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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 11:19

 

 

 

C'est au milieu du XVe siècle qu'éclata l'un des conflits les plus graves et les plus violents qui aient mis aux prises le pouvoir ducal avec un évêque breton. L'évêque de Nantes Guillaume de Malestroit prétendit, en 1452, se soustraire à la juridiction du Parlement de Bretagne et du Parlement de  Paris pour ne dépendre que du pape. Le duc y répondit par une enquête sur ses «droits royaux». Les dépositions qui furent alors recueillies présentent un air de parenté avec l'acte de 1315. Un peu plus tard, quand le connétable de  Richemont, sous le nom d'Arthur III, succéda à son neveu (1457, 22 septembre), Guillaume lui refusa l'hommage. Puis son successeur (29 mars 1462) Amaury d'Acigné le refusa à son tour au Duc, alors Françpis II. Ce qui envenima la querelle c'est que Louis XI, succéant sur ces entrefaites à son père, s'y intéessa passionnément, prenant parti contre le  Duc. Une commission royale, présidée par le comte du Maine,essaya de juger le débat, mais, réunie à Tours en novembre1463, elle dut s'ajourner au mois de septembre de l'anné suivante. « Ce fut une anné d'escarmouches...une guerre de  notes, de menaces, de paroles imprudentes, de provocations  agressives; le Duc écrivait beaucoup.. » Devant les commissaires, le procureur du Roi soutenait que les évêques de  Nantes étaient exempts de la juridiction ducale et que leurs grands jours ne ressortissaient point au Parlement du mais au seul Parlement de Paris. C'est pour couper court àces attaques et pour fermer la bouche au prélat que la chancellerie ducale, à la suite d'une enquêe dont le résultat ne nous est pas connu, aurait fait composer par un de ses clercs  le faux qui nous occupe et qui proclamait péemptoirement, par la voix des neuf évêques de la province, que chacun d'eux devait reconnaîre la souveraineté politique et judiciaire du Duc. Avec l'acte de 1315 disparaissent les États de la même date dont ils étaient le seul témoin. Il reste à indiquer brièvement les conséquences qui en réusltent, et à quelle date on peut fixer l'entré du «Tiers» aux États de Bretagne.  Les Bééictins l'avaient placé en 1309, trompé sans  doute par l'analyse du document, qui atteste la réunion d'un  Parlement général à cette date. La Borderie, qui a consulté le texte même, n'y a vu ni la présence des «Trois États » ni l'assistance du Tiers, mais néanmoins il y croit parce que,selon l'hypothèe de Dom Lobineau, cette assemblée aurait eu pour but de délibérer sur la bulle pontificale du 27 juin 1309, qui abolissait le droit de tierçage. Cette décision du  pape avait été prise après l'arrivée d'une ambassade composée d,'une part, des représentants ou procureurs des époques et du clergé d'autre part, des procureurs «du Duc, des barons, des nobles et du peuple, savoir : le fils aîné d'Arthur II,  Pierre du Bail, clerc, et Guillaume de Baden, laïque», auxquels se joignirent des conseillers du Duc, barons et chevaliers. La Borderie en conclut que Guillaume de Baden était le mandataire spécial du peuple breton, c'est-à dire du Tiers État. Il est certain qu'à cette époque une commune au moins  existait en Bretagne, celle de Saint-Malo, récemment formée avec l'appui du Duc. Il est certain, en outre, que dans plusieurs paroisses le vieux litige du tierçage avait été réglé par  un accord transactionnel ou «composition commune » entre  les recteurs et les paroissiens. En revanche, certaines objections se posent : le mot « peuple » n'est pas celui qui désigne  les bourgeois des bonnes villes. Puis La Borderie a tort de   voir dans les procureurs nommé des mandataires spéciaux : en effet, si Guillaume de Baden avait représenté le peuple et le fils aîné du Duc son père, il ne resterait qu'un simple clerc  pour représenter les « barons et nobles ». Enfin, Guillaume  de Baden, dont on fait un représentant du Tiers, n'avait pas de titres à cette fonction. Il appartenait à une famille de chevaliers et le devint bientôt lui-même ; il était au service du   Duc comme « écuyer et sergent » dè 1305 et devint maîre  d'hôtel de Jean III, qui le réompensa par des terres de son dévouement. Sans pouvoir se prononcer définitivement, il est  plus prudent d'admettre que ces procureurs furent déigné par une assemblée du genre des Parlements du duché mais  incomplète, puisque le clergé qui érait la partie adverse, n'y   avait pas pris part. J'estime donc qu'en attendant la découverte d'un document plus explicite, on ne peut parler de l'entrée du Tiers aux États de 1309, ni même de sa participation   à l'ambassade vers le pape.  

 

 

 

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 18:34

 

lls s'appelaient Yves Gloaguen, Georges Lemétayer, Pascal Le Floch, Patrick Gloaguen, Eric Guillamet. "Enfants de Bretagne -Bugaled Breizh". Ce 15 janvier 2004, leur chalutier le "Bugaled Breizh", sombrait, sans aucun doute victime d'un accrochage avec avec un sous marin lors d'un exercice organisé par l'Otan. Pourtant, étrangement, l'idée d'envisager qu'un sous marin ait été à l'origine de ce naufrage., cela la justice française refuse de l'envisager.  Hommage à ces pêcheurs, et à leurs familles. 

   

Serge viens vite, on chavire ! Fais vite, on chavire             

       

 qu'est-ce qui t'arrive ?

      

viens vite, on chavire !

         

 donne-moi ta position

   

  49° 42 Nord, 5° 10 Ouest

         

 largue les bombards, on arrive.

   

   
 
 
 
      
 
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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 13:12

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 12:24

Cette question du changement d'armoiries a été obscurcie par un passage souvent cité du Chronicon Briocense, où l'auteur s'exprime ainsi dans un paragraphe consacré au duc Jean II (1285-1305) : Iste Johannes noluit portare arma comitatus Drocensis, quando factus fuit dux,sed ipsa reliquit et plana arma Britanniae, id est herminas planas assumpsit. Que Jean II ait porté : d'hermines plein, c'est une erreur reconnue, mais ce qu'on n'a pas expliqué c'est la cause de cette erreur. Voici ce que je propose : le tombeau de Jean II, aux Carmes de Ploërmel, montrait son écusson qui porte : d'hermines plein. Pourquoi? Parce que ce tombeau fut élevé par les soins de Jean III, son petit-fils, qui, désirant reposer auprès de son aïeul, ne voulut pas afficher entre eux deux une différence d'armes. L'auteur du Chronicon, à la fin du XIVe siècle, aura donc tout naturellement attribué l'innovation à Jean II, au lieu de Jean III, mais il ne se trompe pas en disant que ce changement s'opéra à l'avènement d'un duc quando factus fuit dux .   L'examen diplomatique de l'acte de 1315 nous amène à  relever la formule finale : «Et partant en ont esté cestes présentes baillés à mondit seigneur et regestrés en sondit Parlement tenu en la cit éde Rennes o solemnitéde trois Estatz. ainsi signé: Par la cour dudit Parlement, presenz les trois Estaz, Rouxeau». Ce soi-disant Rouxeau, appelé respectueusement «greffier des États» par Dom Morice, attire mon  attention. Je retrouve, en effet, son nom dans un acte que le savant bénédictin publie sous ce titre : «Acte supposé pour  l'origine des armes de la maison de Derval.» II débute ainsi : « Arthur, par la grâce de Dieu, duc et prince de Bretaigne, soeant en nostre general Parlement, o la solemnité de nos trois Estaz.», et se termine ainsi : « le lundi prouchain   après la feste saint Marc lan de grâce 1302 et enregestrés en  nostredit Parlement. Ainsi signé : Par la court et conseil de Parlement, présans et assentans les Estats, Rouxeau. Approbate in consilio. Et apiert estre scellé d'un sceau à un escu eschiqueté à un cartier d'ermine » La fausseté criante de  cette pièce a été déontré par le P. du Paz. A ses argu   ments péremptoires, on peut ajouter que la formule «par la grâce de Dieu» ne fut pas adopté par les ducs avant 1417.  Mais ce qui nous intéresse c'est que la date de fabrication du  faux acte de 1302, frère du faux acte de 1315, peut êre déterminé avec assez de précision. Il fut, en effet, composé pour rehausser l'élat de la maison de Derval et lui conférer un  titre exceptionnel au moment où le duc Pierre II la choisit avec les maisons de Malestroit et de Quintin pour compéter le collège des neuf barons de Bretagne, destiné à faire pen dant aux neuf évêques. La Borderie a parfaitement élucidé cette curieuse imposture. Le duc fit croire qu'il restaurait un état de choses antique, alors qu'il créait de toutes pièces  ces neuf barons, à l'instar des douze pairs de France et des  neuf preux, pour ajouter à sa couronne un caractère monarchique de plus. Cette institution est de 1451. Or, avant cette  date, tous les vassaux imméiats du Duc étaient barons.  Ceux qui se virent, par l'ordonnance de Pierre II, privé de ce titre protestèent énergiquement, et sans doute leur protestation n'attendit pas le fait accompli pour s'élever. C'est pour y répondre que le sire de Derval préenta à la chancellerie ducale cette fausse charte d'Arthur II, qui faisait de lui  le très proche parent de la maison régnante. Les lettres de  Pierre II qui érigèent Derval en baronnie (19 mai 1451) contiennent une allusion claire, quoique non remarqué jusqu'ici, à la charte d'Arthur : «Sçavoir faisons que nous, bien certains du degré parenté et lignaige dont nostre très cher et  très amé nepveu, cousin et féal Jehan, sire de Derval et de Chasteaugiron, . . . nous atteint, lequel est extroit et consanguin proche de nostre maison avecques de tous les comtes, barons et grans seigneurs de nostre pays» On peut donc considérer la fausse charte de 1302 comme fabriquée peu avant le  19 mai 1451. Le faux acte de 1315 est, selon moi, du même auteur.  L'acte de 1302 est si évidemment faux que la chancellerie ducale aurait refusé d'en faire état, s'il n'avait été fabriqué avec sa connivence, peut-être même par un de ses scribes. Que celui-ci ait si mal connu la diplomatique des anciens ducs, ce n'est pas très étonnant, car les originaux des chartes étant délivrés aux parties, le Trésor des chartes, M. Blanchard l'a remarqué, n'en possédait qu'un petit nombre. Les  faussaires étaient malheureusement moins rares, comme le prouvent plusieurs constitutions ducales, sévères pour le  crime de «faussonnerie». Les deux faux éant préumé du  même père, on peut retrouver les circonstances historiques  qui ont déterminé l'éclosion de celui de 1315.  

 

 

 

 

 

 

 

 

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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 14:28
 
   
 
 
Ar re gozh hag ar merc'hed hag ar baotred vihan, 
Ha re pere n'int ket gouest da vonet d'an emgann, 
A laro en o zier, a-barzh mont da gousket, 
Ur pater hag un ave evit  ar Chouanted. 

Ar Chouanted zo tud vat, i zo gwir gristenien, 
Savet da zifenn hon bro koulz el hon beleien ; 
Mar skoont war tal ho tor, m'ho ped, digoret d'e 
Doue el-se, ma zud vat, digori deoc'h, un deiz. 

Julian blev-ruz a lare d'e vamm gozh ur mintin : 
- Me ya-me gant Tinteniag, pa monet a blij din. 
- Da daou vreur 'deus me losket, ha te me losk ivez 
Mes mar plij dit de vonet, ra da renay Doue !- 

Pa zeue ar Chouanted, eus a bep korn a Vreizh, 
A Dreger hag a Gernev, hag a Wened e-leizh, 
Ar re c'hlas degouezh gante, e maner Koatlogen, 
Eus a goste'où Bro-C'hall, tri mil en ur vandenn. 

- Setu an eur o seniñ, setu an eur sonet, 
Ma emgamfimp, ur wech all, gant ar c'hozh soudarded. 
Bec'h warnezhoc'h, paotred a Vreizh, bec'h warnezhoc'h, ha gwelomp ! 
Mar 'mañ 'n Diaoul en-tu gante, 'mañ Doue en tu ganeomp !- 

Ha pa oant deut da gregiñ, eñ darc'he el un oac'h 
Gante bep a vuzuilh vat, gantañ 'met e benn-bazh, 
E benn-bazh, hag e chapled eus a Santez-Anna, 
Ha kement a dostae, a oa pilet gantañ. 

Ha toullet-kaer oa e dog, ha toullet e chupenn, 
Ha lod eus e vlev troc'het gant un taol a sabrenn, 
Hag ar gwad a zivere dimeus toull e gostez 
Ha n'arzave o tarc'hout, hag ouzhpenn e kane. 

Ken n'hen gwelas ket mui tamm, hag hen gwelas en-dro, 
Hag hen tennet a gostez dindan ur we'enn derv, 
O ouelañ leizh e galon, chouket gantañ e benn, 
An Aotrou Tinteniag paour a-dreuz war e varlenn. 

Ha p'achue an emgann war-dro an nozvezh, 
Chouanted a zidoste, re yaouank ha re gozh, 
Hag a denne o zokoù, hag a lare el-se : 
- Setu 'mañ goune'et ganeomp, hag hen, siwazh, marv eo ! - 
 

 

1. (n) Les vieux, les jeunes filles et les petits garçons,
Qui ne peuvent se battre, diront dans leurs maisons
Avant de se coucher un "Pater", un "Salut Marie"
Pour ceux partis combattre dans la Chouannerie.

   

2. (o) Les Chouans sont des hommes de bien, de vrais chrétiens,
Soulevés pour défendre nos prêtres et nos biens;
A votre porte s'ils frappent, ouvrez-leur, vous aussi
Car un jour, en échange, Dieu vous fera merci!

   

3. (a) Julien le Roux à sa mère un matin déclara:
- Vois, je m'en vais rejoindre Tinténiac de ce pas, 
- Ses deux frères m'ont quittée, Julien me quitte à son tour!
Vas, si tu veux combattre. Dieu te garde toujours!

   

4. (d) De toute la Bretagne, les Chouans affluaient :
Tréguier et Cornouaille et pays vannetais,
Les Bleus les affrontèrent au manoir de Coatlogon,
Venant de France, au nombre de trois mille environ.

   

5. (m) - Voici que l'heure sonne, voici l'heure sonnée
De rencontrer encore ces hordes abhorrées.
Hardi, gars de Bretagne, du courage et voyons:
S'ils ont pour eux le diable, nous, avec Dieu, vaincrons! -

   

6. (e) Quand ils furent aux prises, Julien comme un luron
Contre leurs carabines fit jouer son bâton.
Son bâton et de Sainte Anne son chapelet béni
Et tous ceux qui l'approchent aussitôt sont occis.

   

7. (f) Etaient criblés de balles sa veste et son chapeau.
Un bout de sa tignasse s'en allait en lambeaux.
Et de son flanc ouvert son sang coulait abondamment
Mais lui n'en avait cure: il frappait en chantant.

   

8. (k) Je le perdis de vue et quand le revis
A l'écart sous un chêne, je l'aperçus assis.
Amèrement il pleurait tenant le front incliné.
L'infortuné Tinténiac sur ses genoux gisait.

   

9. (l) La bataille s'achève lorsque tombe le soir.
Les Chouans de tous âges s'approchent pour le voir.
Ils se découvrent tous. On les entend pleurer leur sort:
- Ce fut une victoire, mais notre chef est mort! -

 


 


 

 
 
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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 13:41

 

Enfin, dans l'acte de 1315, le Duc reçoit à plusieurs reprises le titre de prince. Or, cette prétention à la principauté est tout à fait étrangère à la chancellerie du modeste Jean III. Elle n'apparaîtra qu'à la fin du XIVe siècle, sous le règne de Jean IV. C'est le vainqueur d'Auray qui, après sa restauration  en 1379, réveillera par la politique et la littérature les souvenirs de l'antique principauté et royauté de la Bretagne. C'est son sénéchal de Nantes qui répondra aux gens du Roi que «le Duc est Roi en son pays».  L'examen diplomatique de  l'acte de 1315  ne  peut  êre  poussé très loin parce que l'original est perdu et que nous   manquons de termes de comparaison, les actes émané de  Jean III étant excessivement rares. Nénmoins, les quelques  observations qu'il suggère ne font que confirmer la suspicion que les circonstances historiques font naîre à son sujet.   Le Trésor des chartes des ducs à Nantes conserve cinq  exemplaires de ce fameux acte. Deux d'entre eux ont servi aux Bénédictins pour l'établissement de leur texte. Ce sont des copies terminées par la formule : Collatio facta est, sans aucune indication sur la date de la copie, le nom ni l'autorité du copiste. Elles étaient cotés, dans l'ancien inventaire de Bourgneuf, N. B. 14 et F. B. 182. Le même inventaire en signale trois autres copies sous les cotes A. A. 8, N. C. 26 et R. B. 21.     La première est incluse dans un vidimus du 15 octobre 1462. La seconde est aujourd'hui perdue. L'inventaire de Bourgneuf,  qui fut rédigé en 1578, donne à l'analyse la date du  jour saint Grégoire 1399, mais c'est probablement une  erreur : l'instrument analysé contenait plusieurs actes, notamment des aveux et serments de fidélité d'évêques de  Nantes au Duc. Or, on connaî par ailleurs l'un de ces aveux  qui est daté lui aussi du jour saint Grégoire 1399. On présume que l'archiviste a donné à l'ensemble la date qui ne convenait qu'à l'une des parties. L'abbé Travers avait connu un  sixième exemplaire «dans les registres de la Chambre des  comptes, au premier Livre noir, folio 26 recto, sous cette  date : le jeudi après l'Epiphanie, l'an de Nostre Seigneur mil   trois cent quinze». Epiphanie peut ici n'êre qu'une bévue  de copiste au lieu de Misericordia Domini, version des autres  textes. On peut ajouter un septièe exemplaire figurant dans un recueil de pièces composé par les gens du Duc à l'appui de leurs dires sur la question du ressort et de la réale. La plus récente de ces pièces est du 17 janvier 1450, la compilation d'après l'écriture n'est postérieure que de peu d'années  On retiendra ces dates du milieu du XVe siècle, car je suppose que le faux acte de 1315 a été fabriqué à cette époque.  Ce qui est un contresens diplomatique, c'est que cet acte, émané des évêques bretons et très grave pour eux, est ou plutôt était revêtu, pour tout signe de validation, du sceau du  Duc. Il se termine par ces lignes : «Et apparoist avoir esté scellé en queue simple en cire vermoille d'un ecu en échiquier  à un quartier d'hermines.» C'est qu'il était plus facile de  contrefaire le sceau ducal que de contrefaire les sceaux de  neuf évêques oublié depuis longtemps. Et cependant là encore le faussaire a fait un faux pas. Le duc Jean III, qui régnait en 1315, ne portait plus, comme son père Arthur II : échiqueté d'or et d'azur, qui est Dreux, au franc quartier d'hermines, qui est la brisure bretonne inauguré par Pierre Mauclerc; Jean III portait : d'hermines plein. Ici, je dois entrer  dans quelques déails. M. de La Borderie, en effet, a écrit :  « Jean III, à partir de 1318, expulsa de son sceau et de son blason tout ce qui éait Dreux, c'est-à dire l'échiqueté pour   garder exclusivement ce qui était breton, c'est-à dire les hermines qui, désormais, remplirent l'écusson tout entier », et  cela en haine de Yolande de Dreux, sa belle-mère, seconde  femme de son père. Que cette haine ait été la cause de ce  changement, je l'accorde, mais justement c'est dès l'avènement de Jean III, en 1312, qu'elle se manifesta le plus violemment, lorsque celui-ci prétendit faire annuler par le Saint-Siège le second mariage de son père pour parenté affinité et clandestinité et faire déclarer illégitimes les enfants  qui en étaient issus. La Borderie eû dû s'en tenir à la prudence de Dom Lobineau et dire seulement que le premier  acte connu de lui et muni du nouveau sceau portait la date   du 7 août 1318  Or, La Nicollière-Teijeiro a publié un acte   de Jean III, du «lundi après la fête saint Nicolas mil treis cenz et seze ans », dont il décrit ainsi le sceau : « Sceau en cire     brune dont il ne reste que l'éu d'hermines plein par 4,3, 2 et 1 2 ». En outre, cet acte, pas plus que celui de 1318, ne contenant l'annonce d'un changement de sceau, on est fondé à croire qu'il n'était pas le premier à être revêtu du nouveau  sceau. En revanche, je signale une longue formule de Robin du Chastel, garde du sceau des contrats de Penthière, pour    expliquer qu'il a apposé sur un acte de 1311, donc du temps  du duc Arthur II, le sceau de Jean III, en août 1313. Cette   précaution vise peut-êre, outre le changement de nom, le  changement des armes. Ce. qui est plus important, c'est le  témoignage de Pierre Héin, érudit attentif non moins que  grave jurisconsulte : «J'ay observé dit-il, sur grand nombre   de titres qui m'ont passé par les mains, que ce fut environ  1310 que Jean III prist les pleines armes de Bretagne... C'est  une pierre de touche asseuré pour juger de la vérité des   titres et sceaux. » Si Héin dit : « environ 1310 », c'est sans   doute que le dernier acte connu de lui et portant l'échiqueté d'Arthur II (mort le 27 aoû 1312) était de 1310 ou antérieur  à 1310, mais ce qui est sû c'est qu'il a connu un acte de  Jean III  «de l'an 1312», qu'il cite à plusieurs reprises, acte  concernant les seigneurs du Bordage, dont il avait consulté les archives.      

 

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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 12:14

Dans son Histoire de Bretagne, M. de La Borderie place l'entrée du « Tiers » aux États de Bretagne en 1315. Cette date lui est fournie par une sorte de procès-verbal d'une déclaration ou plutôt d'une reconnaissance de souveraineté délivrée par les neuf évêques de Bretagne au Duc, lors d'une assemblée des «Trois États», qui aurait été réunie à Rennes, le jeudi après Misericordia Domini, c'est-à-dire le 10 avril 1315. Cet acte a été cité, depuis, par de nombreux historiens, sans qu'ils aient exprimé aucun doute sur son authenticité. Avant La Borderie, il avait été utilisé et publié par Dom Lobineau et Dom Morice. Avant eux encore, Bertrand d'Argentré en avait fait état et en avait cité un fragment. On ne trouve pas de témoignages plus anciens. Ni Pierre Le Baud, chroniqueur si scrupuleux, ni Alain l'auteur du Chronicon Briocense, écrivant à la fin du XIV e siècle et si entiché cependant de tout ce qui peut rehausser la grandeur ducale. cependant parmi les historiens qu'une voix discordante : l'érudit abbé Travers, mort en 1750, mais dont l'Histoire de Nantes n'a été publiée qu'en 1836, « incline à croire supposé» l'acte de 1315 à cause de la diversité des dates rapportées par les différentes copies et parce que le sceau lui paraît suspecte. L'opinion de Travers ayant passé inaperçue et l'acte de 1315, toujours invoqué, servant de base, d'une part, à l'histoire des Etats de Bretagne et, de l'autre, à celle des rapports entre ducs et évêques bretons, je crois nécessaire de revenir sur la question et d'exposer par des arguments nouveaux pourquoi je rejette cet acte comme apocryphe. L'acte critiqué contient des anomalies d'ordre historique et diplomatique. Historiquement il est en contradiction avec les notions que l'on possède par ailleurs. En voici le contenu :  les neuf évêques de Bretagne, présents aux États, reconnaissent la pleine souveraineté que le Duc possède sur eux, et particulièrement qu'ils lui doivent obéissance quant à leur temporel, que la régale de leurs sièges vacants appartient au Duc, qu'ils doivent assister aux États du duché, que le Parlement général du duché est juge d'appel des cours temporelles ecclésiastiques et que du Parlement l'on ne peut appeler qu'au Saint-Siège. On est d'abord étonné que le ressort du Parlement du roi soit aussi lestement passé sous silence. On possède, pour la période qui s'étend du règne de Philippe le Hardi à l'ouverture de la guerre de Cent ans, et qui fut pour les légistes un âge d'or, d'assez nombreux textes relatifs aux abus commis en cette matière par les gens du Roi. Plusieurs fois le souverain  y met bon ordre, mais jamais le principe même du ressort n'est mis en question par le Duc dans les deux cas de faux jugement et de déni de justice Les évêques l'auraient encore bien moins osé. A cette époque, en effet, les gens du Roi, toujours passionnés pour étendre le rayon de sa justice, avaient entrepris par divers moyens d'attirer à sa cour, sans passer par celle du Duc, les causes pendantes devant les tribunaux épiscopaux. Ils invoquaient assez peu la sauvegarde générale, parce qu'elle était contredite par ce fait patent que les revenus des évêchés vacants étaient perçus par le Duc et non par le Roi. Mais ils usaient des sauvegardes spéciales et des avoueries nouvelles. Au début de 1313, le Parlement de Paris envoya un commissaire qui, sous prétexte de faire une enquête, était chargé de provoquer de la part des évêques et ecclésiastiques bretons ces avoueries au Roi qui attribuaient juridiction à sa cour. de la politique royale. Ce fut en général une connivence bien naturelle à une époque où les évêques devaient plus fréquemment leurs sièges à la recommandation du Roi qu'à celle du Duc. On ne manque de renseignements sur presque aucun des neuf prélats qui siégeaient en 1315. Les dépositions de deux d'entre eux, lors de l'enquête de 1313 précitée, nous ont été conservées : l'évêque de Saint-Brieuc se reconnut en la garde du Roi et, de même que l'évêque de Tréguier, affirma ne dépendre en rien du pouvoir ducal. L'évêque de Saint-Brieuc  Alain de Lamballe ne pouvait agir autrement, étant conseiller au Parlement du Roi. On présume que ni Raoul Rousselet, président au Parlement du Roi, placé par lui sur le siège de Saint-Malo, enquêteur-réformateur royal en 1316, ni Jean du Bois, évêque de Dol, avocat au même Parlement, Très peu de temps avant les prétendus États de 1315, Louis X, obligé par les circonstances à de larges concessions, maintenait le principe du ressort et, sur la question de la garde des églises, consentait seulement à une enquête. Le duc Jean III, par une déclaration plus ou moins spontanée des évêques, aurait-il voulu répondre d'avance à cette enquête? C'est peut-être ce que le faussaire a voulu faire croire, mais c'est ce que Jean III n'aurait pu obtenir de son épiscopat, même en présence des «Trois États». ne pouvaient professer des opinions différentes. Deux autres des prélats de 1315 refusèrent ouvertement, dans la suite de leur carrière, de reconnaître la souveraineté temporelle du Duc, ceux de Léon et de Nantes. Celui de Vannes se montre aussi attaché à l'indépendance de ses régaires. Il était d'ail leurs en procès avec le duc Jean III, à titre d'exécuteur du    testament d'Arthur II, son père, mort en 1312 . L'évêque de Rennes, Alain de Châteaugiron, exécuteur testamentaire du feu duc Jean II, aïeul de Jean III, paraît avoir été, dans le règlement litigieux de cette succession, favorable à Jean III . Quant à l'évêque de Quimper Alain Morel, il est le seul sur lequel on ne soit pas renseigné suffisamment. On reconnaîtra   qu'un épiscopat ainsi composé n'a pas pu sans invraisemblance sera abandonner à la soumission complète et unanime que suppose l'acte de 1315. Cet acte attribue, d'autre part, au Saint-Siège une juridiction suprême sur le Parlement de Bretagne. Or, présentée sous cette forme, cette idée est insolite à la date où on la place. Elle ne prendra, naissance qu'un siècle plus tard, lors que, à la suite du concile de Bâle, les ducs chercheront à transformer l'obédience religieuse en obéissance politique. On la trouve en pleine floraison en 1455  

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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 20:19

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