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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 15:50
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21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 14:11

 

Hemyock castel qui fut propriété de la famille de Dynham

et armoiries du Lord Dynham

 

Olivier premier, vicomte de Dinan, époux de Ganna, et fils de Joscelin de Dinan (voir Les Sires de Dinan par Anatole de Barthélémy, page n° 1.) était présent à la Bataille d'Hastings, ce mois de septembre 1066. L'aîné de ses fils, Geoffroy de Dinan fut à l'origine de la fondation du prieuré de la Madeleine sis en sa cité de Dinan, mais aussi l'an 1122, assisté de son épouse Orieldis et de son fils aîné Olivier II accorda à l'ordre de Marmoutiers « deux manoirs que je tiens en Angleterre par don du roi Henry. » Henry Premier Beauclerc, le plus jeune des fils de Guillaume Le Conquérant récompensa ainsi le sire de Dinan pour ses services rendus. Anatole de Saint-Barthélémy qui a fournit une généalogie sur la Maison de Dinan écrit au sujet de Geoffroy premier de Dinan : «  Le secours qu'il prêta au duc de Normandie Guillaume le Bâtard, lorsque celui-ci entreprit la conquête de l'Angleterre, lui fit donner des fiefs par ce prince au-delà de la Manche; aussi en 1122 nous le voyons disposer de Notuella et de Helpefort en faveur de Marmoutiers : il avait aussi, probablement par suite d'une donation du comte Etienne à son père, ce qui devint plus tard la châtellenie de Jugon. L'histoire qui garde le silence sur les exploits de Geoffroi Jet, nous révèle seulement , sans donner de détails, qu'il eut avec Gilduin de Combourg des démêlées qui furent terminées par l'intervention de l'archevêque de Dol  La femme de ce seigneur se nommait Radegonde Orieldis ou Oriou» Mais le dit Olivier Ier de Dinan fut il réellement présent à la Bataille de Hastings, selon Michaël Jones, rien ne l'atteste à travers les actes contenus dans le Domesday book. En revanche, ce dernier de poursuivre : «  A l'évidence, tout indique plutôt leur introduction en Angleterre par Henri Ier, qui, avant son avènement en 1100, s'était constitué une suite importante parmi l'aristocratie locale du Cotentin et de la Bretagne du nord-est. Au nombre des Bretons qui apparaissent, à partir de ce moment, dans les documents anglais, nous trouvons des voisins de la famille de Dinan, tels que Alain FilzFlaald, sénéchal héréditaire de Dol (et ancêtre de la Reine Elisabeth II), Guillaume d'Aubigny, surnommé Brito, de Landal, et Brian FitzCount, un fils illégitime de Alain Fergent (le Felgan de Wace)... »

Alain Felgan vint el passage,

Ki des Bretunz out grant barnage;

De Peleit le filz Bertran .

E li Sire i vint de Dinan,

E Raol i vint de Gael

E maint Breton de maint Chastel,

E cil de verz Brecheliant,

Dune Bretunz vont sovent fablant,

Une forest mult lunge è lée,

Ki en Bretaigne est mult loée ;

La Fontaine de Berenton

Sort d'une part lez le perron;

Aler i solent venéor

A Berenton par grant chalor,

Et o lor cors l'ewe puisier

Et li perron de suz moillier,

Por ço soleient pluée aveir :

Issi soleit jadis pluveir

En la forest tut envirun,

Maiz jo ne sai par kel raisun

Là solt l'en li fées véir,

Se li Bretunz disent veir,

Et altres merveilles plusors ;

Aigres solt avéir destors

E de granz cers mult grant plenté,

Maiz li vilain ont deserté.

Là alai jo merveilles querre,

Vis la forest è vis la terre;

Merveilles quis, maiz nes trovai;

Fol m'en revins, fol i alai,

Fol i alai, fol m'en revins,

Folie quis, por fol me tins

 

Olivier II, Seigneur de Dinan Nord et de Montafilant épousa Agnorie de Penthièvre (voir (voir le premier comté de Penthièvre, page n° 3). Ce son eux qui furent à l'origine de la fondation du Prieuré de Jugon l'an 1109 (voir Histoire de Jugon, page n° 1 - Fondation du prieuré Saint Etienne de Jugon), mais aussi d'un autre Prieuré sis à Boquen en la paroisse de Plenest, avant de remplacer ce Prieuré de Boquen par une abbaye cistercienne fondée au cours de l'automne 1137 (voir l'abbaye de Boquen, page n° 1). Alain le frère cadet de Olivier II, reçut pour sa part en partage la Seigneurie de Dinan Sud et celle de Bécherel (voir La défense de Bécherel), mais selon Michaël Jones, il disposait également de propriétés dans les comtés de Bedfort, Cambridge, Cornouaille, Dorset, Hampshire, Huntingdon et Northampson. Josselin de Dinan -alias Josce, le troisième frère de Olivier II et de Alain, sire de Bécherel, fut également dotés de biens en Angleterre ; il laissa pour postérité deux filles : Sybille, mariée à Hugh  de Plugenet, et Hawise, mariée à Fouke FitzWarin. Olivier de Dinan, le troisième fils de Olivier II de Dinan et de Agnorie de Penthièvre, fut le fondateur de la branche anglaise de Dinan, dite de Dinham alias Dynham. Olivier de Dinan -alias Oliver of Dinham, naquit vers l'an 1121, il reçu les terres de son cousin Roland de Dinan, fils d'Alain, sieur de Bécherel, et se retrouva ainsi en possession d'un bien considérable : on cite l'imposant manoir de Hartland dans le Devon, mais aussi des biens dans le Somerset et le Cornwall. Après la mort d'Oliver of Dynham survenue vers l'an 1183, la filiation de cette branche se poursuivit à travers Geoffroy de Dinan -alias Geffrey of Dinham né vers l'an 1145 à Hartland dans le Comté de Devon. De son épouse prénommée Elisabeth, il laissait au moins deux fils : Olivier & Geoffroy. Olivier -alias Oliver of Dynham, fut du nombre des Chevaliers ayant assisté leur souverain Jean sans Terre l'an 1214, dans la difficile tentative de reconquête des territoires que son adversaire Philippe-Auguste avaient annexés à sa couronne. Ainsi disparurent sur le continent les débris de l'empire Plantagenêt, mais surtout la Normandie, perdue à jamais pour cet héritier de Guillaume le Conquérant.                                                     

 

 

Buckland Dinham dans le Somerset

 

Oliver of Dinham devait s'éteindre le 28 juin 1221 à Buckland Dinham dans le Somerset ; il laissait pour héritier de son bien un fils Geoffrey de Dinham. Geoffrey of Dinham reçut son héritage à sa majorité, lequel consitait en biens répartis à Hartland dans le Devon et Buckland Denham dans le Somerset. Ce chevalier s'éteignit le 26 décembre 1258. Les lourdes taxes imposées à ses sujets par le roi d'Angleterre Henri III eurent pour conséquences la rébellion d'une partie de la haute aristocratie, et cette coalition des Barons anglais était menée par Simon de Montfort, l'ancien conseiller du royal qui regardait son ancien protecteur comme un incompétent. Au cours de cette période mouvementée, le Sir Oliver of Dinham choisit pour position de défendre son souverain malmené. Il intervint ainsi à de multiples reprises au Pays de Galles et ayant été assigner à comparaître par décret royal au parlement, tout laisse supposer qu'il devint alors le premier Lord de la Maison de Dinham. Il fut chargé de la garde des propriétés royales de Exeter & Taunton (clichés ci-dessous) et se retrouva à la tête d'un important patrimoine. 

 

Oliver of Dinham épousa d'abord Isolda de Cardinan, puis Isabel de Courtenay, fille de Hugh de Vere, comte d'Oxford et de Hawise de Quincy. Isabel de Courtenay était veuve de John de Courtenay, fils et héritier de Sir Robert de Courtenay et Marie de Vernon. De l'union du Sire de Dinham et de Isabel de Courtenay naquirent au moins deux enfants : Josce -alias Gauzlin of Dinham, qui suit ; et Margaret of Dinham, mariée à l'âge de 15 ans avec sir William Asthorpe. Oliver of Dinham mourut en 1299, et son fils Josce le suivit deux ans plus tard dans la tombe. Il avait lui-même contribué à enrichir énormément le patrimoine de la Maison de Dinham, ayant épousé Margaret de Hydon, issue d'une richissime famille d'une partie du Devon. On pense que Josce of Dinham et son père et deux de ses sœurs étaient probablement morts de la peste noire. Josce of Dinham laissait son fils John à la tête de la branche des Dinan d'Angleterre. Celui-ci naquit en septembre 1294, et il fit aussi carrière dans les armes, tout comme ses aïeux. Selon Michaël Jones, il fut marié jeune avec une certaine Margaret dont on ne connaît pas le nom, il fut père de John qui suit. Mais ayant une vie agitée, le dit sir John of Dinham, premier du nom, entretint des liens avec une certaine Maud de Moleton qui lui donna plusieurs enfants illégitimes et à laquelle il légua à l'usufruit, le Manoir de Buckland Denham. Il s'en fut ensuite prendre part à un pèlerinage lointain, mais n'en revint jamais. C'était au cours de l'an 1332.

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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 17:23

 

 

En ce moment, est commémoré le 950e anniversaire de la Bataille d'Hastings, que nos voisins Normands livrèrent Outre-Manche aux Saxons et à leur Suzerain Harold. Ainsi, Guillaume le bâtard, s'étant vu dépouiller du sien héritage que lui avait promis son parent Edouard le Confesseur -mort le 5 janvier 1066, décida de chasser l'usurpateur après l'avoir en vain prier de lui restituer son royaume. C'est à Lillebonne en Pays de Caux, que celui qui allait devenir pour la postérité, le Conquérant, décida de rassembler ses hommes, de tout statut, au cours de l'été 1066, avant de se lancer dans cette véritable aventure. Près de sept à huit mille hommes acceptèrent de relever le défit et d'accompagner le dit Normand dans sa conquête. Beaucoup de ces mercenaires étaient des puînés, issus d'illustres Maisons, et, plusieurs contrées y étaient représentées. Bien évidemment, il y avait des Normands, des Manceaux, des Angevins, des Poitevins, des Flamands, des Siciliens, mais aussi des Bretons, des Ecossais….La flotte, composée d'environ 650 navires, quitta le rivage normand, depuis Saint-Valery, ce 27 septembre 1066 et débarqua dans le Comté de Sussex en la baie de Pevensey le 28 septembre. Nous ne poursuivrons pas le récit de ces batailles décisives qui permirent à Guillaume, duc de Normandie de conquérir l'Angleterre, mais nous nous intéresserons à quelques unes de ces figures bretonnes qui l'assistèrent pour la circonstance -il est généralement admis que l'armée bretonne composait l'aile gauche des troupes, et que submergée par une contre-attaque saxonne, elle demanda le secours de la cavalerie de Guillaume ; on sait que les chevaliers Bretons attaquèrent et tombèrent en grand nombre. Mais combien de fiefs étaient entre les mains de ces guerriers bretons ? Certains avancent un pourcentage de 5 %, d'après une estimation effectuée un siècle après Hastings -soit près de deux-cent-cinquante fiefs. La plupart de ces soldats venaient de Haute-Bretagne, et s'ils étaient aussi nombreux, celà pourrait s'expliquer par le fait que Guillaume le Conquérant préférait les voir près de lui, en Angleterre, plutôt qu'en train de menacer la frontière de son duchié de Normaundie. Il est vrai aussi que Hoël de Cornouaille, nouveau duc de Bretagne, contrairement à son prédécesseur, Conan II, entretenait de bons rapports avec le duc de Normandie, et il lui envoya des fantassins, mais aussi des cavaliers, tous placés sous le commandement de son héritier, le futur duc breton Alain IV Fergent. On sait que Guillaume le Conquérant se réserva ainsi qu'à sa famille, près de la moitié des terres enlevées aux adversaires, le reste fut accordé aux guerriers qui l'avaient soutenu. Nous avons vu, avec l' « honneur » de Richmond, comment Alain le Roux, alias, Alan Rufus, fils cadet de Eudon de Penthièvre fut récompensé par attribution de ce comté, pour services rendus. En son temps, il fut assurément l'un des plus riches barons d'Angleterre ! Ses frères : Alain le Noir et Etienne furent aussi détenteurs de terres en la perfide Albion -on cite aussi leur frère illégitime Briend (voir le premier comté de Penthièvre, page n° 2). Un autre personnage dont nous avons brièvement abordé le sujet, joua également un rôle prépondérant Outre-Manche, avant d'en être chassé avec quelques uns de ses compatriotes, en l'an 1075, pour rébellion à l'encontre du tout puissant maître, Guillaume le Conquérant : le sire Raoul de Gaël -alias Ralph staire ou Englishman (voir les défenses des sires de Gaël, page n° 1 - les défenses des sires de Gaël, page n° 2). Du pays de Dol étaient originaires les dénommés Guihénoc -alias Wihenoc ou Guiethenauc, fils de Caradoc de la Boussac, et, Badon -alias Baderon de la Boussac son frère. Une décennie s'étant écoulée depuis la conquête, l'aîné de la fratrie se vit récompenser du château de Monmouth en Pays de Galles et fonda tout près du castel « Monmouth Priory », dédicacé à Saint-Cado.

 

 

Monmouth castel

 

 Après la conquête normande, la terre autour Monks Kirby située dans le Warwickshire, est entrée dans la propriété de Geoffroy de la Guerche, un chevalier breton qui épousa Aelgifu, fille de Leofwin de Newnham, le dernier seigneur saxon. Manifestement le dit Geoffroy était un cadet de la famille de La Guerche (voir Quelques notes sur les seigneurs de la Guerche de Bretagne). Giron, fils d'Anquetil, seigneur de Châteaugiron, fut aussi du nombre des chevaliers bretons présents à Hastings. Quoi de plus naturel, quand on sait que le dit Anquetil avait sans nul doute du sang normand dans les veines comme le suggère son identité (voir quelques notes sur l'endroit : Chateaugiron, extrait par François-Alexandre Aubert de La Chesnay). Juhel de Totnes, mort vers 1123-1130 -alias Juhel fitz Alfred, est semble-t-il, d'après son patronyme, issue d'une famille ayant des liens tant en Bretagne qu'en Mayenne. Après la conquête normande, il devint Baron de Totnes & de Barnstaple dans le Devon et disposait d'un certain nombre d'autres propriétés en ce même comté, mais tout comme le puissant Raoul de Gaël, il fut expulsé d'Angleterre et ses biens furent confisqués. Un récent ouvrage de Pierre Hillion, consacré aux Bretons présents à la Bataille d'Hastings évoque deux frères : Hervé de Hillion & Tihel de Hillion  :  Dans le Domesday Book (Great Domesday, p.117), au chapitre XLV, sont détaillées les possessions anglaises attribuées après la bataille de Hastings par Guillaume, nouveau roi d'Angleterre, à Hervé de Hillion : Ashton, Hackworthy, Chilton, trois domaines tous situés dans le Devonshire, près d'Exeter, dans le sud-ouest du pays. En examinant les cartes du Devon et en effectuant une visite dans ces villages de l'Angleterre, l'auteur a retrouvé, 949 ans plus tard, les anciens domaines attribués à Hervé de Hillion, dont celui de Upton Hellions, écrit aussi Upton Hillions, situé à 6 km de Chilton. Les propriétaires actuels de ces domaines, dont la propriété appelée "Hellions Barton", à Upton Hellions, savaient que les origines du village remontaient à Guillaume le Conquérant et que des "Hillion" s'y étaient établis à cette époque. Mais ils ignoraient qu'il existait une commune française, de l'autre côté de la Manche, baptisée Hillion. Un village armoricain que Hervé de Hillion, et d'autres combattants bretons, avaient quitté en 1066 pour tenter de trouver une vie meilleure en Angleterre (sources Agence Bretagne Presse)Enfin, Michael Jones, dans son ouvrage :  The Creation of Brittany : A Late Medieval State, évoque la présence des Bretons sur le sol anglais au XIIe siècle :  -Roald, Harscouët, Hasculf, Rualent, Gurvant et Guiomar, autant de noms patronymiques très fréquents, et de poursuivre :  l'origine bretonne de beaucoup de chevaliers au recensement de 1166, en sus de ceux seulement dénommés Brito (Walter Brito), avec des noms tels que Alured, Hervé, Jordan, Hoël, Morvan et Jarnogan, est une présomption sérieuse...Sans oublier les William Fitzalan, Brien Le Chen, Herbert fils de Gurand, Gwomar le Rotur, et Gwido Extraneus, Baderon de Monmouth *, Ranulfus Brito, Jordanus Elveredus, Neuham et Ywain filius...Etaient-ils, eux-mêmes Bretons ? Ou comptaient-ils des Bretons parmi leurs aïeux ? Un extrait du roman de Rou et des ducs de Normandie par Robert Wace mentionne aussi Raoul de Fougères, fils de Méen,  -alias Raoul Fildemen : Grant pris en out cil de Felgieres, Ki de Bretaigne out gent mult fieresRaoul de Fougères aurait accompagné Alain IV Fergent au cours de cette expédition et prit le commandement des troupes Bretonnes. Alain IV Fergent et Raoul de Fougères se connaissaient, le dit Fougères, cadet de cette Maison ayant été élevé auprès du prince Breton (voir Notice historique et statistique sur la baronnie, la ville et l'arrondissement de Fougères par MM. Amédée Bertin & Léon Maupillet, page n° 2). Le sire de Fougères  épousa Avitie, fille de Richard de Bienfaite, et fonda l'abbaye de Savigny. La charte de cette fondation est de 1112 ; ce qui nous rend suspecte sa présence à Hastings. Un certain Robert de Vitré fut aussi du nombre des guerriers présents à Hastings, ainsi que Judicaël de Lohéac, Guyon de Châteaubriand et le vicomte de Dinan. Cette famille de Dinham -alias Dynham à laquelle nous consacrerons notre prochaine page, et qui puise ses origines au sein de la famille de Dinan  (voir Les Sires de Dinan, page n° 3.). * Badon ou Baderon de Monmouth, probable frère de Guihénoc. 

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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 13:47

Epilogue :


 


 

Les derniers temps de l' « honneur » de Richmond (1398-1485).


 


 

Jeanne de Drayton, titulaire de l' « honneur » depuis 1398, est remplacée dès l'année suivante, le 20 octobre 1399, par Ralph de Nevill, comte de Westmorland, auquel le nouveau roi Henri IV concède Richmond pour la durée de sa vie. Le faible lien, qui rattachait encore d'une manière lointaine le « comté » de Richmond à la Bretagne, est complètement brisé. Ralph de Nevill conserve l' « honneur » jusqu'en 1425. Entre temps, Jean V, duc de Bretagne, qui a succédé à son père Jean IV en novembre 1399, a envoyé une ambassade en Angleterre sous la conduite d'Armel de Châteaugiron, au mois d'octobre 1409, pour prêter l'hommage du « comté ». Cette démarche a complètement échoué au point de vue du résultat cherché, à savoir la restitution de l' « honneur » au duc de Bretagne. Aussitôt après la mort de Ralph de Nevill, Henri VI, le 26 février 1426, ordonne à son « eschaetor » de remettre le « comté  » à son oncle Jean, duc de Bedford, qui le garde jusqu'à son décès survenu en 1435. Richmond étant alors revenu à la couronne, Henri VI se borne à le retenir en sa « main » pendant une quinzaine d'années. Une fois avoir donné partiellement le château de Richmond, vers 1450, à Richard de Nevill, comte de Salisbury, le même roi confie l' « honneur » à son demi-frère Edmond Tudor -en 1453. Edmond prend le titre de comte de Richmond, que continuent à usurper les ducs de Bretagne depuis Jean V ; ceux-ci, en particulier le valeureux duc Arthur III de « Richemont », connétable de France, qui a rendu célèbre le nom de Richmond, ne cesseront de porter ce titre jusqu'à Anne de Bretagne inclusivement. Edmond Tudor, père de Henri Tudor (le futur Henri VII étant mort en 1456, le « comté », pensons-nous, retourne à Henri VI qui ne s'en sépare plus. Edouard IV, monté sur le trône d'Angleterre en mars 1460, imite tout d'abord son prédécesseur immédiat, on ne se dépouillant pas de Richmond. Pais, en 1462, il donne l' « honneur » à son frère George, duc de Glarence ; seize ans après, en 1478, Clarence est exécuté. Richard (le futur Richard III), duc de Gloucester succède immédiatement à George, duc de Glarence. Il continue à détenir Richmond après son ascension au trône d'Angleterre en juin 1483, sous le nom de Richard III. Henri Tudor, déjà cité, s'intitule, cependant, comte de Richmond en se considérant comme l'héritier de son père Edmond Tudor. Henri Tudor, à son avènement en 1485, sous le nom de Henri VII, fait rentier définitivement l' « honneur » de Richmond dans les domaines de la couronne anglaise. Plus jamais le vieux « comté » quadri-centenaire n'appartiendra à des particuliers. Tout au plus, le titre sera-t-il employé, et cette fois uniquement par des anglais , à partir du XVIe siècle. Ainsi, en 1525, Henri VIII créera son fils naturel Henri Fitzroy,duc de Richmond. Le duché, disparu à la mort de ce dernier à 17 ans. en 1536. sera ressuscité, en 1623, en faveur de Ludovic Stuart, qui mourra la même année, ensuite, de nouveau, en 1641, en faveur de Jacques Stuart, comte de Lennox. Charles, cinquième duc de Richmond décédera en 1672 et, en 1675, le roi Charles II conférera le duché à son fils naturel Charles Lennox, d'où descendront les ducs de Richmond existant encore de nos jours.


 

 

Château de Richmond


 

Conclusion :


 

Créé en 1069 ou 1071, pour défendre le nord de l'Angleterre contre les Scots, l' « honneur » ou « comté » de Richmond, formé de parcelles de terres éparses dans 7 shires anglais, ayant pour centre la moitié occidentale du Norlh Riding duYorkshire, a été attribué en premier lieu à un compagnon de Guillaume le Conquérant, Alain Ier le Roux (1069/71-1089), simple seigneur breton de la famille de Pemthiêvre. Par héritage il a été dévolu successivement aux deux frères de ce dernier : Alain II le Noir (1089-1093), Etienne (1093-1137), puis à Alain III le Noir (1137-1146), fils du précédent. Un hasard successoral a fait entrer l' « honneur » dans le domaine des comtes de Bretagne, en 1148, quand Eudes II de Porhoët (1146-1154), second mari de la veuve d'Alain III, a recueilli du chef de sa femme l'administration de la Bretagne. Conan IV (1154-1171), d'abord à la fois « duc » et comte de Richmond jusqu'en 1166, n'a plus été que comte, à la fin de ses jours. Henri II Plantegenêt (1171-1183) fut le premier roi anglais qui ait mis en « sa main » le « comté » de Richmond. Son exemple devait être suivi par la suite. Constance, comtesse de Bretagne et de Richmond, en premier lieu seule (1183-1188), eut pour adjoint nominal son second mai i Ranulph de Chester (1188-1197). Richard Coeur de Lion (1198-1199) a gardé également pour lui l' « honneur » , de même que son successeur Jean sans Terre (1199-1203, 1204, en partie 1205-1212, complètement 1212-1216). Entre temps, le « comté » a appartenu à Gui de Thouars (1203-1204), régent de Bretagne, aux anglais Robert de Leicester (1204), Ranulph de Chester (en partie 1205-1212). Pierre Mauclerc (1217-1223, 1223-1224, 1225-1227, 1230-1235), prince français devenu « duc » de Bretagne en 1213, a connu bien des vicissitudes, en possédant souvent l' « honneur » de Richmond par fragments, à défaut, parfois, de la totalité. Pendant ce temps certaines parcelles ont été accordées à Ranulph de Chester ou détenues par celui-ci (1217-1225, 1227-1228, 1229-1230), quand Henri III (1223, 1224- 1225) n'a pas tout conservé. Henri III (1235-1236, 1241), après avoir dépossédé les ducs de Bretagne au profit d'un évêque (1236) et surtout de son oncle, Pierre de Savoie (1241-1266), a restitué le « comté » à la famille ducale, en faveur du futur Jean II (1268-1294, 1298-1303, 1304-1305). Edouard Ier (1294-1298, 1303-1304, 1305-1306), s'il s'est réservé peu de temps Richmond, l'a distrait des domaines de Bretagne au profit de Jean de Bretagne, puîné (1306-1326, 1326-1334). Dans l'intervalle, le détenteur fut Edouard II (1326). Jean III (1334-1341) a fait rentrer l' « honneur » dans les possessions ducales et en a joui sans aucune interruption, ce qui n'était pas arrivé depuis Conan IV, plus d'un siècle et demi auparavant. Edouard III (1341-1342), une fois avoir théoriquement accordé Richmond à Jean de Montfort (1341-1342). l'a donné à son propre fils Jean de Gand (1342-1372), et ensute, au duc Jean IV (1372-1382, 1383-1384, 1387-1391 en théorie. 1391-1398). Jean IV et Jeanne Holland ont alternativement tenu le comté entre 1382 et 1383. Richard II l'a repris, en 1384, et cédé à la reine Anne de Bohême (de 1384 à 1391) ; passé 1398, c'est-à-dire à l'époque où Jeanne d Drayton prend possession du comté, Richmond échappe définitivement aux ducs de Bretagne. Tels ont été. présentés en un schématique raccourci, les trente titulaires différents du « comté », comprenant quatre seigneurs bretons, neuf comtes ou ducs d& Bretagne, huit rois d'Angleterre, un prince breton, une duchesse de Bretagne, quatre comtes anglais, deux suzeraines anglaises et un évoque, entre la création de l' « honneur » de Richmond en 1069/71 et sa dévolution définitive à des Anglais en 1398. Comme on le voit, et contrairement à ce que l'on s'imagine, quand on pense au « comté » de Richmond, la possession de celui-ci a été très mouvementée; les ducs de Bretagne n'ont joui en réalité de l' « honneur » que pendant 125 ans sur les 250 années écoulées de 1148 à 1398. soit pendant la moitié de ce temps. D'autre part, l' « honneur » , toujours à la différence de ce. que l'on pourrait penser, n'a jamais été un beau et vaste domaine compact, analogue aux comtés traditionnels du continent, mais bien un assemblage de terres plus ou moins petites et isolées, -sauf la partie centrale de l' « honneur », -dispersées dans sept à onze ou douze comtés administratifs (shires) de l'Angleterre, principalement en bordure de la mer du Nord, au nord de Londres. Des modifications partielles survenues au cours de son existence n'ont pas altéré sensiblement les grands traits de la consistance territoriale du « comté » de Richmond. Celui-ci, productif de revenus annuels assez importants (entre 1.000 et 2.800 l. selon les époques, et généralement aux alentours de 1.200 I.), a eu une histoire vivante et intéressante, du moins espérons-nous l'avoir montré, au cours des modestes aperçus qui précèdent.

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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 13:00

La fin de la possession temporaire de l' « honneur » de Richmond par les ducs de Bretagne (1334-1398).


 

Jean de Bretagne mort, l' « honneur », selon la coutume, est mis en la « main » du roi. Quelques mois après, le neveu du défunt, Jean III, duc de Bretagne, recueille en héritage le « comté », faisant ainsi rentrer de nouveau ce dernier dans le domaine ducal breton, à la fin de mars 1334, après 29 années de séparation. Aussitôt la fidélité reçue, le duc entre en possession de Richmond. Comme ses prédécesseurs, Jean III n'acquitte pas toujours ponctuellement à l'Echiquier les rentes qu'il doit en raison de ses terres. Il obtient d'Edouard III de nombreux répits, entre 1335 et 1341. D'autre part, les nécessités de la politique sur le continent l'empêchant de quitter la Bretagne pour passer outre Manche dans son « honneur », il est fréquemment autorisé à recourir à des « attournés » et il ne semble pas s'occuper beaucoup du comté. Les ménagements d'Edouard III à l'égard de Jean III, fidèle allié de la France, évitent au duc de voir confisquer son « honneur » et les biens de ses sujets bretons en Angleterre, malgré une lutte féroce que se livrent sur mer marins et marchands anglais et bretons. Il est donc inexact, ainsi que l'a répété dom Lobineau après Froissart, que le « comté » de Richmond ait été enlevé à Jean III pour être donné (même passagèrement) à Robert d'Artois. En résumé, Jean III parvient à entretenir des relations sinon très cordiales, du moins normales, avec le roi d'Angleterre, tout en prenant militairement le parti du roi de France. Le fait mérite d'être souligné, car il contraste, par exemple, avec l'attitude que nous avons vu prendre précédemment par un Pierre Mauclerc. Au décès de Jean III, le 30 avril 1341, l' « honneur » de Richmond dont le château est dans un état lamentable, faute de réparations, revient « en la main » du roi, mais celui-ci en affecte les revenus à la « soutenance » de ses enfants : Lionel, Jean (de Gand), Isabelle et Jeanne. La reine Philippa a la garde des terres, évaluées à 2.000 marcs de revenus annuels. La querelle de la Succession de Bretagne, marquée par le célèbre arrêt dit de Conflans, du 7 septembre 1341, lance le compétiteur malheureux, Jean de Montfort, contre le roi de France qui soutient la candidature de Charles de Blois. Dès le 24 septembre, Edouard III donne à Jean de Montfort l' « honneur » de Richmond, en guise de compensation pour le comté de Montfort confisqué par Philippe VI de Valois. En février 1342, Jean de Montfort et Edouard III conviennent que le premier jouira du « comté » de Richmond jusqu'à l'assignation de terres de valeur égale en France. Cet accord restera lettre morte. En effet, le 20 septembre suivant, Jean de Gand, qui n'a pas 3 ans, est investi du « comté » au moyen du ceinturon de l'épée, avec les prérogatives de feu Jean III. L' « honneur » reste en la main du roi, sous la garde de la reine Philippa jusque vers 1355-56. Jean de Montfort qui, pratiquement, n'a jamais eu entre les mains le « comté » de Richmond et, par conséquent, n'a pas eu à prêter hommage pour ce dernier, continue à porter, à côté de son titre de duc de Bretagne, les titres de comte de Richmond et de Montfort, ainsi que de vicomte de Limoges, jusqu'à sa mort en 1315. Son fils Jean (le futur duc Jean IV) est alors placé sous la tutelle d'Edouard III. Puis, en 1353, ce dernier confirme à Jean de Gand la possession de Richmond. En 1356, on voit que non seulement Jean de Gand n'est plus « underage » ou en « nonage », mais encore qu'il possède effectivement Cheshunt et Bassingbourn. Il a la « rape » d'Hastings. En 1358, il reçoit de son père le produit des fines pour réparer son château de Richmond et les murs de la ville. Des réparations y sont encore effectuées dans les années postérieures. En attendant, Edouard III donne à Jean, en 1360, le château et la ville d'Hertford pour résidence correspondant à son « état ». Quelques mois auparavant, il lui a confirmé la détention de l' « honneur » de Richmond, après que Jean IV, duc de Bretagne, eut abandonné tous les droits qu'il pouvait avoir sur le « comté ». Dès 1361, Jean de Gand est comte de Lancastre (puis, bientôt duc), de Derby et de Lincoln, voire de Leicesler, en même temps que comte de Richmond. Il est appelé à une plus haute fortune. Il devient roi de Castille et de Léon. Aussi Edouard III, le 25 juin 1372, lui échange-t-il le petit « honneur » de Tickhill contre l' « honneur » de Richmond. Ce faisant, il prépare la réalisation d'un dessein qui nous intéresse particulièrement. Le 20 juillet suivant, Edouard III donne le « comté » à Jean IV, duc de Bretagne, qui, adolescent, a vécu à la cour du roi, tel Jean II avec Henri II, et qui a épousé en premières noces Marie, fille d'Edouard; en secondes noces, Jeanne Holland, veuve de Thomas Holland et fille du comte de Kent. Jean IV, vassal du roi de France depuis son hommage de 1366, n'hésite pas à conclure, en novembre 1372, une alliance étroite avec l'Angleterre pour prix de la restitution à lui faite de l' « honneur » de Richmond. Les armées françaises et le mécontentement de ses sujets bretons obligent le duc, dès 1373, à se réfugier en Angleterre, où il vit des revenus de son « comté » de Richmond. Après de vains efforts militaires anglais, Jean IV, rappelé en Bretagne, en 1379, par suite de maladresses de Charles V, prête de nouveau hommage à ce dernier, en 1381. Mais la duchesse Jeanne Holland, soeur de Richard II étant restée en Angleterre, l' « honneur » lui est assigné par son frère, en novembre 1382, pendant tout le temps où elle demeurera en Angleterre. Cette situation dure jusqu'à la fin de 1383. II semble qu'alors Jean IV ait joui quelques mois encore, de Richmond. En tous cas, au mois de novembre 1384, le Parlement, après avoir déclaré que Jean IV a « forfait », adjuge à Richard II l' « honneur » de Richmond. Le roi aie le conserve pas longtemps pour lui : en décembre, il en fait don à sa femme, la reine Anne de Bohême, sa vie durant. A la suite de la paix survenue entre la Bretagne et l'Angleterre, le 1er mars 1387, Richard II rend à Jean IV par une nouvelle donation, au moins théorique, le « comté, la ville et l'honneur de Richemont ». Cependant, le 3 novembre 1388, la reine Anne abandonne à Henri Fitz Hugh pour 12 ans les châteaux de Richmond et de Bowes avec les terres et services. Le 20 novembre, sous l'influence de son Conseil, et pour d'autres raisons, le roi restitue l' « honneur » à Jean IV. Mais il apparaît bien que Richard II, s'il a promis, ne s'exécute pas encore facilement. Le « comté » reste pratiquement sans doute pendant quelque temps aux mains de la reine Anne, car, en juillet 1391, le duc de Bretagne envoie en Angleterre une ambassade nombreuse et importante pour demander et accepter la délivrance de l' « honneur » . Jean IV obtient probablement satisfaction, puisqu'en décembre de la même année, Richard II donne à vie à la reine Anne diverses terres situées en Angleterre et dans le pays de Galles, en remplacement du « comté » de Richmond. Jean IV ne doit plus jouir bien longtemps du domaine de ses ancêtres. Après avoir pompeusement conféré le titre de comte de Richmond à son second fils, Arthur (le futur connétable Arthur III de Richemont), en août 1393, il se voit brusquement retirer l' « honneur » en 1398, au profit de sa soeur Jeanne, femme de Raoul Basset de Drayton. Ce geste du roi d'Angleterre marque la dépossession définitive des ducs de Bretagne, au bout de quelque 250 ans de jouissance plus ou moins troublée et interrompue du « comté » de Richmond. Toutes les réclamations, qui seront adressées ensuite par les ducs bretons au roi d'Angleterre, demeureront vaines et se heurteront à l'attribution successive de l' « honneur » à divers personnages anglais. Vers 1398 environ, le livre des domaines ducaux sis en Angleterre nous l'enseigne très exactement sur la consistance de l' « honneur » et son administration, dans leur dernier état. Il faut distinguer entre les fiefs et les vassaux des fiefs. Les fiefs principaux comprennent : Arkelgarth ou la « nouvelle Foreste », Bowe, Adbrough, Forsett, Gatterick, Bainbridge, Saxby, Moulton, Gilling, la ville et le château de Richmond. Dans les biens tenus par les vassaux des fiefs figurent : Cheshunt, Darfield, Growhurst, Burghersh, Beuning-Holme, la baronie d'Hastings, Benningbrough, Badingham, Swafham, la ville de Boston, Frampton, Wisk, Washingborough, Shirbeck, Kirton, Gayton, Bonby et Leadenham. Le total des redevances dues par les vassaux, tenanciers et « hommagers » monte à 1.118 l. 8 s. 4 d. Voici schématiquement le tableau du personnel administratif du « comté » :

le « steward » général et lieutenant ;

le « restemour » général ;

le connétable des châteaux de Richmond et de Bowes ;

le bailli errant de Richmond, avec 5 baillis sous ses ordres ;

- - « en la conté de Nicole » (Lincolnshire), en même temps « steward restemour », avec 4 baillis secondaires;

- - de Swaffham, avec 4 baillis secondaires;

- - de Badburham e! Bassingboun, avec 4 baillis secondaires;

- - de Cheshunt ;

et le bailli de Boston ;

- - du Sussex ;

le « steward » de Swafham ;

- - de Cheshunt ;

- - du Sussex ;

les 8 forestiers de Wynceldale ;

le maître mineur de plomb ;

le garennier de Moulton ;

- - de Wassingborough ;

- - du Norfolk et du Suffolk ;

le portier du manoir de Boston ;

le « parker » de Cheshunt ;

de Crowhurst ;

- - de Burghersh.

Ainsi que l'on peut s'en rendre compte, l'  « honneur » de Richmond est administré par un solide corps d'agents de tout ordre, plus collèrent, semble-t-il, qu'au temps de Jean de Bretagne, mais qui coûte vraisemblablement assez cher au comte, autant qu'il nous est permis d'en juger d'après leurs salaires.

 

 

Le duc Jean IV de Bretagne


 

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 14:05

Jean de Bretagne comte de Richmond (1306-1334).


 

Arthur II, le fils et successeur de Jean II dans le duché de Bretagne, n'hérite pas de l' « honneur » de Richmond, malgré une démarche personnelle en Angleterre et contrairement à l'usage attribuant par priorité le « comté » à l'aîné de la famille. Edouard Ier lui préfère Jean de Bretagne, également son neveu et le lils de Jean II, mais qui a vaillamment combattu dans les armées anglaises tant en Gascogne qu'en Ecosse et qui fait partie du conseil du roi. Pour ces raisons l' « honneur » lui est conféré, le 15 octobre 1306. C'est Edouard If, fils et successeur d'Edouard 1er qui, en mai 1308, exécute la décision de son père. Disons tout de suite qu'étant donné ses services à la royauté anglaise. Jean de Bretagne (en réalité Jean II de Richmond) négligera souvent les devoirs qu'il est tenu de remplir dans son « comté ». L' « honneur » de Richmond est éparpillé dans 7 comtés : le Yorshire, formant traditionnellement le noyau du « comté », avec 182 villae parmi lesquelles se trouvent Richmond, Bowes, Middleham et Gilling; le Lincolnshire, avec 47 villae, dont la ville importante de Boston (St Botulph), Pulbeck, Grinsby, Leadenham; le Norfolk, avec Swafham; le Cambridgeshire, avec Bassingbourn; le Sussex, avec Hastings; le Nottinghamshire; l'Hertfordsliire, avec Cheshunt (Cestrehunt). En outre, Jean de Bretagne possède de nombreuses autres terres, les anciennes terres de Jean de Bailleul, étrangères à « l'honneur », dans le Suffolk principalement, le Derby, le Rutland, le Northamptonshire, l'Huntingdonshire, le Bedfordshire, le Middlesex, le Northumberland, reçues en 1299. A part quelques terres exploitées directement par le comte : le bourg et le château de Richmond, une partie de Gilling, Bowes et son château et 9 autres villae, toutes les terres de l' « honneur » sont aux mains de tenanciers ayant des possessions très morcelées. Les modes de tenures se ramènent à quatre types principaux : la tenure militaire (fief à charge de service militaire ); la tenure ecclésiastique en franche aumône, très multipliée ; la tenure « en socage » (tenue libre, ni militaire ni ecclésiastique), surtout dans le Lincolnshire ; enfin, la tenure non libre des costumarii, censarii, cottarii. Les principales ressources matérielles du « comté » sont constituées par l'agriculture, l'élevage du bétail et des volailles, par un peu de sel, de tourbe, de fer, de plomb, par des forêts, des parcs à daims et à biches. Des moulins à eau existent en assez grand nombre. Les redevances sont payées parfois en nature. Le commerce des bourgs fournit un profit important au comte, à Richmond et surtout à Boston, qui possède des foires fréquentées par l'étranger. Du reste, le roi a concédé spécialement à Jean de Bretagne plusieurs foires dans l' « honneur ». En revanche, le comte paie à l'Echiquier une rente de 36 I. pour le Richmondshire (North Riding du Yorkshire) et une de 30 1. pour les terres du Cambridgeshire ainsi que de l'Huntingdonshire. Ces rentes ne sont pas toujours acquittées et le roi en fait quelquefois remise à Jean de Bretagne, qui, au surplus, est propriétaire de maisons à Londres, dont une près de St Paul 's cathedral, a une « maison » princière. une suite personnelle, des serviteurs. L'administration de l' « honneur » est répartie entre les officiers suivants : Le sheriff (vice cornes), agent du roi résidant à York ; Le sénéchal ou « steward », lieutenant du comte ; Les baillis, pour l'exécution de travaux et l'exercice de certains droits de justice et de police; Les prévôts, choisis par les communautés rurales parmi les vilains. Il y a plusieurs « cours-baron » pour les tenanciers libres, siégeant toutes les trois semaines ; Plusieurs « cours-coutumières » pour les vilains et probablement une court-leet (tribunal correctionnel) à Richmond. Toutefois, « malgré le grand nombre de ces administrateurs, les terres de Jean de Bretagne ne semblent pas avoir été très bien gardées pendant ses multiples absences ». Cela posé, revenons aux vicissitudes du « comté » sous Jean de Bretagne. En 1310, Jean obtient d'Edouard II la permission de léguer le titre de comte de Richmond, les châteaux de Richmond et de Bowes, avec toutes les appartenances en Angleterre, à son frère Arthur II, duc de Bretagne. En 1322, il reçoit du roi de nouvelles terres en dehors de celles dites de Bailleuil, données en 1299. A la fin de 1325, il abandonne au prince héritier Edouard (le futur Edouard III) l'« honneur » de Richmond et toutes ses autres possessions, moyennant une rente annuelle de 10.000 l. tournois assise sur les revenus du prince en Aquitaine et les coutumes de Bordeaux, St Macaire, et autres lieux. Vers mai 1326, pour « désobéissance » de son Edouard II confisque tous les biens de Jean de Bretagne, par conséquent le « comté » de Richmond. Dès le mois de décembre suivant, il lui restitue ces biens. Comme Jean de Bretagne se trouve en France, au service du roi, des « attournés » nommés par ce dernier administrent l'« honneur » et il en sera ainsi jusqu'à la mort du comte. En 1329, Jean de Bretagne donne aux bourgeois de Richmond leur bourg avec son marché, ses assises. Séjournant plusieurs années sur le continent et étant célibataire sans enfant, il cherche, en novembre 1333, après en avoir obtenu dès mai 1331 l'autorisation du roi Edouard II, à léguer le comté à sa nièce Marie de St Pol, veuve du comte de Pembroke. Il se réserve la jouissance des forêts et des avoueries d'église, mais cède à Marie, durant la vie de celle-ci, ses autres terres anglaises (terres de Balleuil), le tout pour une rente de 1.800 l. sterling. Il meurt à l'âge de 67 ans, le 7 ou le 17 janvier 1334, à Nantes, où il est enterré au couvent des Cordeliers. Il semble bien qu'à Jean de Bretagne puisse être attribuée la construction de la grande chambre, de la chapelle adossée au mur est joignant Scolland's hall, de la base de Robin Hood et de Gold Hole towers, de la majorité des remparts, enfin de la voûte du rez-de-chaussée du donjon au château de Richmond. ci-dessous

 

 

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 09:45

Nouvelle dépossession, puis retour de l' « honneur » de Richmond aux ducs de Bretagne (1235-1304).


 

 

Le Duc, Jean II de Bretagne et son épouse Beatrix d'Angleterre


 

Pierre Mauclerc, contraint et forcé, à la suite de son attitude turbulente vis-à-vis de la royauté française, doit en novembre 1234 se soumettre « haut et bas » à Louis IX et prendre définitivement le parti de celui-ci contre l'Angleterre. Son choix involontaire lui vaut de perdre irrémédiablement, en février 1235, le « comté » de Richmond, qui, dès lors et en 1236, se trouve dans la main d'Henri III, rapportant à celui ci 1.200 l. En septembre 1236, le roi gratifie de toutes les terres de l' « honneur » l'évêque élu de Valence. bien qu'il n'en possède pas la moindre parcelle, Jean Ier le Roux, en succédant à Pierre Mauclerc en 1237 comme duc de Bretagne, n'hésite pas à prendre lui aussi le titre de comte de Richmond. Il attendra longtemps avant de pouvoir justifier ce titre, malgré de nombreuses démarches. En effet, le 6 mai 1241, Henri III fait cadeau de l' « honneur » entier à Pierre de Savoie, oncle de la reine. Celui-ci le conservera jusqu'en 1266, sans aucune interruption. Dès la fin de 1242, Jean Ier le Roux réclame au roi d'Angleterre la délivrance du comté qui avait appartenu à son père Pierre Mauclerc. Henri III s'y refuse énergiquement, le 10 novembre. La paix étant intervenue, deux ans plus tard, Jean 1er réussit en 1245 à conclure le mariage de son fils aîné, Jean le futur Jean II), avec Béatrice, fille d'Henri III. Ce dernier, le 17 juin, accorde à son futur gendre une rente de 2.000 marcs (dont 1.200 marcs au sujet seulement des possessions du Yorkshire) pour compenser la privation de jouissance de l' « honneur », toujours entre les mains de Pierre de Savoie, auquel on ne peut l'enlever. D'autre part, tous les biens appartenant à des Français, à des Normands ou à des Bretons en Angleterre venaient d'être confisqués, en réponse à une ordonnance analogue de Louis IX pour les Anglais sur le continent. Pierre de Savoie, en dehors du « comté » de Richmond, dont il ne porte, cependant, jamais le titre, possède l' « honneur » d' « Aquila » dans le Sussex et diverses terres en Essex ou ça et là dans le reste de l'Angleterre. A diverses reprises, Henri III augmente ses domaines, en lui faisant don, par exemple, au mois de novembre 1247, du manoir d'Aldeburg. Il lui octroie des privilèges et libertés, dont, du reste, ont joui souvent les ducs de Bretagne. En 1259, aussitôt après la signature du traité de Paris entre Henri III et Louis IX, la question de l' « honneur » de Richmond reprend de l'intérêt pour Jean le Roux. Des négociations qui se sont poursuivies, il résulte, le 15 décembre, que si le jeune Jean, fils du duc, ne reçoit pas de Louis IX l'Agenais ou sa valeur, un an après la réalisation effective du mariage projeté, Henri III s'engage à lui faire toucher la valeur du « comté » de Richmond. L'Agenais donne lieu à des difficultés, que reflète une abondante correspondance anglo-franco-bretonne contemporaine et un peu postérieure. Le 17 juin 1260, le roi d'Angleterre assigne à Jean 2.000 marcs sur l'Echiquier, en échange des terres de Richmond. Cette somme est plus ou moins régulièrement payée, pendant que Pierre de Savoie se voit gratifier, le 3 juin 1262, du château d'Haslings dans le Sussex, que lui remet Edouard, fils aîné d'Henri III, et est autorisé à léguer ses terres à qui il voudra. Enfin, en juin 1266, Henri III concède à Jean Ier le Roux (pour son fls Jean, l' : « honneur » de Richmond. En compensation, Pierre de Savoie obtient des châteaux et des terres ailleurs. Il meurt peu après, léguant ses biens à la reine Eléonore. Le 7 juillet 1268, l' « honneur » est effectivement rendu, à titre héréditaire, à Jean le Roux, qui le cède immédiatement à son fils, le futur Jean II (en réalité Jean Ier de Richmond). lequel doit prêter hommage à Henri III. Jean, qui a passé son enfance en Angleterre auprès de son futur beau-père, restitue à celui-ci l'Agenais, dont les arrérages vont à la reine Eléonore, héritière de Pierre de Savoie. Après 32 années de dépossession, soit en la « main » d'Henri III, soit au profit de Pierre de Savoie, le « comté » de Richmond rentre dans le domaine des ducs de Rretagne pour près d'une quarantaine d'années. Le 20 novembre 1268 également, le roi attribue à Jean le château et la rape d'Hastings, mais, en attendant de l'en faire jouir, il lui remet les revenus de 3 manors. L' « honneur » porte alors sur les terres sises dans le Yorkshire, le Lincolnshire, le Cambridgeshire, le Norfolk, le Suffolk, l'Hertfordshire, l'Huntimgdonshire, le Nottinghamshire et l'Essex. En 1269, pendant son séjour en Terre sainte à la Croisade, aux côtés de son père Jean le Roux et du roi Louis IX, Jean afferme son « comté », avec l'autorisation d'Henri III. En 1275, le comte institue six chapelains pour le service du château de Richrnond. En 1278, il obtient le droit d'établir une foire à Richmond et, en 1279, la permission de s'absenter cinq ans pour aller en Terre Sainte. A ce moment (1280), d'après une inquisitio post mortem, l' « honneur » vaut en tout 2.843 l. 1. s. l  3 .1/2. Jean a déjà gratifié largement l'abbaye de Jorevall. Six ans plus tard, en 1285, à la. mort de son père Jean le Roux, il devient comte de Bretagne sous le nom de Jean II. La même année, pour non exécution de devoirs judiciaires, il se fait confisquer pendant peu de temps quelques terres en Essex. A partir de ce moment, ayant constamment affaire en Bretagne et ne pouvant par conséquent passer la Manche pour s'occuper directement du « comté » de Richmond, il a recours souvent à des « attournés » autorisés par le roi, qui lui accorde aussi des « protections ». La guerre entre la France et l'Angleterre provoque, en 1291, la mainmise d'Edouard Ier sur I' « honneur » jusqu'en avril 1298. Durant ce laps de temps, le roi ordonne, en 1297, de réparer et de fortifier le château de Richmond. En avril 1298, le « comté » retourne à Jean II qui, l'année précédente, a été créé pair de France par Philippe le Bel, devenant ainsi officiellement duc de Bretagne au regard de tous. Mis en « main » du roi d'Angleterre, en mai 1303, l' « honneur » est restitué en mai 1304, à Jean II, souvent envoyé en ambassade par Philippe le Bel au cours de la guerre qui vient de se clore provisoirement. Jean II, libéral pour ses fidèles anglais et bienfaiteurs des Franciscains de Londres, meurt peu après, en 1305. Durant son règne en Bretagne, il paraît avoir été fort ménagé par son beau-frère Edouard. Ier. qui lui a accordé entre autres des remises pécuniaires de common summons, de défaut d'ost, lui a attribué des droits divers et a accueilli avec bienveillance ses doléances, en procédant notamment au retour de parcelles détachées de l' « honneur », comme cela avait déjà eu lieu auparavant, à la suite de concessions fragmentaires à divers personnages.

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 09:11

Pierre Mauclerc, comte intermittent de Richmond (1217-1235).

 


 

Le 2 octobre 1217, à la suite de la paix intervenue entre l'Angleterre et la France, Pierre Mauclerc obtient du nouveau roi anglais, Henri III, le fief qu'il tient « de sa femme » à Cheshunt (Cestrehunt) dans l'Essex. Le reste de l' « honneur » dans le Lincolnshire, le Cambridgeshire, le Norfolk et le Suffolk est immédiatement attribué à Ranulph, comte de Chester. Comme l'a fort bien noté M. Jacques Levron, un premier jalon était posé, qui préparait l'avenir et ne rendait pas vain le titre de comte de Richmond, dont s'est déjà paré Pierre Mauclerc depuis 1213. Mais cette restitution d'une parcelle de l' « honneur » marque le début de la politique d'Henri III qui laissera rarement jouir Mauclerc de tout le « comté » et en distraira toujours des parcelles plus ou moins importantes au profit de diverses personnes. L'exemple de Ranulph de Chester est là pour le montrer. Etant donné que ces mutations très nombreuses dépassent le cadre de notre étude sommaire, nous nous bornerons à indiquer les changements essentiels. Ainsi, en 1218, l' « honneur » se trouve divisé en deux tronçons : l'un, celui au sud de l'Humber, appartient à Pierre Mauclerc, l'autre, au nord, autrement dit dans le Yorkshire, est la possession de Ranulph de Chester. Au mois de mai, Mauclerc renonce à certaines terres du « comté ». En 1223, les biens de Mauclerc sont confisqués fort peu de temps par Henri III, pour n'avoir pas effectué de service militaire dans le pays de Galles, et, de nouveau, en novembre 1224, pour avoir pris les armes en faveur de la France contre l'Angleterre en Poitou. Mais cette éclipse est passagère, car Pierre, mu certainement par le désir de recouvrer ses terres du « comté » de Richmond, s'allie bientôt aux Anglais. Aussi, en avril 1225, Henri III rend-t-il à Mauclerc les terres en question, puis, le 5 mai suivant, y ajoute-t-il les possessions de l' « honneur » situées dans le Lincolnshire, le Cambridgeshire, l'Hertfordshire, le Norfolk et le Suffolk, en conservant dans sa main la ville de Richmond et quelques terres, qui seules manquent pour que l' « honneur » appartienne en entier au duc de Bretagne. Il est alors question de marier Yolande, la fille de ce dernier, à Henri III lui-même. Voilà d'où provient la générosité royale envers Mauclerc, dont Henri entend se faire un solide allié. Or la fortune tourne rapidement. En mai 1227, c'est au tour de Ranulph de Chester de recevoir pour ainsi dire tout le « comté » de Richmond, tandis que Cheshunt est attribué, presqu'aussitôt à un évoque, parce que Yolande a été fiancée au frère de Louis IX. Pierre Mauclerc se trouve donc maintenant dépouillé de son « honneur ». En 1228, certaines terres, sinon la totalité, sont en la « main » du roi. Le 25 octobre 1229, les possessions du Norfolk, du Suffolk, de l'Essex, de l'Hertfordshire, du Lincolnshire, du Cambridgeshire et de l'Huntingdon sont rendues encore une fois, mais en théorie seulement, à Mauclerc. Les événements diplomatiques ont évolué avec une telle rapidité depuis que Pierre Mauclerc est venu a Southampton et, le 28 octobre 1229, a prêté hommage à Henri III, que le 21 mai 1230, se trouvant à Nantes même, le roi d'Angleterre ordonne à Ranulph, resté sans doute provisoirement détenteur, de restituer à Mauclerc l' « honneur » de Richmond. Le mois suivant, l'ordre paraît complètement exécuté. Pierre n'a pas hésité à trahir le roi de France pour recouvrer son « comté » et, à cause de cela, en juin 1230, il va être juridiquement déchu de son bail de Bretagne, ce. dont il ne sera pas outre mesure ému. Pendant plusieurs années, il jouit assez tranquillement de ses possessions anglaises. On le voit, en 1232 et 1233 notamment, recevoir d'Henri III sept terres destinées à agrandir ces domaines. Un revirement rapide se produit encore. A partir de 1235, Mauclerc sera privé définitivement de son « honneur ». Une nouvelle période de l'histoire de ce dernier commence

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 06:47

L' « honneur » de Richmond aux mains des rois d'Angleterre (1171-1217).


 

Après la mort de Conan IV, Henri II Plantegenêt, qui s'estime gardien seigneurial de la Bretagne au nom de son fils Geoffroi, fiancé à l'héritière Constance, applique le même principe de droit normand à l' « honneur » de Richmond et le conserve donc en sa « main ». On trouve des traces de cette situation jusqu'en 1183, c'est-à-dire jusqu'après la réalisation effective du mariage de Geoffroi avec Constance, survenue vers juillet 1181. Pendant qu'il administre l' « honneur », Plantegenêt achève le donjon du château de Richmond, en 1172, puis, poursuit la construction du château et de bâtiments : en 1175 notamment et, semble-t-il, ensuite, il fait édifier la façade sud des remparts ou front sur la Swale, la porte d'entrée située à côté du donjon, les murs du « cockpit » et un bâtiment faisant actuellement corps avec Scolland's hall, qui est postérieur. En 1174, le château sert de prison au roi d'Ecosse, Guillaume le Lion. Tous les ans, de 1171 à 1183, d'après les Pipe rolls, les comptes de l' « honneur du comte Conan » ainsi qu'on l'appelle, sont régulièrement rendus à l'Echiquier. A partir de 1183, si on ne trouve pas trace de Geoffroi II devenu effectivement comte de Bretagne on 1181, du moins rencontre-t-on plusieurs actes mentionnant sa femme Constance à propos de l' « honneur » de Richmond dont elle est, la légitime héritière. Geoffroi II ne paraît pas avoir été considéré comme comte de Richmond au droit de son épouse, contrairement à ce qui se passe pour la Bretagne. Constance administre sans doute directement le « comté » de Richmond. En 1183, elle donne des villas aux religieux de Quiniperlé. Vers 1183-84, le scrvitium debitum est représenté par 63 fiefs de veteri feulant ento et la valeur de 5 fiefs 1/2 de novo jeoffamento, soit en tout 08 fiefs et demi. Après la mort de Geoffroi II en 1186, pendant quelque temps Constance continue à exercer seule ses droits, en rendant chaque année des compte duc Arthur Ier, à Ranulph Blundevill, comte de Chester, auquel il donne, au moins théoriquement, l'administration de la Bretagne et celle de l' « honneur » de Richmond. Aussi Ranulph s'intitule-t-il duc de Bretagne, comte de Chester et de Richmond. Son pouvoir, en ce qui concerne ce dernier « comté », est probablement nominal, car l'Echiquier ne connaît alors que la « comtesse de Bretagne », parfois citée sous son véritable nom de Constance. Vers cette époque, le nombre des fiefs qui doivent la garde au château de Richmond s'élève à 60 et quelques fractions, le tout représentant une somme mensuelle de 20 l. 6 s. 3 d. 1/4 ob. ou un total annuel de 242 l. environ. En dépit des affirmations de Gale, la mort d'Henri II Plantegenêt en 1189, suivie de l'avènement effectif de Richard Coeur de Lion, à sa rentrée d'Autriche en 1194, ne provoque pas le retour de l' « honneur » en la « main » du roi d'Angleterre qui, s'il enlève en théorie le « comté » à Ranulph de Chester, à la suite des dissentiments violents (lisez : divorce) survenus entre celui-ci et la duchesse Constance, semble bien avoir laissé à cette dernière l'administration de l' « honneur ».  Ci-dessous armoiries de quelques uns des possesseurs de l' « honneur » de Richmond : à gauche, celles de Arthur de Bretagne, au centre, celles de Ranulph de Chester et à droite celles de Pierre de Dreux. 

 

 

Constance continue, en effet, comme par le passé à figurer dans les Pipe rolls pour ses comptes. Son fils Arthur ayant été proclamé duc de Bretagne et les Bretons résistant aux prétentions de Richard Coeur de Lion, elle est faite prisonnière en Bretagne par le roi, en 1196, et libérée en 1197. Ces incidents, pas plus que son remariage en 1197 avec Guy de Thouars, ne dépouillent, croyons-nous, Constance de son « honneur ». Elle ne cesse de rendre des comptes à l'Echiquier jusqu'à Noël 1197 au moins. Son fils Arthur 1er, duc de Bretagne, commence à administrer lui-même son duché. Il demeure absolument étranger à l' « honneur » de Richmond. En 1198-99, Richard Coeur de Lion crée un archidiaconé à Richmond, ce qui permet de déduire qu'à partir de cette date approximativement le roi garde l' « honneur » pour lui. Contrairement à l'opinion de Gale, il n'en aurait donc pas joui pendant tout son règne. Quoi qu'il en soit, en mourant (1199) il lègue le « comté » de Richmond à son frère Jean sans Terre. Celui-ci conserve I' « honneur » en sa possession, ainsi que le prouvent la reddition de comptes par des gardiens au roi, en 1200 et 1201, la garde du château de Richmond confiée par Jean sans Terre à Alain, fils de Roald, en 1201, etc. Ranulph de Chester a renoncé définitivement au titre ducal de Bretagne en même temps qu'au titre de comte de Richmond. Constance vient alors de mourir, Arthur 1er, duc de Bretagne, lutte contre son oncle Jean sans Terre, qui le fera périr en 1203, sans lui avoir, bien entendu, restitué le « comté » de Richmond, lequel lui revenait par droit héréditaire. Il a dû se contenter de la satisfaction platonique de porter le titre de comte de Richmond dans ses actes diplomatiques. Si étrange que cela puisse paraître, Gui de Thouars, régent de la Bretagne à la suite de la mort d'Arthur Ier, mais par ailleurs « fidèle » de Jean sans Terre dès 1202, paie en 1203 un droit annuel pour l' « honneur » de Richmond. Gui, par conséquent, en est alors le titulaire. Sa situation en Bretagne ne lui permettra pas de le demeurer longtemps. En 1204, parce qu'il a porté les armes contre Jean sans Terre, il se voit retirer l' « honneur », qui est donné à Robert de Beaumont, comte de Leicester. Toutefois, le château de Richmond semble rester à la couronne. Robert étant mort aussitôt, le « comté » revient en la « main » du roi qui, en janvier, a donné aux habitants de Boston (St Botulph) le droit d'élire un bailli. L'année suivante, en 1205, Jean sans Terre attribue le Richmondshire à Ranulph, comte de Chester, en conservant, pense-t-on, les « extenta » du comté de Richmond. C'est ce qui explique sans doute que, en 1206-1207, le roi confère à Hugue Nevill le commandement du château de. Richmond. Et il est plus que probable que Ranulph ne jouit pas très longtemps du don royal. En tous cas, on constate que, en 1212 et 1213, il est toujours question de l' « honneur de Bretagne » a recouvré complètement la possession du « comté » de Richmond. A ce moment, le Liber Feudorum ou Testa de Nevill nous renseigne minutieusement sur la consistance exacte de « l' honneur ». Sans entrer dans les détails, on s'aperçoit, en comparant la composition du « comté » d'après le Domesday book avec la composition d'alors, que l' « honneur » de Richmond a subi des modifications notables. Il est permis de croire, malgré le silence du Liber Feudorum sur cette région, qu'aucun changement important n'est survenu dans le North Riding du Yorkshire. Les possessions du Lincolnshire sont soigneusement réparties dans les différentes parts du shire : Lindsey, Kesteven, Holland et ne paraissent guère avoir varié. Il n'en est pas de môme pour le Norfolk et le Suffolk, où plusieurs manors et de très nombreuses terres semblent avoir irrémédiablement cessé d'appartenir ; l' « honneur ». Les domaines de l'Essex et du Dorset ont complètement disparu. Si les possessions de l'Hertfordshire, du Nottinghamshire, du Northamptonshire et de l'Hampshire ne présentent pas de changement, dans le Cambridgeshire l' « honneur » a perdu l'important manor de Swavesey et quelques autres terres. Par contre, autant qu'on en puisse juger par un examen superficiel, le « comté » de Richmond ne s'est pas encore enrichi dans d'autres shires. Après avoir administré la Bretagne sous l'influence plus ou moins directe du roi de France, en janvier 1213, Gui de Thouars cède la place au français Pierre Mauclerc, que Philippe-Auguste vient de mettre à la tête du duché au moyen du mariage de Pierre avec Alice, héritière de la Bretagne en tantque fille de Constance et de Gui de Thouars. L'avènement du prince français, qui est obligé de combattre aussitôt les Anglais, n'est nullement fait pour modifier l'attitude de Jean sans Terre au regard de l' « honneur de Richmond. Aussi le roi d'Angleterre persiste-t-il à détenir le « comté » jusqu'à sa mort en octobre 1216. Cependant, le 12 août 1215, Jean sans Terre, obligé de se défendre contre ses barons révoltés, sollicite Pierre Mauclerc de venir à son secours moyennant la promesse d'obtenir l' « honneur » après avoir prêté l'hommage. En octobre 1216, le prince Louis de France, placé à la tète d'une expédition, -dont fait partie Mauclerc, - contre le roi d'Angleterre, concède fictivement au duc de Bretagne « toutes les terres qu'il devait tenir en Angleterre du chef de sa femme », c'est-à-dire, l' « honneur » de Richmond, encore aux mains de Jean sans Terre, qui, pour éviter de ses ennemis ne s'emparent du château de Richmond, a ordonné, mais vainement, de le détruire. Les actes successifs de Jean sans Terre et du prince Louis marquent un grand pas vers le retour du « comté » aux ducs de Bretagne. Dès 1217, un commencement d'exécution va se produire au bénéfice de Pierre Mauclerc, dont nous allons suivre maintenant les vicissitudes en qualité de comte de Richmond.

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 12:32

L'entrée de l' « honneur » de Richmond dans le domaine des comtes de Bretagne (1148-1171).


 


 

Moins de deux ans après la mort d'Alain III le Noir, le « duc » de Bretagne Conan III meurt en 1148, laissant pour héritière légitime sa fille Berthe. Par suite des règles en usage, Eudes II, mari de Berthe, devient également administrateur de la Bretagne. Ainsi se trouvent réunis dans la même main le gouvernement de la Bretagne et celui du « comté » de Richmond. Désormais, pendant 250 ans exactement, exception faite de multiples et plus ou moins longues séparations, l'« honneur » constituera une partie intégrante du domaine des comtes de Bretagne. Outre l'importance territoriale et matérielle de l'événement de 1148, il convient de souligner son intérêt politique et diplomatique. Détenteurs de domaines en Angleterre, les comtes bretons, voisins immédiats de la France, ne pourront s'empêcher, quelles que soient les nécessités de leurs relations internationales, d'avoir un regard fixé sur leurs terres anglaises et de manoeuvrer, en conséquence, pour les conserver ou les recouvrer. Eudes de Porhoët et sa femme Berthe, ne tardent pas à rencontrer en Bretagne même des résistances sérieuses de la part d'Hoël de Nantes, fils désavoué de Conan III, et du jeune Conan (le futur Conan IV). Ce dernier, vaincu en 1154 doit se réfugier dans « son » « honneur » de Richmond, dont il devient alors réellement comte. Il ne quitte le « comté » que l'année suivante, en 1155, pour revenir en Bretagne avec l'aide du roi d'Angleterre, Henri II Plantegenêt, cousin germain de sa mère, et pour se faire proclamer « duc » sous le nom de Conan IV. Pusillanime en Bretagne, par tempérament et, sans doute, par crainte de perdre son « honneur » de Richmond, qui représente plus d'un millier de livres de revenus, Conan IV cède toujours sans résistance à son protecteur Henri II, en raison de la situation du « duc ». Ayant consenti, en 1160, aux fiançailles forcées de Constance, sa fille âgée de 5 ans, avec Geoffroi, troisième fils du Plantegenêt, il est obligé d'abdiquer en Bretagne, ne conservant que Guingamp et, bien entendu, le « comté » de Richmond. Il y marque son administration par la mise en d'un haut donjon à l'entrée du château de Richmond, au bord de la Swale. Ce donjon, bel édifice normand, encore debout de nos jours et l'un des plus magnifiques spécimens du genre, est situé sur un petit plateau quasi-imprenable du côté des Scots, niais communiquant facilement avec le reste de l'Angleterre -château de Richmond, ci-dessous

 

 

. D'autre part, Conan IV dispense des dons et des faveurs à l'abbaye de Fors, qu'il a transférée à Joreyall, aux abbayes de St Mary d'York, de Kirkestede dans le Lincolnshire, de Dennian dans le Cambridgeshire, de St Martin près de Richmond, de N.-D. de Warwick. Il a fondé le monastère de Rowney dans le Hertford, etc. D'après les renseignements postérieurs, le « comté » ne semble pas avoir subi de modifications sensibles dans sa consistance par rapport au Domesday book. La ville de Boston (St Botulph) existe déjà et dépasse peut-être au point de vue économique la ville bourgeoise de Richmond. La mort de Conan IV, le 23 janvier 1171, marque une nouvelle période dans l'histoire de l' « honneur », en faisant passer ce dernier aux mains du roi d'Angleterre.

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