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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 15:08

 

 

 

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 18:56

 

La documentation conservée permet d'affirmer que dans le courant du XII s. les rameaux du peuple brittonique ont partagé l'espoir du retour d'Arthur. Le foyer originel de cette espérance paraît devoir être localisé en Armorique, quoique la profonde unité de civilisation encore décelable à l'époque au sein du monde brittonique rende aléatoire ce genre d'attribution en paternité. Le premier témoignage dans le temps, et l'un des plus intéressants, provient du récit de la tournée entreprise en 1113 en Grande-Bretagne par neuf chanoines de l'église cathédrale de Laon. Leur but est de collecter des fonds en promenant à travers l'île une châsse reliquaire car leur église a brûlé l'année précédente le jeudi d'après Pâques et il leur faut maintenant la reconstruire. Herman de Laon publie peu après 1145 son De Miraculis Sanctae Mariae Laudunensis dans lequel se trouve inclus l'épisode qui nous intéresse : les trente années écoulées entre les faits et leur relation par Herman pourraient faire craindre qu'il n'ait ajouté au récit de ses prédécesseurs quelques touches nouvelles de merveilleux arthurien, succombant ainsi, à la mode du temps. Mais une étude minutieuse des noms de personnes contenus dans le second livre de ses Miracles a convaincu J. P. S. Tatlock qu'à deux obscures exceptions près ils sont tous identifiables et désignent des individus ayant vécu dans les années 1110-1120. Herman de Laon s'est donc vraisemblablement contenté de reprendre une première relation, aujourd'hui perdue, laissée par un membre de l'expédition de 1113 : son style trahit des emprunts littéraux et lui-même ne cache pas qu'il a seulement voulu mettre en forme des matériaux anciens (haec miracula ...composui) pour la plus grande gloire de son église. Il n'existe donc aucune raison valable de douter de la véracité des récits arthuriens et des événements scandaleux qui marquèrent le séjour des chanoines laonnais à Bodmin en Cornwall. Leur narration est importante à plusieurs titres. D'abord parce qu'elle indique que la légende arthurienne était déjà solidement constituée et bien vivante à l'orée du XIIe s. : un pays tout entier, la province de Devon dont le Cornwall forme une partie, se trouve placé sous l'invocation du grand chef de guerre disparu. Son nom est associé à certains sites locaux. Les habitants se font d'ailleurs un devoir de guider leurs illustres visiteurs parmi ces reliques insignes d'un passé glorieux : ils les mènent au trône et au four d'Arthur. Également remarquable est le fait que cet ensemble légendaire est, de façon incontestable, populaire par le public qui le reçoit et parmi lequel il déclenche, à l'occasion, des réactions passionnelles : un serviteur des chanoines en fait l'expérience à ses dépens. Il manque de peu en effet de périr lynché dans l'église de Bodmin (ci dessous) par une foule déchaînée.

 

 

Son crime? Avoir osé mettre en doute la vie dans l'outre-tombe du souverain prestigieux. Ses propos dubitatifs retentissent comme autant d'injures inexpiables aux oreilles d'un indigène pourtant venu chercher la guérison auprès des reliques, qui appelle des compatriotes à la rescousse : tous répondent à la provocation par la violence immédiate, au point que l'église est en grand risque de se trouver souillée par le sang versé de l'impudent parleur. Seule l'intervention salvatrice du clerc Algardus, futur évêque de Coutances, réussit à le délivrer de ses agresseurs mis comme hors d'eux. Herman remarque à cette occasion que les autochtones réagissent «comme les Bretons ont coutume d'en découdre avec les Francs au sujet du roi Arthur», ce qui suggère soit que le rédacteur contemporain de la bagarre avait déjà entendu parler de pareilles disputes qui s'étaient élevées sur le continent, soit qu'Herman de Laon en avait depuis perçu l'écho par d'autres canaux. La Bretagne armoricaine est encore présente dans ce récit : quittant Bodmin, les chanoines trouvent un excellent accueil auprès d'un puissant seigneur breton établi outre- Manche, Joellus ou Juhellus dit de Totnes. Et surtout, Herman relie explicitement la légende d'Arthur aux «fables des Bretons» répandues sur les deux rives de la mer bretonne. De tout ceci il ressort semble-t-il que dans les dernières décennies du XIe s. — sans qu'on puisse serrer plus la chronologie — et en tout cas en 1113 au plus tard, la tradition orale de la survie d'Arthur réchauffait le coeur des Bretons armoricains et cornouaillais, et alimentait aussi leur susceptibilité que l'on devine à fleur de peau. Les Bretons de Galles ne demeureront pas longtemps en reste : quand il achève ses Gesta Regum Britanniae vers 1125, Guillaume de Malmesbury dit regretter que leurs fables débitées sur le compte d'Arthur (dont il accepte l'historicité) en viennent à masquer la véritable grandeur de celui qu'il considère comme un roi et un guerrier hors pair, dont le courage personnel et l'énergie souveraine procurèrent à son peuple un répit chèrement gagné sur les Anglo-Saxons. Plus précisément, évoquant la découverte de la tombe de son digne neveu Gauvain (Walwen) à l'époque de Guillaume le Conquérant, il note que beaucoup parmi les Bretons estiment en s'appuyant sur des dires anciens que la tombe d'Arthur n'existe pas, qu'on ne l'a jamais trouvée, que leur roi s'est évanoui pour revenir quelque jour. D'autres historiens anglais ont recueilli ensuite des témoignages identiques : à l'extrême fin du siècle, Guillaume de Newburgh affecte de voir dans les Bretons des «brutes» véritables, juste capables d'attendre le retour d'Arthur et incapables de supporter l'idée qu'il est mort. Comme ce mauvais jeu de mot sur ce Brutus que les Bretons considèrent comme leur ancêtre éponyme s'inscrit dans sa réfutation passionnée de Geoffroy de Monmouth, il est probable que Guillaume de Newburgh vise ici en priorité les Gallois. Avant lui, que ce soit Henri de Huntingdon dans une lettre écrite à son ami Warin le Breton en 113914 qui s'enquérait des origines de sa race, ou Geoffroy Gaiman le compilateur de Lestoire des Engles vers 1150, ou Giraud le Gambrien, ils tiennent tous et toujours le même langage et en reviennent au même point : «ils attendent encore son retour comme les Juifs attendent leur Messie, mais avec encore plus de folie et d'aveuglement, et par une faute égale contre la religion». Cette foi messianique paraît indéracinable tout au long du XIIe, en particulier de ce côté-ci de la Manche où elle motive les réactions les plus tranchées. Nul mieux que l'auteur présumé de la Prophetia anglicana Merlini Ambrosii Britanni, Alain de Lille, n'a su traduire la solidité de son enracinement dans les esprits et l'extraordinaire cortège de passions qu'elle entraîne parmi les Armoricains de son temps. Bien qu'il ignore sûrement tout du récit d'Herman de Laon, les réactions qu'il rapporte remémorent étrangement la mésaventure advenue au serviteur impudent des chanoines de Laon : «si vous ne me croyez pas, allez dans le royaume d'Armorique (nommé aussi petite Bretagne) et proclamez sur les marchés et dans les villages qu'Arthur le Breton est mort comme meurent les autres gens, et on vous prouvera par les faits mêmes que la prophétie de Merlin est vraie, que la fin d'Arthur est douteuse. Vous aurez du mal à fuir sans dommage, sans être accablé d'injures ou écrasé par les pierres que vous jetteront vos auditeurs». Souvenir douloureux d'une expérience personnelle? En tout cas, le scénario et les acteurs sont les mêmes qu'à Bodmin en 1113 : à des paroles blessantes pour le patriotisme arthurien, le peuple (car c'est de lui qu'il s'agit) répond par une violence qui lui est propre, violence verbale (les injures) et violence physique (le jet de pierres — il n'est pas question d'armes plus nobles). Les agresseurs du valet laonnais avaient eux aussi pénétré dans l'église avec des armes (mais lesquelles ? sûrement pas des couteaux et des épées puisque le sang ne fut pas versé) et le rouèrent de coups. Façons de faire de manants qui nous renseignent sur le public qui ne doute pas du retour d'Arthur. Le silence des historiens les plus anciens corrobore cette origine populaire : le thème ne s'est pas encore imposé à eux quand ils en viennent à coucher par écrit les faits saillants des temps évanouis. Pour autant qu'on puisse le discerner, les Histoires bretonnes antérieures à Geoffroy de Monmouth l'ignoraient ou le dédaignaient ; les Bruts gallois ne l'intégreront pas non plus dans leur reconstruction du passé. Geoffroy observe le même silence prudent dans son Historia Begum Brilanniae (1135) quand il évoque un exitus dubius, une fin douteuse, pour Arthur; il faut attendre sa Vie de Merlin parue vers 1150 pour le voir donner des précisions : après avoir transporté le roi navré en bataille sur l'île d'Avalon et l'avoir confié à Morgane, «d'une main prudente elle a découvert sa blessure et l'a longuement examinée. Finalement elle a déclaré que la santé pourrait revenir au blessé s'il restait assez longtemps auprès d'elle et s'il consentait à se laisser soigner. Joyeux, nous lui avons confié le roi et nous sommes revenus avec des vents favorables». Si l'on veut bien réfléchir au fait que les premières attestations d'Arthur sont déjà alors vieilles de plusieurs siècles, on ne peut qu'être surpris par ce décalage chronologique persistant entre la croyance populaire qui récuse la possibilité même de sa mort physique et la tradition littéraire qui n'attache en apparence guère d'importance à son devenir d'outre-tombe. Deux hypothèses de travail viennent à l'esprit, entre lesquelles il n'est pas loisible de trancher dans l'état actuel de nos connaissances : ou bien les auteurs savants refusaient par principe ce qui leur semblait heurter la raison (et la foi chrétienne?) et relever non de l'histoire mais du domaine de la fable et des esprits vulgaires; ou bien l'éclosion du mythe est encore récente, son succès foudroyant dans les milieux populaires (depuis les décennies du tournant du siècle probablement) ne lui a pas laissé le temps de s'imposer aux écrivains de langue latine dont la production, et elle seule rappelons-le, nous est parvenue. Les bardes et autres «chanteurs historiques» des Bretons ont pu aussi se faire les hérauts de cette expérience messianique qui lève parmi tous les rameaux du peuple brittonique.

 

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 14:04

 

Arthur est vivant !  

 

 

 

Jalons pour une enquête sur le messianisme royal au moyen âge  

Résumé

Au début du XIIe s., l'attente d'Arthur s'affirme parmi les Bretons installés en Armorique et ceux demeurés en Galles ou en Cornouailles. Cette affirmation de patriotisme brittonique naît dans le peuple ; elle trouve son origine dans l'intégration de la figure du roi Arthur dans la littérature prophétique traditionnelle. Elle défiera un temps le pouvoir des Plantagenêt (notamment en Bretagne où la duchesse Constance impose le nom du grand roi disparu à son fils né en 1187, en dépit des ordres d'Henri II) qui s'efforceront de la combattre avec succès. Cette enquête sur l'espoir breton permet de souhaiter qu'elle soit prolongée : la croyance dans la survie outre-tombe de certains bons rois caractérise en effet les aspirations de plusieurs peuples médiévaux qui attendent le retour victorieux d'un souverain prestigieux en cas de difficultés graves. A peine révélé par Geoffroy de Monmouth, le personnage littéraire d'Arthur échappe aux Bretons : sur les traces de Wace et de Chrétien de Troyes, il déserte leur camp pour porter son hôtel à la cour des Plantagenêt et à celle de Champagne, où il prend bientôt figure du roi modérateur par excellence de la chevalerie idéale.

 

 

Dès lors la Bretagne n'apparaît plus dans la geste arthurienne que comme un élément, conventionnel et presque abstrait, du décor aventureux, comme la justification historisante d'un certain fantastique propre à entretenir les exploits des compagnons d'un roi emblématique. L'obscur chef de guerre britto-romain des origines s'est effacé derrière le puissant suzerain d'un monde irréel traversé par les espoirs et les convulsions de la classe chevaleresque. Le noyau légendaire originel s'est aussi épanoui au point de stimuler l'intérêt de la totalité de l'Occident médiéval des siècles durant. Dans cette translation culturelle la Bretagne armoricaine a tenu un rôle non négligeable d'intermédiaire que Léon Fleuriot s'est efforcé de restituer, comme il éclaire de remarques nouvelles la genèse d'Arthur. Mais si l'attention des historiens de la littérature s'est depuis longtemps, et très légitimement, portée sur le mystère des origines d'Arthur et sur la difficile question de discerner ce qu'il peut y avoir de «celtique» dans les éléments de biographie que des auteurs successifs lui attribuent, ils ont par contre trop laissé dans l'ombre d'autres traditions arthuriennes, pourtant bien vivantes au XIIe s., parce que celles-ci n'ont pas eu de postérité réelle dans les romans de chevalerie. C'est cette lacune que nous voudrions aider à combler dans cet essai car la survie alléguée d'Arthur intéresse l'histoire des hommes et de leurs mentalités, et au premier chef celle des Bretons armoricains : elle nous renseigne sur la perception que ces derniers avaient de leur destin collectif en tant que peuple maltraité par les ruses du destin et par la force des événements. Leur sentiment était qu'Arthur vit toujours et qu'un jour prochain, revenu à la lumière du soleil, il mènera tous les Bretons à la victoire définitive sur leurs ennemis, ces Saxons maudits qui ont usurpé la plus grande partie de l'antique patrie insulaire. Cette attente chargée d'un espoir trop souvent déçu n'en alimente pas moins un certain patriotisme brittonique qui inquiète de façon visible les Plantagenêt. Elle ne peut s'expliquer que par un état de croyance ancien, dont le christianisme dut s'accommoder longtemps faute d'y apporter une réponse adéquate jusqu'à la mise au point définitive du purgatoire : avant celle-ci la destinée des morts hésitait encore entre paradis et enfer pour ceux d'entre eux que ne signalaient ni l'énormité de leurs crimes ni l'excellence de leur pèlerinage terrestre. Rejetées par l'un et refusées malgré tout par l'autre, les âmes de ces défunts ni bons ni mauvais flottaient dans un ailleurs mal déterminé, souvent peu éloigné du monde des vivants parmi lesquels ils faisaient de brèves incursions. Dans l'imaginaire collectif Arthur se rattache ainsi à cet univers mystérieux de l'après-mort, avec toutefois une différence importante : le roi n'est pas mort, il panse ses blessures dans sa retraite et attend que ses plaies se referment pour reprendre sa place à la tête de son peuple. Ce n'est pas le fantôme d'Arthur que les Bretons espèrent voir revenir mais bien le roi lui même, tel qu'il était au matin de son ultime combat victorieux et fatal à la fois. En affirmant hautement à partir du XIIe s. que leur souverain de jadis n'est pas mort, les Bretons ignorent sûrement qu'ils expriment des voeux identiques à ceux formulés par d'autres peuples européens pour lesquels le retour d'un chef disparu signifiera aussi l'arrivée d'un nouvel âge d'or. Sans doute tout ceci renvoie-t-il à un temps où l'âme du roi était tenue pour immortelle quand elle avait été celle d'un bon souverain : une approche des conceptions indo-européennes de la royauté permettrait de préciser ce point d'archéologie mentale. Délaissant pourtant, faute de compétence, cette piste de recherche, nous porterons notre regard seulement sur ce qui peut intéresser directement l'historien, à savoir la manifestation en milieu brittonique d'une certaine forme du messianisme royal dont les effets, affadis, se feront longuement sentir ici ou là en Europe, et même au-delà.

 

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 14:59

 

Croix à fût écoté, sans aucun doute plantées çà et là à travers nos campagnes suite à une épidémie des peste. La Bouillie, La Landec, Pléboulle, Plumaugat....

 

 

 

 

 

 

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 14:00

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 12:58

A la mort de Louis XI survenue en 1483, la régence du royaume fut confiée à sa fille aînée Anne de Beaujeu. Le frère de celle ci, l'héritier du trône : le dauphin Charles n'ayant que treize ans. Louis XI s'était fixé pour objectif de se débarrasser de ses voisins qu'étaient le duc de Bourgogne : Charles le Téméraire et le duc de Bretagne : François II. Charles le Téméraire fut tué par les troupes Suisses à la solde du capétien lors de la bataille de Nancy en 1477. Pour sa part François II complètement désintéressé des affaires intérieures de son duché de Bretagne laissa s'entre déchirer son chancelier Chauvin et son financier Landais. Cela contribua à affaiblir le rôle ducal face à la puissante aristocratie bretonne dont une partie se tourna vers le royaume de France. De plus comme nous l'avons vu sur une page précédente, ce même Louis XI n'hésita pas à envoyer à la Cour de Nantes, Antoinette de la Maignelais dans le simple but que la favorite fit rapport au roi de France des confidences recueillies sur l'oreiller. Lorsque survint la mort de Louis XI, son gendre alors désigné Louis d'Orléans n'hésita pas à s'enfuir à la Cour de Bretagne convoitant la jeune duchesse Anne de Bretagne tout en rejetant son épouse Jeanne de France, jeune femme estropiée et ma formée. Avec pareille alliance, Louis XI n'avait pas hésité à sacrifier sa fille cadette misant ainsi sur l'extinction de la branche cadette des Valois incarnée par ce parent le jeune Louis d'Orléans -futur Louis XII. François II  envoya ses propres troupes coalisées avec celle du duc d'Orléans, avec pour objectif d'enlever le jeune Charles VIII, et de renverser la régence hostile à la Bretagne, mais le projet échoua. En vue de trouver alliance contre la France, un accord fut passé entre le malheureux duc et le roi Edouard IV d'Angleterre qui lui dépêcha une troupe de quatre mille hommes. Le duc François II envisagea ainsi le mariage de son héritière Anne avec le jeune prince de Galles : Edouard V, mais le roi d'Angleterre mourut et son frère Richard III tuteur du jeune prince mit un terme à ce projet en faisant assassiner ce dernier pour s'emparer du pouvoir anglais. Alors en toute discrétion le duc François II négocia le mariage par procuration de sa fille Anne avec l'Empereur Maximilien d'Autriche -beau père du jeune Charles VIII. Le but avoué du duc était la protection de sa précieuse héritière contre les ennemis Français et l'invasion de la France par les troupes autrichiennes. Alors que les négociations se déroulaient, au cours du mois de mars 1488, une armée composée de 12.000 Français se mit en marche sous la conduite d'un jeune duc âgé de 28 ans : Louis II de La Trémoille. (ci dessous)

 

     

 

Châteaubriant, Ancenis et Fougères tombèrent aux mains des troupes françaises. Certe les Bretons parvinrent à reprendre la bonne ville de Vannes, en revanche, leur projet d'un assaut à partir de Saint Aubin du Cormier fut mis en échec par le duc de Trémoille qui avait deviné le projet breton. Les troupes bretonnes avaient été particulièrement marquées par d'importantes pertes lors d'une précédente mission. Aussi les troupes bretonnes étaient elles composées de Bretons, d'Anglais, d'Allemands, de Gascons et d'Espagnols. Il est vrai que dans le camp adverses un certain nombre de Bretons dont Jean II de Rohan avaient rejoint les troupes royalistes trahissant ainsi le Duc de Bretagne.  Le Duc d'Orléans, le sire d'Albret assistèrent Louis II de Rieux alors commandant des forces bretonnes. Et cette fin du mois de juillet 1488, au milieu de la nuit, le duc d'Orléans fut éveillé par une alerte. En réalité les assaillants n'étaient autres que les troupes du sire d'Albret et celle du maréchal de Rieux (ci dessous). C'est au nord du Bois d'Ussel qu'eut lieu cette bataille.

 

 

Manifestement ces troupes furent accusées de trahison, et le duc d'Orléans inquiété pareillement La bataille eut lieu le lendemain et pour preuve de sa fidélité à la cause bretonne Louis d'Orléans déclara qu'il resterait au milieu de l'infanterie pendant la bataille.

 

 

Un mouvement des Allemands pour se mettre à l'abri de l'artillerie permit aux troupes  françaises de charger et dès lors le combat devint un véritable carnage général : 6.000 Bretons furent tués. Mais laissons Beauvais de Préau nous relater la bataille : "le maréchal de Rieux prit la conduite de l'avant garde, composée d'environ cent lances; le sire d'Albret eut la direction du corps de bataille, qui consistait en infanterie presque toute formée de Breton; l'arrière garde était commandée par François Laval, seigneur de Châteaubrian, qui devait se porter avec un corps de cavalerie sur tous les points où son secours pourrait être nécessaire. Cette portion de l'armée était formée , en grande partie d'Anglais, auxquels on avait joint douze cent Bretons portant la croix rouge, pour faire paraître le plus grand le nombre des premier. La force toatale de l'armée bretonne pouvait s'élever à dix-huit mille hommes. Avant de faire ses dispositions, La Trimoille avait chargé un capitaine italien, nommé Jacques Galliot, qui passait pour un guerrier expérimenté, d'aller reconnaître les troupes ennemies; il fit le rapport qu'elles étaient plus nombreuses que celles de l'armée royale en infanterie, mais inférieures en cavalerie, il ajouta qu'il croyait expédient d'embusquer un corps de cavalerie, qui, pendant la chaleur u combat, tomberait à l'improviste sur le flanc des ennemis, et jetterait nécessairement le désordre dans leurs rangs. La Trimoille adopta ce plan, et chargea l'Italien de l'exécuter lui même. Adrien de l'Hôpital, seigneur de Choisy, guerrier d'une grande expérience, commandait l'avant-garde. L'action s'engagea par quelques décharges d'artillerie. Le maréchal de Rieux avait voulu faire avancer ses troupes avant que celles du roi ne fussent rangées en bataille, et qu'elles eussent mis leurs pièces en batterie; mais les autres chefs contestant au lieu d'exécuter cet ordre, les royalistes eurent le temps de se former. Les Bretons s'étant avancés ensuite précipitamment, leurs adversaires reculèrent à quelque distance, soit qu'ils ne pussent soutenir ce premier choc, soit qu'Adrien de l'Hôpital eût ordonné ce mouvement pour mieux attirer l'armée confédérée hors de ses retranchements, et rompre l'ordonnance de l'infanterie bretonne, qui en faisait la principale force. En effet les Bretons, en gagnant du terrain, ne présentèrent plus des masses aussi serrées qu'auparavant; ce qui permit à la gendarmerie royale, qui revint à la charge, non seulement d'enfoncer cette première ligne, mais encore de pénétrer fort avant dans le corps de bataille. Le capitaine Galliot, sortant alors de son embuscade, vint fondre sur les flancs de l'ennemi; la cavalerie bretonne, qui devait les couvrir, s'enfuit aussitôt q'elle vit approcher cette charge inattendue, et laissa ainsi la seconde ligne expéosée à une doubla attaque. Bientôt l'infanterie confédérée fut culbutée et mise en déroute avec une grande perte. L'arrière garde, partageant la terreur générale, ne prit aucun soin de couvrir sa retraite. Poursuivis vivement, les confédérés laissèrent plus de douze cent hommes sur le champ de bataille; entre les mains des vainqueurs, cinq à six milles prisonniers, parmi lesquels le duc d'Orléans, le Prince d'Orange...

 

 

Orléans,  le Prince d'Orange furent vaincus, puis faits prisonniers,  et le soir, avec d'autres officiers français et étrangers, ils furent contraints d'assister au souper du vainqueur  : le duc de La Trémoille.  Au dessert, deux francicains furent introduits dans la salle et la terreur s'empara des convives, persuadés que ces moines n'avaient été appelés que pour les préparer à la mort. Un silence morne régnait dans l'assemblée; La Trémoille prit la parole : "Prince dit-il au Duc d'Orléans, je n'ai aucun pouvoir sur vous, et quand j'en aurais, je ne voudrais pas en faire usage. C'est au roi seul qu'il appartient de vous juger. Mais quand à ceux qui, en donnant lieu à cette guerre, ont manqué à leurs serments, et violé la discipline militaire, ils payeront de leur tête ce crime de lèse-majesté : ces moines sont là pour les confesser". Le prince dOrange et le duc d'Orléans prièrent La Trémouille de sauver ces gommes, coupables seulement de les avoir servis. La Trémouille fut inflexible : les officiers français combattants dans le camp breton furent décapités et les princes envoyés à la gouvernance qui fit emprisonner le Duc d'Orléans. Le lendemain, une partie de l'armée française, tout enflée de ses succès, se présenta sous les murs de Rennes et somma les habitants de se rendre sans conditions, sous peine d'être passés au fil de l'épée. Les Rennais furent admirables de courage. Réunis dans la cathédrale, les notables de la cité s'engagèrent à défendre jusqu'à la fin les droits de leur souverain et l'indépendance de leur pays. Trois députés furent chargés de porter cette résolution au général français. L'un d'eux, Jacques Bouchard, greffier du Parlement, exiga l'admiration des Français par la même énergie de son langage en face de tant de calamités, et par cette noble fermeté de l'homme libre et du citoyen, qui, comme le fait observer M. de Courson est le plus beau et le plus rare des héroïsmes."Ne pensez-vous pas dit le généreux Breton, que vous soyez déjà seigneur de la Bretagne et que vous avez aussi facilement le surplus; vous devez premièrement considérer que votre roi n'a aucun droit sur ceste duché...'  Regarder aussi le document : La bataille de Saint-Aubin du Cormier racontée aux enfants par Yann Vleiz ar C'hunff.

 

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 09:54

 

La région étudiée est entièrement située sur la feuille de Rennes. Les limites du bassin versant de la Rance, en amont du massif granitique de Bécherel; se dessinent clairement sur les cartes en courbes en 40 000 ème de Rennes nord-ouest et Pontivy nord est. La rivière prend sa source dans le massif du Mené à 256 m d'altitude, à 1 200 mètres à l'ouest de Collinée; elle se dirige vers l'est, au sud de l'étroit plateau briovérien de 130-140 mètres qui, d'Eréac au Bois de Plumaugat et aux abords de St-Jouan de l'Isle, sépare les affluents de la rance des eaux qui coulent vers le nord. Au sud, c'est également un plateau de 130-140 mètres par la forêt de la Hardouinais, les bois de Pinguily,et de Pelmoine, qui partage les eaux de la Rance de celles du Meu. La Rance sort de la dépression creusée dans la pénéplaine de 100 mètres en franchissant en cluse le synclinorium median entre St-Jouan et Caulnes. Ses affluents dissèquent de la vallée principale, l'érosion remontante ne dépassant guère la courbe de 110 m.

 

 

souligné en rouge : Eréac

souligné en violet : St-Jouan de L'Isle

souligné en vert clair  : le bois de Pelmoine

souligné en vert foncé : le bois de Pinguili

souligné en vert foncé cerné de vert clair : la forêt de la Hardouinais

 

Région du Mené et zone briovérienne (figure 3)

 

Les schistes cristallins forment le sous-sol des landes du Mené. Ils ont été parfois profondément altérés, vraisemblablement sous le climat subtropical qui, au début du Terciaire, a donné naissance aux formations sudérolitiques. Dans une carrière (A, Fig.3), à 2,5 km au sud de St Gilles (x = 256, y = 370 ), le feuilletage de la roche est conservé, mais elle a été transformée sur place en un matériel entièrement meuble qui a été exploité en un matériel pour la fabrication des céramiques. Au sud ouest des sources de la Rance, le même granulitique de St-Gilles perce les formations métamorphiques, tandis que vers l'ouest, des veines basiques se font jour qui, désignée sous le nom de granite à amphibole sur les feuilles au 20 000 ème de Rennes et Pontivy, sont notées diorite sur la carte au 320 000 ème (Barrois, 1933, p. 49). Une carrière (B, fig. 3) est ouverte immédiatement au nord est du bourg de Lanrelas ( x = 259; y = 371,5). L'exploitation n'intéresse que des blocs arrondis dont le diamètre dépasse parfois 1,50 m et qui sont emabllés dans de l'arène grossière. La roche est dure et sombre, de grain moyen; une plaque mince m'a montré qu'il s'agit d'un diotite quartzifère. Sur le côté nord de la route de Plumaugat à Lanrelas, au sud ouest de Quesnon (x = 259; y = 371,4) deux carrières (C, fig 3.) sont ouvertes dans de l'arène. La plus proche du village montre un front de taille nord long d'une vingtaine de mètres. Sur six mètres de hauteur on peut voir es blocs de roche claire riche en feldspath, emballés dans du sable grossier. Sur le front ouest, la roche est mieux conservée et on peut reconnaître un granite à amphibole. La carrière suivante est ouverte dans le même granite arénisé, sur le front nord un filon de pegnatite assez fine est fragmenté en petits parallélipipèdes, tandis que le front de taille est est traversé de haut en bas par un filon d'aplite de quarante centimètres de puissance. une zone de roche plus acide borde donc au nord le petit massif dioritique de Lanrelas. La Rance draine ensuite une région entèrement  formée du Briovérien dont les affleurements sont rares et où il n'y a pas de carrières; cependant j'ai pu observer dans une excavation ouverte à Glé (1, fig. 3 bis), 1 km au sud est du bourg de la Chapelle Blanche (x = 268,1; y = 372; vraisemeblablement pour l'exploitation d'un filon de diabase utilisable pour l'empierrement. Les schistes verts interstratifiés avec des grés et des quartzites. Recherchant un affleurement de Pliocène indiqué sur la carte géologique au 80 000 ème, à 2,5 km au nord norf-ouest de Caulnes, près du village de la Renaudie qui représente un faciès d'altération du Briovérien

 

 

souligné en rose : Saint-Gilles du Mené

souligné en orange : Lanrelas

souligné en bleu-ciel : Quesnon

souligné en jaune : Plumaugat

     

Le synclinorium median (fig. 3 bis)

 

Le synclinorium median n'occupe que le flanc nord du plateau d'Eréac-Plumaugat; la Rance le traverse du sud au nord entre St-Jouan de l'Isle et Caulnes puis elle lponge la limite nord des plis siluro-dévoniens; à l'est du village de la Roptais (3 km nord est de Caulnes) elle pénètre de nouveau dans les formations siluriennes avant d'atteindre, un kilomètre plus à l'est, le massif de Bécherel. La traversée du synclinorium médian par la Rance correspond à ce que Ch. Barrois appelle le Massif de Caulnes (Barrois. 1894, p. 230) qui est la continuation vers l'est de celui de Collinée et qui présente une succession de bandes siluro-dévoniennes redressées presque jusqu'à la verticale et répétée plusieurs fois par plis ou failles.

 

 

souligné en marron : Caulnes

souligné en rouge : Guitté

souligné en gris : la Chapelle-Blanche

 

La bande de la Roche, où le grès armoricain est représenté par des rochers de quartzite qui, à l'est du château de la Roche, se poursuivent dans le granite vers la Touche, la Rosais, la Ville Poulain. Sur la rive gauche de la Rance, on retrouve le grès armoricain au Hirel (ouest de Caulnes), mais il est déporté de 2 km vers le sud : Ch. Barrois pense qu'une faille, ou peut être simplement l'épais manteau du pliocène et diluvien qui recouvre les couches dans cette partie de la vallée de la Rance, masque les relations possibles avec le grès armoricain de La Roche. A 2 km à l'ouest de Caulnes, une faille passant par la Marette et la Barbotais repousse vers le nord une écaille silurienne où l'on peut observer également le grès armoricain en affleurement le long de la route D. 25, à 2 km à l'ouest de Caulnes (point 3, fig. 3 bis) (x = 264,9; y = 375,75). Il est exploité dans la carrière de la Rochette (4, fig. 3 bis) (x = 264,5; y = 375,). Le front de la faille nord présente de gros bancs dont le pendage varie de 48° à 56° ouest et la direction N. 130 °. Certaines zones sont très altérées, tandis que des bancs, nettement individualisés, dessinent un enseignement visible du coin nord ouest de la carrière (fig. 4)

 

 

La bande du Houx est formée par les schistes à Calymènes exploités dans les anciennes carrières de la Ville au Bas (5, fig. 3 bis). La bande du Tertre est représentée par le grès de St-Germain. Il affleure dans la carrière du Tertre (6, fig. 3 bis)( x= 268,2, y = 375,36) à la cote 118 environ. Le front de la taille sud-ouest montre de gros bancs verticaux (pendage 73°sud) de direction nord 60°, et séparé par des régions altérées. C'est un grès psammitique, blanc jaunâtre, avec des zônes plus fraiches, violacées, et qui affleure de nouveau en bordure nord ouest de la route près du village du Tertre, mais en ce point il est totalement décomposé. Ces mêmes grès forment une petite colline (cote 120 environ), couverte de landes, dominant la Corgnais; ils ont été exploités dans deux carrières (7, fig.3 bis) (x = 270,7; y = 375,6) où ils ont une direction nord 14 °. Ces grès sont très friables, très altérés, à tel point qu'ils se séparent sous forme de blocs de grosseur variée, englobés dans un sable plus ou moins aggloméré. Au Houx, le Silutien supérieur forme des rochers escarpés de grès ocre ou bleus avec des zones d'altération rougeâtre. Une carrière (8. fig. 3 bis) (x = 270,7; y = 376,45) y est ouverte, présentant un front de taille nord est, haut de 8 m et large de 20 m. Les bancs sont très bouleversés, certains sont tordus et le pendage difficile à voir semble être bouleversés, certains sont tordus et le pendage difficile à voir être de 68° à 7° ouest; vers l'ouest ils passent latéralement à des roches totalement décomposées dont l'exploitation a été abandonnée. La bande de Caulnes, formée par des schistes ardoisiers de l'ordovicien moyen, est continue des deux côtes de la Rance, et dans la tranchée de chemin de fer, au sud de la gare de Caulnes, ils ont fourni, d'après Ch. Barrois (Barrois. 1894n p. 232), des fossiles caractéristiques. Ces schistes sont très altérés, gris bleu ou jaunâtres, rosés ay sud de la gare où la schistosité est parallèle à la stratification; la direction est est-ouest 80 ° et ils sont presque verticaux. Ils ont été exploités pour ardoises à l'Escoublière (9, fig. 3 bis) et en de nombreux points sur la rive droite de la Rance où l'on retrouve les anciennes carrières à la Ville-Morvan (10, fig. 13). La plus importante est celle des Ruettes (11, fig. 3 bis), près de Guitté, où l'on peut observer de gros bancs de schistes de pendage 47° ouest et de direction nord 40 0. Dans sa partie sud ouest, une zone broyée présente de nombreux plissotements qui sont peut être dus à la proximité du granite. Les schistes de cette carrière sont bleus, nullement altérés et ont donné lieu à une extraction importante. Ils se terminent à Guitté où ils sont métamorphisés au contact du granite. J'ai observé, sous l'église, leur richesse en micas signalé par Ch.Barrois : dans sa note de 1894, p. 232; et dans la légende de la carte de Rennes au 80 000 ème qui indique également des prismes de chiastolites. Ces mêmes shistes affleurent aussi en bordure de la petite route allant des Touches à la route de Guitté (point 12, fig. 3 bis) (x = 269,6; y = 375,6); ils sont totalement décomposés en argile ocre ou rougeâtre. La bande de Guitté constitue une large zone de grès de St-Germain passant par la Ville ès Chevet (3 km au sud-ouest de Caulnes) et se constituant jusqu'ai granite de Bécherel. Le grès est exploité à la Planchère (carrière 13, fig. 3 bis), à 2,5 km au sud-ouest de Caulnes (x = 265; y = 374,35° où il se présente sous forme de grès blanc verdâtre, avec des petits lits psammitiques, de nombreuses passées schisteuses noires et des zones altérées. La direction est sensiblement nord 30° et le pendage 50 à 70° ouest. J'ai retrouvé les affleurements signalés au Haut-Pan (point 14, fig. 3 bis) où Ch. Barrois signalait des Diplograptus dans un lit ampélitique (Ch. Barrois, 1894, p. 232). M. Philippot (thèse, 1950, p. 147) a mpntré que les Diplograptus de ces ampélites sont en réalité des Rectiolites que l'on rencontre mêlés à des Monograptus. Ces grès ne sont donc pas des grès de St-Germain comme le pensait Ch. Barrois, mais des grès du Gothlandien inférieur. Le pendage est de 38° vers l'ouest et la direction nord 10-12°. Cette bande se prolonge sous forme d'un filon quartzeux dans le granite. La bande de Couëlan forme une dépression schisteuse (s 2); j'ai pu voir ces schistes très altérés en bordure de la route de Guitté qui passe devant le château de Couëlan (point 17, fig. 3 bis). Dans la bande du Bonhomme la Roche, une crête de quartzite est exploitée à la cote 105. Dans cette carrière (18, fig. 3bis) (x = 266,6; y = 373,4) les grès du Silurien supérieur ont une direction nord 135°. On peut distinguer des quartzites, gris vert, parcourus de nombreuses veines de quartz, des lits d'ampélites noires et grises trèès micacées, des bancs psanmitiques, un filon de quartz, puis des quartzites de direction nord 120°. Les bancs sont coupés par de grandes cassures et par une faille, tandis qu'une zone broyée complique la tectonique. Sur le front de taille sud les bancs sont trèsondulés et flexueux. Cette bande grèseuse est bien développée sur la rive droite de la Rance où elle est jalonnée par d'anciennes exploitations. Une faille la met en conract, sur son flanc sud, avec le Dévonien représenté par deux bandes. La bande de St-Jouan de l'Isle correspond au grès de Gahard. La tranchée de chemin de fer traverse le Dévonien au nord-est de St-Jouan et, en suivant la voie ferrée, j'ai pu retrouver les affleurements et les carrières signalés par CH. Barrois (1894, p. 233), elles sont abandonnées et d'accès difficile (x = 266,5; y = 373,2). A l'ouest du Moulin des Bois (19, fig. 3 bis) une exploitation a dû être ouverte dans un banc de quartzite interstratifiés dans des grès rosés plus ou moins ferrugineux; une cinquantaine de mètres plus au nord (20, fig. 3 bis) un vallon est-ouest est creusé dans les grès friables à Dalmanella monnieri; j'ai retrouvé un échantillon fossilifère avec une Camrotochia et des moules de Brachiopodes. Ch. Barrois mentionne d'anciennes exploitations de minerai de fer au sommet de ces grès. Le grès à Dalmanella Monieri est localement riche en oxyde de fer passant à de véritables concrétions, mais j'ai trouvé dans cette carrière des "roussards" (grès ferrugineux) à gros grains qui doivent être rapportés au Pliocène (voir chapitre IV). Au Val (point , fig. bis), sur la rive droite de la Rance, les grès à Dalmanella Monieri de direction est-ouest passent à de véritables quartzites avec desn zones ferrugineuses. La bande de la Chapelle-Blanche est formée par des schistes et calcaires dans lesquels Ch. Barrois a reconnu la faune de Nébou. Dans une carrière (, fig. bis), immédiatement au sud-ouest du bourg de la Chapelle Blanche (x = 267,3; y = 372,5), des grès, des schistes, des quartzites sont surmontés par du head. Au centre du front de taille, la direction est est-ouest, le pendage subvertical. A l'est, par contre, la direction est nord 123°. Les couches sont formées d'une alternance de schistes et quartzites. A l'entrée de la carrière, on voit le contact avec le Briovérien mylonitisé. Les schistes et quartzites effleurent en bordure de la route, jusqu'au cimetière . Au château de la Hunaudière (, fig. bis), on retrouve ces mêmesn schistes et quartzites de direction est-ouest et présentant de nombreuses diaclases. Certains niveaux de schistes, grès et grauwackes ont fourni la faune dévonienne de Néhou. Une bande ardoisière, jalonnée par une ligne d'anciennes exploitations, s'étend ouest-est au nord de la Chapelle-Blanche (Barrois, 1894? P; 234). D'après Ch. Barrois, cet ensemble forme un double synclinal présentant deux plis synclinaux parallèles (pli du Nord ou de Gahard, pli du Midi ou de Liffré) à pans déversés au sud. J'ai pu relever la coupe de ces diverses formations dans la tranchée du chemin de fer entre le Pont des Trois rches à l'est du bourg de St-Jouan de l'Isle et la Gare de Caulnes (fig. 5) où, malheureusement, les affleurements de schistes et calcaires à Athyria Undata sont masquées par des dépôts pliocènes.

 

Granite de Bécherel.

 

Le massif granitique de Bécherel est intrusif dans les formations paléozoïques; sa limite occidentale sectionne brusquement les plis nprimaires du synclinorium à une dizaine de kilomètres à l'est de Caulnes; des bandes sédimentaires sont conservées à l'état d'enclaves dans ce granite, le grès armoricain pouvant être transformé en quartzite et passer même à du quartz blanc : c'est le cas de quartz blanc de Guenroc. Une carrière abandonnée (D, fig. 3 bis) visible à 400 mètres au nord du bourg de Guitté, sur le côté ouest de la route D. 89 de Guitté à Guenroc (x = 271,3; y = 376) est ouverte dans l'arêne granitique; quelques filonets de quartz intacts, le sommet de l'excavation entame une coulée de solifluxion constituée de fragments anguleux de grès de l'Ordovicien supérieur. Sur le côté est de la route départementale 89, 1 500 mètres au nord de Guitté, près du pont sur la Rance et sur la rive gauche de la rivière (Fig. 6) la carrière de la Ville-Even (E, fig. 3 bis) (x = 271,2; y = 377) entame l'extrémité du massif granitique qui, en ce point, est traversé par un filon de diabase : il s'agit en réalité de plusieurs filonnets ou de la terminaison ramifiée d'un filon au contact duquel le granite est modifié et passe à un granite à amphibole. En résumé, j'ai pu retrouver tous les niveaux primaires, les roches éruptives et métamorphiques décrites par Ch. Barrois et observer leurs caractères dans les affleurements et carrières localisées sur la Fig. 3 bis.

 

 

D'après tertiaire et quaternaire de la Haute Rance. Etude sédimentologique par Jeanine Choux, article publié en 1956

 

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Dolérite de la Rodais en Bécherel

 

 

Cornéennes et schistes tâchetés du Vauruffier

 

 

Granite de Bobital

 

 

Granite de Bécherel

 

 

Sable rouge de Saint-Jouan de L'Isle

 

 

Ampélite du Pont-Douvre en Médréac

 

D'après données fournies par la Maison des Faluns à Tréfumel

 

 

 

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 19:56

 

Comme nous l'avons vu sur une précédente page Anne de Bretagne disparaissait il y a cinq cents ans. Précisément elle voyait le jour à Nantes en pays breton il y a 537 ans  d'hier. En effet elle était née le 25 janvier 1477.

 

 

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 13:10

 

Le texte de ce mandement nous a été conservé par le registre de la chancellerie de Bretagne de l'an 1465, où il existe aux fol. 125. verso, 126 recto-verso. Il est ainsi conçu :

 

François etc. à touz ceulx qui ces presentes lettres verront salut. Comme pluseurs des chasteaulx de nostre pais et duchié soient de present (en) decadence et soient besoigneux de reparacion; ce que entendons et desirons de brieff reparer et faire mectre en bon estat, et soit ainsi que, entre autres places de nostredict duchié, nostre chastel de la Tour Nefve de Nantes, qui est l'un des lieux d'iceli auquel nous et nostre tres chiere et tres amée seur et compaigne la Duchesse avons accoustumé faire et faczons le plus souvent residence, et lequel chastel est situé en l'une des plus principales et magnifiques ville de nostre dict pais, soit si petitement logé et inigent de reparacion que souventes doiz advient, quant aucuns princes ou seigneurs viennent devers nous. (que) ne pouons ne nous est bonnement possible en iceli chastel les recevoir et loger ainsi honorablement et bien que faire le vouldrions et lequel nostre chastel, pour lesdictes causes, avons volunté et grant desir de reparer et mectre en grant et bon appareill de logeis et fortifficacion, qui par ce mesmes pourra estre et tourner au bien, sceurté et defense de nostredict pais, et en iceli euvre mectre et faire mectre des deniers de oz revenues jucques à parachevement de l'euvre d'iceli chastel, savoir faisons que nous, ce que dessus considéré, desirans à nostre chastel de la Tour Nefve (sic) estre en toute diligence encommencée et iceli estre continué et parfait jucques à parachevement, comme il est bien requis; au jour d'uy, pour lesdictes causes et autres condidéracions qui à ce nous ont meu et meuvent, avons voulu, deliberé et ordonné, et par ces présentes voulons, deliberons et ordonnons touz et chacun les deniers, tant de rachaz, soubz-rachaz, ventes, lodes et octrises, bris et peczois de mer, amandes exatraodinaires de forfaitures et deliz autres que les ordinaires de noz cours et juridicions, escheuz et advenuz, ou qui ou temps à venir escherront et advendront, en quelque lieu et endroit que ce soit, es receptes de nostredict pais, depuis le premier jour de ce present moys d'octobre soient mis, convertiz et emploiez à la reparacion, logeis, et empacement et fortifficacion de nostredict chastel de la Tour-Nefve (sic), selon de devis qui de ce par nous, les gens de nostre Conseil et autres se congnoissans en celle matiere en sera fait. Lesquelz deniers voulons et ordonnons, depuis ledict temps jucques à accomplissement dudict euvre estre, par les recepveurs ordinaires de noz receptes et cacune, paiez et livrez à la main de nostre armé et féal Guillaume Geraut, lequel quant à ce avons commis et ordonné recepveur general desdiz deniers et miseur d'iceli euvre. Ausquelz nos receveurs ordinaireset à chacun d'eulx mandons expressément tout premier et avant que nozdiz receveurs ordinaires les porennent et receiven, et nn autrement, expediez et veriffiez de noz armes et seaulx conseillers Guillaume Chauvin, chancelier de Bretaigne, et de Pierre Landoys, nostre tresorier general, lesqueulx assemblément avons par cesdictes presentes commis et commectons pour en faore et bailler les verifficacions qui seront par raison advisées et ordonnées. Si donnons en mandement à touz et chascun les receveurs ordinaires de nozdictes receptes et autres à qui de ce pourroit appartenir ceste nostre presente ordonnance tenir, entretenir, garder et observer, chascun endriit soy, sans nul deffault sur les paines dessusdictes. En rapportant ces presentes on vidimus d'icelles, fait soubz le seel de l'une de noz cours, auquel voulons foy estre ajoustée comme à l'original avecques les quictances dudict Guillaume geraud, receveur et commis dessusdict, ce que paié lui auront les deniers yssans des choses et revenues dessudictes, ou d'aucunes d'icelles, sera alloué et mis en clerc descharge à chacun d'eulx qui mestier en aura, par noz conseillers, les gens de noz comptes, auxquelz mandons ainsui le faire. Car ainsi le voulons et nous plaist, non obtant quelzconques estaz,ordonnances, mandemens, deffenses ou autres choses à ce contraires. Donné en nostre ville de Nantes le XIIe jour d'octobre, l'an mil IIIIc IXVI. Signé Françoys.Par le Duc, de son commandement, G. Richard.

Ce mandement fut scellé le 23 octobre suivant devant le chancelier de Bretagne, et l'on ne resta point longtemps sans agir, puisque, un mois plus tard, nous trouvons dans le même registre de la chancellerie, au fol. 156 recto, la mention suivante :Mandement à Olivier Baud, tresorier des guerres,  bailler et delivrer, à Guillaume Geraut, receveur de Nantes et miseur des oeuvres et reparacions du boulevard que on fait au chasteau dudict lieu, la somme de IIc livres monnoyes, restante de mil livres qui lay estoint couchées en l'estat de son office pour emploier au portal de Brest, et dont en a poié VIIIc livres, affin que ledict Gerant, miseur susdict puisse assembler les attraiz et matieres, pour icelle euvre, etc. Daté le XXVIe jour de novembre LXVI. (Signé) Milet. Les travaux durent être poussés activement. Ils se poursuivaient encore onze ans plus tard, puisque dans le registre de chancellerie de l'an 1477, on trouve cette mention, au fol. 9 verso : Mandement aux gens des comptes de allouer en descharge à Guillaume Gerault les sommes qui enssuivent, et pour les causes cy après declerées, sçavoir : Pour ses gaiges d'un an qui finira au premier jour de mars prochain venant , IIc livres...Pour les gaiges du conterolle (contrôleur) des repparacions du chasteau, pour ledict an, C livres...Idem les mises que ledict Gerault apparoistra par les relacions ddict conterolle avoir faictes pour la faczon et couverture des cuisines faictes en l'ediffice neuff. Etc. Ces édifices neuf, où l'on établissait les cuisines, ne peut être, ce semble, l'une des pièces de la fortifications du château, mais bien le bâtiment même d'habitation, ce beau palais des ducs de Bretagne, en un mot, que l'on trouve à droite en entrant dans la première cour, et qui, d'après le texte devait être achevé ou au moins construit en grande partie dès 1477. Il n'est point de mon objet d'entrer, tel dans de longues considérations sur l'ensemble du château de Nantes, tel qu'il est aujourd'hui. Seulement, après un examen attentif, je serais porté à attribuer au règne du duc François II le palais intérieur et la face extérieure tournée vers l'ouest, depuis l'ancienne tour des Espagnoles jusqu'à celle qu'on a récemment exhumée de sous le bastion de Mercoeur, exclusivement, au lieu que je rapporterais à la duchesse Anne la tour du Fer-à-cheval et la grande courtine du sud avec ses deux tours. Je ne puis non plus retenir, l'experssion du sentiment pénible qu'inspire à tous les amis de l'art et de l'histoire le triste état oh dépérit aujourd'hui le château de Nantes. Les plus illustres souvenirs de nos annales se rattachent à cet édifice; nos architectes et nos sculpteurs des vieilles gloires bretonnes qu'on laisse si paisilement infliger de tels affronts !

 

 

 

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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 20:59

 

Reconstruction du château de Nantes (1466)

   

    

 

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On attribue généralement Gui de Thouars la construction du château de Nantes appelé la Tour-Neuve, sur la foi d'une charte de 1207 qui parle; non d'un château, mais d'une douve (doha) qie ce prince fit creuser sur le fief des chanoines et le verger de l'évêque. Cet acte a pour objet de dédommager le prélat du terrain qu'on lui a pris, par l'octroi de sept livres (environ 700 francs, valeur actuelle, sur certain revenu du duc à Nantes. D'un fossé à un château, il y a quelque distance. Mais, dit-on, ce fossé était précisément celui du château. Supposition toute gratuite, puisque dans l'acte allégué rien n'indique suffisamment la situation de la douve. Supposition erronée, puis-je ajouter : j'ai retrouvé, dans les débris des archives capitulaires, un autre acte de Gui de Thouars, de l'an 1207, où ce prince assigne aux chanoines une rente de quatorze livres, en dédommagement du terrain pris dans leur fief pour établir cette même douve; ici la situation de ce fossé est indiquée, l'on dit qu'il avait été creusé en dehors des murs, du côté de Saint-Clément (occasione dohae quae facta est extra muros versus Sanctum Clementem) : indication qui ne peu s'adapter en aucune façon à la position du château de Nantes. D'ailleurs, ne serait il pas vraiment admirable que le duc, établissant un fossé pour défendre une nouvelle et importante forteresse qu'il vient de faire construire, ne dît pas un mot de cette forteresse même, et exprimât au contraire que le fossé a été creusé en dehors des murs, ce qui indique naturellement l'enceinte ordinaire de la cité, non pas du château ? C'est pourtant à cause de ce seul acte de 1207, publié dans D. Morice. que l'on a fait de Gui de Thouars le premier fondateur du château de Nantes. Hypothèse détruite par ce qu'on vient de dire. Je préfères beaucoup, quant à moi, voir dans le château actuel ou dans la Tour-Neuve, ce qui est la même chose, l'héritière ou, si l'on veut, le développement de cette maîtresse tour (turris principalis) qu'Alain Barbe-Torte fit construire en 937, et où il se logea. Mais pour éclaircir cette opinion et montrer qu'elle a au moins plus de fondement que l'autre, il serait nécessaire d'entrer dans quelques détails sur les enceintes et châteaux de la ville de Nantes avant le XIIIe siècle, ce qui nous mènerait trop loin pour le moment. Quelques écrivains, entre autres Ogée et Mellinet, ont dit qu'avant de prendre le nom de Tour Neuve, le château de Nantes avait porté celui de l'Hermine. Je ne connais rien absolument qui justifie cette assertion, et n'ai jamais vu cette dernière appelation appliquée qu'au château de Vannes? Quant au nom de la Tour-Neuve, qui appartient bien légitimement au château de Nantes, peut être ai-je mal cherché, mais je ne l'ai point trouvé écrit dans les actes avant le XIVe siècle. Le Trésor des chartes des ducs de Bretagne contient un inventaire, rédigé en 1303, des espèces d'or et d'argent "qui estaent en la Tour Neusve de Nantes" et dans l'état général des trésors du duc Jean II dressé après sa mort, en 1306, é les biens qui furent trovez en la Tour Nouve de Nantes", forment un chapitre considérable. Ce sont là les deux plus anciennes mentions du nom que je me souvienne d'avoir vues. Dans la seconde moitié du XIVe siècle, le duc Jan IV fit à la Tour Neuve quelques réparations et augmentations. Les historiens de Nantes, à la vérité, n'en parlent pas, mais je n'en trouve pas moins la trace dans deux titres du Trésor des chartes de Bretagne, dont le premier (sous la cote Q.F.18) est ainsi conçu :  Sachent toz que je Guillaume de Soudé, tresaurier de Bretaigne ay eu et receu de sire Thomas de Melborne, receveur general de Bretaigne, la somme de tres mille quatre vignz quinze escuz en monnoye, en ce comptez sexante et quinze escuz baillez à Jehan Rebours par Geffroy Le Roy, pour emploier ès ouvres de la Tour Nouve de Nantes; de la quelle somme je me tiens à bien paié et l'an quite. Et auxi sont en ce comptez quarante et seix escuz baillez à Guillaume Hurtaut pour faire la mise de l'oustel, dont il me bailla quarante. Donné tesmoign mon signet, le XXe jour d'octonbre, l'an mil trois cenz sexante et sept. (signé) Guillaume Chauvin. L'autre pièce, cotée E.E.15 et datée du 3 janvier 1381 ou, suivant notre mode actuel de compter, 1382, est un acte par lequel "Monsour Pierre Garnier presptre...vent à très noble et puissant prince Monsour Jehan duc de Bretaigne...une meson o tout son fene, yssues et appartennces, sise en la ville de Nantes, entre la dove du chastel de la Tour Neuve d'un costé, et le cimetière de chés les frères Preschours de Nantes et un herau ph a fambray près dudit cimetère, une ruele ou venelle entre dous, d'autre, et férante d'un chieff (ladite maison) à l'essue du pont dudit chastel de la Tour Neuve, et d'autre ès murs de la ville de Nantes; pour le pris de cinquante francs d'or nez et quites à la main dudit Monsour Pierres, etc". Ce débornement très précis montre, ce semble, que la face du château tournée vers la ville était, en 1382, moins avancée vers l'ouest que de nos jours; et ce fut sans doute pour donner à la Tour Neuve plus d'extension de ce côté que Jean IV acquit la maison dont il est casEn peut on conclure, toutefois, que l'entrée actuelle du château et la façade ouest sont précisément l'oeuvre de Jean IV ? J'aurais de la peine à l'admettre. Car, abstraction faite des bastions et des courtines de Mercoeur, les caractères architeconiques, combinés avec quelques rares indications fournies par l'histoire, ne permettent guère d'attribuer ce qui reste du château de Nantes qu'aux temps du duc François II et de la duchesse Anne. Malheureusement, on le sait, sur ce qui regarde l'étendue, la suite et le progrès des constructions accomplies sous ces deux règnes, nous sommes privés de tout détail, de tout renseignement circonstancié. Les archives de la Chambre des Comptes de Nantes auraient eu autrefois, sans aucun doute, de quoi satisfaire amplement en ce point notre curiosité. Mais la commission des préposés au triage, en faisant anéantir, pendant la Révolution, les comtes des trésoriers, leurs pièces justificatives et en général toute la comptabilité ancienne de nos ducs, nous a par là enlevé cette première et abondante source d'informations. Peut être néanmoins ne doit on pas désespérer de rencontrer encore çà et là, quelques document capables e combler, au moins en partie, cette fâcheuse lacune. Telle est, par exemple, la pièce qu'on va lire et qui donne la date exacte du commencement des travaux exécutés au château par ordre du duc François II.

 

    

 

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