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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 13:13

 

 

La cour d'Edward III


 

Cinq ans après la naissance de Clisson, arriva cet événement qui devait marquer la carrière militaire du grand chevalier, celui qui allait être tour à tour désigné le boucher et enfin le connétable de France et le vachet. C'est la guerre de Succession de Bretagne qui a tant marqué de son emprunte l'histoire de notre Bretagne. La mère du chevalier, Blanche de Belleville, d'origine poitevine, avait d'abord épousé le sire Geoffroy de Châteaubriant dont elle devint veuve l'an 1328. Ainsi que nous l'avons abordé dans un précédent article (voir Mariages à la cour de Bretagne par G. Mollat), la jeune femme fut convoitée par le père de Jeanne de Penthièvre, ce dernier étant devenu veuf de Jeanne d'Avaugour. L'union entre la noble dame et le prince breton n'eut point lieu, et c'est ainsi qu'en 1330 Blanche de Belleville épousait Olivier III de Clisson, père de notre héros ainsi que quatre autres enfants. Mais comme nous l'avons vu au précédent article, ce malheureux fut convié par le roi de France à un participer à un tournoi, et, le moment venu, le roide France le fit décapité pour trahison, après qu'il se fut rallié aux troupes anglaises et défendu la cause du camp Montfort. Une nouvelle fois veuve, celle que l'on nommait la Tigresse bretonne épousa alors sir John Harpedanne et enfin, en 1349, sa cinquième union fut avec Walter de Bentley. Clisson, fut élevé à la cour de Londres et dans les châteaux de son oncle Amaury, ou de son beau-père, Walter de Bentley. Clison, jeune adolescent était déjà le grand seigneur fier et dédaigneux, ayant un peu de la raideur et de la morgue britanniques. Riche et honoré pendant sa jeunesse, il n'éprouva jamais les gênes de la pauvreté et n'eut guère l'occasion de se mêler aux humbles et aux petites gens. Son langage même, quoiqu'empreint d'une rudesse hautaine, devait être celui d'un homme de cour et d'un personnage de haut rang. Le jeune Jean de Montfort, avait trois ans de moins que Clisson, et lui-même connu les premières années de sa jeunesse, là-bas à Londres. Au contraire, on pouvait prévoir que clans la suite Clisson et le comte de Montfort ne conserveraient pas entre eux leurs bonnes relations. La cour d'Edouard était alors la plus fastueuse de l'Europe : Olivier y avait tenu une aussi grande place que le comte de Montfort, alors sans duché et perdu clans la foule clés jeunes seigneurs. Clisson, par son extérieur et ses qualités brillantes, était plus remarqué que ce prétendant bilieux et taciturne. Plus tard, lorsque grâce aux Anglais, Jean IV eut ceint la couronne ducale, Clisson devait être disposé à voir en lui, moins un suzerain qu'un ancien compagnon d'enfance, presque un égal. Or, Jean IV était un homme ombrageux et très jaloux de son autorité; Olivier de son côté avait une très haute idée de lui-même, de sa noblesse et de sa valeur personnelle. Une rupture entre ces deux hommes était donc à craindre. C'est le 3 juillet 1361 à Woodstock Palace, que le jeune Jean de Montfort prit pour épouse lady Mary of Waltham, la propre fille du Roi d'Angleterre, Edward III. Le manteau de la jeune mariée devait être très long, car il avait nécessité sept morceaux de tissu pour le réaliser. Ce présent du roi de France était bordée de 600 minivers garnis, et de 40 hermines. Hélas l'union des deux jeunes gens se solda par la mort de Lady Mary, quelque temps avant le 13 Septembre 1361, sans qu'elle n'ait jamais mis les pieds en Bretagne. Elle était âgée de 18 ans et serait morte de cette maladie léthargique dont elle ne se réveilla jamais. Le 13 septembre 1386, Montfort prit pour deuxième épouse, celle qui était considérée comme la femme la plus belle d'Angleterre : Lady Joan Holland, la petite-fille du fameux prince-Noir. Manifestement la nouvelle femme de celui qui allait devenir duc sous le nom de Jean IV de Bretagne ne laissa pas indifférent Clisson ; ils seraient devenus amant et maîtresse, et c'est probablement dès cette époque que les deux gentilhommes bretons commencèrent à se méfier l'un de l'autre. En ce temps où les alliances allaient au gré des besoins, il semblerait que ce fut Charles le Mauvais roi de Navarre qui aurait lancé cette rumeur, contre son ancien allié Clisson devenu le vachet aux yeux du souverain Ibérique...

 

 

Un mariage à la Cour d'Angleterre au XIVe siècle.

 

 

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 06:58

 


 

Les murs de cette lourde forteresse de Clisson avaient à la base plus de quinze pieds d'épaisseur; ils étaient solidement assis sur une roche-granitique, dont ils prenaient les contours anguleux. Sa quintuple enceinte, son donjon s'élevant à pic à plus de cent pieds de hauteur, l'habile disposition de ses fossés, de ses bastions, de ses courtines épaisses flanquées d'énormes tours, avec leurs couronnes de créneaux, d'échauguettes ou de hourds circulaires, tout contribuait à donner à cette formidable construction une telle puissance défensive que, pendant tout le moyen-âge, elle ne fut guère attaquée, bien qu'elle fût située entre trois provinces et habitée par des seigneurs belliqueux et remuants. C'est à l'ombre de cette forteresse, que naquit ce 23 avril 1336 Olivier de Clisson, quatrième du nom, fils de Olivier troisième et de Jeanne de Belleville. La Maison de Clisson puisait ses origines la veille de l'an mil à travers un certain Bernard de Clisson, présent à une donation de divers droits et coutumes, l'an 1043 faite en faveur des moines de Marmoutier par Pierre de Chevillé et sa femme Milesende. Baldricus de Cliczone, autre membre de cette dynastie, cité témoin en 1075 lors d »une donation de la Duchesse Berthe, veuve d'Alain III, effectuée à Nantes, en faveur des moines de Sainte-Croix de Quimperlé (voir Histoire de l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé, page n° 1). A maintes reprises, les puissants barons de Clisson s'insurgèrent contre leurs suzerains et, le premier d'entre eux se nommait Olivier premier de Clisson. C'est Guy de Thouars, troisième époux de Constance de Bretagne qui avait, comme cela est consigné dans une charte de 1205, donné la qualification de baron au vaillant guerrier Olivier Ier de Clisson. Vers 1222, celui-ci fut du nombre de ceux qui s'insurgèrent contre les prétentions de Pierre de Dreux, alias Pierre Mauclerc, gendre de la Duchesse Constance et de Guy de Thouars. Et la haine que Olivier de Clisson avait à l'encontre de Dreux ce confirma contre son successeur le Duc Jean Ier le Roux. Il fut du nombre des insurgés Bretons, l'an 1258. Le duc se vengea en faisant raser toutes les forteresses dont disposait celui qu'on nommait alors Olivier Le Vieil, et il fit aussi saisir toutes ses terres. A défaut d'être apte à se servir de ses armes pour récupérer son bien, c'est auprès du tribunal du roi de France qu'il fit appel. Prosper Jean Levot nous donne la manière dont le dossier fut traité : « les choses ayant été ainsi réglées, vers le commencement du mois de février de l'an 1262, les parties en vinrent à un accommodement, en présence du roi qui les concilia. Ce traité porte : 1° qu'Olivier de Clisson renoncera à tous les biens qu'il possède en Bretagne, tantdu côté de son père que du côté de sa mère, et que le duc recevra le jeune de Clisson à faire hommage de ses terres ; 2° que la terre de Pont-Chasteau, qui a été donnée à Eudon du Pont et à Guillaume de Fresnay, frères utérins d'Olivier de Clisson, le jeune, leur demeurera et passera à leurs héritiers; 3° qu'Olivier le jeune payera au duc 4,000 livres tournois en monnaie de Nantes, pour les forfaits de son père, et sera sa caution à l'avenir ; 4° que les deux de Clisson ne pourront demander au duc aucune réparation ou restitution, au sujet de ce qui a été rasé, détruit ou saisi sur eux, excepte la maison de la Verrière qui leur sera rendue ; 5° que si Olivier le jeune meurt avant son père, ce dernier ne pourra rien exiger au-delà de ce qui lui sera assigné pour sa subsistance, après la conclusion de ce traité ; 6° enfin, que-si ce même Olivier le jeune est cité à la cour de Bretagne pour quelque faute commise contre le duc, et refuse de s'y soumettre, le duc pourra saisir les fiefs qu'il tiendra de lui.Telles furent les conditions auxquelles Olivier de Clisson, le Vieux, fit sa paix avec le duc; il avait épousé Constance, fille et héritière d'Eudon, seigneur de Pont-Chasteau et de Constance de Rohan, dont il avait eu un fils nommé Olivier. Constance était veuve de Hervé, seigneur de Blain, dont elle avait eu Eudon du Pont et Guillaume frères utérins d'Olivier de Clisson , le jeune. Mais la terre de Pont-Chasteau étant passée, quelques années après, dans la maison de Clisson, il faut que les deux frères utérins n'aient point laissé de postérité, ou que leur postérité n'ait pas subsisté longtemps. » Olivier-le-Vieil mourut âgé de plus de cent ans. Son fils, Olivier-le-Jeune, avait l'humeur turbulente et batailleuse de son père. De son mariage avec Isabelle de Craon il eut trois fils : Garnier ou Gautier, Amaury et Olivier, père du connétable. Tous les trois furent de rudes guerriers et trouvèrent la mort dans les grandes luttes dites de Blois et de Montfort. Garnier, que les vieilles chroniques appellent un des plus hauts barons de Bretagne, fut tué dès le début des hostilités, en 1341. Il était gouverneur de Brest, quand le comte de Montfort vint assiéger cette ville. Sommé de se rendre, Clisson répondit : « Je n'en ferai rien, à moins d'avoir enseigne et commandement du seigneur, à qui la place doit être par droit. » L'assaut fut aussitôt ordonné. La place, que gardaient seulement 300 défenseurs, ne pouvait longtemps résister : alors son capitaine résolut de tenter une diversion et de jeter par un coup d'audace la terreur et le trouble dans les rangs ennemis. A la tète de 40 soldats choisis, il sortit de la forteresse, se rua à l'improviste sur les assaillants et ouvrit au milieu d'eux une sanglante trouée. Mais l'armée de Montfort revint bientôt de sa première surprise. Garnier de Clisson et sa poignée de braves accablés sous le nombre furent refoulés violemment vers leurs murailles. L'ennemi s'acharnait de préférence sur le capitaine, qui reculait pied-à-pied, et qui multipliait ses coups pour protéger la rentrée de ses compagnons ; presque tous purent se mettre à couvert. Par malheur, la presse fut telle au moment où Clisson allait rentrer, que les assiégés eurent peur de voir tout le flot des combattants pénétrer dans leurs murs : la herse baissée avec précipitation laissa l'héroïque capitaine exposé presque seul aux coups furieux de mille ennemis. Une grêle de projectiles tombant du haut des remparts sur ceux qui attaquaient ralentit la lutte. La herse fut de nouveau levée et Clisson put enfin rentrer dans la place : mais il avait été si maltraité, dans cette mêlée sanglante, qu'il mourut quelques heures après. Olivier et Amaury de Clisson s'étaient, eux aussi, prononcés en faveur de Charles de Blois : mais Jean de Montfort fut assez habile pour les gagner à sa cause. Olivier ne tarda pas à rentrer dans le parti français : Amaury au contraire resta plus longtemps fidèle à Montfort, que les Anglais devaient bientôt soutenir en Bretagne. Vers la fin de l'année 1341,1e comte de Montfort se laissa prendre à Nantes par les Français ; mais il laissait un jeune fils, dont Amaury de Clisson fut nommé tuteur, et une femme, qui par son énergie releva partout le courage et les espérances de ses partisans. Pendant qu'elle s'enfermait dans Hennebont, prête aux derniers sacrifices, Amaury fut envoyé en Angleterre pour obtenir des secours coûte que coûte,même au prix de l'indépendance de la Bretagne. Olivier de Clisson, père du connétable, pendant les trois années qu'avait duré la guerre, avait tour à tour suivi les deux partis, bien qu'il fût resté plus longtemps dans celui de Charles de Blois. Ses sympathies personnelles le rapprochaient en effet de la France ; mais la versatilité de son esprit, l'influence de son frère Amaury et surtout celle de sa femme, Jeanne de Belleville, amie personnelle de la comtesse de Montfort (voir Précis historique sur Jeanne de Flandre, mère de Jean IV, Duc de Bretagne par Jean Baptiste Lesbroussart), l'entraînèrent de nouveau dans le parti anglais. Cette inconstance était explicable : en effet, les droits de chaque prétendant pouvaient donner lieu à l'incertitude et à la discussion. Nombre de seigneurs bretons n'avaient-ils pas, comme les Clisson, changé plusieurs fois d'opinion et de parti ? Néanmoins, Olivier de Clisson semble blâmable d'avoir agi secrètement et d'avoir donné à son changement les apparences d'une trahison. Avant la trêve de Malestroit, il avait été échangé, ainsi que Godefroy d'Harcourt, contre le comte de Stanfort. Quelques mois plus tard, il fut arrêté à Paris, au milieu d'un tournoi, en présence de toute la cour et jeté en prison : sans autre forme de procès, il fut conduit presque nu aux halles en Champeaux, où on lui trancha la tête, le 2 août 1343. Son corps fut pendu, aux fourches de Montfaucon et sa tête exposée à Nantes sur la porte Sauvetour. Godefroy d'Harcourt mis également en accusation, put se réfugier en Angleterre.

 

 

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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 16:19

 

 

Concarneau

 

 

Le Conquet

 

 

Brest

 

 

Camaret

 

 

Douarnenez

 

 

Saint-Briac

 

 

La Turballe

 

 

Vannes

 

 

Dinan

 

 

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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 15:47

 

 

 

 

 

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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 14:04

 


 

1- A Robert de Callac, maître-d'hôtel de la duchesse, par le commandement de la Duchesse pour mises qu'il avoit fait pour elle le XVIe jour d'aout – CXVI sols.


 

2- A Guillaume Baut, pour despences de frere Gerard, bastard de Thouars, par commandement de la Duchesse, le XVIe jour d'aoust l'an LVI -LXVIIII sols.


 

3- A dom Armel Guilleron, pour avoir escrit ung livre à la Duchesse, par marché fait ô lui, le XVIe jour d'aoust l'an LVI -VI livres X sols.


 

4- A un religieux du couvent des Jacobins de Guerrande, pour ung habit que la Duchesse lui donna -XLVI sols, VI deniers.


 

5- Audit Bouexeau, pour aucunes mises qu'il a fait pour la Duchesse, CIII.s.


 

6- A Pierre Bouexeau pour ung quartier de l'ordonnance qu'il, prend pour fournir la Duchesse de solliers, botines, patins, galloches, ledit quartier finissant le deroin jour de may l'an LVI, C.s.


 

7- A Pierre Le Gris, pour trois aulnes de drap, que la Duchesse eut de lui, et ausi eut pour porpoent et robe à frere Gerard, bastard de Thouars, le XVIe jour d'aoust, l'an IIIIe LVI.


 

8- A Petit Boispean pour plusseurs mises qu'il avoit fait pour la Duchesse, et son commadement. -VII liv. IIIIs. XI d.


 

9- A Perrine, lingiere de la Duchesse,de son don, III escuz -LXVIII s. IX d.


 

10- A Robin de Chartres, par le commandement de la Duchesse, pour certaines mises et repparacions qu'il avoit fait faire en la maison de Rochefort (hôtel acheté par la Duchesse pour y établir le couvent des religieuses de Sainte-Clair), en la ville de Nantes, durant le temps où il avoit esté concierge de ladite maison, XX escuz, -XXII liv. XVIIIs. IIII d.

 

 


 

11- A Guillaume de Muel, de don de la Duchesse, le XXe jour d'aoust, l'an LVI, II escuz -XLV s. X d.


 

12- A Olivier Kerbourric, pour partie de la nourriture des levriers de la Duchesse, ung salut vallant. XXIII s. IIII d.


 

13- A Jehane, broderesse de Vennes, pour certains ouvrage qu'elle voit fait pour la Duchesse, de son commandement, le premier jour de juillet, ou dit an. Et pour ce (XXV s.


 

14- A Olivier Penhoet, taillandier, pour la faczon de plusieurs abitz qu'il avoit fait du commandement de la Duchesse, VI salut vallans. VII liv.


 

15- A Jehanne la rigotiere (coiffeuse), pour VIII rigotiers qu'elle avoit faits pour la Duchesse, -VIII s. VI d.


 

16 A Jehan Dibon, pour avoir logé les levriers de la Duchesse en sa maison demy an, paravant que la Duchesse allast à Nantes, le VIIIe jour de juing, l'an IIIIe LVI, -XXX d.


 

17- A la Duchesse, pour Alliete de la Charronière (dame de la maison de la Ducchesse) à Nantes, le XVe jour d'aoust, oudit an LVI -LVI s. VI d.


 

18- A Rolland Carin, par commandement de la Duchesse, de don pour luy ayder à faire sa feste à Paris et pour messes qu'il avoit dit pour elle. -XXIII liv. VI d.


 

19- A fr. Arthur Connan, Cordelier de Guingamp, de don de la Duchesse, le XVe jour de juillet ou dit an, -L s.


 

20- A ...net, l'orrogier d'Angers, pour avoir abillé l'orloge de la chambre de la Duchesse, de don, le XVIe jour d'aoust , l'an LVI, -L s.

 

 


 

21- Aux Jacobins de Nantes, pour plusieurs messes et services qu'ilz avoint fait pour la Duchesse, de son commandement, le XVIe jour d'aoust oudit an IIIIe LVI, XV escuz vall, -XVIII liv. III s. IX d.


 

22- A la Duchesse par rapport de Callac, le XVIe jour d'aoust l'an IIIIe LVI, -XXIIIs III.


 

23- A...net, serviteur des dammes de Saincte-Clare par commandement de la Duchesse, le XVIe jour d'aoust -XL s.


 

24- A la Duchesse, le dimanche XXVIIe de juingn, pour son offerte à la messe du nouveau Jacobin, à leur couvent de Nantes, II escuz, -XLV s. X d.


 

25- A Madame de Thouars (Marie de Rieux,mère de Françoise d'Amboise), pour son offerte de celui jour, que la Duchesse lui fit bailler, I escu, XXII s.XI d.


 

26- A la duchesse, à sa main, au chasteau, -XXIII s. II. d.


 

27- A la duchesse, pour son offerte à Nostre-Dame de Nantes -IIII s IV d


 

28- A une bonne femme, en aumosne, sur le pont du chasteau de Nantes. -III s. I d.


 

29- A Nicolas, clerc de la chapelle de la Duchesse, pour distribuer en amosne en l'absence de l'asmonier, -XXX. s.


 

30- Pour l'offerte de la Duchesse, le jour de Nostre-Dame de…, I escu, -XXII s. II. d.


 

31- A Goulart, le XIe jour de septembre, qui fut à porter lectres de la Duchesse à l'esvesque…


 

32- Au gardien du couvent des Cordelliers de Nantes, au partie le XIIIe jour de septembre, le don de la Duchesse, -IIII. liv. XI. s...d…


 

33- Au...ledit jour, de don de la Duchesse…-XLVIII. s. IIII.d.


 

34- A la lavandiere de la Duchesse, celui jour de don, -II escuz, -XLV.s. XV.d.


 

35- A Perrine, la lingiere, celui jour, de don I escu, -XIII.s. XI.d.


 

36- A Robine, celui jour, de don, I escu, -XII.s. XI. d.


 

37- A Olivier Kerauter, qui devoit aller à Guingamp porter lettres au receveur, et les envoie par I homme y allant, -II. s. VI.d.


 

38- A Julien, pour pain qu'il avoir poié pour une levriere de la Duchesse, -XII.s. III.d.


 

39- Pour X aunes de satin cramoesi que la Duchesse donna à Jehan du Chauffault, pour une robe à ses espousailles, au prix de III saluz l'aulne...valent…-XLVI. liv. X.s.


 

40- Pour la mise d'un service que la Duchesse fit faire à Nantes, au moys d'aoust, l'an LVI, -VII.s.VI.d.


 

41- Item, a paié au commandement de la Duchesse, à valloir sur le saellaere de l'escripture de livres que madicte damme faict faire pour le convent de Sainte-Clare à Nantes, -III.liv. XIII.s.IIII.d.


 

42- Item, pour partie de la despense des Freres qui sont à ordonner et voirs faire l'euvre dudit convent, du commandement de ma dicte damme, III saluz vallans. -LXX.s.


 

 

 

43- A Margarite la fourriere qui estoit malade à sa maison, du don de la Duchesse, X escus neuffs, -XI.liv. IX.s.II.d.


 

44- A madamme de Thouars pour une offerte, XVIII.s. IV.d.


 

45- A Phonon du Boys, que la Duchesse envoya devers messire Pierre de Beauvau, -IIII saluz, -IIII .liv. XIII.s. IIII.d.


 

46- A Jehan Gueriff et Rolland Troussart, varlet de queure (Cordeliers), qui furent envoyez querir mademoiselle l'Admirale (épouse de l'amiral, une des dames de la maison de la Duchesse) en Basse-Bretaigne, -VIII.liv.


 

47- A ung Jacobin de Guerrande, qui chanta sa premiere messe à leur convent de Nantes, -….

,

48- Pour troys tixuz de damasquin vert, prins par la Duchesse de Jehan Gedron, de Nantes, pour chacun saexante soulz, -IX.liv.


 

49- Pour troys tixuz de damasquin noir, bien long, dudit Gendron, à …, chacun XXV. s. -C.s.


 

50- Pour IIII. Tixus violets dudit Gendron a …., chacun à XXV.s.


 

51- Pour un tixu violet, pour donner femme Robert de Callac, -XXV.s.


 

52-Pour III onze de saye, de luy, à XVII.s. III.d. pour once, -XV.s.


 

53- Pour un tixu gris de lin, aporté par Guion Pineau (homme de confiance) -XXX.s.


 

Pour ce que, selon les ordrenances de l'an fini le derroin jour de novembre LVI. Madamme la Duchesse, n'avoist pour ses espingles et aumosnes, que mil livres, et les mises à ceste causes faictes pour elles excedent les dictes miles livres de beaucop, il rend ycy, (ung mandement , de Mons. Le duc), du XVIe jour de decembre l'an LVI, de lui passer tout ce qu'il apparestra (avoir paié par odre) et commandement de la Duchesse, et par descharge signée de sa main. Toute somme de la descharge et mise clerc dudit Eon Rivaut, tresorier de la Duchesse, VM Cv . VIII.liv.I.d. Et en deport IIIMIX.c IIII.xx. IIII. l. X.s.VI.d. A sa charge et recepte monte VIIM IIIc. LXXI. l. II.s. II.d. tiers de deniers. Deduction faicte de mise à recepte, reste qu'est deu audit. Rivaut, pour plus voir mis que receu, et faisant. Monsr. et Madamme quitte des choses dont il a compté, IIM, IIIc, VIII. liv. VIIII.s. IIII. d. II tiers, mettant le deport dessurdit à vray , que lui est enjoint faire dedans un an, à peine de l'amende.

Ce compte fait à Vennes, le XVIIe jour de decembre, l'an MCCCLVI.

 

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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 19:57

 

 

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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 08:58

Le couvent des Cordeliers et ses vestiges

 

 

Ce fut au XIIIe siècle, à coup sûr avant 1253, que les Cordeliers s'implantèrent à Nantes. Leur choix porta sur une modeste chapelle, élevée, croit-on, sous le vocable de Saint-Michel, vers 1232, par l'évêque Henri Ier. Elle s'appuyait contre la face externe du mur gallo-romain, que rendait inutile à cet endroit l'enceinte nouvelle de Pierre Mauclerc. Les Cordeliers commencèrent à construire là leurs bâtiments conventuels, sur un terrain offert par la famille de Rieux ou les ducs de Bretagne.

 

 

Un privilège de Clément IV (1265-1268) permettait aux Franciscains de ne tolérer le voisinage d'aucun autre ordre mendiant à une distance n'atteignant pas 140 cannes, soit environ 311 mètres. Les Carmes, installés en 1318 a l'hôtel de Rochefort, place Saint-Vincent, avaient cru trouver un nouveau gîte suffisamment lointain en l'hôtel de Rougé (entre les rues actuelles du Moulin et des Carmes). Ce fut encore trop près pour éviter les réclamations. Sur quoi les Carmes firent venir de Rome des cannes munies des sceaux apostoliques et mesurèrent la distance « à droicte ligne par l'air, au-dessus des maisons », on se demande comment. L'épreuve leur donna gain de cause, mais d'extrême justesse. Une autre expérience eut donc lieu : des Cordeliers a la voix puissante vinrent chanter l'office aux Carmes, et on tendit l'oreille, près du mur gallo-romain, pour se rendre compte si les cérémonies souffraient du tapage. Il n 'en était rien, ce qui termina Ces Cordeliers si intransigeants sur leurs droits se montrèrent, par ailleurs, pleins d'obligeance envers les collectivités et services publics de Nantes. Ils offraient un lieu de réunions et une salle d'archives à une vingtaine de corporations (cordonniers, boulangers, maçons, etc.), dont chacune avait sa confrérie et sa chapelle.

 

 

Ici les armoiries de quelques corporations présentes en la cité de Nantes : de gauche à droite, première rangée - apothicaires ; barbiers ; tissiers ; cordonniers ; bonnetiers ; menuisiers ; bouchers ; blanconniers.

 

 

Deuxième rangée, de gauche à droite : chapeliers ; charpentiers ; cloutiers ; couteliers ; couvreurs d'ardoises ; libraires-imprimeurs ; marchands de draps de soie. 

 

 

Troisième rangée, de gauche à droite : vitriers ; potiers ; tonneliers ; pelletiers ; corroyeurs ; serruriers ;  cordiers ; teinturiers.

 

 

Quatrième rangée, de gauche à droite : perruquiers ; potiers ; marchands potier et étain & plombiers ;  sergents de juridiction ; tâpissiers ; selliers ; médecins ; procureurs chambre des comptes.

 

 

La Contractacion, cette association entre commerçants nantais et espagnols (surtout bilbaïnais), assistait en habit noir et gants blancs aux offices célébrés en la chapelle N.-D. d'Espagne, où elle s'assembla pour la dernière fois le 26 janvier 1733. Il faut citer encore chapitres généraux et provinciaux de l'ordre, les assemblées générales de l'université dans une salle portant son nom, les cours de la faculté de théologie depuis 1700 environ, le Conseil de Bretagne en 1538, le parlement ligueur, les Etats, la chambre de Justice qui condamna Chalais à mort en 1626, la chambre des comptes de 1500 à 1535 et de 1760 à 1782. La se réunirent les notables avant l'institution de la Mairie, et là fut élu le premier maire, Geoffroy Drouet, en 1564. On n'exagérerait pas en affirmant qu'une importante partie de l'histoire nantaise s'est déroulée entre ces murs. Fermé le 18 avril 1791, le couvent connut dès lors maintes vicissitudes. Après avoir abrité un club, l'âtelier du sculpteur Lamarie puis une fonderie de canons, il fut vendu.

 

 

Les Dames Blanches l'acquirent en 1811 et le cédèrent aux Dames de la Retraite. Après quoi les démolitions partielles sévirent en 1835, 1869, 1874 (l'église conventuelle fut alors désaffectée), et finalement en 1924. Depuis 1835, la rue des Cordeliers, percée sur l'emplacement de la petite nef du sud, sépare les vestiges en deux îlots, enclavés de part et d'autre dans les écoles Saint-Pierre et Saint-Vincent de Paul.entre les tours du Trépied et Chauvin. Quant au mur gallo- romain, il longeait ou traversait par endroits l'église. L'ensemble des bâtiments conventuels serait à peu près délimité, aujourd'hui, par les rues Saint-Jean (où se trouvait le portail), d'Aguesseau et du Refuge, ainsi que la place Dumoustier. La nef du XIIIe siècle fut au siècle suivant partiellement remaniée et doublée d'un bas-côté sud. Le XVe voit naître aménager, au sud, les chapelles ou de N.-D. de Pitié et d'Espagne, tandis qu 'au nord on ajoute la chapelle N.-D. des Anges, alias la chapelle au Duc. Le flanc sud, encore, s'accroît au xviB siècle des chapelles Saint-Martin et Saint-Roch d'Aranda (1510), de Compludo-Miranda (1549), Ruiz (1578), Sainte-Emerance, d'Espinose. Un dallage de couleur, des murs peints, des vitraux représentant les ducs ornent l'édifice, où se multiplient les tombeaux. Citons ceux de Joachim Descartes, père du philosophe, de Robert de Bretagne, fils de Jean Pr le Roux et de Blanche de Navarre, de Jean de Bretagne, fils de Jean II et de Béatrix d'Angleterre, de deux Charette, l'un et l'autre maires de Nantes, de René de Rieux seigneur de Sourdéac, au magnifique mausolée, de Blanche de Boville femme d'Olivier de Clisson, du comte de Chalais, et bien d'autres encore, également disparus. Du côté nord s'élevait le cloître, flanqué à l'est par la grande salle dite de l'Université. Pour retrouver les restes de l'Eglise, prenons la rue des Cordeliers. Dans le mur de gauche se devinent les arcades qui séparaient la petite nef de la grande. Celle-ci n'est autre, désormais, qu'une des cours de l'école Saint-Pierre. Les deux grands murs sont toujours visibles, percés d'arcades et d'enfeux aujourd'hui murés. Au sud apparaissent des piliers polygonaux surmontés d'arcs trilobés. Au nord subsiste une chapelle carrée, sans doute celle dite d'Espinose. Sous la croisée d'ogives retombe une clef pendante ornée de volutes. Le mur nord est accolé au rempart gallo-romain dont les triples cordons de briques se montrent toujours. De l'autre côté de la rue des Cordeliers, à l'école des Soeurs de Saint-Vincent de Paul, on peut encore voir, recoupées par étages mais soigneusement restaurées, les chapelles de Ruiz, de Saint-Martin et de Saint-Roch d'Aranda et de Compludo-Miranda. La première conserve ses voûtes d'ogives, presque en plein cintre, et son oeil-de-boeuf entouré de godrons. Dans la seconde, il ne subsiste d'autres vestiges que deux niches et un arc encastré dans le mur. L'escalier qui occupe aujourd'hu la chapelle d'Aranda, n'a pas fait disparaître la voûte d'ogives, ni la clef de voûte ajourée, aux armes des Aranda, armes qui se retrouvent sur les murs

 

 

Plan de l'Eglise des Cordeliers de Nantes.

 

 

Tombeau des « ancestres de la maison des Seigneurs de Rieux » au milieu du Choeur de l'Eglise des Cordeliers de Nantes : Guillaume II de Rieux, décédé en 1310, et Jeanne de Machecoul décédée en 1307.

 

 

Tombeau « a costé du grand Autel » de l'Eglise des Cordeliers de Nantes -dessin Louis Bourdan

 

 

 

Tombeau « a droite du grand Autel » dans le sanctuaire de l'Eglise des Cordeliers de Nantes -dessin Louis Bourdan : Blanche de Bouville 1300-1329, première femme d'Olivier IV de Clisson.

 

 

Comme on le voit, en l'église de ce couvent furent inhumées nombre de personnalités, ce fut le cas de Jeanne de France, duchesse de Bretagne, épouse du duc Jean V, décédéé en 1433 ; Robert de Bretagne 1251-1259, fils du duc Jean Ier de Bretagne et de Blanche de Navarre. Ci-dessous.

 

 

 

 

 

Marie de Bretagne, femme de Jean II du nom, vicomte de Rohan.

 

 

Tombeau de Pierre d'Aubigné, à droite du grand Autel dans le Sanctuaire de l'Eglise des Cordeliers de Nantes : (dessin de Louis Boudan). Autre vue du tombeau

 

 

Vitrail de la chapelle Notre-Dame-des-Bons-Secours au Couvent des Cordeliers de Nantes, sur lequel est représentée une dame agenouillée : Marie de Bretagne, femme de Jean II vicomte de Rohan ; vitrail de la chapelle Notre-Dame-des-Bons-Secours au Couvent des Cordeliers de Nantes, sur lequel est représenté un chevalier agenouillé : Jean II du nom, vicomte de Rohan

 

 

Vitrail de la chapelle Notre-Dame-des-Bons-Secours au Couvent des Cordeliers de Nantes, sur lequel est représentée une princesse couronnée et portant une cotte partie aux armes de Bretagne et d'Ecosse : Isabelle Stuart, seconde femme de François Ier du nom, duc de Bretagne, vis à vis de son mary : à gauche du choeur de l'église, sur le vitrail des Cordeliers de Nantes, sur lequel est représentée un prince à genoux : Fançois Ier du nom, duc de Bretagne. Il est revêtu du collier de l'Ordre de l'Espy, dont il est l'instigateur, mort en 1450

 


Vitrail du Couvent des Cordeliers de Nantes, sur lequel est représentée une duchesse couronnée : Marguerite de Bretagne, première femme de François II du nom, duc de Bretagne, ainsi représentée vis à vis de son mary ; le vitrail des Cordeliers de Nantes, sur lequel est représentée duc couronné : Fançois II du nom, duc de Bretagne ainsy représenté.

 

 

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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 05:32

 

E pardon Spezed e oan bet
Ur plac'h yaouank am eus kavet

'Barzh ar park vras hon eus kousket
Ur verol bras am eus paket

D'an ospital on bet kaset
War an daol vras on bet lakaet

Ha ma l... bras 'zo bet troc'het
Dre ar prenestr eo bet kaset

Ur meil ki-bleiz 'zo tremenet
Ha ma l... bras e-neus debret

Ha ma l... bras e-neus debret
Hag ar c'hi-bleiz a zo marvet

E pardon Spezed e oan bet
Ur plac'h yaouank am eus kavet


 

 

 

Au pardon de Spezet, j'avais été 

Une jeune fille, j'avais trouvé

 

Dans un grand champ, nous avons couché

La grande vérole, j'ai attrapé

 

A l'hôpital, j'ai été envoyé

Sur une grande table, j'ai été placé

 

Et ma grande qu... a été coupée

Par la fenêtre, a été jetée

 

Un énorme chien-loup est passé

Et ma grande qu... il a mangé

 

Et ma grande qu... , il a mangé

Et le chien-loup est mort

 

Au pardon de Spezet, j'avais été

Une jeune fille, j'avais trouvé

 

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 16:27

 

 

Les événements que je vais rassembler sont étrangers à l'histoire de la Belgique; mais en sortant pour un moment du cercle prescrit à nos recherches historiques, j'ai compté sur l'indulgence de l'académie. Ces provinces n'ont point été le théâtre des faits dont je l'entretiendrai ; mais elles ont vu naître celle qui en fut l'âme, qui sut les préparer et les conduire avec une prudence et un courage que l'histoire a rarement eu l'occasion de célébrer dans un sexe que la nature semble avoir formé pour régner sur les cœurs, plutôt que pour combattre les hommes. A ce titre, sans doute, les actions qui ont illustré la vie de Jeanne de Flandre , comtesse de Montfort, ont droit de nous intéresser. Aucun des écrivains belgiques n'a encore payé à sa mémoire le tribut de reconnaissance qu'elle avait droit d'attendre de la postérité. Quelques-uns nous ont à peine avertis de son existence ; d'autres, au milieu du cercle immense qu'embrassent leurs annales, ont à peine arrêté leurs regards sur sa vie, agitée presque toute entière par une tutelle orageuse. D'ailleurs ces traits, épars dans de prolixes recueils, ne forment qu'un tableau morcelé dans toutes ses parties, et qui ne satisfait que faiblement le lecteur sur les brillantes qualités de cette héroïne : C'est à rassembler ces traits divers que je destine cet écrit; et peut-être me saura-t-on gré d'avoir, en quelque sorte, tiré des ténèbres une princesse flamande qui fut la Sémiramis du quatorzième siècle, et qui mérita, par ses vertus et par son courage, l'admiration de ses contemporains et celle de la postérité. L'annaliste Meyerus et le chronologiste Panckoucke donnent le nom de Marguerite, et Pierre d'Oudegherst celui d'Ysabeau à cette princesse, que Vredius, Ste Marthe, d'Argentré, Lobineau, Desfontaines, et tous les histo riens, tant français que bretons, appellent Jeanne de Flandre. Je ne fais ici cette observation, que pour relever une erreur involontairement échappée à quelques historiens flamands, et pour avertir ceux qui voudraient un jour s'occuper de l'histoire de Flandre , de restituer à la comtesse de Montfort son véritable nom. Une inadvertance onomastique peut, en histoire surtout, conduire à des erreurs. Elle sème d'épines la marche de l'écrivain; elle trompe et elle égare la mémoire du lecteur. Jeanne de Flandre avait reçu le jour de Louis, comte de Nevers et de Rhetel, fils de Robert de Béthune, comte de Flandre, et d'Yolende de Bourgogne. Louis de Nevers, que le droit de primogéniture destinait à régner sur la Flandre, avait cessé d'être peu de mois (1322) avant Robert son père. Je ne rappellerai point ici les débats qu'entraîna la mort de ces deux princes, et qui se terminèrent à l'avantage de Louis de Créci, malgré les prétentions de Robert de Cassel, son oncle. Je remarquerai seulement que peu d'années après que la possession de la Flandre fut assurée à Louis de Créci, Jeanne sa sœur s'allia avec un prince que les vicissitudes humaines appelèrent dans la suite au duché de Bretagne. Ce prince était fils d'Yolende de Dreux, comtesse de Montfort et seconde épouse de Arthur II, duc de Bretagne son père. Celui-ci avait eu pour successeur Jean III, né d'un premier hymen avec l'héritière du vicomte de Limoges. Jean III se voyant sans espoir d'avoir des enfants, et voulant prévenir les troubles que sa succession pourrait causer un jour, avait conclu avec Charles de Blois le mariage de sa nièce Jeanne de Penthièvre, fille de Gui de Penthièvre, mort depuis quelque temps, et comme lui ne' de Jean II et de la vicomtesse de Limoges. Le gage de cette union avait été la donation du duché de Bretagne. Les précautions du donateur n'empêchèrent pas cependant que sa mort n'attirât sur la Bretagne tous les maux qu'il avait voulu prévenir. Ce prince avait accompagné Philippe de Valois dans la Flandre, alors soulevée contre Louis de Créci, que l'appui d'Edouard III et le génie factieux de Jacques d'Artevelde avaient contraint d'abandonner ses états. Jeanne de Flandre, qu'affligeaient les malheurs de son frère, et qui, à cette époque, ne voyait dans Edouard qu'un ennemi puissant qui avait aidé d'Artevelde à ébranler le trône de Louis de Créci, ne s'attendait point sans doute qu'un jour ce même monarque deviendrait le défenseur le plus ardent du comte de Montfort son époux. En effet, Jean III revenant de Flandre à la faveur d'une trêve conclue entre Edouard et Philippe de Valois, tomba malade à Caen, et y mourut l'an 1341. Sa mort arma Charles de Blois et le comte de Montfort. Ils se virent bientôt l'un et l'autre à la tête d'un parti nombreux. Chacun d'eux fit valoir les droits qu'il croyait avoir au duché de Bretagne, et les soutint par tous les moyens que la politique et la force pouvaient lui fournir. Les événements qui signalèrent d'abord cette querelle sanglante ne sont pas du ressort de cette dissertation. Il suffit de dire qu'après des succès éclatants, le comte de Montfort, obligé de se rendre prisonnier, fut conduit à Paris par les ordres de Philippe de Valois, qui s'était déclaré pour Charles de Blois, et qu'il y fut enfermé dans la tour du Louvre. C'est à cette époque principalement que commence la vie politique et guerrière de Jeanne de Flandre. C'en était fait des espérances du comte de Montfort, quoi que le plus grand nombre des seigneurs de la province se fût déclaré pour lui, et sa captivité devait entraîner toute la Bretagne dans le parti de son concurrent, si Jeanne de Flandre n'avait opposé son courage aux malheurs dont la for tune semblait l'accabler. Ce que tout autre qu'elle eût à peine osé tenter, elle l'exécuta avec un succès qui peut-être surpassa son attente. Elle rassura les esprits abattus , et em pêcha la révolution en arrêtant, par sa prudence et sa fer meté, la défection des partisans de son mari. L'affection de la noblesse paraissait chancelante; elle eut assez d'autorité pour la retenir dans le devoir. Il était à craindre que les soldats, privés de leur chef accoutumé , ne désertassent leurs drapeaux ; elle se montra bientôt capable d'affronter avec eux les périls les plus grands. Elle doutait de la fidélité des bourgeois de plusieurs villes ; elle sut leur commander le respect et l'obéissance, et les maintenir dans ses intérêts. « Cette dame » dit d'Argentré, « avait bien le cœur tel, que jamais siècle n'en rencontra semblable en son sexe.» Pour déjouer les projets du comte de Blois, il fallait enchaîner les cœurs à sa cause, et Jeanne savait combien le peuple bre ton avait toujours chéri le sang de ses souverains. Ce que l'immortelle fondatrice de cette académie exécuta dans ce siècle avec tant de succès auprès de ses braves et fidèles Hongrois, la comtesse de Montfort le tenta avec le même succès auprès des Bretons. Lorsqu'elle apprit la nouvelle de la détention de son mari, elle était à Rennes avec son fils encore enfant et le gage précieux de leur hymen. Aussitôt elle prend le jeune prince, le mène avec elle dans toutes les places qui tenaient pour son mari, et le montrant au peuple : mes amis, disait-elle, j'espère que monseigneur sortira de là où il est, tost ou tard ; mais si Dieu nous défavorise tant qu'il y demeure, voicy son enfant légitime de son sang et nourry sous espérance, que par la grâce de Dieu, il sera un jour homme de bien et de valeur, et croissant rétablira la perte du père et mal gré ses ennemis, lesquels cette heure lui occupent la terre.

 

 

 

 

Cette princesse qui, pour me servir de l'expression de Froissard, avait courage d'homme et cœur de lion, et qui joignait à cela une grande habileté dans les négociations renforça en même temps les garnisons des villes, en fit réparer les endroits faibles, et fixa par ses libéralités la bonne volonté de tous ceux qui portaient les armes pour son parti. L'hiver condamnait alors les guerriers à l'inaction ; mais Jeanne, du sein d'Hennebon où elle s'était retirée, étendait son active vigilance sur tout ce qui pouvait assurer sa défense, tandis que son rival sollicitait contre elle à la cour de France le secours de Philippe de Valois. La guerre se ralluma dès le commencement du printemps ; et Charles de Biois, aidé de 12,000 Français, s'empara d'abord de la ville de Rennes, dont la perte fut suivie encore de la défection de plusieurs seigneurs bretons. Jeanne, de son côté, avait fait négocier auprès d'Edouard III ; mais les troupes que ce monarque avait promis de lui fournir, ne purent partir assez tôt pour arrêter les progrès de Charles de Blois, qui vint mettre le siège devant Hennebon, dans l'espoir d'assurer la conquête de la province entière par la prise de cette place, où la comtesse de Montfbrt était enfermée avec son fils. Le danger était imminent. Enveloppée d'une armée formidable, Jeanne de Flandre serait infailliblement tombée au pouvoir de son ennemi, si elle n'eût eu que les vertus de son sexe, et si, en s'élevant au-dessus de l'infortune, elle n'eût fait passer dans l'âme de ses partisans le courage impétueux qui l'animait elle-même, a Jamais, dit d'Argentré, « Amazone ne se montra si vertueuse, ayant fait un exploit de la plus grande hardiesse qu'oncques homme eût sçu aviser.  A la vue de l'armée ennemie qui s'était avancée jusques sous les murs d'Hennebon, elle fait sonner le tocsin, et donne l'ordre à tous les habitants de prendre les armes. Elle-même, armée de toutes pièces, et, comme une autre Camille, montée sur un cheval de bataille, elle parcourt toutes les rues de la ville, renforce les endroits les plus exposés, et exhorte le peuple à se défendre vaillamment.  Enflammées par son exemple, les femmes du commun et les dames mêmes s'empressent à l'envi de concourir à la défense de la place en portant des pierres aux créneaux, et sur les murs de la chaux vive et des pots-à-feu, pour les jeter sur les assiégeants. Après avoir partout établi l'ordre, assuré les postes, et échauffé tous les cœurs, elle monte au haut d'une tour pour observer la position et l'état du camp ennemi. Elle l'aperçoit sans défense du côté opposé à celui où se donnait l'assaut. Aussitôt elle remonte à cheval, et suivie de 300 hommes d'élite, elle sort de la ville, dérobe sa marche à l'ennemi, pénètre dans le camp et livre au pillage et aux flammes les tentes et les bagages qui n'étaient gardés que par des valets. Après cette expédition, elle veut rentrer dans la ville ; mais l'ennemi averti par les flammes lui coupe la retraite. Jeanne, sans s'étonner, rallie sa troupe, lui ordonne de la suivre et dirige sa route vers la ville d'Aurai. L'ignorance où l'on était de son sort avait répandu la consternation parmi les assiégés; mais au bout de quelques jours, elle arrive à la vue d'Hennebon, escortée de cinq ou six cents cavaliers bien montés et bien armés, et elle y fait entrer ce renfort au bruit, .des instruments militaires, et à la vue du camp ennemi étonné de tant de courage et d'une résolution si audacieuse ».

 

 

 

 

Cependant le siège continuait avec vigueur ; la brèche était déjà ouverte, et l'opiniâtreté de l'ennemi, qui s'était encore accrue par les derniers succès de la comtesse, commençait à répandre le découragement et l'effroi parmi les assiégés, Il avait été proposé de se rendre tandis que la comtesse déterminée à s'ensevelir sous les débris de la ville, ne cessait de rassurer les esprits par l'espoir d'un secours puissant qui devait arriver des ports d'Angleterre. Mais comme si les éléments eussent conspiré contre Jeanne, une tempête violente avait accueilli la flotte anglaise et retardé son arrivée de plus de 40 jours. Désespérant du secours qu'elle attendait, et vaincue en partie par le découragement des habitants, en partie par une négociation secrète qu'elle n'avait pu ni prévoir ni avouer, elle était au moment de voir passer la ville au pouvoir de son rival. Déjà même un détachement ennemi s'avançait pour prendre possession d'une porte qu'on était convenu de lui livrer, lorsque la flotte anglaise parut à l'entrée du port d'Hennebon. Dès lors l'espoir se ralluma dans le cœur de la comtesse et de ses habitants. Mauni, qui commandait l'armée anglaise, fut reçu avec une allégresse et une pompe dignes du service qu'il venait rendre. Des sorties fréquentes autant qu'heureuses affaiblirent l'ennemi, qui, bientôt effrayé de ses pertes et fatigué de la résistance des assiégeants, se détermina à lever le siège. En voyant l'ennemi se retirer, Jeanne ne put modérer sa joie. « Lors » dit Froissard, « elle descend du chastel à joyeuse chière, et vint baiser messire Gaultier de Mauny deux fois ou trois, comme noble et vaillante dame. » Jeanne ne put empêcher Charles de Blois de s'emparer de quelques places; mais ce prince étant venu une seconde fois assiéger Hennebon, une seconde fois l'intrépide activité de Jeanne rendit vains tous ses efforts. Sur ces entrefaites, cette héroïne dont les obstacles ne faisaient qu'irriter le courage, mais à qui la prudence commandait d'être sur ses gardes, passa en Angleterre pour réclamer d'Edouard de nouveaux secours. Elle prouva pendant son séjour dans cette île guerrière et commerçante, qu'elle savait négocier aussi bien qu'elle savait combattre. Elle obtint du monarque britannique un secours de quarante six vaisseaux montés par un grand nombre de seigneurs an glais. Elle éprouva surtout en cette occasion que la noblesse anglaise est rarement insensible au malheur d'autrui, lorsque celui qui en est frappé lui oppose, comme Jeanne, une âme forte et courageuse. Robert comte d'Artois, alors fugitif de la France, sa patrie, fut chargé de commander cette flotte, et sous ce prince guerrier, Jeanne pouvait se promettre de nouveaux succès. Charles de Blois, instruit du secours que l'Angleterre donnait à sa rivale, avait équipé de son côté une flotte formidable, et bientôt les deux armées navales se rencontrèrent. Aussitôt le signal du combat est donné; les pavillons sont arborés avec la bannière de S'-Georges, et les Anglais fondent à pleines voiles sur les vaisseaux de Charles de Blois. Après qu'on eut combattu quelque temps avec un avantage à peu près égal, on en vint à l'abordage. Le théâtre mobile et flottant qui soutenait les deux armées n'effraya point la comtesse de Montfort. Elle développa dans le combat la valeur la plus héroque, et se battit comme le chevalier le plus brave. « Il n'est mémoire » dit d'Argentré, « que jamais en mer, il se fist tant d'avilies qui fut faict lor ; car ils se chargèrent à outrance, et venans aux mains, il ne fut jamais si furieux combat. » -Quant à Jeanne, dit aussi Froissard, « avec sa naïveté antique, elle y vallut bien ung homme; car elle avait cœur de lion, et avait un glaive enrouillé et tranchant dont fièrement elle se combattait. » La nuit sépara les combattants, et l'on se préparait à recommencer l'action le lendemain, lorsqu'un orage subit força les Anglais à se retirer vers les ports de la Bretagne. Le siège de Vannes fut bientôt résolu ; et la comtesse de Montfort fit voir qu'elle n'avait pas moins de talent pour prendre les villes que pour les défendre. Après plusieurs jours d'un siège meurtrier, et dans lequel elle montra les talents d'un habile capitaine et la bravoure d'un soldat intrépide, la ville fut prise, et Jeanne, après y être restée quelques jours pour jouir de sa nouvelle conquête, retourna à Hennebon. Cependant Charles de Blois entreprit de reprendre la ville de Vannes; et la comtesse eut la douleur de la perdre ; mais ce qui dût lui rendre cette perte plus sensible, c'est que Robert d'Artois y reçut la blessure qui peu de temps après le conduisit au tombeau. La retraite de ce prince fit bientôt prévaloir le parti de Charles de Blois, qui avait pour lui. L'appui de la France ; tandis que Jeanne, retranchée dans la Basse-Bretagne, et n'attendant du secours que par mer, dépendait de l'inconstance de cet élément. Enfin Edouard résolut de passer lui-même en Bretagne. Quand la comtesse fut informée de son arrivée, elle alla à sa rencontre jusqu'à Vannes, pour le festoyer lui et les barons qui l'avaient accompagné. Edouard, dont le bonheur dans la guerre n'égala point toujours le courage, avait vu ses premiers succès balancés par plusieurs revers. Il s'était déterminé à souscrire à une trêve, lorsque Jean de Montfort, après quatre ans de captivité, parvint à s'évader de sa prison ; mais il ne survécut pas longtemps à son évasion. Malheureux depuis son enfance, en butte à la persécution du feu duc son père, et captif au moment où il voulait recueillir son patrimoine, il expira presqu'en même temps qu'il recouvra la liberté. Son épouse ne fut pas plus déconcertée par sa mort, qu'elle ne l'avait été par sa détention. Elle avait fait conduire son fils, jeune encore, à la cour d'Edouard, qui s'était déclaré son tuteur, et qui devait lui donner une de ses filles en mariage. Toujours secondée des troupes anglaises, elle sut faire tête à son rival, et son courage, qui ne l'abanrdonna jamais, fit enfin tomber en son pouvoir Charles de Blois, vaincu au siège de la Roche-de-rien (Roche-Derrien). Remarquons que Jeanne de Penthièvre, son épouse, se mit aussitôt à la tête des affaires de son parti. Ainsi l'on vit deux femmes se disputer en quelque sorte la possession d'une grande province, et toutes deux, en poussant la guerre avec vigueur, déployèrent de grands talents et une grande énergie. La captivité de Charles de Blois, et la trêve qui suivit la journée de Créci, trêve dans laquelle la Bretagne fut comprise, semblaient devoir désarmer, du moins pour un temps, les deux partis fatigués d'une guerre longue et désastreuse; mais leur opiniâtreté était trop grande, et malgré la trêve, les hostilités continuèrent de part et d'autre. Il est inutile de rapporter ici le mélange des revers et des succès qui, en soutenant l'espoir des uns et des autres, prolongèrent pendant plus de 20 ans lés malheurs de cette querelle sanglante. Il me suffira d'observer que jamais la fermeté de Jeanne ne se démentit, et que toujours supérieure aux événements, elle sut souvent maîtriser la fortune. Inaccessible à la crainte dans le danger, et au découragement dans les revers, elle donna à son fils de grands exemples de fermeté, et lui conserva la possession de la Bretagne, qui lui fut confirmée par le célèbre traité de Guerrande, en 1365. Ce prince réunit, comme sa mère, les talents politiques et les talents guerriers. Comme elle, il éprouva tour-à-tour les faveurs et les disgrâces de la fortune. Comme elle, il fut ami constant des Anglais, auxquels ils avaient l'un et l'autre de grandes obligations. Il m'est impossible de fixer l'année de la mort de Jeanne de Flandre ; mais elle vivait encore, selon d'Argentré, en 1363. Elle put donc être témoin des succès qui couronnèrent les efforts de son fils, lorsque l'âge lui permit de défendre lui-même le patrimoine de ses ancêtres : princesse digne d'être placée à côté des plus grands hommes par son courage, et de figurer avec éclat dans l'histoire de la Flandre. Félicitons cette contrée d'avoir donné le jour à une héroïne, à laquelle il n'a manqué, pour jouir de toute sa gloire, que d'être célébrée par quelque écrivain éloquent. Pour moi, je me suis borné à réunir les traits les plus brillants de sa vie : je n'ai fait qu'ébaucher le tableau qu'une main plus habile aurait revêtu de plus riches couleurs.  

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