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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 19:45

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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 08:10

 

Anne de Bretagne alors Reine commanda à l'enlumineur Jean Bourdichon ce livre d'heures connu sous le titre "Les Grandes Heures d'Anne de Bretagne". La duchesse Anne est incontestablement l'un des souverains de Bretagne parmi les plus populaires. Le 9 janvier 1514 sa mort survint au château de Blois. Ses multiples grossesses -deux seules filles survécurent, et la gravelle eurent raison de la santé de cette jeune souveraine. Elle s'éteignit âgée seulement de 37 ans. Pour commémorer le cinq centième anniversaire de la mort d'Anne de Bretagne, divers actes touchant ce personnage seront reproduits sur les pages de ce blog. Voici les mois illustrant ce livre d'heures. Ci dessous : Mandement de la reine Anne de Bretagne pour le payement à Jean Bourdichon de 600 écus d'or pour l'enluminure de ses «grans Heures»

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 12:07

 

 

Dans son ouvrage "Le druidisme: une philosophie d'hier et de demain" Kadith a consacré à la croix celtique ces quelques lignes :

 

La croix celtique renferme la Doctrine Druidique. C'est un pentacle initiatique. Traçon trois cercles concentriques. L'un de valeur neuf, le second de valeur vingt-sept et le troisième de valeur quatre-vingt-un. Quelle que soit l'unité de référence, les proportions doivent être respectées. Chaque cercle est le triple du précédent. Le plus grand est le cercle de Keugant. C'est le plan où se situe Oiw. Il est inaccessible aux créatures, fussent-elles en Gwenwed. On ne peut rien en savoir. Essayer d'y aller, précipiterait en Anwn l'audacieux qui le tenterait. Même les habitants du Gwenwed ne pourraient pas supporter les énergies de Keugant.

 

 

 

Extrait du dossier réalisé par Chantal Maarek sur la Coix Celtique

 

Le cercle, qui est la plus simple des formes géométriques, est aussi universellement répandu comme symbole dans les religions du monde; or, la croix Celtique est dessinée dans un cercle ce qui la différencie des autres croix

 

Abred, c’est le nom qu’on lui donne est souvent reprise avec 4 cercles .de l’extérieure vers l’intérieur on retrouve les cercles de Kengant , d’Abred d’Anwn et de Gwenwed.

 

Abed correspond à la sphère de la nécessité d’où il est possible de tomber dans Anwn ou au contraire de monter vers Gwenwed

 

Anwn correspond à l’enfer celte où règne Cythrol le Dieu du mal ou Arawn le seigneur de la mort

 

Le cercle s’impose comme le symbole religieux parce qu’il a la forme du soleil, de la lune, de plusieurs fruits, du nid des oiseaux, des yeux et le portail par lequel nous venons au monde.La croix celtique ou druidique fait la synthèse des représentations symboliques de nos ancêtres, elle associe le temps et l’espace.

 

Le Temps

La croix celtique ou druidique fait la synthèse des représentations symboliques de nos ancêtres, elle associe le temps et l’espace.

 

Le “cercle druidique” (où se tiennent les rites), peut être assimilé également au symbolisme de la roue très présent dans la tradition celtique. La roue illustre notamment la notion de temps (en breton, le temps tourne mais ne passe pas, et beaucoup d'expressions se rapportent à cette idée). La notion fondamentale du temps pour nos aïeux était associée au cycle. En effet, très proche de la Nature, ils vivaient à son rythme (nous aussi mais nous faisons tout pour nous en affranchir), et ce rythme indique clairement le renouvellement de cycles. Ils avaient compris que tous les cycles étaient bâtis sur le même schéma, et que le temps se représentait comme l'espace, sur la croix celtique. Ils ont mis en parallèle le temps d'une vie, le temps d'une année solaire, le temps d'une année lunaire (mois), le temps d'un jour...Alternance de période sombre et de période lumineuse·

 

Le commencement, l'initialisation

 

Pour le Celte, un cycle de temps débute toujours à la fin du précédent... c'est-à-dire au commencement de la Nuit. Car tout commence par la gestation, la préparation, dans le noir, de ce qui sera. C'est pendant l'hiver que les végétaux vont préparer leur cycle pour "éclater" au printemps. L'hiver est associé symboliquement au Nord, au froid. C'est également le changement de lune (lune noire) et la nuit. C'est aussi la petite enfance, celle dont la mémoire perd la trace, mais celle qui fixe les points fondamentaux de notre existence, au plus profond de nous-même.

La croissance

 

Cette seconde phase (il y a parfaite continuité) correspond à l'arrivée du jour, puis à l'apparition du soleil, c'est le printemps, la température monte, la sève aussi. C'est l'enfance et l'adolescence de l'homme, son développement. La lune marque son premier quartier (elle prend sa force). Le printemps, le lever du soleil, c'est l'Est, l'espoir de la période. C'est le matin de la journée. L'activité y est forte, l'ensemble de la Terre expire son énergie.

 

La maturité

 

Cette troisième phase correspond à la pleine lumière. Le soleil est au zénith, il est midi, c'est le Sud, c'est l'Eté. Les végétaux ont générés leurs fruits, ils mûrissent sous les rayons du soleil (céréales, fruits...).C'est le milieu du jour, il fait le plus chaud, c'est la pleine lune, bien ronde et blanche, les êtres sont adultes.C'est la plénitude des capacités.

 

Le déclin

 

Cette quatrième phase est la dernière du cycle. Elle abouti à la mort, qui elle, permettra un nouveau cycle. Le soleil décline, c'est l'après-midi, il va même bientôt disparaître emportant la lumière avec lui. C'est l'Automne. La lune est au quartier décroissant. La nature prépare son repos, les fruits se détachent (les hommes les récoltent), le cycle se termine et tout le monde se prépare au suivant. C'est la vieillesse qui précède la mort, le passage par le Sidh. C'est l'Ouest. Et ainsi de suite, dans une apparence d'éternité, mais qui s'imbrique dans un cycle..

 

 

Rares sont dans notre contrée les croix celtiques, toutefois, il faut évoquer celles de Languédias datée du Haut-Moyen-Âge, celle de Trévron XIIe, calvaire Saint Maudez à Mégrit, Tressaint près de Lanvallay XVe, Saint Juvat XVe

 

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22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 10:07

 

 

 

Les phares de la Bretagne, poême de Cailleaux

 

Le pâtre armoricain foule encor la bruyère,

 Où l'approche du soir me ramenait souvent,  

En ces jours inquiets où mon coeur solitaire    

Cherchait au bord des mers un loisir décevant.

 

  

Il s'assied tout rêveur à ma place déserte,  

 Regarde l'horizon se couvrir de vapeurs,    

Et l'onde s'assombrir sous la roche entr'ouverte,   

Et les phares lointains luire sur les hauteurs.  

 

 

Phares disséminés au dessus de l'abîme;

Rois du gouffre profond mugissant à vos pieds,    

Qui, toujours éveillés, avez, de cime en cime,    

Le firmament pour dais, les vagues pour trépies;    

 

 

Combien avez-vous vu d'espérance trahies,

 les projets avortés, d'efforts infructueux,  

Depuis que vous brillez, étoiles des vigies,  

Muettes comme vous entre l'onde et les cieux ?

 

 

Parmi ceux que la mer a choisis pour sa proie,    

Combien, l'âme égarée et les sens éperdus,    

Esclaves de la peur et maudissant leur voie,  

Ont accusé vos feux de les avoir perdus ?...  

 

 

Cependant, dès que l'ombre envahissant l'espace,    

S'abat sur les écueils craintes du navigateur,    

Votre ardente éuréole, au navire qui passe,    

S'il est en fausse route, indique son erreur.  

 

 

Isolés comme vous sur l'océan des âges,  

Quelques hommes divins, salutaires flambeaux,  

Gardent, inaltérable au souffle des orages,    

Un rayon sur leur front que respectent les eaux;  

 

 

Sitôt qu'à l'horizon une lueue bénie    

Semble avoir vaincu l'ombre et reconquis le ciel,

Ils ôtent leur couronne, et le monde les nie,     

Toujours prompt à compter sur un jour éternel.    

 

 

Mais vienne avec la nuit, en désastre fertile,    

Un peu de cette crainte au fébrile frisson,

Qui glace en un moment le sang le plus agile,     

Et trouble du plus fort l'impassible raison;    

    ,

 

On voit soudain la foule à leurs pieds accourue

demander en tremblant grâce pour ses erreurs,      

Tandis qu'illuminés et calmes sous la nue,    

Ils prodiguent à tous leurs feux consolateurs.    

 

 

Ainsi, lorsque j'errais au rivage celtique,

Sur vos caps de granit, phares mystérieux,   

Vous m'êtes apparus comme un cortège antique    

De ces hommes divins, rois des temps orageux.

 

 

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 15:57

 

Nous avons brièvement abordé sur la page consacrée au château de Vauvert en Lescouët-Jugon cet inventaire intervenu après le décès de Guillaume premier  de La Motte de Broons. Voici la suite de ces remarquables recherches entreprises par Michel Nassiet, et publiées en 1993 dans les Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest.  Les inventaires après décès sont rarissimes en Bretagne avant le milieu du XVIe siècle, et celui que nous publions ici, datant de 1517, situé en Saint-Maudez à l'ouest de Dinan, est un des plus anciens. Le défunt était un noble, ce qui a occasionné la conservation du document1, mais il était aussi agriculteur, fermier de dîmes et tavernier, si bien que son inventaire apporte des détails précis dans des domaines divers. Comme c'est souvent le cas, cet inventaire présente des lacunes étonnantes, aucun vêtement n'est mentionné, et les grains ne sont pas prisés ; de ce fait il est délicat de faire des comparaisons chiffrées avec les quelques autres inventaires du XVIe siècle dont nous disposons actuellement : Le matériel aratoire et le bétail suggèrent que le défunt faisait valoir lui-même une exploitation agricole relativement importante. Les réserves de grains sont représentatives de l'assolement triennal de la côte nord de la Bretagne; céréales d'hiver : seigle et avoine grosse; céréales de printemps : orge et avoine menue. Une des originalités de ce document est de fournir une des plus anciennes mentions de la céréale qui permit sans doute à la Bretagne une véritable expansion agricole au XVIe siècle, le blé noir. Le voici donc en 1517 en Saint-Maudez; dans l'actuel département des Côtes-d'Armor, nous n'en connaissons antérieurement qu'une «gaignère» en Plouvara en 1516, une dizaine d'années après les premières mentions aux deux extrémités de la Bretagne, mais un demi-siècle après la première mention de sarrasin en Basse-Normandie dans l'Avranchin. La charrue, «ferrée», pouvait être munie d'un soc et d'un coutre, ici rangés à part, et s'adaptait très probablement à la paire de roues citée un peu plus loin. Ainsi complété, l'instrument de labour valait 18 sols. Les autres inventaires cités ci-dessus mentionnent de même soc et coutre de fer (1510), charrues avec paire de «rouelles», soc et coutre (1517), ou «rouett» (1518). Beaucoup de paysans bretons n'avaient qu'une sorte d'araire, mais la charrue véritable était donc répandue dès le début du XVIe siècle au niveau des agriculteurs aisés. Du point de vue du matériel encore une grande caractéristique par laquelle la Bretagne se différenciait des régions plus méridionales était le type d'attelage : joug double à partir de la Loire-Atlantique et vers le sud, attelage en ligne en Bretagne. Pour André G. Haudricourt, il est probable que l'introduction en Bretagne du cheval «comme animal de traction, s'accompagna de l'adoption de la voiture à brancards et des traits pour la charrue»; introduction et adoption qu'on ne sait dater. En 1517 nous trouvons ici le cheval comme animal de traction, et, pour tirer la char rue, un harnais à quatre chevaux. Ce n'était pas de trop pour labourer en terre argileuse, et c'était même tout à fait insuffisant pour défricher est regrettable qu'on ne puisse préciser le type de ce harnais, car les scènes de labour sculptées sur les sablières bretonnes du XVIe siècle illustrent plusieurs types d'attelage. Pour la charrette, l'inventaire détaille en revanche une selle à charroyer, une paire de traits en bois, et une paire de traits de chaînes, en fer, pour le cheval attelé en tête; ce dispositif se reconnaît particulièrement bien sur les sablières n de la Martyre et de la Roche-Maurice. Son introduction en Bretagne remonte donc au Moyen Age. Avec seulement deux chevaux, le capital consacré à l'agriculture proprement dite dépasse 11 livres, plus que le total des meubles de certains journaliers. Les bovins sont très nombreux, de l'ordre d'une quinzaine, dans les quelques prospères exploitations agricoles du XVIe siècle dont nous avons les inventaires; alors qu'au XVe siècle, en Basse-Bretagne, il faut entrer chez les riches paysans dont l'inventaire dépasse 4 000 livres pour trouver une dizaine de bovins, et guère plus d'une douzaine. Or ces exploitations du XVIe ont aussi un troupeau ovin (ici sa valeur égale presque celle des bovins) et des porcs. Aussi filait-on le lin et la laine pour une valeur important ; on tissait même le lin chez un autre noble en Plougonver en 1517.   

Analyse de l'inventaire (Saint-Maudez, 1517)

Objets de cuisine     7,93 livres 11,0%

 Meubles meublants 13,10 livres 10,3%

Étain, linge, armes  10,39 livres 14,5%   

Matériel agricole       5,97 livres 8,3%   

2 chevaux                 5,50 livres 7,7%   

14 bovins                  9,75 livres 13,6%

49 ovins                    8,17 livres 11,4%   

paille, bois                3,75 livres 5,2%   

lin, laine, fil                6,89 livres 9,6%     

L'inventaire des «lettres» ne comprend pas moins de 110 articles, dont nous ne ferons que l'analyse. Il s'agit surtout d'achats de rentes en froment et de quittances. Certaines de celles-ci montrent que le défunt avait été fermier de la collecte de dîmes, en 1508 du prieuré de Saint-Maudez, dépendant de l'abbaye de Beaulieu, en 1508, 1509 et 15 14 du prieuré Saint-Sauveur de Dinan dépendant de l'abbaye de Saint-Jacut. Les fermes de dîmes étaient prises par des ruraux aisés, soit roturiers comme le marchand de draps en 1510 d'après son inventaire, soit nobles. Enfin, deux cahiers de compte prouvent que le défunt tenait taverne, ce qui était l'une des activités les plus lucratives de la Bretagne rurale. De nombreuses quittances montrent qu'il a payé l'impôt dès 1501-1502, et régulièrement l'impôt et le billot de 1510 à 1514. L'impost était la taxe levée par le roi sur la vente au détail des boissons alcoolisées, alors que le billot était levé au bénéfice des communautés urbaines. L'impôt était payable par les taverniers, et ces quittances confirment donc que c'est d'une taverne dont nous avons l'inventaire. Sans doute notre tavernier débitait-il surtout du vin breton, car Saint-Maudez est à moins de vingt kilomètres du vignoble de la Rance; mais il pouvait aussi se fournir en vin d'Anjou et même d'Orléans auprès des marchands de Saint-Malo. On ne peut savoir si les quittances énumérées sont exhaustives, mais l'impôt maximal mentionné, celui de 1512, s'élève à 247 sols, ce qui implique, sur la base du tarif en vigueur sous Charles VIII, un débit de seize pipes de vin breton ou six pipes de vin étranger au duché, soit en moyenne, en vin breton, de vingt litres par jour. Tenir taverne n'était pas à la portée du premier venu. Il fallait une salle assez vaste; il y avait dans celle-ci deux bancs et des tréteaux, de la vaisselle d'étain pour une valeur de 76 sols, sans compter beaucoup d'écuelles, trois nappes, un fût de pipe. Trois bons lits (trois charlits, trois couettes, trois courtines) permettaient au tavernier de peut-être faire hôtellerie à l'occasion. Or le défunt était Guillaume de La Motte seigneur de Vauvert, et le document jette donc un éclairage assez rare non seulement sur les activités diverses d'un rural aisé, mais aussi sur un cas ancien de noblesse dormante, puisque tenir taverne et prendre des dîmes à ferme étaient deux activités dérogeantes. Mais cet aspect du document n'est bien réel que s'il est certain que ce défunt était un noble véritable, ce qui exige une brève histoire familiale. La mention de Noble homme Guillaume de la Motte dans la réformation en 1443, nous assure qu'il s'agit bien d'une lignée noble. Guillaume I possédait alors deux terres dans la paroisse de Plorec, sur l'Arguenon, la maison noble du Meseray où il demeurait, et l'hôtel de Vauvert, inhabité et où il n'y avait pas de métayer. C'est durablement que Vauvert est resté inhabité par ses propriétaires : en 1480 lors de la montre générale des feudataires de l'évêché de Saint-Malo, aucun de La Motte n'a comparu en Plorec, et en 1517 la maison était à peine meublée. Une génération après Guillaume I, le père de notre tavernier est Jehan de La Motte de Vauvert, qu'une quittance nous montre vers la fin de sa vie, en 1501, receveur de la seigneurie de Lorgeril, aussi située en Plorec. Ce Jehan de La Motte était, pensons-nous, le feudataire18 qui, lors de cette montre de 1480, résidait en Trémeur à une quinzaine de kilomètres au sud de Plorec (car les La Motte ont possédé en Trémeur le lieu des Portes). Ce Jehan de la Motte tenait en 1480 60 livres de revenu noble, un revenu d'un ordre de grandeur habituel pour un receveur seigneurial, et qui le situe dans la petite noblesse relativement aisée. En témoignent aussi les deux tenues de combattants à pied décrites en 1517, une de piquier et une d'archer, qui correspondent d'ailleurs exactement aux équipements de Jehan de La Motte et de son fils en 1480, alors que des feudataires de moyenne noblesse auraient été hommes d'armes. Enfin notre tavernier, Guillaume II, est sans doute le Guillaume de La Motte sieur de Vauvert qui perçut en 1491 une pension sur le trésor ducal, ce qui indique que cette lignée avait réussi à se faire connaître à la cour. C'est sans doute son mariage avant 1496 avec la fille d'un petit feudataire de Saint-Maudez qui a conduit Guillaume de la Motte dans cette paroisse. C'est sans doute de ce premier mariage qu'il eut au moins quatre enfants, dont trois étaient encore mineurs en 1517. En Saint-Maudez il a donc tenu taverne au moins en 1501-1502 et de 1510 à 1515, et a été fermier de dîmes. Ce faisant, cette lignée était en train de se hisser dans la moyenne noblesse, comme le suggère la commission donnée à Guillaume III de la Motte seigneur de Vauvert, en juin 1523, «pour tenir & voir la montre des nobles» de l'évêché de Saint-Brieuc pour faire face aux menaces anglaises. La noblesse de la famille était donc reconnue. Les chaînes de fer et les ceps étaient-ils motivés par un pouvoir de justice ? Les deux dais qui décorent une « chère close » et un banc, et qui voisinent avec l'armement, semblent indiquer que, tout en servant de taverne, la salle gardait certains éléments d'apparat propres à un manoir.   Enfin l'inventaire des quittances éclaire les modalités de la perception de l'impôt et du billot. On sait qu'il y avait des fermiers de l'impôt sur la vente du vin dans un évêché; il y avait aussi des sous-fermiers, qui devaient se faire «rats de caves». Ces perceptions étaient très modestes. Les fermiers en Saint-Maudez changeaient tous les ans, et, sauf en 1514, ce n'était pas le même personnage qui affermait l'impôt et le billot. Cela n'empêche que certains devenaient des habitués : Y. du Maz fut fermier de l'impôt en 1510, du billot en 1511, de l'impôt de nouveau en 1512; Julien Hardy, sous-fermier du billot en 1513, joignit les fermes del'impôt et du billot en 1514. Il se pourrait bien que ces petits fermiers fussent eux-aussi, des nobles. C'est très probable de H. de Langle, fermier du billot en 1512 ; J. Lambert, fermier du billot en 1510, et Julien Hardy pourraient bien être issus de deux familles de feudataires respectivement de Trébédan et Corseul, ayant chacune 50 livres de rente en 1480 ; Y. du Maz était peut-être originaire de Pleurtuit. Ici, le tavernier et les fermiers de l'impôt semblent avoir appartenu au même milieu social. Cet inventaire et l'histoire de cette famille noble apportent donc un éclairage assez rare sur la participation de la noblesse aux activités économiques. Le fait que Guillaume de La Motte ait payé l'impôt et le billot prouve qu'il ne se contentait pas de débiter du vin de son cru, vente pour laquelle sa noblesse lui aurait valu franchise, mais qu'il effectuait bien une activité commerciale d'achat et de vente. Puisque la réformation de 1443 précise que les La Motte- Vauvert étaient nobles anciennement et qu'ils n'étaient donc pas des roturiers enrichis et parvenus, il se confirme qu'un homme de noblesse petite ou moyenne, fils d'un receveur seigneurial et représentant d'une lignée connue à la cour, ne s'interdisait pas de tenir taverne pendant bon nombre d'années. Inversement, six ans plus tard, le gouverneur de la province ne vit pas d'inconvénient à faire tenir la montre des nobles par le fils de ce ta verni er. Enfin les deux registres de comptes montrent que ce gentilhomme avait une pratique de l'écriture à mettre au service de la gestion de sa taverne, ce qui n'est pas étonnant de la part du fils d'un receveur. Tout cela diffère décidément des clichés sur la noblesse oisive et ignare. Quoique ne pouvant faire l'objet d'une étude sérielle, ces inventaires dispersés n'en fournissent pas moins des détails précis dans des domaines aussi variés que la culture matérielle, l'économie rurale et l'histoire des élites.

Enuist l'inventouaire descleration des biens meubles & choses mobilières de la communauté du mariaige d'entre noble homme guillaume de la mote sieur de Vauvert et damoyselle guyonne bouan veuffve dudit feu guillaume de la mote, Iceulx biens rapportez par ladite guyonne & prisez par Jehan buschon filz feu guillaume buschon, Jehan buschon de Sainct-maudé, michel buschon, chacun fosez (? sic) jurez quant ad ce soy y estre portez bien & deuement a leurs povair & savance, ledit inventouaire faict par la court du prieur de Sainct-maudé davent saige & pourveu mestre loys du fournet monsieur le lieutenant dicelle, a la préservation du droit des enffants Estienne, olive & vincente les de la motes enffensmyneurs dudit feu guillaume de la mote, desqueulx Jullien de la mote a été mys et institué tuteur & garde & sauff droit de permie p?pgation (tâche) ou en loyalement a la coustume, le saczecsme jour de novembre l'an mill cinq cens dix sept

 

 

 

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 10:43

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

trimer

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 10:33

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Baussaine

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 09:33

 

 

Le Lou du Lac

 

 

 

 

 

 

 

Le château reconverti en café : du haut de ses 90 ans, Marie tient toujours cet endroit convivial

en revanche, les vaches et le reste de la ferme c'est fini 

 

 

 

Brutus le maître des lieux....

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 08:57

 

L'église de Saint-M'Hervon

 

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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 17:47

 

L'Archevêque et les dignitaires ont redescendu les degrés. Jacquemine suit, soutenant sur ses épaules le devant du brancard. Un chapelain tient l'autre bout. Par la rue de l'Epicerie, la Calende et la rue au Change, la procession gagne le grand parvis. Sur le pavé, aux fenêtres, aux échafauds dressés dans les carrefours et jusque sur les toits, partout des têtes. Au chant des antiennes, le long cortège s'ouvre un chemin parmi la foule : écoles des pauvres, portant leurs croix de bois et leurs pains de 12 livres; paroisses avec leurs bannières, leurs clergés, leurs châsses, leurs confréries et leurs chapelains; cinquante deniers, sergents royaux, et le dragon de Notre-Dame, au bout d'une perche, dévorant son poisson, le plus gros qu'on ait pu trouver ; choristes tenant d'énormes bouquets, clergé de la primatiale au nombre de deux cents personnes, chanoines en soie violette, conseillers clercs en soie rouge; puis l'officiant, puis l'Archevêque, suivi d'un gros de personnages de la plus haute condition; à distance respectueuse, la confrérie des gargouillards entourant la Gargouille et son cochon de lait hurlant dans la gueule du monstre, que la foule crible de quolibets; enfin la fierté, dont l'apparition provoque le silence et l'agenouillement mais sur le passage de Jacquemine, qui avance à petits pas, les yeux à terre, ne voyant rien, n'entendant rien, le corps brisé, l'âme vide, plus d'un visage se tend, plus d'un regard cherche le sien et, derrière ce front baissé, le secret du passionnant mystère qu'est une âme de femme coupable et malheureuse. et malheureuse. Par le grand portail, la procession est entrée dans l'église, y amenant comme en triomphe sa pitoyable conquête. Sur le maître-autel Jacquemine et le chapelain ont doucement posé la châsse. Malgré l'heure tardive la liturgie déploie ses rites avec la majestueuse lenteur qui en grandit la solennité. Grand-Messe au choeur, messe basse en la chapelle du Saint à l'intention de l'élue, qui en allant baiser la patène, dépose dans un bassin ses chaînes, en hommage à son libérateur. Et partout des génuflexions, des prosternements devant les dignitaires qui tour à tour l'exhortent d'amender sa vie, d'honorer le choix du chapitre, de servir chrétiennement l'auguste protecteur auquel elle doit la vie : impérieuse et benoîte sollicitude, orgueilleuse douceur cléricale. Le soleil tombait derrière les hauteurs de Maromme et la brume du soir montait de la rivière et enveloppait de sa gaze mauve le mont Gargam. Le peuple las s'était retiré. Des lueurs éclairaient faiblement les vitres étroites. Au -loin sortaient d'un cabaret des rires et des cris. Sur le grand parvis déjà sombre quelques groupes seulement s'attardaient. Quand Jacquemine, couronne en tête, écrasée de fatigue, épuisée d'émotions, mais le coeur bondissant vers la liberté recouvrée, eut franchi le portail et fait quelques pas dans la place, des archers discrètement l'entourèrent et sans esclandre la ramenèrent au Palais. C'était à un an de distance le second échec que subissait le chapitre. Le privilège était menacé; l'honneur de Messire Saint Romain était en cause. Les chanoines se plaignirent fort, écrivirent au cardinal de Bourbon; le cardinal eut recours au Roi. Le Roi dès le mois de Juin envoya des lettres patentes pour confirmer le privilège, mettre à néant les arrêts rendus par la Cour en 1575 relativement à Delaporte, en 1576 relativement à Jacquemine du Boisrioult, ordonner leur mise en liberté et la main-levée de leurs biens. Mais le Parlement s'entêta. fallut deux années pour qu'il libérât Jacquemine. Le privilège dont elle avait joui l'obligeait d'assister chaque année, un cierge', à la main, à la procession de l'Ascension. Elle s'y rendit pendant deux ans, puis s'y fit représenter par procureur. En 1582, elle envoya vingt écus, qui payèrent une croix d'argent. Jacquemine revint au Boisgerbault. Puis elle se remaria; un sieur de Chaumont l'épousa. Des trois orphelins dépouillés l'aîné mourut en bas âge. On ne sait ce que devint Jeanne. Gilles grandit. Enfance douloureuse, humiliée, qui eût pu, dans le malheur des temps, le jeter au désespoir et à la révolte. On aimerait savoir qui prit soin de cette pauvre âme à qui la vie s'ouvrait si dure. Un grand coeur, certes, et une droite raison. Gilles puisa dans le lointain passé de ses aïeux la leçon qui instruit dans l'ouragan qui avait secoué le vieux tronc et lamentablement tordu le frôle rameau, l'épreuve qui fortifie. En 1591, quand le sieur de Chaumont mourut, Jacquemine se retira à Dinan; les troubles et la guerre l'empêchèrent de toucher ses revenus; elle fit le 16 juin 1593 démission de tous ses biens à son fils, moyennant deux cents écus de rente et vingt écus pour une maison à Dinan. Les troubles passés, le bon fils reprit chez lui sa triste mère. Elle y mourut en 1602. Gilles s'était marié vers 1595. Il avait épousé Marguerite Rogon qui lui apportait La Guerrande et Bellestre. Il vint habiter la première de ces terres, en la paroisse d'Hénanbihen, sur un plateau qui domine des vallons boisés et des plaines aujourd'hui fertiles. Il y vécut simplement et pieusement, comblant de dons l'église de sa paroisse. Et dans la pureté du fils fut lavé le crime des parents. Georges ne garda pas longtemps le Plessis- Bertrand. Le 15 novembre 1586 adjudication en fut faite, d'autorité du Parlement de Paris, au profit de Charlotte de Montgomery «pour remplacer ses biens dotaux». Elle le vendit trois ans plus tard à Guy de Rieux, sire de Châteauneuf. Presque aussitôt il tomba aux mains de Mercoeur, qui en fit une des places de la Ligue. On s'y battit jusqu'à la paix de 1598 : alors, sur la demande des Etats, Henri IV en ordonna le démantèlement. Ce fut le commencement de la ruine. Remords, confus sentiment de justice, estime en une âme hautaine pour la valeur morale et l'infortune noblement supportée, ou précaution contre un retour offensif ? Georges tout puissant, chevalier des ordres du Roi, en possession des terres, titres et charges qu'avaient tenus son père et son grand-père, se rapprocha du neveu qu'il avait renié et frustré. Suivant transaction passée entre eux le 14 juillet 1602, il céda à Gilles «par héritage, pour partie de son partage et droit naturel», la baronnie de Tannay en Normandie, et promit de lui payer deux mille écus pour tous ses droits à la succession de Beaufort. Gilles accepta ce plat de lentilles, qui le relevait de l'injuste exclusive de 1574. Mais il eut quelque peine à se faire verser les deux mille écus. Le 15 janvier 1603, il dut, à raison de cette somme, faire opposition à la vente que son oncle prétendait faire de la terre de Beaufort; il eut soin de préciser que Beaufort était de la succession de son père, et lui appartiendrait sans l'accord de 1601. Beaufort resta dans la lignée de Georges. Elle ne dura pas longtemps. Son petit-fils, Gabriel, mourut sans postérité en 1654, tué «par sa faute» au logis de Coudrette, en Quitté, par le sieur Launay-Denoual qu'il avait surpris «sans défense» et voulait brûler en sa maison. Le fils de Gilles,Christophe, rentra dans les droits de l'aînesse, injustement ravis à son père Beaufort passa à une soeur de Gabriel, qui le vendit. Le 7 septembre 1669, la chambre de réformation de ia noblesse, par arrêt rendu entre le Procureur général et Messire Christophe de Chateaubriand, chevalier, sieur de la Guérande, déclara ledit Christophe, sur production de ses titres, d'ancienne extraction noble, lui permit de prendre ia qualité de chevalier et le maintint dans le droit de porter pour armes «de gueules semées de fleurs de lys sans nombre». 

 

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Published by poudouvre
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