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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 13:21

 

 

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Geoffroi de Corseul, l'homme le plus distingué de sa congrégation fut alors choisi par l'abbé de Marmoutier afin de succéder au prieur Durand. Grâce à Geoffroi de Corseul, l'ordre fut rétabli en ce prieuré insoumis de Léhon; plus tard, en 1187,  ce même prélat deviendra abbé de Marmoutier. Si Léhon était devenu possession de Marmoutier, c'était en partie dû à l'évêque Jean de Châtillon qui avait obtenu de transférer son siège épiscopal d'Aleth à Saint Aaaron devenu depuis Saint Malo. L'ordre de Marmoutier dépossédé de cette île fut ainsi récompensé du prieuré saint Magloire de Léhon, sous condition que les successeurs de Jean de Châtillon ne puissent revendiquer un droit juridictionnel sur Léhon. Mais très vite la promesse fut oubliée. A dater de cette réforme, Léhon avec son titre de prieuré conventuel, devint une véritable petite abbaye; et dans les lettres de créance des ambassadeurs chargés de traiter la rançon de Charles de Blois, prisonnier des Anglais, apparait la signature du Grand-Prieur de Léhon. A la fin du XIIe siècle, ce prieuré disposait des paroisses de Léhon, Evran, St Juvat, Brusvily, Trélivan, Trigavou, Evran, Tréverien, ainsi que les chapelles de St Thurian dite du Haut Bécherel en Corseul, St Nicolas des Champs en Lanvallay, St Gundofert de Mara et de Coëtmeur alors située sur le bord de la route conduisant de Trélivan à Dinan. Léhon disposait aussi dans l'évêché de Dol des paroisses de St Judoce, de St Scophile de Pleuguenan et la chapelle N-D de Lex; en celui de Tréguier : St Magloire de Châtelaudren; en celui de St-Brieuc : Lanleff, St Quay et Bréhat (enclave de Dol) et le baillage de St Queneuc en Quessoy.  Léhon disposait également de dîmes et autres biens sur les paroisses de Plouagat, Corseul,  Plouër, Caulnes, Tréfurmel, Yvignac, Tréverien, et St Enogat (le baillage de Dinard). Enfin est énumérée le bien anglais Ecclesie de Logrehan et de Huscour in episcopus Lincolnensi et ecclesia Sancti Cirici et Jutitte in episcopatu Abricensi

 

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Donations et possessions

 

 

D'autres dépendances du prieuré, les villages de la Grande et de la Petite Haie, en Léhon et Dinan, s'élevaient sur une partie de l'emplacement de la Ahia, forêt des sires de Dinan. Alain de Dinan, permit au prieur d'y prendre chaque jour une quantité de bois égale à une charge de cheval. Cette libéralité fut confirmée en 1209, par Juhel de Mayenne. En  1233 Gervaise de Dinan donna une portion aux moines en toute propriété. Ceux ci défrichèrent leur part : en 1298, Guillaume abbé de Beaulieu, scellait un acte par lequel Geoffroi Mengui et Thomasse sa femme, terminaient les contestations au sujet d'un moulin "apud Haiam Dinanni". Un demi siècle plus tard, un village avait remplacé la forêt : Yves évêque de Saint Malo, avec l'assentiment du prieur de Léhon, reconnaissait que le village de la Haia, alors très peuplé, étant trop éloigné de l'église paroissiale pour que ses habitants pussent entendre exactement la messe; sur la prière d'Olivier de Pinu, clerc, et d'Ollivier du Chalonge, le prélat ordonnait qu'une chapelle serait établie 'propre viam publicam, in territorio seculari" sous le vocable de Notre Dame et de Saint Martin; le prieur de Léhon, devait en être le patron et le présentateur.

 

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Sceau de Gervaise de Dinan et sceau du prieuré de Léhon

 

 

 

114 -Le bénéfice de Quessoy donné à Léhon
1148 -Don de l'église de Lanleff, et autres aumônes en Châtelaudren, Plouagat et Bréhat

115. Saint Magloire de Châtelaudren, érigé en paroisse et donné à Léhon
1161 Donation de Alain, fils de Jordan
1184 -accord entre Léhon et Alain, fils de Brien, au sujet des péagers de Corseul
1187 Pierre, évêque de Saint Malo, confirme toutes ses possessions de Marmout et dans son diocèse

1187 Donation de Tiphaine, abbesse de Saint Georges
1198 compensation données par Juhel de Mayenne, sire de Léhon, pour un étang en réparation
1209 Juhel de Mayenne ccorde des privilèges aux moines, relativement au vin et au bois de chauffage

1242 donation d'une partie de moulin de Bréchesac au prieuré, par Guillaume Babu et Lan Le Gantier, devant l'évêque de Saint Malo. Le moulin et les pêcheries de Brachesac étaient situés au bord de la Rance à Lanvallay. En 1295, le monastère payait encore à Agnès d'Appigné pour ces moulins un somme de "sexante sous de monaie corante; cel est à savoir es foires de Dynan trente souz, e ou liage de Dynan, autres trente souz".  

1242 Donation par Geoffroi et Guillaume de La Motte

'Gaufridus de Mota, miles, et Guillemus de Mota, frater ejus, novaris quod super quadam terra sita inter Doelet et fermam quam Olverius de ferma, avas noster, dedit Sancto Maglorio et quam G.Pictavinus tenet de monachis Lehonensibus et concessimus et juravimus, tactis et inspectis sacrosanctis Evangeliis; et litteras sigillo meo sigillavi pro me frato meo, quia sigillum non habebat, et sigillo eciam vicecomitis de Podovre, anno Domini M° CC° XL secundo'

1247 -P. archidiacre de Saint Maloi ntervient dans un procès entre Geoffroi de Fonteret et sa femme,  contre le prieuré, au sujet de la dîme de Tremelin.  

1249 -P. archidiacre, et Josce, doyen de Bobital constatent le don fait par Robert du Sancto Prato, d'une dîme qu'il possédait à Pleudihen -Robert, fils de Guillaume de Sancto Prato, donne aux religieux en 1249, une dîme qu'il possède à Pleudihen.

Janvier 1253 -Hamon Raoul, chevalier constate que Jeanne de la Renaudaie, engage au prieuré, sa part de dîme dans cette paroisse
1255 -Eudes de Quividi, signifie qe le prieuré devait jouir dans cette paroisse d'Evran du tiers de la dîme de Eudes Lhermine, chevalier
1277 -Raoul, archidiacre de Saint Malo, constate que Barthelemy de Richebois et Marguerite sa femme, avaient vendu au prieuré leurs dîmes de Trémereuc.
1290 -le doyen de Plumaudan,fait savoir que Hamon Paquez, chevalier, avait renoncé à toute ses prétentions sur les dîmes du prieuré de Léhon, en Yvignac

1290 -Jean & Allain Leblanc, chevaliers, donnent à Rolland prieur de Léhon, un revenu de froment sur la Chaperonnais en Evran
1291 -Robert de Broons et son frère donnent "à Dieu et aux moines de Léhon" un quart de froment à prendre à perpétuité sur la dîme de Plouasne 
 

1221 -Olivier de Coëtquen et en 1242 Geoffroi & Guillaume de la Motte, l'un une dîme au prieuré, l'autre une terre/

Au cours du XIIIe siècle, Léhon jouissait du droit de vendanger librement; il avait acquis de nouvelles dîmes et rentes en Plouasne, Plourhan, Lanleff, St-Quay, Pleudihen, Evran, Trevron, Yvignac, Trémereuc & St Potan.
1278 Alain d'Avaugour, sire de Goêllo, se fait religieux, et restitue à Léhon le manoir et l'hébergement de Portrieux "apud  Portam  Orieut"
Dans les dernières années du XIIIe siècle, sous le priorats de Guégo, 1261-1266; de Jean 1281;  de Robert, 1298; de Jean Le Febvre, 1303; et de Jean de Lovigné, 1312; Léhon acquit de nouvelles rentes et dîmes en Plouasne, Plouha, Lanleff, Evran, Trevron, Yvignac, et Trémereuc.

1278 -Geoffroi de Bourco, écuyer, dont le sceau portait un lion couronné, engage à Léhon deux dîmes en St Quay. Le prieuré possédait dans cette paroisse, un rocher sur le bord de la mer appelé vulgairement l'île de la Comtesse plus une pêcherie au pied.   

1299 -Accord avec Olivier de Lanvallay, pour un droit de folagium ou de mouture

1306 - Rolland de Trémereuc, chevalier, son frère et ses complices, avaient brutalement chassé Aufred, sergent du roi, qui était venu au manoir de Rolland, apporter une citation du bailli de Tours, à la requête du prieur de Léhon. On avait injurié le sergentet ceux qui l'accoppagnaient, enlevé leurs chevaux et bagages, et barricadé le manoir pour en interdire l'entrée aux gens du roi. Après enquête, le Parlement ordonne que la partie fortifiée du manoir sera détruite "salvis remanentibus domibus circa dictum fortalicium existentibus"; que Rolland sera détenu au Châtelet jusqu'à ce que ses complices et son frère y soient amenés, et que son revenu sera saisi, en laissant à sa femme et à ses enfants une pension suffisante à leur entretien

La même année, trois clercs étaient détenus dans les prisons du prieur de Léhon, sous prévention de meurtre. L'archidiacre de St Malo les réclamma, en raison de leur qualité de clercs. Après une enquête, il les déclara innocents, non toutefois sans avoir au préalable fait attester leur innocence par trois témoins "ad majorem cautelam, eisdem purgationem, indiximus in hunc modum, videlicet quod ipsi cum manu tertia se purgaren"

1318 -Jean de la Lande et Marguerite sa femme, échangeaient avec Léhon les restes qu'ils avaient sur les hommes du prieuré en St Potan. 

1319 -Le prieur de Léhon avoit fait semondre Gieffroy de Montfort, escuier, fils monseigneur Raoul de Montfort, chevalier, seigneur de Plancoit, pour plusieurs violances que ledit messire avoit fait audit prieur et à ses gens, lesqueux sont en la speciale garde du roy, qu'il saparut en sa personne en l'assise d'Avrenches à se qu'il s'amendast une monstre ou vueu d"heritage qu'il avoit faite ou feit faire en lour terre par les gens monsieur Guy de Bretaigne, au prejudice du roy, nostre sire et sa garde, depuis le defaut du roy et faite par gens commis à ce ..... et ce feit ledit Gieffroy quist terme de parler qui li fut octroié jusqu'à l'autre assise et commande qu'il vensist respondre à ladite assise..." . Geoffroy de Montfort ayant fait defaut, il fut assigné de nouveau et la signification en fut faite au lieu de Corroyt, son principal manoir et à Plancoët 

1325 -27 avril. -Lettres du roi Charles IV, données à Paris et adressées au bailli de Tours, sur la plainte de son procureur et du prieur de Dinan, il appelle que le bailli de Constances a été chargé de veiller à ce que ce membre de Marmoutiers fût maintenu dans ses droits et possessions. Malgré la publication de cette sauvegarde, quelques particuliers, parmi lesquels était Alain de Fossatis, pillaient à main armée les biens du prieuré. Le bailli de Constances s'étant refusé à faire droit aux plaines du prieur, celui de Tours est chargé de veiller à  ce que ces déprédations cessent et soient réparées

1341 -Vendredi après St Magloire d'été.- lettres de Charles de Blois, sire de Penthièvre, au prieur de Léhon, son ami et conseiller, et à Pierre Le Rey, receveur et garde des sceaux dudit Charles à Dinan, pour les prier de veiler à l'exécution des engagements pris par Jéhan Hervé et Tiphaine sa femme, de la paroisse de Léhon, envers le clerc Alain Bellesme : cette demande est faite parce que ces infdividus n'avaientaucun bien sous le fief de Charles de Blois
1543 -Pierre d'Acigné, thésauriser et chanoine de Nantes, rend un aveu au dauphin, duc de Bretagne, comme commendataire de Léhon. Il reconnait tenir le bailliage de Léhon : le bailliage de Trévron, où il y  a vignes et pressoir à vin, moulins, droit de foire le jour de St Laurent, patron de la paroisse, avec droits de coutume et bouteillage; le bailliage de Corsmur, emplacement de chapelle sur la route de Dinan à Broons, chapelle et métairie de St Bicolas; bailliage de St Trya, en Corseul (le froment s'y divise en depouche et deseille); le bailliage de Quivir, en St Potan; le bailliage de St Geran, en Plévenon; le bailliage de St Juvat dans cette paroisse, et celui de St Quenneuc; de Dinart, en St Enogat; de St Judoce; de Plougueneuc; de la Ville Gromil, en Evran. Il déclare la haute moyenne et basse justice, sèpe, colliers et justice patibulaire. - Métairies. -Dîmes en Evran, St Judoce, Lanvallay, Tréveron, St Juvat, Tréméven.

1644-Le roi arrente les terres du fief de Léhon aux religieux et leur donne les ruines du château. "consistant en huit tours autour des murailles dudit chasteau toutes ruinées, un donjon au milieu de l'emplacement diceluy et quelques murailles restantes sur le boult et les aultres tombées; dans lequel chasteau est présentement un verger planté de pommiers et aultres arbres fruitiers contenant environ deux tiers de journal avec les terres vaines et vagues qui en dépendent, contenant deux journaux, tiers de journal seze cordes, joignant d'un côté à l'étang du Duc, etc."   Avant ce don, le château avait été arrenté pour 1. livres par an aux religieux (vieux château de Léhon ci dessous)

 

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 20:29
 
 
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Le Graduel de Fontevraud (Bfm Limoges, Ms. 2) est certainement la pièce la plus exceptionnelle conservée à la bibliothèque municipale de Limoges. Ce manuscrit copié dans la deuxième moitié du XIIIe siècle est un livre liturgique contenant pour une année les chants de la messe à l'intention des moines et des chanoines. Les particularités liturgiques du texte permettent de dire qu'il fut en usage à l'abbaye de Fontevraud (actuel Maine-et-Loire). Le graduel est dit d'Alienor de Bretagne, seizième abbesse de Fontevraud (1302-1342) car son blason se trouve reproduit sur les tranches du manuscrit mais on sait à présent qu' il a été copié et enluminé vers 1250-1260 dans l'atelier parisien de Nicolas Lombard. On ne connait pas le destin du volume avant que celui-ci entre en possession de Pascal Hugonot, abbé de la Couture du Mans, qui en fit don en 1387 à l'église collégiale de Saint-Junien. Le graduel était encore à Saint-Junien au milieu du XVIIIe siècle, lorsqu'il fut étudié par l'abbé Joseph Nadaud. C'est certainement à la Révolution française lors de la saisie des biens religieux par l'Etat, qu'il a été déposé à Limoges. Le Graduel d'Alienor est doublement remarquable : par son iconographie riche et originale et par son contenu musical (c'est une source exceptionnelle pour l'étude de la pratique du chant grégorien aux XIIIe et XIVe siècles). Il est généralement admis que le graduel en question aurait été réalisé à Paris vers 1250 1260 dans l'âtelier de Nicolas Lombart et aurait été confié  à Aliénor vers 1290 par le  duc Jean II de Bretagne & Béatrice d'Angleterre, parents de la dite abbesse
 
 
Ci dessus illustration du graduel, et sceau d'Alienor de Bretagne
 
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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 18:35

 

 

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Le premier prieur de Léhon : Condan se retira dans la solitude et laissa la charge d'abbé au frère Siméon en 869. L'abbaye sous la protection des souverains de Bretagne avait prospéré et bientôt aux cinq premiers fondateurs vinrent se joindre d'autres disciples. Mais l'an 975, les Normands déferlèrent sur le littoral de la Bretagne et profitant du flux de la mer, ils remontèrent jusqu'à Léhon s'y livrèrent au pillage et incendièrent le lieu. Cependant, Junan, alors abbé du lieu avait choisi avec sa communauté le chemin de l'exil et emporté avec lui la précieuse relique de Saint Magloire. Salvador alors évêque d'Aleth et un  groupe venu de Augustodurum* les accompagnèrent vers un avenir incertain protégeant quant à eux les saintes reliques de Malo, Paterne et de Samson. La troupe arriva bientôt aux portes de Paris et fut reçue par Hugues Capet le souverain franc qui mit les précieux ossements dans la chapelle royale de saint Barthélémy. Le modeste couvent breton avait donné naissance à l'illustre abbaye saint Magloire de Paris, lieu où repose depuis en paix le saint abbé Junan. Mais les moines bretons profitant de la présence à Paris du comte Béranger de Rennes s'en furent lui demander l'aumône, ainsi le comte de Rennes et le roi Robert participèrent à la renaissance du prieuré breton. L'abbé Harduin et six religieux s'empressèrent de retourner à Léhon afin de lancer le chantier de la restauration, le seul souci pour eux fut de ne pouvoir s'emparer des reliques de leur bienfaiteur, en effet le capétien s'y était formellement opposé !

 

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Buste de Saint Magloire 

 

*Augustodurum : Bayeux   

 

En quelques années, le prieuré de Léhon retrouva sa splendeur passée, et de retour de Redon où il s'en fut étudié la règle de saint Benoit, Brito introduisit la réforme, mais très vite le prieuré breton fut regardé comme simple dépendance de saint Magloire de Paris et devint simple prieuré. Dès lors un bras de fer s'engagea entre la prétentieuse communauté de Paris et la frêle congrégation bretonne. C'est aussi à cette époque que la lutte entre Tours et Dol donnait lieu à des querelles : les Bretons souhaitant se soustraire à toute influence étrangère. Durand gouvernant la communauté de Léhon depuis 1155 osa défier l'abbaye de Paris en signant Durandus abbas sancti Maglorii Lehonensis au bas d'une charte d'Albert évêque de Saint-Malo, donnée vers 1170 au sujet d'une transaction passée entre l'abbaye de Saint Melaine et Rolland de Dinan. L'affaire fut portée devant le Pape, et le différend faillit se terminer devant la justice risquant de ruiner les deux monastères jusqu'à ce que l'évêque de Saint Malo proposé que Léhon soit soumis à l'abbaye de Marmoutier. L'arrangement proposé fut accepté par les deux partis et en prime l'influence de Marmoutier permettrait au prieuré de Léhon de connaître une profonde réforme nécessaire face au laisser-aller. Semblable arrangement entre Marmoutier et Paris permit à l'ordre bénédictin de recevoir Léhon et Bailleul et l'abbaye st Magloire de Paris de s'enrichir des prieurés de Versailles, de Chaumont et de Chalifer. La conciliation eut lieu avec l'assentiment de Albert, évêque de Saint Malo dont la paroisse de Léhon relevait et de Rolland de Dinan, seigneur temporel du lieu. Le Pape Lucius III, Geoffroi duc de Bretagne, son père Henri II d'Angleterre et Philippe Auguste roi de France souscrivirent à cet accord dans un acte passé à Angers l'an 1181 en présence de la duchesse Constance et de nombreuses personnalités : l'évêque de Saint Malo, l'abbé de Marmourier, Rolland de Dinan, Alain, vicomte de Rohan.... 

 

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Sceau du duc de Bretagne Geoffroi 

 

Apud Lehonium

 

postquam igitur sanctissi viri Maglorii sacratissimum corpus, celeste donum specie, de Sargia insula ad Lehonense monasterium, domino ducente, delatum est, multitudo populi undique secus conglobata, audita fama sancti viri et amenitate loci, cum multis muneribus ad prefatum locum fluitare cepit. Erat enim prefatus locus cunctis videntibus quasi paradisus, situs in latere montis, super ripam flumitis, in planicie telluris, inter vineas fertiles, inter herbus bene olentes, inter pinicferas et pomiferas arbores honorifice constiturus. Ergo, mirabile dictu, refugium de monte, pisces de flumine, copiam vini et frumenti de tellure, de herbis odoriferis pocula delectabilia, de arboribus poma suavia usui fratrum divino nutu ministrabat. Quid plura ? Fratres ibi monastice viventes, pro virute sancti Maglorii nichilo indigentes, uno tantum infortunio laborabant, eo quod virtute sancti Maglorii nichilio indigentes, uno tantum infortunio laborabant, eo quod templum idoneum saxeo opere constructum non haberent, in inito cconsilio, animo consternati, pari voto cleri et populi, illam parvam ecclesiolam que ibi erat vili scemate factam decreverunt solo coequare, et meliorem majoremque lapidibus politis et lignis electissimis pro illa restituere...

   

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 13:52
 
 
 
Ni Breizhiz a galon, karomp hon gwir Vro !
Brudet eo an Arvor dre ar Bed tro-dro !
Dispont e kreiz ar brezel, hon tadoù ken mat
A skuilhas eviti o gwad
 
O Breizh ! ma Bro ! me'gar ma Bro ;
Tra ma vo'r mor'vel mur'n he zro
Ra vezo digabestr ma Bro !
 
Ar Vretoned a zo tud kalet ha kreñv ;
N'eus pobl ken kalonek a-zindan an neñv ;
Gwerz trist, son didius a ziwan enno ;
O! Pegen kaer ez out, ma Bro !
 
Breizh, douar ar Sent kozh, douar ar Varzhed,
N'eus Bro all a garan kement 'barzh ar Bed ;
Pep menez, pep traonienn d'am c'halon 'zo ker;
Enno 'kousk meur a Vreizhad taer !
 
Mard eo bet trec'het Breizh er brezelioù bras,
He yezh a zo bepred ken bev ha biskoazh ,
He c'halon virvidik a lamm c'hoazh 'n he c'hreiz,
Dihunet out bremañ, ma Breizh !
 
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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 11:22

 

Alors qu'il venait de combattre avec succès les troupes franques, Nominoë vint un jour chasser dans la vallée de la Rance, et alors qu'il était en train d'exciter l'ardeur de sa meute, il vit tout à coup surgir devant lui, comme une apparition : six fantômes, six solitaires émaciés, vêtus de peaux de chèvre. Six moines qui suivant les vieilles règles du monachisme celto-breton, s'étaient retirés au fond de ce désert, sur la rive gauche de la Rance afin d'y prier, d'y méditer...A la vue du souverain, ils se prosternèrent à ses pieds et le supplièrent de les aider.

-Avez vous quelques reliques de saints demanda Nominoë, car si je vous donne de la terre, je voudrais pouvoir compter en tous mes périls, en toutes mes affaires, sur l'assistance de vos saints. Hélas les ermites n'en disposaient nullement et dès lors Nominoë accepta de leur donner de l'argent mais leur fit comprendre que avec des reliques il pourrait faire davantage... 

 

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Alors les moines prirent la décision de se rendre en l'Île de Serk afin d'aller y récupérer les reliques de Saint Magloire, le succésseur de saint Samson sur le siège épiscopal de Dol. Mais  là bas, la relique était sous bonne garde, et il fallut tromper la vigilance des habitants de l'île afin de s'en emparer et la ramener en Bretagne, dans un premier temps une première visite permis de répérer les lieux, enfin Gondan retourna à Serk et profita que l'île était plongée dans le sommeil pour soustraire les ossements.  Certe, dès que le vol fut reconnu, une patrouille se lança à la poursuite du malfaiteur mais au moment de l'aborder, une tempête miraculeuse les empêcha de  récupérer le trésor sacré !

 

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Alors avisé de la situation Nominoë tint parole et procéda à la donation de riche domaine et à la fondation d'un prieuré dédicacé à Saint Magloire. L'endroit fut dès lors vénéré, moines et pèlerins y affluèrent tandis que le site fut embelli. Une basilique en pierre remplaça le modeste sanctuaire en bois.

"Ce lieu estait à tous ceux qui le véoient aussi comme paradis, et estait assis en costé d'une montaigne, sur la rive d'une yaue, en plaineté de terre, entre vignes plantureuses et herbes bien flairans, et entre arbres portans pins et pommes. Et, qui est merveille à dire, il avoit deffense par la montaigne, poissons par l'yaue, et par la terre habondance de vin, de blez, de fruiz doux et soëves, et de herbes pour l'usage des frères. Et les frères qui là vivoient comme moines n'avoient défaute de rien par la vertu de saint Magloire. Une chose seulement les grevoit : c'est qu'ils n'avoient pas moustier de pierre où ils fissent dévotement le service divin et où ils missent honorablement le corps d'un si grant homme " 
 

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 07:24

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 14:51

 

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Michel-Alain Picot de Limoëlan (ci dessus) est à l'époque qui nous intéresse l'un des plus importants propriétaires fonciers de Bretagne. Fils aîné, et donc le principal héritier d'un gros armateur de Saint-Malo, qui fut en même temps et jusqu'à sa mort en 1742 le gérant des biens de Mahé de La Bourdonnais en terre malouine, il avait acquis en 1758, avec le manoir de Limoëlan, près de Broons, dans les Côtes-du-Nord actuelles, des lots fort importants de terres labourables, de prés à élevage, de bois de rapport, de rivières et d'étangs, sans compter les fermes et habitations de ses métayers et ouvriers. Limoëlan déclare lui-même, dans son Épître à Turgot, en tête de son «Dictionnaire» : «J'ai un très nombreux domestiques, parce que je fais valoir un domaine très considérable».Père de famille, il a quatre filles et trois garçons; les deux aînés des garçons sont en pension à Paris, dès 1775; ils deviendront officier, marin, négociant. Limoëlan suit de près leur éducation et il nous expose ses principes d'éducation Propriétaire foncier, il gère lui-même ses terres et ses biens. Cette gestion est faite avec exactitude et justice, selon les principes qu'il nous fait connaître. Nous en avons pour preuves les précieux carnets de comptes où, pour les années 1780-1782, sont relevés avec précision les noms des ouvriers, leur qualification, leurs journées de présence, leur salaire en argent ou leur gratification en nature. Suivirent les événements que nous connaissons : les assemblées de Bretagne, où la noblesse refusa d'envoyer des députés aux États généraux, les décrets de la Constituante et de la Législative sur l’Église de France, enfin les péripéties de la guerre de Vendée et de Bretagne. Limoëlan montra dès l'abord quelque sympathie à des événements qui semblaient annoncer de la nouveauté. Il participa au comité de district de Broons, il en assuma même la présidence quelque temps. La bonne entente entre le seigneur et le maire de sa commune, Sévignac, est manifeste, mais les suspicions, les interrogatoires, les vexations des membres du district se multiplient. Excédé, tandis que son fils Joseph rallie la chouannerie, Limoëlan se retire pendant plusieurs mois chez son beau-frère et sa sœur Désilles à La Fosse-Hingant; il entre dans l'affaire La Rouerie, qui l'entraîne à l'échafaud le 27 juin 1793. Revenons à notre gentleman-farmer. Très préoccupé de «science   économique» (c'est son expression), Limoëlan cherche tout autant le meilleur rapport de ses biens qu'une situation plus équitable pour ses fermiers et ses ouvriers. «II y a longtemps que je méditais sur les sources différentes des maux et des misères humaines.» Fortement marqué par les théories économiques des physiocrates, il est abonné à la Gazette d'agriculture et aux Éphémérides du citoyen où collaborent Victor de Mirabeau et Dupont de Nemours.

 

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Il a dans sa bibliothèque La théorie de l'impôt de Mirabeau et son Ami des hommes, le Contrat social et l’Émile de Rousseau, l'Esprit des lois de Montesquieu et celui de Mably; bientôt il acquerra l'Administration des finances de Necker et son Compte rendu au Roi. Il a suivi avec passion les réformes entreprises par Turgot. Ses lectures, ses réflexions, l'esprit de nouveauté l'enchantent et l'incitent à écrire un «Dictionnaire des abus». Limoëlan voudrait travailler efficacement à «accélérer le bonheur de ses concitoyens». Aussi cherche-t-il à les éclairer sur leurs « véritables intérêts ». D'autres l'ont tenté avant lui, mais n'ont pas été entendus, soit parce que, parmi les habitués des cabinets de lecture, «il en est peu qui lisent pour s'instruire véritablement», soit par. Il écrira donc «pour éclairer la multitude, pour être lu de ceux qui ne peuvent donner qu'un quart d'heure à la lecture, pour les femmes et les enfants». Il écrira «en simple particulier» «pour hâter les moments de la félicité publique..., le bonheur du peuple français et la gloire de son Roi».  Mon plan est de «promulguer les véritables connaissances, de découvrir les erreurs de nos coutumes et de notre administration et d'aplanir par là les voies aux ministres futurs». C'est, dit-il, «la science économique» qu'il veut étudier concrètement dans le cadre de la vie paysanne bretonne. «Je suis Breton et je m'intéresse vivement à tout ce qui peut faire le bien-être de mes compatriotes. Mais comme je suis habituellement à la campagne depuis bien des années, je ne parlerai guère que des choses qui y ont un rapport plus ou moins direct, en fixant d'abord mes regards sur mes entours, c'est-à-dire sur les paysans au milieu desquels je vis les manœuvres des 'fauteurs de l'ignorance et des propagateurs de l'erreur'. Pour Limoëlan, «la liberté du commerce des grains et des vins dans l'intérieur des provinces qu'a tâché d'établir» Turgot en 1776 était certes «un grand bien», mais «il n'était que le prélude de tous ceux qui étaient nécessaires». La réforme des impôts, c'est-à-dire leur plus juste répartition, devrait être la conséquence de la liberté reconnue pour tous. L'abolition des impôts indirects s'impose. L'impôt sur le revenu serait la ressource essentielle de l’État. «Tout impôt qui se lève sur autre chose que sur le revenu est spoliation». Cette réforme sera «le thermomètre de la félicité publique». Ces réformes rejailliront nécessairement sur la vie de toutes les catégories de citoyens, et au premier chef sur le monde paysan, car elles contribueront à alléger le coût de la vie. L'amélioration de la vie des paysans, Limoëlan la voit surtout dans «l'anéantissement» définitif et radical des droits féodaux. «Ce serait un des plus grands pas que pourrait faire le gouvernement vers la félicité publique». Le «Dictionnaire des abus» condamne, par exemple, les droits d'asile, d'aubaine, les corvées, les droits d'échange, de lods et ventes ; il demande, au nom de la liberté de la propriété et en vue de faire abaisser les prix, la suppression des douanes, des péages, de la gabelle, etc. L'un des remèdes les plus inattendus qu'il propose d'ailleurs avec une certaine passion, au profit, croit-il, du monde paysan, c'est la suppression des fêtes chômées. En raison de ces fêtes, constate-t-il, les ouvriers perdent plus d'un mois de salaire annuellement. Que l’Église reporte ces solennités au dimanche, et tout le monde y gagnera: l 'ouvrier dont le salaire augmentera, mais aussi « le seigneur, le propriétaire, le fermier, le décimateur». Ce serait également tout bénéfice pour la moralité publique, puisqu'on aurait moins de loisirs pour s'enivrer. Nos physiocrates sont loin encore de la notion des congés payés ! Dans l'argumentation de Limoëlan, soyons justes, un point est à relever : le salaire vaut mieux que l'aumône ou, ce qu'il appelle «la charité manuelle» : « Le nécessiteux couvert la veille serait encore nu le lendemain» Il s'élève ensuite contre les « abus et effets pernicieux de l'éducation ordinaire et privée», ce qui semble viser l'éducation donnée par les précepteurs dans les familles, et il prône « l'éducation publique de la nation». Il insiste néanmoins sur l'éducation du premier âge réservée aux parents. Son premier principe est l'appel au cœur. «C'est au cœur des enfants et non pas à leur esprit qu'il faut parler d'abord». Aussi faut-il «prévenir» plutôt que «corriger», «ne donner rien aux pleurs», mais sans jamais provoquer de «peurs imaginatives». Il est enfin assez fier de l'éducation qu'il donne à ses propres enfants : «Ils ont été chez moi jusqu'à sept ans ou même huit ans que je les ai envoyés au collège (à Paris). Ils ne sont ni plus spirituels ni plus privilégiés des dons de la nature que leur raison, mais j'ose dire qu'ils sont tous bons et doux, qu'ils seraient fâchés de faire mal à n'importe qui». Il n'a pas craint, affirme-t-il, de «faire coopérer son nombreux domestique à créer les mœurs et le caractère de ses enfants» Malgré les longues réflexions de Limoëlan, malgré sa magnifique bibliothèque, malgré son information régulière, il ne put mener à terme son projet, et le «Dictionnaire des abus», pris et repris, ne fut jamais achevé. En eût-il eu le temps, il n'est pas sûr qu'il y soit parvenu. En effet, il ne réussit pas à tracer un plan logique et précis ni à donner à ses notes une structure suffisante; il n'eut pas le talent de synthétiser sa pensée ni de discerner les lumières et les ombres dans le tourbillon des idées de son siècle. Homme de cœur, aux généreux élans, il s'intéressa activement au sort de ses ouvriers, il se dévoua à ses enfants et à sa famille, il accueillit avec faveur les débuts prometteurs de la Révolution et il se compromit jusqu'à l'échafaud pour son roi. Il n'était pas fait pour écrire. C'est alors que son frère cadet, Pierre-Joseph Picot de Clorivière, revint à Limoëlan, après, sans doute, vingt ans d'absence. Entré chez les Jésuites en 1756 à Paris, réfugié en 1762 dans la province anglaise de son Ordre après la suppression de la Compagnie de Jésus en France et après avoir assuré l'aumônerie d'un monastère de bénédictines anglaises à Bruxelles, les décrets de Marie-Thérèse d'Autriche l'obligèrent à rentrer en France en septembre 1775. Clorivière a quarante ans. C'est un esprit mûr. Sa formation intellectuelle est solide : c'est un théologien et un spirituel. Le voilà donc installé à Paris. Il prêche en ville et aux alentours. Il commence cependant par reprendre contact avec sa famille parisienne et bretonne, avec son frère Alain-Michel et sa sœur Jeanne-Rose, mariée à un Désilles, à Saint-Malo. sa sœur Jeanne-Rose, mariée à un Désilles, à Saint-Malo. On devine les discussions des deux frères et leurs prises de position, — logiques, fermes et vigoureuses de la part du théologien, généreuses, mais floues, voire sujettes à caution de la part du maître de céans. Leur amitié a toujours été et restera grande. L'ex-jésuite emporte-t-il avec lui le travail ébauché de Limoëlan ? On le croirait volontiers à lire Le modèle des pasteurs ou Précis de la vie de Mr de Sernin, curé d'un village dans le diocèse de T***, que publie Clorivière en 1779 à Paris. Quoi qu'il en soit, les rêves réformateurs en faveur des paysans et la dénonciation des abus se transforment en pastorale sociale fort concrète dans la paroisse sous-développée de Sernin, et les réflexions quelque peu hasardeuses du frère aîné deviennent des Fragments sur la religion, l'éducation, l'homme, la vertu, le bonheur. Si Le modèle des pasteurs ne répond pas entièrement aux espérances et aux intentions de Limoëlan, l'ouvrage n'en constitue pas moins, dans le goût et le style du XVIIIe siècle, un «projet» qui contribuerait à la réforme» sociale. Extrait de Un gentleman-farmer breton au XVIIIe siècle: Michel-Alain de Limoëlan (1734-1793) par André Rayez  

 

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 Liste des employés de Limoëlan et le vieux château de Limoëlan

 

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 06:58

 

Dans le district de St-Brieuc « une bande de ces rebelles commandée par Duviquet qui a subi le dernier supplice, ensuite par Garfort qui en est encore le chef, désole le territoire. Elle parcourt une ligne depuis Lamballe jusqu'à Matignon et une autre depuis Lamballe jusques vers Loudéac. Elle a deux grandes forêts pour se réfugier, Lorges et la Hunaudaye et plusieurs bois très étendus. Cette bande, qui ne s'est presque jamais dissoute depuis l'an IV, a désolé longtemps les environs de cette résidence. Les plus dangereux étaient Duviquet, Pelit-Port et Villemain. Inutilement les royalistes non armés voudraient insinuer que cette bande n'a aucune affinité avec la haute chouannerie. On sait à n'en pouvoir douter que si l'organisation générale reste dans les ténèbres, il existe de petits rassemblements en activité qui servent à attaquer les voitures publiques à mettre à contribution les acquéreurs de domaines nationaux, et à tenir les républicains dans une continuelle inquiétude. Cette bande a été infiniment affaiblie; trois sont dans les fers, deux ont été assommés par les paysans; un est mort de la petite vérole, un autre a abandonné et trahi le parti. Il en reste encore 7 à 8, nombre suffisant pour effrayer les patriotes des campagnes et pour commettre bien des assassinats, L'administration centrale fait à cette bande une guerre continuelle. Elle a réussi à ce que la plupart des paysans se sont déclarés contre ces nouveaux brigandages et plusieurs s'empressent de les dénoncer et ceux qui ont été capturés ont été pour ainsi dire livrés par eux. Le chef Garfort est dit-on mourant par suite de deux coups de feu qu'il a reçus dans une maison où 6 volontaires déguisés le trouvèrent seul, et le manquèrent. Il s'échappa de leurs mains après avoir été blessé. Le district de Guingamp n'a encore inspiré aucune crainte. La bande de Carfort peut y paraître quelquefois; mais c'est seulement en passant. Il semble cependant que Debarre, chef de division... a l'intention d'y risquer quelques démarches. Le district de Pontrieux paraît faire partie d'une nouvelle organisation qui aussi comprendrait le pays de Léon en Finistère et celui de Tréguier du district de Lannion. Cette division d'après des renseignements récens aurait un général particulier, et Durumain y serait employé. On ne connaît pas de détails très circonstanciés et il faudra que de nouvelles captures viennent éclaircir les doutes. Cependant on prévoit que cette nouvelle division est pour la côte. Partie du district de Lannion serait comprise dans cette organisation et l'autre partie ainsi que tout le district de Rostrenen seraient sous le commandement de Debarre. Ce Debarre surnommé le Prussien dénomination qu'il aura sans doute changée . Au contraire les anciens districts de Guingamp, Lannion et Pontrieux étaient «plus attachés à la République, quelque fût le goût de la monarchie dans quelques cantons.» En l'an IV, le commissaire du canton de Lézardrieux disait des habitants «ils sont patriotes; ils ont de l'aversion pour les nobles et les prêtres réfractaires qui n'ont que peu de partisans... toutes les lois s'exécutent... et jamais il n'y a eu de troubles.» Debarre et sa bande parcouraient surtout Glomel, Silflac et les environs de Rostrenen, presque toujours accompagné du marquis de Liscouet et de plusieurs autres émigrés après la capture de Poencès, a le grade de chef de division colonel. Sa division s'étend dans les districts de Rostrenen et de Lannion des Gôtes-du-Nord et dans les parties limitrophes du Morbihan et du' Finistère. Il a reçu l'ordre récent de prolonger son organisation dans le district de Guingamp, sa division est composée de 8 cantons. Il commande sous les ordres du général Georges, ancien général des chouans dans le Morbihan qui s'était soumis à l'époque de la pacification de l'an 4 et qui s'est de nouveaudéclaré en rébellion. Il paraîtrait que ce Georges compterait sur une organisation de 8 divisions : ce qui formerait tout le territoire du Morbihan et partie des districts de Lannion, de Rostrenen et de Loudéac des Côtes-du-Nord et de Montfort d'Ille-et- Vilaine. Sans doute s'il éclate ultérieurement une explosion, l'embrasement commencera à se manifester dans le Morbihan et ne se propagera dans les Côtes-du-Nord que par les résultats. On ignore si les mêmes données existent dans les départements de la Mayenne, d'Ille-et- Vilaine et de la Sarthe; mais on le suppose, parce que l'Angleterre en stipendiant des organisateurs, leur aura recommandé de réunir les éléments de l'ancienne chouannerie et d'en former un nouvel ensemble auquel on puisse donner, quand il en sera temps, un mouvement simultané.» On peut donc supposer que tout est prêt en vue d'une action éventuelle; sur tous les points, de petits partis attaquent les voitures publiques et entretiennent les hostilités . II semble qu'en l'an VII, il y ait eu recrudescence du « chouanage ».Dans la 2« décade de vendémiaire an VII, on saisit sur un chef de bande, tué à Loguivy-Plougras, « des pièces qui étaient ses instructions. On y voit clairement énoncé le dessein horrible d'assassiner les généreux amis de la liberté habitants des campagnes, celui de piller les caisses des percepteurs des contributions et d'arrêter sur les grandes routes les fonds de la République que l'on voiture; l'ordre y est donné de travailler à la levée de volontaires dans chaque paroisse et de choisir des lieux sûrs pour en faire des dépôts d'armes et de munitions »

 

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 06:04

 

 

Louisel, ancien employé dans les fermes,  émigré, est celui auquel on adresse les dépêches. Ce Louisel se tient souvent dans lacommune d'Erquy canton de Pléneuf. Ces paquets sont apportés tantôt par un nommé  Macé dit Jules de Rucca près Lamballe et par Chateaubriand ex noble émigré, marié à Jersey avec une anglaise et aussi par Noël dit Auguste de Saint-Briac. Le commissaire du gouvernement près la municipalité de Dinan avertissait le commissaire central du département, le 7 floréal an VI, que Noël avait débarqué au Guildo avec douze sacs de monnaies d'or et dedépêches. Macé est le fils d'un paysan auquel sa famille avait donné une éducation scholastique. Il était abbé au commencement de la Révolution et se retira pendant longtemps chez une femme Roncieres ex noble dans les environs de Plancoët. II â aussi de fréquentes habitudes, et à chaque fois qu'il vient en France, il ne manque pas de voir et de séjourner chez Bergerac, ex noble demeurant dans la commune de Créhen du canton de Plancoët. Ce Macé jouit de la plus grande confiance du duc de Bouillon qui dirige de Jersey l'ensemble de la correspondance. Ce Jules était encore sur le terrain dans la première décade de Nivôse dernier. Alors Louisel était chez Bergerac et le conciliabule principal se passa dans cette maison. L'on n'a pu en savoir les particularités secrètes; mais on a appris de Jules par d'autres intermédiaires que sans doute on préparait une expédition en Angleterre et qu'une descente aurait lieu au printemps; qu'Auguste ou Noël était actuellement employé pour la correspondance qui se fait par Saint-Coulomb entre Cancale et Saint-Malo. Il est utile à cet égard de rapporter un fait récent qui aurait du tenir sa place lorsqu'on a parlé de la disgrâce de Puisaye. On se rappellera que Dufour avait cherché les moyens d'assassiner Keranisan. Fremy de Keranisan, chargé par Botherel de préparer le remplacement de Puisaye, était devenu suspect à Dufour «qui tenait la correspondance dans la partie de Saint-Coulomb entre Saint-Malo et Cancale» Dufour avait résolu de tuer Fremy qu'il supposait caché dans les bois de la Heusselaye près Montauban. L'intervention des troupes républicaines de Saint-Meen avait mis la bande de Dufour en fuite et fait avorter son projet.Le même a pris encore ombrage contre un nommé Bertin de Saint-Malo, émigré, constamment chouan et qui n'a point remis les armes. Ce Bertin devait remplacer immédiatement Dufour et dès lors sa mort fut résolue. Dufour tendit pièges sur pièges à Bertin qui a eu le bonheur de les éviter; mais un nommé Saint-Gilles noble chouan rentré, mais émigré et non sorti par suite du 18 fructidor, a été tué dans la commune de la Gouesnière, entre Châteauneuf, Saint-Malo et Cancale, il y a environ 4 mois. On assure que Dufour s'était embusqué pour attendre Bertin; que Saint-Gilles se présenta au passage et reçut le coup funeste. Il est à croire qu'on a voulu soustraire Bertin à l'animosité de Dufour et que Noël dit Auguste a été chargé de la correspondance dans cette partie. Ce Noël a eu récemment un accident à Jersey : il s'est cassé la cuisse. Les organisateurs de la nouvelle chouannerie ont paru à plusieurs reprises dans le ci-devant district de Dinan; ils n'y ont point reçu d'accueil : ils ne sont aucunement en mesure pour opérer un soulèvement. Il ne faut pas confondre à cet égard les rapports qui ont été faits et qu'a donné pour constants le commandant de Dinan sur un nommé Richard chef de chouans non rentré et qui, après la pacification, s'est retiré à Jersey. Ce Richard pendant la chouannerie a été l'effroy des cantons de Corseul, Plancoët et Ploubalay et aussitôt qu'il arrive quelque correspondance à la côte, on croit toujours voir Richard. Le fait est qu'il a déplu au Duc de Bouillon et qu'il végète dans la disgrâce à Jersey. Le 27 floréal an VII, la municipalité de Broôns, sur avis des commissaires du gouvernement près les cantons de Trémorel et de Broons, décide de maintenir en état d'arrestation Mathurin Dreux, secrétaire de la municipalité de Trémorel, prévenu d'avoir voulu enrôler des jeunes gens dans la nouvelle organisation chouannique et d'y figurer comme second chef du canton». Dans le ci-devant district de Lamballe on peut compter à peu près sur les mêmes dispositions. Le ci-devant district de Broons donne plus d'inquiétudes en ce que Robinot Saint-Régent chef de chouans non rentré émigré, ennemi implacable de la République y fait sa résidence. Il est revenu d'Angleterre, il y a plus de six mois, avec des pouvoirs très étendus. Son séjour, dans cette contrée, y a porté l'alarme et plusieurs familles l'ont quittée pour aller se mettre en sûreté dans des communes protégées par la force armée. Ce Robinot Saint-Régent parait chargé d'organiser la chouannerie nouvelle dans les ci-devant districts de Broons, Loudéac et partie de celui de Dinan (canton de Tréfumel) des Côtes-du-Nord, dans partie de celui de Ploermel du Morbihan et partie de celui de Montfort d'Ille-et-Vilaine. Le canton de Trémorel du ci-devant district de Broons très éloigné de l'Administration centrale qui ne peut pas le surveiller avec fruit offre à Saint-Régent un asile assuré et on craint qu'il ne parvienne de ce point à obtenir quelques succès. Il sera second pour le district de Montfort par Gabillard qui a infiniment la confiance des paysans. Ce Gabillard était chef de chouans : il avait remis les armes en Messidor an 4. Poursuivi et ensuite incarcéré par le département d'Ille-et-Vilaine, il a trouvé le moyen de s'évader, depuis il erre dans les campagnes et appartient par la force des choses et par ses affections au parti dans lequel il a joué un rôle même important. Saint-Régent a ses communications également faciles avec la chouannerie du Morbihan dont le canton de Trémorel est limitrophe, ainsi que du département d'Ile-et-Vilaine. Pendant tout le temps de la chouannerie, Saint-Régent a commandé dans la partie où il se trouve encore. En brumaire an VI, le ministre de la police générale avait ordonné l'arrestation et la déportation de 15 prêtres, presque tous anciens curés ou vicaires, accusés de préparer la guerre civile dans cette région, et respectivement domiciliés dans les communes de Saint- Vran, Merdrignac, Loscouet, Langourla, Mérillac, Saint-Laurent, Trémorel, Illifaut, Lanrelas, Mégrit, Sévignac, Caulnes, Moncontour et Quessoy   Il est donc essenciel d'y porter un oeil très attentif. Saint-Régent, ancien officier de marine, dit «Pierrot du Morbihan était de Lanrelas. Les autres chefs chouans de la région étaient : Lamour Lanjégu, émigré, chef de canton; Trémaudan, dit Petit-Pierrot, capitaine; Le Gris, dit César, capitaine; Béchu, riche cultivateur de Lanrelas (ce dernier mort en l'an V); Gabillard, capitaine; les deux Mérillac fils; Jean-Baptiste Raux de Gommené, major; Picot Limoëlan, émigré rentré, dit Tape à mort. 

 

 

 

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 18:49

La défaite des émigrés à Quiberon, en juillet 1795, ne mit pas fin à l'agitation royaliste. Les chouans multiplièrent leurs entreprises et les continuèrent durant tout le Directoire.

 

 

 

la bataille de Quiberon

 

Le 19 thermidor an VII, le commissaire du Directoire exécutif près le département des Côtes-du-Nord, Dénoual, signalait dans une lettre au ministre de l'intérieur, la persistance de la chouannerie «dont les éléments paraissaient s'être encore réunis, sinon dans tout leur ensemble, du moins en nombre suffisant pour opérer des désastres funestes»...Les menées royalistes furent assez actives et les actes de brigandage assez fréquents pour inquiéter le commissaire Dénoual, qui les retraça au gouvernement dans un rapport très étudié, intitulé : «Résumé sur la situation politique du département des Côtes-du-Nord sous les rapports du royalisme connu sous le nom de chouannerie à Vépoque du 1er pluviôse an VII, précédé d'une analyse sur la même guerre pendant 1793, les ans 2, 3 et 4». Ce rapport mérite une attention particulière car il est l'oeuvre d'un administrateur intelligent et pondéréré qui connaissait admirablement la vie politique du département. Né à Dinan, en 1757, avocat au Parlement, lieutenant du maire, à Dinan, en 1787, député suppléant aux Etats généraux, en 1789, député à la Fédération de Pontivy, en 1790, Denoual-Duplessix fut nommé par le Département, en brumaire an IV, commissaire provisoire du Directoire exécutif près de la municipalité de Dinan (intramuros). Le Directoire confirma sa nomination. Dans cette fonction, Dénoual s'occupa surtout de réprimer la chouannerie. Très modéré, il s'attira la haine des partis extrêmes, des terroristes et des royalistes extrêmes, des terroristes et des royalistes. Candidat au corps législatif en prairial an V, il «eût été nommé député... sans la ligue des chouans.» Après le 18 fructidor, il offrit de donner sa démission, s'il avait perdu la confiance du gouvernement, tout en demandant qu'on ne choisît pas pour lui succéder le chef des «anarchistes» dinannais, Corseul. Il fut maintenu et, le premier jour complémentaire de l'an V, le ministre de la police générale transmettait au ministre de l'intérieur la lettre d'un correspondant qui proposait Dénoual pour remplacer le commissaire de Saint-Brieuc, dont il prévoyait le changement. En germinal an VI, il fut élu administrateur du département. Le 7 prairial an VII, Pouhaer ayant été élu aux Cinq-Cents, il devint commissaire central : de tous les candidats il était celui qui connaissait «le mieux la chouannerie et par conséquent» pouvait «en préserver le département avec plus d'efficacité.» Au début de l'an VIII, le préfet le dira «digne de la plus grande confiance» et, le 11 nivôse de la même année, il sera nommé directeur des Contributions directes. Dénoual était donc bien placé pour apprécier la chouannerie. Bien qu'il ait cru «avoir analysé tous les événements remarquables » de la guerre civile et « avoir réussi... à faire connaître l'historique parfait de la chouannerie» dans le département des Côtes-du-Nord W, la première partie de son rapport raconte surtout à grands traits les démarches et l'oeuvre de Puisaye entre 1793 et 1797; elle est moins précise que le «résumé» proprement dit «sur la situation politique du département des Côtes-du-Nord... » dont nous avons reproduit ou analysé les passages les plus intéressants. Pendant que le comte d'Artois qui, après le désastre de Quiberon, était venu à l'île d'Yeu, pour donner, par sa pré sence plus rapprochée du théâtre de la guerre, un peu de confiance à ses partisans, regagnait bientôt l'Angleterre, Puisaye «parcourait alternativement les territoires d'Ille et Vilaine, des Côtes-du-Nord et du Morbihan... » Quand la prise de Stofïlet et de Charette eût permis à Hoche de consacrer tous ses efforts aux départements bretons, la pacification s'y fit rapidement. Les campagnes étaient lasses d'être pillées. Puisaye le comprit. Il donna l'ordre «de ne plus songer à faire la guerre les armes à la main, mais d'employer tous les moyens pour chouanner l opinion publique... Depuis thermidor an IV jusqu'à germinal an V, tous les efforts ten dirent à s'emparer des élections... » Mais le 18 fructidor ruina les espoirs royalistes.

 

     

 

  Puisaye 

 

De nouveau, Puisaye changea de tactique; il reprit les armes et agita les campagnes. Son insuccès accrut le discrédit dans lequel le comte d'Artois le tenait déjà depuis longtemps et «qui s'était propagé parmi presque tous les anciens chouans.» Le comte d'Artois n'avait pas voulu jusqu'alors lui témoigner ouvertement son mécontentement parce qu'il était protégé par M. Windham; il obtint enfin du cabinet anglais son remplacement. Enfin le nouveau système de chouannerie se développa. II avait été adopté par le cabinet de St-James et le comte d'Artois; il y a quelques mois, on apprit à n'en pouvoir douter que Puisaye était remplacé par un comte de Béhague jadis commandant à St-Domingue, et que les rôles étaient distribués entre les chefs principaux. Le département des Gôtes-du-Nord a été aussi le théâtre des intrigues où se sont exercés les nouveaux provocateurs de la révolte : mais ils ont été presque généralement repoussés par les citoyens des campagnes qui se sont encore ressouvenus avec amertume des vexations qu'ils ont éprouvéespendant les années 3 et 4e». Ces provocateurs ont paru à réputation de loyauté, de bravoure et de talents militaires sans laquelle un chef de parti n'obtient jamais de grands succès.». En vendémiaire an IV, d'après un transfuge « depuis Mongerval et la Mézière jusqu'au fort de Châteauneuf et depuis Gévezé jusqu'aux environs de Saint-Meen, Plumaugat, les bords de la route en deçà et au delà dans les cantons de Tréfumel et Evran et encore depuis les environs de Jugon, en prenant la forêt de la Hunaudaye et communes environnantes jusques vers Pleurtuit et Dinard, lès rebelles, c'est-à-dire les nobles et les émigrés rentrés » pouvaient être au nombre de 150, grossis d'environ 50 déserteurs soldats ou marins. Puisaye avait prescrit l'établissement de colonnes mobiles sur chaque grand'route «pour empêcher les habitants des campagnes de transporter des denrées et d'avoir aucune communication avec ceux des villes.» II avait aussi ordonné «de chouanner (c'est-à-dire de massacrer) tous les patriotes des campagnes.» Ces ordres de Puisaye furent exécutés et les chouans commirent de nombreux assassinats. Par exemple, le 14 brumaire, à Mellionnec, ils tuaient les Saint-Jalmes père et fils, l'un maire de Mellionnec et l'autre juge de paix du canton, et 4 gardes territoriaux; le même jour, à Plénée, ils assas sinaient le juge de paix, François Pringault, son greffier Boisnard et un ouvrier, Calvel, demeurant chez le juge; à Pordic, on signalait aussi des pillages et des meurtres. Le 15 brumaire, les chouans enlevaient au moins 1000 quintaux de grains tant aux patriotes du district de Loudéac qu'aux fermiers des biens nationaux et des biens d'émigrés; ils exigeaient en nature les rentes stipulées en grains et les autres en numéraire métallique. «Ils enlèvent surtout chez les fermiers des domaines nationaux le prix de leurs fermages... » écrit le commissaire central le 27 nivôse an IV. C'était surtout dans l'est et le sud du département qu'ils opéraient; le général Valletaux (le général de brigade commandant la l18 subdivision de la grande division de l'ouest) ne suffisait pas à y rétablir l'ordre.  Si Puisaye fut secondé, en Normandie par Frotté, dans le Maine par Scépeaux, il ne put jamais compter sur le Morbihan où Georges et la Vendée «lui refusèrent toute confiance ou ne lui accordèrent qu'un assentiment passager.» Un envoyé du comte d'Artois, de Botherel, manifestait dans le Morbihan «des opinions contre Puisaye», tandis qu'il se montrait dans l'Ile-et-Vilaine «son partisan zélé».

 

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