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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 16:30

Conan III dit le Gros (1112-1118).

 

 

Le règne de Conan III marque le triomphe définitif de l'autorité ducale; ce duc n'eut à réprimer aucune révolte féodale, il s'attribua, au contraire, une mission de justicier vis-à-vis des seigneurs qui tyrannisaient leurs sujets ou inquiétaient leurs voisins, tels que Savari de Donges et Olivier de Pontchâteau (1127). Il se laissa même parfois entraîner un peu loin dans ses répressions et écouta trop facilement certaines plaintes peu justifiées ; c'est ainsi qu'il s'empara «le la baronnie de Vitré (1135) et en expulsa le baron Robert II ; celui-ci chercha d'abord un refuge à Fougères, puis à Mayenne, puis à Laval, et enfin dans la forêt «le l.a Guerche, où il continua à batailler contre le duc; il fut assez heureux pour le surprendre au pont de Visseiche et lui infliger un échec. Il rentra alors à Vitré et reprit possession de son fief (1141), mais il se garda bien de continuer la lutte ; l'autorité ducale était si fortement établie qu'il se hâta, au contraire, de se réconcilier avec son suzerain et de lui faire sa soumission. Dès la fin du XIe siècle, les ducs de Bretagne dominèrent définitivement, on le voit, la confédération féodale; c'était là, d'ailleurs, une nécessité, car la féodalité serait devenue l'anarchie si le suzerain n'avait joué un rôle prépondérant et exercé un ministère de justice et de protection à l'égard des faibles : c'est ainsi qu'Alain Fergent et Conan III comprirent et accomplirent leur mission, la duchesse Ermengarde avait puissamment contribué à ce résultat ; son influence sur le gouvernement de son mari et de son fils est attestée par de nombreuses chartes et proclamée par une lettre que lui écrivit Geofroi de Vendôme, l'un des hommes les plus illustres de ce temps. C'est à elle que sont dues deux réformes importantes : elle fit sanctionner par le duc, pour son domaine proche, deux décisions du concile de Nantes de 1127, portant la suppression du droit de bris et d'un droit analogue au droit d'aubaine. Le premier dépouillait les naufragés, au profit du seigneur du littoral, de tout ce que la tempête avait épargné de leur navire et de sa cargaison ; le deuxième accordait au seigneur, en l'absence d'héritiers directs, les biens mobiliers de l'époux prédécédé, à l'exclusion du survivant. Cet exemple ne fut malheureusement pas imité par tous les seigneurs, malgré les anathèmes du concile de Nantes.

 

 

 

Description des principales seigneuries de Bretagne.

 


 

Les fiefs et seigneuries de Bretagne ont été constitués, aux Xe, XIe et XIIe siècles, principalement par les dynasties ducales de Rennes et de Cornouaille. C'est donc le moment d'étudier ce que l'on pourrait appeler la construction de la féodalité bretonne. Dans cette construction, l'une des parties les plus importantes, c'est l'établissement des fiefs-frontières du côté de la France, puisque ce sont les possesseurs de ces fiefs qui furent chargés de repousser les attaques de l'étranger contre la Bretagne. Pour donner plus de force à la frontière bretonne, l'autorité ducale employa deux moyens : d'une part, elle n'y mit point de petits fiefs, elle y constitua une ligne continue de grandes et puissantes seigneuries; d'autre part, elle donna ces fiefs à des Bretons de race, qui amenèrent avec eux des colonies de bretonnants fortement imprégnés du sentiment et du patriotisme bretons. Les grandes seigneuries pouvaient, à un moment donné, constituer pour les ducs un danger intérieur, mais il fallait avant tout fermer fortement le pays aux étrangers, et de petits fiefs n'auraient pu opposer aux envahisseurs une sérieuse résistance. Au Sud de la Loire se trouvait la baronnie de Retz, contenant environ cinquante paroisses, avec les châteaux de Machecoul, Pornic, etc ;...

 

 

-la Benasle, qui comprenait vingt-six paroisses, la moitié poitevines, la moitié bretonnes, et formait la marche du Poitou et de la Bretagne; eette organisation était éminemment favorable au maintien de la paix, aussi se produisit-il fort peu d'attaques de ce côté ; -Clisson, petite seigneurie, mais gouvernée par des seigneurs très remuants ; -Vertou, seigneurie ecclésiastique, flanquée des petites châtellenies de Goulaine et du Palet. Ces deux derniers fiefs -Clisson et Vertou constituaient, l'un par son exiguïté, l'autre par son caractère ecclésiastique, une barrière insuffisante ; aussi furent-ils plusieurs fois envahis par les Angevins, et c'est un des reproches que l'on peut adresser aux comtes de Nantes.

 

 

-Au Nord de la Loire était Ancénis, avec trente à quarante paroisses et les châteaux d'Ancenis, d'Oudon et de Varades; -Châteaubriant, divisé en deux sections, sept paroisses dans le comté de Nantes et quinze dans celui de Rennes ; on y trouvait les châteaux de Châteaubriant, de Teililai, de Vioreau, etc ;... -Vitré, avec plus de quatre vingts paroisses et les châteaux de Vitré, Marcillé, Châtillon-en-Vendelais, Chevré, etc. ; -la Guerche. avec huit paroisses seulement ; -Fougères, avec cinquante paroisses. -Enfin, tout à fait au Nord, était le grand fief constitué par l'archevêque de Dol, Wicohen, s'étendait du Couesnon à l'Arguenon et comprenant environ cent vingt paroisses; mais il se subdivisa promptement et forma les seigneuries de Dinan, de Bécherel, de Châteauneuf, de Dol et de Combour avec de puissants châteaux.

 

 

-Tous ces fiefs, on le voit, sauf Clisson et Vertou, étaient assez forts pour résister efficacement aux attaques du dehors. Le second moyen employé par les ducs pour compléter la défense des frontières fut d'en confier les principaux fiefs à des seigneurs de Basse-Bretagne, qui amenèrent avec eux des colonies de Bretons bretonnants et exaltèrent ainsi le sentiment national jusqu'aux limites extrêmes du pays. L'on trouve la preuve de ce fait dans les noms éminemment bretons des premiers possesseurs de ces fiefs. Pour Retz, ce sont Gestin, Harscooët;... -pour la Benaste, Jarnogon ; -pour Ancenie, Alfrit, Guéthenoc ; -pour Châteaubriant, Tihern, Brient; -pour La Guerche, Manguinoë ; -pour Vitré; Riwallon ; -pour Fougères, Main ; -pour Combour, Riwallon. -Clisson seul fournit des noms d'origine germanique : Baudri, Gui, etc., ce qui est une nouvelle preuve de la négligence des comtes de Nantes pour assurer la défense de leur frontière. Le chroniqueur Le Baud nous apprend comment Riwallon reçut l'investiture du fief de Vitré. Vers l'an 1000, le duc Geofroi 1er tenait à Aurai un grand Parlement, c'est-à-dire une assemblée générale de ses barons et féaux où se décidaient les affaires importantes du duché; au cours de la discussion, le sire de Quémenet-Héboé (c'est-à-dire d'Hennebont), qui comptait dans le pays un grand nombre d'amis et de parents, s'emporta contre le duc au point de lui infliger publiquement un démenti.

 

 

Geofroi Ier, indigné, quitta la salle et aucun des assistants n'osa se retirer à sa suite. Mais Riwallon, informé de ce qui s'était passé, sortit de son château, situé près de là, tua l'insulteur d'un coup de lance, puis alla s'enfermer dans le château de Rennes, dont il avait la garde. Pour le récompenser de son dévouement, Geofroi, en échange de sa seigneurie d'Aurai. constitua en sa faveur la baronnie de Vitré. Les ducs ont de même établi des colonies de Bretons bretonnants dans l'intérieur des comtés de Rennes et de Nantes ; ils les ont ainsi fortement bretonnisés. Aussi quand il s'est agi de se dévouer pour le salut, l'honneur ou la gloire de la patrie, les Bretons de Haute-Bretagne se sont toujours montrés au premier rang.

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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 05:51

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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 17:39

 

Quand Olivier V de Clisson s'éteignit en 1407, il fit une multitude de legs qui attestent l'immense fortune qu'il s'était créée. En Bretagne, sa mère, Jeanne de Belleville et son beau-père, Gautier de Bentley, avaient laissé à Olivier la châtellenie de Pontcallec, les paroisses de Bubry et de Questerguset de nombreuses terres à Guémené, Brorot et Lizquel, sans compter la seigneurie de la Roche-Moysan et une partie de l'île de Groix, dons du roi d'Angleterre. Les forteresses de Blain et de Clisson, avec leurs dépendances, appartenaient aussi au connétable, comme biens patrimoniaux. Le roi de France lui avait donné la terre de Guillac confisquée au duc de Bretagne. Quant à Josselin et aux droits seigneuriaux sur le comté de Porhoët, Clisson les avait acquis pour des terres en Normandie et pour ses droits sur les foires de Champagne. Les droits qu'il abandonnait ainsi s'élevaient à 2,000 livres de rente annuelle : il les tenait de sa première femme, Catherine de Laval, qui lui avait encore apporté en dot la seigneurie de Villenomble. Sa seconde femme, Marguerite de Rohan lui procura les terres et bailiages de Pleugriffet, Pontguégan et Gourmené. Au moment de l'attentat de l'Hermine, nous savons que Clisson occupait encore Lamballe, Broons, Jugon et le Guido.

 

 

En ajoutant Cesson et Erquy, des maisons et des jardins à Nantes, nous avons la liste des principales possessions de Clisson en Bretagne. Tous ces domaines ajoutés à ceux du vicomte de Rohan et de Jean de Penthièvre comprenaient le quart de toute la province Dès l'âge de vingt-huit ans, Clisson avait arraché au duc de Bretagne la forteresse de Gâvre et l'avait démolie : plus tard, malgré le duc, il s'implanta à Josselin. En 1380, Olivier avait prêté au duc de Berry 10,000 francs « de bon or et de bon pois. » Trois ans plus tard, le duc de Berry avait rendu au connétable ces dix mille francs, que celui-ci avait « baillé en pur prest. » Pour avoir la somme prêtée, le duc avait livré en gage les « chastel, ville et chastellenie de Fontenay-le-Comte. » Le connétable ayant recouvré son argent rendit la caution. Clisson possédait d'immenses domaines dans cette province du Poitou. Dans le Poitou, nous pouvons énumérer comme appartenant à Olivier, du chef de sa mère, Belleville, Beauvoir, Ampant, La Baye, Châteauneuf, Noirmoutiers, Chauvet et Boyns. Il s'acquit encore en ce pays : Châteaumur, Montagu, le fief Lévesque, Palluau Mauléon ; à cette dernière seigneurie se rattachaient les Deffans, Thouarçais, Saint-James et Biron en Anjou, Clisson possédait La Garnache et les terres de Champtoceaux. Il avait aussi acheté pour 22,000 fr. d'or  la magnifique seigneurie de Montfaucon. Dans la Normandie, le roi de France avait donné en gage au connétable la garde et les revenus de Pontorson ; plus tard il lui céda cette seigneurie par un engagement indéfini. Olivier de Clisson possédait encore dans cette province « les minières de fer de Beaumont les terres de Goulaine et de l'Epine », les quatre gros villages de Bolon, Antressi, Saint-Laurent de Condeels et Aignend, Gramesnif.

 

 

La baronnie de Tuis lui avait aussi appartenu ;  mais il l'avait échangée contre Josselin et le Porhoët Non loin de Paris, le connétable avait la garde de la forteresse de Montléry, sur la route de Bretagne. A Paris même, nous connaissons le magnifique hôtel qu'il s'était construit. Du chef de sa mère, il avait encore le privilège de délivrer des Brefs (brevets de navigation) aux navires sortant du port de Bordeaux : mais il est probable que les Anglais, qui occupaient ce port, lui enlevèrent cette source de revenus, quand il se déclara ouvertement contre eux. Toutes ces possessions, que nous venons d'énumérer, ne constituaient qu'une partie de la fortune d'Olivier de Clisson : ses valeurs mobilières étaient encore très considérables. Au moyen âge, on ne connaissait guère ce que nous appelons aujourd'hui les valeurs en portefeuille (actions, obligations, bons au porteur...) : en revanche, l'usage des métaux d'or et d'argent, surtout à l'état non monnayé, était plus fréquent que de nos jours. Les divers souverains, se réservant le droit de battre monnaie, modifiaient fréquemment, mais toujours à leur profit, les lois qui réglementaient la frappe des métaux. La refonte des anciennes pièces n'était autre chose qu'une soustraction opérée sur chacune d'elle, au profit du trésor. En fait, l'argent monnayé avait donc toujours une valeur intrinsèque inférieure à son titre légal. De là, avantage pour les financiers et les riches à garder le plus longtemps possible leurs valeurs en métal, au lieu de les convertir en espèces. En cas de nécessité, le souverain était obligé de porter à la Monnaie ses Arases d'or et d'argent, où bien il traitait avec les financiers et les riches, qui possédaient les métaux précieux. Clisson fournit au roi de France, à plusieurs reprises, de grandes quantités d'or. En une seule fois, le 6 janvier 1385, il apporta au roi, pour être monnayé, 600 marcs d'or. Il reçut en retour « 67 livres et 10 sols pour chacun marc. »

 

 

Les grandes richesses de Clisson lui venaient d'abord de tous les revenus que produisaient ses nombreux domaines, mais aussi de tous les profits que la guerre lui avait procurés. Depuis vingt cinq ou trente ans qu'il portait l'épée, il s'était toujours trouvé du côté des vainqueurs. Elevé à l'école des Anglais, pour qui la guerre était un moyen de faire fortune, il dut largement profiter de leurs leçons. Quand il passa au service de la France, on avait trop intérêt à ménager un tel homme pour ne pas le laisser libre de faire la guerre à sa façon. Il commença par prendre à Chandos des pierres pour se bâtir un château, mais il ne tarda pas à s'emparer d'une infinité d'autres villes, châteaux et forteresses, où beaucoup de riches Anglais étaient enfermés et qui furent mis à rançon. Or Clisson se montra toujours fort exigeant pour ceux qu'il n'aimait pas et qui s'étaient mis dans ses dettes. En une seule fois, le roi de France lui abandonna, comme nous l'avons vu, « toutes les rançons payées ou à payer par les garnisons des forteresses occupées par les Anglais sur les frontières de Poitou, de Guyenne et de Bretagne. » Un autre jour, il reçut comme gratification tout ce que les Anglais possédaient en Flandre. Cette malheureuse Flandre fut sillonnée, pillée et ravagée, pendant plusieurs années, par les troupes de Clisson ; c'était une riche province, peut-être la plus commerçante et la plus industrieuse de l'Europe, dans tous les arts textiles. Nous pouvons à peine nous faire une idée de ces immenses rapines, de ce pillage en grand de tout un peuple jusque-là si prospère, alors que les simples soldats amenaient avec eux des bêtes de somme, pour emporter une plus lourde charge de larcins. -Tout le butin, excepté l'or, l'argent, et les prisonniers, appartenait d'abord au connétable : il est donc probable que ce dernier, dont le désintéressement n'était pas la vertu favorite, retira d'incroyables profits de toutes ces expéditions. En outre, Olivier de Clisson, avant même qu'il ne fût connétable, réclamait toujours énergiquement sa solde intégrale et pour lui et pour ses troupes : car il entendait bien ne pas faire la guerre au dépens de sa fortune privée. Il est vrai qu'il fut souvent obligé de faire quelques avances personnelles, mais il en tenait un compte exact et, le moment venu, réclamait les 50 ou 60,000 francs que lui dut somment le trésor royal. Devenu connétable, ses appointements se montèrent à 24,000 francs par an. Quand on tardait trop à le payer, ce qui arrivait fréquemment, il en profitait pour obtenir de magnifiques gages, tels que les seigneuries de Pontorson, de Montléry et de Champtoceaux, dont les revenus lui permettaient de prendre patience et d'attendre le paiement des capitaux qui lui étaient dus paiement des capitaux qui lui étaient dus. Bien qu'il achetat toujours de nouveaux domaines, qu'il restaurât à grands frais ses châteaux-forts et qu'il se fût construit à Paris même un véritable palais, il trouva le moyen de prêter de l'argent à tout le monde, au roi de France, au duc d'Orléans, au duc de Berry, à la reine de Sicile, à la comtesse de Penthièvre, au comte de Flandre, au sénéchal du Hainault, à Bureau de la Rivière, au pape lui-même ! Un document trouvé aux archives du Vatican nous aprend en effet qu'au mois de juin 1384, Olivier de Clisson prêta à Clément VII pape d'Avignon, une somme de 7,500 florins (472. 600 fr. en monnaie actuelle). Cette petite étude sur la situation politique et financière du connétable Olivier de Clisson nous fera mieux saisir les causes de beaucoup d'événements qui vont suivre. Si sa haute dignité, l'amitié du roi, ses services passés, ses grandes richesses lui assuraient à la cour de France une influence considérable, il avait néanmoins à craindre les jalousies et les haineuses persécutions de personnages, qui étaient plus élevés que lui par la naissance, et à qui sa haute situation portait secrètement ombrage. Des aides avaient été établies dans tout le Poitou pour subvenir aux frais de la guerre. Mais le sire de Clisson avait obtenu, sur les terres qu'il y possédait, la permission de prélever, pour lui-même, d'abord la moitié, et ensuite la totalité de ces impôts. Or Clisson ne leva pas ces aides dans ses fiefs, de sorte qu'une foule de marchands et de gens riches vinrent s'établir et trafiquer dans les lieux exempts d'impôts, amenant avec eux le commerce et la prospérité, au détriment des pays voisins. Bien plus, l'habile grand, seigneur accorda la remise personnelle des aides à tous ceux « qui se voulaient advouer ses subgiez » et qui mettaient ses armes sur leurs maisons. Il s'arrogeait en outre sur ses terres et même dans tout le Poitou les droits d'un véritable souverain, jetant dans ses prisons les seigneurs qui, comme les sires d'Argenton et de la Sepoye, osaient lui résister.

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12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 18:29

 


 

Clisson et Charles V s'étaient préoccupés activement des intrigues de Jean IV, qui cachait de moins en moins ses sympathies pour l'Angleterre. Depuis plusieurs années, Clisson avait rompu toute relation avec le duc de Bretagne et le roi d'Angleterre : il n'en fréquentait que plus assidûment la cour de France et celle du duc d'Anjou. L'exil du duc Jean IV de Bretagne eut lieu à la fin du mois d'avril 1373. Dans un premier temps, la population bretonne accepta les troupes françaises, mais les exigences de celles-ci finirent par les rendre impopulaires. Et, quand, au cours du mois de décembre 1378, Charles V exigea, que le duc de Bretagne comparût devant le Parlement de Paris, sans quoi il le destituerait et confisquerait son duché de Bretagne, cette fois, c'est l'ensemble de la noblesse bretonne qui se ligua contre les prétentions françaises, avec à sa tête Jeanne de Penthièvre en personne. Tous réclamèrent  sans contre-partie le retour du duc Jean IV, refusant ainsi de s'associer au décret du souverain français. Le 3 août 1379, à Dinard, Jean IV, assisté des troupes anglaise faisait son retour triomphant sur le sol breton (voir Guerre de Succession de Bretagne. Page n° 5). On peut alors comprendre le sentiment que dû ressentir le duc Jean IV à l'égard de son ancien allié Clisson, et dès lors la vengeance ne cessa d'habiter Montfort à l'égard de celui qui entre temps était devenu connétable de France. La Bretagne accepta obéissnce à Jean de Montfort devenule le duc Jean IV, alias le Vaillant ou le Conquéreur ; mais l'un des fils de son ancien compétiteur, Charles de Blois, vivait encore prisonnier en Angleterre. Olivier de Clisson, connétable de France, paya cent mille livres la rançon de ce prince, qui avait consenti à épouser sa propre fille, et il se disposa à opposer le prétendant Jean de Blois au duc de Bretagne, Jean de Montfort. Ces projets vinrent à l'oreille du duc ; il s'en montra fort courroucé et répétait à tous ceux qui voulaient l'entendre : « Voire me cuide messire Olivier de Clisson mettre hors de mon héritage ; il en montre les signifiances ; il veut mettre hors d'Angleterre Jean de Bretagne et lui donner sa fille. Telles choses me sont moult déplaisantes, et, par Dieu! je lui montrerai un jour qu'il n'a pas bien fait , quand il s'en donnera le moins de garde. » La menace ne tarda point à recevoir son exécution, et, comme le prince avait semblé l'indiquer par ses dernières paroles, la vengeance fut lâche et peu digne d'un chevalier. Après la tenue des états qu'il avait convoqués à Vannes, et où Clisson s'était rendu sur son invitation spéciale, le duc engagea le connétable, Jean de Laval, son beau-frère, et Beaumanoir, un de ses domestiques, à visiter son château de l'Hermine, qu'il avait fait construire auprès de Vannes et qui était à peine terminé (voir Topographie historique de Vannes -Joseph Marie Le Méné, page n° 4). Clisson et Jean de Laval s'y rendirent les premiers. Le duc les y promena longtemps, en les consultant sur la distribution intérieure; puis, lorsqu'il fut arrivé à la porte du donjon, il s'arrêta en bas à causer avec Laval et en gagea le connétable à le visiter; mais à peine celui ci avait-il monté quelques marches que la porte se ferma sur lui ; des gens d'armes arrivèrent qui le dépouillèrent de ses vêtements, le chargèrent de fers et le jetèrent dans un cachot souterrain. Le duc Jean IV, dans le premier moment, ordonna de le mettre à mort, mais on ne se conforma pas à ses volontés, et il ne tarda pas à remercier ceux-là mêmes qui lui avaient désobéi. Il fit plus; il consentit à accorder la liberté et la vie au connétable, à la condition qu'il renoncerait à s'allier au comte de Penthièvre et lui céderait différentes places. Le connétable souscrivit à tout; puis, une fois libre, il se rendit en grande diligence auprès de Charles VI. « Sire, lui dit-il en mettant un genou à terre, vous m'avez revêtu d'une dignité dont je déclare ne m'être point rendu indigne, et si quelqu'un soutenoit le contraire, je lui prouverois qu'il en a menti. » Ici le connétable s'arrêta ; personne ne se leva pour contredire son assertion, et il continua en ces termes : « Le duc de Bretagne m'a pris en trahison et m'a forcé, en menaçant ma vie, de lui abandonner tous mes biens. Cette injure, Sire, a été faite au chef de vos armées, et il ne se peut que vous n'en éprouviez un vif ressentiment. Je vous demande justice, vengeance, et, hors d'état de soutenir convenablement la dignité dont j'étois revêtu, je vous supplie de la reprendre et d'en disposer. » Le roi ordonna à Clisson de garder sa charge; il lui promit justice ; mais il ajouta que, dans sa conduite, il trouvait deux fautes : la première, d'avoir assisté aux états de Vannes ; la seconde, de s'être laissé prendre comme un enfant. Cette réception, pleine de froideur, fit bien voir à Clisson qu'il n'aurait justice ni vengeance s'il ne se la faisait point lui-même. La haine qu le duc Jean IV portait au connétable de Clissonn le fit aussi passer pour être l'instigateur de la tentative de meurtre menée par Alain de Craon, sur la personne de ce même Clisson ; celui-ci se rendait lors à son hôtel particulier à Paris. Le traité conclu à Aucfer, près de Redon, en 1395, mit fin à cette guerre et aux alternatives de succès et de revers au milieu desquelles s'écoula la vie de Jean IV. Il mourut à Nantes en 1399, empoisonné, s'il faut en croire les bruits du temps. Clisson lui survécut huit ans. Ci-dessous, leurs tombes respectives.

 

  

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 15:45

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 15:23

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapelle Sainte-Barbe

 

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 07:40

 

S'il ne fut pas reconnu par l'ensemble de la population bretonne, Jean de Montfort devint duc de Bretagne, Jehan, quatrième du nom, et la décision fut validée à travers le premier traité de Guérande, signé le 12 avril 1365. Près de six mois s'étaient écoulés entre la mort de son adversaire Charles de Blois et sa prise de pouvoir. Toutefois l'omniprésence des troupes anglaises sur le sol breton suscita la défiance de la noblesse, et les récompenses attribuées aux puissants officiers Anglais allaient amener de nouveaux conflits. Devenu veuf de Catherine de Laval, Olivier de Clisson épousa en secondes noces, l'an 1378, Marguerite de Rohan. Cette dernière apporta alors en dot à Clisson le château de Blain (voir Le château de Blain par Jean Ogée), Alors qu'il se remet en son castel de Blain, des blessures reçues lors de la Bataille d'Auray, Clisson apprit la nouvelle, le nouveau duc Jean IV, dont il avait défendu la cause, venait de donner la forêt voisine de Gâvre et le château à Chandos, le général anglais, en reconnaissance des services rendus. Furieux Clisson s'écria alors qu'il ne pourrait jamais souffrir qu’on lui fît une telle injure et de clamer : « j'aimerais mieux me donner au diable que de voir l'Anglais mon voisin ». quinze jours plus tard, il incendiait le château du Gâvre et en fit transporter les pierres en son château de Blain. Le duc lui confisqua alors la seigneurie de Châteauceaux. Peu après, le duc le dépêchait parmi les ambassadeurs auprès du roi de France afin que soient garantis le respect du nouveau statut de la Bretagne. C'est alors que le grand homme d'armes décida de changer de camp, et de servir désormais les intérêts du roi de France, et de guerroyer aux côtés de du-Guesclin et de ses hommes ! Il osa même défier son ancien camarade en signant cette charte qui reconnaissait la suzeraineté du roi de France sur Josselin. Il avait acquis cette seigneurie en 1370. La haine entre Jean IV de Bretagne et Olivier V de Clisson atteignit alors son paroxysme. Avec le soutient des Anglais qui lui avaient donné sa couronne, Jean IV était devenu le débitant financier de son beau-père Edward III, la plupart des conseillers du jeune duc étaient eux-mêmes Anglais, et pour couronner le tout, le nouveau duc avait été obligé de lever un nouvel impôt sur son peuple : le fouage. Autant de décisions impopulaires qui conjuguées à une propagande menée auprès de la noblesse par du-Guesclin et Clisson contraignirent Jean IV à un nouvel exil vers l'Angleterre. Clisson tenait sa vengeance, il devenait co-gérent de la Bretagne.

 

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 06:35

 

La bataille de Hennebont fut cause de la perte du comte de Montfort l'an 1345, ce 26 septembre. Ce n'est que 17 ans après avoir perdu son père, que le jeune Montfort alors âgé de 22 ans, fut autorisé par Edward III à quitter Londres et à gagner la Bretagne. Olivier de Clisson, alors âgé de 27 ans, quitta sa jeune femme et accourut sous les étendards de son ami d'enfance. Il marchait de pair avec les plus grands seigneurs, ayant droit à ce rang par sa noblesse, sa fortune, ses alliances et ses relations d'amitié avec le comte de Montfort et le roi d'Angleterre. Aussi les historiens le citent-ils déjà parmi les chefs, avec les Tanneguy du Châtel, les Robert Knolle et les Jean Chandos. Les deux armées se trouvèrent en présence devant Bécherel : mais le terrain ne se prêtant pas à une belle bataille, on décida que la rencontre aurait lieu sur les landes d'Evran ; les chevaliers des deux armées pourraient plus aisément y faire « prouesses et appertises d'armes » La victoire de Cocherel avait rétabli les affaires des Français en Normandie : Charles V, qui n'avait voulu que gagner du temps, répondit aux conditions proposées par Montfort en donnant l'ordre à du Guesclin de se diriger en toute hâte vers la Bretagne. Il s'imaginait que le vainqueur de Cocherel trancherait d'un coup d'épée l'interminable différend, dont souffraient les Bretons. Il se méprenait à ce moment sur la valeur réelle des troupes françaises, et oubliait qu'on n'avait pas encore vaincu les véritables armées anglaises et les meilleurs généraux d'Edouard III. Du Guesclin, Charles de Blois et les nombreux contingents de l'armée française, grossis par les troupes des grands seigneurs bretons, se dirigèrent en toute hâte vers Auray. Bien que le comte de Montfort eût fait venir Chandos, Knolle, Caverlé et toutes les troupes que pouvait débarquer la flotte anglaise, il n'avait guère que trois mille hommes à opposer aux quatre ou cinq mille soldats de du Guesclin. Il avait encore à craindre d'être écrasé entre les murailles d'Auray et l'armée ennemie. Aussi Chandos ramena-t-il les troupes assiégeantes à deux ou trois kilomètres au nord de la ville, dans une position qui était très forte, surtout du côté du levant, par où devait arriver l'armée française. Au bas de pentes abruptes, qu'occupaient les Anglais, s'étendait une plaine marécageuse sillonnée par un cours d'eau. Des collines boisées s'élevaient de l'autre côté de cette plaine. Elles furent occupées par l'armée française le samedi soir, 28 septembre 1364. Le lendemain soir, d'après une convention, la ville d'Auray devait se rendre, si elle n'était secourue. Selon toute apparence, la bataille serait donc livrée le dimanche, 29 septembre. Les Français étaient ainsi arrivés trop tard pour explorer le terrain du combat et prendre à loisir leurs dispositions d'attaque ou de défense. Or, en examinant les positions occupées par les deux adversaires, on se convainc facilement que tous les avantages étaient à la défensive et que l'agresseur serait sans doute écrasé. En effet l'armée assaillante avait d'abord à traverser une grande plaine découverte, avant d'escalader les pentes défendues par les ennemis. Cette marche fatiguerait des troupes à pied et déjà pesamment armées pour la lutte immédiate. De plus, elle rendrait impossible toute opération de surprise et découvrirait aux ennemis le nombre et la disposition des moindres groupes d'hommes d'armes : enfin, par ce mouvement, les soldats se trouveraient isolés de leur camp et ainsi privés d'un lieu de refuge et de ralliement, en cas d'insuccès aux premières attaques. Le comte de Montfort, sachant que les Français étaient fatigués après une longue route, voulut les attaquer sur-le-champ. Clisson l'en dissuada « Charles et les siens, lui dit-il, sont venus ici pour combattre : dès demain ils nous attaqueront. Or il est préférable pour nous, qui sommes peu nombreux, de garder l'avantage du terrain et de la défensive. Nous perdrions trop de monde en risquant une attaque contre le camp, où les Français sont à couvert. » Le comte de Montfort, nerveux et inquiet, aurait volontiers consenti à un arrangement : mais les soldats anglais ne l'entendaient pas ainsi. Ils prièrent Chandos d'agir auprès de Montfort pour le forcer à la bataille. Ils étaient pauvres, disaient-ils, et voulaient tout perdre ou tout gagner. L'aile gauche française, celle que combattait Clisson, commençait à lâcher pied. Les charges des Anglais favorisées par la pente du terrain disloquaient ses rangs et la repoussaient vers la plaine. Un corps de Bretons, qui se tenait à l'arrière garde, et que Charles de Blois s'était ménagé comme réserve, s'enfuit sans combattre, entraîné sans doute par les premiers fuyards, qui retraversaient le marécage. Les Français furent surpris d'entendre retentir derrière eux le cri de guerre des Anglais : « Saint Georges ! Malo au riche Duc !... » Toutes leurs bannières et leurs pennons furent jetés à terre et le carnage fut horrible. Dans cette bataille, comme dans tant d'autres, ce qui causa la perte des Français, c'est que, dit Froissart, « à parler loyalement d'armes, ils ne tinrent mie si bien leur pas et leur arroy (ordre), ainsi qu'il apparut que firent les Anglais et les Bretons du côté du comte de Montfort. » L'armée française était vaincue : son aile gauche entraîna son centre dans la déroute. Charles de Blois continuait néanmoins à se battre en désespéré : on ne devait lui arracher son duché qu'avec la vie. Soudain un coup lui arrive en plein visage. L'arme, une sorte de dague,lui entre par la bouche pour sortir derrière le cou. Il chancelle et tombe lourdement. Cette blessure fut-elle aussi grave et entraîna-t- elle la mort immédiate, ou bien Charles, moins grièvement blessé, fut-il conduit devant Montfort, qui l'aurait fait tuer parle chevalier Eon de Lesnerac ? Ce point d'histoire ne sera sans doute jamais bien éclairci. Quant à Clisson il fut grièvement blessé lors de cette bataille.

 

 

 

 

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 18:18

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 16:20

 

 

Clisson d'après enlumineur Benoît Billion

 

Les premiers documents authentiques qui constatent l'arrivée de Clisson sur le continent, ne sont pas antérieurs à l'année 1359. Il avait alors près de vingt-trois ans. Dès les premiers mois de cette année là, Clisson débarqua en Bretagne. Le 11 juillet suivant, malgré sa jeunesse, il fut promu à un commandement important dans le Poitou : c'était un poste d'avant-garde, puisque ce pays était un des points les plus avancés des possessions anglaises à l'ouest de la France. Le jeune Olivier revenait ainsi clans son pays d'origine, à quelques lieues du château-fort bâti par ses ancêtres, mais encore occupé par les troupes françaises depuis les confiscations de Philippe VI. Ce fut cette année même que la mort de Walter Bentley, suivie de près par celle de sa femme mère dudit Clisson, mit Olivier en possession effective d'immenses domaines. Par un acte daté du 30 décembre 1359, le roi d'Angleterre ordonnait à son lieutenant Robert de Herle de mettre Clisson en jouissance de tous les biens possédés par Walter Bentley et Jeanne de Belleville, « qui venaient de suivre la voie que suit tourte chair mortelle. » Mais il était stipulé, dans les titres de possession, que le jeune héritier devrait, avant la saint Michel, faire hommage de ses biens, non au duc de Bretagne, mais au roi d'Angleterre, comme à son suzerain. Confiant dans « la fidélité, loyauté et sagesse de son amé et fidèle, Olivier de Clisson », il lui donna la garde du château et du pays de Pymmere ou Kymmerch, avec les rentes, revenus et émoluments de cette seigneurie, moyennant un prélèvement de 1000 écus d'or, que le roi anglais retenait à son profit. Si nous nous sommes un peu étendu sur ces détails, c'est pour bien montrer que le roi d'Angleterre traitait la Bretagne en pays conquis et qu'il prétendait l'administrer comme tel. S'il en eût été autrement, les revenus des terres bretonnes auraient été mis à la disposition du jeune duc Jean IV, majeur en droit depuis plusieurs années. Or, ni dans les hommages, ni dans l'administration des biens, il n'est encore question de ce dernier. Clisson devait déjà jouir, en biens immeubles, d'une fortune au moins égale à celle dont l'avait privé la condamnation de son père : il héritait en outre des trésors amassés par son beau-père, Walter de Bentley, trésors si considérables qu'à un moment Edouard III avait fait incarcérer cet Anglais rapace pour ses trop grandes « pilleries et voleries. ». L'année suivante, Olivier recouvrait encore d'un seul coup tous ses biens patrimoniaux jadis confisqués par le roi de France. Le traité de Brétigny (25 mai 1360) stipulait en effet que tout lui serait rendu. A la tête d'une immense fortune, le jeune chevalier allait encore accroître son influence. Un magnifique mariage assura bientôt à Olivier de nouvelles richesses et d'étroites relations avec les plus grandes familles bretonnes. Le rival de Charles de Blois, l'ancien comte de Montfort, avait eu une sœur Béatrix de Bretagne, mariée au sire de Laval : ce fut une jeune fille issue de cette union, Catherine de Laval, que Clisson épousa en février 1362.

 

 

 

 

Il devenait ainsi le cousin-germain de Jean IV et de Jeanne de Penthièvre, femme de Charles de Blois. Ce dernier était le neveu propre du roi de France : Clisson, favori du roi d'Angleterre, allait donc encore, par son mariage, entrer en relations de parenté avec la maison royale de France et avec les deux puissantes familles qui se disputaient le duché de Bretagne. Toute la haute noblesse bretonne dut se rencontrer aux fêtes données à l'occasion du mariage d'Olivier de Clisson : cette union de deux grandes familles de parti opposé semblait d'un bon augure pour l'apaisement des sanglantes discordes qui bouleversaient depuis si longtemps la Bretagne. Clisson y fit sans doute connaissance avec un grand nombre de seigneurs qui, comme le sire de Laval, suivaient le parti de Charles de Blois : nous nous expliquons ainsi facilement pourquoi, trois ans plus tard, il était l'ami de Beaumanoir, le vainqueur des Trente. Cette guerre interminable de Blois et de Montfort avait si profondément divisé et comme embrouillé tous les sentiments et toutes les familles qu'il était difficile que le défenseur d'une cause n'eût pas dans le parti contraire quelque parent ou quelque ami.

 

 

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