Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 11:02

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 05:55

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 05:25

 

 

 

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 05:17

 

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 05:11

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
3 août 2014 7 03 /08 /août /2014 17:51

 

 

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 21:47

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 16:59

 

Chapitre LXXXI.

 

 

Du mariage de monseigneur le connestable o madame Katherine de Lucembourc. Puis ou commencement de l'esté, l'an mil CCCC XL cincq, fut parlé de son mariage, et traicté par monseigneur du Maine et monseigneur de Saint Paoul et autres, tant que le mariage se fist de lui et de madame Katherine de Lucembourc; et le derrain jour de juign fut accordé, et bientost en juillet furent espousez. « Puys, en la fin de l'esté, fut parlé de son mariaige et traicté par monseigneur du Mayne et monseigneur de Sainct Paul et autres, tant que le mariaige se feist de luy et de madame Catherine de Luxembourg, et fut l'an mil quatre cens quarante six et le derrain jour de juing qu'il fut accordé et bientost, en juillet, furent espousez. » de l'esté, fut parlé de son mariage et traicté par Mr du Maine ef Mr de Saint Pol et autres, tant que le mariage se fist de luy et de madame Catherine de Luxembourg, et fut l'an mil quatre cens quarante six, le dernier jour de juin, qui fut accordé et bientost, en juillet, furent espouzez. » Puis y eut ung broulleys que le grant sennechal de Poictou mist sus pour ce qu'il se doubtoit que le Roy de Cecille et monseigneur le connestable, monseigneur du Maine et monseigneur de Saint Paoul [qui] estoient allez ensemble, feissent une Praguerie; et fut mal trouvé, car ilz n'y pensoient point. Puis de là s'en vindrent à Chalons et à Sarry.

 

1445

 

Chapitre LXXXII.

 

De l'ordennance de vivre es gens d'armes. Puis après, en ce temps, monseigneur le connestable fist passer les gens d'armes par Bourgoigne, malgré que le mareschal de Bourgoingne en eust, pour aller querir les gens du Roy qui estoient à Monbliart. Et quant ilz furent venuz, mon dit seigneur fist les monstres et cassa ceulx qui estoient à casser, et les gens de bien mist en ordennance, et les meschans et tout leur bagage en furent envoyés; et eurent lettre de passage de mon dit seigneur. Et fut ainsi trouvée à celle heure l'ordennance de vivre es gens d'armes. Et fut, ce me semble, grâce de Dieu; car oncques hommes qui feust cassé ne luy dist que ce fust mal fait; et furent ordennez les capitaines, que tousjours a duré depuis. Et ainsi fut ostée la pillerie de sus le peuple qui longtemps avoit duré, dont mon dit seigneur fut bien joyeux; car c'estoit l'une des choses que plus il desiroit, et tousjours avoit tasché à le cuider faire; mais le Roy ne vouloit entendre jusques à celle heure. Puis s'en vint mon dit seigneur à Partenay, et en fist amener madame. Et, bientost après, vint devers le duc François et le trouva à Rieux1 et Dieu sache s'il lui fist grant chiere. Et y avoit entre le duc Françoys et monseigneur Gilles son frere aucun differant, et n'estoient pas bien contens l'un de l'autre. Et incontinent que monseigneur le connestable le sceut, il envoya querir monseigneur Gilles et fist l'appointement. Puis le duc requist à monseigneur le connestable qu'il feist venir madame de Richemont à Nantes, pour ce qu'il la vouloit veoir en Bretaigne, et aussi qu'elle veist la duchesse et mon dit seigneur l'envoya querir et vint à Nantes, et là fut très bien festoyée. Et y estoient monseigneur le connestable, monseigneur Gilles et monseigneur Pierres. Puis s'en retourna monseigneur le connestable à Partenay et madame, et devers le Roy à Tours, et là fut conclu de mettre le siege au Mans, ou cas que les Angloys ne le rendroient et ce qu'ilz tenoient de places en la conté. Et y envoia le Roy grant nombre de gens d'armes, et estoient chiefz monseigneur le grant sennechall, monseigneur l'admiral, monseigneur de Bueil et pluseurs capitaines. Et ne vouloit le Roy aucunement que monseigneur le connestable y allast; toutesfoiz il fut mandé, car ilz ne vouloient riens faire les uns pour les autres, et faillist que mon dit seigneur y allast. Et, bientost après, les Angloys rendirent Le Mans et tindrent ce qu'ilz avoient promis, et fut la vigile de Pasques flories, l'an mil CCCC XL [et sept

 

 

Chapitre LXXXIII.

 

Comment la prinse de monseigneur Gilles de Bretaigne fut pourchassée sans le sceu de monseigneur le connestable. Puis s'en vint monseigneur Je connestable à Tours devers le Roy, et de là à Partenay, et y fut une espace de temps. Et bientost après fut entreprins l'apointement du duc Françoys et de monseigneur de Laigle', qui ne voult point venir en Bretaigne, si monseigneur le connestable n'y estoit, et l'amena mon dit seigneur à Nantes devers le duc, et y fut longuement, et en la fin fat fait l'apointement, ainsi que on peut scavoir. Monseigneur Gilles dist aucunes parolles à missire Jehan Hyngant, qui estoient fort rigoreuses, dont il fist le raport au duc Françoys. Et en celle saison le duc Françoys vint devers le Roy et cecy fist monseigneur le connestable. Et fut pourchassée devers le Roy la prinse de monseigneur Gilles, sans le sceu de monseigneur le connestable et fut donné à entendre moult de choses au Roy et au duc Françoys. Et fut conclu que missire Regnaud de Denesay iroit pour faire l'execucion et menroit les c lances de monseigneur le grant senneschal. Et quant le duc fut parti et les gens d'armes, le Roy le dist à monseigneur le connestable, lequel parla bien à luy, en disant qu'il ne faisoit pas bien de vouloir ainsi destruire la maison de Bretaigne, et que par autre maniere povoit bien appaiser la chose, sans mettre le duc et son frere en telle maniere en guerre et dissencion; et fut mon dit seigneur très malcontent. Lors le Roy lui dist « Pourvoyés-y, et faictes diligence, ou autrement la chose ira mal car le duc et les autres vont touz deliberez de le prendre et mettre en la main du duc. » Et ainsi se partit monseigneur le connestable très mal content, et s'en vint en Bretaigne après le duc; mais ne le peut attaindre que la chose ne fust parfaicte; et arriva à Dynan avant que monseigneur Gilles fust amené, lequel avoit esté prins par missire Regnaud de Denesay. Car quant monseigneur Gilles sceut que c'estoient des gens du Roy, il leur fist ouvrir la porte du Guildou et ainsi estoit bien aisé à prendre; puis fut admené à Dynan, comme dit est. Et lors monseigneur le connestable requist au duc qu'il lui pleut veoir son frere; et fut   amené monseigneur Gilles au chasteau de Dinan et là vint le duc et monseigneur le connestable et monseigneur Pierres et monseigneur Gilles se mist à genoulx, et monseigneur le connestable, et monseigneur Pierres, supplians au duc qu'il lui pleut avoir merci de son frere en plorant tous troys en toute humilité mais le duc ne s'en fist que rire et n'en tint conte pour quelque chose qu'ilz lui peussent dire ne faire. Et quant monseigneur le connestable vit ce, il se departit et s'en vint à Rennes, puis à Nantes et à Partenay; et là sejourna jusques ad ce qu'il sceut au certain que le duc avoit assigné ses Estas à Redon et là cuidoient condempner monseigneur Gilles par les Estas. Mais mon dit seigneur s'i rendit et parla priveement o aucuns des seigneurs de Bretaigne et autres tant que la chose fut rompue et fut le duc malcontent de luy. Puis s'en revint mon dit seigneur à Partenay, et puis tira à Chinon devers le Roy.  

 

1446

 

Chapitre LXXXIV.

 

D'un débat qui fut entre monseigneur le connestable et monseigneur de Nevers. L'an mil CCCC XL sept, à Chinon, y eut' une belle assemblée de seigneurs devers le Roy, et y vint le duc Françoys; et y estoient monseigneur le Daulphin, le Roy de Cecille, monseigneur d'Orleans, monseigneur de Bourbon, monseigneur d'Alenczon et monseigneur du Maine. Et de là monseigneur le connestable estoit allé veoir madame à Partenay. Et cependant monseigneur de Nevers print le logeis de mon dit seigneur le connestable, et avoit autre logeis en la ville, et mon dit seigneur n'avoit que celuy. Et quant il arriva, il voult venir à son logeis; et l'en lui dist que monseigneur de Nevers y estoit, et n'en vouloit partir. Et mon dit seigneur vint tout droit descendre au dit logeis, et trouva monseigneur de Nevers, et luy dist que c'estoit son logeis, et qu'il failloit luy laisser, et qu'il avoit autre logeis, et qu'il s'i en allast. Et l'autre dist qu'il ne bougeroit. Et mon dit seigneur dist que si feroit; et en la fin faillit que monseigneur de Nevers s'en allast assés tost. Et depuis en furent grandes parolles devant le Roy, et s'i rendit toute la seigneurie. Et dist monseigneur de Nevers que le logeis lui estoit demouré pour l'amour de l'office. Et monseigneur lui dist, quant il ne seroit que Arthur de Bretaigne qu'il le garderoit bien de le deslogier. Et furent monseigneur de Bourbon et monseigneur de Heu pour acompaigner monseigneur de Nevers; et monseigneur n'y mena que lui et ses gens, dont le Roy de Cecille et monseigneur d'Alenczon et monseigneur du Maine furent mal contens qu'ilz n'y avoient esté pour l'acompaigner. Et fut mon dit seigneur mal content du duc Françoys; car il estoit en la presence devant le Roy, et ne dist oncques mot, dont beaucoup de gens furent desplaisans et assés tost après furent bons amys. Et bientost après monseigneur s'en vint à Partenay, et y passa la pluspart de celle saison.

 

Chapitre LXXXV.

 

De la prinse de la ville et chasteau de Foulgeres. L'an mil CCCC XL huyt, la vigile Notre Dame de mars, furent prins la ville et chasteau de Foulgeres d'eschielle par les Angloys, dont estoit chief missire Françoys de Surienne, dit l'Aragonnays, dont les treves furent rompues. Et le vint dire à monseigneur le connestable à Partenay, Michel Machefer, et pareillement le Roy l'escripst à mon dit seigneur. Et le plus tost qu'il peut se partit de Partenay, et manda toutes ses gens et tira à Nantes, et de là à Rennes, et là trouva le duc qui fut bien aise de sa venue; si fut tout le monde. Et lors commencerent à conduire ce qu'ilz avoient à faire pour le bon advis et conseil de mon dit seigneur; et en attendant que l'armée fut preste, il conseilla à fortifier la ville de Saint Aulbin. Et lui mesmes se partit le derrain jour d'avril et alla coucher au dit lieu et là vindrent monseigneur le maréchal de Loheac, et Joachim Rouaut, et Oudet de Rie, et Denisott, qui par le congié du Roy vindrent servir le duc, et y avoit une belle compaignie, tant de Bretaigne que de France, et bientost fut Saint Aulbin fortifié. Puis tira mon dit seigneur à Rennes devers le duc, et bientost après vindrent le duc et mon dit seigneur à Saint Aulbin, et fut fait les courses devant Foulgeres, et à l'une des foiz saillirent les Angloys et en fut de prins et de mors. Et cependant arriverent les cent lances de monseigneur le connestable que missire Geoffroy de Couvran et Olivier de Broon amenerent, et dura la chose une piece, et y eut fait des sommacions, tant du Roy que du duc, et embassades d'un costé et d'autre. Et puis quant on vit que ce n'estoient que dissimulacions, on commencza à faire guerre en Normandie, et fut prins le Pont de l'Arche et Conches par monseigneur le grant senneschal et Floquet, et crierent Bretaigne. Et le jour Saint Pierres fut prins Beuvron1, et y estoit monseigneur Jaques de Saint Paoul, lieutenant de monseigneur, et y vint mon dit seigneur [avecques luy monseigneur de Loheac et monseigneur de Derval, puis retourna devers le duc à Rennes. Puis firent une entreprinse, à la requeste de monseigneur d'Etouteville, sur Tombelaine; et y fut donné l'assault, et par faulte d'eschielles fut faillie à prendre d'assault, et en devoit monseigneur d'Etouteville fournir. Puis firent une autre entreprinse sur Saint Guillaume de Mortain, et y allerent pour faire l'execucion monseigneur le mareschal de Loheac, monseigneur Jaques de Saint Paoul, lieutenant de mon dit seigneur le connestable, monseigneur de Montauban, maresèhal de Bretaigne, monseigneur de la Hunaudoye, monseigneur de Derval et Joachim Roaut, et pluseurs autres. Et fut donné l'assault qui dura depuis sept heures au matin jusques à la nuyt, et vous certifie qu'ilz se defendirent très bien; et le landemain se rendirent, et n'avoit plus homme en la place que cincq   qui ne fussent blecez, et beaucoup de mors, et y eu fait de belles armes. Puis s'en retourna l'armée à Saint Jame de Beuvron, et de là à Saint Aulbin, et demoura pour monseigneur de Loheac, monseigneur de la Mervoille à xv lances, et pour Joachim, Micheau Guarangier à xv lances. Et puis après le duc et mon dit seigneur firent leur armée, et fist tant monseigneur que le duc entra en Normandie, malgré tout son conseil, et vindrent mettre le siege à Coutances, et y arriva l'avant garde dès le soir devant; en laquelle estoient le mareschal de Loheac, monseigneur Jaques de Saint Paoul, lieutenant de monseigneur le connestable, monseigneur de Bossac, monseigneur de Briquebec et les c lances de mon dit seigneur le connestable et partie des gens de sa maison, et Joachim Rouault, Oudet de Rie et Denisot et pluseurs autres. Et le landemain arriva le duc et monseigneur le connestable, acompaignez de monseigneur de Laval, de monseigneur de la Hunaudaye, de monseigneur de Malestroit, de monseigneur de Coesquen et de monseigneur du Pont, et la pluspart des seigneurs, chevaliers et escuiers de Bretaigne. Et l'autre partie estoit o monseigneur Pierres pour mettre le siege à Foulgeres. Et celuy soir fut faicte la composicion, et le landemain fut rendue; et partit l'avant garde pour aller à Saint Lo et vindrent gaingner le logeis. Et le landemain arriva le duc et monseigneur le connestable à tout la bataille, et dedans deux jours fut faicte la composicion, et se rendit Saint Lo. Et bientost après on alla devant Karentan, qui gueres ne dura, et fut print par composicion, et aussi le Pont d'Ove et la bastille de Beusiville et La Haye du Puyz, et Briquebec, et Le Hommet et Lausne, et fut le siege mis à Valoingnes, qui gueres ne dura. Puis le duc et son Conseil tascherent à s'en revenir au siege qu'il avoit fait mettre devant Foulgeres, qui lui tenoit au cuer; car c'estoit son païs, et s'en voult revenir. Et en s'en revenant, par le conseil de monseigneur le connestable fist mettre le siege devant Gavray, et y vint monseigneur Jaques de Lucembourc, acompaigné de beaucoup de gens de bien, et y fut deux jours. Puis monseigneur de Blot alla querir monseigneur le connestable, et le lendemain il vint; et à sa venue fut prins le boulevert par monseigneur Jaques et ceulx qui estoient avecques luy. Et le jour après fut la place rendue par composicion et demoura en la main de monseigneur Jaques de Saint Paoul Puis le duc et monseigneur tirerent au siege de Foulgeres, et là trouverent monseigneur Pierres et pluseurs seigneurs de Bretaigne, qui là tenoient le siege et se logea le duc devant une des portes, et monseigneur le connestable devant l'autre. Puis firent assortir l'artillerie et y faire des approches et tout ce qui s'i povoit faire et les Angloys firent une saillie et furent bien reboutez puis après fut prins l'un des boulevers, et y fut perdu des gens d'un costé et d'aultre. Puis au long aller fut faicte composicion, et se rendirent les Angloys, leurs vies sauves et leurs biens, et encores eurent-ilz de l'argent. Puis s'en vint le duc à Rennes et monseigneur le connestable s'en vint à Partenay et y séjourna celui yver. Et cependant les gens de mon dit seigneur qui estoient en garnison à Gavray, ceulx de Saint Lô et de Coutances firent une destrousse à Avanjouxl sur les Angloys de Vire et de Donfront; et y eut mort des gens de tous les coustés mais le champ demoura à noz gens, et furent mors et prins et mis à fuyte tous les Angloys, et la chose bien combatue.  

 

1450

 

Chapitre LXXXVI.

 

Comment monseigneur le connestable print congié du duc pour aller en Normandie. L'an que desus mil CCCC XLIX, monseigneur le connestable environ la Chandeleur se partit de Partenay pour venir devers le duc, et pour tirer en Normandie vint à Nantes, et furent les eaues si grandes que ce fut merveilles, et sejourna huyt ou dix jours. Et la cause estoit pour ce que maistre Roland Le Coisic lui dist qu'il y avoit ung sorcier, et sur toutes choses   desiroit à faire justice de tous sorciers et erreurs contre la foy; et dès l'eure l'eut fait brûler si n'eut esté l'evesque Guillaume de Malestroit; et lors y eut grant question entr'eulx desus ce sorcier. Puis après se partit et tira à Dihan devers le duc; et là vindrent les nouvelles que les Angloys estoient descenduz à Chierbourc,' et qu'ils avoient assiegé Valoingnes et y furent le caresme jusques à la Sepmaine Saincte'. Puis se partit monseigneur le connestable et à son partement monseigneur de Montauban lui vint dire « Monseigneur, je vous avertis, car on veult faire mauveise compaignie à monseigneur Gilles votre nepveu, et je m'en descharge. » Et incontinent monseigneur le vint dire au duc, et y eut grant altercacion, et lui demanda qui le lui avoit dit et il dist que ce avoit esté monseigneur de Montauban, et lors le duc se courroucza très fort o monseigneur de Montauban, et lui voult courir sus, qui ne l'eut destourbé. Monseigneur le connestable avoit cuidé mener le duc en Normandie, lequel avoit grant desir d'y aller, si n'eut esté son Conseil, par qui il fut destourbé. Et quant monseigneur vit cela, il print congié, et s'en  alla faire ses Pasques à Doul et au partir le duc lui fist promettre qu'il l'attendroit à Doul jusques au lundi après Pâques et ainsi le fist mon dit seigneur. Et le duc se voult rendre à Doul ainsi qû'il avoit promis mais les gens de son Conseil le garderent de y aller et demorerent beaucoup de gens qui avoient grant fain de aller o mon dit seigneur, et dirent au duc qu'il les laissast aller, et que si mon dit seigneur auroit grant nombre de gens, qu'il combatroit les Angloys, et mettroit tout à l'aventure ainsi demorerent dont depuis s'en repentirent. Monseigneur s'en partit de Doul acompaigné de monseigneur de Laval, de monseigneur le mareschal de Loheac, de monseigneur Jaques de Saint Paoul, de monseigneur de Bossac, de monseigneur de Derval, et des autres gens de sa maison et autres, une belle compaignie et bonne, et vindrent pluseurs le conduire, et entre les autres Le Bourgoys, auquel il dist « Jamais je ne teins demouré de bonne besoigne jusques à ceste fois. D Et Bourgoys lui respondit tout en lermoiant « Je scey, monseigneur, que vous ne combatrés point. » Et lors monseigneur lui dist « Je veu à Dieu, je les voiray, o la grâce de Dieu, avant retourner. D Et ainsi tira son chemin, et alla coucher à Grantville, et le landemain à Coutances. Et là eut des lettres de monseigneur de Clermont, de monseigneur de Kastres, de l'admiral de Coitivi, et du grant senneschal et en effect lui escripvoient que les Angloys avoient prins Valoingnes, et que encores estoient au dit lieu, et qu'il leur sembloit qui devoit tirer à Saint Lo; dont monseigneur fut bien malcontent; et toutesfoiz le fist-il pour qu'ilz le luy avoient rescript; et tira à Saint Lo. Et celle nuyt lui envoierent ung poursuivant qui arriva à Saint Lo au point du jour, qui luy vint dire que les Angloys estoient passez Les Vez', et qu'ilz tiroient à Bayeux, et qu'il se rendist à Trivieres, et qu'ils les chargeroient tousjours en l'attendant, et là se rendroient à luy. Et au point du jour, mon dit seigneur fut le premier qui ouyt appeller le guet et fist lever gens pour ouvrir la porte. Et incontinent fist sonner ses trompetes à cheval, et se arma bien diligemment; puis ouyt la messe.    

 

Chapitre LXXXVII.

 

De la journée de Fremyny. Le XVe jour d'avril l'an mil CCCC cinquante, après que monseigneur le connestable eut ouy la messe à Saint Lo, il alla à la porte de l'eglise et monta à cheval, et n'avoit pas six hommes avecques lui au partir. Puis chevaucha environ une lieue et se arresta pour mettre ses gens en bataille; puis fist ses ordennances et mist le bastard de la Trimouille à bien xv ou xx lances devant. Après envoya son avant-garde, en laquelle estoient monseigneur Jaques de Saint Paoul, monseigneur le mareschal de Loheac, monseigneur de Bossac ét leurs archiers. Puis ordenna pour gouverner ses archiers missire Gilles de Saint Symon, missire Jehan de Malestroit et Philipes de Malestroit. Puis ordenna pour la garde de son corps certains gentilzhommes, dont les noms ensuivent premier Regnauld de Veluyre, Pierres du Pan, Yvon de Treenna, Jehan Budes, Hector Meriadec, Jehan du Boys, Colinet de Lignieres et Guillaume Gruel. Puis ordenna gens pour arriere-garde et chevaucha en bonne ordennance le plus diligemment que faire se povoit. Et tant que les premiers de ses gens arriverent à Trivieres et bientost apres arriva. Et à l'eure qu'il arriva, les Angloys saillirent de leur bataille environ CCCC, qui misdrent en fuyte bien XIIIe archiers de ceulx qui estoient du cousté de monseigneur de Clermont, et gaingnerent des coleuvrines, dont on leur faisoit guerre et si n'eussent été les gens d'armes qui tindrent bon, je croy qu'ilz eussent fait grant oultrage à noz gens. Et comme monseigneur arriva à ung molin à vent qui y est, tout estoit meslé, et le plus tost qu'il peut fist partir partie de son avant-garde, et ceulx qui gouvernoient ses archiers. Et les archiers allerent passer au bout de la bataille des Angloys et de ceulx qui avoient fait la saillie sur noz gens noz ditz archiers en tuerent bien VIxx. Puis après mon dit seigneur vint passer après ses archiers au plus près de la bataille des Angloys, puis s'approcherent la bataille et archiers de noz gens. Et vindrent à monseigneur le connestable monseigneur de Clermont, monseigneur de Kastres, monséigneur l'amiral de Coitivi, monseigneur le grant sennechal, missire Jaques de Chabannes, Joachim Rouault, missire Geffroy de Couvran, Olivier de Broon, Oudet de Rie, Jehan de Rousivinen1 et toute leur bataille, et joingnerent noz batailles ensemble. Puis monseigneur le connestable dist à monseigneur l'admirai « Allons, vous et moy, veoir leur contenance » et mena mon dit seigneur l'admirai entre les deux batailles, et lui demanda « Que vous semble, monseigneur l'admirai, comment nous les devons prendre, ou par les boutz ou par le millieu? » Et lors l'admirai respondit à mon dit seigneur qu'il faisoit grand doubte qu'ilz demourroient en leur fortificacion. Et monseigneur lui dist a Je veu à Dieu, ilz n'y demourront pas o la grace de Dieu. » Et à celle heure  monseigneur le grant sennechal lui vint demander congié de faire descendre son enseigne à ung taudeis que les Angloys avoient fait; et monseigneur pensa ung pou, puis luy dist qu'il estoit content et bientost après ses gens furent au taudeis. Et incontinent, sans plus dire, tout le monde s'assembla pour donner dedans, et ainsi fut fait; et n'arresterent point les Angloys, et touz furent desconfitz, mors et prins, et en fuyte bien six mille'. Et fut prins monseigneur Thomas Kyriel, qui estoit lieutenant du Roy d'Angleterre, et missire Henri de Norberi et Jennequin Baquier, qui fut prinsonnier à Eustache de l'Espinay, et Mathago s'enfuyt; et ainsi furent les Angloys desconfitz. Et coucherent monseigneur et les autres seigneurs et capitaines sur le champ, les uns à Fremyny et les autres à Trivieres. Puis monseigneur fist bailler de l'argent pour enterrer les mors; aussi fist monseigneur de Clermont. Et le landemain allerent coucher à Saint Lo et menerent leurs prinsonniers, et allerent eulx refreschir et faire pencer les blecez. Et envoierent devers le Roy pour scavoir où ilz yroient mettre le siege, ou à Vire, ou à Bayeux. Le Roy leur manda qu'ilz meissent le siege à Vire; et ainsi le firent; et y vindrent tous ceulx qui avoient esté à Fremyny. Et bientost se rendirent ceulx de Vire, et leur fut donné CCCCIII escuz pour la renczon de leur capitaine, missire Henry de Norberi; et fut pour se haster pour aller devers le duc Françoys qui venoit  mettre le siege à Avranches. Et monseigneur le connestable, après qu'il eut eu la possession de Vire, il s'en partit, et avecques luy monseigneur de Laval, monseigneur Jaques, monseigneur le mareschal de Loheac, monseigneur de Bossac, monseigneur de Derval et tous les autres gens de sa maison, et missire Geoffroy de Couvran, Olivier de Broon et Jehan de Rosnivinen à toute leur charge. Et monseigneur de Clermont et son autre bande s'en allerent joindre o les autres gens du Roy pour mettre le siege à Bayeux. Et le derrain jour d'avril, an que desus, arriva monseigneur le connestable à Avranches, et là trouva le duc et les seigneurs de Bretaigne, et estoit mon dit seigneur grandement acompaigné. Et celle nuyt logea à Pons soubs Avranches pour ce qu'il n'avoit point encores de logeis. Puis le landemain, premier jour de may, vint au siege et bientost lui vindrent les nouvelles que monseigneur Gilles, son nepveu, estoit mort, dont il fut bien courroucé puis le duc le lui dist, et eurent grandes parolles ensemble toutesfoiz la chose se dissimula pour l'eure de paour de plus grant scandale. Puis fut assise l'artillerie, tant bombardes que engins volans et aultre artillerie; et fut fort batue la dicte ville d'Avranches, tant qu'elle estoit prenable  d'assault, et fut faicte composicion, et la rendirent les Angloys, leur vie sauve, et perdirent tous leurs biens. De là s'en vint le duc au Mont Saint Michel, et la  estoit malade, et monseigneur le connestable le vint conduire jusques là. Puis se disposa de s'en aller à Bayeux où estoit le siege, et mena avecques lui ceulx qui avoient esté à Fremyny, et le duc s'en retourna en Bretaigne; puis envoya après mon dit seigneur monseigneur de Montauban, mareschal de Bretaigne, qui amena cent lances, et les archiers puis mon dit seigneur tira à Bayeux, et avant qu'il y fust il estoit rendu. Et cependant alla monseigneur Jaques devant Saint Sauveur le Viconte; puis après y alla monseigneur le mareschal de Loheac, et celui de Bretaigne et autres gens de monseigneur; puis fut la dicte place rendue; puis s'en vindrent à Bayeux devers monseigneur. Et la vigile du Sacre se partit mon dit seigneur le connestable de Bayeux pour aller mettre le siege devant Caan, et alla loger sur les champs à deux lieues de Caan à ung village nommé Cheus, et n'en partit point jusques au landemain du Sacre; et le vendredi matin se rendirent à luy ceulx qui avoient esté à Fremyny, c'est assavoir monseigneur de Clermont, monseigneur de Kastres, monseigneur de la Tour, monseigneur l'admiral de Coitivi, monseigneur le grant senneschal, missire Jaques de Chabannes avecques la belle compaignie qu'il avoit. Et vous certifie que c'estoit belle chose à veoir que de veoir sa compaignie, et bien à doubter; et vint logier du cousté devers l'abbaye de Saint Estienne, lui et monseigneur de Clermont, et tous les autres seigneurs et capitaines, et y avoit bien VIIIc lances et les archiers à son siege. Et de l'autre cousté devers Fallaise cernerent les gens du Roy; c'est assavoir monseigneur de Dunays, qui estoit chief de celui cousté, et Poton. Puis environ huyt ou ix jours [après], le Roy vint à passer à ung pont que on avoit fait sur la riviere au desus Caan, et le Roy de Cecille et monseigneur du Maine y estoient bien acompaignez, et alla loger à'une abbaye nommée Ardenne, et monseigneur de Heu et monseigneur de Nevers et certain nombre de gens, que on leur avoit baillé, allerent loger à l'abbaye des Dames, de l'autre cousté de la ville de Caan. Puis après on commencza du cousté de monseigneur le connestable à faire des approches couvertes et descouvertes, dont Le Bourgoys en conduisoit une et missire Jaques de Chabannes l'autre. Mais celle du Bourgois fut la premiere à la muraille, et puis l'autre arriva et fut minée la muraille en l'endroit en telle maniere que la ville eut esté prinse d'assault, si n'eut esté le Roy qui ne le voult pas, et ne voulut bailler nulles bombardes de ce cousté de paour que les Bretons ne assaillissent. Et si y avoit dedans la ville le duc de Sombresset et bien troys mille Angloys, sans ceulx de la ville. Puis fut faicte composicion, et s'en alla le duc et les dames et tous les Angloys, eulx et leurs bagages sauves. Et furent amenez les ostages à monseigneur le connestable, entre lesquelz estoit ung nommé maistre Ver, lequel estoit parent du Roy d'Angleterre, Hus Cepancier et missire Charles de Hermaville, et jusques à xii ostages, dont avoit la garde missire Gilles de Saint Symon, Guillaume Gruel et Jehan de Benays. Puis fut rendue la ville et chastel, et apporterent les clefz à monseigneur le connestable, puis alla conduire le duc et la duchesse de Sombresset. Bientost après fut conclu que monseigneur le connestable yroit mettre le siege devant Chierbourc, et leRoy et son autre armée alla mettre le siege devant Fallaise. Et ainsi se partit mon dit seigneur, et avecques lui monseigneur de Clermont et l'armée qu'il avoit à Fremyny, et le mareschal de Bretaigne tira à Karantan et à Valoingnes, et de là à Chierbourc et fut mis le siege à Chierbourc. Et se logea mon dit seigneur d'un cousté et monseigneur de Clermont de l'autre, et l'admiral de Coitivi et le mareschal et Joachim de l'autre cousté devant une porte et y fut le siege bien ung moysl, et y fut rompu et empiré ix ou x bombardes que grandes que petites. Et y vindrent des Angloys par la mer, entre autres une grosse nef, nommée la nef Henry Escan, et y commencza ung peu de mortalité, et y eut monseigneur bien à souffrir, car il avoit toute la charge. Puis fist mettre quatre bombardes devers la mer en la greve, quant la mer estoit retirée, et, quant la mer venoit, toutes les bombardes estoient couvertes manteaulx et tout, et estoient toutes chargées, et en telle maniere abillées que, dès ce que la mer estoit retirée retraicte, on ne faisoit que mettre le feu dedans, et faisoient aussi bonne passée comme si elles eussent esté en terre ferme; dont les Angloys furent plus esmerveillés que de nulle autre chose. Et illecq fut tué monseigneur l'admirai de Coitivi d'un canon, dont monseigneur fut très courroucé, car ce fut domage puis environ huyt ou dix jours, après fut tué Le Bourgoys d'une couleuvrine, dont ce fut grant perte et domage, et furent touz deux tuez en une trenchée qu'ilz faisoient faire. Puis après les Angloys firent composicion et baillerent ostages à monseigneur le connestable, lequel les bailla en garde à missire Cilles de Saint Symon, Guillaume Gruel et Jehan de Benays. Et en ce temps furent apportées les nouvelles de la mort du duc Françoys. Puis après la ville et chastel de Chierbourc furent renduz en la main de mon dit seigneur, lequel les bailla à garder à monseigneur l'admirai de Bueil et à ses gens; et fut l'an mil [CCCC] L, la sourveille de my-aoust. Puis se partit mon dit seigneur la vigile Notre Dame de my-aougst, et vint disner à Valoingnes, et de là tira à Quarentan, à Caan, et de là à Phalaise, et à Alenczon, et au Mans, et au Chasteau du Ler, où le Roy estoit, qui l'avoit attendu troys jours, et vouloit parler à luy pour aucunes choses, et aussi touchant le gouvernement de Normandie. Puis après que mon dit seigneur eut parlé au Roy, et conclu ce qu'ilz avoient à faire, le Roy se partit et alla à Vanjoux, et mon dit [seigneur] tira à Partenay devers madame et y fut ung bien peu, car le duc Pierres l'envoya querir pour estre à sa feste à Rennes, et là furent huyt jours puis s'en vindrent à Nantes faire l'entrée du duc . En l'an susdit environ la Toussains allerent le duc Pierres et monseigneur le connestable devers le Roy, et le trouverent à Monbason, et là fist le duc au Roy telle redevance, comme il doibt, à cause de la duché, et hommage à cause de la conté de Montfort; et furent environ xv jours à Monbason devers le Roy. Puis s'en vindrent à Tours et de là à Nantes par la riviere, et deslogerent du dit lieu de Tours au point du jour, pour ce que monseigneur le connestable avoit fait prendre Olivier de Mes à Marcorsi près Paris, par Eustache de l'Espinay et Olivier de Quelen et certain nombre d'archiers, et l'avoit fait tirer par la riviere à Nantes, nonobstant quelconque opposicion ou appellacion pour en faire justice et pour venger la mort de monseigneur Gilles, son nepveu. Et en fut le Roy et ceulx de son Conseil très courroucez ; mais il failloit ainsi l'endurer. Puis se passa celui yver, et s'en vint mon dit seigneur à Partenay, et y fut jusques au temps nouveau puis alla devers le Roy à Loches, et fut l'an mil IIIIc L ung, et le Roy lui bailla la charge de la Basse Normandie et s'i en alla, et y fut toute celle saison. Puis s'en vint à Partenay, et de là tira devers le Roy à Tours et y fut certain temps4; puis le Roy le renvoya en Normandie; et fut l'an mil CCCC LII, et lui bailla charge de veoir toutes les monstres de tous les gens d'armes estans en Normandie6, et de scavoir comme tout le païs estoit gouverné, et de y donner la provision. Et lors alla mon dit seigneur à Caan, et à toutes les bonnes villes de Normandie, et y fut toute celle saison; puis s'en vint à Partenay veoir madame. Et bientost après alla devers le Roy, lequel voult qu'il retournast en Normandie, et qu'il y menast madame sa femme .Et, l'an mil CCCCIII mon dit seigneur s'en vint devers le duc Pierres son nepveu pui s'en retourna en Normandie, à Vire, et là se rendit madame sa compaigne, et y furent certain temps et de là s'en alla  demourer à Phalaise, et y furent une bonne piece, et ne se trouva pas à son aise, et s'en revint à Partenay. Et, l'an mil CCCCLIIII retourna ma dicte dame en Normandie, et logea une saison à Ceix1; et cependant monseigneur alloit par le païs; puis s'en revindrent à Partenay et y furent jusques au temps nouveau. Et, lan mil CCCCL cincq, mon dit seigneur le connestable alla devers le Roy à Bourges, et y fut longtemps puis fist venir madame auprès de Bourges à Ysouldun puis y vint le duc Pierres devers le Roy et là vint le cardinal d'Etouteville. Et, bientost après, le Roy envoya monseigneur le connestable en Savaye et monseigneur de Dunoys devers le duc de Savaye à Geneve, et là les receut grandement, et y furent bien ung moys. Puis s'en vindrent devers le Roy et amenerent quant et eulx monseigneur de Savaye et madame, monseigneur de Pimont et madame la princesse, et s'en vindrent par eaue jusques à Lyon, sur le Rosne et de là vindrent à Saint Porsaint et furent devers le Roy à une petite place près Souvegny, et y furent pluseurs foiz, et au dit lieu de Saint Porsaint tout l'yver. Et là vint le cardinal d'Avignon qui venoit en Bretaigne, pour lever Saint Vincent'. Puis en karesme monseigneur print son congié, et s'en vint veoir madame à Partenay, et y fut certain temps puis le Roy l'envoya à Paris et voult qu'il y demourast une espace de temps pour aucunes choses. Et cependant qu'il estoit au dit lieu de Paris, il fist l'apointement de ceulx de l'Université et des Mendians et si avoit bien le Roy failli à le faire, et tous les seigneurs de Parlement et toutesfoiz ilz furent contens d'en tenir ce que monseigneur en ordonneroit. Puis lui vindrent les nouvelles de la maladie [de] son nepveu le duc Pierres, et se partit de Paris, et s'en vint à Orleans et y arriva la vigile de Pasques Flouries.    

 

1457

 

Chapitre LXXXVIII.

 

Comment monseigneur le connestable, avant que le duc Pierres mourut, fist prendre aucuns des gens du duc. L'an mil CCCC cincquante six , se partit monseigneur le connestable d'Orleans, le lundi de la Sepmaine Saincte et s'en vint à Tours et là sceut que madame sa compaigne estoit fort malade, et, malgré tout son Conseil, laissa à tirer devers le duc Pierres, qui aussi estoit fort malade, et tira à Partenay devers madame et y arriva le Vendredi Saint; et y fut longuement pour la maladie de ma dicte dame. Puis s'en vint à Nantes devers son nepveu, et admena quant et luy madame, et y fut longuement jusques au decès de son dit nepveu. Et cependant, deux jours avant la mort de son dit nepveu, fist prendre Henry de Villeblanche, missire Michel de Partenay, Bogier et Coethlogon, pour ce que tousjours avoit sa suspeczon que missire Henry eut esté coulpable de la mort de monseigneur Gilles son nepveu, et cuidoit attaindre la chose; et pour ceste cause les avoit fait prendre, pour en cuider scavoir la verité. Le duc Pierres, son dit nepveu, trespassa le jeudi XXIIe jour de septembre l'an [mil quatre cens LVII], et est enterré à Notre Dame de Nantes.

 

   

 

 

Chapitre LXXXIX.

 

De l'entrée et feste du duc Artur à Rennes. Le XXIXe jour du moys d'octobre, l'an mil CCCC cin quante [sept], se partit monseigneur le connestable de Nantes, pour aller à Rennes faire son entrée et feste et là fist sa feste de Toussains et y avoit belle compaignie de seigneurs, barons, chevaliers et escuiers, entre lesquelz estoient monseigneur d'Estempes, monseigneur de Marie , monseigneur de Laval, monseigneur de Rohan, monseigneur Jaques de Saint Paoul, monseigneur du Guavre, monseigneur de la Roche, monseigneur de Guemené, monseigneur de Malestroit, monseigneur de Derval, monseigneur de Quintin, monseigneur de la Hunaudoye, monseigneur de Coesquen, monseigneur du Pont, monseigneur l'admiral et tous les autres seigneurs, s'ilz n'estoient mors ou vmalades ou enfans. Et, bientost après, s'en vint à Nantes faire son entrée et y fut jusques après la feste des Roys. Puis le Roy lui fist scavoir qu'il allast devers luy à Tours bien acompaigné tant d'evesques que d'autres seigneurs de son païs chevaliers et escuiers, pour la cause d'une grande embassade du Roy de Hongrie, qui estoient venuz devers luy, pour le mariage de madame Magdalene sa fille. Et, cependant qu'ilz estoient à Tours, vindrent les nouvelles que le Roy de Hongrie estoit mort et ne mena pas tant de gens comme il eust [pu] nonobstant, il y alla bien acompaigné, et fut l'an mil IIIIc L sept 1. Et passa par Angiers où il fut bien receu, et y fut huyt jours car il fut malade de colerique passion et puis tira son chemin à Tours. Et arriva devers le Roy au dit lieu de Tours et vindrent au devant de lui tous les seigneurs et gens du Roy; et vint descendre au logeis du Roy. Et faisoit porter devant luy deux espées à Philipes de Malestroit, son escuier d'escurie, l'une à cause de la duché de Bretaigne, l'autre à cause de l'office de connestable; et  eut bonne chiere de tout le monde, et y fut bien environ ung moys. Puis voult s'en revenir en son païs, et offrit au Roy faire telle redevance qu'il demande à cause de la duché de Bretaigne. Et lui fut dit que le landemain, qui estoit dymenche, il seroit receu, et y vint cuidant estre receu. Et quant il fut venu, le Roy et ceulx de son Conseil vouloient qu'il feist hommage lige à cause de la duché; et mon dit seigneur respondit qu'il n'en feroit rien. Et pour ce qu'il n'estoit pas le plus fort dissimula et dist qu'il ne le feroit pas tant qu'il eût parlé aux Estaz de son païs et sur ces termes s'en vint en son païs de Bretaigne. Et vous certifie que jamais ne fust retourné devers le Roy, ne ne lui eut fait nulle redevance, si n'eut esté pour sauver la vie à monseigneur d'Alenczon, son nepveu, qu'il alla à Vandosme, et là fist la redevance au Roy telle que ses predecesseurs avoient fait, et non aultrement; lequel lui tint, et paravant avoit tenu plus estranges termes que à nul de ses predecesseurs. Et me semble que c'estoit mal recongneu les grans, bons et loyaulx services, qu'il avoit fait à luy et au Royaume car oncques bien ne lui fist. Et pour ce que aucuns dient qu'il lui donna Partenay, je le croy bien; mais ce fut malgré lui; car s'il l'eut eu en ses mains, jamais ne l'eut eu. Mais monseigneur de Partenay le fist son heritier, et lui bailla la possession et fist faire à tous ses gens le serement à mon dit seigneur de lui estre bons, loyaulx et vrays obeissans, apres sa mort; et ainsi furent ilz, et lui furent bons et loyaulx. Puis, après la condempnacion de monseigneur, le duc s'en vint en son païs; et s'en vindrent ensemble, lui et monseigneur d'Orleans, jusques à Frontevaux pour veoir madame de Frontevaux leur niepce; puis prindrent congié l'un de l'autre, et s'en vint le duc en son païs. Pleust à Dieu que jamais n'eut esté àVandosme car oncques puis ne fut sain jusques à la mort, et pluseurs font grand doubte qu'il fut avancé Dieu en sceit la verité. Le bon prince s'en vint à Nantes, et là fut bien receu et y trouva la duchesse et fist grant chiere. Et, bientost après, eut question encontre l'evesque de Nantes nommé Guillaume de Malestroit; lequel lui fist du pis qu'il peut, et faisoit comme mauveis et desloyal homme car le duc l'avoit fait evesque, et son oncle le chancelier s'estoit demis en luy à la requeste du duc. Et le dit chancellier dist au duc « Je feroye pour vous plus que pour homme qui vive mais par le corps Notre Dame vous en repentirés car c'est le plus mauveis ribauld traître que vous veistes oncques, et si vous le congnoissoies comme moy, vous n'en parleroyes jamais. » Et depuis la conception Notre Dame fut tousjours le bon prince malade jusques à Noel, nonobstant que tousjours estoit sur piés, et point ne se couschoit, et jeuna les Quatre Temps, et la vigile de Noel se confessa et le jour aussi, et fut à matines et à la messe de mynuyt et à la grant messe du jour et à vespres. Et le jour de saint Estienne ouyt la messe, et dist ses heures à genoulz bien et devotement, comme bon et loyal crestien car, je croy, en son temps n'avoit meilleur catholique que luy, ne qui plus amast Dieu et l'Eglise qu'il faisoit; et le plus pacient homme qui fust en son temps car par quelque reproche ou vilennie que on deist de luy, il ne vouloit prendre vengence, et du tout s'en soubmettoit en Dieu. Aussi Dieu luy a tousjours gardé sa bonne renommée, et plus après la mort que devant. Ne pour quelzques mauveis termes que luy tint le Roy Charles son maistre, oncques mal ne deist de luy ne ne le laissa à bien servir. Et scey bien qu'il estoit rempli de toutes bonnes vertus; car oncques ne ouyt blasphemer le nom de Dieu qu'il ne reprint ceulx qui le blasphemoient et les punissoit, s'ilz estoient telz qu'il le peut faire. Oncques homme en son temps n'ayma plus justice, ne ne mist peine de la faire à son povoir, qu'il faisoit. Oncques hommes ne hayt plus hereses et sorciers et sorcieres qu'il heoit, et bien y parut car il en fist plus bruler en France, en Poictou et en Bretaigne que nul autre en son temps. Et povoient bien dire les sorciers et sorcieres et hereses, quant il mourut, que leur ennemy mortel estoit mort. Oncques prince en son temps ne fut plus humble, ne plus charitable, ne plus misericors, ne plus liberal ne plus large, ne plus habandonné en bonne maniere, sans prodigalité. Et pour sa doulceur, benignité et bon recueil ha plus esté obey et fait de choses que n'eut fait par cruaulté ou grans dons. Et, oultre ce, a esté le moins avaricieux prince qui fust en son temps; et bien y a paru en pluseurs  manieres; car dès l'eure qu'il print l'espée, le Roy lui offrit la duché de Tours mais, pour ce qu'il veoit le Roy avoir fort à besoingner et le Royaume en grant necessité, refusa pour lors la dicte duché, disant qu'il ne la prendroit point jusques ad ce qu'il eut fait quelque grant service au Roy et au Royaume, et que le Roy fut au-dessus de ses besoignes nonobstant que  le Roy Charles VIe de ce nom la lui avoit donnée, et par aucun temps vi qu'il s'en appelloit duc. Et suis certain que s'il eut voulu croire aucuns de son Conseil, à la prinse de Paris, et avoir excedé les termes de raison, il eut gaingné deux cens mille escuz mais il ne l'eut pour rien fait, et ne gaingna rien que bonne renommée et l'amour des gens'. Il estoit preudomme, chaste et vaillant autant comme prince peut estre. Et me semble que homme ne devoit rien doubter en sa compaignie car homme en son temps ne fut. de meilleur conduyte [que] luy pour conduire une grant bataille ou grant siege, et pour toutes approches en toutes manieres. Et tous les jours, une foiz de journée au moins, parloit de la guerre et y prenoit plaisir plus que à nulle autre chose. Sur toutes choses amoit gens vaillans et bien renommés, et amoit et soustenoit le peuple plus que nul autre, et faisoit largement des biens aux pouvres mendians et autres pouvres de Dieu. Et quant je ne cesseroye jamais de dire, je n'en sçauroye dire la dixiesme partie de ce que je croy et pense qu'il en a fait. Celui bon duc trespassa de ce monde le jour de saint Estienne, landemain de Noel, environ six heures après medi, et rendit à Dieu son esperit, le XXVI ejour de decembre, l'an mil IIIIc L [huict]. Et repose son corps en l'eglise des Chartreux , près Nantes, lesquelz furent fondez par luy en une eglise, laquelle s'appelloit avant la Chapelle au Duc, que le bon duc Jehan son pere avoit fondée et depuis, lui l'augmenta et fist edifier le monastiere; et depuis sa mort, la duchesse Katherine son espouse a fait parachever les cloaistres, fait faire les chaeres, donné calices, livres, chappes, chasubles o leurs appartenances et fait beaucoup d'autres grans biens. Pour ce, tous ceulx et celles qui liront ce livre et l'oiront lire vueillent prier pour l'ame du bon prince, que Dieu luy veille pardonner ses mesfaitz, Amen, et pardonner à celuy qui a dictié ce livre et mis en histoire partie des faitz du bon duc Artur car il ne scauroit si bien faire comme il sceit et pense. Et la plusparten a veu, au moins depuis qu'il fut connestable de France et ce qui est de paravant a ouy dire de la bouche au bon prince, et à ceulx qui estoient avecques lui et en sa compaignie avant qu'il fust connestable', et n'y a riens mis qu'il a peu scavoir qui ne soit à la   verité.  

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 15:14

 

 

 

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 14:47

 

 

 

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article