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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 15:18

 

 

 

 

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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 14:59

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 06:21

Quelques faits historiques viennent, semble-t-il, à l'appui de ce qui précède. A peine Nominoë a-t-il fermé les yeux, que les Normands, dont il avait acheté le départ en 847, se ruent sur la Bretagne. Après un siècle ils partent. Les Bretons reprennent à la vie ; ils reviennent à leurs autels désolés et au culte de leurs saints nationaux. Que de motifs et de diverse sorte n'ont-ils pas de les invoquer. Ils leur ont attribué la délivrance; ils leur paieront une dette de reconnaissance. Les reliques des saints bretons ont été emportées en France, et les dépositaires, par un pieux abus de confiance, les y retiennent ; une réparation est due en Bretagne aux saints protecteurs exilés. Enfin les ravages des terribles envahisseurs ont paru l'exécution des menaces annoncées par les livres saints pour les derniers jours du monde. L'Eglise universelle supplie « tous les saints d'éloigner la nation perfide. » ; les pèlerinages de pénitence se multiplient par toute la chrétienté à l'approche de l'an 1000. Comment en serait-il autrement dans la Bretagne qui a tant souffert pendant tout un siècle ? Voilà plus de motifs qu'il n'en faut pour expliquer l'explosion du culte et du pèlerinage des Sept-Saints,du moins dans la seconde moitié du Xe siècle. Et pourtant ce n'est pas tout. Après la mort de Nominoë (851), les papes refusent le pallium aux archevêques de Dol, ou le leur accordent sous des conditions qui sont la négation des prérogatives du métropolitain. Le procès entre Tours et Dol, suspendu par l'invasion normande, a repris après le départ des envahisseurs ; il se prolongera pendant deux siècles et demi jusqu'à la sentence papale rendue contre Dol en 1199. Aucun doute, je pense, que le pèlerinage des Sept-Saints ne fût commencé avant cette date : pour les Bretons de ce temps n'était-il pas, en même temps qu'un acte de piété, un acte d'opposition à Tours et une protestation en faveur de la métropole bretonne ? Pour admettre cette interprétation, il ne faut que se figurer l'enthousiasme religieux et politique qui avait accueilli la création de la métropole de Dol. Les deux faits suivants nous donneront la mesure de cet enthousiasme. Ils constituent deux erreurs historiques ; mais plus ces erreurs sont grossières, plus elles sont démonstratives. Les Bretons s'imaginèrent que saint Samson avait créé non un évéché niais un archevêché à Dol ; et, nous l'avons déjà dit, Albert le Orand (sans se soucier des anachronismes) nous représente cinq de nos Sept-Saints : Paul, Tugdual, Brieuc, Malo, et l'évêque de Quimper, qu'il ne nomme pas, mais qui apparemment est saint Corentin, reconnaissant la suprématie de saint Samson et le métropolitainde Dol présidant un synode à Vannes. L'hagiographe place la mort de saint Samson en 507. Son archevêché daterait donc du VIe siècle. Il y a plus encore.

 

 

Innocent III, le petit pape qui était à la solde du pouvoir franc

 

Il semble que la sentence d'Innocent III, condamnant définitivement Dol en 1199, ne fut pas acceptée par tous en Bretagne. Les évêques de Dol n'ont pas renoncé sinon aux prérogatives réelles, du moins aux signes extérieurs rappelant le souvenir de leur ancienne dignité. Trois siècles après la sentence de 1199, un évêque de Dol obtint de Rome la permission, pour lui et ses successeurs, de faire porter devant eux dans leur diocèse la croix archiépiscopale, et de figurer le pallium sur leurs armes. L'évêque usa de la faculté et ses successeurs suivaient encore son exemple au temps de d'Argentré. Pour d'autres, il ne suffit pas de ce souvenir, et la sentence de 1199 est lettre morte. Pour citer un exemple, voyez Alain Bouchard. Il ne mentionne pas la sentence à sa date ; et, en un autre endroit, il dit expressément, écrivant en 1514 : «  En cette province il y a neuf sièges cathédraux, dont l'un, Dol, est de long et ancien temps archevêché et les autres sont évêchés. » Dans tous ces faits ne trouvera-t-on pas la preuve que le culte et le pèlerinage des Sept-Saints de Bretagne ont pris naissance sinon au temps de la création de la province de Dol, du moins au Xe siècle, après le départ des Normands et pendant les longs débats entre Tours et Dol. D'après notes laissées par J. Trévédy : Les Sept-Saints de Bretagne et leur pèlerinage.

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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 08:06

 

 

 

 

 

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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 07:46

 

 


 

Aet eo da anaon
An telennour blin
Kantreer Doue, baleer-bro divrall
Tra en e benn brell
Hag holl e skiant
En e vizid 'vel n'eo ket aotreet

 

Mari o mamm garet
Steredenn ar mintin
Digor dezhan
Da zivrec'h tener
Aet eo da anaon
An telennour blin
Kantreer Doue, baleer-bro divrall

 

Adkavet eo bet
E skorn ar beure
War hent "Run ar Puñs"
Liv ar vered warnañ 
Gourvezet e-don
Ur c'hleuz leun a zour
E delenn didalvez war e gein ken treut

 

Kerzhit gant hoc'h hent
Rak an direnker
Un den a netra a zo marv bremañ
Aet eo kuit sioul war-du Tir Na N-og

 

N'eus nemet ar paour
O lenvan war e lerc'h

 

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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 06:28

II. -Liste des Sept-Saints de Bretagne et origines de leur culte collectlf.


 

La liste des Sept-Saints copiée pour Lobineau sur l'autel de la cathédrale de Quimper, aux premières années du dernier siècle, ni même celle donnée par l'image de Bouchard, deux cents ans auparavant, n'étaient des inventions nouvelles. Nous allons voir cette liste écrite plus de trois siècles avant Bouchard. Dès le XIIe siècle, sinon antérieurement, la liste est close. Quoiqu'on ait dit, et nous le démontrerons, cette liste primitive ne subira dans le cours des Ages aucune modification. Et la cause de cette immutabilité de la liste est bien simple. Les Sept-Saints des Ve au VIIe siècle resteront et seront seuls en possession de leur titre d'honneur, parce que seuls ils sont fondateurs ou censés fondateurs des sept évêchés de Dol, Saint-Malo, Saint-Brieuc, Tréguier, Léon, Cornouaille et Vannes. Il est clair que le titre de fondateur ne peut appartenir aux saints qui, après eux, ont occupé leurs sièges, pas même au glorieux saint Guillaume, le dernier évêque breton canonisé (1347). Mais, dira-t-on, il y a en Bretagne non pas sept, mais neuf évêchés, « semblance, selon Le Baud, de la céleste Eglise triomphante, laquelle a neuf ordres. » Dès lors, pourquoi les fondateurs des évêchés de Rennes et de Nantes n'ont-ils pas été admis au titre des saints de Bretagne ? Pourquoi n'avons-nous pas neuf saints de Bretagne au lieu de sept ? On a dit après d'Argentré : « Parce que ces Sept-Saints sont les évêques venus de l'île de Bretagne en Armorique an temps des invasions saxonnes. Or les fondateurs des diocèses de Rennes et de Nantes étaient Gallo-Romains. » Cette cause d'exclusion est-elle suffisante ? Non. La preuve c'est que saint Patern de Vannes étant gallo-romain de naissance comme de nom, sa qualité de gallo-romain n'a pas été un obstacle a son admission au rang des Sept-Saints de Bretagne. Il faut une autre raison, et la voici : très simple, et, me semble-t-il. certaine. Toutefois je ne l'ai vue nulle part, et c'est pourquoi j'ai besoin de la justifier. Saint Brieuc et saint Tugdual, débarqués en Armorique en 405 et 540, avaient entamé la conquête religieuse de la Domnonée et fondé les monastères de Saint-Brieuc et Tréguier. En 518, saint Samson, évêque dans l'île de Bretagne, passa à son tour en Armorique et fonda le monastère de Dol. Peu après la mort de saint Samson, saint Malo fondait les monastères d'Alet et de l'ile d'Aaron (Saint-Servan et Saint-Malo, 580-83. Saint Samson avait exercé l'autorité épiscopale sur tout le littoral de la Manche, depuis le Couesnon qui sépare la Bretagne de la Normandie, jusqu'au Kefileut qui. jusqu'à 1789, a partagé la ville de Morlaix entre les deux évêchés de Tréguier et de Léon, c'est-à-dire sur une longueur de 60 lieues. Après treize siècles de christianisme et avec nos moyens de communication, un diocèse de cette étendue paraîtrait trop vaste aujourd'hui. Qu'était-ce donc au VIe siècle, quand le pays était couvert de bois que perçaient à peine les vieilles voies romaines, et qu'il restait aux apôtres chrétiens tant de conquêtes à faire ? II y eut nécessité de partager l'administration de ce vaste territoire ; de là l'institution de vicaires de l'évêque de Dol, dits évêques régionnaires, co-évêques, abbés-éques, chefs de monastères ayant par délégation les pouvoirs épiscopaux. Bien que n'ayant pas de résidences fixes, ces vicaires de Dol se tenaient sans doute le plus souvent dans les grands monastères de Saint-Brieuc,Tréguier et Saint-Malo. Il est probable aussi que les limites de leurs circonscriptions déterminées par les chrétientés qu'eux-mêmes avaient fondées, acquirent par l'usage et le temps une certaine fixité. Moins étendus que l'évêché de Dol, les évêchés de Vannes, Cornouaille et Léon, fondés avant l'arrivée de saint Samson (465, 495, 530), avaient déjà des limites fixes qu'ils devaient garder jusqu'en 1789. Ces quatre évêchés, comme ceux de Rennes et Nantes, étaient suffragants de Tours. Deux siècles et demi après saint Samson, au milieu du IXe siècIe, l'état de choses que nous venons de décrira n'a pas changé. A ce moment (848) Nominoë est maître des quatre évêchés de Dol, Léon, Cornouaille et Vannes (voir Nominoë, page n° 4). Pour assurer sa puissance, il lui faut détruire l'influence des Francs dans sa Bretagne. Les évêques agréés par les rois francs et suffragants do Tours, et les vicaires de Dol, nommés par l'évêque, lui sont pour la plupart un obstacle. De gré ou de force il obtient leurs dépositions; il prétend faire de la Bretagne une province ecclésiastique et il crée une métropole à Dol. Mais comment la métropole de Tours accueillera-t-elle cette organisation qui lui enlève quatre évêchés sur neuf ? Comment Rome l'agréera-t-elle quand la règle exige, dit-on, douze suffragants pour créer une métropole ?

 

 

Nominoë triomphant

 

Nominoë va dédoubler le nombre des évêchés suffragants : Vannes, Cornouaille et Léon conserveront leurs limites anciennes ; mais, dans le diocèse trop étendu de Dol, il sera taillé trois diocèses. Leurs limites sont tout indiquées : ce seront celles des circonscriptions vicariales. Devenu archevêque, l'évêque de Dol au lieu de vicaires aura des suffragants dont les résidences seront aux monastères où l'usage les avait établies. Dol devenant métropole, aura pour diocèse le territoire dont son évêque avait gardé l'administration en mains propres. Au point de vue des circonscriptions et des sièges épiscopaux, l'organisation nouvelle n'était que la confirmation de l'état de choses existant depuis longtemps. Les nouveaux évêques devinrent suffragants dévoués de Dol. Isolés de Tours, les évêques de Léon et de Cornouaille suivirent leur exemple. Y eut-il quelque hésitation de la part de l'évêque de Vannes que la Vilaine Jusqu'au-dessus de Redon séparait seule de Nantes étroitement attaché à Tours ?...(!) Quoiqu'il en soit, Dol obtint l'obéissance de Vannes. Nominoë avait dû prévoir l'opposition de Tours; mais avait il prévu l'opposition des archevêques de Rouen, Reims et Sens qui a pour suffragant Paris, la résidence royale ? Dans l'année même de la création de Dol. vingt-deux prélats réunis à Tours, au nombre desquels l'archevêque de Tours et les trois que nous venons de nommer, protestaient en faveur de Tours contre la création de la métropole de Dol, et portaient l'affaire à Rome. C'est la France ecclésiastique tout entière qui fait opposition à Dol. Nominoë refusa de lire la lettre synodale de Tours ; mais elle lui fut un avertissement. Deux ans plus tard, il avait étendu sa puissante main sur Rennes et Nantes ; mais, trop avisé pour soulever contre sa métropole de nouveaux motifs de protestation, il se garda de Joindre ces deux évêchés à la province de Dol. Or la création de la métropole bretonne avait été accueillie avec faveur par les Bretons comme une garantie de plus d'indépendance. L'opposition des évêques francs à l'organisation d'une église bretonne dut apparaître aux yeux des Bretons comme la continuation ou la reprise, sous une forme nouvelle, de la lutte que la Bretagne avait soutenue pour conquérir son indépendance. Ces circonstances, politiques autant que religieuses, n'expliquent-elles pas que les Bretons aient appelé à un degré éminent d'honneurs les fondateurs de Dol et des évêchés suffragants de Dol ? Or chacun d'eux avait reçu un culte particulier de la génération même qui avait recueilli son enseignement et avait élevé une église sur son tombeau. La première manifestation de ce culte fut la dévotion populaire à cette époque, le pèlerinage au tombeau du saint, et plus tard à ses reliques pieusement gardées. Quand Dol devint métropole, de diocésain qu'il était,le pèlerinage ne devint-il pas provincial ? et saint Samson à Dol, comme saint Martin à Tours, ne reçut-il pas la visite de toute la province? Dans les moeurs de ces temps c'est très vraisemblable. Mais allons plus loin : La ségrégation toute d'honneur du fondateur de Dol et des fondateurs des évêchés suffragants de Dol n'aura-t-elle pas une autre conséquence ? Au culte particulier de chacun des Sept-Saints, la Bretagne ne va-t-elle pas substituer le culte collectif des Sept-Saints ? Et si ce culte collectif s'établit, quelle en sera sinon la première du moins la plus éclatante manifestation ? Sera-ce, comme on l'a écrit, la construction d'une église unique sous le vocable des Sept-Saints ? -Non. Sera-ce du moins la consécration dans l'église principale de chacun d'eux, d'un autel, d'une memoria quelconque des Sept-Saints ? -Il n'y a aucun indice de ce fait. -Cette manifestation ce fut le pèlerinage populaire de l'une à l'autre de ces sept églises. D'après notes laissées par J. Trévédy : Les Sept-Saints de Bretagne et leur pèlerinage.

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21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 18:26

 

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21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 13:15

 

I. -Préambule.

 

 

« Les documents qui mentionnent le pèlerinage des Sept Saints sont très rares et contiennent peu de détails sur ces pieuses pérégrinations.» Croira-t-on que pas un seul de nos anciens historiens et hagiographes ne donne les noms des Sept-Saints ? et, ce qui est plus incroyable encore, c'est que, comme nous le verrons, l'exact et savant Lobineau n'a connu ces noms d'une manière certaine qu'après l'impression de son Histoire de Bretagne. Pierre Le Baud mort en 1505, Alain Bouchard mort après 1513, ont été contemporains, peut-être témoins du pèlerinage des Sept-Saints. Or, ils n'en font aucune mention. Le Baud a écrit le premier. Par deux fois, il mentionne non les sept, mais « les neuf saints patrons de la Bretagne et fondateurs des neuf évêchés. » Dans son texte, Alain Bouchard ne donne pas une liste des Sept-Saints ; mais, en deux endroits, une gravure sur bois publiée par lui, représente sous le titre collectif les Sept-Saints de Bretaigne un évêque portant la croix archiépiscopale et six évêques. Au-dessous de la ligure de l'archevêque, se lit le nom de saint Samson, et au-dessous des six autres figures les noms de saint Malo, saint Brieuc, saint Pater(n), saint Corentin, saint Tudual, saint Paul (voir Les évangélistes Bretons, page n° 2). Saint Samson est à gauche et les six autres, moins saint Patern placé au milieu, sont tournés vers lui, « le reconnaissant comme métropolitain. » On le voit, cette image dessinée aux premières années du XVIe siècle nous reporte au temps où Dol se prétendait métropole des six évêchés de Saint-Malo, Saint-Brieuc, Tréguier, Léon, Cornouaille et Vannes. -Nous aurons à y revenir. D'Argentré (1582) n'aurait-il pas vu cette image, ou bien n'aurait-il pas ajouté foi à ces indications ? Toujours est-il que, dans la liste qu'il donne, non des Sept-Saints de Bretagne, mais des « sept évêques venus de Bretagne en Armorique au temps des Saxons. », il omet saint Corentin. Albert le Grand a écrit la vie de chacun des Sept-Saints figurés dans le livre de Bouchard. Nulle part il ne rappelle leur titre de Sept-Saints ; seulement dans la Vie de saint Patern, et avec de singuliers anachronismes, il nous montre Patern, Malo, Tugdual, Paul, Brieuc, plus l'évêque de Quimper qu'il ne nomme pas, tenant un synode à Vannes, sous la présidence de saint Samson leur métropolitain. D'après notes laissées par J. Trévédy : Les Sept-Saints de Bretagne et leur pèlerinage.

 

 

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21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 12:32

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 16:29

Nous avons précédemment étudié la difficile succession du duc Conan III, et comment il aurait renié son fils Hoël, comte de Nantes, et aurait préféré voir lui succéder sa fille Berthe mariée successivement à Alain le Noir de la Maison de Penthièvre puis à Eudon de Porhoët. Si nous avons déjà eut l'occasion d'aborder un dossier consacré à la Maison de Penthièvre, et audit Alain le Noir, en revanche aucune note n'avait été laissée pour expliquer véritablement qui était Eudon II de Porhoët. Voici une filiation émise sur cette Maison de Porhoët.

 


 

Le célèbre Patru, dit, Tome 1, p. 273, que « les Rohan sont issus des anciens Rois de L'Armorique ; & à la p. 275, il ajoute que les Rohan ont toujours soutenu, avec autant de courage que de fermeté, la splendeur du nom de Rohan,&la gloire des Monarque magnanimes dont ils sont sortis ». Ces preuves sommaires de l'origine de la Maison de Rohan & de son illustration, dévoient avoir place dans un Dictionnaire telle que celui-ci. Nous allons maintenant en donner la filiation, prouvée, sans interruption, depuis Guethekoc, qui suit.

 

 

Guethenoc, Vicomte de Cháteautro en Porhoët, auteur de la Maison de Porhoët, dont est sortie celle de Rohan, jetta les premiers fondements d'un Château, sans le nommer, sur un terrain appartenant à l' Abbaye de Redon, que les Historiens de Bretagne ont depuis appelle le Château de Josselin, ce qui donne lieu de croire que ce Château, suivant un Cartulaire de l'Abbaye de Saint- Sauveur de Redon, fut fini par son fils Josselin. Le même Guethenoc fit une donation à l'Abbaye du Mont-Saint-Michel de quelques biens situés dans le Porhoët. La Charte, qui en fait mention, intitulée Carta de Porrohot, fut signée par sa femme Allarun, & par ses fils Josselin, qui suit, Mainguy & Tutgal. Il est nommé dans deux Chartes de l'Abbaye de Redon, l'une de l'an 1008, & l'autre de l'an 1021. Pour Mainguy & Tutgal, ses autres fils, on n'en connoít que les noms par la Charte de donation de l'Abbaye du Mont-Saint-Michel.


 

II. Josselin ou Gosselin, qualifie Vicomte de Bretagne dans une Charte de Ceoffroi Martel, Comte d'Anjou, en faveur de l'Abbaye de Saint-Nicolas d'Angers, antérieure à l'an 1048, confirma avec Conan II, Duc de Bretagne une donation faite à l'Abbaye de Redon la même année 1048, où il est qualifié Vicomte de Rennes. C'est lui qui fonda le Prieuré de Sainte-Croix du Château Josselin, en faveur de ladite Abbaye de Redon, avant l'an 1062 : il est dit dans la Charte ou Notice de cette fondation, que les bienfaits de son père & les siens envers le Monastère de Redon, sont les causes de l'augmentation de leur Royaume : Regnum ejus (Guetenoci) .... & regnum suum (Gosselìni) ... suisse multiplicatum .... (&) amplìficatum. II consentit, comme Seigneur suzerain, à une donation faite à l'Abbaye de Marmoutier avant l'an 1064, où il a la qualité de Vicomte de Rennes ; & dans une Charte de l'Abbaye de Saint-Florent de Saumur, en 1086, il est dit père du Vicomte Eudon. Il mourut en 1074, & fut inhumé auprès de Guethenoc, son père, en l'Abbaye de Redon. Ses enfans furent :


 

-Mainguy, Evêque de Vannes ;


 

-Roger ;


 

-Eudon, qui suit; tous les trois nommés dans la Charte de 1062 ;


 

-une fille, Religieuse en l'Abbaye de Saint-Georges.


 


 

III. Eudon I, Vicomte de Porhoet & de Rennes, qui suivit, en 1066, Guillaume, Duc de Normandie, à la conquête d'Angleterre, est nommé dans la Charte de fondation du Prieuré de Sainte-Croix de Josselin, faite par son père ; & il est dit fils de Josselin dans l'acte de confirmation de la fondation du Prieuré de Saint-Florent sous Dol, par Alain-Fergent, Duc de Bretagne, de l'année 1086. Cette charte bien authentique, ne doit pas être confondue avec celle du même Prince de l'an 1088, tirée de la Chambre des Comptes de Bretagne, laquelle autrefois a paru suspecte. II fit une fondation au Prieuré de Sainte- Croix en 1092, pour le repos de l'âme de sa première femme, nommée Anne qu Emme de Léon, qui y étoit enterrée, du consentement de Josselin, son fils aîné, & en présence de plusieurs Evêques & Abbés, & de ses Barons. Le nom de sa seconde femme est inconnu. De la première il eut :


 

1. -Josselin ou Gosselin, quelquefois nommé Jofto & Joscius, qui consentit à la donation faite par son père, au Prieuré de Sainte-Croix, du Château Josselin en 1091. Il fonda le Prieuré de Saint-Martin du Château Josselin en faveur de l'Abbaye de Marmoutier en 1105 ; fit une donation au même Prieuré en 1108; assista avec ses frères Guihenoc, Geoffroi & Alain, à la fondation faite, avant l'an 1124, au même Monastère, situé, dit le titre, à Porhoët, cest-à dire, au Château Josselin de Saint-Martin du Château Josselin, comme on le voit par une Lettre du Comte Eudes ou Eudon, son neveu, à Robert, Abbé de Marmoutier ;


 


 

2. -Guihenoc, nommé dans une Charte du Prieuré de Saint-Melin ;


 

3. -Geoffroi, qui suit ;


 

4. -Alain, Auteur de toute la Maison de Rohan, mentionnée en son rang ;


 

5. -une fille, mariée à Simon, Seigneur de la Roche-Bernard.


 

t du second lit :


 

-6 & 7. -Bernard & -Robert, mentionnés dans une Charte de l'Abbaye de Marmoutier de l'an 1118.


 

IV. Geoffroi, troisième fils d'Eudon I, & d'Anne ou Emme de Léon, sa première femme, est qualifié Vicomte du Château de Porhoët dans un accord que ses frères, Alain & Bernard, firent avec l'Abbé de Marmoutier, au sujet du mobilier que Josselin, leur aîné, lui avoit laissé. Etant tombé malade, en, 1118, il fit une donation à Saint-Martin de Josselin, en présence de son frère Alain, & de ses Barons. Dans un acte de fondation faite par ce dernier du Prieuré de la Noée , il y est dit frère da Vicomte Alain. Il fit une autre donation, vers le même temps, au Prieur de Saint-Martin de Josselin; assista, avec le même Alain, Conan III, Duc de Bretagne, un grand nombre d'Evêques, d'Abbés & de Noblesse, à une nouvelle consécration de l'Eglise de Redon, faite en 1127. Ces deux frères sont qualifiés Vicomtes de Porhoët dans l'acte qui en a été dressé. On le trouve encore nommé, avec Eudon, son fils, dans une Lettre de Donoal, Evêque d'Aleth (aujourd'hui Saint-Malo), donnée au Château Josselin l'an 1130, par laquelle ce Prélat confirme aux Moines de Marmoutier, c'est à-dire du Prieuré du Château Josselin, une donation de quelques biens situés à Miniac en Porhoët. Ce même Géoffroi donna aussi aux Moines de Notre-Dame, alias du Château Josselin en 1132, plusieurs coutumes, telles que le droit d'ost, le repas du Comte, &c- et qui fut confirmé, en 1153, par Eudon, son fils aîné. Il est encore nommé dans une Charte d'Alain la Zouche, son autre fils, en faveur des Chanoines de Lilleshult en Angleterre. II avoit assisté, en 1119, aux obsèques du Duc Alain-Fergent ; mourut en 1141 ; & laissa d'Havoise, son épouse :


 

1. -Eudon, qui suit ;


 

2. -Joscius ou Josthon, présent à la fondation de l'Abbaye de Lantenac ;


 

3. -Alain, tige de la Maison de Porhoët-de-la-Zouche en Angleterre ;


 

4. -Etienne, nommé dans une Charte de Marmoutier en 1164 ;


 

5. -Ámicie de Porhoet, mariée à Guillaume Ier, Seigneur de Monfort.


 


 

Eudon, II. du nom, Vicomte de Porhoet, fut aussi Comte de Bretagne, 8c épousa Berthe, fille du Duc Conan III, vers l'an 1148, veuve d'Alain le Noir, Comte de Richemont, dont elle avoit eu un fils, qui fut ensuite Duc de Bretagne sous le nom de Conan IV. De là vient que cet Eudon est nommé tantôt Vicomte de Porhoët, tantôt Comte de Bretagne ; mais seulement Eudon, avec son père, dans un titre de Marmoutier de l'an 1130. II écrivit, vers 1150, à Robert, Abbé de Marmoutier, pour l'engager à rachever le bâtiment de l'Eglise du Prieuré Saint-Martin du Château Josselin, commencé par le Vicomte Josselin, son oncle, en rassurant de ses bienfaits & de ceux d'Alain, Vicomte de Rohan, son autre oncle : il se qualifie Comte de Bretagne dans cette Lettre ; confirma, en 1153, du consentement de ses frères, la donation faite aux Moines de Saint-Martin du Château Josselin, par leur père, des droits d'ost, repas du Comte, &c. fonda, vers le même tems, l' Abbaye de Lantenac, aussi du consentement de ses frères ; se qualifie Comte dans ces deux derniers actes, & n'a que la qualité de Vicomte de Porhoet dans la Chronique de Normandie sous les années 1155 & 1157. Une Charte par lui donnée en 1164, apprend qu'il fit d'autres donations au Prieuré de Saint -Martin du Château Josselin, du consentement d'Alain de Rohan, son cousin : il y fait mention de son oncle Joscius ou Josselin, & s'y qualifie Comte de Bretagne. L'Histoire de cette Province, qui parle de lui fort au long, dit qu'il fut père d'un fils, aussi nommé Eudon ; & que la fille de celui-ci, appelée Mahaut, porta le Porhoet dans la Maison de Fougères en Bretagne. Eudon II de Porhoët eut aussi une fille : Aliénor de la Chéze. Celle-ci était femme de Alain III de Rohan, et son père, Eudon de Porhoët lui donna la moitié de la paroisse de Loudéac d'après un acte de 1226. Elle eut entre autres enfants, une fille prénommée Alips, femme de Etienne de Bréhant.


 


 

Les habitants de Rennes et des cantons environnants proclamèrent Eudon, vicomte de Porhoët, mari de Berthe, et tuteur de son beau-fils Conan, duc de Bretagne, tandis que Nantes et Quimper reconnaissaient Hoël comme leur souverain, malgré la tache de sa naissance (1148). Ce dernier était un prince incapable et dont ses partisans se lassèrent bientôt ; les Nantais, en 1150, l'expulsèrent de leur ville et se donnèrent à Geoffroi, comte d'Anjou et frère du roi d'Angleterre Henri II. Les conséquences de l'élection du comte d'Anjou furent fatales. Geoffroi étant venu à mourir (1158), le roi d'Angleterre, comme son héritier, réclama et obtint le comté de Nantes. Cependant il s'était élevé un autre prétendant à la couronne ducale, c'était Conan IV, le fils d'Alain-le-Noir comte de Richemont, et le pupille d'Eudon vicomte de Porhoët. Ce prince, soutenu par les principaux barons du duché, prit les armes contre son beau-père ; il perdit une bataille en 1154 et il fut contraint de chercher un refuge au-delà de la mer, au milieu de ses vassaux anglais du comté de Richemont. La politique intéressée de Henri II vint à son aide ; le roi d'Angleterre mit à sa disposition un corps considérable de troupes. Conan repassa en Bretagne, y rallia ses grands vassaux et alla assiéger Rennes. Quoique la place fût bien approvisionnée, le comte Eudon ne voulut pas laisser au temps le soin de forcer ses ennemis à la retraite ; il tenta de la délivrer en attaquant le camp des assiégés avec une grande vigueur. Le succès ne répondit point à son courage; il fut repoussé après un combat opiniâtre dans lequel il perdit presque toute son armée. La garnison de Rennes, n'ayant plus l'espoir d'être secourue, capitula au bout de quelques jours (1155). 

 

 

 

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