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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 19:08

 

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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 13:45

 

            

Remarques sur les alignements de Carnac par Jean Jacques Aliez -1904
   

Je laisse de côté toutes les hypothèses, tout ce qui a été dit et écrit sur les menhirs et les autres monuments préhistoriques, bien  persuadé que pour obtenir un peu de lumière et arriver à une solution, il faut procéder avec méthode, s'appuyer sur un fait certain, en déduire les conséquences parle raisonnement et, enfin, déterminer le mobile qui a pu pousser les hommes primitifs à se livrer à ces grandes manifestations architectonique».  Je remonte par la pensée aux temps les plus reculés de l'époque préhistorique et, au milieu de ces ténèbres, j'observe un fait qui a dû nécessairement se passera un moment donné. Or voici un fait certain : toutes, les bandes de barbares qui ont occupé notre territoire, sont venues de l'Orient et se sont dirigées vers l'Occident, en se laissant guider par le cours du soleil.

 

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Observons une de ces bandes, la première; elle a à sa tête un chef intelligent, audacieux; il dirige la marche vers l'endroit où  le soleil paraît se coucher. Se frayant péniblement un passage à travers les forêts vierges, surmontant des difficultés sans nombre, vivant misérablement de glands, de racines et de fruits sauvages, cette bande marche en avant et, après de longs jours, de longues années peut-être, elle se trouve sur le sol de l'Armorique et en présence du vaste océan dont l'existence n'était même pas soupçonnée. A cette vue, quelle joie ! Que de transports d'allégresse ! Ces hommes primitifs voient l'astre du jour disparaître au sein des flots. Un tel spectacle vu pour la première fois dut vivement les impressionner et faire éclater leur admiration et leur enthou siasme . Une plus grande surprise leur était réservée : sur le rivage de la mer s'offre à eux un immense approvisionnement de coquillages de toutes sortes, des fucus comestibles tels que le fucus crispus et toutes les richesses de la mer : tout cela leur procure une nourriture succulente. Désormais la mer sera pour eux la grande nourricière; ils ne s'en éloigneront jamais. Au milieu de cette abondance, ils sont heureux, ils fortifient leur corps exténué par les privations.

 

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C'est alors qu'ils songent à élever des monuments en comme moration du grand événement de cette découverte inespérée, cause du bonheur et de la prospérité dont ils jouissent. Voilà selon moi le principal mobile de cette grande manifestation architectonique. Le chef qui les a conduits dans cette terre promise, ce grand homme inconnu, ce précurseur de Moïse, voyant la croissance prodigieuse de la population, ordonne et fait exécuter le dénombrement. De là cette multiplicité de menhirs ; chacun d'eux représente un être humain. Il y en a de toutes les dimensions : le plus grand représente le chef, d'autres moins grands représentent les hommes et les femmes; enfin les plus petits, en très grand nombre, représentent les enfants. Les menhirs restés en place sont au nombre de 2813 : ceux qui ont disparu peuvent se chiffrer par un nombre égal ce qui ferait 5626 menhirs, de sorte que si ma thèse est fondée, on peut évaluer à 5626 le nombre des individus qui composent la première peuplade arrivée sur le sol de l'Armorique.

 

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Mettons-nous à la place de ces hommes primitifs. Pouvaient-ils agir autrement ? Ils étaient dépourvus de tout; ils n'avaient que des pierres et c'est avec ces pierres qu'ils ont fait leur dénombrement et écrit leur histoire : et il faut admettre qu'ils ont montré une grande intelligence pour nous faire connaître à plusieurs milliers d'années d'intervalle qu'ils étaient au nombre de 5626. Avec ce système, bien des choses s'expliquent : II y a plusieurs groupes d'alignements, ce qui indique plusieurs tribus. Il y a des cromlechs, enclavés dans les alignements mais ils sont disposés d'une façon particulière, en rond et en carré, autour des dolmens : cela a une signification spéciale. Ces cromlechs étant pour ainsi parler en marge de la longue liste, représentent les morts. Pour exécuter ce travail extraordinaire il fallait trois choses : une bonne volonté et un entrain extraordinaire, la paix et la tranquillité, enfin des vivres en abondance.  

 

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cromlechs

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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 22:26
 
 
C'est en s'inspirant du pipe land écossais que la formation du bagad se produisit. Bagad signifie groupe. La cornemuse des Hightlands -dont le premier exemplaire  fut importé en Bretagne en 1895 par le lannionais Charles Le Goffic, s'imposa d'elle même  au sein du bagad, évinçant d'office le petit binou kozh.
 
 
AZAZA
 
Charles Le Goffic
 
 
Le succès fut immédiat. En 1952 le Bodadeg ar Sinerion  comptait déjà trente bagadoù. Trois ans plus tard, le chiffre  passa à soixante-dix. (Petit futé Bretagne). 
 
 
 
Le premier membre de l'équipe fondatrice de la R.A.O. à nous quitter aura été Jean L'Helgouarc'h, décédé à Nantes le 29 février 2000, alors qu'achevaient de se rassembler les contributions à un volume d'hommages scientifiques que ses amis souhaitaient lui dédier. Sous sa présidence particulièrement dynamique, de 1990 à 1995, notre association éditrice n'aura pas publié moins de six volumes de «suppléments» ou «documents» en plus des tomaisons annuelles d'une revue à laquelle il aura su donner son « rythme de croisière » et assurer une place de choix dans le concert des publications spécialisées de langue française. Né à Meknès (Maroc) le 22 avril 1933, il avait effectué ses études secondaires et supérieures à Rennes. Après avoir obtenu une licence de Sciences naturelles en 1955, il entra comme Stagiaire de Recherche au C.N.R.S., établissement où allait se dérouler toute sa carrière, jusqu'à son départ en retraite en 1998 comme Directeur de Recherche de classe exceptionnelle. Dans l'équipe du Laboratoire d'Anthropologie de la Faculté des Sciences de Rennes, il allait préparer, sous la direction de Pierre-Roland Giot, une thèse de doctorat sur «les sépultures mégalithiques en Armorique» qui fait encore référence, et qu'il devait soutenir en janvier 1966 après un service militaire effectué en Algérie de 1958 à 1960 comme officier du matériel (II était lieutenant de réserve - ingénieur militaire de 2e classe).Mais le scientifique était également musicien. Premier prix d'alto du Conservatoire de Rennes en 1954, il avait su mettre avec talent et amour cette solide formation classique au service de la musique bretonne, en étroite connivence avec son père et son épouse. Membre de Bodadeg ar Sonerien dès 1948, il avait contribué à la fondation de la Kevrenn de Rennes en 1953 et créé l'Ecole de bombarde de Rennes en 1966. Talabarder émérite, il publia en 1955 une « Ecole de bombarde » préfacée par Jef Le Penven. Compositeur, Jean L'Helgouarc'h nous a laissé plusieurs oeuvres originales et de nombreux arrangements pour bombarde, trio de bombardes, ensembles de bombardes et binious ou formations plus originales. On retiendra ici sa suite mégalithique pour bombarde, trompette, cor, trombone et tuba (1976) ou son évocation sonore de l 'Age du Bronze pour lur, trombone et percussion (1988). Sa discographie est riche d'une quinzaine de références. Tout aussi exigeant en ce domaine que dans son métier d'archéologue, il a su donner là aussi le meilleur de lui même pour la formation des jeunes et transmettre sa passion pour une musique bretonne respectueuse de la  tradition mais ouverte à la modernité. C'est donc tout naturellement que l'Institut culturel de Bretagne devait lui remettre le « Collier de l'Hermine » en 1997, reconnaissant ainsi les multiples apports d'un homme de coeur à une région qu'il aimait d'une passion profonde bien que discrète et raisonnée. Charles Tanguy Le Roux
 
   aaaaaasss
 
Polig Monjarret mort en 2003 fut un musicien, collecteur et membre du mouvement breton, créateur de la Bodadeg ar Sonerion, principale association de musique traditionnelle bretonne. Ci dessous à  gauche avec  Youenn Gwernig
 
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Chaque années se déroule le Championnat des bagadoù, voici quels sont les vainqueurs :
 
1949 Kevrenn Paotred An Hent Houarn
1950 Kevrenn Paotred An Hent Houarn
1951 Kevrenn C'hlazig et Kevrenn Kemperle
1952 Kevrenn C'hlazig
1953 Bagad Koad Serc'ho
1954 Bagad Koad Serc'ho
1955 Kevrenn de Rennes
1956 Kevrenn de Rennes
1957 Kevrenn Brest Sant Mark
1958 Bagad Brest Ar Flamm
1959 Kevrenn Brest Sant Mark
1960 Kevrenn Brest Sant Mark
1961 Kevrenn Brest Sant Mark
1962 Bagad Brest Ar Flamm 
1963 Kevrenn de Rennes 
1964 Kevrenn Brest Sant Mark
1966 Bagad Bleimor
1967 Bagad Kadoudal Rennes
1968 Kevrenn Brest Sant Mark
1969 Bagad Kadoudal Rennes
1970 Kevrenn Brest Sant Mark
1971 Kevrenn Brest Sant Mark
1972 Kevrenn Brest Sant Mark
1973 Kevrenn Brest Sant Mark et Bagad Bleimor
1974 Kevrenn Brest Sant Mark
1975 Bagad Kemper
1976 Bagad Kemper
1977 Bagad Kemper
1978 Bagad Kemper
1979 Kevrenn Alre
1980 Bagad Bleimor
1981 Kevrenn Alre
1982 Bagad Kemper
1983 Kevrenn Alre
1984 Bagad Kemper
1985 Bagad Kemper
1986 Kevrenn Alre
1987 Bagad Bleimor
1988 Bagad Kemper
1989 Bagad Bro Kemperlé
1990 Bagad Roñsed-Mor
1991 Bagad Kemper
1992 Kevrenn Alre
1993 Bagad Roñsed-Mor
1994 Bagad Kemper
1995 Bagad Kemper
1996 Kevrenn Alre
1997 Bagad Kemper
1998 Bagad Kemper
1999 Bagad Roñsed-Mor
2000 Bagad Kemper
2001 Kerlenn Pondi
2002 Bagad Kemper
2003 Bagad Roñsed-Mor
2004 Bagad Kemper
2005 Kevrenn Alre
2006 Kevrenn Alre
2007 Bagad Brieg
2008 Bagad Cap Caval
2009 Bagad Cap Caval
2010 Bagad Cap Caval
2011 Bagad Kemper
2012 Bagad Kemper
2013 Bagad Kemper
 
 
 
   
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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 18:38
 
 
Nombre d'artistes Bretons ont repris le flambeau de ces précurseurs précédemment évoqués : Yann-Fañch Kemener -voir page n° 2 "koat houarn ha fanchig bihan", Miossec, Matmatah, Tri Bleiz Du, Daonet, Bernez Tanguy, Nolwenn Korbell, Brieg Guerveno Trio, Nolwenn Leroy, Annie Ebrel, Gwennyn... 
 
 
 
 
Véronique Autret est l'une des interprètes de "Karantez vro".dont le texte fut écrit par une grande poétesse bretonne : Angéla Duval  
 
 
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Louise Ebrel quant à elle est la digne héritière de sa mère : Eugènie Goadec qui avec ses soeurs donna des récitals en son temps. Dans le biographie qui lui est consacrée sur la page de Wilkipédia on peut lire : " à l'âge de 6 ou 7 ans, lors de son premier jour de classe à Trebrivan, après avoir parlé en breton avec une copine, l'institutrice l'enferme dans dans un cagibi" ! curieuse leçon de tolérance au fameux pays des "droits de l'homme" !  
 
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Manu Lann Huel auteur de Enez Molenez est l'un des interprètes de cette magnifique ballade : "Enez Molenez 
 
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Amañ e bro lein ar mor
 Eus a bell a-zian an dour
 ' Sav an heol glaz-aour
Amañ en em wint an oabl
 Ouzh reier noaz an dremmwel
 Ouzh diaraog ar bagoù
Man goude ar wallamzer
 Uhel a sav ec'h*h an houl
 Betek Kastell-an-Daol
Amañ 'zo bet skrivet g' an holl
 E levr an amzer da goll
 Anv 'r garantez foll
An den a roeñv e vuhez nez
 A-dal an avel vaez
 An den a roeñv e vuhez
 A-dal maro e-barzh
Amañ 've klevet an tav
 0 strakal e toull an nor
 En o stlejan e eor

 Amañ e bro lein ar mor
 Pa deu an amzer-diroll
 ' Ve gwelet o koroll
A-us d' an eon o nijal
 Gwenn-kann 'vel lili-mor
 0 nijal an anaon
Teuzioù ar voraerien
 ' Bet sammet d'eur bed all
 G' an Ankou ar mor dall
 ' Tont en dro war torr an aod
 Da besketan ar morvran
 Da chalin ar re 'veo
'Re a roeñvont o buhez
 A-dal an avel vaez
 'Re a roeñvont o buhez
 A-dal maro e-barzh
Hag e ve klevet atav
 An tav du e toull an nor
 O strakal war an eor

 Enez Molenez
 Enez poan enez don
 Kalon Avalon
 Kan hon eñvor da zont
Amañ e bro lein ar m or
 ' Gis-se ve graet an Istor
 G' ar koñchoù n 'int ket gaou
Gwir! evel Aotrou Jo
 ' Vel ar marc'h kousk en e sav
 Staget ouzh baol ar vag
Hennezh a roeñv e vuhez
 A-dal an awell vaez
 Hennezh a roeñv e vuhez
 A-dal maro e-barzh
A-dal tav du an noz
 0 strakal war an eor
 Amañ e Penn-ar-Mor
Enez Molenez
 Enez poan enez don
 Kalon Avalon
 Kan hon eñvor da zont
 
 
    
 
Si Molène à son hymne, il en va aussi de l'île de Sein avec Marie Jeanne Gabrielle de Louis Capart
 
 
BlackHawkDown
 
Originaire de Brest, Denez Prigent est à la fois auteur-compositeur et interprète dont l'une des spécialités est le Kan ha diskan. C'est à l'âge de 16 ans qu'il fit ses premiers pas sur la scène, et depuis que de chemin parcouru. Il signa et interpréta avec Lisa Gerrard la chanson 'Gortoz a ran' du film Black Hawk Down réalisé par Ridley Scott en 2001.
 
     
   
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Quand deux Bretons du pays Nantais rencontrent deux Finlandais...On obtient EV un groupe rock qui émergea au cours des années 80 avec influence bretonne et celtique
    
 
 
affiche-Dan-Ar-Braz
 
 
Dan ar Braz était ami avec Alan Stivell il finira par l'accompagner sur scène, puis dans les années 90 hommage dédié à la musique celtique, “L’Héritage des Celtes” est créé en 1993 lors du Festival de Cornouaille à Quimper. Dan se produit sur scène accompagné de plus de 70 musiciens. L’année suivante, le concert est reconduit à Rennes. D'autres rencontres auront lieu et Elaine Morgan, Nollaig Casey, Karen Matheson viendront compléter la formation, et quelques autres...
 
     
   
 
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Les Ramoneurs de menhirs est un groupe breton de punk celtique, formé en 2006. Il est constitué du couple de sonneurs Éric Gorce à la bombarde et Richard Bévillon au biniou, du chanteur traditionnel vannetais Maurice Jouanno, de Loran, de Louise Ebrel, de Totos, de Julie Pixhell  et de Laurent Mass
 
     
   
 
 
Denved a zo
 
Komzoù (it's breton) :
Denved a zo met n'emaint ket er gêr
Denved a zo met n'emaint ket er vro
Ar c'hentan 'zo er vag, an eil a zo er mor
An trede, ar pevare, nann ne 'z eus ket outo
 
Lyrics :
 
There are sheep but they aren't home
There are sheep but they aren't around
The first one's in the ship, the second's in the sea
The third one and the fourth actually don't exist      
 
 
 
rigourden 
 
Bilikenn, musique et chant de Haute-Bretagne, en fest-noz ou concert de musique bretonne.La danse est un "passe-pieds", et la troupe de danseurs est celle de la Rigourden, de Saint-Suliac
 
 
 
Clarisse Lavanant- Sa chanson "J'avais cinq enfants" ou allusion au rattachement  du Pays Nantais au reste de la Bretagne dont il fut séparé par cet absurde décret dont tous les partis politiques qui se sont succédés au pouvoir se sont montrés indifférents. L'art d'éteindre l'histoire -une autre de ses chansons évoque l'affaire Seznec.... . Dans la comédie musicale le  Ricain d'Arvor on retrouve autour d'elle Roberwan, Gweltaz Ar Fur, Jean-Luc Roudaut, Gwenn Le Doré...(ci dessous la remarquable reprise de cette troupe)
     
 
 
   
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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 18:31
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François Chappée écrivait au sujet de la Paimpolaise : au cours d'une émission de la série télévisée Thalassa en août 1991, un compatriote paimpolais et moi-même avons tenté de démontrer que la chanson «La Paimpolaise» n'était en aucune façon un chant de marin paimpolais contrairement à la prétention originelle de T. Botrel validée, entre autres, par A. Le Braz. Pendant cette même émission, un marin-pêcheur de Loguivy-de-la-mer à 4 km de Paimpol  confiait que pour lui, «la Paimpolaise» symbolisait Paimpol et la pêche en Islande;  le nombre de cartes postales célébrant «la Paimpolaise» vendues sur les quais de Paimpol semble lui donner raison. Le débat ne peut cependant se clore sur la simple et fataliste évocation de la relativité des opinions. falaise imaginaire... c'est de la sentimentalité à froid, du chiqué... un appât pour hystériques et boulevardiers». On doit se demander si les «vrais» chants de marin «islandais» n'étaient pas les cantiques qu'entonnaient les pêcheurs assistant au Pardon des Islandais. Est donc posée la question du contenu de l'identité paimpolaise dans sa relation présente et passée avec l'aventure islandaise. Elle n'est pas artificielle comme en témoigne, dans le lointain successeur du «Journal de Paimpol», un récent biographe de T. Botrel, Guy-François Le Calvez : «"J'aime Paimpol" est devenu le slogan de la capitale du Goëllo. Elle en est redevable à la créativité, à la générosité d'un petit gars de Bretagne du pays gallo... Ne serait-il pas temps de réconcilier Paimpol et T. Botrel»
 
 
  theodore botrel_ 
 
 
Précisément Loguivy de la Mer fut chanté par le talentueux François Budet. En revanche Jugon avec son bal, Locminé avec ces gars qui ont de la maillette dessous leurs souliers ou la Paimpolaise sont autant de mélodies quelques peu folkloriques mais ne reflètant nullement la vrai musique bretonne comme ce fut le cas des chansons traditionnelles figurant dans le registre du Barzaz Breiz !
 
 
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Au début des années 60 le groupe an Tri Bintig lance quelques succès tel Gwir Vredened (variante de Gwir Vretoned). Repérées à la fin des années 50 par un    directeur artistique des disques Vogue,   deux jeunes Brestoises se produisant en  duo sous le nom des « Cadettes » sont à  la base de la première grande aventure  radiophonique brestoise, bien avant  Miossec ou MatmatahTout commence en 1958 lorsque la jeune Annick Burel rencontre Josette Le Sann, de quelques années son aînée, venue lui donner des cours de guitare à domicile. Les deux femmes sympathisent immédiatement et, devant les qualités vocales d’Annick et Josette lui propose de former un duo moderne au sein duquel elles chanteront des airs folkloriques bretons réarrangés ... 
   
Gwir Vretoned,Tud a galon, war zao!
      Da gana gloar da Vreizh , hor Bro,
      Ha da ziwall tenzor he youankiz:
      Ar yezh, ar peoc'h hag ar frankiz!
      War zao!war zao! Da gana bouez-penn:
      Breizh da virviken, Breizh da virviken

 -O va Breizh, gand da douriou brudet,
     Da mor glaz ha da veneziou,
     Da vrug ruz ha da lann alaouret,
     Te 'zo koant dreist an holl broiou!
 
.-Hon tud kozh,tud leal ha santel,
     Start evel an dero kalet,
     A ouezas mired da Vreizh Izel
     He brud vad, he nerzh, he gened.
 
.-Bretonned, savomp hor c'halonou,
     Ha touomp e tahlimp atao,
     Da vale va roudou hon Tadou,
     Keit ha ma zai ar bed en-dro.
     
 
C'est sous l'impulsion du mouvement Folk au cours des années 70 que Alan Stivell connut la notoriété entrainant avec lui  des artistes au talent considérable : Glenmor, Youenn Gwernig, Gilles Servat,  Tri Yann.... 
 
 
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Alan Stivell naquit à Riom en Auvergne en 1944, ayant appris le breton, l'allemand, l'anglais, le russe et le polonais, il jouait de plusieurs instruments de musique : cornemuse écossaise, bombarde et la harpe, tout en étant un peintre de talent qui fut plusieurs fois exposé en Galeries. C'est son père, ébéniste originaire de Gourin qui lui confectionna sa harpe celtique tout en l'encourageant vers cette passion. C'est en 1964 qu'il enregistra son premier album en solo. Reconnut à travers les Etats-Unis et le Canada  Alan Stivell est le sybole même de la renaissance de la musique bretonne 
 
 
 Tri martolod yaouank (tra la la, la di ga dra)
Tri martolod yaouank o voned da veajiñ
Tri martolod yaouank (tra la la, la di ga dra)
Tri martolod yaouank o voned da veajiñ
O voned da veajiñ ge, o voned da veajiñ (bis)
Gant avel bet kaset (tra la la, la di ga dra)
Gant avel bet kaset betek an Douar Nevez
Betek an Douar Nevez ge, betek an Douar Nevez
E-kichen maen ar veilh (tra la la, la di ga dra)
E-kichen maen ar veilh o deus mouilhet o eorioù
O deus mouilhet o eorioù ge, o deus mouilhet o eorioù
Hag e-barzh ar veilh-se (tra la la, la di ga dra)
Hag e-barzh ar veilh-se e oa ur servijourez
E oa ur servijourez ge, e oa ur servijourez
Hag e c'houlenn ganin (tra la la, la di ga dra)
Hag e c'houlenn ganin pelec'h 'n eus graet konesañs
Pelec'h 'n eus graet konesañs ge, pelec'h 'n eus graet konesañs
E Naoned, er marc'had (tra la la, la di ga dra)
E Naoned, er marc'had hor boa choazet ur walenn
Hor boa choazet ur walenn ge, hor boa choazet ur walenn
Gwalenn ar promesa (tra la la, la di ga dra)
Gwalenn ar promesa, ha par omp da zimeziñ
Ha par omp da zimeziñ ge, ha par omp da zimeziñ
- Ni 'zimezo hon-daou (tra la la, la di ga dra)
Ni 'zimezo hon-daou, ha pa n'eus ket avañtaj
Ha pa n'eus ket avañtaj ge, ha pa n'eus ket avañtaj
- Ma mamm c'hwi zo 'n hoc'h aez (tra la la, la di ga dra)
Ma mamm c'hwi zo 'n hoc'h aez, n'ouzoc'h ket piv zo diaes
N'ouzoc'h ket piv zo diaes ge, n'ouzoc'h ket piv zo diaes
- N'hon eus na ti na plouz, (tra la la, la di ga dra)
N'hon eus na ti na plouz, na gwele da gousket en noz
Na gwele da gousket en noz ge, na gwele da gousket en noz
N'eus na liñser na lenn, (tra la la, la di ga dra)
N'eus na liñser na lenn, na pennwele dindan ar penn
Na pennwele dindan ar penn ge, na pennwele dindan ar penn
N'hon eus na skuell na loa, (tra la la, la di ga dra)
N'hon eus na skuell na loa, na danvez d'ober bara
Na danvez d'ober bara ge, na danvez d'ober bara
- Ni 'ray 'vel ar glujar (tra la la, la di ga dra)
Ni 'ray 'vel ar glujar, ni 'gousko war an douar
Ni 'gousko war an douar ge, ni 'gousko war an douar
Ni ray 'vel ar c'hefeleg, (tra la la, la di ga dra)
Ni ray 'vel ar c'hefeleg, pa sav an heol 'ya da redek
Pa sav an heol 'ya da redek ge, pa sav an heol 'ya da redek
Echu eo ma jañson, (tra la la, la di ga dra)
Echu eo ma jañson, an hini 'oar 'c'hontinui
An hini 'oar 'c'hontinui, an hini 'oar 'c'hont
 
 
 
 
Glenmor alias Milig ar Skañv vit le jour au sein d'une famille bretonnante de paysans à Maël Carhaix en 1931. Auteur compositeur interprète  comme Alan Stivell, Il s'engagea dans la défense de l'identité bretonne. Il suivit ses études au séminaire de Quintin, et y obtint deux baccalauréats tout en étudiant le grec, le latin et la théologie. Sa carrière artistique commença en 1959. Il fut le co-fondateur des éditions Kelenn où il publia un livre. Décoré de l'ordre de l'hermine en 1990 il mit un terme cette même année à sa carrière musicale afin de  se consacrer à la plume. Il mourut en 1996.
 
 
 
 
   
O Keltia
ar mor a glemm fenoz
dindan treid an estren
Breizh a glemm
O Keltia
'n avel a yud fenoz
dindan gwask ar gall
Breizh a yud
O Keltia
Lez-Breizh a zo distro
an avel hag ar mor
sur a gano
O Keltia
   
   
     
     
  857520457_L   
 
 
Youenn Gwernig naquit en 1925 à Scaër, sculpteur sur bois, peintre, sonneur et écrivain, ce n'est que tardivement qu'il entamma une carrière dans la chanson. La rencontre à Huelgoat avec Glenmor fut décisive puisqu'il intégra la petite troupe de ce dernier : Breizh a gan. Au début des années 60, Youenn Gwernic rencontre le poète beatnik américain Jack Kerouac à la recherche lui même de ses racines bretonnes. Les deux hommes restèrent amis jusq'à la mort de  Kerouac survenue en 1969. Après quelques années passées dans le Bronx, l'artiste revient en Bretagne avec sa famille et commencera une carrière en 1971 avant de rejoindre Stivell & Glenmor. Il mourut en 2006. 
 
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Gilles Servat vit le jour à Tarbes en 1945, issu d'une famille d'origine nantaise, bachelier en philosophie, Gilles Servat devint ensuite élève à l'école des beaux arts d'Angers. Sculpteur, peintre, peintre, il se destinait au professorat jusqu'à son adhésion à la défense de la culture bretonne. Au cours des années 1970 il rejoignait le label Kelenn et comme ses acolytes a défendu à travers des textes engagés, la cause de la culture bretonne et la défense de l'identité bretonne
 
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Tri Yann est l'un des plus vieux groupe encore en scène après 43 ans de complicité ! En 1970  Jean-Louis Jossic, Jean Chocun et Jean-Paul Corbineau formèrent Tri Yann an Naoned, à l'origine ils interprétaient des chansons traditionnelles puis écrivirent leurs propres chansons parfois engagées comme celle ci dessous relatant le camp de Conlie en 1870 quand Gambetta envoya 12 000 Bretons à la mort. Etrangement  alors que l'on envisage de rebaptiser des lieux dédicacés à Roger Vercel, la plupart des villes bretonnes vénèrent encore Gambetta, quelle honte ! 
 
 
   
 
Nous l'avons vu à l'article consacré au roi Nominoë que celui ci fit l'objet d'une chanson de Glenmor reprise depuis par Gilles Servat. Idem pour an Alarc'h qui relate le retour du duc Jean V, ce fut l'un des premiers succès de Alan Stivell reprise par Tri Yann, Gilles Servat et un certain nombre d'artistes. Cette chanson populaire figurait dans le Barzaz Breiz ce recueil de la Villemarqué. Idem pour Gwerz marv Pontkaleg , cette complainte raconte l'histoire du marquis de Pontcallec qui fut décapité sur la place du Bouffay à Nantes en 1720 en tant que chef d'une conjuration bretonne contre la France. Stivell, Servat et quelques autres artistes ont repris ce titre 
 
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Gweltaz Ar Fur naquit en 1950 à Hennebont s'investit lui aussi dans diverses actions visant au renouveau de la culture bretonne. Il fut également l'un des interprètes des poèmes du Barzaz Breiz et fut l'un des interprètes de Gwerz Maro Pontkalleg. En 1977 il participa à la fondation de Diwan,  puis en 1980 à Quimper Ar Bed  Keltiek et dirige Celtic Production. Ar  Bed Keltiek devient rapidement la librairie de référence des amateurs de musique bretonne. Ar Soudarded'zo Gwisket e Ruz -Les Soldats sont vêtus de Rouge, chanson qui veut dire la liberté des Bretons,Il raconte dans la chanson en breton Frankiz ar Vretoned l'histoire de François Laurent, un soldat de l'armée française qui ne parlait que breton et qui fut exécuté pour abandon de poste en présence de l'ennemi, incapable de se justifier en français.
 
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L'armée reconnut son tort et le réhabilita bien qu'il soit décédé. Voici ce que l'on peu lire dans un article de la Ligue des droits de l'homme - section Loudéac Centre Bretagne
Le 11 novembre prochain (2012), la commune de Mellionnec rendra hommage, comme toutes les communes de France, aux victimes et aux soldats de la première guerre mondiale.Mais elle ne se contentera pas de cela. Comme en 2011, Marie-José Fercoq, maire de Mellionnec, rendra aussi hommage à François Laurent. Un hommage particulier, puisque François Laurent a fait partie de ceux qu’on a appelés les « fusillés pour l’exemple », la plupart du temps victimes de l’arbitraire d’un Etat major incompétent. La Ligue des droits de l’Homme participera à cet hommage, aux côtés de la Libre pensée, l’Association des Anciens Combattants de la Résistance (ANACR), l’ Association Républicaine des Anciens Combattants (ARAC). Les associations se réuniront devant la mairie de Méllionnec à 11 heures ce 11 novembre 2012, pour descendre en cortège jusqu’au monument aux morts. Les prises de parole au nom de la Réhabilitation devraient se faire à partir de 11h20/11h25.  Il se trouve que le combat pour la réhabilitation des « fusillés pour l’exemple » est un des grands combats de la Ligue des droits de l’Homme, à tel point que, Gilles Manceron, historien spécialiste de la « grande guerre » et de la LDH, n’hésite pas à dire qu’il s’agit, avec l’affaire Dreyfus, de « son second grand combat fondateur ». Un combat qui a débuté dès après la guerre, et qui n’est pas terminé, puisque la réhabilitation officielle par la République de ces hommes n’a toujours pas eu lieu. Yves Tréguer, de la section de la Ligue des droits de l’Homme de Rennes, s’est penché sur l’histoire de ces soldats, et plus précisément celle de deux soldats bretons, Lucien Lechat, et, justement, François Laurent. Voici le résultat de ses recherches, qui a également été publié dans le bulletin de la section de Rennes (novembre 2012). Fusillés pour l’exemple, par Yves Tréguer, de la section LDH de Rennes. Déjà la pierre pense, où votre nom s’inscrit
Louis Aragon – « Tu n’en reviendras pas »
 
La proche célébration de l’armistice du 11 novembre 1918, le centième anniversaire à venir en 2014 du déclenchement de la première guerre mondiale vont faire ressurgir la cause des fusillés pour l’exemple, à laquelle la Ligue des droits de l’Homme est liée, à travers ses campagnes contre l’iniquité des décisions des tribunaux militaires et pour la réhabilitation des victimes.
La défense de cette cause a été, on le sait, un des engagements majeurs de la Ligue et même, selon l’expression de Gilles Manceron, « après l’affaire Dreyfus, son second grand combat fondateur ».
Un long travail, avec des victoires sur le plan législatif et judiciaire, qui a permis de rendre justice à quelques dizaines de soldats : c’est le cas, intéressant la Bretagne, de deux soldats, François Laurent, de Mellionnec, exécuté en1914 et celui, plus connu, de Lucien Lechat, l‘un des caporaux de Souain, exécuté en 1915 dont nous allons évoquer la mémoire.
Pour autant, depuis les années 1930, le cas d’autres fusillés ou de victimes d’exécutions sommaires, reste à examiner, et le combat n‘est pas fini aujourd’hui…
Un bref rappel s’impose, pour comprendre le contexte des années 14-15 .C’est en effet dans ces années qu‘ont eu lieu la plupart des 600 exécutions de la Grande Guerre (430 environ), alors que la postérité a surtout retenu la répression des mutineries de 17.
Au début des opérations l’État-major se place dans la perspective d’une guerre courte et elle recherche avant tout une justice sévère et expéditive. Il s‘en donne les moyens en obtenant par les décrets du 2 aout et du 6 septembre 1914 les « conseils de guerre spéciaux» qui permettent de punir de façon exemplaire à l’aide d’une procédure simplifiée, avec des droits de la défense réduits. Pas de possibilité de grâce ou de révision, sentence de mort applicable dans les 24 heures.
On fusillera donc pour l’exemple c’est à dire qu’un soldat pourra être exécuté pour avoir commis un délit précis mais aussi « pour faire un exemple » susceptible de maintenir une obéissance stricte, qui est, on le sait, la force principale des armées.
Le souvenir de 1870 et de la débandade des armées françaises reste un souvenir cuisant. Un certain nombre de cas de peines de mort est prévu dans la réglementation : nous en retiendrons deux qui seront la cause de la condamnation de François Laurent et de Lucien Lechat, la mutilation volontaire et le refus d’obéissance. La condamnation est d’autant plus aisée que selon un historien, cité dans une thèse récente « il existe un décalage entre les théories du soldat-citoyen et les représentations communes des chefs militaires, cette conception des troupiers comme matériau obéissant, silencieux et consommable »(1).
François Laurent.
L’histoire du soldat de Mellionnec n’est pas très connue et n’a pas fait l’objet d’un culte mémoriel, comme celui des caporaux de Souain, que nous aurons l’occasion d’évoquer.
Elle a, en revanche, fourni le sujet d’un texte remarquable de Louis Guilloux, paru dans Vendredi, le 5 juin 1936, en plein triomphe électoral du Front populaire, et moins de 3 ans après la réhabilitation du soldat breton, le 6 décembre 1933. Le texte s’appelle « Douze balles montées en breloque ».On pourrait l‘appeler un texte de fiction documentée, tant, dans sa première partie, il reste proche des faits. Laissons-lui la parole : « Le Bihan était né dans un hameau où on ne  parlait que le breton. Il ne savait pas le français du tout. Le peu qu’il avait appris à l’école, il l’avait oublié entièrement. Il était aussi ignorant qu’on puisse l’être, ce qui ne fût pas arrivé si on l’avait instruit dans sa langue. Il le disait, et ne comprenait pas pourquoi on ne l’avait pas fait, puisque l’institutrice, bretonne comme lui, savait naturellement le breton. Mais il était interdit à l’institutrice de parler le breton à l’école…
Il partit dès le premier jour…
Un matin, le soldat Le Bihan tiraillait derrière un bosquet, quand vint l’ordre de se porter en avant. Comme il s’élançait, une balle lui traversa la main droite de part en part. Il n’en continua pas moins de courir. Mais quand, de nouveau couché par terre, il voulut recommencer à tirer, il ne le put, et le capitaine lui donna l’ordre de rejoindre le poste de secours le plus proche. Il se mit en route et après quelque temps arriva au poste ou il montra sa blessure à un major, qui parut extrêmement intéressé…
Le major lui posa diverses questions, auxquelles Le Bihan ne répondit pas, ne les ayant pas comprises. Le major n’insista pas. D‘une part, il n’avait pas de temps à perdre, et, d’autre part, il avait ses idées arrêtées sur la discipline aux armées, et la manière de la faire observer. Il griffonna quelque chose sur un bout de papier, qu’il remit à Le Bihan, et donna l‘ordre a un planton de le conduire plus loin à l’arrière, ce qui fut fait …. Le Bihan se laissa conduire où l’on voulut …. Or, aussitôt « remis aux autorités » et le billet du major déchiffré, le soldat Le Bihan fut conduit au poteau et fusillé. Accusation : « blessure volontaire à la main droite. »
Le fameux billet du major, qui conduisit à la mort François Laurent, nous l’avons à disposition (2). Il est disponible aux archives des services historiques de l‘armée de Terre (Dossier Laurent, série J, SHAT): il s’agit des célèbres certificats du Dr Buy ,en grande partie pré-rédigés, qui firent exécuter deux autres soldats, réhabilités en1925 et en 1934,ce qui fait dire à Nicolas Offenstadt (3) que « (ces certificats) ne contribuent pas à améliorer cette image de la médecinecmilitaire dans l‘entre-deux-guerres ».
A la suite de l’action d’anciens combattants, le conscrit de Mellionnec est réhabilité, sa famille reçoit la somme de 10.000 francs et la mairie de sa commune refait faire une plaque où le nom de François Laurent figure parmi les noms des morts au champ d’honneur.
Sa fiche consultable sur le site SGA, Mémoire des Hommes, mentionne : mort pour la France le 19 octobre 1914. Genre de mort: fusillé, puis : réhabilité par jugement le 3 décembre 1933.
Les nationalistes bretons font de François Laurent, mort de ne pas avoir pu se défendre en français « la victime de la domination française en Bretagne », et, en 1934 Breiz Atao proteste contre la présence du préfet à la cérémonie de réhabilitation. En 1982, un film bilingue sur « Frances Laorans »est tourné à Clohars-Carnoët que la famille du soldat désavoue.
 
Le cas de Lucien Lechat, né dans la commune de Le Ferré, Ille et Vilaine, est beaucoup plus connu, car il fait partie d’une affaire restée célèbre, celle des caporaux de Souain. Cette affaire a donné lieu à une médiatisation et à un culte mémoriel exceptionnels. (4)
Les faits sont bien connus. Le 10 mars 1915, les soldats de la 21ème compagnie du 336ème régiment d’infanterie reçoivent l’ordre de sortir des tranchées et d‘attaquer à la baïonnette. Les précédentes attaques avaient été des échecs sanglants.
La préparation d‘artillerie atteint (volontairement  ?) les tranchées françaises. Épuisés, démoralisés, les soldats refusent de quitter leurs abris.
Le général Réveilhac veut des sanctions pour refus d’obéissance: elles visent 6 caporaux et 18 soldats.
Finalement, le 16 mars, après un procès expéditif, sont condamnés à mort, d‘une façon arbitraire qui fait penser aux anciennes décimations en usage dans les légions romaines, 4 caporaux, dont le plus jeune est Lucien Lechat. Le 17 mars, ils sont fusillés, deux heures avant que les peines n’aient été commuées en travaux forcés. Le général Réveilhac ne sera pas inquiété. Une loi d’amnistie, votée en 1919 empêche même les sanctions contre les chefs responsables d`exécutions sommaires. Qui plus est, il sera fait plus tard grand officier de la Légion d’honneur.
La réhabilitation : le combat admirable de Blanche Maupas (à Sartilly, dans la Manche) pour la réhabilitation de son mari, l’un des 4 caporaux, est bien connu (5). Elle fut aidée par des groupes d’anciens combattants et par la Ligue des droits de l’Homme dont l’action en faveur des fusillés pour l’exemple fut l‘une des grandes causes dès la fin de la guerre.
Moins connus sont les efforts d’Eulalie Lechat, la sœur de Lucien, qui soutenue par la Ligue, obtint en mars 1934 que son frère soit réhabilité.
Le souvenir de l‘enfant du pays ne s’est jamais éteint.
Le 24 novembre 2004, a l’initiative du maire de Le Ferré, Monsieur Pautrel, a eu lieu une cérémonie religieuse et civile d‘une très grande ferveur. Une délégation venue de Sartilly associait une fois encore les deux noms de Lechat et de Maupas et ceux de Girard et Lefoulon dans un souvenir commun.
Notre section, à la demande de la mairie, était présente en la personne de son président. Le chant de Craonne et le chant des partisans résonnèrent au cimetière pour l’inauguration de la plaque du souvenir.
La journée se termina avec uneremarquable conférence de Nicolas Offenstadt, qui suivait l’hommage au cimetière.
Et maintenant ?
Comme le rappelle à juste titre Gilles Manceron, dans un article paru en 2008 dans « Hommes et Libertés», intitulé « La mémoire des fusillés de la Grande Guerre », des questions très importantes restent en suspens.
Chacun se souvient de la déclaration, faite le 5 novembre1998, de Lionel Jospin, premier ministre, à Craonne, haut lieu des souffrances des poilus : «  Certains des soldats, épuisés par des attaques condamnées a l’avance, glissant dans une boue trempée de sang plongés dans un désespoir sans fond, refusèrent d‘être des sacrifiés. Que ces soldats « fusillés pour l’exemple », au nom d‘une discipline dont la rigueur n’avait d’égale que la dureté des combats, réintègrent aujourd’hui, pleinement, notre mémoire collective nationale ».
Depuis, rien. Or il reste des cas graves, que recense l‘article d’« Hommes et Libertés », notamment dans les troupes coloniales.
Le combat des ligueurs pour défendre la mémoire des fusillés de 14-18, va revenir en force, en 2014, pour le centième anniversaire du début de la guerre pour lequel il faut nous mobiliser dès à présent. Ce combat n’est pas terminé.
         
Ar soudarded zo gwisket e ruz
 O lin de lin da lan de lin da la la
 Ar soudarded zo gwisket e ruz
 Ar veleien zo gwisket e du
Gwellañ soudard a oe en arme
 O lin de lin da lan de lin da la la
 Gwellañ soudard a oe en arme
 Oe ur zoudard Ar Fur e añv
Eñ a lare d'e gamaraded
 O lin de lin da lan de lin da la la
 Eñ a lare d'e gamaraded
 "Ne gredan ket e varvin ervat.
Med pa varvin-me kreiz ar Brezel
 O lin de lin da lan de lin da la la
 Med pa varvin-me kreiz ar Brezel
 Interit me e douar santel.
Pa varvin-me e ti ma zad
 O lin de lin da lan de lin da la la
 Pa varvin-me e ti ma zad
 Interit me e vourk Brizak
E vourk Brizak kreiz ar vered
 O lin de lin da lan de lin da la la
 E vourk Brizak kreiz ar vered
 Ur sapr-groaz du-hont 'm-eus plantet.
Ur wezenn-groaz am-eus plantet
 O lin de lin da lan de lin da la la
 Ur wezenn-groaz am-eus plantet
 Jamez delienn he-deus manket."
Med ar bloaz-man eñ zo kouezhet,
 O lin de lin da lan de lin da la la
 Med ar bloaz-man eñ zo kouezhet,
 Soudard Ar Fur a zo marvet
Komans e rae 'n douar da gleuzañ
 O lin de lin da lan de lin da la la
 Komans e rae 'n douar da gleuzañ
 Gant ar Vretoned o ouelañ
Ar soudarded zo gwisket e ruz
 O lin de lin da lan de lin da la la
 Ar soudarded zo gwisket e ruz
 Ar veleien zo gwisket e du.
Ar soudarded zo gwisket e ruz
 O lin de lin da lan de lin da la la
 Ar soudarded zo gwisket e ruz
 Ar veleien zo gwisket e du. 
   
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5 novembre 2013 2 05 /11 /novembre /2013 20:08
 
Nous ne pouvons pas en évoquant la musique bretonne oublier les cantiques, d'une grande richesse.
 
 
 
Hommage soit rendu à l'un de ceux qui contribuèrent à écrire ces cantiques :  l'abbé Jean Guillou, recteur de Penmarc'h (1830-1887). Voici les notes laissées par Henri Pérennès, «Une gerbe de cantiques bretons composés par l'abbé Jean Guillou, recteur de Penmarc'h.  Jean Guillou, né à Gléder, le 2 décembre 1830, reçoit l'ordination sacerdotale, le 2 juin 1855. des mains de Mgr Sergent. D'abord professeur au collège die Lesneven, il fut nommé instituteur à Plouguerneau, le 10 août 1857, puis vicaire à Hanvec, le 14 septembre 1863, d'où il passa, le 18 août 1865, à Lanhouarneau. Recteur de Loc-Maria-Quimper depuis le 30 mai 1870, il devenait, le 21 mars 1872, pasteur de Penmarc'h, où il mourut le 1er septembre 1887. Penmarc'h garde son tombeau. M. Guillou, auteur breton, a écrit en prose et en vers. J'ai traité ailleurs de l'ensemble de ses cantiques. Je ne veux parler ici que de ses cantilènes, spécialement composées en vue de restaurations, de bénédictions, de consécrations d'églises ou de chapelles. L'abbé Guillou est certainement l'auteur des cantiques suivants : église de. Plounevez-Lochrist, consacrée le 25 juin 1873; église de Sizun, restaurée en 1875; église de Lannilis, consacrée le 23 septembre 1876; chapelle de Notre-Dame-de-Lambader, bénite le 9 septembre 1877; église de Plobannalec, consacrée en mai 1879; église de Tréboul, consacrée en octobre 1884; église de Saint-Jean-Trolimon, consacrée en octobre 1886. La critique interne, nous offre, d'autre part, comme oeuvres de M. Guillou, le cantique de l'église de Scaër, consacrée le 17 juin 1875, et celui de l'église de Pleuven, composé en mai 1876. Il est intéressant de lire, groupées ensemble, ces belles cantilènes bretonnes, qui apparaîtront comme autant de chefs-d'oeuvre, et dont plusieurs sont en passe de se perdre. Aux cantiques que nous savons de science certaine appartenir à M. Guillou, l'on a adjoint celui qu'il dédia en 1886 aux marins-pêcheurs du Guilvinec, lors du jubilé donné dans cette paroisse. En tête de ces morceaux, nous avons placé le cantique qu'il composa sur le prêtre en 1874. consacrée le 23 septembre 1876; chapelle de Notre-Dame-de-Lambader, bénite le 9 septembre 1877; église de Plobannalec, consacrée en mai 1879; église de Tréboul, consacrée en octobre 1884; église de Saint-Jean-TrolimonSans changer un mot au texte breton, on le présente avec l'orthographe admise. Une traduction française due au talent de Mlle Marguerite Gourlaouen, de Douarnenez, rend accessibles aux profanes les pensées et les sentiments de ces beaux poèmes.Sans changer un mot au texte breton, on le présente avec l'orthographe admise. Une traduction française due au talent de Mlle Marguerite Gourlaouen, de Douarnenez, rend accessibles aux profanes les pensées et les sentiments de ces beaux poèmes.
 
Kantig war ar veleien,
savet gant an Aotrou Guillou, maro person Penmarc'h.
   
Bez' ez eus war an douar tud dister da welet.
Ne zougont na kurunenn, na mantell alaouret,
Liou ar c'haon war o dilhad, beva'reont en distro,
E-keflver iliz Doue ha tachenn ar maro.
diskan :
Sofljit e gwirionez, sofijit holl, kristenien,
Pegen uhel ha santel eo stad ar veleien !
N'int ket ganet pinvidik. Eun ti soûl peurvuia
A roas disglao ha goudor d'o bloaveziou kenta,
Dre-se, ar bed alies a ra warno fae,
Hag a lavar gant dispriz : Petra eo an dud-se.
Allas ! Jezuz e-unan a zo bet disprizet,
Daoust ha kalz a Juzevien n'o deus ket lavaret .
Perak selaou e gomzou, rak petra eo hennez ?
Mab eun artizan dister, mab Jozeb ar c'halvez.
Dirak Doue, va breudeur, netra ne dalv madou;
Sonjit penaos hor Salver 'zo ganet en eur c'hraou ?
E vamm hag e vignoned n'o devoa ket kalz.aour,
Sant Per, prins an ebestel a oa eur pesketour.
Bras awalc'h eo an hini a glev mouez Doue
0 lavarout d'e galon : Va mab deus ganin-me;
Deus ganin, deus gant joa, me' vezo da lodenn,
Da eritag .er bed-mafl, en nefiv da guninenn.
 
Cantique au sujet des prêtres,
composé par l'Abbé Guillou, recteur de Penmarc'b.
Il est sur terre des personnes d'humble apparence,
Qui ne portent ni couronne, ni manteau doré,
Leurs habits ont la couleur du deuil. Ils vivent à l'écart,
En face de l'église de Dieu et du champ des morts.
refrain
Songez bien, songez tous, chrétiens,
Combien noble et saint est l'état des prêtres !
Ils ne sont pas nés riches. Une chaumière, le plus souvent.
Donna abri et asile à leurs premiers ans;
Aussi le monde souvent les méprise,
Et dit avec dédain : « Qu'est-ce donc que ces gens-là ? »
Hélas ! Jésus lui-même a été méprisé;
Est-ce que beaucoup de Juifs n'ont pas dit :
« Pourquoi écouter ses paroles, car qui est cet homme ?
Le fils d'un humble artisan, le fils de Joseph le charpentier. »
•Devant Dieu, mes frères, les richesses ne valent rien;
Notre Sauveur n'est-il pas né dans une crèche ?
Sa mère et ses amis n'avaient pas beaucoup d'or,
Saint Pierre, prince des apôtres, était un pêcheur.
Assez noble est celui qui entend la voix de Dieu
Disant à son coeur : « Mon fils, suis-moi,
Suis-moi avec joie, je serai ton partage,
Ton héritage en ce monde, ta couronne au ciel. »
 
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En pays gallo une tradition s'est déroulée jusqu'aux années cinquante. L’objectif de la Passion du Christ était de chanter une chanson relatant la trahison, le procès et la crucifixion du Christ dans chaque maison de la commune afin de récolter des œufs ou bien de l’argent . Cela permettait d’organiser le dimanche soir une omelette-frites, dans la salle du Foyer des Jeunes, soirée à laquelle les participants et les donateurs étaient conviés. L’usage voulait qu’à chaque maison qui ouvrait ses portes, l’hôte offrait un verre de l’eau, de vin ou de bocal (fruits macérés dans de l’eau-de-vie). La chanson de la Passion du Christ est composée de trois parties . Tout d’abord, une introduction de six strophes sert de préliminaire. Elle permettait de se présenter : « j’allons chanter toute la nuit la passion de Jésus-Christ» Ensuite, les «chantoux d’la Passion» demandaient s’il fallait chanter la suite. Si la réponse était positive, trente-quatre strophes décrivaient la Passion du Christ. Des intonations variées rendaient ce chant difficile pour les novices. L’improvisation était totalement impossible. A la fin de ce couplet, l’hôte ouvrait les portes de sa maison et offrait ce qu’il souhaitait. Les six dernières strophes étaient les «remerciements», elles indiquaient finalement les intentions des chanteurs et ce pourquoi ils étaient venus. Yoann Sevestre
   
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5 novembre 2013 2 05 /11 /novembre /2013 13:23
 
 
L'accordéon diatonique accompagnait  égalemement les mélodies bretonnes, c'est à la fin du XIXe siècle qu'il fit son apparition ici en Bretagne. Dans oeuvres complètes, Pierre Lotii relate ce mariage en 1885 à Ploubazlannec :  la noce défile musique en tête, l'orchestre se compose généralement d'une vielle ou d'un violon,  les pauvres étaient échelonnés sur le parcours, avec des musiques, des accordéons, des vielles; ils tendaient leurs mains..   
 
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Généralement l'accordéon accompagnait les danseurs de l'andro et hanter dro en pays Vannetais
 
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Evoquant  le mariage dans la région de Merdrignac coutumes, danses, rites, chansons Ronan de Kermené écrivait en 1935  : Un joueur de violon ou d'accordéon marche en tête et fait entendre un air   parfaitement cadencé; mais il devra bientôt imposer silence à son instrument, car, derrière lui, garçons et filles se concertent pour entonner des «chansons à la marche » qui seront alertement soutenues jusqu'à l'arrivée au bourg. Ci dessous un mariage à Rouillac au début des années 1930 avec accordéoniste, cependant la tradition voulait qu' en fin de cortège un homme tirait un coup de fusil en l'air afin d'aviser  la population de l'union. 
 
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Elie Guichard né en 1905 à la Rouelle  à Trémeur fut l'un de ces joueurs de violon. Il repris son instrument sous l'impulsion de Jean Mahé et de l'association la Guédenne de Dinan. La noce à Trémeur, est le premier document important sur le violon en Bretagne.   
 
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Emile Gaigier du Guénoir à Sévignac était aussi connu comme "violoneux". Voir Co-édition la Bouèze. D'autres violonistes ont connu la notoriété à travers notre terroir : Martin père et fils à Tramain, Emile et Henri Piquet ainsi que Georges Colombel à Yvignac, François Navière à Eréac.
Une chanson connue à Plénée Jugon évoquait l'un d'entre eux :
Eugène Bagot joue donc un pt'it air de ta musique
Eugène Bagot joue donc un pt'it air de ton violon,
un pt'it air de ta musique, un p'tit air de ton violon.
Enfin achevons ce chapitre avec les complaintes liées à des faits divers. Ainsi à Plélan le Petit un père noya-t-il dans une mare voisinant sa ferme ses enfants, huit jours plus tard à la foire de Broons, une complainte  y relatait les faits.
 
 
 
   
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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 19:54
 
Depuis un siècle, le bruit qu'a causé la querelle du Barzaz-Breiz n'a jamais cessé, surtout en Bretagne. Pour les savants la cause était jugée. Mais à cause du silence persistant de La Villemarqué, il restait des zones d'ombre; et, au XXe siècle, les passions nationalistes devaient donner à ce livre, dont aucun érudit sérieux ne tient compte, une valeur d'actualité. M. Gourvil, qui a consacré à la Bretagne une longue et laborieuse carrière, vient de dédier à ce problème une copieuse thèse de doctorat, qu'il a soutenue devant la Faculté des Lettres de Rennes avec un complet succès.
 
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Avant d'en parler, nous rappellerons les principaux faits de cette curieuse histoire. En 1839, La Villemarqué, âgé d'à peine vingt-quatre ans, publiait le Barzaz-Breiz, chants populaires (sic) de la Bretagne. Une réédition augmentée parut en 1845. Lui succédèrent d'autres ouvrages, se rapportant tous à une Bretagne médiévale : de la nuit des temps le jeune savant bas-breton paraissait extraire une riche et vénérable littérature poétique. L'Académie des Inscriptions l'élut membre ordinaire en 1858, de préférence à des concurrents qui s'appelaient Arcisse de Caumont et Lasteyrie ; il avait quarante-deux ans. Il atteignit alors le faîte de la gloire. Mais, en 1867, le vent commença à tourner ; et la tempête éclata, en 1872, quand Luzel lut son rapport au congrès des sociétés savantes de France.
 
 
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François Marie Luzel
 
Cette fois, tout le monde savant  s'émut, et, comme l'on attendit en vain une justification de La Villemarqué, le prestige scientifique du Barzaz-Breiz s'écroula. En 1895, Luzel et La Villemarqué  qui, dans l'intervalle, s'étaient réconciliés, mouraient à quelques mois de distance. Le breton La Borderie, qui qualifiait de «grotesques» les accusations lancées contre l'authenticité du Barzaz-Breiz, poussa l'aveuglement jusqu'à en utiliser, dans son Histoire de Bretagne, les pièces censées les plus anciennes. Les jeunes lettrés qui, après 1900, cultivaient la langue bretonne, ne se contentèrent pas de saluer en La Villemarqué l'homme qui, le premier, avait diffusé   dans un large public les études celtiques et qui avait contribué au renouveau de la littérature en breton. Sans affirmer l'authenticité ou la fausseté des chants du Barzaz-Breiz, ils y virent l'expression même du génie breton. Allant plus  loin, les  «autonomistes» mirent en vedette les poèmes où s'expriment des sentiments de haine à l'égard des Français. Sous l'occupation allemande, les Bretons -j'en ai été le témoin -manifestèrent avec éclat le plus pur patriotisme français. Toutefois, depuis quelques années, cette poignée d'autonomistes, les uns réfugiés à l'étranger, les autres disséminés en Bretagne, reprend sa  campagne et continue de s'appuyer sur le Barzaz-Breiz, et particulièrement sur les chants antifrançais L'ouvrage qui a été reçu par un jury de l'Université de Rennes (qu'on appelle souvent l'Université de Bretagne) vient donc à son heure.
 
 
Il établit  définitivement la vérité à un moment où les passions politiques s'efforcent de l'obscurcir. Mais il est strictement objectif; il ne contient aucune des expressions polémiques ou dénigrantes qu'on rencontre dans la correspondance de  Luzel (son excuse, c'est que, personnage peu connu, sans titres ni diplômes, il attaquait la principale oeuvre d'un savant illustre, vicomte et membre de l'Institut) et dans le Théâtre celtique de Le Braz. Et il est le résultat d'une enquête minutieuse et féconde que le nouveau docteur, aujourd'hui septuagénaire,a menée pendant des dizaines d'années en de nombreux endroits de Bretagne et aussi à Paris et en Angleterre. Ce livre se divise en deux parties. La première est une histoire de la carrière scientifique de La Villemarqué et de la querelle du Barzaz-Breiz; la seconde, une étude bibliographique et critique de ce recueil. La documentation de la première partie est si riche que même les connaisseurs des milieux littéraires et savants du xixe siècle y apprendront une quantité de faits, dont on peut tirer des conclusions d'intérêt général. D'abord, comme son compatriote Renan, c'est à Paris, et non en Bretagne, que La Villemarqué reçut l'impulsion qui orienta toute sa carrière. A Paris, il   découvrit dans l'ouvrage de l'abbé de la Rue l'existence de bardes armoricains. A Paris, il se documenta dans les premiers écrits d'un fécond polygraphe breton : Emile Souvestre. Dans toute l'Europe civilisée, on se passionnait alors pour les poésies primitives et populaires ; en décembre 1834, Souvestre publiait dans la Revue des Deux-Mondes un article sur les «Poésies populaires de la Bretagne». Dès la fin de cette année, La Villemarqué, âgé de dix-neuf ans, entre en rapports épistolaires avec le vieil abbé normand ; il a déjà l'intention de publier un recueil de chants bretons. L'ancien émigré Auguste de Gourcuff avait fondé les Assurances Générales, et un bon nombre d'étudiants bretons y trouvaient des emplois. L'auteur fait revivre cette colonie parisienne de jeunes Bretons, parmi lesquels L. de Carné, P. et A. de Courcy, A. de Kerdrel, A. de Courson, Souvestre, Brizeux devaient obtenir une notoriété plus ou moins durable. Il fait une importante constatation : tandis que les Bretons de Bretagne ne manifestaient aucune patriotisme régional, quelques-uns de ces «déracinés» avaient, par réaction contre le milieu parisien, un état d'esprit hostile à la France. Parmi eux, La Villemarqué, dont on cite, p. 24 et 28, des textes significatifs, publiés en 1836 et 1837. D'une part, l'éveil des nationalités en Grèce, en Pologne, en Irlande, en Italie, d'autre part, le développement des recherches historiques suscitaient chez eux des aspirations confuses que d'autres écrivains bretons jugeaient sévèrement. En outre, on devine que plusieurs de ces nobles identifiaient la France avec la Révolution qui avait persécuté les Bourbons, la noblesse et le clergé, et avec le gouvernement du Roi Citoyen et le Juste Milieu. populaires», ce n'est pas seulement parce que, depuis Cambry (1799), quelques érudits ont publié et traduit une cinquantaine d'authentiques chansons bas-bretonnes; c'est surtout à cause de nombreuses publications folkloriques qui, à cette époque, sont éditées dans toute l'Europe et que, élève libre à l'École des Chartes, il consultait dans les bibliothèques parisiennes. La première édition du Barzaz-Breiz aura la même présentation matérielle que les Chants  populaires de la Grèce moderne, publiés par Fauriel en 1824. Il occupe ses vacances à parcourir la Basse-Bretagne et à solliciter les collectionneurs de chansons populaires en breton. A Paris, il s'assure l'appui de savants justement estimés, mais qui ignorent tout de la langue bretonne : Augustin Thierry, Fauriel, et il commence à publier dans les revues quelques pièces du Barzaz-Breiz.Édité en août 1839, ce livre, texte breton et traduction française, fut habilement lancé, et les revues savantes de France, d'Angleterre et d'Allemagne lui consacrèrent des comptes rendus élogieux. Aurélien de Courson, De Kerdanet et d'autres Bretons furent seuls à refuser à ces chansons l'origine lointaine que La Villemarqué leur assignait; leur opinion ne fut pas publiée. Charles Nodier qui, l'année précédente, avait exprimé, au sein du Comité historique, la crainte qu'il ne surgît un Mac Pherson breton, garda le silence. De même, Sainte-Beuve : voisin de palier de La Villemarqué, il s'abstint par méfiance de faire un article sur le Barzaz-Breiz.
 
La Villemarqué et le Barzaz-Breiz Raymond Lebègue  
 
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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 13:27
 
 
 
 
Ar bempvet devezh warnugent, demeus ar viz genver
Kalonad me am boe bet, sevel ‘maez ma gwele
O sonjal an devezh, pezhani ’m boe da dremen
Allas a benn pe oe noz, me am boe bet anken
Me partias eus ar ger, (na) oen ket gwall diwehat
Ar c’hentan ker a antreen, oa en Sant Nikolas
Ar c’hentan ker a antreen, oa en Sant Nikolas
Na disdostit d’ar c’houvi, dindan an doen mein glas
Na pa oamp erru enan, ni oa digemeret
Gant paotred al livitenn, o pe an tokou trouset
A pa oa lanset an ordr, astenet an drapo
Na da gentan ‘vit koumans tennan ‘reas ar maeriou
Ha goude e teue war-lerc’h tro ar baotred yaouank
Ha peb hini a denne der ma hae deus a renk
Benn pa oa erru ma renk evit tennan ar bilhed
Ma c’hamarad ‚denne unneg, me a denne douzeg
Ma c’hamarad ‚denne unneg me a denne douzeg
Soudarded an assurans, partiet e zo ret
Met evit tennan ar bihed, netra ne vez gouiet
Ken a vefe bet ar « revue » diwar ar ganfarted
Benn pa oa bet « ar revue », soudarded oemp hon daou
Ni vont d’an nec’h gant ar ru de glask hon trikoloriou
 
 
Fanchig bihan, mevel an ti
 Kerhit e’it din da Gerouedi
Tapit din ma jao ha bridit ‘oñ
 Hag eh in me d’ar c’hoed getoñ”
“Demad deoc’h c’hwi plac’h ‘ag al lenn,
 C’hwi ganna gwenn, c’hwi walc’ha gwenn.
C’hwi ganna brav, c’hwi walc’ha gwenn,
 C’hwi walc’hey e vouchouer d’un den”
“Gannan ket brav, walc’han ket gwenn,
 walc’hin ket e vouchouer da zen”
“Kar me ‘m eus ur breur en arme,
 Ha pa ouiehe kement-se…
Ha pa ouiehe kement-se,
‘droc’hey ma goug ‘ziwar ma divskoe !
 
La chanson populaire bretonne nous est surtout connue par  divers recueils, au nombre desquels on peut citer le Barzaz Breiz de La Villemarqué, deux volumes de Gwerziou et deux volumes de Soniou de Luzel -ces deux derniers avec la collaboration   d'A. Le Braz; -par les textes publiés dans les revues, textes  recueillis par ceux qui les éditaient, ou extraits par eux de divers mss; -par la collection Penguern (Bibl. Nat., t. 89-95 et 111-112 du fonds celtique).
   
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A côté de cette chanson populaire d'origine «orale», et qui, dans l'ensemble, paraît bien la plus ancienne, -existe une autre chanson populaire, imprimée sur feuilles volantes, et c'est elle uniquement qui fait l'objet du présent catalogue. Cette chanson est en général plus moderne; elle est née du besoin de donner aux auditeurs quelque chose de nouveau : Guerz nevez, Chanson nevez, voilà ce qu'annonce fréquemment le titre des imprimés. Sauf les cantiques en l'honneur des saints dont il fréquentait les pardons, le chanteur ambulant n'avait aucune chance de vendre les vieilles  chansons traditionnelles trop connues; des faits divers sensationnels, catastrophes, crimes, inspirent souvent les bardes populaires. Quelle est l'importance numérique de cette chanson populaire «imprimée»? Il est bien difficile de le dire. Bien des feuilles volantes, au cours des années, ont pu et dû disparaître, déchirées   ou jetées au feu. Des collections particulières existent certainement, en dehors de celles que j'ai compulsées, qui en contiennent  d'autres non mentionnées ici. Le présent catalogue, basé sur le dépouillement de collections publiques et d'une vingtaine de collections particulières, ne représente donc pas la totalité des chansons sorties des presses de nos imprimeurs bretons. Des lacunes existent, que certaines indications ou certains recoupements permettent de constater. Je n'en citerai qu'un exemple. Ch. Le Goffic, à propos des bardes bretons (Ame bretonne, lre série, p. 15), nous dit que Yann ar Minouz avait composé plus de  300 chansons. Tout en faisant la part d'une erreur ou d'une exagération possibles, je suis loin de compte avec les 20 chansons de lui que je signale, les seules que j'ai rencontrées au cours de mes recherches. Peut-être Ch. Le Goffic a-t-il mis au compte de Yann ar Minouz, auteur, toutes les réimpressions commandées par lui à l'imprimerie paternelle. Le catalogue est établi par ordre alphabétique, en partant du titre de la chanson. Quand la feuille volante comporte 2, 3 chansons ou plus, les 2e, 3e chansons sont reportées à leur ordre alphabétique pour permettre de les retrouver plus facilement. Chaque chanson porte un numéro qui lui est propre. Toutefois, quand je fais un renvoi, ce renvoi indique la première chanson de la feuille volante où l'on trouvera la chanson recherchée. La première feuille volante indiquée est celle qui m'a paru être la plus ancienne, soit d'après la signature de l'imprimeur, soit d'après le papier employé. Il est difficile, la plupart du temps, de donner un ordre véritable aux éditions qui se sont succédées chez le même imprimeur ou éditeur : les formules qu'emploient les imprimeurs ne sont jamais les mêmes, et même elles sont  différentes d'aspect et de texte quelquefois, quand il leur arrive d'apposer une signature au pied de chaque chanson formant la feuille volante. C'est surtout d'après les signatures trouvées à la fin de la feuille volante que j'ai signalé les diverses éditions. Mais il y a des éditions qui ont la même signature et pourtant sont différentes. On ne peut s'en rendre compte qu'en les comparant, et la différence apparaît ou par les filets typographiques qui surmontent les chansons, ou qui les séparent, -ou par les culs-de-lampe, -chanson, -par les fautes typographiques qui varient d'une édition à l'autre, -par la justification du texte ou de la signature. Ce serait un travail excessivement long que de comparer toutes les feuilles volantes, et il demanderait en outre d'avoir sous la main, en même temps, toutes ces feuilles volantes. Donner tout au long les signatures des différentes éditions, -et en italiques, celles qui sont en italiques, -peut paraître  inutile, mais je crois que c'est là un des moyens  telle gwerz pieuse que les bardes chantaient les jours de pardon, concurremment avec les autres chansons... Les chansons bretonnes portent très souvent, à la fin, le mot  Propriété. Ce terme est d'une explication assez complexe. Généralement le barde vendait, pour un prix assez minime, sa chanson à l'imprimeur-éditeur, et celui-ci, après avoir donné un certain nombre de feuilles à l'auteur, devenait libre d'exploiter la chanson et de la vendre à tous les colporteurs qui se présentaient. D'autres fois, l'auteur gardait la propriété de sa chanson, et c'était à lui qu'incombait le soin de la vendre. Mais il arrivait aussi -et j'ai noté cette particularité chaque fois qu'elle était indiquée -que l'auteur vendait sa chanson soit à un particulier, vente à un colporteur ou chanteur ambulant, moins bien à un particulier : tel, par exemple, ce G. Le Roux qui achète de G. Poher, instituteur à Ploudaniel (Fin.), deux chansons; l'une sur les Conscrits de Ploudaniel, l'autre sur la Victoire de l'Aima : ce particulier veut-il s'assurer les bénéfices d'un éditeur? -II se peut aussi que le mot Propriété n'ait été imprimé sur des feuilles volantes...Les airs sur lesquels se chantent les chansons sont intéressants à relever. Non seulement ils permettent de savoir quels sont ceux d'entre eux qui sont les plus aimés du public, mais encore ils nous font connaître des titres de chansons antérieures ou perdues,   ou peut-être enfouies dans des collections inexplorées. Un des airs dont on se sert fréquemment est «Paotred Plouillau»....
 
Catalogue bibliographique de la Chanson populaire bretonne sur feuilles volantes (Léon, Trégier, Cornouaille) J. Ollivier. 
 
 
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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 12:10
 
L'orchestre breton, qui est exclusivement un orchestre de danse, ne se compose que de deux instruments : le biniou, qui est une cornemuse, et la bombarde, qui est un hautbois. En dépit de leur fabrication rudimentaire, ces instruments  -le second surtout -ont une sonorité pathétique et prenante; mais leur mécanisme primitif, leur registre limité leur interdisent l'exécution d'un grand nombre de modes, et l'octave de la gamme majeure demeure leur échelle favorite.
 
 
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Aussi n'est-ce pas à la musique instrumentale, mais uniquement aux mélodies vocales, que nous demanderons de nous révéler les richesses du système modal des Bretons. Ajoutons que les exemples qui suivent ont tous été recueillis par nous w, soit directement, sous la dictée des chanteurs ou des chanteuses, soit par l'intermédiaire de phonogrammes qu'enregistrèrent des Bretons dévoués aux souvenirs de leur race, -tels M. Vallée, de Saint-Brieuc; M. Le Moal, de Goadout; M. Even, de Tréguier, -lesquels eurent l'obligeance de nous les confier. Les Bretons n'aiment pas galvauder leurs mélodies devant des oreilles étrangères, et ils ne' consentent guère à chanter que pour qui les en sollicite dans leur langue. Il peut arriver, toutefois, qu'à un pardon, une fête d'épousailles ou d'aire-neuve, un touriste entende interpréter sônes et gwerzes. Demandez-lui ce qui le frappe en elles. Qu'il soit ou non musicien, il vous répondra en premier lieu que beau coup des thèmes qu'il vient d'écouter «n'ont pas l'air de finir». Et s'il a, de la musique, les connaissances élémentaires qu'on puise dans un traité de solfège, il ne manquera pas d'ajouter que «les Bretons chantent toujours en mineur». La première remarque, sous sa forme naïve, exprime une évidente vérité. Nous la formulerons différemment en disant que les airs bretons se terminent assez souvent sur une dominante ou sur une médiante. Quant à la seconde observation, nous avons vu qu'elle ne correspond en rien à !a réalité, le Mineur moderne étant précisément l'un des modes les moins usités des Bretons. Il n'empêche que l'opinion contraire est profondément ancrée dans l'esprit du public. Qu'on regarde les oeuvres de ces poètes montmartrois qui, frappés du pittoresque facile que leur fournit notre pays, se sont avisés de le mettre en chansons. C'est toujours en une complainte mineure que sont enveloppés les poncifs habituels : les ajoncs d'or, la lande triste, les menhirs, les korrigans et le bon cidre, et le «cloarec» amoureux, et la «douce» en coiffe de lin... Ainsi s'est créé, artificiel et factice, un genre musical «breton», que les Bretons sont précisément les seuls à ignorer. Il est hors de doute, en effet, que les thèmes très anciens que nous notons aujourd'hui, dans les campagnes bretonnes, et qui ne se sont conservés que par la tradition vocale, ont subi des altérations, en passant de bouche en bouche, sinon toujours dans leur ligne mélodique, du moins dans leur mouvement et dans leur rythme. Par suite, rien n'est moins certain pour nous que leur style primitif. -En outre, les chanteurs sous la dictée de qui nous les écrivons, mendiants, pêcheurs côtiers, chercheuses d'épaves, vieilles gens pour la plupart, ont souvent la mémoire capricieuse. Si l'air d'une chanson leur fait momentanément faute, ils n'hésitent nullement à le remplacer par l'air d'une autre cantilène, aux vers de mètre identique, mais d'inspiration parfois totalement y opposée. Et voici une nouvelle source d'erreurs ! -Enfin, le temps est loin où les bardes populaires composaient eux mêmes la musique de leurs chanson. Dans un grand nombre de chansons qu'on peut entendre à cette heure, en  Bretagne, les paroles sont beaucoup moins vénérables que la musique. Ces paroles, en effet, furent presque toujours composées sur des airs existant antérieurement   les poèmes primitifs sont peu à peu tombés dans l'oubli. De  telle sorte que maintes mélodies bretonnes sont comparables  à ces parchemins d'autrefois, dont on grattait le premier texte pour y substituer des écritures nouvelles
 
     
   
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Les 15 modes de la musique bretonne -Maurice Duhamel 1910              
 
     
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