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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 07:31

En enez Eusa, ur plac'hig
Yaouank, fur, koant 'vel un aelig, 
He hano oa Kaourintinik. 

Siwazh ! ne oa ket pemzeck vloaz,
Ar plac'hig a zouge he c'hroaz.

E-c'harz ar mor, war ur garrek, 
Kaourintinik wele dourek. 

A greiz he c'halon, he fedenn 
A zavas d'ann eñv evel-hen : 

O stourm oc'h listri ar Zaozon, 
Ma zad zo beuzet er mor don. 

Kalon ma mamm baour a rannaz, 
Gant ar c'helou-ze, pa glevas.

Me n'em euz den, allaz ! Bremañ :
Petra rin-me war ar bed-mañ ?

Me n'am eus mui war an douar 
Na tad, na mamm, na kar, na par ;
Ma bukez vo kañv ha glac'har. 

Ar paour en eñv deus un tad, 
Hag e Rumengol ur vamm vad 


 

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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 07:21

 

 

La louable attention que mettait le duc Conan III à corriger les abus ne rendait pas son intérieur plus heureux : depuis longtemps la douce confiance en était bannie. La duchesse Mathilde, traitée par lui comme une étrangère, ne l'accompagnait presque jamais en public, non plus que Hoël, son fils et son successeur présumé. Dans les assemblées solennelles, c'étaient Ermengarde, sa mère, et Berthe l'aînée de ses deux filles, qui prenaient place à ses côtés; et il ne paraît pas que sa cour l'ait taxé d'injustice, ni que Mathilde en ait été plainte, comme on l'eût fait d'une épouse innocente. Conan ne se contenta pas de ce témoignage de froideur; il nourrissait secrètement un projet de vengeance, dont il commença l'exécution en mariant la princesse Berthe, sa fille, à Alain le Noir, comte de Richemont. Ce jeune guerrier, déjà célèbre, était le second fils du comte Étienne de Penthièvre ; et, dans le dessein où était, le duc de le faire son héritier au préjudice d'Hoël, il l'avait choisi comme étant le plus capable de faire valoir ce choix. La mort prématurée du comte de Richemont vint déranger le plan, mais non changer la volonté du duc. Le fils de Berthe, nommé Conan comme son .grand-père, d'une constitution faible, n'offrant pas une garantie suffisante, le duc prit le parti de remarier la jeune veuve à Eudon, fils du vicomte de Rennes et de Porhoët. Conan survécut peu à ces secondes noces. Il déclara, sur son lit de mort, que le prince Hoël n'était pas son fils, et qu'il n'avait aucun droit à sa succession. Ermengarde était morte elle-même quelque temps auparavant. Les suites de l'imprudente déclaration de Conan III étaient faciles à prévoir, et ne tardèrent point à mettre en rumeur toute la Bretagne. Deux partis se formèrent d'abord : l'un se déclara en faveur d'Hoël, le prince déshérité ; l'autre reconnut pour son chef le comte Eudon, second époux de Berthe, fille de Conan. Les deux compétiteurs n'avaient point un mérite égal. Hoël, qu'il fut ou non l'héritier légitime, se montra bientôt incapable de soutenir ses prétentions. Sa nullité fut telle, que ses plus chauds partisans s'en dégoûtèrent ; et lui-même, se rendant justice, se retira volontairement du théâtre de la politique pour rentrer dans la vie privée; mais la place qu'il abandonnait ne tarda pas à être remplie de nouveau, et la guerre recommença avec plus d'acharnement que jamais.

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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 15:26

 

Ermengarde d'Anjou, fille de Foulques Réchin, comte d'Anjou, et d'Hildegarde de Baugenci, naquit à Angers entre 1075 et 1080. En 1093, elle épousa Alain Fergent, duc de Bretagne, veuf depuis 1090 de Constance, fille de Guillaume le Conquérant Alain Fergent, trois ou quatre ans après son second mariage, s'engagea dans la croisade prêchée par Urbain II, et prit part à la conquête de Jérusalem. Il avait deux fils d'Ermengarde Conan, surnommé le Gros, et Geoffroi. Pendant l'absence du duc, qui fut longue, Ermengarde fut chargée du gouvernement de la Bretagne et de l'éducation de ses enfants. L'histoire nous dit que la Bretagne fut tranquille sous l'administration de la sage princesse, et qu'elle fut constamment attentive à inspirer à ses fils la piété dont elle était elle-même animée. Ayant construit sur une des tours de Rennes, une église à la sainte Vierge, et sollicitée par l'évêque Marbode d'assurer des fonds suffisants pour l'entretien du prêtre qui serait appelé à desservir cet oratoire, elle pensa qu'elle devait accoutumer de bonne heure ses jeunes fils à honorer l'Église et le culte saint; elle voulut que ce fût son fils aîné, quoiqu'il n'eût que six ans, qui dotât lui-même l'église de la sainte Vierge, et le jeune enfant se porta à tous les mouvements que lui inspira sa pieuse mère. Ce fut à la prière d'Ermengarde, qu'Alain Fergent, à son retour, en 1101, confirma les religieux de Marmoutiers dans toutes les possessions qu'ils avaient dans le diocèse de Nantes. En 1104., le duc et la duchesse allèrent dans cette dernière ville tenir leur cour. Au mois de janvier de l'année suivante, il y eut en leur présence une assemblée solennelle de prélats parmi lesquels figuraient Marbode de Rennes, Guillaume abbé de Saint-Florent de la maison de Dol, Lambert, abbé de Saint-Nicolas d'Angers, et Foucher, abbé de Beaulieu, prés Loches. Le but de cette réunion était encore la confirmation des religieux de Marmoutiers dans quelques possessions pieuses. Dans le même temps, le jeune Conan tomba malade, et fut réduit en quelques jours à la dernière extrémité. La duchesse, élevée à Angers, où elle avait puisé dès l'enfance une confiante dévotion envers saint Nicolas, en l'honneur de qui Foulques Nerra, grand oncle d'Ermengarde, avait fondé, en 1020, la célèbre abbaye angevine de ce nom, voua son fils au saint évêque, et en obtint la guérison. Aussitôt que Conan fut en état de marcher, Ermengarde l'amena à Saint-Nicolas d'Angers, acquitter son voeu, et le fit accompagner par son autre fils, Geoffroi, et par le baron Robert de Vitré. Les princes se présentèrent à l'autel pour rendre grâces à Dieu, par l'intermédiaire du saint évêque de Myre. Conan, Geoffroi, son père et Robert de Vitré coupèrent une partie de leurs cheveux, les laissèrent sur l'autel en signe d'hommage lige, et la duchesse fit don à l'abbaye de la meilleure des trois écluses qu'elle possédait sur la Loire. La joie qu'éprouva Ermengarde à la guérison de son fils, fut bientôt interrompue par la mort funeste de son propre frère, Geoffroi Martel, prince doué de toutes les vertus chrétiennes, civiles et militaires. Ce prince, le deuxième de son nom qui apparaisse dans notre histoire d'Anjou, venait de prendre le gouvernement de la province, et sa bravoure, tempérée par les plus nobles qualités de l'esprit et du coeur, promettait de faire oublier le règne violent de Réchin. L'Anjou était infesté de voleurs et de pillards; un grand nombre de barons étaient de petits tyrans qui ne reconnaissaient plus de maître, et dont le chef était le seign eur de Montrevault et de Candé. Geoffroi voulut assainir son pays du fléau qui l'opprimait, et pour commencer, il s'efforça de faire rentrer dans le devoir les vassaux et les grands. Il fallut en venir aux armes pour réduire à l'obéissance les nobles guerroyeurs. C'est alors que Geoffroy Martel, assisté du duc de Bretagne et de Robert de Bellême, vint assiéger Candé, au mois de mai de 1106. Il flèche empoisonnée. Le jeune comte eut le bras percé, et mourut le jour suivant, dans la troisième année d'une dignité que, pour le bonheur de ses peuples, il eût dû posséder plus longtemps. Ermengarde était à Rennes en 1108 avec le duc Alain Fergent; il s'y tint en leur présence, le 10 mai, une assemblée d'évêques et de prélats où l'on voyait Marbode, évêque de Rennes, Baudri, évêque de Dol, Renaud de Martigné-Briand, évêque d'Angers, Gautier, abbé de Saint-Serge, Guillaume, abbé de Saint-Florent, et Foulques, abbé de Beaulieu. Dans cette réunion, Marbode, du consentement de son chapitre, confirma à l'abbé de Saint-Serge la présentation de plusieurs églises du diocèse de Rennes. Quelque temps après, le duc et la duchesse marièrent leur fils aîné à Mahaut, l'une des filles naturelles du roi d'Angleterre. Ce fut l'une des dernières actions d'Alain Fergent comme duc de Bretagne car l'an 1112, se sentant atteint d'une dangereuse maladie, il résolut de quitter le monde, et de se renfermer à l'abbaye de Redon, pour le reste de ses jours. Conan prit le gouvernement de la Bretagne, et Ermengarde, imitant l'exemple de son époux, se retira à Fontevrault, sous la direction de Robert d'Arbrissel. Elle est qualifiée religieuse dans le nécrologe de cette abbaye; cependant, il ne paraît pas qu'elle y ait jamais fait de voeux solennels, car, à la mort du bienheureux Robert, rappelée en Bretagne pour pourvoir aux nécessités de l'État elle quitta le cloître et revint au duché. Cette conduite lui valut les blâmes du célèbre Geoffroi de Vendôme; mais la présence d'Ermengarde était nécessaire en Bretagne, et loin de lui reprocher son retour dans le monde, l'histoire l'a béni, puisqu'il eut pour résultat le rétablissement de la paix troublée dans ce pays. Ermengarde n'avait pu être fille de Robert d'Arbrissel, sous le cloître. de Fontevrault, sans avoir été prévenue d'estime pour Raoul de la Futaie, l'un des plus illustres compagnons du saint fondateur. Raoul venait d'établir dans la forêt de Rennes un monastère de femmes dirigé par une petite communauté de prêtres, à peu près dans le même esprit et sur le modèle de Fontevrault. Ce monastère, devenu l'abbaye de Saint-Sulpice, reçut les bienfaits d'Ermengarde et de son fils le duc Conan, et fut dans la suite une des maisons les plus célèbres de la Bretagne. Un ou deux ans après, l'église de Redon, où Alain Fergent s'était sanctifié par la retraite et la pénitence, fut profanée par le seigneur de Pont-Château et quelques autres révoltés de son parti, qui y tinrent le siège contre Conan leur souverain. Ils furent pris, mais le lieu demeura un objet d'horreur, au lieu d'un objet de vénération qu'il était auparavant. Le duc envoya, l'an1126, l'abbé de Redon et l'abbé de Saint-Melaine au pape, pour implorer le secours des armes spirituelles contre les rebelles, et le pape ordonna à son légat en France, à l'archevêque de Tours et aux évêques de Bretagne, d'employer toute la sévérité épiscopale pour faire rendre à l'église tout ce qui lui était dû.

 

 

Il permit aussi à l'abbé de Redon d'appeler qui bon lui semblerait pour réconcilier son église. La cérémonie s'en fit le 22 octobre de l'an 1127 par Hildebert, archevêque de Tours, assisté de Hamelin, évêque de Rennes, de Donoal, évêque d'Aleth, de Lalo, évêque de Léon, et de Robert, évêque de Quimper. Le duc était présent avec sa mère Ermengarde. Après la cérémonie, l'archevêque se transporta à Nantes, pour y tenir son concile provincial, et remédier, par les ordres du pape, à plusieurs abus qui s'étaient insensiblement introduits en Bretagne, et qui, autorisés par l'usage, passaient enfin pour des lois. Il y en avait un qui intéressait extrêmement le duc, c'était le droit de bris ou de lagan droit cruel qui livre à la rapacité des hommes ce que la mer impitoyable n'a pas encore ôté aux malheureux dont elle a brisé les vaisseaux. Le duc eut besoin, dans cette rencontre, des remontrances et des fortes sollicitations d'une mère aussi chrétienne et aussi charitable que l'était la sienne, pour renoncer à un droit que l'usage et la possession, favorables en cela à la rudesse de son caractère, lui faisaient regarder comme un apanage de sa souveraineté. Il y renonça cependant, et pria même les évêques de vouloir prononcer l'anathème contre ceux qui voudraient en user dans la suite. Le duc et sa mère eurent encore à Nantes, l'an 1128, un autre concile tenu par le légat du Saint-Siège. Le concile fini, le légat se retira, et les évêques, qui étaient restés, assistèrent, le 15 mars, à la restitution qui fut faite, en présence du duc et d'Ermengarde, à l'abbaye du Roncerai d'Angers de l'église de Saint-Cyr, qui lui avait été autrefois donnée par le comte Budic, et depuis usurpée par des prêtres mariés qui en avaient fait leur héritage. L'année suivante, le duc entreprit plusieurs voyages de dévotion, et, accompagné d'Ermengarde, sa mère, il commença par l'abbaye de Fontevrault, à laquelle il fit une donation considérable en faveur de Mathilde d'Anjou, sa cousine, jeune princesse qui s'était trouvée veuve à l'âge de treize ans, et qui depuis ce temps-là n'avait plus voulu que Dieu pour époux La duchesse Ermengarde ne suivit pas le duc son fils dans tous ses autres voyages. Elle reçut le voile de religion de saint Bernard, abbé de Clairvaux, et se consacra à Dieu sous les lois du nouvel institut des Cisterciens. C'était la situation où elle se trouvait, lorsque le duc, son fils, l'alla voir au prieuré de Larré, auprès de Dijon, et lui donna l'île de Caberon qui est au-dessous de Nantes, qui fut depuis une des propriétés les plus considérables dont fut composée la fondation de Buzai. Foulques d'Anjou, frère aîné d'Ermengarde, étant devenu dans le même temps, c'est-à-dire vers l'an 1130, roi de Jérusalem, invita sa soeur avec tant d'instance à venir dans la Palestine, qu'elle ne put refuser de faire le voyage. Elle s'établit à Sichem, et commença à bâtir sur le puits de Jacob une église qui devait porter le nom du Sauveur. Mais avant que cet édifice fût entièrement achevé, elle se vit obligée d'abandonner un lieu trop exposé aux ravages des ennemis et s'en revint en Bretagne, où elle était le 28 juin 1135, lorsque le duc, son fils, à sa prière, fit la première fondation de l'abbaye de Buzai, en donnant aux religieux de Clairvaux l'île de Caberon, dont il investit à Nantes Nivard, frère du saint abbé de Clairvaux. La duchesse était encore à Nantes le 5 novembre de la même année, et ne contribua peut-être pas peu à porter son fils à rendre à l'évêque de Nantes plusieurs églises dont, il avait disposé d'une manière dont l'évêque avait cru devoir se plaindre au pape. Dans l'acte passé à Nantes le 28 juin, il est parlé de la comtesse Mahaud, épouse de Conan. C'est la seule fois qu'il soit question d'elle depuis son mariage, excepté à la donation faite à Saint-Sulpice. Le duc avait de très-violents soupçons de sa conduite, et de deux enfants qu'elle avait eus, Berthe et Hoel, le duc ne reconnaissait que Berthe, et regardait Hoel comme bâtard. Cependant ses ressentiments n'éclatèrent dans le public qu'après la mort d'Ermengarde, et l'on ne peut attribuer qu'aux conseils d'une mère si vertueuse la violence que se fit Conan pour conserver quelques ménagements et quelque apparence d'union avec une femme par laquelle il se croyait déshonoré. Ce fut apparemment pendant le temps qu'Ermengarde était retirée au prieuré de Larré, avant son voyage de Palestine, que saint Bernard, son père spirituel, lui écrivit quelques lettres, où il exprime des sentiments si tendres pour elle, mais de cette tendresse que forme la charité, et où les sens n'ont point de part. Saint Bernard ne désapprouva peut-être pas le voyage d'Ermengarde en Palestine, parce qu'il y a de l'apparence que si elle eût pu former un établissement solide à Sichem, elle y aurait fait fleurir l'institut de Citeaux. Aussitôt après son retour, elle procura en Bretagne ce qu'elle n'avait pu faire en Syrie; elle établit des enfants de saint Bernard à Buzai, leur fit du bien, et porta son fils à leur en faire. Mais il était arrivé, bientôt après, que le duc, ayant eu la guerre à soutenir contre ses barons, fut contraint d'ôter à Nivard et aux autres religieux de Buzai une partie des propriétés qu'il leur avait données. Saint Bernard vint en Bretagne visiter ses religieux vers l'an 1144, et trouvant le lieu pauvre et incommode, il en eut une douleur sensible, reprocha au duc un peu vivement le peu de sûreté qu'il y avait à se fier à ses promesses, et commanda à l'abbé et aux autres religieux de Buzai de s'en retourner à Clairvaux. Ermengarde et le duc, son fils, affligés de cette résolution, empêchèrent les religieux de s'en aller, calmèrent le saint abbé, et, par une fondation plus ample que la première, assurèrent à l'abbaye de Buzai une subsistance commode; et, en effet, c'était la plus riche abbaye de Bretagne. Le duc voulut que la postérité fût instruite que c'était à la prière de sa chère mère Ermengarde, .qu'il avait fait cette seconde fondation, et qu'il avait augmenté si considérablement la première. Cet acte eut lieu en présence de Rotaud, évéque de Vannes, d'Alain, évêque de Rennes, de Jean, évêque de Saint-Malo, d'Itérius, évêque de Nantes, et de Pierre, que saint Bernard avait établi abbé de Buzai à la place de Nivard que l'on avait jugé plus nécessaire ailleurs. Trois ou quatre ans auparavant, le duc avait de même, à la prière d'Ermengarde, augmenté la fondation de la chapelle qu'elle avait bâtie sur une des tours de la ville de Rennes, et qu'il avait dotée à l'âge de six ans; et à la prière de la même princesse, il avait donné ce bénéfice aux chanoines réguliers de l'abbaye de la Roë, en Anjou. Depuis la seconde fondation de Buzai, l'on ne parle plus d'Ermengarde. On dit à Redon qu'elle s'y retira sur la fin de sa vie, avec des personnes de son sexe qui avaient renoncé au monde, que l'on appelait béguines, et qu'elle fut enterrée dans l'abbaye comme Alain Fergent, son époux. Son corps a été conservé dans cette abbaye jusqu'à la Révolution; mais elle n'y recevait aucun culte. Sa mort arriva le premier jour de juin de l'an 1147. Elle avait eu trois enfants d'Alain Fergent Conan III, surnommé le Gros, qui fut duc de Bretagne après son père; Geoffroi le Roux, qui mourut à Jérusalem, l'an 1116 ; et Havoise ou Agnès qui fut mariée à Beaudouin, pour cause de parenté, par le pape Pascal II, quoique cette parenté ne fût qu'au sixième degré de consanguinité, selon Yves de Chartres. Le P. Albert le Grand place Ermengarde le 25 septembre mais on ne sait pourquoi, si ce n'est en suivant le ménologe de Cîteaux car elle mourut le 1er juin, comme nous l'apprenons des nécrologes de Fontevrault et de Saint-Maurice d'Angers. Ni l'un ni l'autre ne lui donne la qualité de Bienheureuse dont l'a honorée le P. Albert le Grand mais sa mémoire est restée vénérée, et tous les hagiographes bretons lui ont consacré une notice biographique.

 

 

D'après notes laissées par M. Gustave Couchot.

 

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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 15:03

Etat de l’Église en Bretagne aux XIe et XIIe siècles.

 

 


 

La société religieuse avait eu à souffrir, autant que la société civile, des invasions normandes ; les temples, les monastères avaient été ruinés et la succession épiscopale interrompue. Alain Barbe-Torte et ses successeurs se préoccupèrent de rétablir les abbayes et l'organisation ecclésiastique du pays : une charte de Conan le Tort, datée de 990, montre les neuf évêchés déjà restaurés à cette époque ; quant aux abbayes, celle de Landévennec fut relevée vers 910 par Alain Barbe-Torte lui même (voir L'abbaye de Landevennec, page n° 1), celle de Redon le fut par Conan le Tort (voir Histoire de Saint Conwoion et de l'abbaye Saint-Sauveur de Redon, page n 1), celles de Saint-Gildas de Ruis, de Saint-Jacut (voir L'abbaye de Saint Jacut de la Mer, page n° 1), de Gaël ou Saint-Méen (voir histoire de l'abbaye de Saint Meen, page n° 1), et plusieurs autres (voir l'abbaye de Bon Repos à Saint Gelven - L'abbaye de Beauport - l'abbaye de Boquen en Plénée Jugon - Ancienne abbaye de Beaulieu en Languédias  - L'abbatiale de Saint-Méen en images), par Geoffroi Ier et Alain III ; celle de Saint-Melaine de Rennes par Conan II. Cette dernière avait toujours gardé un abbé titulaire, qui en touchait les revenus, mais elle n'avait plus de moines, et le duc, en 1036 confia la restauration à un religieux de Saint Florent de Saumur, Breton d'origine, nommé Even. Du reste, pour relever la discipline ecclésiastique, il était indispensable de restaurer les monastères : il y avait, en effet, à cette époque, de graves désordres dans le clergé séculier ; les évêchés et les paroisses possédaient des domaines temporels et avaient été, comme tels, féodalisés ; les évêchés relevaient du comte, les paroisses du seigneur, et ceux ci, s'arrogeant le droit de nomination aux fonctions ecclésiastiques, en investissaient souvent des guerriers qui n'étaient pas clercs ou qui étaient des clercs fort peu recommandâmes. Il en résulta de regrettables écarts : des prêtres, quelques évêques même se marièrent, et l'on vit des femmes se qualifier de prêtresses, sucerdotissae. L'évêque de Quimper, Orscaitd, obtint d Alain Canhiart, son frère, la permission d'épouser la fille du sire de Crozon, moyennant l'abandon d'une des terres du chapitre ; cette femme, fière et hautaine, refusa un jour de saluer dans la cathédrale la comtesse de Cornouaille, et l'évêque, pour apaiser le courroux du comte, dut lui céder encore un autre domaine capitulaire. Le siège de Rennes compta, au XIe siècle, trois générations d'évêques qui se succédèrent de père en fils. Enfin, l'évêque de Dol, Juthaél (1010-1076), se maria solennellement dans sa cathédrale et dota ses filles avec le domaine temporel de l'évêché. -Ces désordres furent réprimés par le pape Grégoire VII, Juthaël, déposé par lui malgré la protection de Guillaume le Conquérant, fut remplace par Even, le restaurateur de l'abbaye de Saint-Melaine, et depuis lors le siège de Dol a toujours été dignement occupé. Au milieu de ces abus, le clergé régulier avait su conserver intactes ses traditions de science, de discipline et de vertu; aussi vit-on partout les papes, les évêques et les princes favoriser le rétablissement et la fondation des abbayes et confier aux moines l'administration des paroisses; c'est ainsi que furent fondées, au XIe siècle, les abbayes de Saint-Gildas-des-Bois, de Quimperlé, de la Chaume, de Saint-Georges de Rennes, etc. La réforme cistercienne donna une nouvelle impulsion à ce mouvement; la duchesse Ermengarde y contribua puissamment de son côté, si bien que le XIIe siècle vit créer treize abbayes cisterciennes, cinq abbayes bénédictines et neuf de l'ordre de Saint-Augustin : sur quarante et quelques abbayes bretonnes, vingt-sept furent fondées au XIIe siècle. Outre les abbayes bretonnes, l'action des institutions et des vertus monastiques se manifesta en Bretagne par l'établissement de prieurés dépendant des grandes abbayes étrangères, et principalement dé Saint-Florent de Saumur et de Marmoutier, près Tours ; ces prieurés, formés de moines le plus souvent Bretons d'origine, exerçaient autour d'eux une influence salutaire non seulement sur les moeurs, mais encore sur les lettres, sur l'architecture, l'agriculture, etc.; aussi la plupart des seigneurs voulurent-ils en fonder dans leurs fiefs. Le territoire des paroisses de Dingé et Lanrigan, par exemple, était en grande partie occupé par une forêt appartenant au sire de Combour et située sur remplacement dit aujourd'hui Lande-Huan ; le sire de Combour en avait fait don à l'un de ses vassaux, mais le nouveau possesseur ne put parvenir à la défricher et appela à son aide les moines de Saint-Florent sous Dol ; ceux-ci, moyennant l'abandon d'une partie du terrain, mirent tout le pays en culture, et réussirent si bien qu'ils excitèrent les convoitises de leurs voisins ; le sire de Tinténiac, Guillaume l'Ismaélite, s'en empara par la force (1085) et ne le restitua que sur l'intervention du duc. Pendant que les grandes abbayes françaises hâtaient, par la féconde influence de leurs prieurés, le relèvement de la Bretagne, celle-ci donnait à la France deux hommes d'un génie supérieur, Robert d'Arbrissel et Pierre Abailard. Le premier, né près de la Guerche, soulevait les populations par I'ardeur de son zèle et sa brûlante éloquente, et fondait les abbayes de Fontevraud et de Ni-Oiseau en Anjou, de Tyron au Perche, de la Roë, d'Estival et de Savigni au Maine, de Cadouin eu Périgord, d'Orsau en Berri, etc. Le second charmait les clercs et les lettrés par l'élégance de sa parole et la profondeur de son enseignement philosophique, et attirait à ses leçons des milliers de disciples enthousiasmés. Ainsi, dans cette grande époque du XIIe siècle deux Bretons ont dominé la France, l'un au nom de la foi, l'autre au nom de la science, et tous deux par une éloquence incomparable.

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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 12:39

Nous avons divisé les droits et usages singuliers de la féodalité en Bretagne en quatre catégories ; les deux premières ont été examinées dans la dernière conférence, parlons maintenant des deux autres.

 

III Droits et usages qui concernent la guerre et la chasse : prestations d'armes et de vêtements militaires.


 

On rencontre d'abord de nombreuses prestations d'éperons dorés. -En outre, le seigneur de Châteauneuf de la Noë devait recevoir du tenancier des prairies de la Gabiais une épée avec ses gardes dorées et le fourreau couvert de velours. - A une époque postérieure, il eut droit aussi, pour la jouissance d'une maison située à Cancale, à une livre de poudre à pistolet. -La redevance la plus curieuse de ce genre est celle qui était due, tous les ans. au sire de Combour par les bouchers de Dol, remplissant l'obligation imposée auparavant aux pelletiers : elle consistait en une pelisse blanche en peau, assez grande pour entourer un fût de pipe et dont les manches devaient être assez larges pour qu'un homme armé pût y passer facilement le bras. L'on trouve aussi des prestations de chasse et de fauconnerie, consistant en anneaux, sonnettes, chaperons, gants pour faucons, et même en gibier vivant. Le possesseur du Clos-Lamdeau devait au sire de Coislin en Cambon, près de Pontchâteau, à la Toussaint et à Noël, une bécasse, deux chapons, deux roses naturelles, l'une blanche et l'autre rouge, deux giroflées et une paire de gants.


 

Droits et usages qui ont un but d'utilité publique; exercices de corps et exercices militaires sous diverses formes.

 

 


 

La quintaine.


 

-Le droit de quintaine existait dans toutes les seigneuries de quelque importance. Les nouveaux mariés de l'année devaient fournir devant leur seigneur trois courses à cheval et frapper un poteau avec une longue gaule appelée quintaine ; si l'un d'eux tombait ou ne brisait pas sa gaule à lune des trois courses, il était passible d'une amende de soixante sous. Parfois un mannequin armé d'une lance était fixé au poteau et monté sur un pivot, en sorte qu'il tournait sur lui-même si le coup n'était pas porté juste au milieu de la poitrine, et frappait le coureur maladroit. Ce droit, devenu dans la suite un simple amusement populaire, est évidemment un reste des jeux militaires qui avaient pour but dans le principe d'exercer tous les hommes du fief au maniement des armes. Toutes les quintaines n'étaient pas courues à cheval. Quelquefois le poteau était placé au milieu d'une rivière et les coureurs se plaçaient à l'avant d'un bateau. - A Pontivy, les cordiers devaient fournir un petit chariot avec des cordes, et les mariés de l'année, d'après une liste dressée par le recteur, étaient traînés sur ce chariot par les routeurs de vin et devaient briser chacun trois quintaines contre un poteau; la fête avait lieu le mardi de Pâques, sur la place du Martray. - A Loudéac, la course était fournie à cheval, le lundi de Pâques, et précédée d'une procession du cortège autour de l'église. -A Malestroit, une chute n'entraînait aucune amende, mais les possesseurs de deux maisons du bourg étaient tenus de fournir du feu et de la paille pour brûler... la partie du corps coupable d'avoir quitté la selle. Le saut des nouveaux mariés. -Au Vieux Bourg de Quintin, les nouveaux mariés étaient tenus, le dimanche après la Saint-Jean, sous peine de quinze sous d'amende, de sauter par dessus une fosse remplie d'eau, creusée dans une prairie nommée le Pré de la cave bénite ; une rainure, longue d'environ 10 pieds 3 pouces et pratiquée dans le mur de l'église, au pignon du portail, marquait la largeur de la fosse. Ce droit était assez rare.


 

Le saut des poissonniers,


 

-Celui-ci, au contraire, était fréquent. Il consistait en un bain imposé, le lundi de Pâques, à ceux qui avaient vendu du poisson vert (sec) eu carême; il existait notamment à Guingamp, Bécherel, Chàlcaugiron, Châteauneuf de la Noë, Combour, Saint-Piat près Pleudihen, etc. -A Rochefort, le poissonnier devait se rendre à l'orme de la Tahurte, où se trouvait le duc d'Amour avec les ofliciers du seigneur ; après s'être dépouillé de ses vêtements, il mettait un genou en terre devant le duc d'Amour, qui lui baillait la bénédiction avec le pied gauche, puis il se jetait dans l'étang du Colombier. On ne se contentait pas de cette dure exigence, on y ajoutait l'ironie : un tenancier, pour la jouissance de sa maison, fournissait une chaudière de terre toute neuve, remplie de feu, qui était priée dès le matin sur les bords de l'étang, sous le plaisant prétexte de chauffer l'eau. -A Châteaubriant, le patient était plus humainement Imité : à sa sortie de l'eau il trouvait du feu, du vin et «lu boeuf. -A Pontivy, tous les poissonniers étaient conduits dans une charrette au milieu du Blavet. et ils en sortaient comme ils pouvaient. Il faut, sans doute, voir dans ces cérémonies la vengeance du peuple, à qui les poissonniers avaient vendu fort cher de mauvais poisson pendant tout le carême.


 

La soûle.


 

La soûle était un ballon en cuir, quelquefois une boute en bois lancée par le seigneur ou par son sénéchal, et que se disputaient les hommes mariés et les célibataires ; on la rencontra, non seulement en Basse-Bretagne, mais encore à la Roche-Bernard, à Coislin, à Goulaine, à Bréal sous Montfort, etc. -A Rochefort, la soûle était fournie, le jour des Rois, par le dernier marié de l'année; il devait, sous peine d'amende, la jeter par dessus le four à ban, en ayant un pied bitant contre le mur du cimetière.


 

Les luttes.


 

-Plusieurs aveux mentionnent des luttes devant le seigneur ou son représentant ; des rubans, des ceintures, notamment à Rostrenen, étaient la récompense des vainqueurs.


 

Le cheval Mullet.


 

-Le corps paroissial de Saint-Lumine de Coulais devait au duc de Brelagne, seigneur du lieu, pour la jouissance commune d'un marais situé sur les bords du lac de Grandlieu, un cheval en bois ou en carton, revêtu d'une housse armoriée et percé d'une ouverture dans laquelle se plaçait l'homme chargé de le manoeuvrer. Le jour de la Pentecôte, ce cheval était transporté à l'église dans le banc seigneurial ; à l'issue de la grand'messe, le premier trésorier de la fabrique, velu d'une colle d'armes semée d'hermines, montait sur le cheval, ou plutôt dans le cheval, et faisait trois fois le tour de la place de l'église, au milieu de laquelle on avait planté un mai. Le cortège se composait d'un ou de deux sergents de la juridiction (huissiers du tribunal), de deux tambours, du cheval Mallet et du cavalier, de deux porteurs d'épée qui devaient frapper constamment leurs armes l'une contre l'autre, d'un homme muni d'un bâton ferré aux deux bouts qu'il frappait également contre les épées, et enfin d'un musicien sonnant du cor. Le cortège dînait ensuite à l'auberge aux frais des mariés de l'année, puis se rendait aux vêpres, où le cheval reprenait sa place dans le banc seigneurial; après les vêpres, on recommençait dans le même ordre neuf fois le tour de la place, en faisant embrasser le mai au cheval tous les trois tours, la fête se terminait par une chanson nouvelle chantée par l'homme au bâton ferré; cette chanson devait faire allusion aux événements plaisants ou scandaleux qui s'étaient passes depuis un an dans la paroisse.Cette cérémonie est évidemment un dernier vestige des exercices militaires des hommes du fief; on y reconnaît même les diverses catégories de l'année féodale : le cheval figurait le seigneur, - les porteurs d'épée, les vassaux nobles, -et l'homme armé d'un bâton, les sujets roturiers.

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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 08:55

I° Droits et usages singuliers de la féodalité en Bretagne

 

Ces droits étaient de natures fort diverses et peuvent être classés en quatre catégories : Droits et usages ayant pour objet de conserver le souvenir de quelque concession ou de quelque grâce faite par le seigneur à son vassal. L'on n'avait pas, au moyen-âge, une confiance absolue dans l'écriture; aussi chercha-t-on longtemps à prouver les contrats par le témoignage verbal. On faisait, par exemple, assister de jeunes enfants à la vente ou à la donation d'une terre, puis on leur tirait les oreilles ou on leur donnait, au contraire, des friandises, et l'on s'assurait ainsi de leur témoignage pendant toute leur vie. Souvent aussi, pour préserver de l'oubli une convention ou une grâce, on instituait une cérémonie qui devait se répéter annuellement ; mais, à la longue, le souvenir s'en effaçait néanmoins presque toujours, et la cérémonie subsistait sans que personne put en indiquer l'origine. En voici quelques exemples :


 

Le service du villain d'argent.

 

 

-Le tenancier du fief de la Johelais devait au seigneur de Coislin, dans la seigneurie de Pontchàteau, le dimanche après la Saint-Jean-Baptiste, une pièce d'argent figurant un homme à genoux et tête nue, « vulgairement appelé le villain d'argent ; » interrogé sur le motif de cette remise, le tenancier devait répondre : « Pour avoir désobéi et desservi notre seigneur . »


 

L'âne du prieur de Saint-Biaise.


 

-Le prieur de Sainl-Blaise, pour la jouissance d'une prairie appelée Pré aux Bittes, devait fournir au seigneur de Machecoul, à l'Ascension et à la Pentecôte, deux faix de jonc vert portés sur un âne ferré à neuf des quatre pieds et conduit par quatre hommes ayant chacun une paire de souliers neufs à simple semelle; une amende de soixante sous et un denier était encourue si l'un des hommes n'avait pas des souliers à simple semelle, si un clou manquait à la ferrure de l'âne, ou si l'animal tombait sur les ponts ou dans la cour, ou y commettait quelque incongruité. Cette cérémonie était de nature à égayer grandement les spectateurs, c'était une fêle véritablement populaire; aussi le sire de Retz, dont dépendait Machecoul, afféageant plus tard son grand four à ban, se contenta d'une simple rente de douze livres, avec deux boites de jonc dans les mêmes conditions que celles de Saint-Blaise.


 

Le droit de grenouillage.


 

-Ce droit consistait à faire frapper l'eau avec des bâtons pour imposer silence aux grenouilles ; il était fort rare en Bretagne. Il existait pourtant au profit de l'évêque de Saint-Brieuc ; certains vassaux, pour la jouissance de deux maisons, devaient, la veille de la Saint-Jean, pendant vêpres, frapper les eaux d'un ruisseau, à Saint-Brieuc, en disant : « Grenouilles, taisez-vous, laissez Monsieur dormir. »


 

La tranche de pain de Moëlien.


 

- le seigneur de Moëllien, près de Brest, devait au seigneur de Kervent et du Plessis-Porzai une tranche de pain de seigle posée sur une charrette attelée de deux taureaux et qu'il conduisait lui-même, en costume d'apparat, mais chaussé de sabots et coiffé d'un bonnet de laine. Ce singulier droit, dont le seigneur de Kervent accordait, du reste, presque toujours dispense, avait probablement pour origine un refus d'obéissance du vassal.

 


 

II° -Droits et usages qui ont surtout le caractère de fêtes et de divertissements populaires.


 

Plusieurs des cérémonies qui viennent d'être décrites pourraient être rangées dans cette catégorie; l'on peut citer en outre :


 

Les rosières.


 

-On les retrouve assez fréquemment. A Saint-ldeuc, le lundi de la Pentecôte, les jeunes garçons devaient faire une rose en bois peint armoriée des armes du seigneur, et après avoir salué le seigneur et lui avoir présenté la rose, ils la remettaient à celui d'entre eux qu'ils désignaient pour roi, et celui-ci en faisait don à la jeune fille de son choix.


 

-A Paramé, la même cérémonie avait lieu le jour de l'Ascension, mais c'était le seigneur qui nommait le roi des jeunes gens. Les danses et les chansons des nouvelles mariées.


 

-A Montfort, le jour, de la Saint-Jean, le seigneur de Tréguil devait remettre devant le cimetière un chapeau de fleurs de chèvrefeuille aux officiers du comte de Montfort, cux-ci le portaient sur la Motte-aux-Mariées, où le procureur fiscal eu couronnait successivement toutes les nouvelles mariées depuis un an ; celles-ci devaient danser, chanter une chanson et embrasser le seigneur ou son procureur fiscal, ou payer un


 

-Le sire de Châteaugiron avait droit, le Ier mai, sur le lieu des Ourmaux, à une ceinture de bergère et à une chanson.


 

-Au faubourg Saint-Hélier de Rennes, les femmes mariées dans l'année devaient sauter du mur du cimetière dans le chemin, en chantant :

Si je suis mariée, vous le savez bien ;

Si je suis heureuse, vous n'en savez rien.

Ma chanson est dite, je ne dois plus rien.


 

La procession de la Drague et le duc d'Autour.


 

-Le mardi et le mercredi après la Pentecôte avait lieu à Rochefort-en -Terre une cérémonie appelée le Jet au duc, dans laquelle un sujet, nommé le Duc d'autour, devait promener une drague et son poulichot ; la drague était un mannequin imitant grossièrement un dragon : la fête était accompagnée de danses et de libations.


 

-Des processions analogues avaient lieu à Sérent et à Marzan.


 

Les redevances de fleurs et de bouquets, à Donges, Dol, Moutforl, Vitré, etc.


 

Le brûlis des filasses.


 

-A Rochefort, le duc d'Amour devait aller chercher dans toutes les maisons, le lundi de Pâques, les lins et chanvres qui n'étaient pas encore broyés et teilles, et les brûler à la cohue pour punir de leur paresse les mauvaises ménagères ; la dernière mariée devait assister à celte exécution et chanter une chanson nouvelle.


 

-Le même droit existait à Bécherel et dans plusieurs autres localités. Toutes ces cérémonies avaient lieu, on le voit, pendant la belle saison, ce qui prouve encore mieux leur caractère de fêtes populaires.

 

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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 08:20

Territoire de la seigneurie.


 

Il était ordinairement divisé en trois parts inégales. Le seigneur se réservait la première, qui constituait son domaine proche, et qui comprenait, outre une étendue plus ou moins considérable de terres, certains biens d'une nature spéciale, tels que, étangs, rivières, moulins, forêts, carrières, etc.. La deuxième part formait les mouvances ou fiefs nobles; elle était concédée héréditairement aux vassaux nobles à charge d'hommage, de fidélité, de soumission à ta cour, c'est-à-dire au tribunal du seigneur, et d'aides féodales, c'est-à-dire de secours en argent dans certains cas particuliers, principalement quand le seigneur était armé chevalier, quand il se mariait ou mariait son héritier, quand il partait pour la croisade, ou était fait prisonnier. - L'inaccomplissement de ces charges ou un acte de félonie autorisait le seigneur à confisquer le fief. La troisième part constituait les censives ou tenues roturières, et était concédée héréditairement à des roturiers.

 

 

 


 

Tenanciers non-nobles.


 

-Les tenanciers roturiers étaient appelés ruslici, villani (habitants des villages), ou censarii (censiers) ; ils étaient, au XIe siècle, dans une situation bien supérieure à celle des serfs de la glèbe, qui n'existaient plus en Bretagne, mais que l'on retrouve encore en France jusqu'au XIVe siècle. Le serf de la glèbe était soumis au droit de suite : il ne pouvait quitter la terre à laquelle il était attaché, et y était ramené s'il cherchait à s'évader ; -au droit de main-morte: il ne pouvait transmettre sa tenue à ses héritiers (la coutume avait cependant fini par établir que le fils héritait de la tenue de son père quand il demeurait avec lui) ; - à la taille à merci : le seigneur pouvait exiger de lui, outre ses redevances fixes, des taxes extraordinaires ; -au droit de formariage : il ne pouvait se marier hors de la seigneurie, ni se faire prêtre sans la permission de son seigneur. Le tenancier roturier breton pouvait, au contraire, quitter la terre qu'il exploitait, l'aliéner, la transmettre à ses héritiers, se marier en payant seulement un léger droit au seigneur, entrer librement dans les Ordres, ester en justice, même contre son seigneur, et il ne lui devait que les redevances et les services limitativement fixés par la coutume ou par une convention. Ces redevances consistaient moins en argent qu'en blé, bestiaux, volailles, miel, etc. les services comprenaient les charrois, les corvées pour l'exploitation des terres du domaine proche du seigneur, le curage des fossés, le guet, la garde du château en cas de guerre, et le service militaire. Le service militaire, en effet, n'était pas le privilège exclusif de la noblesse; à côté des seigneurs fervêtus, maniant la lance et l'épée, avec leurs longs hauberts de mailles, leurs casques à nasal et leurs boucliers, se trouvaient les sujets roturiers, protégés par de simples jaques de cuir, et armés de vouges, d'arcs ou de faux. Les villains du Xe siècle proclamaient eux mêmes qu'ils jouissaient d'une condition libre des liens du servage; le Cartulaire de Redon contient une charte de 1050 environ, dans laquelle les tenanciers déclarent vouloir être conservés par l'abbé dans leur litterlê ancienne et lui faire à tout jamais le libre service qui constitue le service des villains. Telle était la condition des paysans en Bretagne, condition qui eût été excellente sans les guerres fréquentes qui dévastaient les campagnes et leur otaient toute sécurité. -Il faut noter cependant que l'on trouve jusqu'au XVe siècle des traces du servage de la glèbe dans une partie du comté de Léon; ce fait s'explique par l'origine de ce comté, et il prouve une fois de plus que tous les seigneurs n'avaient pas suivi l'exemple d'Alain Barbe-Torte. Les seigneurs et les paysans vivaient en bons termesv; ils étaient du même sang et ne connaissaient pas cette haine profonde qui divise toujours la race conquérante et la race conquise. Leurs relations étaient même souvent empreintes d'une sorte de familiarité et égayées par «les usages et des cérémonies à la fois féodales et populaires dont il faut maintenant dire quelques mots. 

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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 07:22

La vie dans les campagnes aux XIe et XIIe siècles.


 

Nous allons pénétrer maintenant dans l'intérieur d'un fief et étudier son organisation et la condition de ses habitants. Le château féodal. -Le chef-lieu de la seigneurie était le manoir ou château ; au XI siècle, il se composait d'une tour construite sur une butte de terre. La tour était presque toujours en bois : une charte du Cartulaire de Redon parle de la construction du château de Josselin et mentionne la pose, non pas de la première pierre, mais du premier pieu. Les butter étaient ordinairement artificielles ; on les appelle aujourd'hui mottes féodales ; elles avaient de vingt à cinquante pieds de hauteur. Autour d'elles s'étendaient de vastes enceintes où venaient se réfugier les populations en cas de guerre; ces enceintes étaient entourées de remparts en terre couronnés de palissades en bois ou de haies vives, et enfin, en avant des retranchements étaient creusés de larges fossés. Les châteaux entourés de haies vives ont souvent laissé aux terrains qu'ils occupaient les noms de Plessix, Breilon Haie ; le nom de fa Motte rappelle aussi l'existence de ces demeures. Les châteaux du XIe siècle étaient parfois situés, comme à Vitré, sur un promontoire escarpé s'avançant entre deux vallées; mais ils occupaient le plus souvent le fond d'une vallée, comme le château de Fougères, ce qui permettait d'inonder facilement leurs abords. Ce système de défense était suffisant au XIe siècle, car on ne disposait pas alors de puissants moyens d'attaque; au XIIe siècle, les machines de guerre, balistes et catapultes, devinrent plus redoutables, et il fallut augmenter les fortifications des places fortes. Les tours de bois furent remplacées par de grands donjons en pierre, de forme carrée ou circulaire, ordinairement sans motte, et auxquels on accédait par une échelle qui aboutissait à la hauteur du premier étage ; les enceintes extérieures furent elles-mêmes construites en maçonnerie, et l'on continua à s'assurer les moyens d'inventer en cas de besoin, les abords de la forteresse Il existe encore en Bretagne de nombreuses mottes du XIe siècle, mais on ne peut citer avec certitude qu'un seul donjon de pierre datant de la fin du XIIe siècle ou du commencement du XIIIe siècle, c'est celui de Trémazan, dans la commune de Landunvez, près de Brest : il se compose d'une tour carrée élevée sur une motte qui a été maçonnée.

 

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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 06:27

Les principales seigneuries de Bretagne


 

Au XIe siècle, le centre du pays était couvert de forêts et beaucoup moins fertile que le littoral, ce qui a fait souvent comparer la Bretagne au crâne d'un moine, nu au sommet, garni de cheveux tout autour. Lors de la répartition des fiefs entre les principaux vassaux, les ducs ont été obligés pour ce motif de donner une grande étendue à ceux de la partie centrale, vu la mauvaise qualité du sol, la difficulté de le défricher, de le peupler, de le mettre en valeur. C'est ainsi que le vaste territoire appelé jusqu'au IXe siècle Poutrecoët (Pays à travers bois) ne comprit dans l'origine que trois fiefs : Gaël-Montfort, qui fut divisé dans la suite, -Malestroit, -et Porhoët ; cette dernière seigneurie avait été créée vers la fin du Xe siècle au profit du comte Guéthenoc ; Guéthenoc y construisit un château qui ne fut achevé que par son fils, Gozlin ou Josselin, et prit le nom de Châtel-Josselin, puis simplement Josselin.

 

 

 

En 1128, le comte de Porhoët partagea ses états entre ses deux fils, Alain et Eudon, en suivant à peu près le cours de l'Out; il donna Porhoët à l'aîné avec Josselin pour capitale, et Rohan au cadet avec Pontivy ; le fief de Rohan était plus étendu, mais aussi plus stérile que le premier. C'est ainsi encore que furent constituées les grandes mais peu fertiles seigneuries de Quémenet-Heboë, de Poher, de Gourin, de l'Argouët (Pays des bois).

 

 

 

Les fiefs de l'intérieur comprenaient donc de vastes territoires. Il en était autrement sur le littoral ; dans ces riches pays, les ducs conservèrent comme domaine proche un certain nombre de grandes châtellenies telles que Guérande, Vannes et Musillac, Ruis, Aurai, Hennebont, Carnoët et Quimperlé Concarneau, Quimper, Châteaulin, et ils curent soin de ne donner à leurs vassaux que des seigneuries relativement peu étendues : Donges, Pont-Château, la Roche-Bernard, dans le comté de Nantes; Rieux,dans le comté de Vannes ; Pont-l'Abbé, Quémenet, Crozon-Porzai, Le Faou, Daoulas, dans le comté de Cornouaille, etc. Au Nord, toutefois, l'on rencontre trois grands fiefs côtiers : le fief créé par l'archevêque Wicohen, -le comté de Penthièvre, - et celui de Léon; mais le premier a été très promptement divisé, en sorte qu'il ne resta plus que deux grandes seigneuries faisant exception au principe qui vient d'être posé ; et encore le comté de Léon n'est pas une exception, car il n'a pas été constitué par les ducs.

 

 

Pendant qu'Alain Barbe-Torte combattait les Normands, un guerrier, dit Even le Grand, les expulsa de l'évêché de Léon et se proclama, par droit de conquête, comte indépendant; il reconnut la suzeraineté du duc, mais il garda intact le fief qu'il avait conquis. -Le seul grand fief du littoral créé par l'autorité ducale est donc l'apanage de Penthièvre, nous avons vu dans quelles circonstances. Il convient de placer ici deux observations, contre deux erreurs généralement admises. On a souvent répété que les premiers seigneurs des grands fiefs étaient les puînés des anciennes dynasties comtales; mais cette prétention, absolument d«;nuée de preuves, semble avoir une origine assez récente. -De même, dans l'exposé des divisions féodales, il n'a pas été question des neuf baronnies de Bretagne, si souvent citées cependant par nos historiens. C'est que tous les seigneurs tenant immédiatement une terre du duc, et il y en avait un grand nombre, étaient barons, mais ce titre était attaché à la personne et non à la terre; quant aux neuf baronnies de Bretagne, opposées aux neuf évêchés, elles ont pour origine une légende inventée au XVe siècle, et ne prirent rang qu'en 1451 dans les institutions officielles.

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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 16:30

Conan III dit le Gros (1112-1118).

 

 

Le règne de Conan III marque le triomphe définitif de l'autorité ducale; ce duc n'eut à réprimer aucune révolte féodale, il s'attribua, au contraire, une mission de justicier vis-à-vis des seigneurs qui tyrannisaient leurs sujets ou inquiétaient leurs voisins, tels que Savari de Donges et Olivier de Pontchâteau (1127). Il se laissa même parfois entraîner un peu loin dans ses répressions et écouta trop facilement certaines plaintes peu justifiées ; c'est ainsi qu'il s'empara «le la baronnie de Vitré (1135) et en expulsa le baron Robert II ; celui-ci chercha d'abord un refuge à Fougères, puis à Mayenne, puis à Laval, et enfin dans la forêt «le l.a Guerche, où il continua à batailler contre le duc; il fut assez heureux pour le surprendre au pont de Visseiche et lui infliger un échec. Il rentra alors à Vitré et reprit possession de son fief (1141), mais il se garda bien de continuer la lutte ; l'autorité ducale était si fortement établie qu'il se hâta, au contraire, de se réconcilier avec son suzerain et de lui faire sa soumission. Dès la fin du XIe siècle, les ducs de Bretagne dominèrent définitivement, on le voit, la confédération féodale; c'était là, d'ailleurs, une nécessité, car la féodalité serait devenue l'anarchie si le suzerain n'avait joué un rôle prépondérant et exercé un ministère de justice et de protection à l'égard des faibles : c'est ainsi qu'Alain Fergent et Conan III comprirent et accomplirent leur mission, la duchesse Ermengarde avait puissamment contribué à ce résultat ; son influence sur le gouvernement de son mari et de son fils est attestée par de nombreuses chartes et proclamée par une lettre que lui écrivit Geofroi de Vendôme, l'un des hommes les plus illustres de ce temps. C'est à elle que sont dues deux réformes importantes : elle fit sanctionner par le duc, pour son domaine proche, deux décisions du concile de Nantes de 1127, portant la suppression du droit de bris et d'un droit analogue au droit d'aubaine. Le premier dépouillait les naufragés, au profit du seigneur du littoral, de tout ce que la tempête avait épargné de leur navire et de sa cargaison ; le deuxième accordait au seigneur, en l'absence d'héritiers directs, les biens mobiliers de l'époux prédécédé, à l'exclusion du survivant. Cet exemple ne fut malheureusement pas imité par tous les seigneurs, malgré les anathèmes du concile de Nantes.

 

 

 

Description des principales seigneuries de Bretagne.

 


 

Les fiefs et seigneuries de Bretagne ont été constitués, aux Xe, XIe et XIIe siècles, principalement par les dynasties ducales de Rennes et de Cornouaille. C'est donc le moment d'étudier ce que l'on pourrait appeler la construction de la féodalité bretonne. Dans cette construction, l'une des parties les plus importantes, c'est l'établissement des fiefs-frontières du côté de la France, puisque ce sont les possesseurs de ces fiefs qui furent chargés de repousser les attaques de l'étranger contre la Bretagne. Pour donner plus de force à la frontière bretonne, l'autorité ducale employa deux moyens : d'une part, elle n'y mit point de petits fiefs, elle y constitua une ligne continue de grandes et puissantes seigneuries; d'autre part, elle donna ces fiefs à des Bretons de race, qui amenèrent avec eux des colonies de bretonnants fortement imprégnés du sentiment et du patriotisme bretons. Les grandes seigneuries pouvaient, à un moment donné, constituer pour les ducs un danger intérieur, mais il fallait avant tout fermer fortement le pays aux étrangers, et de petits fiefs n'auraient pu opposer aux envahisseurs une sérieuse résistance. Au Sud de la Loire se trouvait la baronnie de Retz, contenant environ cinquante paroisses, avec les châteaux de Machecoul, Pornic, etc ;...

 

 

-la Benasle, qui comprenait vingt-six paroisses, la moitié poitevines, la moitié bretonnes, et formait la marche du Poitou et de la Bretagne; eette organisation était éminemment favorable au maintien de la paix, aussi se produisit-il fort peu d'attaques de ce côté ; -Clisson, petite seigneurie, mais gouvernée par des seigneurs très remuants ; -Vertou, seigneurie ecclésiastique, flanquée des petites châtellenies de Goulaine et du Palet. Ces deux derniers fiefs -Clisson et Vertou constituaient, l'un par son exiguïté, l'autre par son caractère ecclésiastique, une barrière insuffisante ; aussi furent-ils plusieurs fois envahis par les Angevins, et c'est un des reproches que l'on peut adresser aux comtes de Nantes.

 

 

-Au Nord de la Loire était Ancénis, avec trente à quarante paroisses et les châteaux d'Ancenis, d'Oudon et de Varades; -Châteaubriant, divisé en deux sections, sept paroisses dans le comté de Nantes et quinze dans celui de Rennes ; on y trouvait les châteaux de Châteaubriant, de Teililai, de Vioreau, etc ;... -Vitré, avec plus de quatre vingts paroisses et les châteaux de Vitré, Marcillé, Châtillon-en-Vendelais, Chevré, etc. ; -la Guerche. avec huit paroisses seulement ; -Fougères, avec cinquante paroisses. -Enfin, tout à fait au Nord, était le grand fief constitué par l'archevêque de Dol, Wicohen, s'étendait du Couesnon à l'Arguenon et comprenant environ cent vingt paroisses; mais il se subdivisa promptement et forma les seigneuries de Dinan, de Bécherel, de Châteauneuf, de Dol et de Combour avec de puissants châteaux.

 

 

-Tous ces fiefs, on le voit, sauf Clisson et Vertou, étaient assez forts pour résister efficacement aux attaques du dehors. Le second moyen employé par les ducs pour compléter la défense des frontières fut d'en confier les principaux fiefs à des seigneurs de Basse-Bretagne, qui amenèrent avec eux des colonies de Bretons bretonnants et exaltèrent ainsi le sentiment national jusqu'aux limites extrêmes du pays. L'on trouve la preuve de ce fait dans les noms éminemment bretons des premiers possesseurs de ces fiefs. Pour Retz, ce sont Gestin, Harscooët;... -pour la Benaste, Jarnogon ; -pour Ancenie, Alfrit, Guéthenoc ; -pour Châteaubriant, Tihern, Brient; -pour La Guerche, Manguinoë ; -pour Vitré; Riwallon ; -pour Fougères, Main ; -pour Combour, Riwallon. -Clisson seul fournit des noms d'origine germanique : Baudri, Gui, etc., ce qui est une nouvelle preuve de la négligence des comtes de Nantes pour assurer la défense de leur frontière. Le chroniqueur Le Baud nous apprend comment Riwallon reçut l'investiture du fief de Vitré. Vers l'an 1000, le duc Geofroi 1er tenait à Aurai un grand Parlement, c'est-à-dire une assemblée générale de ses barons et féaux où se décidaient les affaires importantes du duché; au cours de la discussion, le sire de Quémenet-Héboé (c'est-à-dire d'Hennebont), qui comptait dans le pays un grand nombre d'amis et de parents, s'emporta contre le duc au point de lui infliger publiquement un démenti.

 

 

Geofroi Ier, indigné, quitta la salle et aucun des assistants n'osa se retirer à sa suite. Mais Riwallon, informé de ce qui s'était passé, sortit de son château, situé près de là, tua l'insulteur d'un coup de lance, puis alla s'enfermer dans le château de Rennes, dont il avait la garde. Pour le récompenser de son dévouement, Geofroi, en échange de sa seigneurie d'Aurai. constitua en sa faveur la baronnie de Vitré. Les ducs ont de même établi des colonies de Bretons bretonnants dans l'intérieur des comtés de Rennes et de Nantes ; ils les ont ainsi fortement bretonnisés. Aussi quand il s'est agi de se dévouer pour le salut, l'honneur ou la gloire de la patrie, les Bretons de Haute-Bretagne se sont toujours montrés au premier rang.

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