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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 07:44

 

Cette voie sortait de Vannes entre les grandes routes modernes de Nantes et de Rennes, allait passer au village de Bohalgo, au Sud de celui de Bourgerel, et entrait bientôt après dans la commune de Saint-Nolff, où on la reconnaît au Nord Ouest et à peu de distance du village de Mendon.

 

 

 

Vannes : Bohalgo,   Bourgerel,

 

A un quart de lieue Sud-Ouest de ce village, sur le territoire de la commune de Theix, « au Nord du village de Talhouet, situé sur « une hauteur, on remarque un long fossé construit en terre mêlée de pierres, et qui paraît être, par sa position, un reste de retranchement. »

 

 

Theix : Talhouët

 

 

Détail

 

De la hauteur de Mendon, la voie gagne le village de Ranouac, à partir duquel elle suit les limites des communes de Saint-Nolff et de Treffléans, dans une longueur de 3,000 mètres environ, laissant à un tiers de lieue au Sud, le village de Bizole. Après avoir passé entre les villages de Montaigu et de Kermelen, près de la chapelle de Saint-Mathieu, puis à environ 300 mètres au Nord du bourg de Treffléans, elle gagne la lande au Nord de Kerdrehan, qu'elle suit en restant à une distance de 500 mètres environ, au Nord, de la chapelle de Sainte-Apolline, et finit par se confondre avec la grande route moderne de Vannes à Redon, au-dessus du village de Penroch, de la commune d'Elven, sur la limite de laquelle il est placé. Là, comme la lande est rase, on aperçoit fort aisément la voie s'avancer en gros sillon vers le clocher de Treffléans. De la butte de Penroch, on découvre aussi, à une demi lieue vers le Sud, le bourg de Sulniac, et au Nord-Ouest, à une lieue, la majestueuse tour d'Elven. Cette butte de Penroch est fort élevée et forme une côte courte, mais rapide, au pied de laquelle s'étend, jusqu'à la maison de Saint-Pierre, une vallée dont les eaux s'écoulent à Vannes et que la voie parcourt presque en droite ligne. On en reconnaît facilement la chaussée et les contrefossés, malgré les travaux faits à la route moderne tracée sur l'ancienne, mais qui n'en a pas pris toute la largeur, puisque les rigoles en ont été creusées dans la voie même. C'est à cette hauteur et à un quart de lieue au Nord de la voie, « au village de Lez-Castel, en la commune d'Elven, qu'on remarque, près de la chapelle, un retranchement en terre, de la forme d'un carré régulier, dont chaque côté présente environ 100 mètres de développement. Sa situation sur l'un des points les plus élevés de la commune, au sommet du côteau septentrional de la vallée dont je viens de parler, d'où il commandait la voie ; ce nom de Lez Castel, tiré du monument même, tout fait penser que  cet ouvrage est un ancien camp. On persistera dans cette opinion, si l'on considère que sur le versant Nord de la montagne où est situé Lez-Castel, et à peu de distance de ce village, se trouve un autre retranchement de petite dimension, nommé Coh-Castel ou Vieux Château . »

 

 

Elven ; Lescastel

 

 

Détail

 

Ce qui semble annoncer que ce point de défense avait une certaine importance militaire. Depuis Saint-Pierre jusqu'au Petit-Molac, la voie et la route moderne sont confondues, et l'on distingue encore parfaitement le contre-fossé antique partout où les clôtures ne l'ont pas détruit. Dans ce trajet, la voie laisse à une demie-lieue au Nord, le bourg de Larré ; à un quart de lieue au Midi, la chapelle de Saint-Just, et à une demi-lieue en suivant au S. E., le ruisseau qui passe près de cette chapelle, le village du Chastelier, placé sur sa rive droite au sommet d'un monticule défendu de trois côtés par des pentes, et dont le nom annonce la présence d'anciennes fortifications. Nous arrivons au Petit-Molac, non pas au village et à la chapelle placés à quelques cents pas au Nord de la voie, mais à un chétif cabaret, bâti depuis quelques années, au croisement de la grande route de Vannes à Redon, et du chemin vicinal de Quest-an-ber (Questembert) à Rochefort. Avant cette construction, c'était une lande qui n'avait rien de remarquable. Aujourd'hui, près de ce cabaret, c'est un jardin, c'est un champ de l'humus très-gras et très-noir desquels est sorti une quantité considérable de tuiles à rebord en morceaux, de faitières, de briques, de poterie grossière : débris évidemment romains. Dans le champ, il s'est trouvé un puits maçonné avec soin, de forme circulaire, de trois pieds de diamètre, et dont la source est abondante. Il y a ici des traditions.

 

 

Questembert : le Petit-Molac

 

On dit que sur le chemin du Petit-Molac à Quest-an-ber, une butte, nommée le Bourg Rouge, était l'ancien emplacement de cette petite ville ; qu'une grande bataille a été donnée sur la lande que traverse la voie entre le Petit-Molac, Quest-an-ber et Saint-Louis, autre cabaret, à une lieue sur la route vers Vannes ; que 600 cavaliers ont été tués successivement sur la voie, depuis Saint-Louis jusqu'au Petit-Molac. Ce souvenir de bataille doit s'appliquer sans doute à la défaite de 15,000 Normands par Alain-le-Grand (Alan-er-Bré ou er-Bras), que les Annales de Metz et Rheginon placent en 890, mais que dom Morice, d'après quelques actes de Redon, croit être arrivée deux ans plus tôt. Dom Lobineau en recule la date jusqu'en 879. C'est Lebaud qui a dit le premier que cette bataille s'était donnée à Quest-an-ber, entre Redon et Vannes. « Peu à peu il les occist ou chassa hors par ses batailles, dont il fist l'une en Broguerech , près un lieu nommé Kemtembert, où il fist si grande destruction desd. Danois, que elle donna terreur aux aultres qui délaissèrent la région, page 125. »  On assure qu'il ne s'en sauva que 100 Normands. Un peu après le Petit-Molac, la route moderne quitte la voie pendant quelques centaines de pas, et y rentre avant d'être arrivée au moulin de Talhouet, placé sur une éminence d'où la vue est fort étendue. De là jusqu'à la maison de l'Ardoise, la route se maintient sur la voie dont les contre fossés sont toujours très-marqués en-dehors des rigoles modernes. On aperçoit à une demi-lieue au Nord, le clocher de Pluherlin. Rochefort, petite ville avec un château fort du moyen âge, dont il ne reste que des ruines, n'est qu'à un quart de lieue au-delà de Pluherlin. Un peu avant d'arriver au village de la Ville-Tainguy, la voie quitte encore une fois la route actuelle, mais pour un trajet très-court pendant lequel elle est fort apparente et parfaitement conservée. De la Ville-Tainguy au village de la Chaussée, les deux côtés de la route sont cultivés et les clôtures ont resserré la voie à la largeur de son agger, c'est-à-dire, 21 ou 30 pieds. Il en est ainsi au-delà de la chaussée, jusqu'au bois de Culoret, bordant la route au Nord, et vis-à-vis duquel on remarque facilement dans des pièces de lande, l'ancien contrefossé. Le nom du village de la Chaussée a été tiré de la voie sur laquelle il est situé.

 

 

Malansac : Ville-Tainguy, Chaussée

 

C'est un nom qu'on retrouve souvent sur les voies romaines. Le bourg de Malansac est à une demi-lieue au Nord, et celui de Caden à une lieue au Sud. Nous arrivons bientôt après au village de la Mare, et vis à-vis de Saint-Gorgon, petit bourg au Sud, à un quart de lieue de la voie ; à pareille distance au Nord, es t la chapelle de Sainte-Eutrope. La voie et la route continuent à se confondre jusqu'à la croix de la Hilliais, où la voie poursuit la ligne droite vers le S. E., tandis que la route moderne se détourne légèrement à l'E. pour gagner Allaire et Redon, par le pont et la chaussée d'Auquefer.

 

 

Allaire : Saint-Eutrope

 

 

Allaire : la Hillais

Comme nous approchons de Rieux, et que le président de Robien s'est principalement occupé de cette localité en parlant de la voie qui nous occupe, je crois devoir citer ici tout ce qu'il en dit dans son manuscrit, en 2 volumes in-folio, déposé à la bibliothèque de Rennes, et intitulé : Description historique et topographique de l'ancienne Armorique ou Petite-Bretagne (Tome 1°. , ch. 16.). « Le chemin qui est sur la route de Vennes à Rieux, n'est pas tout-à-fait si large » (que la voie romaine de Blain à Port-Navalo, dont il parlait précédemment), « mais il est moins enterré dans sa longueur. Il ressemble à une chaussée. Il est élevé dans les landes et les endroits marécageux quelquefois de 1 pieds ; ailleurs, il l'est moins. Il est formé de pierres et de gros sables qui font un chemin très-sec et très-solide. Il y a beaucoup d'apparence que Rieux est l'ancienne ville de Duretia ou Duretie, marquée dans l'itinéraire d'Antonin. - Rieux n'est rien aujourd'hui; mais on voit par les ruines qu'il a, dû être considérable autrefois. Un château d'une assez grande étendue et situé avantageusement sur le bord de la rivière, défendait cette ville. On voit encore les ruines du château. Un pont, sur la Vilaine, lui donnait communication avec les peuples nommés Nannètes. Quoiqu'il ne reste aucuns vestiges de ce pont, le bac qui lui a été substitué, et qu'on nomme encore le passage du Pont, est un témoignage de son existence passée. Le chemin qui conduit du côté de Vennes est encore une preuve et de son existence et de sa grandeur ancienne. Ce chemin est sans doute un ouvrage des Romains, également que celui de Redon à Vennes. Il est situé dans des landes très-élevées que forment une chaîne de hauteurs, qui s'étendent presque jusqu'à Vennes. Ce chemin est beau et aligné dans tous les lieux où il le peut être commodément. Comme il est fréquenté depuis bien des siècles, il n'est pas entier partout, mais on remarque qu'il a été construit solidement et avec soin ; et que les pierres et les sables ont été apportés d'ailleurs. Il se nomme la Chaussée. La tradition veut qu'il ait été construit par la duchesse Anne. D'autres l'attribuent à une duchesse Ahès, qui, je crois, n'a jamais existé. Elle est cependant regardée comme la fondatrice de la ville de Carhaix (anciennement Kaer-Ahès, ville d'Ahès). C'est à cette princesse qu'on attribue le chemin construit de Carhaix vers le Raz, que l'on appelle encore le chemin d'Ahès, hent Ahès, et un autre chemin construit de trois rangs de grosses pierres conduisant de Carhaix à Nantes, et dont il ne reste plus aucune trace. Ceux de Redon et de Rieux n'ont rien de pareil dans leur construction. L'on ne remarque plus qu'un gros gravier blanc très-solide, qui forme un chemin ferme et beaucoup d'inégalités, causées par la destruction de ses parties les moins liées. Mais le tout semble porter des marques d'une antiquité plus reculée que le temps où a dû vivre cette princesse. » Le président de Robien n'a guère observé la voie que dans le voisinage de Rieux, et un peu en allant vers Vannes. Il paraît n'être point entré, en passant la Vilaine, dans le diocèse de Nantes, où il aurait trouvé, comme nous le verrons bientôt, de nombreuses preuves de l'antiquité de la voie qui nous occupe. Reprenons sa description. A partir de la croix de la Hilliais, où elle se sépare de la route de Redon à Vannes, elle s'avance vers Rieux, en laissant à un quart de lieue au N. E. le bourg d'Allaire, et très-près et au Nord du village de la Petite Forêt, commune d'Allaire. Bientôt après la voie entre dans l'ancienne forêt de Rieux, qui n'a plus que quelques parties de bois taillis clair-semées, et à travers laquelle il est très-facile de suivre l'énorme sillon de 1 à 5 pieds de hauteur et de plus de 30 pieds de largeur, qui forme notre voie en cet endroit, et qui se continue sur la lande en-dehors et au Mlidi de la forêt. Elle descend ensuite dans un vallon près et au N. E. de Cauzon, va passer au village des Landes, puis entre dans des pièces de terre, en sort sur une petite lande à l'O.

 

 

Rieux : forêt de Rieux, Les Landes

 

Du Moulin du Clos, longe une châtaigneraie, passe près et au N. E. du village du Bot, remonte sur une lande où est une croix de pierre qui paraît ancienne, nommée la Croix-dom-Jean, arrive enfin à un monticule qu'elle traversait, mais où des affouillements considérables ne permettent guère d'en reconnaître que quelques courts fragments. Une large rue non pavée, mais empierrée de cailloux roulés, semble être la continuation de la voie. Elle se dirige vers le château, au-dessous duquel elle descend par une pente douce au bord la Vilaine. Rieux, comme le dit le président de Robien, n'est plus rien aujourd'hui. C'est une simple bourgade, bien située sur la Vilaine, au milieu d'un vallon d'une extrême fertilité. Le géographe Sanson a le premier émis l'opinion que Rieux était le Duretie, que la carte de Peutinger place à XXIX milles ou lieues gauloises de Portus Nannetum, et à XX de Dartoritum. Il en a cherché une preuve dans le sens étymologique du mot Duretie, où il trouve Dour, qui, en breton, signifie eau, et Retie, qui, suivant lui, veut dire Rieux. Danville, Notice des Gaul., p. 227, se sert aussi de l'étymologie pour placer Duretie à Rieux; mais il prétend qu'il faut lire Durerie, parce qu'alors il trouve Dour, eau, et Erie, qui rappelle le nom de Herius que portait la Vilaine du tems du géographe Claude Ptolémée, c'est-à-dire au second siècle, et il en conclut que Durerie signifie passage de l'Herius. Tout cela est bien peu concluant; les calculs de distance le sont un peu davantage, car les 29 lieues gauloises de Portus Nannetum à Duretie, donnent, suivant l'évaluation moyenne de Freret et de Danville, 33,000 toises, et je trouve, sur la carte de Cassini, 31,000 toises entre Nantes et Rieux ; les 20 lieues gauloises entre Duretie et Dartoritum, donment 22,700 toises, et je trouve entre Rieux et Vannes 26,000 toises. Ces différences ne sont pas notables, et si on ajoute à cela le passage de la voie romaine à Rieux, on ne pourra guère douter qu'en effet c'est là qu'il faut placer la la station Duretie. Je dois dire cependant que, dans ce qu'on nomme encore aujourd'hui la ville de Rieux, je n'ai rencontré d'autres antiquités qui rappellent l'époque romaine, que son château placé sur un monticule, défendu de trois côtés par la Vilaine et l'un de ses affluents. C'est sur l'autre rive, comme nous allons le voir, que de nombreux débris annoncent évidemment un établissement antique. On ne connaît point l'époque où le château de Rieux fut construit.

 

 

Ruines du château de Rieux

 

Au moyen-âge, Alain-le-Grand (er-Bras) y tenait sa cour, et y mourut en 907. Il y a lieu de croire que la maison de Rieux tire de lui son origine. Ce n'est pas le lieu de parler de cette grande et illustre maison, ni de faire l'histoire féodale du château de Rieux. Je dirai seulement que cette demeure de l'un de nos plus grands rois bretons, n'est plus qu'un monceau de ruines. Quelques pans de murailles sont encore debout, sans que le caractère de leur maçonnerie ait rien qui puisse aider à reconnaître l'époque de leur construction. Au-dessous du donjon, on voit quelques vestiges de l'ancien pont qui traversait la Vilaine : ce sont plusieurs rangs de pieux de bois qui n'ont plus qu'environ un piedhors de terre, et qu'on aperçoit sur le rivage à la basse mer. Dom Lombineau a parlé le premier de la voie romaine qui passe à Rieux, au tome 1, p. 19, de son Histoire de Bretagne. Il raconte, d'après Grégoire de Tours, comment, à la suite d'un traité fait avec Warroch ou Guerech, comte de Vannes, Ebrachaire, l'un des généraux de Gontran, fit aussitôt sortir ses troupes du pays et leur fit prendre le chemin de Nantes; puis comment Warroch envoya son fils Conan les attaquer lorsqu'ils se préparaient à passer la Vilaine. L'historien croit que l'armée française n'a pu passer ce fleuve ailleurs qu'à Rieux, « où estoit, dit-il, autrefois la grande route de Vennes à Nantes, comme il paroist encore par un ancien chemin de plusieurs lieues de longueur qui semble estre un ouvrage des Romains. La largeur de la rivière y est médiocre et les bords n'en sont pas escarpés. Il n'est pas possible de remonter plus haut qu'on n'ait deux rivières à passer au lieu d'une, l'Oult et la Vilaine. » Il est à remarquer d'ailleurs, et ce ne sera pas la dernière fois, que le mouvement des armées, dans le moyen-âge, suivait exactement les voies romaines ; et, en effet, c'étaient alors les seules routes militaires. La rive gauche de la Vilaine vis-à-vis de Rieux, est un terrain d'alluvion formé par les vases de cette rivière. Pour racheter apparemment le peu de solidité de ce terrain, la voie est pavée de blocs de grès quartzeux d'une extrême dureté, mais posés sans appareil, tels qu'ils sont sortis de la carrière. Ce pavé ne suit pas une ligne droite. Il forme plusieurs zig-zags, dont je ne puis deviner le motif Il se continue pendant à peu près 100 mètres, jusqu'au pied de la butte Saint-Jacques, où le canal de Nantes à Brest l'a coupé. Si les débris romains nous ont manqué sur la rive droite, dans la ville et au château de Rieux, il n'en est pas ainsi sur la rive gauche. Au village des Pastis, d'Enrieux et sur tout de la Rochelle, dans les champs qui descendent sur l'écluse des Bellions, toutes les pentes de la butte Saint Jacques, tous les terrains d'alluvion au pied de la butte, depuis la voie jusqu'à l'écluse, toute cette vaste superficie est remplie de fragments de tuiles à rebords et de briques. Les fouilles du canal en ont mis au jour une quantité considérable. Le village de la Rochelle est pour ainsi dire pavé de briques.

 

 

Rieux : Pastis, Enrieux, Rochelle

 

Elles y sont si communes, que les paysans en ont construit le mur de la plupart de leurs maisons, et surtout les jambages de portes, à raison de la facilité que donne la forme carrée de ces briques pour faire des parements réguliers. M. de Penhouët y a vu démolir des chambres construites de ciment et de briques, et un paysan en construire les murs d'une grange. Elles ont 15 pouces de longueur ; leur largeur était peut-être égale, mais je n'ai pu le vérifier, n'en ayant trouvé aucune d'entière ; le plus large fragment qui me soit tombé sous la main avait un pied. Leur épaisseur varie d'un pouce à un pouce et demi, et la moitié de cette épaisseur est coupée en bizeau. La majeure partie de ces briques sont tirées d'anciennes murailles, qui coupent en tous sens le sol sur lequel est bâti le village actuel de la Rochelle. Beaucoup de fragments retiennent encore un mortier de couleur rougeâtre, d'une grande dureté, et sur lequel l'action météorique paraît ne produire aucun effet. Le nez-de-chaussée des maisons dont ces vieux murs faisaient partie était pavé, dit-on, de grandes dalles de schiste ardoisin tabulaire. Je n'ai point ouï dire qu'on ait trouvé de médailles dans toutes ces localités. Tout ce terrain dépend de la commune de Fégréac que la Vilaine sépare, à l'Ouest, du département du Morbihan. Cependant le nom du village d'En-rieux ferait croire que ce petit canton aurait eu autrefois avec Rieux des rapports plus directs qu'il n'en a aujourd'hui. Quoi qu'il en soit, nous trouvons ici une quantité considérable de débris évidemment romains, répandus sur une grande superficie ; il en faut conclure que dans ce lieu même a existé jadis un établissement de quelque importance, et la tradition du pays vient fortifier cette conjecture, en disant que là a existé une ville romaine, et que cette antique cité se nommait la ville de Brou. Pendant plus d'un quart de lieue au-delà du village des Pastis, la voie présente un agger si parfaitement conservé et si solidement empierré, que, quoique depuis tant de siècles, il serve de chemin sans être réparé, à peine est-il entamé par les ornières. On peut vraiment dire que « Sa masse indestructible a fatigué le temps. » Bientôt la voie se resserre, et peu à peu, entre les villages de la Coquelinais, de la Guénais et de Menigo au Sud, et celui de Ravily au Nord, elle s'efface sous les clôtures et finit par disparaître dans le chemin creusé et rompu qui descend à la grande route de Redon à la Roche-Bernard, près du pont de Flandre.

 

 

 

Fégréac : Coquelinais, Guénais, Menigo, Ravily

 

Il y a 1000 mètres de la Vilaine au pont de Flandre. Dans les deux tiers de ce trajet, la voie est si remarquablement belle, que les paysans y trouvent quelque chose au-dessus des forces humaines, et ils y ont attaché, ici comme en beaucoup d'autres endroits que nous aurons soin de noter, des idées de féerie. Ils ont fort bien remarqué l'espèce de disparition de la voie, en approchant du pont de Flandre, et ils l'expliquent par la tradition suivante. C'est une dame, une princesse, une fée qui a fait construire la voie. Mais la dame, qui présidait elle-même à sa confection, aperçut un jour une pie qui était morte. Elle demanda à l'un des ouvriers ce que c'était que cet oiseau. L'ouvrier lui répondit : Madame, c'est une pie : elle est morte, et nous mourrons tous comme elle. La dame, frappée de cette idée de notre instabilité, fit cesser le travail et la route demeura inachevée. Le pont de Flandre est jeté sur un affluent de la Vilaine, à l'endroit où ce ruisseau coupe la route départementale de Redon à la Roche-Bernard. Il est à 100 mètres au Nord et au-dessous du bourg de Fégréac. La voie y passe et se dirige de là vers le Sud-Est; il n'est guère possible de la reconnaître dans un chemin raviné et resserré entre des bois taillis, mais à la hauteur du petit château du Dreneuc, qu'elle laisse à un quart de lieue au Nord-Est, elle apparaît dans toute sa largeur sur la lande. A 400 mètres au Sud-Ouest du moulin de Dreneuc, elle coupe le chemin vicinal de Fégréac à Guémené, à l'endroit où a été bâtie une pauvre chaumière. Le moulin du Dreneuc a été placé dans l'enceinte d'un ancien camp d'environ 100 pas de longueur. Le fossé n'a plus, au Midi et à l'Ouest, que 1 pieds de profondeur ; son talus est encore très-visible. A l'Est, il est très-affaissé ; au Nord, talus et fossé ont disparu.

 

 

Fégréac : Moulin de Dreneuc

 

De ce point jusqu'à celui où elle vient couper la grande route royale de Blain à Redon, la voie parcourt à peu près 1000 mètres au travers d'une vaste lande, dans les bas fonds ou noës ; elle disparaît quelquefois, recouverte par les alluvions ou rompue par les eaux courantes ; mais bientôt après elle reprend toute sa beauté en remontant les côteaux, au sommet desquels on voit se dessiner le profil en travers de son agger ou d'os d'âne, et de ses contrefossés. Sa largeur varie entre 60 et 70 pieds, non compris les contrefossés. Avant d'arriver à la grande route, la voie passe à la queue de l'étang du Broussay, petit manoir à peu de distance au sud-ouest.

 

 

 

Fégréac : Etang du Broussay, grande route

 

 

Elle est fort détériorée dans cette fondrière, mais elle reparaît tout entière en gravissant le côteau, au sommet duquel elle franchit la route moderne qu'elle côtoie en s'en rapprochant plus ou moins jusqu'au pont de Beaumont, situé à une grande lieue du premier point d'intersection. Dans ce trajet, la voie sert en partie de limite entre Fégréac et Plessé. Elle se rapproche quelquefois de la route moderne jusqu'à être bord à bord avec elle, et l'on ne conçoit pas comment les ingénieurs du duc d'Aiguillon, au lieu de faire un tracé nouveau sur un terrain argileux, ne se sont pas servi d'une route dont le fond est parfaitement solide, comme ils l'ont fait dans une grande partie du chemin qu'il nous reste à parcourir pour nous rendre à Blain. Au pont de Beaumont, la voie croise une seconde fois la grande route et la suit encore parallèlement et bord à bord à l'Ouest jusqu'à Rozet.

 

 

Plessé : Rozet

 

Seulement depuis les moulins à vent de Lansé, en descendant vers Rosel, on a peine à en reconnaître les vestiges, au milieu de nombreux et profonds ravins pratiqués dans ce sol formé d'une argile chloritique, que les eaux entraînent facilement. Aux moulins de Lansé, la route moderne et la voie antique, sur laquelle on remarque en cet endroit une vieille croix de pierre, sont coupées par le chemin vicinal de grande communication de Plessé à Guenrouët.

 

 

 

Plessé

Guenrouët : chapelle Saint-Clair

 

En suivant ce chemin, dans la direction de ce dernier bourg et jusqu'au bac établi sur la rivière d'Isar, on aperçoit sur sa gauche, la chapelle de Saint-Clair, placée au centre d'une esplanade qui occupe tout le sommet d'un monticule naturel, dont l'un des côtés, formé de rochers coupés à pic, surplombe de 50 à 60 pieds sur la rivière. On a quelque peine à retrouver les fossés de l'enceinte, tant il y a de pierres de démolition, qu'on croit d'abord être les débris de carrières anciennement exploitées. Enfin, on distingue un pentagone irrégulier et même l'emplacement des tours qui occupaient quatre des angles. Le donjon est surtout remarquable par sa grosseur, par sa forte position sur le bord le plus abrupte de la rivière, et aussi par un fossé intérieur qui le séparait du reste de la forteresse. Toute cette enceinte peut contenir deux hectares. Elle s'appelle aujourd'hui Saint-Clair, du nom de la chapelle : c'est l'ancien Château-Sé. L'habitation des Romains dans le voisinage est d'ailleurs prouvée par des fragments de tuiles à rebords, trouvés dans le bois de Castel, planté sur une éminence au confluent de la rivière d'Isar et du ruisseau venant de Rozet, sur la rive gauche de ce ruisseau. Ces fragments, cette position fortifiée par deux rivières, qu'on ne peut passer à gué en cet endroit ; ce nom de Castel, qui partout annonce un camp romain, tout porte à croire que ce coin de terre n'était pas autrefois sans importance dans le système de défense militaire de la contrée. Un village, nommé le Chastellier, situé à 100 mètres à l'Est du Chasteau-Sé, vient encore, par son nom significatif, ajouter à la force de cette conjecture. Depuis Rozet jusqu'à l'embranchement de la voie qui nous occupe dans celle de Blain à Port-Navalo, la route antique et la moderne étaient confondues. Les ingénieurs du duc d'Aiguillon n'avaient eu là rien à faire. Le gravois, posé à couche d'un pied d'épaisseur, sur un lit de larges pierres, formait encore une route aussi douce que solide. Le travail romain était parfaitement conservé, et les contrefossés de la voie, encore bien marqués, lui laissaient entre eux une largeur moyenne de 50 à 60 pieds. Elle procédait par des courbes si douces qu'elles étaient presque insensibles. Cet état de choses a complètement disparu aujourd'hui, depuis qu'un prétendu redressement a eu lieu, ainsi que la reconstruction complète de la route. La ligne droite a fait abandonner, presque partout, cette bonne et vieille chaussée, qui a bravé les siècles, et qu'on voit, tantôt à droite, tantôt à gauche, délaissée ou coupée dans sa longueur, ou fouillée par les emprunts de terre qu'il a fallu faire pour élever la nouvelle route, fort jolie et fort agréable sans doute, mais qui est loin de présenter la même solidité A partir du ponceau de Caparois, jusqu'à l'embranchement dont j'ai parlé et auquel nous allons bientôt arriver, la voie sert de limites entre les communes de Plessé et de Guenrouet, puis de Plessé et du Gâvre. La forêt du Gâvre forme ici un angle droit dont le côté Ouest suit la voie. Au sommet de cet angle et le long du côté Nord, on re marque un gros talus de fossé, dont la direction va de l'Ouest à l'Est, et qui semble partir de la voie même. Cet ouvrage est ancien ; il ressemble à tous ceux qu'on rencontre sur presque toutes nos landes de Bretagne, et dans lesquels je crois reconnaître une sorte d'épaulement qu'une armée nombreuse pouvait élever en quelques heures avant de livrer bataille. J'ai trouvé, dans une procédure de 1653, un débornement qui a rapport aux landes dans lesquelles se trouve ce gros fossé, et qui fait une mention très-précise de la voie que nous parcourons. Certes, j'étais loin de m'attendre à tant d'érudition dans un écrit de production d'un procureur de la campagne du milieu du XVIIe. siècle.

 

 

Blain : Forêt du Gâvre, la Chaussée

 

Ce débornement commence à la cornière du Breil-Fougeroux : c'est l'angle formé par les fossés de la forêt du Gâvre dont je viens de parler. « Et de là au travers des landes, à aller au lieu où estoit autres fois la justice patibulaire de Tremar, joignant une vieille chaussée, nommée par les uns la Chaussée à la Dame, par les autres la Chaussée de Rieux, et les autres la Chaussée de Brenehault, qui avaist esté faicte pour servir de grand chemin de Nantes à Redon. et en continuant icelle chaussée et chemin pour aller à Rozet, etc. » Il fallait que cette vieille chaussée fût dès-lors un objet digne de remarque pour qu'on la connût sous tant de noms. Cependant c'est la seule fois qu'en Bretagne, je trouve une voie romaine désignée sous le nom de Chaussée Brenehault ou Brunehault, que ces vieilles routes portent dans tout le nord de la France. Nous retrouverons souvent le nom de chaussée à la Dame, à cause de la tradition généralement répandue, qui veut que les voies romaines aient été faites pour une princesse qu'on nommait tantôt la fée Jouvence, tantôt la Rohanne ou Madame Aléno, et tantôt la princesse Ahès. Il est surprenant qu'on ne retrouve pas ici la bonne duchesse Anne, à laquelle on attribue aussi ces mêmes che mins, et en particulier celui qui nous occupe. Le nom de Chaussée de Rieux est fort exact, puisque la voie se dirige sur Vannes en passant par Rieux ; mais notre savant procureur se trompe en disant qu'elle avait été faite pour servir de grand chemin de Nantes à Redon : attendu qu'elle ne passe point par cette dernière ville. Il faut toute fois l'excuser, car, dans tout le pays, on dit proverbialement : vieux comme Redon, et il est certain qu'une assez grande longueur de la voie servait de route pour y arriver. Dans un plan visuel des bois de Ligou, Butte à Fournel, Caparois, et des landes environnantes, dressés par Turmel, arpenteur royal, vers 1670, la voie romaine est indiquée par la lettre O, avec cette légende : C'est la levée qui conduit de Vannes à Nantes. Nous voici enfin arrivés au point où notre voie sort par embranchement de la voie de Blain à Port-Navalo, avec laquelle elle forme, en la quittant, un angle d'environ 15 degrés. On peut placer le sommet de cet angle sur la route moderne, à peu près à 300 pas au-delà de la 55e. borne d'Ancenis à Redon.

 

 

Blain

 

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Published by poudouvre
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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 15:37

Voie de Vannes à Corseul.

 

 

Plan de Vannes, étoile rouge, sortie route de Locminé via Saint Guen

 

Cette voie sort de Vannes par la route de Locminé, là suit parallèlement et côte-à-côte jusqu'au village de Saint Guen, au-dessus duquel elle pénètre dans les terres, laissant à peu de distance, à l'O., le moulin de Kerisac, et le village de Mangouer-Venec, à l'Est. Elle entre aussitôt après dans la commune de Saint-Avé, qu'elle traverse du Midi au Nord, passant à 750 mètres O. du clocher. On l'y connaît sous le nom de vieux grand chemin de Saint-Jean-Brévelay ; et comme elle a toujours été très-fréquentée, elle ne peut être reconnue aujourd'hui que dans bien peu d'endroits.

 

 

Saint Avé, le chemin de St Jean de Brévelay est étoilé

 

Après que la voie est entrée dans la commune de Monterblanc, elle traverse la lande du Parc-Quarré, près et à l'E. de la maison de ce nom ; puis passe à la chapelle de la Magdeleine, située à une lieue à l'O. du clocher de Monterblanc ; au village de Folperdric, elle doit laisser, à peu de distance à l'O, le moulin de Morbonio, l'un des points de Cassini ;

 

 

Monterblanc avec les landes du Parc Carré et la Magdelaine

 

elle se continue dans la commune de Plaudren, entre les Villages de Kerhellé et de Clescouët, le Salo, Kerguillon, le Gonavro, Poulbrenn et Kerdiren. A l'Ouest de cette voie et à peu de distance du village de Poulbrenn, se trouve un grand retranchement en rejets de terre, nommé dans le pays, le Fort du Bois-Gabel (en jaune). Sa dimension est d'environ 101 mètres sur chaque face.

 

 

 

 

Agrandissement du Fort du Bois-Gabel 

 

Nous arrivons à la lande de Lanvaux, formant ici le point culminant entre le bassin de la rivière de Tre-Auray et celui de la Claye. Mais, au-delà de Poulbrenn, nous manquons de renseignements sur la direction précise de la voie de Vannes à Corseul. Cela est d'autant plus fâcheux, que sur cette lande de Lanvaux ou dans sa prochaine déclivité vers la rivière de Claye, la voie doit couper celle que j'ai désignée sous le nom de Voie romaine de Rennes à Carhaix par Castel-Noëc, et dont je parlerai dans le Chapitre VIII. Un renseignement plaçait ce point dans le voisinage du village de Kertunier, en la commune de Saint-Jean-Brévelay, et dirigeait la voie sur ce bourg par Kermapily, Kergroazec, villages de la même commune ; la chaussée de l'étang de la Forest, formé dans le lit de Claye, et enfin, la rive gauche du ruisseau qui descend de Saint-Jean (ci-dessous).

 

 

 

 

Saint Jean Brévelay

 

Du bourg de Saint-Jean-Brévelay au passage de Pontmeleuc sur l'Ouest, nous n'avons aucun renseignement sur notre voie. Réduit aux simples conjectures, je vais tâcher, à l'aide de la carte de Cassini, d'atteindre le moins mal possible, ce passage de Pont-Meleuc, au-delà duquel je pourrai, pendant quelques lieues, parler avec plus d'assurance. Dans la direction de Saint-Jean-Brévelay à Pont-Meleuc, je remarque, sur la carte, une limite ponctuée, qui, pendant plus de deux lieues, se prolonge en ligne droite, et indique la séparation entre les communes de Guehenno, à à l'Est, et de Bignan, de Saint-Allouestre et de Buléon, à l'Ouest (carte ci dessus). Or, tous ceux qui se sont occupés de la recherche des voies romaines, savent qu'elles ont été, presque partout, choisies pour marquer le débornement des paroisses. Il ne serait donc pas impossible que la voie dont nous cherchons la trace, se retrouvât vers cette ligne délimitative et passât entre le village de Kerivaud, en Guehenno, et la maison du champ de Bignan (ci-dessous).

 

 

 

Kerivaud  en Bignan,  Champs de Bignan & l'étang du Chasteau Neuf en Guéhenno

 

Puis, à la queue de l'étang de Chasteau-Neuf, à quelques cents mètres de la chapelle Sainte-Suzanne, vers l'Est. A une demi-lieue au-delà de la chapelle de Sainte-Suzanne, la limite passe à côté, vers l'Est, d'une autre chapelle dédiée à sainte Anne, et qui dépend de la paroisse de Saint-Allouestre, puis à la grande route moderne de Locminé à Josselin.

 

 

St-Allouestre :

chapelle sainte Anne & grande route de Locminé à Josselin

 

Après cette route et au Nord du village de la Chapelle, et d'une maison nommée le Pigeon-Blanc, on trouve des ouvrages de fortification d'un très-grand développement. A trois quarts de lieue, à l'O. N. O. du camp de Lezcoüet, au village des Rivières, en la commune de Radenac, existe aussi un immense ouvrage de fortification formé d'énormes remparts en terre, avec des fossés de 20 à 25 pieds de profondeur.

 

 

Radenac : les Rivières

 

 

 

Agrandissement : anciens retranchements aux Rivières

 

Une considération qui ajoute à la probabilité de la direction de la voie romaine telle que nous venons de la décrire, c'est que depuis Saint-Jean-Brévelay jusqu'à la Chapelle-ès Bruyères, nous avons marché à la sommité des collines séparant les eaux des nombreux affluents de la Claye et de l'Oust ; et l'on sait que c'était, autant que possible, sur un pareil terrain, que les ingénieurs romains s'attachaient à conduire le tracé de leurs routes, sachant éviter par là les sols fangeux et les pentes abruptes, toujours difficiles à vaincre. Il faut ajouter aussi que c'est la ligne la plus courte pour arriver à Pont-Meleuc. De la Chapelle-ès-Bruyères à ce dernier passage, il me semble que la voie doit suivre, pendant 2000 à 2100 mètres, un plateau resserré entre deux petits affluents de l'Oust, et sur lequel se trouve le village de Lezcoüet, dont nous avons parlé ; puis , descendre dans le vallon, au dessous et à l'Est du bourg de Lantillac, à un quart de lieue de ce bourg, et de la chapelle de Camfrou, placée à l'embouchure de ce ruisseau dans l'Oust. Remontant ensuite le côteau, et croisant presque aussitôt la route moderne de Josselin à Pontivy, puis redescendant le versant septentrional du même côteau, la voie arriverait à Pont-Meleuc, après avoir passé à la maison des Noës et au Bourg Grimaud Pont-Meleuc , mal à propos écrit Pommeleuc dans le dictionnaire d'Ogée et sur la carte de Cassini, a dû prendre son nom du pont qui y fut construit sur l'Oust, lors du tracé de la voie romaine. De Pont-Meleuc, la voie remonte le côteau en passant entre les villages des Ville-Aubrèes et du Vault-Bonne, laisse la maison de la Salle à 2 ou 300 mètres à l'O. et vient, au coin du bois du même nom, couper la route de Josselin à Loudéac, près de la pointe de la forêt de la Nouée, la plus rapprochée de cette route, à environ 200 mètres à l'Ouest de la maison de la Ville-Margaro, et à 8 ou 900 mètres aussi à l'Ouest du village des Buttes de Couessoux. A ce point, on la voit facilement suivre la direction Nord, au travers de pièces de landes closes de vieux fossés, laissant le clocher de la Noüée à 1800 toises à l'Est. Elle doit entrer dans la forêt vers une autre maison nommée Courte Branche, je ne l'y ai point suivie, mais je l'ai retrouvée, à l'autre bord de la forêt, au village du Pas-ès-Biches, qu'on nomme dans le pays, par syncope, Prés-Biches.

 

 

Lanouée : Pas aux biches & Courte blanche

 

C'est à peu de distance de ce village, vers le sud, et dans l'une des coupes de la forêt, qu'on trouve un camp de forme carrée, et d'à peu près 50 ares en superficie. Les fossés et les talus en sont presque détruits ; on le nomme le château de la Vieille-Cour. A partir du Pas-ès-Biches, la voie incline un peu au N. E. Elle reste en-dedans de la forêt, dont elle suit à peu près parallèlement le fossé qui forme la limite entre la commune de la Noüée et celle de Plumieux, jusqu'au bout de cette forêt, nommé la Pointe de Callère. Fort aisée à suivre jusque-là, elle devient encore plus apparente dans les landes du Chef-du-Bot, métairie tout près et à l'Ouest de laquelle elle passe. On la nomme, sur ce point, le Chemin romain, le Chemin ou Fossé Ahès, le Chemin à Margot. Dans un titre la terre du Cambout, dont le château, anciennement fortifié, est situé à une demi-lieue à l'Ouest de la voie, elle est citée comme débornement d'un vaste terrain en lande, sous le nom du grand Fossé-Ahès. Ce titre est de 1519. On trouve un autre camp de même forme et à peu près de même grandeur que celui du Pas-ès-Biches, sur le chemin du Chef-du-Bot au bourg de Plumieux, à environ 200 mètres à l'Ouest de la voie. On le nomme le Fort de Langoüet. Ses talus ont 20 pieds de base, et, en quelques endroits, 12 à 15 pieds d'élévation. Le fossé, encore bien marqué, mais fort comblé, avait à peu près 18 pieds de largeur. On remarque au midi une entrée assez large, où il ne paraît pas qu'il y ait jamais eu un fossé. De la hauteur du fort de Langoüet, la voie passe ensuite à 100 mètres à l'Est du moulin à vent de Geffray, laissant à un quart de lieue à l'Ouest le bourg de Plumieux, et à une demi-lieue vers l'Est, la petite ville de la Trinité-Porhoët. Elle descend par le village de la Villejan, dans la vallée où coule le ruisseau de Tharon, passe au moulin à eau de Geffray, placé sur ce ruisseau, remonte le côteau de Launay-Geffray, en laissant à l'Ouest ce village ; passe à celui de la Ville-Juhel, coupe plus loin le chemin vicinal de la Trinité à Plemet ; passe au village de Teurguily, laisse à 500 mètres à l'Est le château moderne, mais ruiné de Coét-Logon, et se rend au bourg de Lo-Renan, en passant sur la partie Est de la paroisse de Plemet, à 3 kilomètres du clocher, par la chapelle Saint Jacques.

 

 

Plumieux :  Chef du Bos,  Villejean, Ville Juhel

 

A la hauteur de Coët-Logon (Coëtlogon), entre ce château et la voie, on trouve encore un camp, nommé les Douves. Il est de forme presque ovale, et sa superficie, y compris ses fossés ou douves, n'excède pas un demi-hectare.

 

 

Coëtlogon : les Douves

 

 

Détail

 

Au-delà du bourg de Lo-Renan (Laurenan), la voie commence à gravir les landes du Mené. Elle passe au village du Chastelier qui doit avoir reçu son nom de quelque autre ouvrage militaire, puis un peu à l'Est des villages de Creneleuc et de la Sauvagère, et atteint bientôt la Croix-Bouillard, indiquée par Cassini, et placée sur l'un des points les plus élevés de la chaîne du Mené.

 

 

Laurenan : le Chastelier, Creneleuc, la Sauvagère

 

De là, inclinant un peu à l'est, elle passe près et au Nord du village de la Guétaudière, laisse le bourg de Saint-Jacut à une demi-lieue au Nord, arrive au village de Bransard, à un quart de lieue à l'Ouest du château de Langourla, descend de là vers la Rance, qu'elle traverse sous le village de Rochelay, passe à ce village, reprend la direction Nord, se rend au village de la Haye, et de là pénètre dans la forêt de Bocquien (Boquen), en laissant à quelques cents pas à l'Est le village de la Croix-Saint-Gilles.

 

 

 

Saint-Gilles du Méné : la Guétaudière

Saint-Vran : Bransard

 

 

Langourla : Le Rochelay, la Haye, la Croix-Saint-Gilles

 

Tout porte à croire que, après avoir traversé la forêt, elle passe dans le voisinage de l'ancienne abbaye de Bocquien, et de là vers le bourg de Plenée-Jugon. Depuis que la voie est sortie de la forêt de la Noüée, nous avons quitté avec elle le département du Morbihan. Mais j'ai pensé qu'on ne verrait pas sans intérêt la direction, sinon entière et bien déterminée, au moins partielle, qu'elle suit pour se rendre à Corseul. On aura par là une idée de la manière dont les Romains avaient mis en communication les Venètes et les Curiosolites. Ce petit travail, s'il n'est pas complet aura du moins le mérite de la nouveauté, car il n'a encore été tenté par personne. Si l'on n'a pas de renseignements certains sur la direction de la voie depuis son entrée dans la forêt de Bocquien, du moins l'opinion générale est qu'elle coupe la grande route royale de Rennes à Saint-Brieuc, au village de Langouëdre, où existait une ancienne chapelle, et où est établi un relais de poste. De là, elle descend vers le grand étang de Jugon, en laissant à l'Est le bourg de Dollo, et passant au village du Marchix, près d'un camp situé le long du même étang, dans un clos nommé le Champ-Basset, appartenant à Mr. Courvoisier.

 

 

Plénée-Jugon : Langouhèdre

Bourg de Dolo

 

 

 

M. Habasque nous a appris qu'elle traversait l'étang de Jugon sur un pont de briques; mais il est bon de faire remarquer que ce pont n'était pas jetésur l'étang actuel,dont la largeur est de 3 à 400 mètres, mais sur la rivière d'Arguenon seulement, parce que sous les Romains les étangs de Jugon n'existaient point encore. La voie arrivait à ce pont par une pente douce, et remontait tout aussi facilement le côteau opposé ; facilité que n'ont plus retrouvée les ingénieurs du duc d'Aiguillon en traçant la route de Dinan à Lamballe, et qu'on cherche, à grands frais, à obtenir aujourd'hui en contournant la côte.

 

 

Jugon : le Marchix

 

 

Détail

 

De Jugon, la voie va passer près du château de Beaubois, en la commune de Plélan-le-Petit (en réalité Bourseul); puis de là, elle se rend en droite ligne, dit-on,à Corseul, distant d'environ trois lieues. Voilà tout ce qu'on a publié sur ce fragment de la voie de puis Jugon jusqu'à Corseul.

 

 

Bourseul : Beaubois

 

L'ingénieur de St.-Malo, chargé, en 1709, par M. Le Peletier de Souzi, directeur-général des fortifications, d'explorer les ruines de Corseul, s'est contenté de dire que cette voie va depuis Corseul jusqu'à deux lieues auprès de Beaubois. Le président de Robien parle du chemin nommé de l'Estrat, qui passe près de Jugon, et va se rendre vers Corseul. L'abbé Ruffelet est celui qui, le premier, l'a observé avec un peu d'attention. « L'une de ces routes, dit il,paraît avoir sa direction vers la ville de Vennes. De Corseul, elle va d'un seul alignement jusque proche Beaubois, où elle forme son premier angle. On la trouve bien marquée jusqu'à l'étang de Jugon, où elle passe, et où on en remarque aujourd'hui les vestiges; ce qui prouve que, anciennement, il n'y avait point d'étang en cet endroit. Cette route se continue à plus d'une demi-lieue au-de là de Jugon, et offre des vestiges de quart de lieue en quart de lieue, On la retrouve près Langouëdre, et sur les montagnes du Mené. Elle est extrêmement bombée, élevée de 4 à 5 pieds au-dessus de la surface du terrain. Sa largeur est de 20 à 21 pieds. On y remarque d'abord une couche de terre élevée au-dessus de la surface ordinaire, d'environ 2 pieds ; dans le milieu, sur la largeur de 10 à 12 pieds, est un rang de pierres, couvert d'un lit de sable, sur lequel il paraît quantité de menus cailloux. (Annales Briochines, note 3). » L'abbé Déric (Introd. à l'Hist. eccl. de Bretagne, p. 11) copie exactement Ruffelet, sans y rien ajouter et sans le citer. Ogée, dans l'article Corseul, qui lui avait été communiqué par M. Minet, avocat de Dinan, dit « qu'il est un chemin qui paraît venir de Blavet, aujourd'hui le Port-Louis, dont on voit encore quelques beaux restes. Le vulgaire le nomme le Chemin de l'Estrac... Il est pavé en plusieurs endroits. » Le même auteur, à l'article Bourseul, dit « qu'on trouve à peu de distance du château de Baubois, des vestiges d'un chemin romain »; et à l'article Jugon, « qu'on voit dans les environs, les vestigesde deux chemins romains ; l'un a sa direction vers Corseul, l'autre vient du côté d'Eyvignac.(Yvignac) » J'ai fait les citations qu'on vient de lire, par deux raisons : d'abord elles servent de preuves à mon travail, en faisant voir que d'autres que moi ont observé des voies romaines en Bretagne ; en second lieu, ces citations nous font connaître combien peu était avancée, au XVIIIe. siècle, la science des recherches d'antiquités, au moins dans notre province. On croyait avoir tout dit, par exemple, en affirmant que la voie qui nous occupe allait d'un seul alignement depuis Corseul jusque proche Beaubois, sans indiquer aucune des localités par où elle passe, sans faire mention des monuments divers qui, pendant ce trajet, peuvent se rencontrer dans le voisinage. Je ne puis malheureusement y suppléer. Mais en tirant, sur la carte de Cassini, une ligne droite de Beaubois à Corseul, j'observe que la voie doit laisser le bourg de Plélan-le-Petit à une demi-lieue au S.-E., et que, près de ce bourg, est un village nommé le Chastel ; qu'à un tiers de lieue au N.-O. est le bourg de Saint-Meloir, où existe une inscription romaine, gravée sur une ancienne borne milliaire, et de laquelle, en finissant, je vais parler tout-à-l'heure, enfin que le clocher de Saint-Michel, ancienne trève de Plélan, n'est éloigné de la voie que de 1 à 600 mètres au N.-O.

 

 

Plélan-le-Petit : Le Chastel 

 

Et je ne doute nullement que l'exploration du pays aurait pour résultat une foule de remarques intéressantes. Dom Lobineau, t. 2, col. 2 de son Histoire de Bretagne, est le premier qui en ait parlé. « Nous avons trouvé, dit-il, un autre monument qui peut apporter quelque lumière à l'ancienne histoire des Gaules : ce sont quatre piliers ronds que l'on voit dans Saint-Meloir-des-Bois, paroisses du diocèse de Dol, enclavée dans celui de Saint-Malo, sur l'un desquels on lit cette inscription :

IMP CAES

AVONIO VICTORINO

PE PI SC O

LEVC.


 

On doit remarquer, comme une chose singulière, que l'inscription est renversée, quoique le pilier paraisse dans sa situation naturelle. Du reste, le haut de ce pilier est creusé en forme de bassin, et l'on y voit quelques trous.» Il est évident que l'inscription est bien de celles qu'on plaçait sur une colonne milliaire, et la manière dont les lettres sont renversées, prouve aussi que la pierre a été enlevée de la place qu'elle occupait primitivement, pour venir à Saint Meloir faire partie de ce monument à quatre piliers, que je ne connais point assez pour en parler, mais pour lequel l'inscription romaine n'a point été faite, puisqu'elle est renversée, et que le pilier paraît dans sa situation naturelle. Or, d'où ce pilier ou plutôt cette borne milliaire pouvait-elle venir, si ce n'est de la voie qui passe à 14 ou 1,600 mètres de Saint-Meloir. Dom Lobineau, qui paraît n'avoir connu ni cette voie, ni même les antiquités de Corseul, ne pouvait pas trouver cette origine. Mais ceux qui sont venus après lui, éclairés par l'excellent rapport du modeste ingénieur de Saint-Malo, dont le nom, par parenthèse, n'a pas même été conservé, Robien, Déric, Ogée et tant d'autres, auraient dû, en rapportant l'inscription de Saint-Meloir, faire voir qu'elle se rattachait directement à la voie romaine qui passait dans le voisinage. Alors cette inscription s'expliquait naturellement; alors Ogée n'eût pas fait parade de deux versions différentes, qui ne valent pas mieux l'une que l'autre, et desquelles on pourra juger quand on saura qu'il prend chaque lettre du mot LEVC, et qu'il y trouve tantôt : Libertus Ejus Vivens Curavit; tantôt : Legatus Ejus Vovet Consecrat. On ne s'est pas trompé seulement sur le sens et la destination de l'inscription ; on a fait erreur jusque sur le lieu où elle existe. On a confondu Saint Meloir-des-Bois, près de Corseul, avec Saint-Meloir sous Hédé. Il est vrai que ces deux paroisses étaient du diocèse de Dol, enclavées dans celui de Saint-Malo; mais le monument existait toujours à Saint Meloir près de Corseul, et si l'on était allé l'y chercher, cette confusion n'eût pas eu lieu. Et c'est un chanoine de Dol, l'abbé Déric, qui, le premier, a commis cette erreur ! « Entre Rennes et Corseul, dit-il, se voient, à Saint-Meloir-des-Bois, paroisse du diocèse de Dol, et à peu de distance de Hédé, quatre pilliers, etc. (Introd. à l'Hist. Eccl. de Bretagne, page 44.) » Ogée place aussi sous l'article de Saint-Meloir-sous-Hédé, ce qu'il dit de l'inscription de Victorinus. Ces deux auteurs en ont copié le texte dans Lobineau, sans se donner la peine, comme on le voit, d'aller explorer eux-mêmes le monument, et, comme ils ne sont pas les seuls qui aient usé de la méthode de faire des livres avec des livres, la méprise s'est conservée jusqu'à nos jours. Cependant il s'est trouvé un antiquaire qui n'allait que le crayon et le compas à la main, le savant M. Rever, breton adopté par la Normandie, lequel nous a laissé, sinon la figure ou la description des piliers de Saint-Meloir, au moins la copie exacte de l'inscription, qu'il avait fait graver pour un ouvrage sur les antiquités de Corseul, resté inédit; la voici :

IMIP CAES MI PI

AVONIO VIC

TORINO PF VC

P SC COR

- LEVC.

Cette copie est très-précieuse, car, d'après un renseignement transmis à M. l'abbé Manet, par M. Jouquan, recteur de Saint-Meloir, en 1831, il paraît qu'on ne peut plus lire que ces mots : AVNIO VICTORINO. La copie de Lobineau était déjà très-loin de donner toute l'inscription. Celle de M. Rever est beaucoup plus complète. Au lieu du mot tronqué AVONIO, on y retrouve M. PIAVONIO., Marco Piavonio, prénom et nom de Victorinus : ce qui nous apprend que la borne milliaire a été élevée sous le règne de M. Piavonius Victorinus, fils de la célèbre Victorina, associé par Posthumus à l'empire vers la fin de l'année 264, et qui resta, après la mort de Posthumus et de Lollianus, seul maître des Gaules jusqu'en 268, époque à laquelle il fut tué dans une sédition. J'y remarque aussi, à la fin de la quatrième ligne, la syllabe COR, qui pourrait bien avoir quelque rapport avec Corseul. Quoi qu'il en soit, cette inscription, évidemment placée sous le règne de Victorinus, au IIIe. siècle, sur une route qui conduisait à Corseul, et dans un voisinage très-rapproché de cette ancienne capitale, démontre clairement qu'elle conservait encore à cette époque une assez grande importance, soit que la voie qui la mettait en relation avec Vannes ait été construite alors, soit qu'elle ait été simplement réparée.

 

 

 Corseul

 

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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 14:32

Les ouvrages défensifs au cours de l'époque médiévale présentaient une entrée munie de pont-levis comme on peut encore l'observer au Fort-la-Latte en Plévenon (cliché Wikipédia), à la Hunaudaye en Plédéliac mais encore à Montmuran aux Iffs. De longues fentes verticales visibles de chaque côté de l'entrée d'un ouvrage défensif attestent que l'ouvrage était jadis muni d'un pont-levis. Abaissé au-dessus des douves, il permettait de gagner l'intérieur du site défensif, relevé, il en interdisait l'accès.

 


 

 

 

 

Des ouvertures irrégulières perçaient l'entrée au lieu. La porte piétonne, et la porte charretière. La première permettait le passage des piétons, comme son nom l'indique, la seconde, plus large était destinée aux charrettes, carrosses et calèches. Nombre de lieux en notre vieux terroir ont conservé pareils ouvrages, témoins de la période médiévale : Limoëlan à Sévignac, les Fossés à Plélan le Petit, Caeden en Plénée Jugon, Les Clos à Mégrit, au bourg de Plédéliac, la Ville-Morel à Broons, Hersardais à Plédéliac (cliché Le-Flohic), ville de Jugon. S'agissant de la Tisonnais en Sain-Maden, les possesseurs du lieu, attachés de juridiction, s'inspirèrent de l'architecture en vogue à l'époque médiévale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 12:56

 

 

 

 

 

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17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 18:45

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 15:42

 

 

La maison de Rougé, originaire du duché de Bretagne, et l'une des plus marquantes parmi l'ancienne chevalerie de cette province, tire son nom d'un gros bourg, chef-lieu d'une belle ctellenie, située dans l'évêché de Nantes. Cette châtellenie, par son étendue et son nombreux vasselage, donnait aux sires de Rougé le rang de bannerets, le premier dans la milice, et le second dans la hiérarchie féodale. La seigneurie, depuis baronnie de Derval, la vicomté de la Guerche et plusieurs autres domaines considérables, concouraient encore à former l'apanage de cette illustre famille. L'existence des sires de Rougé est honorablement constatée depuis 800 ans par les actes nombreux de leur munificence envers les établissements publics et religieux, et surtout par les annales de la Bretagne, où leur nom a joué un rôle brillant pendant plusieurs siècles. On les voit intervenir dans les guerres et les traités des ducs, leurs souverains, remplir les principales charges de leur état, et être choisis comme négociateurs dans les missions les plus importantes. Ces distinctions remarquables, qui appartiennent plus particulièrement à la branche aînée des sires de Rougé et de Derval, ont été continuées après son extinction par les branches cadettes, et celles-ci, depuis la réunion de la Bretagne à la France, ont constamment servi nos rois dans les grades supérieurs de l'armée, et contracté de grandes alliances. Déjà, dans le t. VIII de cet ouvrage, p. 216 des Notices sur les pairs de France, nous avons dit un mot sur L'origine et l'état actuel de cette ancienne famille. Mais cette esquisse étant incomplète et inexacte, nous en donnerons ici, dans tous ses développements, la généalogie, telle que des renseignements plus étendus et un grand nombre d'extraits de titres nous permettent de l'établir.


 

I. Tudual, premier auteur connu des sires de Rougé, vivant avant l'an 1000, sous Geoffroi I et Alain III, ducs de Bretagne, paraît être décédé avant l'an 1045, époque à laquelle il est rappelé dans la charte de fondation du prieuré de Béré. (Preuves pour servir à l'histoire de Bretagne, par D. Morice, t.1, colonnes 401, et 402.) Il eut quatre fils :


 

. Hervé, dont l'article suit ;


 

. Guicenoc ;


 

3°. Maino, qui, vers l'an 1050, donna par son testament au prieuré de Béré un bien situé à Ercé, près le lieu appelé la Chapelle ( Ibid. col. 402 et 695);


 

4°. Merhen, seigneur de Maidon, qui prit le nom de son fief, suivant l'usage qui s'établit alors, et le transmit à sa postérité. Elle a subsisté jusques vers l'an 1200. Peu après la terre de Maidon passa dans la maison des barons de Chateaubriand. Elle revint aux seigneurs de Rougé vers 1289, et fut possédée ensuite par l'une de leurs branches, dite des seigneurs du Bouays.


 

II Hervé, sire de Rougé, énoncé fils de Tudual, Eudon, son fils, et Guicenoc, son frère, signèrent, vers l'an 1045, la charte par laquelle Geoffroi, Ier du nom, baron de Chateaubriand, qualifié homme de très-illustre naissance, fonda avec le concours d'Innoguent, sa mère, d'Hildelinde, sa femme, et de Geoffroi, Teher et Gui, ses fils, le prieuré de Saint-Sauveur de Beré, situé près de son château, et dépendant de l'abbaye de Marmoutier. Hervé de Rougé fit donation à ce prieuré d'un bordage de terre sis à Piré, par charte dans laquelle il est appelé Herveus de Rubiaco, de même qu'au testament de Maino, fils de Tudual, son frère. (D. Morice, t. T, col. 401, 4°2 et 695; Hist. généalogique de plusieurs maisons illustres de Bretagne, par le P. Augustin du Paz, p. 162, généalogie de Rougé; Trésor généalogique de D, Villevieille, à la bibliothèque du Roi.) Il avait épousé une dame dont les neveux vivaient en Anjou à la fin du onzième siècle, et en eut un fils, nommé Eudon, qui suit. Il eut aussi un fils naturel, nomme Vindenocus, qui s'opposa à l'exécution du testament de Maino, son oncle, de concert avec Gaitnoc, sa femme et Briand, leur fils (du Paz).


 

III. Eudon, sire de Rougé, et Vindenocus, son frère bâtard, furent témoins, vers l'an 1050, à une charte par laquelle Geoffroi I, baron de Châteaubriand, confirma la fondation du prieuré de Beré, et en augmenta les revenus par le don d'une terre située près de la chapelle de Saint-Pierre de Piré. A la suite est écrit : Maino filius Tudual dédit terram propè capellam de Erceio, testibus Brientio filio Tiherni, matreque Innoguendi, Moyse de Arbraio (d'Erbrée), Mirheno de Maldono (de Maidon) et filio ejus Alano. On retrouve cette donation de Maino, fils de Tudual, au chapitre de celles faites à diverses églises par les seigneurs de Rougé, rapportées par D. Morice, col. 695; elle est ainsi conçue : Maino, frater Hervei de Rubiaco dum moreretur, dimisit Sancto Martine unam mediaturam terrœ apud Erciacum, in loco qui vocatur Capella, quam postea calumniatus est nepos ejus Vindenocus, etc. Auctorisavil hoc Briennus filius Vindenoci et mater ejus Gaitnoc. Testes Merhennus frater Ulius Mainonis, Alanus filius ejus, Morinus de Barris , etc. Eudon de Rougé épousa Iseline, qu'un acte du temps doit faire considérer comme angevine, puisqu'elle donna son consentement à la vente d'un arpent de vignes qu'Eudon de Rougé fit aux religieux de Saint-Serge d'Angers. (Cartulaire de cette église). On voit par un autre acte de la mi-carême 1 088 , qu'Eudon de Rougé possédait près de Chemiré un fief voisin de la terre des Rues , en Anjou. Ce sont des lettres par lesquelles Gobert, sur nommé Payen de Chemiré, ratifia et confirma les donations que son père avait faites à l'église de Saint- Julien de Tours, et lui restitua diverses choses, entre autres le fief d'Eudon de Rougé, avec l'usage dans le bois de Chemiré. (Trésor généalogique de D. Villevieille). Eudon a laissé de son mariage avec Iseline, entre autres enfants :


 

1°. Warin, qui suit ;


 

. Bonabes de Bougé, chevalier bachelier, vivant en 1096.


 

IV. Warin, sire de Rougé, souscrivit une charte environ l'an 1080, par laquelle Thibaud de Jarzé, chevalier, donna à Albran, abbé de Saint-Serge d'Angers, une terre située dans la forêt de Pogé, et il est énoncé fils d'Odon (Eudon) de Rougé, dans l'acte d'une vente faite en 1082 à la même abbaye par Geoffroi de Jarzé. Gabriel du Moulin, curé de Maneval, dans son Catalogue des seigneurs qui furent à la première Croisade (1096) placé à la suite de son Histoire de Normandie (édition de 1631), cite, pp. 27 et 28 de ce catalogue, le sire de Rougé, banneret, et Bonabes de Rougé, bachelier, parmi les seigneurs de Bretagne et du Maine, qui accompagnèrent Alain Fergent, duc de Bretagne, dans cette expédition. Et comme il a joint aux noms des chevaliers les armes que portaient alors leurs familles, ou qu'elles ont adoptées depuis, il désigne celles du sire de Rougé : de gueules, à une croix dar gent, pâtée et alésée, et celles de Bonabes de Rougé de même, avec un bâton (calice) d'azur, brochant sur le tout. De Warin sont issu, entre autres enfants


 

Yvon , dont l'article suit ;


 

. Glaen ou Glain de Rougé, chevalier, seigneur de la Chapelle-Glain, dont il donna la dîme, vers l'an 1130, à l'abbaye de Saint-Florent, de Saumur. (D. Fillevieille). Il eut un fils unique : Zacharie de Rougé, qui mourut sans postérité avant l'an 1180, temps auquel les sires de Rougé possédaient la seigneurie de la Chapelle Glain ;


 

. Egaré de Rougé, qui fut témoin, en 1156, avec Roland de Dinan, Hugues de Châteaugiron, Robert de Vitré, Olivier de Montfort, Robert de Guingamp, etc., etc., à la charte par laquelle Conan IV, duc de Bretagne, confirma les donations que le duc Alain, son père, avait faites à l'abbaye de Begars. Il souscrivit aussi à la même époque avec Simon de Montbourcher la charte de la cession d'une partie de la forêt de Rennes, que le même prince fit à Raoul , seigneur de Fougères , en le nommant son forestier ;


 

4°. Chorbin de Rougé, qui fut témoin, en 1154, à l'acte d'une donation faite au prieuré de Saint-Julien de Tours par Payen de Chemiré. Il eut pour fils : Guillaume de Rougé. Celui-ci fut choisi avec Philippe de Montrevault, en 1200, pour exécuteur du testament de madame Richilde (sœur et héritière de Jean de Lavardin) dame de Cinqmars-la-Pille.


 

V. Yvon, sire de Rougé, épousa, vers l'an 1125, Anne le Bigot, fille de Paye le Bigot, et petite-fille de messire Hamou le Bigot. En 1142, ces époux et les père et mère, aïeul et aïeule d'Anne le Bigot, confirmèrent le don du vieux Meilleray, que le même Hamon le Bigot et Alain de Maidon avaient fait à deux moines de l'abbaye de Pontrond, conduits par un prêtre nommé Rivallon d'Auverné, pour la fondation de l'abbaye de Meilleray, de l'ordre de Citeaux, sous l'invocation de Notre-Dame, où ces religieux vinrent s'établir vers n3o , suivant l'acte de cette fonda tion, de l'an 1132, confirmée en 1142 et ratifiée en 1160, par Robert, évêque de Nantes. Yvon de Rouge eut entre autres enfants :


 

. Bonabes, Ier du nom, qui suit ;


 

. Eudon de Rougé, qui assista à un accord fait, vers la fin du XIIe siècle, entre Beraud le Vieux et les moines de Beré, relativement au droit d'ost. (lbid. Col. 777) ;


 

3°. Assalit de Rougé, vivant en 1186. ( D. Villevieille.)


 

VI. Bonabes, Ier du nom, sire de Rougé, chevalier, fut un des principaux seigneurs bretons, qui se liguèrent avec Raoul, baron de Fougères, contre Henti II, roi d'Angleterre, auquel le duc Conan IV avait abandonné sa souveraineté en fiançant Constance, sa fille, avec Geoffroi d'Angleterre, fils de ce monarque et depuis duc de Bretagne. Cette préférence , accordée à un étranger sur les princes du sang de Bretagne, occasionna une guerre sanglante. Le roi Henri II opposa aux barons et seigneurs confédérés une troupe de Brabançons qui fut d'abord défaite ; mais, peu après, le 20 août 1173, les Bretons furent battus dans un combat où ils perdirent 1500 hommes, chevaliers, au nombre desquels était Bonabes de Rougé, ayant échappe à ce désastre allèrent se renfermer avec Raoul de Fougères dans la tour de Dol, où le roi d'Angleterre vint de Rouen les assiéger en personne. Ils furent bientôt contraints de se rendre à discrétion. Pendant ce temps, les Brabançons ruinaient les châteaux des seigneurs confédérés. Celui de Rougé fut détruit par eux de fond en comble. Bonabes de Rougé se retira avec le baron de Fougères, et quelques autres chevaliers dans les forêts voisines, d'où ils sortaient pour ravager les terres de Henri et de ses partisans. Enfin la paix fut conclue en 1174, et le sire de Rougé se retira pendant quelque temps à l'abbaye de Meilleray, à laquelle il donna, en 1180, sa dîme de Saint-Aubin, avec quelques rentes sur le fief de Fercé et sur le chemin de la Chapelle. Par la charte de cette donation (confirmée et accrue en 1183), il ordonna qu'à défaut de paiement, ses prévôts et baillis paieraient lesdites rentes de ses propres deniers. Ces deux chartes sont scellées du sceau de Bonabes de Rougé. Il y est représenté à cheval, monté et armé de toutes pièces, tenant d'une main l'épée haute, et de l'autre son écu chargé à'une croix pâtée. En 1193, il assista à la charte de fondation de l'abbaye de la Haye-aux Bonshommes, de l'ordre de Grandmont, faite par Maurice , IIe du nom, baron de Craon, avec lequel, en 1194, il fut témoin de la donation que Constance, duchesse de Bretagne, fit à l'hôpital de Saint-Jean d'Angers. Un titre de cette dernière année, dans lequel Yvon, seigneur de la Jaille, près la terre des Rues, qualifie Bonabes de Rougé, son seigneur, semble indiquer que Bonabes Ier était alors en possession de cette terre (Du Paz ; D. Morice ; D. Lobineau ; D. Villevieille ; archives des abbayes de Meilleray et des Bonshommes). Il en eut pour fils :

 

1° Egaré Rougé & 2° Bonabès Rougé décédés avant l'année 1180

 

3° Olivier, qui a continué la postérité ;

 

4°. Geoffroi, seigneur du Teil, fief dépendant de la châtellenie de Rougé, et dont il prit le nom. Il ratifia les donations de Bonabes de Rougé, son père, en faveur de l'abbaye de Meilleray. Il se croisa vers 1200 pour la Terre Sainte. On croit qu'il eut pour fils : Mathieu du Teil, chevalier, qualifié sénéchal de Bonabes, sire de Rougé, dans l'acte d'une transaction passée le 13 mars 1245, entre le prieur de Beré et Geoffroi de Leigné. Peu après, et par charte du 12 avril, Mathieu du Teil ayant donné à l'abbaye de Meilleray, une place sise au bourg du Teil, Bonabes de Rougé renonça aux droits seigneuriaux qui lui appartenaient, et en scella l'acte de son sceau représentant une croix pâtée, et de son coutre-scel, où l'écu est parti, au 1 une croix pâtée, et au 2e deux léopards, l'un sur l'autre (D. Fillevieille).

 

5° Aimeri de Rougé, qui, par acte du mois de mars 1220, donna à l'abbaye de Saint-Julien de Tours la dîme qu'il avait dans le fief du seigneur de Chemiré près les Rues, au diocèse d'Angers. ( Original en parchemin à la Bibliothèque du Roi). Il est désigné par d'anciens tableaux généalogiques dressés sur une production faite en 1710, comme l'auteur de la branche des seigneurs des Rues, en Anjou, dont nous parlerons plus bas.

 

 

VII. Olivier, Ier du nom, sire de Rougé, chevalier, succéda, après l'an 1200, à Bonabes, son père, dont il confirma la donation de l'an 1 183 , à l'abbaye de Meilleray, à laquelle Geoffroi du Teil, son frère, et lui ajoutèrent l'usage dans leur forêt d'Abbaret. Ces deux frères furent témoins du don qu'Yvon de la Jaille fit à la même abbaye d'une vigne située à Angers, par acte de l'an 1196, passé au Chalonge (paroisse de la Cornouaille, en Anjou). Olivier avait épousé, avant l'année 1180, Agnès, dame de Jacson, nommée avec lui dans des lettres données en 1203, sous le sceau de Geoffroi, évêque de Nantes, par lesquelles il appert que tous deux avaient fait don à l'abbaye de Buzey de ce qu'ils possédaient dans le Bois-Benoist, avec promesse de faire ratifier ce don par Olivier, Egaré et Béatrix, leurs enfants mineurs. En 1208, Olivier de Rougé fut convoqué nominativement aux états de Bretagne, avec les autres barons et principaux seigneurs, par Aliénor de Bretagne, comtesse de Richemont, et vivait encore en 1210. Ses enfants furent :

 

1°.Bonabes, IIe du nom, dont l'article suit ;

 

 

2°. Olivier de Rougé, qui donna en mourant ses dîmes de Rofiné et de Rougé à l'abbaye de Meilleray, du consentement de Geoffroi du Teil, son oncle.

 

 

3°. Egaré de Rougé & 4° Beatrix de Rougé, dont on ignore la destinée ultérieurement à l'année 1203, qu'ils étaient mineurs.

 

VIII. Bonabes, IIe du nom, sire de Rougé, chevalier, seigneur des Gastines en Anjou, du Teil, de la Chapelle-Glain, etc., assista en 1203, (et non en 1202, comme le dit par erreur du Paz) à l'assemblée des états de Vannes, convoquée pour venger l'assassinat du jeune duc Artur et fournir des troupes au roi Philippe Auguste, contre Jean Sans Terre, roi d'Angleterre, qui avait égorgé ce prince de sa propre main. Tout porte à croire qu'il comparut à cette assemblée pour son père, car il ne succéda à la seigneurie de Rougé qu'après la mort de celui-ci décédé vers 1219, comme on en juge par des lettres données en 1225, sous le sceau de l'archidiacre de Nantes, portant qu'Agnès, dame de Jacson, et Bonabes de Rougé, son fils, reconnaissent que depuis plus de 6 ans ils avaient donne à l'abbaye de Villeneuve toutes les dîmes qu'ils avaient en la paroisse de Fercé. (D. Villevieille ; cartulaire de l'abbaye de Villeneuve). En la même année 1219, et la veille de la Pentecôte, il souscrivit la charte donnée par le duc Pierre Mauclerc pour la fondation de la ville de Saint-Aubin du Cormier, ( D. Morice , t. 1, col. 854). En 1226, Bonabes de Rougé écrivit une missive à l'abbé de Toussaint d'Angers, pour l'autoriser à envoyer un chanoine dans sa chapelle de la paroisse de la Chapelle de Glaen, et fit, sous la qualité de seigneur des Gastines un don à l'abbaye de la Roe, par lettres de l'an 1229. Fromond, son sénéchal, rendit un jugement, en 1235, au profit de l'abbaye de Meilleray, à laquelle Bonabes de Rougé avait donné les dîmes du Teil et de Dissé. (D. Villevieille). Il mourut en 1252, et fut inhumé le 1er mai dans le cloître de celte abbaye, devant la porte du chapitre. Dans un tableau généalogique de la maison de Chateaubriand, dressé par M. d'Hozier en 1778, sa femme est nommée par erreur Alienor, au lieu d'Alix de Chateaubriand (voir La forteresse de Châteaubriant & ses possesseurs). Il en eut

 

1°. Olivier, IIe du nom, qui suit ;

 

2°. Marguerite de Rougé, femme du seigneur de Pouancé, en Anjou, des barons de Chateaubriand, suivant un acle de Briand le Boeuf, seigneur de Dissé et de Nozay, de l'an 1233. (Cartul. de l'abbaye de la Prirnaudière.)

 

 

IX. Olivier, IIe du nom, sire de Rougé, chevalier banneret, épousa Agnès de Derval, fille unique et seule héritière présomptive de Guillaume, sire de Derval, qui survécut à sa fille, décédée, laissant plusieurs enfants en bas âge, avant le mois de mai 1275. Ce fut par suite de ce mariage que cette branche aînée de la maison de Rougé ajouta à son nom celui de Derval, et que cette châtellenie devint sa résidence habituelle. Au mois de janvier de la même année 1275 (v. st.), Olivier de Rougé et son beau père, Guillaume de Derval, assistèrent à l'assemblée des seigneurs qui apposèrent leurs sceaux aux lettres de Jean, duc de Bretagne, touchant la garde noble ou bail des mineurs, droit onéreux que ce prince changea en rachat. (D. Morice, t. I, col. 1037). Olivier de Rougé fut l'un des 12 chevaliers bretons qui suivirent en Aragon, en 1285, le roi Philippe III, pour venger le massacre des Français aux vêpres Siciliennes, et il vivait encore en 1289, date à laquelle Geoffroi, baron de Châteaubriand, régla avec l'abbaye de Meilleray, par acte scellé des armes d'Olivier de Rougé et de celles de Briand le Boeuf, seigneur de Dissé et de Nozay, les limites et juridictions de leurs domaines et seigneuries de Maidon, Joue et Auverné. (Hist. de Bretagne, t. IV, p 20g : D. Villevieille ; cartulaire de Melleray.) L'acte du mois de mai 1275 énonce qu'Olivier II de Rougé avait alors plusieurs enfants en bas âge, mais ils n'y sont pas nommés. Il est certain qu'il fut père de Guillaume, Ier du nom, qui lui succéda dans les terres de Derval et de Rougé, et il parait avoir eu deux autres fils, Jean de Rougé, dont descendait la branche des seigneurs de la Chapelle-Glain ; et Egaré de Rougé, chevalier, seigneur des Gastines, en 1324, qu'on croit avoir été l'auteur de la branche des seigneurs du Bouays.

 

 

Du premier lit :

 

 

1°. Bonabes, IIIe du nom, qui suit ;

 

2° Jean de Rougé, tué au combat de la Roche-Derrien (voir La châtellenie de la Roche-Derrien) .

 

 

Du second lit :

 

 

3°. Marguerite de Rougé mariée par sa mère, le lundi avant les cendres 1338 avec Olivier Tournemine, chevalier, seigneur de la Hunaudave (voir Le château de la Hunaudaye à Plédéliac et ses possesseurs, page n° 1 - Le château de la Hunaudaye à Plédéliac et ses possesseurs, page n° 2 ), veuf d'Isabeau de Machecoul. Il fit son testament en 1341, et Marguerite de Rougé lui survécut.

 

XI. Bonabes, IIIe du nom, sire de Rougé et de Derval, chevalier banneret, l'un des personnages les plus considérables de son temps, fut seigneur de Neuville, de la Cornouaille et de la Roche-Diré (fief dominant de la seigneurie des Rues) châtelain de Pontcallec, par don de Charles de Blois, duc de Bretagne, puis vicomte de la Guerche, en Tourraine, terre qu'il obtint de la libéralité du roi Charles V, dont il était conseiller et chambellan. Il épousa, 1° par contrat passé sous le sceau de la cour d'Angers le dimanche après la Saint-Nicolas d'hiver le 10 décembre) 1329, Jeanne de Maillé, dame des Touches, fille de Jean de Maillé, chevalier, seigneur de Clairvaux, et de Jeanne de Parthenay ; 2° Jeanne de l'Isle, dame de Cinqmars-la-Pille, en Touraine. La comtesse de Penthièvre, femme de Charles de Blois , et qui s'était mise à la tête de son parti après le funeste combat de la Roche-Derrien, chargea, en 1348 , Bouabes de Rougé, d'aller en ambassade avec les sires de Rieux, de Rochefort et de Châteaugiron, pour traiter de la délivrance du duc de Bretagne, son mari ; mais Edouard III refusa alors de l'admettre à rançon. De retour en Bretagne, le sire de Rougé reprit les armes et passa avec sa bannière au service de France. Le Roi, par lettres clauses de l'année 1350, le convoqua au ban et arrière-ban. Il existe plusieurs montres de sa compagnie des 3 juillet et 10 octobre 1351. On voit par la dernière, conservée en original à la Bibliothèque du Roi, que cette compagnie était de 60 hommes, au nombre desquels étaient 5 chevaliers, 24 écuyers et 3o archers, son fils et 5 autres seigneurs de Rougé en faisaient partie. Elle est scellée de son sceau, écartelé, aux 1 et 4 de Rougé, et aux 2 et 3 de Derval. Gui de Nesle, maréchal de France, et lieutenant de Charles de Blois, institua en 1352, Bonabes de Rougé, gouverneur des parties de la Mée et de Redon. Celui-ci se trouva bientôt après, avec Véron de Rougé, à l'attaque du château de Mauron, où ce maréchal fut tué. Le 27 novembre de la même année, il apposa son sceau au traité que fit Jeanne de Penthièvre pour obtenir l'élargissement de Charles de Blois. Chargé de nouveau de suivre cette importante et délicate négociation, Bonabes de Rougé s'en occupait à Londres, avec les sires de Rochefort, de Beaumanoir, de Dinan, d'Avaugour, etc., lorsque Bertrand du Guesclin arriva pour voir le prince captif.

 

 

Château de Deval

 

Tous leurs efforts réunis ne purent cependant obtenir à Charles de Blois qu'un élargissement provisoire, et ce ne fut qu'en 1356, qu'Edouard consentit à rendre définitivement la liberté à son prisonnier. C'est à cette occasion que Charles de Blois, pour témoigner au sire de Rougé, sa reconnaissance des services qu'il avait reçus de lui et de son père, lui fit présent, en 1361,de la châtellenie de Pontcallec. (Rég. du parlement de Paris, cot. gi). Cependant Bonabes qui, dans celte guerre, avait presque constamment combattu dans l'armée française, s'attacha exclusivement au roi Jean. Il se trouva à la bataille de Poitiers, y fut fait prisonnier avec ce prince et conduit avec lui en Angleterre. (Hist. de Bretagne, par D. Morice, t. I., pp. 286, 287). Pendant celte captivité, le roi Jean choisit le sire de Rougé pour aller en France aplanir quelques-unes des difficultés qui s'opposaient à la conclusion de la paix. Mais Edouard mit un prix insigne à sa liberté momentanée : il exigea pour garantie de son retour que Philippe de France, fils du Roi, le comte de Longueville, premier prince du sang et 48 autres des premiers seigneurs du royaume, s'en rendissent caution par corps, et s'engageassent en outre à perdre honneur, biens, villes, châteaux et forteresses, et à lui payer 12,000 écus vieux, dans le cas où Bonabes de Rougé ne reviendrait pas au temps fixé se reconstituer prisonnier. Cet acte , que scellèrent les 48 pleiges en présence du roi de France et de l'archevêque de Sens, est rapporté en entier dans les Mémoires pour servir de preuves à l'histoire de Bretagne, par D. Morice, (t. I , col. 1 523). Le roi Jean fut enfin rendu à la France par le traité de Bretigny en 1360. Au nombre des seigneurs qu'Edouard demanda comme otages pour sûreté de sa rançon, il désigna Bonabes de Rougé (cité par Vély sous le seul nom de Derval) qui eut ainsi l'honneur peut-étre sans exemple d'avoir eu dans l'espace de deux ans un fils de France et un prince du sang engagés pour sa personne, et de devenir lui-même otage pour son roi .Après la mort de Charles de Blois, tué à la bataille d'Auray en 1364, Jean de Montfort, resté maître de la Bretagne, pour se venger du dévouement que le sire de Rougé avait constamment montré à son rival, excepta expressément, par l'article 16 du premier traité de Guérande (1365), les terres de ce seigneur de celles qui devaient être restituées à leurs anciens propriétaires, il les confisqua à son profit, et plus tard donna le château et la seigneurie de Derval à Robert Knolle, célèbre chevalier anglais. (Le Baud, Hist. De Bretagne, p. 340). Mais le roi Charles V dédommagea son nouveau sujet des pertes que lui faisait éprouver sa fidélité par le don de la vicomté de la Guerche, ainsi que plusieurs autres grands héritages, tant en Touraine qu'en Anjou. Bonabes de Piougé était alors conseiller et chambellan de ce monarque. (Hist. de la noblesse, de Touraine, par l'Hermite-Soulier) En 1373, la guerre ayant e'té déclarée à Jean de Montfort, à raison de l'alliance qu'il avait contractée avec l'Angleterre, le sire de Rongé vint avec le connétable du Guesclin rejoindre le duc d'Anjou, occupé, ainsi que le dauphin d'Auvergne et Olivier de Clisson, à assiéger ce même château de Derval, son patrimoine, et qui dans ce temps était une des plus fortes places de la Bretagne. Cette entreprise ne fut point heureuse. Tous les efforts réunis échouèrent contre les murs de la forteresse, et des ordres réitérés du Roi firent enfin lever un siège qui avait été" surtout remarquable par l'acharnement des deux partis et par la cruauté qu'y exercèrent Clisson d'un côté, et Knolle de l'autre (voir L'immense fortune d'Olivier V, sire de Clisson.). ( Hist. de Bretagne, par D. Morice, t. I, pp. 345 à 348.) Bonabes de Rougé mourut, suivant du Paz, en l'année 1377, sans avoir encore recouvré l'héritage de ses pères, et fut inhumé dans l'abbaye de Meilleray, sépulture ordinaire de sa famille (voir Divisions ecclésiastiques. -Origines du diocèse de Nantes.) . Ses enfants furent ;

 

 

Du premier lit :

 

 

1°. Mahaut de Rouge, mariée avec Briand de la Haye ;

 

 

2°. Marguerite de Rougé, femme de Foulques de Chazé, chevalier, seigneur de Chazé-Henry, de Chazé-sur-Argos, de Vergonnes et autres lieux ;

 

 

 

Du second lit :

 

 

3°. Jean, sire de Rougé et de Derval, qui fit partie avec son père, en 1354 de l'ambassade en Angleterre, relative à la rançon de Charles de Blois, et s'attacha ensuite au duc de Bourbon. C'est à lui que furent rendus tous les biens que les Montfort avaient confisqués sur sa famille. Le duc Jean IV, forcé de demander la paix au roi Charles VI, subit, en 1381, les conditions du second traité de Guérande, où le Roi fit insérer un article spécial portant que Derval et la Roche-Diré seraient rendus à Jean de Rougé, ainsi que toutes les terres qui avaient appartenu à ses prédécesseurs ou lui étaient advenues depuis. Le duc Jean IV donna à Robert Knolle, comme dédommagement, 2000 livres de rente assignées sur d'autres domaines ;

 

 

4°. Galhaut, alias Guillaume, IIe du nom, qui suit ;

 

 

5°. Jeanne de Rougé, dame delà Cornouaille en Anjou, mariée avec messire Geoffroi de la Tour-Landry. Elle fit, le 20 octobre un testament dont elle confia l'exécution à Jeanne de l'Isle, sa mère. Elle ne vivait plus lorsque Geoffroi de la Tour-Landry fonda en la paroisse de la Cornouaille, en 1390 l'abbaye de N. D. de St-Sauveur, de l'ordre de Saint-Augustin de Condé ;

 

 

6°. Huette de Rougé, dame de Rouaibile, mariée avec Brisegaut d'Usaiges, seigneur de Nouans, vidame du Mans.

 

 

XII. Galhaut ou Guillaume, IIe du nom, sire de Rougé et de Derval, en 1383, chevalier banneret, vicomte de la Guerche,vseigneur de Cinqmars-la-Pile, en Touraine, de Neuville et de la Roche-Dire en Anjou, portait les armes sous son père en 1351, puis sous Pierre Tournemine, sire de la Hunaudaye, son parent, en 1370 et 1371. Il commandait une bannière, en 1377, à l'armée du duc de Bourgogne, puis en 1386, à l'armée que le roi rassemblait en Flandre pour l'expédition en Angleterre. Sa compagnie se composait alors de 3 chevaliers et 72 écuyers. Il assista aux états de Bretagne en 1408, et vivait encore en 1409. Il avait épousé Marguerite de Beaumanoir, fille de Jean de Beaumanoir, seigneur de Merdrignac, maréchal de Bretagne, pour Charles de Blois, et chef des Bretons au combat des Trente, et de Marguerite de Rohan, sa seconde femme (voir Les possesseurs de la seigneurie de Merdrignac) . Ses enfants furent :

 

 

1°. Jean, sire de Rougé et de Derval, vicomte de la Guerche, seigneur de Neuville et de la Roche-Diré, qui comparut, en 1385, au procès ou duel judiciaire de Robert de Beaumanoir, son oncle, contre Pierre Tournemine, son cousin (voir Le combat entre Pierre de Tournemine, seigneur de la Hunaudaye contre Robert de Beaumanoir) . Il épousa Béatrix de Rieux fille de Jean, sire de Rieux et de Rochefort, maréchal de France, et de Jeanne de Rochefort, dame d'Acérac. Il mourut sans postérité le 8 février 1415, et fut le dernier sire de Derval de la maison de Rougé ; sa sépulture et son épitaphe se voyaient dans l'église paroissiale de ce lieu ;

 

 

. Henri de Rougé, qui par acte du 19 juin 1406, vendit à Tristan de la Lande, grand-maitre de Bretagne, 3000 écus d'or à la couronne de France. Il mourut célibataire ;

 

 

3°. Jeanne de Rougé, mariée, le 30 janvier 1408, avec Armel de Châteaugiron, IIe du nom, chevalier, fils de Patri, IIe du nom, sire de Châteaugiron, et de Valence de Baing, dame de Poligné. Elle mourut en 1413, un an avant son mari. Comme elle était l'ainée de ses frères, tous les biens de sa branche , à l'exception de la Roche-Diré, passèrent à ses enfants. Patri III de Châteaugiron son fils aîné, se trouva ainsi possesseur de Rougé et de Derval, de Cinqmars-la-Pile et de la Guerche ;

 

 

4°. Olive de Rougé, dame de la Roche-Diré, mariée avec Jean dit Perrier, chevalier, comte de Quintin, seigneur du Plessis Balisson (voir La châtellenie du Plessix-Balisson par l'abbé Auguste Lemasson, page n° 6). Elle mourut au mois de septembre 1418. Son petit-fils, Tristan du Perrier, seigneur de la Roche-Diré, reçut, en 1457 et 1481, les aveux et dénombrements qu'Etienne de Rougé, dit des Rues, lui fit à raison de sa terre des Rues, mouvante de la châtellenie de la Roche-Diré.

 

Extrait de histoire généalogique et héraldique….par M de Courcelles

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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 08:59

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11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 08:13

 

 

Le manoir des Fossés avec armoiries des familles qui ont possédé l'endroit, de gauche à droite : Le Borgne, de la Bouexière, des Nos, Le Doyen et de Kergolay 

 

C'est le plus ancien édifice de Plélan-le-Petit. Il date du milieu du 14ème siècle et le bâtiment encore visible n'est qu'une composante du manoir d'origine. Sur la façade Est, on peut apercevoir 5 meurtrières cruciformes (arbalétrières), deux fenêtres ogivales (avec volets), une porte cochère et une porte piétonne. A l'opposé, la façade Ouest donne sur cour fermée et dispose d'une grande porte cochère ainsi que d'une porte à 5m de hauteur qui était l'unique accès à l'étage.La charpente gothique est une rareté en Bretagne. Certains éléments ont été découverts lors de dégagements effectués par René Jouffe : Fossé en eau, moulin ….Situé aux environs de Dinan, le manoir-porche des Fossés (fief relevant de Montafilant) remonte à la fin du 16e siècle. De plan rectangulaire, il est percé d'une porte cochère et d'une porte piétonne. Ses façades percées de baies géminées trilobées et d'archères cruciformes lui confèrent beaucoup de caractère, de même que la charpente de la grande salle qui occupe tout l'étage. Le manoir a appartenu aux famille Le Borgne (14e siècle), de la Bouexière (15e-16e siècles), des Nos (17e siècle), Le Doyen, des Nos (17e-18e siècles) et de Kergorlay. 


 

Les commissaires qui menèrent enquête cette année 1440 pour la paroisse de Plélan furent Bertrand Sevestre. G. Dupré. Au sein de la noblesse de cette paroisse figure Olivier de la Bouexière, « en son hostel des Fossés. ». Acte ci-dessous.

 

 

 

Titres généraux : contrat de vente par Jehan Durant et Amice, sa femme, à Raoul Le Borgne de tous les biens qui leur appartiennent dans la paroisse de Plélan « souz la seignorie monsour Rolant de Dynam, tant en fez que en rierefez, et souz la seignorie Johan Le Borgne » (cette pièce porte la cote de la seigneurie des Fossés, mais elle ne prouve pas que Jean Le Borgne ait été, en 1339, seigneur des Fossés) ; - ventes à Jehan de La Bouexière, seigneur des Fossés, de diverses rentes et pièces de terre dans la paroisse de Plélan : -copie de lettres de Jeanne, duchesse de Bretagne et comtesse de Penthièvre, confirmant d'autres lettres par lesquelles Jean IV, duc de Bretagne et comte de Montfort, avait accordé à Charles de Dinan, sire de Monfafilant, le droit d'afféager son domaine, en étendant cette faveur aux vassaux nobles de ce seigneur ; -induction d'actes présentés à la Chambre du Domaine, à Rennes, par Julien Le Doyen, pour être maintenu dans le droit de haute justice à cause, de la seigneurie des Fossés ;-fermes de la terre, avec toutes ses dépendances, pour 2,400 et 2,200 livres tournois, au XVIIr siècle, et pour 1,390 livres, en 1772 ; -rôles des rentes payées à la seigneurie dans les bailliages du Grand et du Petit-Breil, de La Cadiais, de La Guerais, de Guérin, de La Mariais et de Sainl-Méloir ; -audiences de la Cour des Fossés tenues au bourg de Plélan ; moyens de blâme et de réformation présentés à ladite Cour par le procureur-fiscal contre les sergents chargés des rôles des bailliages et contre plusieurs vassaux ; -vente d'une coupe de bois ; -quittances de la rente de 4 livres due à la seigneurie de Lamballe, et de celle de 5 boisseaux due à l'abbaye de Beaulieu ; -correspondance relative aux landes du Breil, de Couarra et de La Touche. (La seigneurie des Fossés s'étendait dans les paroisses de Plélan (chef-lieu) et Saint-Michel, sa trêve, de Bourseul, de Corseul et de Saint-Méloir; elle relevait en partie de Dinan, et en partie de Montafilant. -Seigneurs des Fossés : au XVe siècle, Olivier et Jean de La Bouexière ; au XVIe, Pierre et Françoise de La Bouexière; Charles et François Desnos ; au XVIIe, René, Mathurin Desnos, Louis Desnos et Renée Le Doyen, sa femme; Julien Le Doyen ; Catherine Desnos, petite-fille du précédent et femme de François de Thiery; Louis-Florian Desnos, fils de Louis Desnos et de Renée Le Doyen ; au XVIIIe, le précédent et Louis-Florian Desnos, son fils ; Alain-Marie de Guergorlay el ses deux fils, Gabriel-Louis-Marie et Louis-Florian-Paul.


 

1581-1789 Domaine des Fossés. -Paroisse de Plélan : baux à ferme, (à moitié ou à prix fixe), des métairies des Fossés, de La Porte et de La Cour des Fossés, de Belestre, du Bois-Motlay, du Bourg de Plélan, de Trougat, de La Ville-Delor, du pré de La Borgnerie, des moulins à eau et à vent de la seigneurie ; quittance de 8 livres pour droit de visite, délivrée au fermier du Moulin Neuf par le contrôleur-général des poids et mesures au déparlement de Dinan. -Paroisse de Saint-Méloir : baux à ferme de la métairie de Couarra ou de Coasura; copie d'un procès verbal de descente au sujet d'un abattis de bois, fait sur des pièces de terre dépendantes de ladite métairie.

E. 1704. (Liasse.) -9 pièces, parchemin; 14 pièces, papier ; 1 sceau.

 

 

1405-1729. - Fief des Fossés. -Aveux rendus : à Louis Desnos, à Julien Le Doyen et à Louis-Florian Desnos, pour des héritages situés dans les paroisses de Plélan et Saint-Michel, sa trêve, de Saint-Méloir et de Corseul; -à Olivier et à Jean de La Bouexière, pour des tenues citées sans indication de paroisse. -Paroisse de Bourseul : aveux rendus à Jean de La Bouexière pour 4 pièces de terre, dont l'une, contenant un journal et demi, devait à la seigneurie une rente de 17 deniers, au terme de Saiiil-Gilles. - Paroisse de Corseul : aveux fournis pour des pièces de terre situées au village de Paignehel.

E. 1765. (Liasse.) -52 pièces, parchemin ; 72 pièces, papier.

 

 

1509-1733. -Fief des Fossés. -Paroisse de Plélan : aveux et partages fournis pour des tenues et des pièces de terre faisant partie de plusieurs bailliages, savoir : Le Grand et Le Petit-Breil, Guérin, La Hoguelaye, La Robelinaye, Taillefer et La Ville-ès-Souèdre.

E. 1766. (Liasse.) -34 pièces, parchemin ; 93 pièces, papier ; 1 sceau.

 

 

1500-1765. -Fief des Fossés. -Paroisse de Plélan : aveux, partages, contrats d'acquêt et d'échange fournis pour des tenues et des pièces de terre faisant partie du grand bailliage du Breil, situées aux villages de La Boullaye, du Breil, de La Fontenelle, de Paymehel, de Saint-Michel de La Trinité et du Vaufeillet.

E. 1767. (Liasse.) -25 pièces, parchemin ; 48 pièces, papier.


 

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 15:19

 

 

 

Marie de Limoges n’avait que trois ans à la mort de son père. Marguerite, sa mère, femme hautaine et ambitieuse, aussi implacable dans ses ressentiments que hardie dans l’exécution de ses desseins, fut chargée d’administrer la vicomté. Dans les grandes familles qui ont les privilèges de la naissance, du pouvoir souverain, il est rare que des tuteurs ambitieux ne profitent pas du titre que leur contère la loi, ou la volonté des mourants, pour s’approprier les droits dont ils ne devraient être que les défenseurs, ou que des passions ennemies ne viennent pas apporter le trouble dans l’État ou dans la famille. La veuve de Gui le Preux, impatiente d’imposer à tous l’autorité de sa fille, ne tarda pas à soulever contre ses prétentions la noblesse du Limousin, le clergé et le peuple et des droits politiques que la royauté lui avait reconnus. Cependant, pressée par les circonstances de remettre cette autorité à la jeune vicomtesse Marie de Limoges, dont la main avait été plusieurs fois sollicitée par les fils des plus grandes familles de France, elle la maria à Artur, comte de Richemont, fils Jean II, petit-fils de Jean 1er, duc de Bretagne. Ce mariage fut célébré en grande pompe dans la basilique de Saint Martin de Tours (ci-dessous).

 

 

Artur de Bretagne n’avait alors que treize ans; Marie, sa belle épouse, à la blonde chevelure, comme ses ancêtres de race germanique, en avait quinze. La vicomtesse mère vint les montrer avec orgueil au peuple limousin, heureuse des beaux jours qu’ils se promettaient, et des brillantes destinées que rêvait pour eux sa tendresse maternelle. Cependant, habituée à commander, cette femme altière ne leur remit pas immédiatement les rênes du pouvoir; c’est qu’elle avait encore à. combattre pour eux. La mort ne tarda pas à clore la carrière politique de cette femme toujours prête à combattre, toujours escortée d’une soldatesque docile à ses ordres, toujours inquiète du maintien des privilèges de sa race. La nouvelle de sa mort fut reçue avec joie par le peuple, par les vassaux de la vicomté, si longtemps humiliés par celle que ses contemporains appelaient la vicomtesse-reine, et que le peuple, qui conserve encore quelques souvenirs de ces temps, appelle encore Marguerite l'enragée. Elle avait administré la vicomté durant quatorze ans (1277). Avec des passions moins vives, une ambition plus juste, si elle avait eu à défendre un trône contre de grands dangers politiques, elle aurait pu être comparée à Blanche de Castille et à Marie Thérèse. Marie de Limoges et Artur de Bretagne prirent alors les rênes de l’administration; mais ils n’avaient ni l’un ni l’autre ce qu‘il fallait, dans cette époque troublée, pour maintenir leur fortune. Ils ne firent que l’amoindrir, pour payer le dévouement de ceux qui s’étaient faits si long temps les complices de l’ambition de leur mère. Ils donnèrent le château de Châlus, ce fleuron de la vicomté, où était tombé avant l’âge le plus grand ennemi de leurs ancêtres, à Gérard de Maumont, qui en prit possession à la tête de bandes armées, et qui en sortit ensuite pour étendre encore son autorité aux dépens de ses voisins. Artur de Bretagne, en attendant une meilleure occasion, s’était mis en possession de sa haute juridiction de justice, sans en faire préalablement hommage à l’abbé de Saint-Martial.

 

 

Château de Châlus

(document Wikipédia)

 

 

Le prélat, dès le début de cette usurpation, interdit le juge et le prévôt, ainsi que les sergents, confia la justice par commission à Guillaume, son neveu, qui à son tour investit des fonctions de juge le bourgeois Jean Glary. La vicomtesse et son mari parurent durant quelque temps se soumettre à cette humiliation, craignant cette fois l’intervention du roi de France qui, à son retour de Bordeaux, s’arrêta encore à Limoges. Les religieux de Saint-Martial allèrent à sa rencontre, le conduisirent processionnellement dans leur abbaye. Il paya cette hospitalité en adjugeant la justice à l’abbé par des lettres patentes que ses agents publièrent aussitôt dans toutes les rues de la ville. Artur et sa femme, loin de chercher à s’attirer les bonnes grâces du prince, n’étaient alors occupés qu’à refaire leur fortune aux dépens de quelques-uns des feudataires de la vicomté, en usurpant les privilèges jus qu’alors reconnus à ceux-ci sur leurs fiefs nobles. Tous ses efforts tendirent aussi à régler les différends qui divisaient souvent le clergé au sujet des Privilèges que se disputaient les églises. La vicomtesse de Limoges mourut sur ces entrefaites, onze ans après sa mère (1291), sans avoir pu imposer son autorité aux bourgeois, au clergé et aux barons du Limousin. Femme du monde, éloignée durant sa jeunesse, et même depuis son mariage, de toute participation aux affaires publiques, dominée par des goûts luxueux, qui énervaient les races féodales en les ruinent, elle passa ses dernières années tantôt à Limoges, ou dans les châteaux du Limousin, tantôt à la cour de Bretagne, dont le riche héritage était promis à son mari et à ses enfants, Jean, Gui et Pierre. Ses officiers, pour faciliter la perception des droits levés sur les marchands, avaient transporté sur la place de Saint Michel-des-Lions le marché aux fruits, du blé et des autres denrées qui, de tous temps, avait lieu dans un cloître près de Saint-Martial. Gérard Faydit, d’Uzerche, abbé de Saint Martial, ne fit aucune opposition à ce changement; par sa faiblesse et sa mauvaise gestion, il appauvrit beaucoup cette abbaye, dissipe ses biens, et laissa même les religieux man quer de vin depuis le jour de saint Lue jusqu’à Pâques, et ne leur fournit le bois, nécessaire au chauffage, que la veille de l’Annonciation de la Vierge‘. Artur de Bretagne, après la mort de sa femme, demeura dans la vicomté, jusqu’à ce qu’il fût appelé à régner en Bretagne par la mort de Jean Il, son père. Jusqu’à cette , époque (1305), il sut vivre en paix, n’ose rien entreprendre contre les barons du Limousin, ni contre l’évêque; il eut seulement quelques démêlés avec Gui de La Porte, abbé de Saint-Martial, qui, mécontent de ce qu’il n’était pas venu lui faire hommage après la mort de sa femme, fit saisir le Château de Limoges et la justice qui en dépendait (1300). Le Château de Limoges était groupé autour de l'antique abbaye de St-Martial. Déjà considérable au ixe siècle, il fut au commencement du siècle suivant ceint de murs et de fossés. Ces fortifications ayant été ruinées durant la guerre des Anglais, elles furent relevées à la fin du XIIe siècle sur un périmètre plus étendu. La première enceinte, d'après un manuscrit cité par Allou, comprenait l'abbaye de Saint-Martial et son cimetière jusqu'au pont Hérisson, joignant l'hôpital Saint-Martial (aujourd'hui l'hôtel des Monnaies), de là au portail Imbert où étaient les prisons ; puis allant à la porte Fustinie, près de Saint-Michel, derrière la maison du Breuil (aujourd'hui la Préfecture), à la place de la Motte, aux portes Poissonnière et Poulaillère et revenant à l'abbaye Saint-Martial. Dans la seconde enceinte, d'après un autre manuscrit, furent enfermés le quartier des Combes et les rues adjacentes, la place des Bancs, les rues Torte, Banléger, les Pousses, Manigne, Cruche d'or, Rafilhon, Boucherie et le quartier de Saint-Pierre du Queyroix. C'est à peu près l'enceinte de la ville actuelle. Il n'est pas douteux qu'il n'y eut eu jadis dans l'enceinte de ce castrum ou ville un château-fort, un édifice d'archi tecture militaire pour la protection des habitants. Allou conteste ce fait et le déclare d'autant moins admissible qu'il ne reste, dit-il, dans la ville actuelle, aucune trace de ce prétendu château, ni aucune tradition qui s'y rapporte. Cette opinion va à rencontre de toutes les données historiques. On ne trouverait pas d'exemple d'un castrum qui n'ait renfermé un château, un donjon, une forteresse quelconque. Il est possible que les ruines du château de Limoges aient disparu et que la tradition, au XIXe siècle, en ait entièrement perdu le souvenir, mais cette tradition était vivante au XVe siècle, elle résulte de documents écrits, et, comme nous le verrons tout à l'heure, elle servait de base à certaines prétentions du vicomte.

 

 

Sceau de Marguerite de Bourgogne, mère de Marie de Limoges ;

 monnaie en alliance Bretagne-Limousin

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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 14:03

 

 

 

 

Monnaies de François II (1 -2 , et Anne de Bretagne (3)

 

Bretons.

Sous François II, des ateliers fonctionnaient à Morlaix, Nantes, Vannes et Rennes. On forgea sous ce règne des écus d'or, des gros et des demi-gros d'argent, des blancs, des deniers et des doubles. A dater du règne d'Anne de Bretagne, on ne remarque plus que deux ateliers, Nantes et Rennes. Avant son premier mariage, cette princesse continua les gros, les blancs à la targe ou douzains et les doubles de son père ; elle ne frappa les pièces d'or appelées « cadières » que pendant son veuvage. On peut considérer que, à dater du mariage de Louis XII avec l'héritière du duché, le monnayage breton suivit les mêmes phases et fut soumis aux mêmes règlements que celui du reste du royaume. Pendant les guerres, le duc de Mercoeur frappa des monnaies royales à Dinan, avec l'assentiment des Etats de la Ligue réunis à Nantes. Plusieurs chefs de partisans firent de même, mais sans autorisation quelconque : dans les ruines du château de St-Quihouët, on a trouvé, en 1828, un moule de fer qui avait servi à couler des écus de Henri III à la date de 1581. A la faveur des troubles, la fausse monnaie fut fabriquée dans notre province sur une assez grande échelle : la tradition place des ateliers de faux-monnayeurs dans un certain nombre de nos anciens châteaux : l'absence de toute répression dut, en effet, favoriser cette déloyale industrie. Dans les nombreux actes que nous publions, on remarquera la mention de redevances faites « en monnaie ayant cours dans le pays, monela cursilis » : cette formule se rapporte au temps où la monnaie ducale, la monnaie tournois et celle des provinces voisines avaient un cours reconnu dans la province. Plus tard il n'en fut plus ainsi, et les actes stipulaient que les paiements devaient être faits en « bonne et forte monnaie », en « bons et forts deniers ». Alors la monnaie subissait des variations si multipliées et si considérables que, payées avec les espèces nouvelles, les redevances anciennes étaient singulièrement diminuées. Nous terminerons par quelques mots sur les différentes espèces dont il est fait mention dans nos chartes

 

Esterlins. Nous ne voyons ces monnaies paraître qu'accidentellement : l'esterling était le denier anglais, et les abbayes bretonnes qui possédaient des bénéfices en Angleterre recevaient nécessairement des redevances en esterlins. Les premiers, frappés par les Plantagenets, représentent une tête couronnée de face ; au revers, une croix cantonnée de douze besants, avec le nom de l'atelier monétaire. Le seigneur du Goëllo, en 1202, donnait à Beauport une rente de 10 livres d'esterlins sur son manoir de Ravendal, au diocèse de Durham. Une charte du prieuré de Dinan établit qu'en 1268, en Bretagne, 230 livres d'esterlins étaient reçus pour la même valeur que 1,000 livres de tournois.

 

 

Monnaie de Nantes. C'était celle qui fut frappée dans cette ville à dater de la fin du XIIe siècle : il en est peu question dans la partie de la province dont nous nous occupons, puisque jusqu'ici nous ne connaissons qu'un texte de 1224, de l'abbaye de Beauport, qui en fasse mention. Cette monnaie de Nantes, alors anonyme, portait les mots DUX BRITANE autour d'une croix ancrée ; au revers, NANTIS CIVI autour d'une croix ordinaire. D'après une ordonnance de saint Louis, le nantois à Vécu était évalué à raison de 15 nantois pour 12 tournois.


 


 

Monnaie d'Anjou. Nous la voyons employée dans des chartes de Beauport et de St-Aubin. De 1094 jusqu'aux premières années du XIIIe siècle, les deniers angevins eurent un cours général en Bretagne, principalement, comme nous l'avons déjà dit, depuis le mariage de la fille de Conan IV avec Geoffroi d'Angleterre. Il était naturel que les princes anglais, qui possédaient alors l'Anjou, fissent circuler leurs monnaies françaises dans le pays breton dont ils étaient maîtres.


 


 

Monnaie de Rennes. Les détails que nous avons donnés plus haut ont mis nos lecteurs au fait de ces espèces : un acte de St-Aubin mentionne, en 1232, quadraginta solidos Redonensis monete ; ce devait être des pièces anonymes, identiques, sauf les légendes, aux pièces de Nantes que nous venons de décrire. D'après les textes conservés par D. Morice, la monnaie de Rennes fut très-répandue de 1084 à 1150 environ : de cette date jusqu'au commence ment du XIIIe siècle, elle disparaît dans les actes pour être remplacée par celle d'Anjou. Elle reparaît vers 1219, sous Pierre Mauclerc ; mais les tournois et les parisis lui font une rude concurrence. A la domination anglaise avait succédé l'influence française, et les espèces monétaires s'en ressentaient nécessairement. Dans la seconde moitié du XIIIe siècle, les titres de St-Aubin et de Jugon parlent de monnaie bretonne : cette désignation générale indique alors la monnaie ducale, fabriquée dans plusieurs ateliers.


 

Monnaies de Guingamp. -Nous n'avons trouvé que peu de mentions de la monnaie guingampoise, bien qu'elle fût, nous l'avons dit, fort répandue. A notre connaissance, elle est nommée, en 1158, dans un règlement du duc de Normandie donné à Caen, et, en 1215, dans un acte de l'abbaye de Bonrepos. D'après M. Lecointre-Dupont, le denier guingampois valait en Normandie 0,053 avant 1158, et 0,056 après cette date : à la première époque, la livre représentait 12 fr. 71, le sou, 64 centimes ; à la seconde époque, la livre valait 13 fr. 44, et le sou, 0,67. Parmi les monnaies de Guingamp, il en est une variété qui jusqu'ici n'a pas été expliquée , en voici la description :


 

+ QVEMPERLI. Croix pattée, cantonnée d'un ou deux astérisques.


 

R. + GUINGAMP. Profil droit barbare. Tous les numismatistes qui se sont occupés de ce denier y ont vu le nom de la ville de Quimperlé. Bigot pense qu'il est peut-être le produit du monnayage de Alain le Noir, gendre de Conan III , ou de Conan IV qui se retira à Guingamp après avoir été dépossédé par Geoffroi d'Angleterre : il fait remarquer, du reste, que l'histoire de Quimperlé ne révèle aucun fait qui puisse expliquer l'émission de cette monnaie. Ne serait-il pas plus simple de chercher dans le Goéllo même quelque localité où on aurait temporairement frappé une monnaie guingampoise, à Quimper-Guézennec, par exemple, antique seigneurie que son titre de vicomté signale comme ayant été détachée des domaines de Guingamp. Nous ne proposons toutefois cette conjecture qu'avec la plus grande réserve.

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