Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 06:12

Septembre le battoux

 


 

Saint-Gilles guérissait du mal qui portait son nom : la peur. A Saint-Gilles-du-Méné, on conduisait des enfants pour les préserver de la peur.

 

Ce jour premier septembre 2016 à Sévignac, en la chapelle Saint-Gilles de Brondineuf, messe dans la matinée, comme tous les ans depuis 1999. 


 

Sainte-Brigitte donnait du lait aux nourrissons.


 

Le point où était le vent le jour de la foire de la Montbrant, il y était les trois-quart de l'année

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 19:23

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 18:51

C'est dans la Revue de Bretagne et de Vendée que L'Abbé Le Masson publia en 1912, quelques chapitres consacrés à La Châtellenie de La Touche à la Vache en Créhen et  ses Seigneurs.


 

Le Château Féodal de la Touche. 


 

Non loin de la route de Plancoët à Languenan, à une demi-lieue de l'église de Notre-Dame de Nazareth, se dresse une colline assez élevée et couverte de bois, dominant une profonde vallée. Si l'on gravit le sentier rapide qui conduit au sommet de ce coteau, l'on se trouve en présence d'un spectacle inattendu : au milieu d'un petit étang qui n'assèche jamais, l'on aperçoit sortant de l'eau, les débris d'une grosse tour ou plutôt d'une massive construction carrée, affectant la forme d'un donjon. C'est l'ancien château de la Touche à la Vache, la seule construction de ce genre, nous dit M. Gaultier du Mottay, que l'on trouve dans les Côtes-du-Nord et probablement dans toute la Bretagne, où l'on bâtit rarement de ces tours carrées, que l'on rencontre beaucoup plus souvent dans les fortifications normandes. Selon cet archéologue, ce qui reste des murailles construites en grande partie en pierres taillées et qui atteignent encore de 10 à 12 mètres de hauteur, dans leur partie la mieux conservée, paraît appartenir aux débuts du XIIIe siècle et tient tout à la fois, de l'époque romane et de l'époque ogivale. D'après les mesures prises en 1856, par M. du Mottay, chacune des faces du donjon présente un développement d'environ neuf mètres. Les angles étaient fortifiés par quatre tourelles ou contreforts carrés de trois mètres de côté. Trois de ces angles seulement paraissent à l'extérieur, le quatrième se trouve engagé dans la tour principale. Plusieurs murs de refend partageaient l'édifice et les traces de crépissage à la chaux que l'on aperçoit encore sur les murailles intérieures, semblent indiquer que cette construction a servi de demeure jusqu'à une époque assez rapprochée de nous. L'on pourrait discuter sans doute si le château de la Touche à la Vache a jadis vraiment été une forteresse féodale dans toute l'acception de ce terme. En tout cas, nous avons quelque droit à employer le mot forteresse, car cette habitation fut très certainement autrefois un lieu fortifié. Au XIe et XIIe siècle en effet, le sol de notre pays était couvert de petits castels ou maisons fortes, qui se composaient souvent uniquement d'une tour ou d'un donjon et permettaient à leur possesseur de se mettre à l'abri d'un coup de main ou d'une surprise de l'ennemi ; le château de la Touche fut un de ces édifices. D'ailleurs quand nous parlons du château féodal de la Touche, nous voulons surtout par là le distinguer du manoir tout moderne qui l'avoisine et dont la construction doit remonter au XVIIIe siècle.


 

La Maison des La Vache. 


 

C'est à l'ancienne famille des La Vache, propriétaire du fief et châtellenie de la Touche, que l'on doit l'érection du vieux castel qui garde encore leur nom.

Le premier membre de cette famille dont nous parlent les vieilles chroniques est Guillaume La Vache qui prit part, en 1248, à la sixième croisade avec le duc Mauclerc de Bretagne (Armorial de Courcy).

Vers la même époque, c'est-à-dire en 1233, 1269 et 1273, l'abbaye bénédictine de Saint-Jacut, traita avec les seigneurs de Rays, en Ploubalay, pour l'achat des dîmes de Créhen. L'on posa alors de part et d'autre des règles encore en usage au XVIIIème siècle. Il fut convenu que de ces dîmes l'on ferait trois parts, qui chaque année se tireraient au sort : le premier tiers allait aux religieux, qui en cédaient le tiers au recteur de Créhen ; le second allait au seigneur de la Touche de la Vache ; le dernier tiers revenait aux religieux et plus tard à l'abbé commendataire de Saint-Jacut (Note : Histoire du Royal Monastère de Saint-Jacut, composée par D. Noël Mars. Saint-Brieuc, F. Guyon éditeur, 1912).

En 1272, nous trouvons un Geoffroy La Vache, chevalier, sénéchal du duc Jean Le Roux pour la ville de Ploërmel (Dom Morice, Preuves, Tome Ier, col. 1028). Comme les sénéchaux étaient alors au premier rang parmi les officiers de l'ordre judiciaire, cette charge nous donne idée de l'importance dont jouissait dès cette époque reculée la famille Le Vache.

Un acte du monastère cistercien de Saint-Aubin-des-Bois, rapporté dans les Anciens Evêchés de Bretagne, tome III, p. 158, nous montre en 1280 Thomas La Vache, écuyer, faisant un accord avec l'abbaye de Saint-Aubin-des-Bois, au sujet d'un achat d'une récolte, d'un enclos et d'un pré. Les armoiries des La Vache étaient alors « de gueules à une vache d'argent ».


 

 

 

La Touche-à-la-Vache en Créhen, dessins de M. Frotier de la Messelière. Armoiries des possesseurs du lieu : de la Vache ;  de Plorec ; d'Acigné ; Scot ; Rioust de L'argentaye ; Largentaye.

 


 

C'est également en 1280 que Thomas et Rolland La Vache firent donation à l'abbaye de Saint-Aubin-des-Bois de deux mines de six boisseaux de froment, mesure de Plancoët, sur leurs terres sises en Créhen, et cela à seule fin d'avoir part aux prières de cette abbaye. La mine de Poudouvre, mesure de Poudouvre, se composait alors de six boisseaux, et chaque boisseau, mesure Plancoët, pesait quarante-trois kilogrammes. (Annuaire des Côtes-du-Nord, année 1856).

En 1297, une charte de Sainte-Aubin-des-Bois nous apprend que Geoffroy La Vache et Jehanne sa mère traitent avec les religieux de cette abbaye au sujet de terre sis en Créhen, et possédées par les nommés Grignart, Olivier Colas (?), Pierre Fouré et Geoffroy Dalidou. Le sceau de Geoffroy La Vache représentait alors une couronne surmontée d'un oiseau. (Anciens Evêchés, tome III, p. 195).

Si nous connaissons quelque chose du moyen-âge, c'est surtout aux cartulaires des monastères que nous le devons. Telle est raison pour laquelle nous ne savons guère des très anciennes maisons que leurs oeuvres pies, où bien encore leurs démêlées avec les moines.

Aussi en 1297, est ce encore une charte de Sainte-Aubin qui nous apprend que Geoffroy de La Vache et Jeanne sa mère, traitent avec les religieux de cette abbaye au sujet de terres sises en Créhen par les nommés Grignart, Olivier Colas, Pierre Fouré, Geoffroy Dalidou. Le sceau de Geoffroy de La Vache représentait alors une couronne surmontée d'un oiseau (Anciens Evêchés. tome III. p. 195)

En 1296, Pierre La Vache était maître d'artillerie à Melun. Il fut envoyé en Flandre en 1308 pour surveiller l'armement de plusieurs places fortes. Quelques années plus tard, nous le trouvons capitaine du château Gaillard, près de Rouen, où le roi Charles Le Bel faisait détenir son épouse prisonnière.

On le voit ensuite occupé à passer en revue diverses garnisons de Normandie, de Touraine et du Poitou. En 1324, il était en Gascogne occupé à surveiller les préparatifs de la guerre qui allait éclater dans cette province avec les Anglais. Il arma divers châteaux de ce qui constituait l'artillerie à cette époque, c'est-à-dire de catapultes, dards, mangonneaux, autres engins de destruction en usage au milieu du Moyen-Age (Annuaire des Côtes-du-Nord, 1856. Etude de M. Gaultier de Mottay).

En 1350, Raoul La Vache, écuyer et Denise sa femme, contestent à l'abbaye de Saint-Jacut, devant la cour de justice de Lamballe, la possession de la terre de la Ville-Juas, en Pluduno (Histoire du Royal Monastère de Saint-Jacut, p. 100).

Dans la guerre de succession de Bretagne, les seigneurs de la Touche à l'exemple de la majorité de la noblesse bretonne, avaient embrassé le parti de Charles de Blois. Nous voyons en effet, le 13 juillet 1348, le roi d'Angleterre Edouard III accorder in sauf conduit à neuf ambassadeurs qui vont à Londres traiter le la délivrance de Charles de Blois. Or parmi ces ambassadeurs figure Thomas La Vache, chevalier (Dom. Morice, Preuves, Tome Ier, col. 1461). 

Ce Thomas La Vache guerroya ensuite dans la compagnie le Pierre de Tournemine, seigneur de la Hunaudaye, qui servait sous les ordres de l'illustre du Guesclin. Il périt en 1370 à la bataille de Pontvallain, où nous dit l'historien d'Argentré " …. et, de la part des Français, ne mourut homme de nom, fors Thomas La Vache, sieur de la Touche, breton, sage et vaillant chevalier, qui se mêla si avant parmi les Anglais qu'il ne put se retirer ".

En 1351, Anastasie La Vache, demoiselle de la Touche, est mariée à Etienne des Nos, seigneur du Vaumeloizel, en Saint-Potan, archer (Note de feu M. l'abbé René Dubois).

Une montre enregistrée à Caen le 1er octobre 1371, nous présente Jean La Vache écuyer, combattant sous les ordres du connétable du Guesclin pour expulser les Anglais de France (Morice I, col. 1658).

En 1381, le 26 avril, Rolland et Olivier La Vache, écuyers, ratifient à Lamballe le traité de Guérande qui mit fin à la funeste guerre de succession de Bretagne (Lobineau, Preuves II, col. 618). En 1383, Guillaume La Vache bataille, probablement en qualité de chevalier bachelier, en Flandre et en Picardie, dans la compagnie de Jean de Tournemine, seigneur de la Hunaudaye (Morice, II, col. 436).

En 1392, Rolland La Vache, marié, croit-on, à une Coëtlogon fait assiette à Jeanne La Vache sa fille, des biens qu'il avait promis à Even le Sénéchal, son mari. (Pontbriand : Un ancien Armorial Breton, page 92). 

De 1413 à 1415, Bertrand et Rolland La Vache, écuyers, guerroient sous le commandement du duc de Bourbon, notamment aux siège de Soissons et de Compiègne (Morice, Preuves II, col. 904 et 908).

Si les seigneurs de la Touche se battaient sans se lasser contre les ennemis de la grande comme de la petite patrie, ils étaient aussi parfois des voisins peu commodes. C'est ainsi que le 17 octobre 1409, Jean V, duc de Bretagne ordonne à son sénéchal de Rennes d'informer contre plusieurs seigneurs et hommes d'armes, parmi lesquels figurent Olivier La Vache [Note :

En 1413, Olivier La Vache, fils de Rolland et frère de la dite Jane citée plus haut, avait pour armoiries : Un écusson en pointe chargé de 3 rencontres de Vaches, un casque, et, pour cimier : une comète à 7 rayons et pour supports : deux espèces d'hydres à une tête ailée. (Pontbriand : Ancien Armorial Breton. 1894, p. 92)], seigneur de la Touche et Rolland son frère, pour méfaits commis envers les terres et les gens de l'Abbaye de Saint Jacut. Ils sont prévenus entre autres « d'avoir couru et chassé ès dictes garennes de l'Abbaye, à tort et sans cause, ont prins des connilz d'icelles et de chacuns d'icelles ô chiens, lévriers, furetz et filets et les ont emportés... ont mis et boutté le feu es jaunays estant en la claus de la dicte garanne….. et accumulant maulx sur maulx, ont été en plusieurs manoirs et métairies... et ont prins, faict prendre et emporter pain, chair, beure, foin, avoynes et poulailles …. enfin par plusieurs fois, ont force et battu plusieurs des hommes et subjects de l'abbaye allant par notre grand chemin es faire de Montboan et de Matignon ». -En conséquence le duc ordonne « de saisir les coupables au corps et de les conduire en prison fermée, s'ils n'indemnisent pas l'abbaye et s'ils ne changent pas de conduite ». (Voir dans dom Morice. Preuves II, col. 828, le détail de cette charte très intéressante) 

 

 

 

Etendue de la Châtellenie de la Touche au XVe siècle.


 

En 1421, Olivier La Vache paraît comme chevalier bachelier, en compagnie de Jehan La Vache, écuyer ; tous deux faisaient alors partie les hommes placés sous le commandement de Pierre de Tournemine, seigneur banneret de la Hanaudaye (Dom Morice, Preuves II, col 1089).

On appelait alors, chevaliers bacheliers, les seigneurs qui possédaient un fief de haute justice, dit fief de Haubert, allusion à l'obligation où étaient ceux qui jouissaient de ces sortes de fiefs, de suivre leur prince à la guerre en équipage de chevalier. Aussi cette appellation appliquée aux seigneurs de la Touche suffit-elle à nous faire connaître l'importance de cette seigneurie, de laquelle dépendaient outre les terres sises en Créhen, la terre dite « de Saint-Eloy de Landebia » comprenant environ 200 journaux de terre situés dans la paroisse du même nom, et « la seigneurie de Saint-Rieul » contenant environ 613 journaux de terre, c'est-à-dire la quasi totalité de la paroisse de Saint-Rieul. Ce dernier fief avait une origine ancienne, car un acte de 1297, reproduit au tome troisième des Anciens Evêchés de Bretagne, nous montre que, dès cette époque, la famille La Vache possédait la seigneurie de Saint-Rieul.

D'ailleurs ces deux terres, Saint-Eloy de Landebia et Saint-Rieul, ne formaient autrefois qu'un seul et méme fief. Leurs propriétaires furent les mêmes jusqu'en 1586, et sur les titres les plus anciens, la seigneurie de Saint-Eloy de Landebia est toujours désignée sous le nom de seigneurie de la Touche à La Vache (Archives départementales des Côtes-d'Armor, E. 493). Les La Vache possédaient aussi des biens dans d'autres paroisses que Créhen, Saint-Rieul et Landebia, car en 1429, Olivier fit l'assiette de partage de sa soeur Jane à Sévignac et à Saint-Launeuc


 

Les derniers membres de la famille La Vache.


 

Olivier La Vache mourut en septembre 1422. Sa veuve Honorée du Bois lui survécut jusqu'en juillet 1431. Elle reçut en douaire des mains de Geoffroy Baluczon, receveur à Lamballe, le tiers des produits de la seigneurie.

D'un aveu qu'elle rendit en novembre 1422, au nom de son fils Gilles La Vache, nous voyons que cette famille était en possession d'un droit de bouteillage à la foire de Saint-Eloy de Landebia qui tombe le 25 juin. « Le dit droit consistant à prendre deux pots par pipe de chaque liqueur que vendent les taverniers, le tout pouvant rapporter 30 livres par année » (Archives des Côtes-d'Armor, E 493). 

Ce même acte porte aussi mention de droits à peu près semblables dans la paroisse de Saint-Rieul, ainsi que des droits de haute justice et de patronage dans l'église de Landebia. Grâce à leur droit de patronage, les seigneurs de la Touche avaient les honneurs et prééminences à Landebia, lors de la messe paroissiale. Ils recevaient le pain bénit avant les autres fidèles ; de plus le recteur devait leur offrir l'eau bénite immédiatement après l'aspersion du clergé, prier pour eux nommément au prône chaque dimanche. Il devait encore les encenser les premiers lorsqu'ils assistaient à la grand'messe et aux vêpres. Enfin comme seigneurs patrons de l'église, les seigneurs de la Touche avaient à Landebia le premier rang à toutes les processions.

Gilles La Vache, mineur à la mort de son père Olivier, eut pour tuteur Jehan La Vache, compagnon d'armes de celui-ci. Nous le trouvons faisant aveu en 1437. Il épousa Marguerite Madeuc, de la famille des seigneurs du Guémadeuc. De leur union, nous connaissons deux descendants, un fils qui fut Guyon La Vache et une fille appelée Jacquette, laquelle se maria à Raoul du Plessis-Gautron, en Sévignac.

Le 16 mars 1476, Marguerite Madeuc, dame de la Touche, est veuve et rend aveu au nom de ses enfants « pour droit d'assemblée le jour Saint-Eloy, droit de faire au bourg de Landebia le lendemain, droit de coutume, bouteillage, franchise, exécution et liberté, (sic) droit sur le beurre, échaudés et badies (cerises douces) qui se vendent les dits jour de fêtes ». 


 


 

Extinction de la branche aînée des La Vache.


 

Guyon La Vache qui parut le 8 janvier 1489, à la montre de la noblesse tenue à Dinan, et fut invité dans la circonstance « à fournir des hommes d'armes, archiers et coustilleurs selon que sa richesse le montre », ne dut pas laisser d'héritier mâle. Nous voyons en effet Jeanne La Vache, sa fille selon les uns, sa soeur, selon les autres, propriétaire de la seigneurie de la Touche et faisant aveu en 1496 et en 1511. 

Jeanne La Vache, dame d'honneur de la reine Anne de Bretagne, fut mariée deux fois : la première fois, nous dit Courcy, avec Jean de Québriac ; la seconde fois avec Jean Guibes, seigneur de Montfouché, capitaine de Rennes et vice-amiral de Bretagne.

Nous nous demandons ici si Guillemette La Vache, qui, veuve du sire de Trémigon, épousa en 1480, Rolland du Breil de Rays (en Ploubalay) n'était point soeur de Jeanne La Vache ? En tout cas, l'honneur d'une telle union. -Rolland du Breil était président des parlements de Bordeaux et de Toulouse, -nous dit assez la réputation dont jouissait en Bretagne la maison des La Vache

Nous ne savons non plus si Jeanne La Vache laissa des enfants de son mariage avec Jean Guibes, le neveu du fameux Landais, le favori du duc François II. Ce qu'il y a de certain, c'est que le 2 mars 1529, un Guion de La Motte, seigneur de la Touche à La Vache, paraît en qualité de procureur du sire de Montafilant, à l'assemblée de la noblesse de Bretagne, réunie aux fins d'aviser aux moyens de faire contribuer les gentilshommes au paiement de la rançon du roi François Ier, prisonnier en Espagne (Lobineau, II, col. 1599).

Qu'était-ce que ce Guion de la Motte ? -Nous ne l'avons trouvé figurant sur aucun autre document ; mais peut-être pourrait-on l'identifier avec Guyon La Vache, père de Françoise La Vache que nous allons trouver tout à l'heure comme propriétaire de la terre et châtellenie de la Touche. 


 

Les Plorec, seigneurs de la Touche.


 

Nous voyons en effet le 16 octobre 1538 Françoise La Vache, fille de Guyon et de Raoulette Ruffier faire aveu avec son mari Julien de Plorec, seigneur dudit lieu, du Bois-Bily et du Plessis-Plorec.

En 1556 Françoise rendit aveu pour la terre de Saint-Rieul avec haute-justice en Saint-Rieul et Landebia.

Le 28 décembre 1557, elle parut en qualité de dame de la Touche à la Vache à la montre des gentilshommes de l'évêché de Saint-Malo tenue à Dinan. (Morice, Preuves, col. 1207).

Elle dut décéder avant 1559, car nous voyons sa fille faire aveu à cette date pour les propriétés maternelles. Avec elle s'éteignit la dernière descendante de la branche aînée des La Vache.


 


 

Les d'Acigné de Grandbois, seigneurs de la Touche.


 

Claude de Plorec, fille et principale héritière de Julien de Plorec et de Françoise La Vache, épousa Louis d'Acigné, l'un des plus riches seigneurs de Bretagne, si nous en jugeons par ses titres de propriétés. Il s'intitulait en effet dans un aveu de 1577, sire de la Roche-Jagu, Grandbois, Troguindy, Lannoy, La Villemariou et Treleven, vicomte de Quemper-Guezennec et Pontrieu-Frinaudour. D'Hozier cite aussi son nom parmi les chevaliers de Saint-Michel.

La famille dont il descendait, figurait parmi les plus illustres. Nous trouvons ses premiers membres connus combattant dès le XIe siècle pour l'indépendance de la Bretagne. Vers la fin du XIVe siècle, un Pierre d'Acigné, compagnon d'armes du comte d'Anjou, fut grand sénéchal de Provence ; tandis qu'à la même époque, son frère Jean se couvrait de gloire à la bataille de Nicopolis. Les armoiries des d'Acigné étaient d'hermines à la fasce alésée de gueules, chargée de trois fleurs de lys d'or. Ils avaient pour devise ces trois mots : « Neque terrent monstra ».

Malgré tout le renom des d'Acigné, leur passage à la Touche ne fut cependant pas heureux pour cette châtellenie. Mais n'anticipons pas l'ordre des événements.

Le 22 juillet 1560 Louis d'Acigné et Claude de Plorec font aveu pour la partie de la seigneurie de !a Touche à la Vache qui relevait du Penthièvre. Ils mentionnent dans cette pièce qu'ils ont droit« de fourches patibulaires à trois pots ». Dans un autre aveu rendu en 1571, à cause de la juridiction de la châtellenie de la Touche, ancien fief, ils déclarent posséder une haute justice à quatre juges, ainsi qu'un droit de sergentise féodée. Quelques années auparavant, le 7 mars 1569, Claude de Plorec, dame la Touche, figure à Dinan sur le rôle de la noblesse établi par les soins des commissaires du roi, comme devant deux arquebusiers pour le service de sa Majesté (Morice, Preuves III, col. 1539).

La châtelaine de la Touche mourut probablement dans les environs de 1580 et son mari l'avait déjà précédée dans la tombe, si l'on s'en tient à un aveu rendu en 1584, par leur fils et héritier principal Jean d'Acigné, pour les manoirs et métairies de la Grande Gibonnais, en T rév ron et du Pont-Ruffier, en le Hinglé.

Les autres enfants de Louis d'Acigné et de Claude de Plorec furent : selon du Paz : Claude, dame de la Gibonnaye, qui se maria à François du Breil de Rays, Elisabeth, qui épousa Claude du Nevet et devint mère de Jacques, baron du Nevet, assassiné en 1616, par le seigneur du Guémadeuc, en Erquy, pour une question de préséance.

Enfin la cadette prit pour époux le seigneur du Guébriand et mourut sans postérité.

L'héritier principal de Louis d'Acigné, avons-nous dit, fut son fils Jean qui dans un acte du 8 juin 1583, s'intitulait seigneur de Grandbois en Landebaëron ; la Touche à la Vache ; le Gibonnaye ; Dommenesche, en Sion, évêché de Nantes ; le Plessis-Plorec en Erquy ; Plorec et Landebia. Selon du Paz, il se maria à Jeanne du Bueil, (d'autres disent Anne du Breil). Toujours d'après cet auteur, il vivait encore en 1620. D'Hozier, dans ses notes sur les Chevaliers de Saint-Michel, l'appelle sire et marquis d'Acigné, comte de Grandbois, vicomte de Quimper, baron de Montejan, sire de la Rochejagu, etc., gentilhomme ordinaire à la chambre du Roi, capitaine de cinquante hommes d'armes et chevalier de l'ordre du Roi.

Une transaction, conclue le 21 novembre 1599 entre lui et son beau-frère François du Breil de Rays, porte expressément que Jean d'Acigné demeure ordinairement à la Tousche à la Vache, paroisse de Créhen (Nos Chevaliers de Saint-Michel, Preuves, page 310).

Son fils aîné Honorat d'Acigné épousa la fille du seigneur du Lezay (Laval-Lezay). On lui connaît encore une fille nommée Anne, mariée au seigneur de Kergoët et un fils appelé Jean que du Pazqualifie de seigneur de la Touche. Ce dernier s'allia avec Marguerite Fleuriot, dame de Carnavalet.

Nous avons en mains un convenant du 7 juillet 1639, dans lequel ce Jean d'Acigné prend le titre de baron de la Touche. Il agissait alors en qualité de curateur d'un de ses fils qui portait comme lui le nom de Jean et était marié, quoiqu'il dut être fort âgé, à Jeanne du Dresnay, fille et héritière du seigneur de la Roche-Huon.

Quelques années plus tard, en 1651, un autre convenant nous montre ce Jean d'Acigné et son épouse se faisant appeler seigneur et dame de Carnavalet. Enfin en 1656, Jeanne du Dresnay paraît seule sur les baux, ce qui semble indiquer que son mari était mort. Laissa-t-il des enfants, nous n'en savons rien : en tout cas, la Touche revint à son cousin germain, Honorat-Auguste d'Acigné, comte de la Roche-Jagu. Mais nous ne saurons affirmer que ce fut par héritage.

Bien que la famille d'Acigné compta parmi l'une des premières de Bretagne, nous n'avons pu trouver en somme que peu de renseignements sur les seigneurs de la Touche au cours du XVIIe siècle. Ce qui a rendu, à ce point de vue, notre tâche difficile encore, c'est que la partie de la Touche à la Vache située dans la paroisse de Créhen relevait directement du roi ; aussi les Archives des Côtes-d'Armor ne contiennent-elles rien à son sujet. Nous avons relevé sur les registres paroissiaux de Saint-Pierre en Saint-Georges de Rennes :

 "Le 26 janvier 1636, noble et puissant Honorat d'Acigné, comte de Grandbois, de la paroisse de Cleffs, évêché d'Angers, et marié en premières noces à Jacqueline de Laval, dame de Lezay, se remaria à Marguerite de Coëtnempren, déjà veuve de Guy de Keraldanet et de Charles de Sévigné. le même jour, son fils aîné Honorat-Auguste, comte de la Roche-Jagu se mariait à Renée de Keraldanet" . Veuf de cette dame, il épousa plus tard Marie Loz de Kergouanton, dont il n'eut pas d'enfant. A sa mort, il se retira à l'Oratoire ; il y mourut en 1673 (Archives de la Loire-Inférieure, B, 1662).


 


 

Démembrement de la terre de la Touche.


 

Honorat-Auguste d'Acigné continua le démembrement de la terre de la Touche à la Vache, déjà commencé en 1586, par son grand-père, lors de la cession de la seigneurie de Saint-Rieul. Le 20 décembre 1666, noble et puissant Honorat d'Acigné, chevalier, seigneur comte de Grandbois, en Landebaëron ; baron de la Rochejagu, en Ploëzal ; vicomte de Quemper, en Quemper-Guezennec, disant alors résider au château de la Touche à la Vache, passa contrat avec René Ier de Kergu (en Mégrit), chevalier, seigneur du Bois-Gerbault, en Ruca ; le Tertre des Nos et autres lieux, résidant au manoir du Tertre des Nos, en Planguenoual. Par cet acte, Honorat d'Acigné vendait à René de Kergu la terre de Saint-Eloy de Landebia, avec le droit de fondation et supériorité de l'Eglise, du cimetière et de l'hôpital de la paroisse de Landebia qui étaient attachés à la possession de ce fief, lequel cessa dès lors de porter le nom de la Touche à la Vache pour prendre celui de Saint-Eloy de Landebia (Archives des Côtes-d'Armor, E. 273).

Le petit-fils de René Ier, René III de Kergu, époux de Jacquemine de la Motte, rendit aveu en 1693, à la princesse de Bourbon, duchesse de Penthièvre pour la terre de Landebia. Comme cette pièce, qui contient entre autre une très curieuse description de l'ancienne église de Landebia, ne fait que relater des droits dont avaient joui autrefois sur la terre de Landebia, les seigneurs de la Touche, nous allons résumer ici brièvement cet acte.

René III déclare posséder sur la foire et assemblée de Saint-Eloy des droits dont nous avons déjà fait mention ailleurs. Il dit avoir aussi haute, basse et moyenne justice « et tout ferme droit et création de tous officiers pour justice exercer » ; « plaids généraux tenus sans assignation, le lendemain de la foire de M. Saint-Eloy, pour y faire les adjutages et bouteillages et autres exercices de juridiction ». Et de plus, continue le même aveu, le seigneur de Kergu comme successeur des seigneurs de la Touche, se déclare « fondateur et dotateur de l'église et chapelle de Landebia et posséder tant au choeur qu'en la nef, enfeu, tombeau, escabeau, ceinture et lizière (Note : Le droit de ceinture et lisière consistait à cette époque dans une bande noire que l'on faisait peindre sur tout le contours tant intérieur qu'extérieur d'une église, et sur laquelle de distance en distance, le seigneur faisait figurer ses armoiries) au dedans et au dehors, et tous autres droits honorifiques, prééminences et prérogatives, avec toute coercion sur ses hommes obligés au guet dans son château du Plessis Trehen, en cas d'hostilité ».

 

Les derniers d'Acigné, seigneurs de la Touche. 


 

Nous n'avons que peu de chose à dire sur les seigneurs de la Touche à la fin du XVIIe siècle. Les d'Acigné avaient délaissé complètement ce vieux manoir et se contentaient de percevoir les revenus de ce domaine, pour lequel ils avaient vraisemblablement passé un bail. Nous avons en effet trouvé un contrat dressé le 31 janvier 1673, entre Pierre Nicolaye, demeurant au château de la Touche à La Vache et Gilles Menard et Lejeune son beau-père, demeurants au manoir noble de la Cordonnais, en Trégon.

Ce Pierre Nicolaye a tout l'air dans la circonstance d'être locataire du château ; aussi croyons-nous, n'est-ce pas aux d'Acigné qu'il faut attribuer le vaste manoir qui s'élève tout à côté du vieux castel féodal des La Vache et dont les constructions paraissent remonter aux débuts du XVIIIe siècle.

D'ailleurs, si nous nous en tenons aux auteurs des Anciens Evêchés de Bretagne, les derniers d'Acigné n'habitaient plus dans cette province et, nous disent ces historiens, ce n'étaient pas précisément les bénédictions de la foule qui accompagnèrent la dernière épouse d'Honorat-Auguste d'Acigné, Marie Loz de Kergouanton, la dernière fois que cette châtelaine quitta le magnifique manoir de la Rochejagu (ou Roche-Jagu) pour regagner la capitale, traînée dans son superbe carrosse à six chevaux.

Nous savons par un aveu de la Chambre des Comptes de Nantes, classé sous la côte B. 1662, que son mari Honorat-Auguste mourut en 1673, laissant toutes ses terres à sa fille Marie-Anne issue de son mariage avec Renée de Keraldanet.

Un autre aveu de l'époque nous donne le détail des possessions de cette riche héritière ; nous les citons ici pour mémoire : c'étaient La Rochejagu (ou Roche-Jagu), Grandbois, la Ville-Marion, Botloy-Lezardré, Portrieu-Frinaudour, Quemper-Guezennec, Troguindy, La Touche à la Vache, Kerveniou et Kergariou.

Malheureusement tout ce que nous savons de la Touche à la Vache à cette époque, c'est qu'alors cette châtellenie était soumise à un droit de rachat envers la baronnie du Guildo. La nouvelle châtelaine épousa le propre frère de son père, Jean Léonard d'Acigné, seigneur de la Motte-Souzay, en Touraine, qui devint du chef de sa femme, comte de Grandbois et d'Acigné. Lors de la réforme de l'ordre de Saint-Michel, il eut le rare honneur de recevoir le collier de cet ordre, le 18 avril 1665, après avoir préalablement justifié de ses services et de sa noblesse, selon la teneur des récentes ordonnances royales. Jean Léonard mourut le 3 mai 1703, âgé de 86 ans.

Malgré l'étroite parenté qui l'unissait à sa femme, nous doutons cependant que les deux époux vécussent en bonne intelligence, car des aveux de 1678 et de 1682 nous font savoir quo Marie d'Acigné était alors séparée de biens d'avec son mari. Une seule fille naquit de l'union du comte et de la comtesse d'Acigné. Ce fut Anne-Marguerite qui fut recherchée en mariage par Louis-Armand du Plessis, pair de France, prince de Mortagne, duc de Richelieu et de Fronsac et déjà veuf une première fois.

Elle l'épousa le 30 juillet 1684, et cette union eut pour résultat de faire passer l'antique seigneurie des la Vache dans la maison qu'avait à jamais illustrée le grand Cardinal de Richelieu. Nous ne savons cependant si la duchesse de Richelieu vit la chose s'accomplir, car elle mourut jeune encore, le 19 août 1698. Malgré tout, la chose est possible, car la comtesse d'Acigné avait mis sa fille en possession anticipée de quelques-unes de ses terres. C'est ainsi qu'un aveu conservé aux Archives des Côtes-d'Armor nous montre la duchesse de Richelieu faisant hommage avec son mari pour la seigneurie de Grandbois, du vivant de sa mère, qui ne mourut, croyons-nous, que vers 1725

Anne-Marguerite d'Acigné laissa quatre enfants, dont l'aîné Louis-Armand-François, le futur vainqueur de Mahon, devint célèbre autant par ses vices, que par son renom militaire. L'aînée des filles, Catherine-Armande épousa le marquis du Chatelet ; quant à ses sœurs Elisabeth et Marie-Gabrielle, elles se firent religieuses. 


 

Les Scot seigneurs de la Touche.


 

Un certain nombre d'actes conservés aux Archives des Côtes-d'Armor nous apprennent que le jeune duc de Richelieu ne tarda pas à se débarrasser par la vente, de plusieurs des seigneuries sises en terre bretonnante, dont la mort de sa grand'mère l'avait mis en possession. Bien que nous n'ayons, trouvé aucun document positif concernant ce sujet, nous pensons cependant que c'est aussi par acquêt qu'il faut expliquer le passage de la Touche aux mains de messire Jacques Scot de Balvery. Quant à la date de cette vente, nous croyons pouvoir la reculer au moins jusqu'après 1734. Nous trouvons en effet que le 3 mai de cette même année, écuyer Jacques Scot et Jacquemine Poulain, son épouse résidaient ensemble en la ville de Lamballe : or l'acte auquel nous faisons allusion ne semble nullement indiquer que la Touche fit alors partie de leurs domaines. Quoi qu'il en soit, M. Scot appartenait à une vieille famille écossaise passée depuis plus de deux cents ans au service de la France et dont l'un de ses membres M. Scot de Martinville devait se distinguer à la bataille de Saint-Cast, où il servait en qualité de volontaire.

A l'occasion de cette mémorable affaire, nous trouvons la note suivante insérée par le recteur de Créhen, à la fin du registre des baptêmes et des mariages de cette année de cette paroisse : « M. Ruellan, homme d'affaire de M. Scot, seigneur de cette paroisse, et Joseph Gautier, maitre menuisier, postés sur la rive opposée du côté de Saint-Potan, et couverts par un petit mur de jardin, firent feu sur l'avant-garde de l'armée anglaise lorsqu'elle tenta le passage du Guildo et la firent reculer ». Le possesseur de la Touche s'appelait alors Messire André-Joseph Scot, époux de dame Anne du Pontavice. Il mourut le 9 janvier 1759 et fut inhumé dans la chapelle du château de la Touche. Quelques mois avant son décès, il s'intitule dans un acte notarié, seigneur fondateur de l'église paroissiale de Créhen, et vend en cette qualité à M. Victor de Lesquen de la Menardais, le droit de posséder dans l'église de Créhen, « un banc fermé, à dossié et accoudoüer, et armorié de ses armes, le tout pour une somme de quatre livres à payer annuellement au trésorier de la fabrique de Créhen ».

Le 7 janvier de cette même année 1758, un frère d'André Scot, messire François-Hyacinthe-Jean Scot, âgé de quarante-quatre ans, lieutenant du roi à Saint-Malo et autres lieux, chevalier de Saint-Louis, originaire de Lamballe, fils de Jacques Scot, seigneur de la Touche et de Jacquemine Poulain, fit baptiser à Saint-Malo, le premier-né de son mariage avec Louise Mousset (Registres paroissiaux de Saint-Malo, édition Paris-Jallobert).

L'enfant reçut les prénoms de Malo-Pierre-François. Son parrain fut Pierre Le Breton de la Vieuville, maire de Saint-Malo, qui le nomma au nom de toute la ville ; les premiers personnages de la cité tinrent à signer au registre ; malheureusement l'enfant ne vécut pas et nous trouvons son acte de décès daté du 7 septembre 1761. Quant à son père, François-Hyacinthe Scot, il mourut âgé de soixante et un ans, le 27 septembre 1772. Ses armoiries, comme celles de sa famille étaient « d'or à trois têtes de lion, arrachées de gueules, deux et un, lampassées d'azur ».

André et François Scot ne furent pas les seuls enfants issus du mariage de Jacques Scot et de Jacquemine Poulain ; nous connaissons encore les noms de Claire Scot, qui le 10 février 1739, épousa Toussaint Gesril du Papeu, dans la chapelle du château de la Touche. Ce fut encore là, que le 13 octobre 1744, Anne Scot, sa sœur, épousa Pierre de Gouyon, originaire de Saint-Père et domicilié à Plévenon. Elle eut pour dot la métairie de la Martinais, en Corseul qui valait alors 400 livres de revenu. Elle mourut en 1806, âgée de quatre-vingt-dix ans et fut inhumée dans le cimetière de Nazareth.

Enfin André Scot, assigna en dot à Catherine, une autre de ses soeurs, la métairie de Bellevue, en Pléven, qui était louée à cette époque 400 livres par an. Cette demoiselle épousa peu après, le 22 avril 1758, dans la chapelle du château de la Touche, Henri-Urbain de Gouyon, seigneur de Beaucorps. André Scot mourut en 1784 et ses biens demeurèrent indivis entre René-Paul-Marie Scot et son frère François.


 

La Touche et la Révolution


 

Nous n'avons pas jusqu'ici trouvé de renseignements pouvant indiquer d'une façon certaine comment les Scots étaient entrés en possession de la Touche, mais nous savons du moins comment, durant la Révolution, ils furent sur le point de perdre ce beau domaine et de quelle manière il leur fut conservé.

Jusqu'à ce moment la châtellenie de la Touche demeura toujours en possession d'une haute justice qui s'exerçait au bourg de Créhen (Ogée et Fuffelet). C'était même le sénéchal de la Touche, avant 1790, qui était chargé de parapher les registres paroissiaux de Créhen en l'absence du sénéchal de Dinan. (Gautier du Mottay. Ann. des Côtes du Nord, année 1856).

En 1789, René-Paul-Marie Scot, châtelain de la Touche à la Vache, s'associa à la manifestation de la noblesse de Bretagne qui refusa d'envoyer des députés aux Etats Généraux pour protester contre la violations des libertés et franchises de la Bretagne. puis il émigra en 1791 avec une partie des gentilshommes du pays. Aussi, en vertu de la loi du 28 ventôse, an IV, la maison principale de la Touche, retenue, métairies et terres avec colombier et chapelle, l'avenue de la Petite Lande, la Grande Avenue, le Mail et l'Avenue des Grands Bois, la métairie de la Touche, celle de la Porte, le moulin Rault et le moulin Talva, la vallée Notre-Dame et la vallée Sous Bois, furent mis en vente comme appartenant aux sieurs René et François Scot. Le tout fut adjugé sur soumission, le 21 thermidor an VI (8 août 1798), pour la somme de 83750 livres, montant de l'estimation, à Marie-Anne Scot épouse de Pierre Gouyon, et à Françoise-Joséphine-Théodose Apuril Kerloguen, veuve de René-Paul-Marie Scot et mère de Henry-Marie Scot, encore mineur. Jean-Pierre Carillet, de Plancoët, leur servit de procureur dans cette affaire.

Mais déjà auparavant, le 22 septembre 1792, une vente de « comestible » avait été faite à Plancoët, au domicile des « Scot émigrés » . Cette opération rapporta 1361 livres au séquestre.

Six jours après, le 28 septembre, une vente du même genre eut lieu au château de la Touche. Elle s'acheva le 19 septembre et produisit 433 livres. 

 

Les derniers propriétaires de la Touche.


 

Françoise de Kerloguen, veuve du dernier seigneur de la Touche avant la Révolution, s'était mariée deux fois. De son premier mariage avec le comte de Quesnoy, naquit une fille, Françoise-Colombe qui épousa M. du Bouëxic de la Driennays, en Saint-Malo de Phily, d'une vieille famille parlementaire bretonne.

De sa seconde union avec M. René-Paul Scot, baron de Balvery et seigneur de la Touche à la Vache, nous ne connaissons qu'un seul descendant, Henry Scot, qui devint officier de marine sous le premier Empire et mourut à l'hôpital de Cadix, en Espagne, âgé de vingt-trois ans, sans postérité.

Par suite de son décès, sa soeur utérine hérita de la terre de la Touche et la fit passer dans la famille du Bouëxic. Depuis lors, la Touche a successivement appartenu à M. Georges, puis à M. Médéric du Bouëxic. Ce dernier vendit en 1862 ce beau domaine à M. Rioust de l'Argentaye. Il appartient ensuite au fils de ce dernier, M. Frédéric de l'Argentaye, ancien député des Côtes-du Nord

Aujourd'hui les bâtiments de demeurance de la Touche à la Vache, avec cour close de murailles;portail et jardins, sont convertis en maisons de ferme. Le fermier occupe une partie de l'ancienne résidence de la famille Scot, le reste lui sert d'écurie et d'étable. La chapelle du château a été transformé en grange.

Des hautes futaies qui ornaient autrefois les avenues, il ne demeure debout qu'un arbre mort.

Non loin de là, le vieux donjon des La Vache, avec ses murailles à demi-écroulées au travers desquelles s'est fait une jour une végétation luxuriante, semble sommeiller, grave et triste, au milieu du petit étang qui l'entoure et qui le garde, témoin vénérable d'un passé disparu.


 

Auguste Lemasson


 

Nazareth de Plancoët, le 3 avril 1911. 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 18:44

Uzel ; sur une hauteur, & sur la route de Pontivi à Quintin ; à 5 lieues deux tiers de Saint-Brieuc son Evêché ; à 18 lieues & demie de Rennes ; & à 3 lieues de Quintin, sa Subdélégation. Cette Paroisse ressortait à Ploermel, & comptait 1800 communiants en 1755 : la Cure est présentée par M. Boschat. Le territoire est d’une superficie très irrégulière. On y remarque des côteaux, des vallons, des monticules, beaucoup d'arbres & buissons, quelques ruisseaux, qui vont se jetter dans la rivière d'Oust, une partie de la forêt de Lorge, beaucoup d'arbres fruitiers, & autres, des prairies & des terres en labeur, de bonne qualité. Les habitants font un grand commerce de fils & de toiles, qui se fabriquent & se blanchissent à Uzel, où il se tient un marché par semaine, & huit foires : an. La Seigneurie de cette Paroisse, avec titre de Bachelerie ou de Banniere, appartenoit en 1280 à Guillaume Budes...Ainsi Jean-Baptiste Ogée, ingénieur géographe décrivait l'endroit en 1755

 

 

 

 

Le plan d'Uzel avec en rouge le château disparu. Armoiries des possesseurs d'Uzel : Budes ; du Marchaix ; de la Soray ; de Malestroit ; de Coëtquen ; Durfort de Duras ; Boschat. 

 

 

 

 

Agrandissement du plan

 

 

Le château d'Uzel dont on voit le ruines au milieu de la ville, a été détruit par un incendie en 1839, la seigneurie dit la géographie des Côtes du Nord, appartenait en en 1280, à Guillaume Budes, lequel épousa vers l'an 1300 Jeanne du-Guesclin, tante de Bertrand. L'un des cinq fils de Guillaume, son aîné, Sylvestre Budes, Seigneur d'Uzel, épousa Renée Gouyon de Matignon ; il fut Lieutenant général & Jean & François Budes, furent Ecuyers du Duc de Bretagne. Sylvestre, fut compagnon d'armes de Bertrand du-Guesclin, son parent -Jean Oger ajoute qu'il «accompagna le connétable du-Guesclin en Espagne & portoit sa bannière à la bataille de Navarret ». Il fut célèbre dans l'histoire de Bretagne, et par sa bravoure, et par ses aventures, et par sa mort tragique arrivée en 1379. Marzeline Budes, fille de Silvestre, fut dame d'Uzel. Elle épousa, vers 1360, Bertrand du Marchaix et ensuite Raoul de la Chasteigneraye. Elle eut des enfants de ces deux maris, mais sa fille, Isabeau du Marchaix, fut dame d'Uzel. Isabeau du Marchaix, n'eut point d'enfants de son premier mari, Jean d'Avaugour, qui vivait encore en 1399 . Elle épousa, en secondes noces, Alain de la Soray qui figurait en 1419, parmi les gens d'armes nommés par le duc Jean IV pour assurer la défense de Dinan, et dont la fille, Jeanne de la Soray, fut dame d'Uzel. Elle épousa Jean de Malestroit, et c'est leur fils cadet, le dénommé Hervé mariée à Marguerite de Beaumanoir du Besso qui récolta la terre d'Uzel. La seigneurie d'Uzel était encore dans cette famille en 1540, et nous savons qu'alors une Françoise de Malestroit, fille des précédents épousa un certain François de Coëtquen, en faveur duquel Uzel fut érigé en vicomté, en l'année 1538. Après avoir été longtemps possédée par les Coëtquen, la seigneurie d'Uzel passa par alliance dans la maison de Durfort de Duras : la dernière représentante de cette famille, Louise de Coëtquen, épousa Emmanuel Durfort, duc de Duras. Cette famille, alliée aux Combourg, vendit, en 1759, pour la somme de 334.400 francs, Uzel et ses annexes, à un M. Beauchat (ou Boschat), d'Allineuc, Mathurin Durfort de Duras nouveau seigneur d'Uzel sortait d'une famille annoblie depuis 1709, et les armoiries de cette Maison étaient : « de sable au chat passant d'hermines ». Les annexes d'Uzel étaient : - la Motte-d'Onon, en Saint-Thélo, terre à haute justice, réunie au domaine d'Uzel, au mois d'août 1470, par la vente qu'en firent les Molac au seigneur d'Uzel, - le Vauclair, seigneurie située proche de Moncontour (extrait de la Société archéologique et historique des Côtes-du-Nord, Saint-Brieuc 1889 -voir à travers le bourg d'Uzel)   

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 15:28

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 15:14

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 07:53

« Le second jour de novembre 1653, je, soussigné, recteur de la paroisse de Néant, ai baptisé Anne-Toussainte de Volvire de Ruffec, fille de haut et puissant seigneur messire Charles de Volvire de Ruffec, comte du Bois-de-la-Roche, Bedée, le Rox, Binio, Châteautro, Saint-Guinel et autres lieux; -et de haute et puissante dame Anne de Cadillac, sa compagne et épouse. -Parrain, Jean Gaspais; marraine Julienne Nouvel, pauvres. » Signé : Jean Riou, recteur de Néant. Anne de Cadillac était fille de Louis du nom, seigneur de la Ménauraie, et de Marie de Quélen. Ce manoir dépendait du grand fief des Rohan-Guémené et était situé dans la paroisse de Locmalo. -Elle avait un frère, nommé Jean, qui ne se maria point. Tous les deux avaient été élevés dans les sentiments d'une véritable piété. M. et Mme de Volvire accueillirent la naissance de leur première née avec un grand bonheur ; toute la famille fut dans la réjouissance. Ils la regardèrent comme un don du Ciel ; et c'en était un en effet; mais les pensées de Dieu sont souvent différentes de celles des hommes. Les années suivantes, ces dons se multiplièrent. Ces bons époux ne firent point de calculs avec la Providence, qui les bénit comme les patriarches. Les registres de la paroisse de Néant nous fournis sent les noms de Joseph de Volvire, né le 16 octobre 1654 ; -de Jean-Philippe, né le 11 février 1656; -de Marie-Charlotte, née le 9 décembre 1658 ; -de Geneviève, née le 13 janvier 1661; -de Béatrice, née le 27 février 1665 ; -de Marguerite, née le 8 juillet 1666; -d'Agathe-Blanche, née le 10 février 1670; -enfin, de, Clément, né le 8 septembre 1673. Nous voyons donc neuf enfants, et nous ne sommes point certain que notre relevé soit complet, ou que quelqu'un n'ait été inscrit sur le registre de quelque autre paroisse. Anne-Toussainte tint aussi plusieurs enfants sur les fonts du baptême. Nous en nommerons quelques-uns : d'abord, c'est sa sœur Béatrice, le 27 février 1665. L'année suivante, elle assistait, dans la chapelle du château, aux cérémonies du baptême de sa sœur Marguerite ; sa signature, apposée dans ces deux circonstances, montre une belle écriture et une instruction avancée pour son âge. Si deux pauvres habitants de la campagne avaient été les témoins et les garants de la rénovation spirituelle de Mlle de Volvire, elle rendit ce bienfait sans parcimonie. Le ler juillet 1650, à l'âge de sept ans, elle tenait sur les fonts sacrés Toussainte Le Mercier ; le 27 juillet 1666, Mathurin Le Sourt ;le 23 février 1667, Françoise Boisnon ; le 2 septembre 1675, Anne Coquand, dont M. Jean-François d'Andigné, seigneur d'Arradon, fut le parrain. On pourrait relever d'autres faits pareils ; mais ceux-ci suffisent pour nous montrer que Anne, dès son enfance, éprouvait déjà ces élans de charité qui, un jour, produiront de. doux et beaux fruits. Charles de Volvire et Anne de Cadillac n'avaient qu'à suivre les traditions de leurs ancêtres, pour comprendre leur mission dans l'éducation de leurs nombreux enfants. Pendant les guerres civiles et religieuses de la fin du XVIe siècle, les habitants du château du Bois-de-la-Roche avaient toujours été pour le catholicisme. Dans sa jeunesse, grâce à la haute position de son père, M. Charles de Volvire avait vu le grand monde. Il avait conservé des rapports avec des parents et des connaissances de la capitale, dont quelques-uns occupaient de hautes fonctions dans l'Etat. Vers 1668, il eut besoin d'aller à Paris, et, croyant être utile à sa fille bien-aimée, il la mena avec lui. Il lui fit voir le monde, qui prodi gua ses compliments. Père sensible et heureux, il voulut, à l'instar d'autres familles, faire prendre le portrait de sa chère enfant ; elle s'orna de ses plus beaux atours, et posa devant un peintre habile. Ce portrait existe encore au château du Bois-de-la-Roche. Ci-dessous d'après les éditions Le Flohic.


 


 

On peut toujours le lire, quoique un peu vieilli. Il est placé dans un grand salon, et encadré dans un fond de mur, qui semble avoir été fait pour le recevoir. La jeune fille est reproduite dans sa grandeur naturelle. Son front, pur et élevé, est ceint d'une tresse de cheveux blonds retenue par un peigne perlé. Ses yeux bleus, limpides et vifs, brillent sur un figure rose et fraîche. Un collier de perles resplendit autour du cou, tandis que des bracelets précieux parent les avant-bras. La robe, à forme décolletée, de couleur bleu-cendré, relevée par des nœuds autour du corsage, est garnie de riches fleurs. De la main droite, Anne tient une magnifique guirlande, qui vient, à gauche, se perdre dans des ombres. En face, est une table splendidement garnie, sur laquelle repose une riche corbeille. On croirait que ce tableau ressemble à un délicieux parterre, au milieu duquel resplendit une intelligente et gracieuse figure, que le monde caresse, et qui paraît prête à se donner à lui. L'antique manoir du Bois-de-la-Roche, reconstruit par Philippe de Montauban, augmenté d'une aile par Henri de Volvire, était splendide au milieu du XVIIe siècle! La partie nouvelle, jointe à la partie ancienne, formait une espèce de fer à cheval, dont le portail principal s'ouvrait au coin du parc. Là, une route droite, prenant à gauche, se rendait vers la rivière du Livet, au sud. A environ trois ou quatre cents mètres sur le bord du chemin, était une vieille carrière de pierres, à pic et profonde, déguisée par des bois taillis et autres, qui étendaient leurs branches sur l'abîme. Cette carrière, dont le filon était épuisé, fournit sans doute autrefois les matériaux de construction du manoir et des maisons environnantes. Quoique comblée en partie par les éboulements successifs et les détritus des feuilles, elle a encore aujourd'hui une vingtaine de mètres de profondeur. Nous allons voir, dans un moment, que ces détails ne sont pas inutiles, et qu'un fait important va se passer ici. Anne-Toussainte avait dix-sept ans en 1670. Pleine d'espérances et de grâces, elle était recherchée par plusieurs prétendants. Elle repoussait leurs hommages ; car, en secret, elle aimait un jeune gentilhomme du voisinage, qui avait, aux yeux de son père, le tort de ne posséder qu'une médiocre fortune. Pressé entre le désir de voir sa fille choisir un autre pour époux, et la crainte de la voir malheureuse, il eut l'idée de réunir, dans une grande partie de chasse, un certain nombre de jeunes seigneurs. En leur donnant une fête brillante, où chacun montrerait tout son savoir-faire, il mettrait ainsi Anne-Toussainte, qui serait l'héroïne de la circonstance, à même de faire un choix important et d'avenir. La réunion fui considérable, et chaque invité voulut, en effet, resplendir de tous ses avantages : riches costumes, magnifiques livrées, somptueux équipages, meutes bruyantes, arrivèrent" de toutes parts, le matin du jour indiqué. MIle de Volvire, en costume d'amazone, accompagna la chasse sur un beau cheval, qu'elle conduisait avec grâce et dextérité. Elle marchait auprès de son père, songeant surtout au bonheur d'échanger, de temps en temps, un furtif coup d'oeil avec celui que son cœur avait choisi, et qu'elle savait toujours retrouver dans la foule. Tout à coup une fanfare éclatante et inattendue frappe l'oreille de son cheval; l'animal éperdu fait un bond, prend sa course, franchit l'espace avec la rapidité de l'éclair, arrive sur le bord de la carrière, déguisée par quelques feuillages, et, n'étant plus maître de lui-même, s'y précipite épouvanté.... La foudre n'est pas plus rapide que cette course effrénée. Un frisson glacial s'empare de tous ceux qui entourent la noble demoiselle. L'un d'eux, et on devine lequel, surmonte immédiate ment son épouvante; son œil ayant tout entrevu, il lance son coursier... et regarde le précipice, au fond duquel gît, palpitant et broyé, le cadavre d'un cheval. La jeune fille, détachée de la selle, est restée suspendue au-dessus de l'abîme, accrochée par la robe à quelques branches fragiles, que le moindre effort peut briser. Elle est évanouie; rien n'indique qu'elle ait quelque connaissance de sa position. L'intrépide jeune homme n'écoute que son courage et son cœur. Au péril évident de sa propre vie, il veut délivrer celle dont il avait deviné et pressenti les sympathies. Après d'incroyables efforts, il y parvient, mais le Ciel lui était venu en aide. La compagnie, arrivée dans un instant, avait tout vu, et, dans un frémissement de terreur impossible à décrire, avait coopéré, dans la mesure de ses forces, au salut de la jeune fille. M. de Volvire fut plongé dans la stupeur et l'anéantissement; son cœur fut brisé, sa tête comme perdue. Il ne revint de son désespoir qu'en revoyant sa chère enfant hors de péril, confondant avec elle et avec le jeune homme ses larmes et sa reconnaissance. Quand le calme se fut fait et que la raison eut repris le dessus, Charles de Volvire prit les mains de sa fille , et, les unissant à celles du jeune homme qui venait de la sauver: « Anne, lui dit-il, mon enfant bien-aimée, voilà votre époux. Il est digne de vous. Soyez heureux tous les deux... Il ne put rien ajouter; son émotion étouffa sa parole. -« Mon père, répondit la jeune fille, d'une voix pénétrée et solennelle, il est trop tard... L'union que vous m'offrez aurait fait tout mon bonheur, il y a quelques instants; maintenant, il m'est défendu de l'accepter. Je suis reconnaissante plus que je ne puis l'exprimer..., mais je viens, dans le péril, de m'adresser à Dieu, qui, désormais, sera mon unique époux. » Malgré le refus que faisait Mlle du Bois de la Roche de fiancer le jeune gentilhomme dont on a parlé, ses parents espéraient la persuader et la faire entrer dans leurs vues. Ils espéraient que les sérieuses réflexions qu'elle avait faites pendant le danger auquel elle avait été exposée, s'effaceraient peu à peu de son esprit, parce qu'elle était fort jeune. L'envie de procurer à leur fille un mariage avantageux ne contribuait pas peu à leur donner cette confiance. Mlle du Bois de la Roche commença donc à l'âge de t6 à 17 ans à mener une vie pénitente qui l'a fait regarder après sa mort, et même pendant sa vie, comme une sainte. Elle s'habilla en sœur de retraite. Elle portait un habit noir et des coiffes carrées. Ceux des paroisses voisines, instruits de l'amour de Mlle du Bois de la Roche pour les malheureux, lui demandent du secours. Elle distribue à tous son revenu et tout ce que son industrie lui procure. Un jour, sa servante Invertit qu'un pauvre venait de changer son habit pour n'être pas reconnu, et, par cette fraude, recevoir deux aumônes dans le même jour. Elle ne donna pas seulement du pain à ceux qui avaient faim; mais elle couvrit les nus. Elle avait à gage un tailleur nommé Joseph Chaussée, qui travaillait habituellement pour les pauvres. Je puis dire de Mlle du Bois de la Roche ce que de saint homme Job dit lui-même : qu'elle ne refusa jamais aux pauvres ce qu'ils désiraient,- qu'elle ne fit point attendre en vain les yeux de la veuve, qu'elle ne mangea pas seule son pain, qu'elle le partagea avec l'orphelin, qu'elle ne négligea point de secourir celui qui n'ayant pas d'habit mourait de froid, ni le pauvre qui était sans vêtements. Les infirmes ont reçu d'elle tous les secours qu'ils pouvaient en attendre. Elle les traitait elle-même. Elle avait appris à les traiter à l'hôpital de Rennes. Elle y demeura quelque temps après être sortie de la maison de Retraite de la même ville où elle avait aussi passé quelque temps Elle donnait les bouillions, le linge nécessaire pour les changer. Il y eut dans la paroisse de Néant une maladie très-dangereuse. Plusieurs malades furent abandonnés. Les personnes saines n'osaient les visiter. Mlle du Bois de la Roche l'apprend ; elle vole à leur secours. Elle en prend un soin particulier. Elle les change elle-même de linge, et leur rend les services les plus bas. Si ses parents eussent su tout ce qu'elle faisait, le danger de perdre la vie où elle s'exposait, ils en eussent été très-mécontents: c'est pour leur en dérober la connaissance qu'elle ne visitait que la nuit la plupart de ces malheureux. L'ancien hôpital de la ville de Ploërmel était situé au bas de la rue qu'on nomme encore aujourd'hui la rue de l'Hôpital. L'air que les malades y respiraient y était très-mauvais. Il retardait les guérisons et souvent augmentait le mal. Mlle du Bois de la Roche, touchée de ces maux, mit tout en œuvre pour pouvoir en faire bâtir un autre dans un air plus sain. Elle eut la satisfaction de voir ses desseins accomplis. Elle contribua à cette bonne œuvre. Elle seule donna la majeure partie de l'enclos, et contribua, autant qu'elle put, aux dépenses qu'on fit pour bâtir la maison. A peine fut elle bâtie et meublée, qu'elle donna une grande partie de son temps au soin des pauvre et des malades... On veut placer à Paris, au collège de Louis le-Grand, deux de ses neveux. Ses parents la destinent pour les y conduire et les présenter. Elle y sent une grande répugnance. Malgré cette répugnance, elle y consent, mais à condition qu'elle porterait son habit de sœur de Retraite qu'ils voulaient lui faire changer. Pendant le court séjour qu'elle fit dans la France, on parla d'elle à Louis XIV. Ce grand Roi, qui faisait tant d'estime de la vertu, et qui honorait ceux qui la pratiquaient, voulut converser avec elle. Mlle du Bois de la Roche l'entretint avec esprit. Ce Roi, charmé de son esprit et de sa vertu, donna une somme d'argent pour l'aider à continuer ses bonnes œuvres : la piété n'ôte rien à l'esprit. Mlle du Bois de la Roche passe une grande partie de son temps à visiter et soigner les malades, et à soulager les pauvres : vous diriez qu'elle n'est plus propre pour le monde; cependant elle sait entretenir avec esprit le plus grand Roi de l'Europe, et l'intéresse adroitement au soulagement des malheureux de son pays. Elle fit, le 40 février 1694, un testament par lequel elle légua cinquante livres de rente à l'hôpital.de Saint-Brieuc et deux cents livres de rente à celui de Ploërmel. Elle mourut le 22 février 1694, dans une odeur universelle de sainteté. Le corps de Mlle du Bois de la Roche fut inhumé le 23 février dans l'église de Néant, près les fonts baptismaux, comme elle l'avait demandé dans son testament. Son tombeau a été, après sa mort, enlourè d'une grille de fer haute de trois pieds et demi; au dedans de cette grille on a placé un dais d'environ quatre pieds de hauteur ; il est ordinairement couvert d'une étoffe précieuse de couleur blanche. Ci-dessous d'après édition Le  Flohic.

 

 

 

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 20:46

 

 

Le château du Bois-de-la-Roche (très métamorphosé), avec armoiries de ses possesseurs : du Breil ; de la Planche ; de Montauban ; de Volvire ; de Saint-Pern ; Magon de la Ballue

 

Loyat et Campénéac furent démembrées du comté de Porhoet et données en juveignerie, c'est-à-dire en partage de cadet, à une époque ancienne et certainement avant le XVIe siècle. Loyat forma, à elle seule, une seigneurie sous le nom de vicomté de Loyat. Les deux autres furent incorporées à la vicomté du Bois-de-la-Roche en Néant. En 1340 le château du Bois-de-la-Motte échu à Renaud de Montauban, premier du nom, fils de Olivier de Montauban, qui part son mariage avec Amice du Breil, fille unique et héritière de Guillaume du-Bois-de-la Roche, devint Seigneur de cette Terre. Le Bois-de-la-Roche, Seigneurie, en Bretagne, portée en mariage vers l'an 1412. par Marie de la Planche, fille unique de Roland, dit de Saint-Denoual, à Robert de Montauban, Seigneur de Grenonville, trisayeul de Philippe de Montauban, en faveur duquel la Seigneurie du Bois-de-la-Roche, fut érigée en Vicomté, & celles de Saint-Brice & de la Chastiere en Baronnie. Il mourut se premier Juillet 1516 & eut pour héritière sa fille Marguerite de Montauban, mariée à Jacques de Beaumanoir, Vicomte de Plesdran, & mère de François, Vicomte du Bois-de-la-Roche, lequel étant mort sans enfants, la Vicomté du Bois-de-la-Roche, les Baronnies de Saint-Brice, & passèrent à sa tante Catherine de Montauban, femme de René de Volvire originaire du Poitou, Baron de Ruffec, dont le troisième fils Henri de Volvire eut en partage la Vicomté du Bois-de-la-Roche, laquelle fut érigée en fa faveur en Comté, par Lettres de Février 1607, enregistrées à Rennes le 23 Juin 1609. Henri fut fait Maréchal de camp en 1627, & nommé Chevalier du Saint-Esprit. Il mourut sans avoir été reçu, & laissa entre autres enfants, Charles de Volvire, Comte du Bois-de-la-Roche, décédé en 1692. Celui-ci avait épousé Anne de Cadillac, héritière de sa Maison, mère de Joseph de Volvire, Comte du Bois-de-la-Roche, qui, de Magdeleine de Bault de Sainte-Frique, eut Joseph de Volvire, Comte du Bois-de-la-Roche, mort en 1731, dont le fils unique étant mort fans alliance en 1747, a eu pour héritier son oncle Philippe-Auguste de Volvire, qui a épousé le 2. Décembre 1731, Marie-Henriette Mallier, fille de Louis, Marquis de Chassonville, Maréchal de camp, & de Marie-Adrienne de Glimes-de-Brabant. La famille de Volvire conserva le Bois-de-la-Roche jusqu'au XVIIIe, puis ensuite le domaine passa à la famille de Saint-Pern et à la famille Magon de la Ballue. Le domaine fut vendu en 1880. (voir à travers l'ancien bourg du Bois de La Roche, entre Mauron et Néant sur Yvel)

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 06:41

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article
27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 05:31

 

 

Il fait encore nuit, elles sortent et frissonnent,
Le bruit de leurs pas dans la rue résonne.

Refrain :


 

  Écoutez l' bruit d' leurs sabots
  Voilà les ouvrières d'usine,
  Écoutez l' bruit d' leurs sabots
  Voilà qu'arrivent les Penn Sardin.
 
À dix ou douze ans, sont encore gamines
Mais déjà pourtant elles entrent à l'usine.

Refrain

Du matin au soir nettoient les sardines
Et puis les font frire dans de grandes bassines.

Refrain

Tant qu'il y a du poisson, il faut bien s'y faire
Il faut travailler, il n'y a pas d'horaires.

Refrain

À bout de fatigue, pour n' pas s'endormir
Elles chantent en chœur, il faut bien tenir.

Refrain

Malgré leur travail, n'ont guère de salaire
Et bien trop souvent vivent dans la misère.

Refrain

Un jour toutes ensemble ces femmes se lèvent
À plusieurs milliers se mettent en grève.

Refrain :


  Écoutez claquer leurs sabots
  Écoutez gronder leur colère,
  Écoutez claquer leurs sabots
  C'est la grève des sardinières.

Après six semaines toutes les sardinières
Ont gagné respect et meilleur salaire.

Refrain

Dans la ville rouge, on est solidaire
Et de leur victoire les femmes sont fières.

Refrain

À Douarnenez et depuis ce temps
Rien ne sera plus jamais comme avant.

Refrain


  Ecoutez l'bruit d'leurs sabots
  C'en est fini de leur colère,
  Ecoutez l'bruit d'leurs sabots
  C'est la victoire des sardinières

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article