dinard; tandis que le siège du doyenné fut aumoins durant quelques temps à Corseul, en attendant d'être transféré à Saint-Enogat. A la veille de la Révolution, ce décanat comptait encore vingt-quatre paroisses. Languenan, Saint-Sansom, Saint-Jacut-de-l'Isle, tout en dépendant de l'Evêché de Dol, étaient enclavées dans les limites du doyenné de Poudouvre. Cette vicomté semble d'ailleurs avoir une origine très ancienne, car en 1184, un vicomte de Poudouvre, qui a Corseul dans ses domaines, parle des vicomtes de Poudouvre ses ancêtres, ainsi que nous le verrons au chapitre suivant.  

 

 

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