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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 09:18

 

 

Etel

 

 

Erdeven

 

 

Vieux Marché

 

 

Bulat-Pestevien

 

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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 06:34

VI -Chemin des pèlerins.

 

Il faut maintenant tracer le chemin des Sept-Saints, c'est-à-dire indiquer la suite des voies romaines auxquelles on donna ce nom. La route à parcourir enserre un vaste quadrilatère dont les angles sont : Vannes au Sud-Est, Quimper au Sud-Ouest, Saint-Pol au Nord-Ouest et Saint-Malo au Nord-Est. -Or nous trouvons :


 

1° Sur le côté Sud, la grande vole de Nantes à Civitas-Aquilonia, que nous nommons Quimper ;


 

2° Sur le côté Ouest, la voie de Quimper à Saint-Pol-de-Leon ;


 

3° Sur le côté Nord, la voie de Morlaix à Coz-Yaudet s'embranchant à quelques kilomètres de Lannion sur la voie de Coz-Yaudet au fond de la baie de Saint-Brieuc-Yffiniac.

 

A ce point accédaient plusieurs voies allant vers l'Est. La plus rapprochée do la mer passait par Matignon, franchissait la Rance, et atteignait Alet (Saint-Servan) et Saint-Malo ;


 

4° Sur le côté Est, la voie d'Alet à Avranches qui passait à Dol. Arrivés là, les pèlerins pour aller à Vannes avaient à choisir entre plusieurs voies. L'une (de Dol à Corseul) les ramenait à Corseul où ils rencontraient la voie d'Alet à Vannes par la Trinité-Porhoét et Saint-Jean-Brévelay. Mais à Dinan ils pouvaient prendre la voie qui, venant d'Alet, passait par Dinan, Lehon, Saint-Jouan-de-L'lsIe, Saint-Méen, Guer, se dirigeant vers Rieux et la Basse-Vilaine, et qui, à Guer, coupait la voie de Rennes à Vannes. Mais le voyageur parti de Dinan pour Vannes est loin de la ligne directe quand il est à Corseul et surtout à Guer. Pour le maintenir dans la direction exacte de Vannes, il faudrait une voie entre les deux que nous venons d'indiquer; c'est-à-dire allant de l'Est à l'Ouest. Elle existait. C'est la voie signalée dans l'acte de 1340, et que Lobineau a vue près de Saint-Georges,en Trédias. Elle apparaît comme une voie de jonction entre les deux autres ; menée en ligne droite de Lehon par Trédias, elle devait rejoindre la voie de Corseul au-delà de Sévignac. Cest à mi-chemin, entre les deux voies, que se trouvait le lieu (chapelle ou fontaine), dit les Sept-Saints, dont le nom révèle le passage des pèlerins dès avant 1310. Ils devaient, en effet, suivre cette route de préférence. Elle était plus courte de Dinan à Vannes : elle passait près du monastère de Lehon. Les pèlerins pauvres y recevaient l'hospitalité; et tous priaient dans cette église vouée à la destruction, il y a cent ans passés, et qui, réparée par des mains pieuses et habiles, reparaît aujourd'hui, malgré ses sept siècles d'âge, toute brillante de jeunesse. Remarquons que deux stations principales du pèlerinage ne sont pas sur les voies que nous venons de décrire : les cathédrales de Tréguier et Saint-Brieuc.Mais la voie que nous avons signalée allant de l'Ouest à l'Est, de Coz-Yaudet à Yffiniac, coupe à La Roche-Derrien une voie venant du Sud au Nord, de Carhaix à Tréguier qui està cinq kilomètres de La Roche. Toutefois, il est probable que les pèlerins ne suivaient pas cette voie pour aller à Tréguier; mais prenaient la route directe entre Lannion et Tréguier. Ce chemin était plus court. D'autre part, la voie de Coz-Yaudet à Yffiniac arrivée à deux kilomètres de Saint-Brieuc, au village actuel de Beaulieu, poussait vers l'emporium et le castrum de Cesson un embranchement qui passait sur le site actuel de la ville. On le voit, les pèlerins auraient pu accomplir le tour de Bretagne sans faire un pas hors des voies romaines; mais, de même qu'ils allaient directement de Lannion à Tréguier sans passer par La Roche-Derrien, de même, & la sortie de Saint-Brieuc, au lieu de revenir sur leurs pas à Beaulieu pour reprendre la vole romaine sur laquelle ils avaient marché depuis La Roche-Derrien, ils descendaient directement sur Yfflniac. Nous avons compté que le tour de Bretagne était d'environ 139 de nos lieues; les pèlerins en faisaient six environ hors des anciennes voies romaines. Voici donc les points principaux de l'itinéraire du pèlerin partant de Dol et prenant son chemin vers Vannes : Dinan, Lehon, Trédias (Saint-Georges en Trémeur), la Trinité-Porhoët, Saint-Jean-de-Brévelay, Vannes; Hennebont, Quimper; Pleyben, Morlaix, SaM-Pol-de-Léon; Morlaix (retour), Lannion, Tréguier; La Roche-Derrien, Pontrieux, Beaulieu, Saint-Brieuc, Yffiniac, Matignon, Saint-Malo ; Dol. Il faut marquer deux points intermédiaires entre Vannes et Quimper savoir: Pluneret et Sainte-Anne d'Auray et la fontaine des Sept-Saints en Saint-Ivy entre Quimperlé et Quimper.

 

 

*

 

Fontaine des Sept-Saints à Bulat-Pestivien

 

 

La voie de Vannes à Quimper, qui évitait la rivière d'Auray, passait par le village actuel de Sainte-Anne : les pèlerins suivant cette voie passaient tout près du champ du Bocenno, où s'élèvera un jour la chapelle vénérée de Sainte-Anne. Qui leur eût dit que, des siècles après eux, la vapeur de l'eau bouillant dans une chaudière amènerait là des pèlerins encore plus nombreux, ayant la même foi et la même espérance. Sur le prolongement de cette voie, entre Quimperlé et Quimper, au lieu dit Kermaria-an-Hent (Kermaria de la route), en la paroisse de Saint-Ivy, il y a encore une fontaine monumentale nommée au XVe et jusqu'au XVIe siècle fontaine des Sept-Saints. Les pèlerins ne manquaient pas de visiter la fontaine et d'y laisser une offrande. -Nous reviendrons sur ce point quand nous parlerons du chiffre total des offrandes recueillies. D'après notes laissées par J. Trévédy : Les Sept-Saints de Bretagne et leur pèlerinage.

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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 15:07

VI -Chemin des pèlerins.


 

Dans sa préface et dans son histoire, Lobineau dit que le voyage ou pèlerinage des Sept-Saints était anciennement une dévotion si usitée, qu'il y avait un chemin pavé destiné tout exprès au travers de la Bretagne, appelé pour cela le chemin des Sept-Saints, dont on voit encore des restes au prieuré de Saint-Georges, pris de Dinan. Rectifions un mot de cette phrase : ce n'est pas seulement à travert, c'est autour de la Bretagne que se trouvait ce chemin paré. Aller de Dol à Saint-Malo, Saint-Brieuc, Tréguier, Saint-Pol, Quimper, Vannes, pour revenir vers Dol, c'était contourner la plus grande partie de la Bretagne, puis la traverser. C'est pourquoi le pèlerinage était dit vulgairement en breton Tro Breiz, en français Tour de Bretagne. Lobineau avait bien vu ; plus de quatre siècles avant lui, il y avait en ces parages une chapelle ou fontaine, un lieu nommé les Sept-Saints.Nous en trouvons l'indication dans des lettres de Charles de Blois du 13 décembre 1346, confirmant la fondation « d'un hôpital au bout de la chaussée de Trédias, en la paroisse de Tromaeur, sur le chemin des Sept-Saints à Bicongni ». Les Sept-Saints de Bicongni ne se retrouvent aujourd'hui ni sur les lieux ni même dans le souvenir ; mais le prieuré de Saint-Georges est figuré sur la carte de l'état-major un peu au Nord-Est du ruisseau de Mirbel, formant la limite entre les deux anciennes paroisses, aujourd'hui communes, de Trédias et Trémeur. Le lieu dit les Sept-Saints était sans doute très voisin. -La chaussée de Trédias était entre Bicongni et les Sept-Saints (voir histoire de Trémeur, page n°9). L'indication de Lobineau que ce chemin avait été tracé et pavé pour les pèlerins des Sept-Saints a fait fortune et est encore souvent répétée, même de nos jours.

 

 

 

Statuaire XIVe de Saint-Georges en Trémeur

 

Elle est pourtant erronée. Presque deux siècles après Lobineau, nous voyons bien d'autres restes de ce chemin que ceux qu'il signale non loin de Dinan ; et le chemin des Sept-Saints a été relevé et dessiné de proche en proche sur la carte de Bretagne, mais sous un autre nom. En réalité, ce chemin pavé n'avait pas été construit pour les pèlerins : « il était vieux de plusieurs siècles quand commença le pèlerinage. Il n'était autre qu'une suite de voies romaines contournant la Bretagne de Vannes (pour prendre un point de départ) à Quimper, Saint-Pol. Tréguier, Saint-Brieuc. Saint-Malo, Dol, et revenant vers Vannes. Au moyen-âge, nos pères ne construisaient guère de routes et surtout pas de ces routes pavées. Ils ne surent même pas entretenir les larges voies que les Romains leur avaient léguées. Mais ils les marquèrent de l'empreinte religieuse qu'ils mirent sur tout- Les bornes milliaires furent souvent remplacées par des croix marquant les lieues de Bretagne; et le long des voles antiques s'élevèrent des chapelles dédiées aux saints nationaux,et si nombreuses qu'elles peuvent en quelque sorte servir de jalons pour retrouver ces voies ». Auprès des chapelles qui invitaient à la prière, et de loin en loin, s'élevèrent des fontaines monumentales dont plusieurs dédiées aux Sept-Saints, souvent entourées d'arbres, où le voyageur étanchait sa soif et goûtait le repos et l'ombre aux heures chaudes du jour. la charité de nos pères fit plus encore. C'est le long des voies antiques qu'elle éleva les aumôneries où le voyageur nécessiteux pouvait trouver un gîte et recevait un secours pour continuer son voyage, comment les voies anciennes devenues le chemin des Sept-Saints, et, à ce titre, les plus fréquentées des routes de Bretagne n'auraient-elles pas été plus encore que les autres, l'objet de ces soins religieux ot charitables ? Plus de trois siècles après que le pèlerinage a cessé, lorsque le temps et surtout les hommes ont durant tant d'années accompli leur oeuvre de destruction, il existe encore des chapelles et des fontaines gardant leur nom ancien des Sept-Saints. Nul doute que d'autres chapelles anciennes, autrefois dédiées aux Sept-Saints, n'existent sous un autre vocable, quelquefois, hélas de pure fantaisie. Enfin personne ne doutera que ces chapelles ne fussent, au temps du pèlerinage, plus nombreuses que de nos jours. J'ajoute que le nom significatif de Sept-Saints est encore donné aujourd'hui à des chapelles, fontaines, chemins et lieux habités situés à distance des voies qui furent le chemin des Sept-Saints, de cathédrale à cathédrale; mais ces chapelles, fontaines, etc., étaient au bord de voies antiques conduisant au siège de l'évêché dans les limites duquel nous les trouvons, ou accédant au chemin des Sept-Saints. De là sans doute le nom de Sept-Saints impose aux lieux dont nous parlons. D'après notes laissées par J. Trévédy : Les Sept-Saints de Bretagne et leur pèlerinage. 

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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 09:12

 

 

 

 

 

 

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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 08:39

IV.— Conditions du pèlerinage.

 

 

A l'époque oit nous nous sommes arrêtés, l'usage avait fixé quatre époques de l'année pour le pèlerinage : Pâques, la Pentecôte, la Saint-Michel et Noël, la saison des longues nuits, des pluies froides, des neiges et des glaces. Ces quatre époques étaient dites les quatre temporaux. Chaque temporal durait un mois, quinze jours avant et quinze jours après la fête dont il prenait le nom. Il est à peine besoin de dire que, dès le XIVe siècle, au temps de la grande vogue du pèlerinage, le temporal qui comptait le moins de pèlerins était celui de Noël ; celui qui en comptait le plus était celui de Saint-Michel, survenant à l'époque où sont à peu près finis les travaux de la récolte. D'après un compte que nous aurons à faire connaître, les deux cinquièmes des pèlerins passaient à cette époque. Plus tard, quand la vogue du pèlerinage diminua, de quatre, les temporaux furent réduits à deux : nous le verrons plus loin. Disons toutefois que, si les temporaux étaient les époques ordinaires du pèlerinage, il n'était pas interdit de choisir une autre époque de l'année. De même, si le terme des temporaux était de trente jours, on pouvait dépasser ce terme : c'est du moins ce que fit en 1419 l'illustre pèlerin dont nous suivrons l'itinéraire. Le voyage se faisait à pied (sauf exception bien entendu pour les malades ou les infirmes). La distance à parcourir était, comme nous verrons, d'environ 550 kilomètres à vol d'oiseau, soit 137 de nos lieues ou 109 lieues de Bretagne. Les pèlerins ayant trente jours pour accomplir ce voyage n'avaient pas à faire en moyenne vingt kilomètres par jour. Le tour de Bretagne se faisait indifféremment en un sens ou en l'autre. Je veux dire qu'un pèlerin partant par exemple de Dol, pouvait prendre par Saint-Malo pour revenir par Vannes, ou se rendre d'abord à Vannes pour finir par Saint-Malo. Il semble aussi que, s'il y avait commodité, il n'y avait pas obligation de suivre le chemin ordinaire, le chemin dit des Sept-Saints ; et qu'on pouvait s'en écarter à droite ou à gauche pour vaquer à ses affaires ou mêmes e reposer chez des amis. Si les pèlerins bretons ne redoutaient la fatigue ni la rigueur du temps, du moins devaient-ils se prémunir contre les dangers de la route. Ils se réunissaient en petites troupes, marchant sous la conduite d'un prêtre de leurs paroisses ou de quelque voisin qui avait déjà fait le voyage. On peut se les figurer allant chantant îles cantiques. Ainsi font de nos jours encore les Cornouaillais et les Trégorrois se rendant à Sainte-Anne d'Auray et rentrant joyeusement chez eux après avoir fait quarante ou cinquante lieues sans dormir dans un lit. Pendant les temporaux, les reliques de chacun des Sept-Saints étaient exposées dans chacune des églises stations principales du pèlerinage. A Vannes, les reliques de St Patern étaient posées sur un autel contigü à la grille du choeur. A Quimper, celles de St Corentin étaient posées sur un piédestal, surmonté d'un dais incrusté dans le pilier formant l'entrée du choeur à droite, pilier contre lequel était appuyé l'autel des Sept-Saints dont nous avons plus haut donné la description. A Saint-Brieuc, les reliques de saint Brieuc revenues de l'abbaye Saint-Serge d'Angers aux premières années du XIIIe siècle, étaient exposées avec celles de saint Guillaume (depuis 1217) dans la cathédrale. Pas de doute qu'un usage analogue ne fût suivi dans les quatre autres églises. Dans la plupart des stations, les pèlerins ajoutaient à la visite des reliques quelqu'autre dévotion. A Vannes, ils visitaient la cathédrale, et sans doute après la canonisation de Vincent Ferrier (20 juin 1455), la maison où il mourut. A Tréguier, ils allaient prier au tombeau de saint Yves, puis visitaient son berceau et l'église construite par lui au Minihy. A saint-Brieuc. ils se rendaient à l'oratoire primitif de saint Brieuc, et visitaient la fontaine près de laquelle le saint s'était arrêté le jour de son arrivée.

 

 

 

Ceux qui étaient atteints du mal des ardents ne manquaient pas de se laver au bassin voisin, dit jusqu'à nos jours le douet des ardents. Enfin c'était un usage universellement suivi que le pèlerin déposât une offrande en chaque église et même, semble-t-il à certaines stations de la route. Nous avons vu, en 1218, un tronc des pèlerins établi, depuis un temps que nous ne pouvons dire, dans la cathédrale de Quimpe ; il y en avait un dans l'église de saint Patern à Vannes, dont il a été conservé un compte quo nous examinerons. Nul doute que des troncs n'existassent dans les autres églises visitées. Nous pouvons même conjecturer qu'il y en avait le long de la route, dans les chapelles ou sur les fontaines consacrées aux Sept-Saints. Nous en verrons un exemple tout à l'heure. Nous verrons plus loin que les pèlerins étaient pauvres en grande majorité. Beaucoup d'entre eux donnaient moins encore que le denier de la veuve, une obole. Mais l'obole du pauvre était aussi méritoire que l'or déposé auprès d'elle par la main du duc de Bretagne. D'après notes laissées par J. Trévédy : Les Sept-Saints de Bretagne et leur pèlerinage.


 

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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 13:24

 

 

Saint-Malo

 

 

Saint-Corentin

 

 

Saint-Patern

 

 

Saint-Samson

 

 

Saint Pol l'Aurélien

 

 

Saint-Brieuc

 

 

Saint-Tugdual

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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 13:11

III. -Origines du pèlerinage des Sept-Saints.

 

Maintenant voici des actes qui prouveront de manière authentique l'existence de la liste et du culte des Sept-Saints sinon au Xe du moins au XIIe siècle, c'est-à-dire avant la sentence de 1199.

 

1° Dans la vie de saint Genulfe ou Genou, évêque de Cabors ou plutôt de Bourges, écrite au Xe siècle, on lit le fait que voici : « Un pauvre breton allait mourir dans l'abbaye dédiée à saint Gildas, un saint breton, en Berry. Trois évêques bretons : Paul, Malo et Samson vinrent ensemble l'assister dans l'agonie. » Faut-il voir dans ce rapprochement des noms de trois des Sept-Saints une première ébauche de la dévotion aux Sept-Saints. La question posée est restée sans réponse certaine. Pour nous, du rapprochement , de ces trois noms, nous n'osons pas conclure la preuve de l'existence de la liste à cette époque.

 

2° Mais nous trouvons cette liste complète dans un document du XIIe siècle. Au dernier folio d'un manuscrit de la Bibliothèque nationale, dit Codex parisiensis, on lit en caractères du XIIe siècle : «  Nomina Septem Storum (Sanctorum) Britannie Briocus Samson Machutus seu Macloveus Paternus Corentinus Paulus Tudualus. » Voilà donc, au XIIe siècle, la liste des Sept-Saints dressée et définitivement arrêtée. Voilà nos Sept-Saints fondateurs ou censés fondateurs des évêchés de la province Bretonne. Leur culte collectif a dû suivre leur ségrégation d'honneur et le pèlerinage des Sept-Saints a commencé. J'ai donné plus haut des raisons qui rendent le fait au moins très vraisemblable ; en voici des preuves authentiques.

 

3° Quinze ans après la sentence de 1199, le 10 avril 1215, Guillaume Le Borgne,sénéchal de Goello, fait son testament. Au nombre de ses legs pieux est celui-ci que je traduis mot à mot : « Aux abbayes de Bretagne et aux églises des Sept-Saints cent livres (plus de 10.000 francs de notre monate) à partager entre elles. » Qu'entendre par ces mots les églises des Sept-Saints. Pas une seule église ne porte ce vocable. -Nous entendons par là les six cathédrales et l'église Saint-Patern de Vannes. - Mais, dira-t-on, de ces sept églises deux ne sont pas dédiées à un des Sept-Saints, savoir celle de Tréguier dédiée à saint André, et celle de Saint-Brieuc que le saint lui-même consacra à saint Etienne. Soit ; mais chacun des Sept-Saints était spécialement invoqué dans la cathédrale du diocèse dont il était cru fondateur,comme saint Patern dans son église à Vannes. C'est dans ces églises qu'étaient gardées les reliques de chacun d'eux ; chacun (on n'en peut douter) y avait son autel, sa statue. C'est pourquoi, dès le XIIIe siècle, l'usage était d'appeler chacune de ces églises du nom de son fondateur ; nous allons en avoir la preuve. Le sénéchal de GoëlIo savait, comme le testateur que nous citerons tout à l'heure, distinguer les églises des chapelles ; et en testant, il a pensé aux sept églises principales et non aux chapelles des Sept-Saints semées par toute la Bretagne. Les actes qui vont suivre justifieront cette interprétation. Retenons de ce testament que le culte collectif des Sept-Saints existait en 1315, qu'il était populaire, puisque des legs en assuraient l'exercice ; et du culte collectif, concluons sans témérité au pèlerinage. Une délibération des chanoines de Quimper postérieure de trente-trois années seulement(1248) mentionne dans la cathédrale de Quimper un tronc dit des pèlerins. L'acte ne mentionne pas l'installation du tronc, mais son existence antérieure ; et un acte du même chapitre postérieur de prés de deux siècles, qui semble se rapporter au même tronc, nous apprend qu'il recevait les offrandes des pèlerins des Sept-Saints. Sans doute il en était de même en 1248.

 

4° Voici un second testament postérieur de huit années (1256). C'est le testament de Geffroy de la Soraye, chevalier. Il demeure à la Soraye, paroisse de Quintenic (aujourd'hui canton de Lamballe) ; mais il a des biens en plusieurs paroisses, notamment à Saint-Albin et à Saint-Jacques de Hénansal, sur la voie qui conduit de Saint-Brieuc à Saint-Malo et Dol. N'a-t-il pas vu passer les pèlerins ? Ne les a-t-il pas accompagnés? Voici une disposition de son testament : A l'église (ecclesia) de Saint-Brieuc, XII deniers ; à la chapelle (capella) de Saint-Guillaume, XII deniers ; à chacun des Sept-Saints de Bretagne, XII deniers ; à chacun de leurs sacristains (servientium),VI deniers. » La Soraye distribue ainsi XII deniers à neuf églises. Par les mots de chacun des Sept-Saints, le testateur n'entend-il pas l'église cathédrale ou principale de chacun des Sept-Saints ? Le legs fait aux sept sacristains ne rend-il pas cette interprétation certaine ? Les termes du legs rapprochés des expressions employées par Le Borgne n'autorisent-ils pas l'interprétation que nous avons donnée plus haut du testament de celui-ci ?

 

5° Enfin, voici un autre testament. Il est du 1er mai 1303. C'est le testament de Roland (II) de Dinan. Comme la Soraye (voir Quelques notes sur les possesseurs de la Soraye en Quintenic), Roland était voisin des routes de Saint-Brieuc à Dol et de Saint-Malo à Vannes par Corseul. Il était seigneur de Montafilant, et ces deux voies traversaient sa seigneurie et passaient même en vue de son château. Il dicte : « Aux Sept-Saints de Bretagne, à chacun d'eux, deux sous ; à chacun des sacristains d'eux, douze deniers », c'est-à-dire au sacristain de l'église de chacun des Sept-Saints.


 

Le sens de ces deux testaments est le même : Ces actes nous montrent sept sacristains, donc sept églises, et ces sept églises du diocèse de chacun des Sept-Saints sont les stations principales du pèlerinage. Toutefois, l'enquête faite pour la canonisation de saint Yves (23 juin au 4 août 1330) est, à ma connaissance, le plus ancien document mentionnant expressément le pèlerinage des Sept-Saints. Les témoignages se rapportent à la vie du saint (1253-1303), c'est-à-dire à la seconde moitié du XIIIe siècle. Trois témoins de l'enquête mentionnent le pèlerinage des Sept-Saints.

 

 

 

Saint-Yves

 

Une femme de Lanmeur faisant arec une amie le voyage aux basiliques des Sept-Saints, a rencontré saint Yves et fait route avec lui de Tréguier à Kermartin, le lundi de la Pentecôte 1299 ou 1300. Un domestique (famulus) de saint Yves le quitta pour aller pendant le jubilé aux tombeaux de saint Pierre et saint Paul, puis à Saint-Jacques, en Galice. Il reprit son service près du saint, fit plusieurs fois le pèlerinage des Sept-Saints, et, à son dernier retour, il trouva saint Yves pris de sa dernière maladie (15 au 19 mai 1303). Enfin un témoin dépose qu'un jour saint Yves, donnant à manger à plusieurs pauvres, l'un d'eux dit qu'il allait faire le pèlerinage de Saint-Jacques ou celui des Sept-Saints, et que saint Yves, en l'approuvant, voulut lui-même graisser ses souliers. Dans le texte de la première déposition, il faut relever le mot basiliques, -Ce mot ne s'emploie qu'au sens d'église cathédrale ou l'évêque siège en personne. -Or des sept églises stations principales du pèlerinage six étaient épiscopales. Quand nous parlons des actes de saint Yves, dirons-nous après d'autres que, « très dévot aux Sept-Saints de Bretagne, » il a fait et plus d'une fois le pèlerinage ? C'est très possible et même vraisemblable;mais les actes,parait-il, ne constatent pas le fait. On voit saint Yves en pèlerinage à Saint-Ronan (Locronan, Cornouaille). à Saint-Corentin de Quimper, à Saint-Théliau (Landeleau) sur la route de Quimper, à Notre-Dame de Quintin. On ne le voit pas faisant le tour de Bretagne. Dans le silence des actes à cet égard, nous devons nous garder de rien affirmer. De ce que les actes de saint Yves mentionnent pour la première fois le pèlerinage, conclura-t-on, malgré les documents que nous avons cités, que le pèlerinage venait de commencer ? Le P. Champion que j'ai cité plus haut, écrivait en 1683 ; « Le pèlerinage fut surtout célèbre et fréquenté au temps de saint Yves. » Qu'est-ce à dire ? Qu'il avait commencé longtemps auparavant, car ce n'est pas en un jour ni en quelques années que peut s'établir un mouvement populaire qui, comme nous le verrons, déplace chaque année des milliers d'hommes. Ici arrêtons-nous, et revenant sur nos pas, résumons les résultats de cette étude. Nous avons essayé de démontrer :

 

1° Que la grande vogue du pèlerinage au temps de saint Yves rend vraisemblable son existence longtemps auparavant ;

 

2° Que les testaments du XIIIe siècle, cités ci-dessus, établissent l'existence du pèlerinage à cette époque ;

 

3° Que l'existence de la liste des Sept-Saints au XIIe siècle permet de conclure à l'existence de leur culte et du pèlerinage au temps du procès entre Dol et Tours terminé par la sentence de 1199 ;

 

4° Qu'il est au moins vraisemblable que le culte et le pèlerinage des Saints commencèrent, sinon au temps de la création de l'archevêché de Dol (milieu du IXe siècle), du moins après le départ des Normands et avant l'an 1000. Nous reviendrons bientôt à l'histoire du pèlerinage et du culte des Sept-Saints ; mais auparavant il y a nécessité de faire connaître les conditions du pèlerinage et de tracer le chemin que suivaient les pèlerins. D'après notes laissées par J. Trévédy : Les Sept-Saints de Bretagne et leur pèlerinage.

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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 15:18

 

 

 

 

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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 06:21

Quelques faits historiques viennent, semble-t-il, à l'appui de ce qui précède. A peine Nominoë a-t-il fermé les yeux, que les Normands, dont il avait acheté le départ en 847, se ruent sur la Bretagne. Après un siècle ils partent. Les Bretons reprennent à la vie ; ils reviennent à leurs autels désolés et au culte de leurs saints nationaux. Que de motifs et de diverse sorte n'ont-ils pas de les invoquer. Ils leur ont attribué la délivrance; ils leur paieront une dette de reconnaissance. Les reliques des saints bretons ont été emportées en France, et les dépositaires, par un pieux abus de confiance, les y retiennent ; une réparation est due en Bretagne aux saints protecteurs exilés. Enfin les ravages des terribles envahisseurs ont paru l'exécution des menaces annoncées par les livres saints pour les derniers jours du monde. L'Eglise universelle supplie « tous les saints d'éloigner la nation perfide. » ; les pèlerinages de pénitence se multiplient par toute la chrétienté à l'approche de l'an 1000. Comment en serait-il autrement dans la Bretagne qui a tant souffert pendant tout un siècle ? Voilà plus de motifs qu'il n'en faut pour expliquer l'explosion du culte et du pèlerinage des Sept-Saints,du moins dans la seconde moitié du Xe siècle. Et pourtant ce n'est pas tout. Après la mort de Nominoë (851), les papes refusent le pallium aux archevêques de Dol, ou le leur accordent sous des conditions qui sont la négation des prérogatives du métropolitain. Le procès entre Tours et Dol, suspendu par l'invasion normande, a repris après le départ des envahisseurs ; il se prolongera pendant deux siècles et demi jusqu'à la sentence papale rendue contre Dol en 1199. Aucun doute, je pense, que le pèlerinage des Sept-Saints ne fût commencé avant cette date : pour les Bretons de ce temps n'était-il pas, en même temps qu'un acte de piété, un acte d'opposition à Tours et une protestation en faveur de la métropole bretonne ? Pour admettre cette interprétation, il ne faut que se figurer l'enthousiasme religieux et politique qui avait accueilli la création de la métropole de Dol. Les deux faits suivants nous donneront la mesure de cet enthousiasme. Ils constituent deux erreurs historiques ; mais plus ces erreurs sont grossières, plus elles sont démonstratives. Les Bretons s'imaginèrent que saint Samson avait créé non un évéché niais un archevêché à Dol ; et, nous l'avons déjà dit, Albert le Orand (sans se soucier des anachronismes) nous représente cinq de nos Sept-Saints : Paul, Tugdual, Brieuc, Malo, et l'évêque de Quimper, qu'il ne nomme pas, mais qui apparemment est saint Corentin, reconnaissant la suprématie de saint Samson et le métropolitainde Dol présidant un synode à Vannes. L'hagiographe place la mort de saint Samson en 507. Son archevêché daterait donc du VIe siècle. Il y a plus encore.

 

 

Innocent III, le petit pape qui était à la solde du pouvoir franc

 

Il semble que la sentence d'Innocent III, condamnant définitivement Dol en 1199, ne fut pas acceptée par tous en Bretagne. Les évêques de Dol n'ont pas renoncé sinon aux prérogatives réelles, du moins aux signes extérieurs rappelant le souvenir de leur ancienne dignité. Trois siècles après la sentence de 1199, un évêque de Dol obtint de Rome la permission, pour lui et ses successeurs, de faire porter devant eux dans leur diocèse la croix archiépiscopale, et de figurer le pallium sur leurs armes. L'évêque usa de la faculté et ses successeurs suivaient encore son exemple au temps de d'Argentré. Pour d'autres, il ne suffit pas de ce souvenir, et la sentence de 1199 est lettre morte. Pour citer un exemple, voyez Alain Bouchard. Il ne mentionne pas la sentence à sa date ; et, en un autre endroit, il dit expressément, écrivant en 1514 : «  En cette province il y a neuf sièges cathédraux, dont l'un, Dol, est de long et ancien temps archevêché et les autres sont évêchés. » Dans tous ces faits ne trouvera-t-on pas la preuve que le culte et le pèlerinage des Sept-Saints de Bretagne ont pris naissance sinon au temps de la création de la province de Dol, du moins au Xe siècle, après le départ des Normands et pendant les longs débats entre Tours et Dol. D'après notes laissées par J. Trévédy : Les Sept-Saints de Bretagne et leur pèlerinage.

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Published by poudouvre
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