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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 13:41

 

Ce rentier datant de la moitié du XVIe siècle, est un acte relevant de la seigneurie de Limoëlan à Sévignac. Y est mentionnée : Jéhanne Legac veuve de Guillaume Lescouët. Celui ci était fils de Robert Lescouët et de Guillemette Perier de la Gélussais au quartier de Rouillac.

 

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Jéhanne Legac et Guillaume Lescouët eurent deux enfants : Perrine épouse de Robert Régnault, et Bertrand époux de Jeanne Lesné, mes aïeux....

 

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 Cet acte notarié est daté du premier octobre 1554  

 

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"De noble et puissant Jacques de Kersaliou, sire de Lymouellan, de Keraoul et de la Goeneraye, a confessé estre homesse, estaigière et subjecte Jéhanne Legac, veuffve de feu Guillaume Lecouëct tant en son nom que tutrice et curatrice de ses enffans, demeurant au villaige de la Gélussaye en Sévignac... Les héritaiges sy après luy advenuz par le deceix Guillau(me) : une maison syttuée au villaige de la Gélussaye, ayre, rue, yssue et deport, courtil et hébrègement, contenant le tout en ediffices soixante pieds ou environ, le tout par fons, troys vergées de terre ou environ joignant à terre des dits Robert Lescouect et femme, d'autre au dit chemin. Item une quantité de maison au dit villaige, courtil et herbrément, ayre et déport, contenant par édiffice vingt piedz et par fons une vergée et demye, joignant à terre Robert Couelan, d'aultre à terre Jéhanne Perier- Ung courtil appellé le clos Perriez contenant troys vergées, joignant à terre Robert Couellan, d'aultre à la ditte Jéhanne, irem le courtil Guédé contenant quatre vergées, joignant à terre Jéhan Legac-Cahier à cause de sa femme, d'aultre au chemin qui conduist du Quouellan au fournil du Rochier ***. Item le clos Bonaisart contenant ung gournel de terre joignant a terre Franczoyz Hamonië, d'aultre à terre Jéhan Hamonië, idem la prée du Massaie contenant quatre vergées, joignant à terre aux héritiers Guillaume Tronnel d'aultre au dit Robert Lescouect et femme. Item la Vieuville contenant un journal de terre joignant a terre du susdit et enffans, d'aultre a Olivier Regnault. Plus le pré Rond, contenant quatre vergées de terre, joignant à terre Pierres Jollif, d'aultre à terre Robert Lescouect . Item les Carhalouetz*** contenant trante deux vergées de terre joignant à terre Jéhan Legac-Cahier et sa femme".

 

L'acte rédigé sur un parchemin en vélin porte la signature de maître Derouillac, notaire

 

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*** Le Rocher est un lieu dit qui se situe près de la Gélussais

 

*** Lieu situé auprès des Forges en Rouillac, parcellaire aujourd'hui désigné Cas à Louer.

 

La transcription de cet acte fut effectuée par M. Leroy Binard de Dinan, que je remercie.

 

Merci également aux Archives départementales des Côtes d'Armor. 

 

 

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Jéhanne Legac, veuffve de feu Guillau(me) Lecouëct

 

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 16:18

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 08:40


Histoire genealogique des seigneurs marquis d'Espinay

   

 D-espinay - Copie

 

La maison & famille des Sires & Marquis d'Espinay a toujours esté tenuë & estimée l'une des plus nobles, anciennes, grandes, meilleures, riches, authorisées, & aussi bien alliée qui soient au pays & Duché de Bretagne; estant marquée de tous les signes que doivent estre celles, qui méritent tenir rang entre les grades & illustres, & a gardé le nom & armes de siecle en siecle, de sucesseur en successeur, & de pere en fils, de temps immemorial, sans tomber en main de fille, jusques au decès de Messire Charles sire & Marquis dernier du nom, qui arriva l'an de grace 1609. Pendant lequel temps elle s'est conservée & a fleuri avec beaucoup d'honneur, grandeur, auctorité & dignité, tant en l'Eglise qu'à la Cour de ses Princes. Car nous y trouvons des Cardinaux, Archevesques, Evesques, Abbez, Prothenotaires, Abbesses, Prieures, deux grandes Maistres, un grand Chambellan, plusieurs Chambellans ordinaires ordinaires des Ducs de Bretagne & Roys de France, Ambassadeurs vers lesdits Roys de France, & autres Princes, pour faire paix & denoncer guerre, Conseillers d'Estat & privé. Les Seigneurs de ceste maison ont commandé il y a deux cents ans aux meilleures villes & plus fortes place du païs, ont esté Chevaliers, Capitaines, & Chefs d'armees, tant en Bretagne qu'es pays estrangers. Leur grandeur, valeur, merite & science (car ils ont esté des plus sçavants de leur temps) les ont fait toucher ce qui pouvoit avoir d'honneur en ce monde : & ont tous esté des plus beaux & &droicts Seigneurs qu'il est peu voir. La chose plus remarquable, & qui est plus à loüer en la succession de ceste illustre famille, & dont nous devo(n)s remercier Dieu, est, qu'on ne peut recognoistre aucun portant ce nom avoir jamais devoié de la vraye Religio(n) Chrestiene ny aheré à aucune fecte ou opinio(n) co(n)traire à l'Eglise Catholique Apostolique & Romaine. N'ont jamais ma(n)qué au devoir & honneur qui est deu à Dieu, aux Princes souverains, & à la patrie, & n'o(n)t espargné leurs vies & biens pour l'augmération & conservation de la foy, y en ayant eu qui ont esté par deux fois fait guerre en Terre saincte contre les infidèles, ont secouru de la part de leur Duc leur souverain le sainct Siege Apostolique en une guerre particuliere qu'il avoit contre les Princes d'Italie, & ont combatu contre les heretiques en plusieurs batailles. Si on a voulu attenter à la personne & Estat de leurs Princes, ils s'y sont opposez, y en ayant eu de fort blessez & pris prisonniers avec eux. N'ont ma(n)qué de faire associations avec les autres Barons & Seigneurs, contre ceux qui vouloient s'emparer de leur Estat. Le seigneur & Chef de ceste maison a sa chaire en l'Eglise Cathedrale de sainct Pierre de Renes ville Capitale de la Province, vis à vis de celle de l'Evesque, assistant à la celebration du divin service : a son pain de chapitre & distribution de deniers comme Chanoine, & n'y a que ce seigneur qui ait ceste dignité. Il présente trois sergentifes Royales en la Province. Ils portèt la qualité de sire il y  plus de quatre cents ans. Titre qui n'a esté porté que par les grands en ce Duché. Se sont alliez aux plus grandes & anciennes maisons non seulement en Bretagne, mais de toute la France, comme avec les Comtes, Barons, & grands seigneurs de ceste Monarchie. Ce qui est certifié par grand nombre de contracts de mariage, qui sont aux Chartes de leur maison, tous de filles de grandes & tres-anciennes maisons, qui y ont entré par alliance; par lesquelles alliances ils ont l'honneur d'estre advoüez de plusieurs Prince du sang, & d'autres de ce Royaume pour leur appartenir, & sont proches parens des plus gra(n)ds de ceste Monarchie de Bretagne, Norma(n)die, Picardie, Cha(m)pagne, Lorraine, Bourgogne, Auvergne, Saincto(n)ge, Gascogne, Anjou,  Poictou. Les puisnez & filles de ceste heureuse famille se sont alliez en tres bonnes & grandes maisons, bien anciennes, ainsi que le discours suiva(n)t le fera voir. La richesse de ceste maison se voit assez par les grandes terres & seigneuries qu'elle a possédé & possede encor, lesquelles portent qualité de Marquisat, Comtez, Vicomtez, Baronnies, & grand nombres de Chastelenies, & plusieurs autres terres qui y sont à present, & qui en ont sorti, desquelles ils ont partagé leurs puisnez. Premierement est le Marquisat d'Espinay, qui a esté erigé en ce titre par le Roy Charles neufviesme, à la requeste de Messire Jean sire & premier Marquis d'Espinay. Lequel est situé en l'Evesché & Seneschaussée de Renes. Il consiste & est orné en premier d'un beau Chasteau fort spacieux & de grande estenduë, & assez fort, ayant eu permission de le fortifier il y a deux cents ans & plus, par les Ducs de Bretagne. Il est tenu pour une des maisons & Chasteaux des mieux basties & plus logeables qui soit en la Province : estant enrichi de salles & chambres dorées, avec force marbres. Il y a grand nombre de tours; pavillons, & beaux corps de logis. La court & jardin sont embellis de deux belles fontaines, qui accomodent & decorent particulierement les offices & cuisines, le tout circuit & enfermé de murailles bien flanquees, avec fossez fort larges à fond de cuve, pleins d'eaux, & ont plus de trois mil pas de tour. L'issue est embellie d'un beau bois de haute futaye, planté à la ligne, où il y a de beaux pourmenoirs, & une belle allee couverte, qui environne partie du Chasteau, & une belle prairie costoiant un estang. Et qui luy donne beau lustre & l'accompagne de beaucoup de decioration, c'est que sortant de la porte, & ayant cheminé à l'ombre d'un bois quelque quinze cents pas sur le bord d'un estang, où de chaques costé trouvés deux jolies chapelles vis à vis l'une de l'autre, arrivez à l'Eglise Collegiale de Champeaux, fondation & sepulture des seigneurs de ceste maison. Lequel college est un des plus beaux & rares de France. Car je m'asseure qu'il y a peu de Princes & seigneurs qui ayent tel droit de presentation. Car il est composé de six prebendes ou Canonicats, où à chacun y a une cure annexée, que presente le seigneur de ceste maison, sans qu'il soit besoing aller à l'Evesque, ny faire courir à Rome. Mais le premier Ecclesiastique qui a dignité, soit Evesque, Abbé, ou autre, en peut donner la collation. Il y a dignité de Doien, 12. Chapelains,4. enfans de choeur, Maistre de Psalette, & chaque Chanoine doit avoir un Prestre sous luy. Il y a bonne musique, le service divin y est celebré avec beaucoup de devotion. Duquel College le revenu vaut huict mil livres ou environ, le choeur & chapelles d'icelle Eglise sont enrichies de belles & rares antiques sepultures decorees de marbre, qui est chose rare au pays. Le Marquisat consiste ès Chastelenies & terres d'Escures, Sauldecourt, auxquelles y a chasteaux, Serigné, Berrignoles, qui s'estendèe dehors & dedans la ville de Renes, bornent Vitré de près, S. Aubin du Cormier, la Guerche, Marcillé, & Ch&steau-giron. Il y a plusieurs  villages & gros bourgs en partie, desquels il y a marchez, la riviere de Vilaine passe par le dedans, sur laquelle & sur estangs & ruisseaux y a plusieurs moulin de ceste seigneurie. Il y a aussi de grands domaines, qui consistent en belles metairies. Sont aussi plusieurs autres terres & fiefs relevans de la Baronnie de Vitré, mais toutesfois de ceste maison, comme la Marche, le bois Corniller, Mainbie, le Sernis, & autres, la chastelenies de Segré, où il y a jolie ville & beau marché, & autrefois y avoit un fort Chasteau, la Chastelenie d'Estiau, & plusieurs vignobles qui soint de toute antiquité de la maison d'Espinay. Ont la sixiesme partie ès Comtez de la Roche-Guyon & de Rochefort, & en sont issuz. En Bretagne Broon belle Chastelenie, le Bois-du-liers, le Troncho, le Plessix-au-noir, & autres terres. En Normandie, la Baronnie de Montfiquet, les seigneuries de Villers le bocaige, & Plaucri. En Anjou le Porte Menis & Courchat. Lesquelles terres & seigneuries ont esté bailees en partage aux puisnez, ou ont esté vendues pour le mariage des filles. Et y est entré par l'alliance de Dame Marguerite de Scepeaux le Comté de Duretal, qui consiste en la Vicomté de Blason, la Baronnier de Marthefelon, & Chastelenies de Lezigné, de Vieille-ville, & d'Esvigné. Et duquel Comté je parleray plus amplement, quand je decriray les alliances matrimoniales & genealogicques des seigneurs de ceste maison. L'alliance de Dame Françoise de la Roche-foucuault y a apporté la Baronnier de Barbezieux avec ses appartenances, qui est une tres belle & grande seigneurie,où y a un tres bien basti Chasteau, au pied duquel y a une ville assez bien marchande. Ladite Baronnie est de tres grande estenduë, & y a plusieurs seigneurs & Gentilhommes qui en relevent. Elle a vallu de ferme vingt mil livres autresfois. "Quelques uns rapportent l'antiquité de ceste maison au temps d'Arthur Roy de la grande Bretagne, & de Hoel premier du nom, son nepveu Roy e la Bretagne Armorique; & disent que ledit Arthur estant venu ès Gaule co(n)treLucius Tiverius Empereur, pour les delivrer de la puissance & domination, il combattit et vainquit un geant de grandeur desmesuree, qui avoit ravy la niepce dudit Hoel, & l'avoit tant tourmentee qu'elle en estoit morte, au pied du mont qui depuis a esté denommé de Sainct Michel du peril de me, & quil en envoya la teste à sondit neveu Hoel estant à Renes, lequel, auroitcenvoyé le seigneur d'Espinay (qu'ils ne nomment point) vers le Roy Artrhur, avec qui lui avoient apporté la teste du geant, pour le remercier & luy faire offre d'hommes & argent, & de tout ce qu'il avoit en sa puissance contre ledit Lucius & les Romains, pour delivrer Les Gaules de leur subjection. Mais d'autant que le voyage d'Arthur ès Gaule est fabuleux, & mesme impossible, l'antiquité de la maison d'Espinay ne se peut pas prouver ce passage.  Il disent encor que sainct Aubin Evesque d'Angers, qui vivoit du temps des enfans de Clovis premier Roy Chrestien de France, qui deceda l'an 514  & de sainct Melaine Evesque de Renes, lequel  sainct Aubin  assista au troisiesme Co(n)cile d'Orleans, l'an 540. le 26. du regne de Childebert fils de Clovis, estoit de la maison d'Espinay, & de mettent en peine de le prouver par les titres & escussons antiques qu'ils disent estre ès archives de l'Abbaye de Sainct Aubin d'Angers, en aucuns desquels ont trouve escrit ce qui s'ensuit ..."Arma Sancti Albini insignis de Espineto...",& par consequent Sainct Aubin seroir natif de l'Evesché de Renes. Et toutefois Fortunacus Evesque de Poitiers, homme sainct, docte(ur) et bien versé en toutes sciences, qui a escrit la vie & gestes de Sainct Aubin, & de plusieurs autres Evesques des Gaules, & qui vivoit au mesme siecle que le dit Sainct Aubin, dit par mots exprès q'uil estoit natif de l'Evesché de Vennes. Or le lieu, manoir, maison, terre, seigneurie, & juridictioon d'Espinay de ceste famille portèt le surnom, est en l'Evesché de Renes, & se voient encor les masures & ruines dudit manoir en la Paroisse d'Acigné, à deux bonnes lieuës de Renes, non loin du grand chemin dudit Renes à Vitré. Sainct Aubin n'estoit donc pas de la maison d'Espinay en l'Evesché de Renes, mais d'une autre noble & antique famille nommée d'Espinefort, laquelle a long temps fleuri, & produict grand nombre de vaillans & hadis Chevaliers, & Capitaines, tels que fut un Messire Henri d'Espinefort Chevalier seigneur dudit lieu du temps des guerres civiles d'entre Charles de Blois & Jean de Bretagne Co(m)te de Montfort l'Amaury, & Jean son fiols : le party desquel suivoit ledit Henry d'Espinefort qui deceda l'an mil trois cents octante cinq, laissant un fils nommé Jean d'Espinefort, qui espousa Marguerite de Palers, & en eut un fils appelé Bonabes, qui ne laissa qu'une fille, mariée avec Messire Henry le Parisi, Chevalier, seigneur de Kermalais. Et se voient encor les ruines & masures de l'ancien manoir d'EspinefortCe que j'ay bien voulu remarquer, non pour aucune nevie, emulation, ou mal-veillance que j'aye contre la maison d'Espinay, mais par ce que ayant la verité pour but, & deferant à la doctrine, saincteté de vie, & antiquité dudit Sainct Fortunat, qui asseure  que Sainct Aubin estoit de l'Evesché de Vennes, je me laisse persuader qu'il estoit de la maison    d'Espinefort. Philippe premier du nom regnant en France, l'an de grace 1066 auquel an deceda sans enfans Conan second du nom Duc de Bretagne, & luy succeda son beau-frere Hoel Comte de Nantes & de Cornoüaille, à cause de sa femme Havoise soeur dudit Conan, Guillaume le bastard Duc de Normandie vaillant Prince, voulant conquerir le Royaume d'Angleterre, qui luy avoit esté laissé en testament par Sainct Edoüard Roy decedé sans enfans; convia en ceste grande entreprise les plus grands Princes & Potentats des Gaules, & entre autres ledit Hoel nouveau Duc de Bretagne sopn amy & co(n)federé, qui luy  son fils Alain depuis surnommé Fergent, accompagné de plusieurs Barons & seigneurs de son Duché. Et furent les Bretons au corps de la seconde bataille, donnee le 14. jour d'Octobre audit an co(n)tre Harald usurpateur du Royaume, qui y fut tué, & la victoire obtenue par le dit Guillaume. Au moyen de quoy il obtint le Royaume , & s'en fist couronner Roy. A ceste expedition de guerre furent les quatre freres de la maison d'Espinay, que l'histoire ne donne point leurs propres noms, ce qui est à plaindre : deux desquels furent tuez en ceste bataille , & moururent au lict d'honneur, combatans valeureusement. L'un d'eux qui resterent fut seigneur d'Espinay, & l'autre se maria en Flandres, & de luy sont venuz les seigneurs & Prince d'Esppinoy, comme le tesmoignent & rendèt certain le nom & les armes qu'ils portent. Apres ladite conqueste, un  chacun fut reco(m)pensé & recogeu selo(n) sa gra(n)deur  & merites. Alain Fergent chef des Bretons eut le Co(m)té de Richemont, à celuy d'Espinay furent donees de blles & grandes terres et seigneuries desquelles ceux de ceste maison ont joui plus de 200. ans depuis.

 

Cestertus seigneur d'Espinay issu de celuy qui fut à la conqueste d'Angleterre par representation de performe, est celuy auquel je commence à filer le discours, auquel je desire plus particulierement parler des homes illustres, & continuer la Genealogie de pere en fils, & decrire les allia(n)ces matrimoniales de ceste maison suivant toujours lr discurs dudit Beaujoüan, fors qu'en certains endroicts je cha(n)ge quelques mots, ajouste ou retranche quelque chose où je voy qu'il est requis, & ce de son advis & co(n)senetement. Cestui-cy vivoit du temps des Roys Philippe Auguste en Fra(n)ce, He(n)ry seco(n)d  en Angleterre, & du Duc Conan 4. du no(m) en Bretagne, & d'Estienne premier & second Evesques de Renes, qui moururès, l'un l'a(n) 1166. l'autre en 1178. ainsi que je l'y appris des tiltres qui sont ès acchives de l'Abbaye de S. Georges de Renes. Et de luy n'ay trouvé autre chose, sino(n) qu'il eut un fils pour successeur nommé Geffroy

 

Geffroy d'Espinay succeda à son pere Gestert à la seigneurie d'Espinay. Ce fut un Chevalier preux & hardy, sage & prudent, & qui est mis au rang des plus illustres de son siecle. De son temps y eut de grandes guerres & divisions en Bretagne entre la Duchesse Constance, son petit fils Artur, & les Barons d'une part, & le Roy Richard d'Angleterre Duc de Normandie d'autre, lequel print plusieurs villes & chasteaux sur lesdits Barons. Mais en fion de paix fut faicte & reformée entre parties. De laquelle paix voicy comme parle M. Pierre le Baud en son histoire des Barons de Vitré, chap. 34. Comme dit est, quand  Constance Duchesse de Bretagne, pour laquelle André de Vitré, guerroyoit le Roy Richard d'Angletere, fut delivree, & qu'elle fist sa paix avec le Roy Richard : Elle fist aussi la paix dudit André & des autres Barons ses coadixteurs, sçavoir à Guillaume de Loheac & à Amaury de Montfort, à Alain de Chastea-giron & à Gffroy d'Espinay, par la maisn de Robert de Tournehan, qui lors estoit Seneschal d'Anjou . Et fut ladite paix en cette maniere que le Roy d'Angleterre  pardonnoit & remettoit aux dits Barons & Chevaliers pleinement toute ire, courroux & indignatio(n), & la rancoeur de son coeur. Et que au service dudit sieur Roy ils pouvoient aller & servir sous la Duchesse, ainsi qu'ils l'avoient accoustume & rendoit le Roy d'Angleterre à monsieur André de Vitré tous ses chasteaux & toute sa terre deça la mer, & outre la mer, entierement & pleinement : & à monsieur Robert de Vitré Chantre de Paris, frere dudit André, rendoit le Roy toutes ses terres de çà & de là la mer entierement. Et oultre pour restittution des choses qu'il avoit perduës, le Roy luy rendit en Angleterre, en benefices, la valeur de cent march de pur argent. A Dame Anne de Vitré rendoit la saisine de ses terres ² de ses doüaires qu'elle avoit par avant celle guerre, ainsi comme oncques mieux elle avoit eu. A Guillaume de Loheac rendoit le Roy d'Angleterre juste & raisonnable part  de toute la terre qui appartenoit à sa femme de la terre de Raiz fors les garnisons & les chasteaux qui demeurerent en la maisn du Roy jusques à sa volonté. Et seroit faite celle partie par le conseil des amis & parens dudit monsieur Guillaume de Loheac, & des amis & parens de sa femme, & demeureroit mo(n)sieur Pierre de Loheac de la famille du Roy & à ses gages. A Alain de Chasteau-giron rendit le Roy tous ses droicts & toutes ses terres en Angleterre, ainsi que son pere mieux & plus pleinement les tint selon le serment & la coutume des liges d'hommes d'Angleterre. Et monsieur Philippe son frere demeureroit de la famille du Roy en prenant chacun an en la Chambre à deniers du Roy gages jusques à ce qu'il l'eust pourveu de bien-fait. Monsieur Raoul de Montfort prendroit aussi chacun an à la Chambre à deniers du Roy gages pour son estat, jusques à ce qu'il l'eust pourveu de competent bien fait. A Geffroy d'Espinay donneroit semblablement le Roy juste & loyale partie du droit de sa femme, qui estoit fille du Seneschal de Dol. Et par ceste convention furent lesdits Barons & Chevaliers en paix, amour, & concorde avec le Roy Richard. Ladite Duchesse Constance promit pour lesdits Barons & Chevalier, qu'ils tiendroient celle paix, & convenance, & que si d'aventure ils s'en vouloient departir, elle les chasseroit & mettroit hors de sa terre. Et mesmement icelle Duchesse Constance, Herbert Evesque de Renes, Pierre Evesque de Sainct Malo, & Robert de Tournehan Seneschal d'Anjou, le jurerent pour le Roy d'Anleterre envers lesdits Chevaliers & Barons. Aussi maintint Geffroy de Chasteau-brient pour le Roy, qu'il garderoit celle paix sans rupture. Et de ce furent faites chrtes sous le sceau dudit Herrbert Evesque de Renes. Jusques icy le Baud.

 

Pean d'Espinay premier de ce nom, fils dudit Geffroy sire d'Espinay, estoit homme fort vaillant, & avec cela devotieux. En l'an 1117. il fit une donation à Nostre Dame du Fau en basse Bretagne, & dota d'une prairie nommée la prée de la Belosse. Laa lettre de fondation bien authentique est  au Thresor des titres d'Espinay. Ce qui montre que les seigneurs d'Espinay avoient lors des terres & seigneuries en la basse Bretagne. Il eut pour successeur un fils nommé Alain.     

 

Alain premier du nom sire d'Espinay, fils de Pean, fist par deux fois le voyage de la Terre Saincte pour le recouvrement d'icelle d'ètre les mains des Sarrazins infideles, avec Pierre de Dreux, alias de Brenne, surnommé Mauclerc, jadis Duc de Bretagne, à cause de sa femme Alix, & pere du Duc Jean premier du nom, qui lors regnoit, & autres grands Princes & Seigneurs de France & de Bretagne. La premiere fois fut l'an de grace 1239. la seconde fut l'an 1248.auquel S. Louys alla aussi. Esquels voyages ledit Alain d'Espinay acquit une reputation  de vaillant Chevalier. Ce qu'il fist paroitstre en beaucoup d'autres expeditions de guerre où il se trouva, comme en celle que le Roy S. fist en Guyenne & en Poictou l'an 1242. contre les comtes de Thoulouze Raimond, & de la Marche & d'Angoulesme nomme Hugues de Lusignen, où il se fist fort vaillammment, & estoit tenu & redouté pour le plus rude jousteur  des Chevaliers qui estoient pour lors, ainsi qu'il est rapporté és Annales d'Aquitaine en termes expres

 

Messire Guillaume d'Espinay Chevalier premier de ce nom succeda à Alain son pere, non seulement en ses biens, mais aussi en  vertu & valeur, ne laissant occasion d'en faire preuve où le service de ses Princes le requeroit. Il eut un fils nommé Galeran.

 

Messire Galeran d'Espinay, seigneur d'Espinay, fils de Guillaume premier, fut en son temps Chevalier sage & de grand renom,  & avoit de belles & amples seigneuries, & grande authorité tant en la ville de Rennes qu'és environs où ailleurs en Bretagne, & faisoit faire & luy mesme rendoit la justice a ses sujets,  ainsi qu'il le justifie par plusieurs lettres és titres qui sont és archives de sa maison : & fut marié à Alix de Champagne fille de Messire Geffroy de Champagne l'an 1308 . par contract datté dudit an. Du mariage de Galeran & Alix de Champagne issirent deux fils, sçavoir Jean d'Espinay  & Charles d'Espinay qui ne degenererent en rien à leurs devanciers. 

 

Messire Jean d'Espinay, sire d'Espinay premier de ce nom, fils de Galeran d'Espinay & Alix de Champagne, ne manqua d'approcher ses Princes de pres, pour leur rendre naturellement le service qui leur estoit acquis, non plus que ses predecesseurs. Car il estoit vaillant & adroit Chevalier, comme ille fist bien paroistre és guerres qui furent de son temps  

                                                                                                                   

Charles d'Espinay,second fils de Galeran d'Espinay & Alix de Champagne, fut aussi vaillant Chevalier. Vualsingham Historien Anglois dit, qu'il s'esmeut Gransd Fubiet de guerre entre le Roy de France Philippe  le Long & Edoüard d'Angleterre 2. du nom qui faisoit lors la guerre en Escosse contre un nommé Robert de Bruz. Le Roy voulant luy parler  de paix luy envoya Jean Comte de Richemont, oncle du Duc de Bretagne : En la compagnie duquel estoient le Comte de la Marche, le seigneur de Montauban, le seigneur de Seuilly, Charles d'Espinay, & plusieurs autres Chevaliers, lesquels passans par la mer pour aller trouver le Roy d'Angleterre en une Abbaye que ledit Vualsingham appelle Royland, pres la montagne  de Blanche-marre, lequel venoit de charger son ennemy, l'ayant contraint se retirer dedans son pays : & se contentant de ce, se retira en ladite Abbaye, & croyant y estre en secureté, licentia partie de ses gens de guerre, & comme estant esloigné des ennemis de bien vingt & quatre lieuës. Là se trouverent le Comte de Richemont & sa suite. L'ennemy indigné de l'outrage receu, amassa beaucoup de gens de guerre le plus diligemment qu'il peut, & suivant le dit Roy avec telle promptitude qu'il le surprist dans son logis, où il disnoit; & de fait l'eussent pris, n'eust esté le Comte de Richemont, la Marche, Montauban, de Seuilly, & d'Espinay, qui firent teste aux Escossois, pendant que le Roy se sauva en un Chasteau proche de là. Mais comme le Comte de Richemont fut chargé avec cette furie, il fut pris, & le sieur de Seuilly, de la Marche, & Montauban, & ledit d'Espinay tué. Les autres Chevaliers furent contraincts de se rendre. Bientot les autres Comtes & Barons furent delivrez, à la requeste de la Royne de France. Ceci est prins de l'histoire du sieur d'Argentré livre 4. chap. 29. Qui dit l'avoir prins dudit Vualsingham, qui toutesfois en parle un peu diversement et n'en dit tant.

 

Messire Guillaume sire d'Espinay, second du nom, Chevalier fort sage & adroit aux armes, fils de Jean premier, estoit respecté , honoré,& redoutez en son pays pour les rares vertus qui reluisoient en luy.

 

Messire Pean d'Espinay, seigneur dudit lieu deuxiesme du nom, fils de Guillaume second, fut Chevalier de grande valeur & reputation, & le fist bien paroistre és guerres civiles qui furent de son temps en Bretagne, entre Charles de Chastillon dit de Blois, qui querelloit le Duché au nom de sa femme Jeanne de Penthievre, fille de Guy de Bretagne, Comte de Penthievre & Jeanne d'Avaugour, d'une part & Jean de Bretagne Comte de Montfort l'Amaury à cause de sa mere Yoland, frere dudit Guy & oncle de ladite Jeanne, & Jean cousin germain de la dite Jeanne, d'autre, le party desquels il suivit, & portoit l'une des bannieres dudit Jean Comte de Montfort à la bataille d'Aulray, en laquelle il se montra tres vaillant, & fut tué ledit Charles de Blois l'an mille trois cent soixante et quatre, & ledit Jean demeura victorieux, & par consequent Duc de Bretagne, & fut appellé le genereux, le vaillant & le conquereur. Mais quelques an apres la guerre s'estant rallumee entre Charles  cinquiesme du nom & les Anglois, & le Duc Jean baillant le passage par son pays de Bretagne ausdits Anglois pour entrer en France, & les favorisans à cause que par leur aide  il avoit fait resistance audit de Blois supporté des François, & avoit obtenu ladite victoire à la bataille d'Aulray, ledit Roy Charles se deffiant de luy, & d'autre part les Barons, seigneurs & communautez des villes  & le peuple s'offenssans de ce qu'il mettoit des garnisons d'Anglois és villes & places fortes du pays, & les avançoit és honneurs & charges, & les preferoit aux siens : lesdits seigneurs Bretons surprirent beaucoup de villes  & places fortes du pays sur ledit. Duc pour le Roy de France, lequel envoya Messire Bertrand du-Guesclin  connestable de France en Bretagne, avec une forte armee, auquel se joignirent  lesdits Barons & seigneurs.Tellement que toutes les villes & le pays fut reduit en la puissance du Roy de France, & convint au Duc se retirer en ngleterre, où il demeura sept ans. Mais le Roy Charles s'estant decouvert ausdits Barons de Bretagne, & leur ayant desclar& que son intention & resolution estoit de confisquer le Duché, & de l'annexer au royaume de France, & d'en priver du tout le Duc Jean, ils en furent fort indignez, & resolurent entre eux de ne le souffrir ny endurer, & se reconcilierent  à leur Duc & Prince naturel, qu'ils rappellerent d'Angleterre. Et pour empescher les desseins du Roy, les nobles du pays firent plusieurs associations & confederations pour la conservation des villes & des places fortes du pays, & de l'estat de leur Prince naturel. Et entre autre  s'en trouve une de tous les nobles de l'Evesché de Renes, datee de l'an 1379. entre lesquels est nomme & signe, & l'un des premiers est Messire Pean d'Espinay. Laquelle lettre d'association est inseree en l'histoire du sieur d'Argentré. Desquels messire Pean premier & second, Jean, Guillaume premier & second, on ne trouve les contracts de mariage, qui est cause qu'on ne sçait où ils ne prindrerent alliance

 

Messire Symon d'Espinay, premier de ce nom,  Chevalier, fils de Pean second, seigneur d'Espinay, de la Riviere, d'Escures, du Bois-du-liers, de la Marche &c. pour la valeur & proüesse, & en recompense des services qu'il & ses predecesseurs avoient faits aux Ducs leurs souverains Princes & seigneurs, furent creé & institué Gouverneur  & Capitaine des ville & chasteau de Dinan & Hede,  qui ont toujours esté les meilleurs place de guerre du païs par ledit Jean cinquiesme du nom dit le Conquerant, & fut  cautionné par son dit pere Pean. La lettre d'obligation est au Thresor des Chartes de ce pays, en date de l'an 1399. Ledit Simon fut marié deux fois en premieres nopces il épousa Marie de la Frete de laquelle il eut Robert, Guy, Guillaume, Jean, Anne & autres filles desquelles je n'ay trouvé les noms. En secondes il epousa Marguerite de Chasteau-giron, grande & ancienne maison de Bretagne duquel mariage issit un fils Guy

 

Enfans du premier lict.

 

Robert duquel sera parlé cy apres
Guy fut seigneur du Bois-du-liers qui luy fut baillé en partage , & ne laissant aucuns enfans, laditte seignbeurie retourna à son aisné ou à son nepveu. Il fut Chevalier de grand merite & reputation & fut grand Escuyer du Duc Jean sixiesme du nom, fils de Jean le Vaillant, auquel il fist de grands & signalez services en la guerre qu'il avoit contre le Duc d'Alençon son nepveu, qui avoit pris son Chancelier Jean de Malestroit Evesque de Nantes : de quoy voyez l'histoire de Bretagne, & comme ledit Duc Jean le recognoist par lettres données à Chasteau-brient, en date du tiers jour de Fevrier l'an 1431.
Guillaume fut homme d'Eglise, & de luy ne se trouve autre chose
Jean fut aussi homme d'Eglise, & fut laissé executeur du testament de sa soeur Anne, datté de l'an 1451/ & de luy n'ay leu rien davantage
Anne d'Espinay fille aisnée de Simon premier du nom sire d'Espinay & de Marie de la Frete, fut mariee trois fois. La premiere avec noble eEscuyer (qui fut depuis Chevalier) Guillaume de Lorgeri seigneur dudit lieu & du Bodou, fils de Messire Olivier seigneur desdits lieux, & de Marguerite Bodin, fille aisnee de la maison du Mottay, Eut quatre vingt livres de rente pour le droit paternel & maternel, ainsi qu'il sonste par le contract de mariage datté du 27 de Juillet l'an 1411. De ce mariage issit un fils appellé Symon, comme son grand pere maternel, duquel & de ses faits nous parlerons ailleurs. En secondes nopces Anne d'Espinay espousa noble homme George de la CIgongne, duquel elle eut un fils nommé Jacques de la Cigongne. En troisiesmes elle espousa noble homme Jean de Fontenailles, qu'elle laissa executeur de son testament, daté du 18 de Novembre l'an 1451.  avec Jean de Champeigné Chevalier seigneur de la Montaigne, & Jean d'Espinay son frere, & choisist sa sepulture en l'Eglise de nostre Dame de la Guerche prés le grand Autel, & ordonne qu'en celle Eglise soient dites mille Messes pour elle & ses amis trespassez, & cinq cents en l'Eglise de sainct Pierre de Vieseiche. Et au cas que lesdits executeurs ou l'un d'iceux ne voudroit pas ou ne pourroit executer sondit testament, elle laissa Reverend pere en Dieu Jean de Coetquis) Evesque de Renes, executeur principal de sondit testament, & luy oblige tous & chacuns ses biens meubles & immeubles, sauf ceux qu'elle a donnez, jusques à entier accomplissement dudit testament. Et afin qu'il le face executer, elle luy donne mille livres, à estre prins sur ses biens meubles & revenuz de ses terres & heritages. 

 

Messire Robert d'Espinay premier du nom, Chevalier, sire d'Espinay, de la Riviere, d'Escures, de la Marche, fils de Symon premier, & de Marie de la Frete, fut de la  maison & famille du Duc Jean sixiesme du nom, & assistoit son maistre lors qu'il fut prist en allant à Chasteauceaux avec peu de train car ceux de Peinthievre, qui l'avoient invité de les aller voir, le jour de Caresme prenant vingtiesme de Frevrier l'an 1420. Et fut blecé estrangementse mettant en devoir de deffendre sonfit maistre & Prince. En recompense duquel service le Duc luy donna cent livres de rente en assiete sur ses terres de Lambale & Moncontour, ainsi  qu'en font foy leslettres de don, par lesquelles il declare que c'est pour la recompense de sa blessure. Quelque temps apres il fut fait Chevalier, & du Conseil privé du Duc, & comme tel donna son advis pour bailler partage à Arthur de Bretagne frere d'iceluy  Duc Jean, ainsi que tesmoigne l'acte de ce fait au Chasteau de l'Ermine à Vennes, daté du 7. d'Aoust l'an 1422. rapporté en la Chronique moderne d'Argentré. L'an 1426. il succeda à sondit pere Symon premier, & depuis le Duc ke crea & institua grand Maistre de Bretagne, & luy donna & à ses hoirs & successeurs l'usage en ses forests de Renes, Liffré, & S.Aubin du Cormier, tant pour bastir que pour le chauffage & pasturage, par lettres donnees à Nantes le tiers jour de Mars l'an 1428. ledit Duc luy donna les biés que Messire Hardouin de Mainbie Capitaine de Chasteau-gonthier avoist en Bretagne, confisquez pour avoir suivy le party du Duc d'Alençon, seigneur dudit Chasteau-gonthier & de Poüencé, qui avoit pris le Chancelier du Duc Jean nommé Messire Jean de Malestroit Evesque de Nantes. Et le 25 de juin 1432. iceluy Duc Jean donna audit Robert d'Espinay une grande place gaste en la ville de Renes, vulgairement appellee la Vieille Monnoye, pour y faire bastiment & s'y loger si bon lui sembloit : de laquelle ville de Renes il estoit Capitaine & gouverneur. Ledit Messire Robert fut envoyé en ostage à la Fleche en Anjou de la part de son maistre vers ledit Duc d'Alençon seigneur dudit lieu de la Fleche, comme il s'atteste par lettres donnees à Renes, où il est mandé luy delivrere argent pur cet effect, & est desclaré par icelles, comme il avoit fait beaucoup de services à ses despends. Il mourut le dixneuviesme de Mars avant Pasques, l'an de grace mil quatre cents trente & huict, & fut inhumé au milieu du choeur de l'Eglise de Chapeaux, où on voit son tombeau enlevé avec cette inscription. Cy gist haut & puissany Messire Robert d'Espinay Chevalier, en son temps sire d'Espinay, d'Escures, de la Riviere, de Saudecourt, & de la Marche, grand Maistre de Bretagne, & premier Chambelan du Duc nostre souverain seigneur, qui deceda le XIX. jour de Mars, l'an de grace M.CCCXXXVIIII. Et est à noter, que celuy qui grava cette inscription, en laquelle il n'y a que trois CCC.(comme il se voist) en oublia un. Car il en faut quatre, comme l'ordre de l'histoire & des temps le nous apprend.
Ledit Robert d'Espinay avoist epousé Jeanne de Montbourcher petite fille de Laval. Les nopces  s'en solenniserent au chasteau de Montejan. Il en eut deux fils, l'aisné appellé.
Simon, & le puisné aussi appellé
Simon, lequel fut tresorier de l'Eglise Cathedrale de Sainct Pierre de Renes

 

Fin de cette première partie de la généalogie d'Espinay.           

 

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 10:30

 

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 09:38

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d'Espinay, Terre en Bretagne, qui a passé par alliance, comme nous le dirons ci après, avec le comté de Duretal, dans la Maison de la Rochefoucauld.

 

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Le château de l'Espinay à Champeaux, berceau de cette famille

 

Elle a donné son nom à une Maison de cette Province, des plus nobles, et des plus illustres, tant par ses alliances que par les grands hommes qu'elle a produits. Le chef de cette Maison, Chanoine de Rennes, avoit part aux distributions, & sa place dans le Choeur de la Cathérdale, vis à vis de l'Evêque. Elle a formé la branche de Vaucouleurs et de Broon.
Le premier de ce nom qui soit connu est Gesterus, Sire d'Espinay,  lequel suivi Guillaume, Duc de Normandie, à la Conquête du Royaume d'Angletrerre en 1066. Il eut pour fils :
-Geoffroy, Sire d'Espinay,Chevalier, mort en 1150. Son fils fut :
-Pean, I du nom, Sire d'Espinay, vivant en 1217, qui fut père de :
-d'Allain I, du nom, Sire d'Espinay, vivant en 1242. Il eut pour fils :
-Guillaume, Sire d'Espinay, vivant en 1271, dont :
-Galevan, Sire d'Espinay, vivant en 1308, qui épousa Alix de Champagne, fille de Geoffroy de Champagne, puîné de la Maison de Champagne, au Maine. Il en eut Jean qui suit, & Charles, Chevalier, mort sans enfans.
-Jean, I du nom, Sire d'Espinay, vivant en 1315, eut pour fils & successeur :
-Guillaume, II du nom, Sire d'Espinay en 1341,qui fut père de :
-Jean, II du nom, , Sire d'Espinay en 1364, lequel laissa entr'autres enfans,
-Simon, I du nom, Sire d'Espinay, vivant en 1399, allié, 1°, avec Marie de la Frette, & 2°, avec Marguerite de Châteaugiron. Il eut du premier lit :
1 Robert, qui suit;
2 Guy, seigneur de Boisduliers, vivant en 1431;
3 & 4 Guillaume & Jean, qui furent d'Eglise;
5 & Anne,femme 1°, de Guillaume III. du nom, seigneur de Lorgeril, 2°. de Georges de la Cigogne Chevalier; & 3°. Jean de Fontenailles.
Du second lit vint :
-6° Guy, Sire d'Espinay, dont on ignore la destinée.
-Robert, I. du nom, Sire d'Espinay, mort en 1438, avoir épousé Jeanne de Montbourcher; dont : 1. Simon, qui suit; 2. & autre Simon, dit le Jeune, Chanoine de l'Eglise de Rennes.
-Simon, II. du nom, Sire d'Espinay, eut de Marguerite de Châteaubriant, son épouse :
-Robert, II. du nom, Sire d'Espinay & de la Rivière, Grand Ecuyer & Grand Maître de Bretagne en 1445, marié avec Marguerite de la Courbe, fille de Pierre, Seigneur de la Courbe, & de Jeanne de Denée, dont -1. Richard, qui suit; -2. Jacques, Evêque de Rennes; -3. Eustache, Seigneur de Trêves; -4.André, Seigneur de la Courbe, qui se fit d'Eglise; -5. Robert, Chanoine & Trésorier de l'Eglise de Rennes; -6 Arturé, femme de Jean, Seigneur de la Houssaye; -7. & Anne, femme, 1°. de Jean Buffon, Seigneur de Gazon, & 2°. Jean Le Sénéchal, Chevalier  
-Richard, Sire d'Espinay & de la Rivière, Chambellan de François II, Duc de Bretagne, épousa, 1°. en 1433, Béatrice de Montauban, fille de Guillaume, Sire de Montauban, & de Bonne de Milan, sa seconde femme; & 2°. Marie de Goyon, fille de Jean de Goyon, Seigneur de Mâtignon, Grand Ecuyer de France, & de Marguerite de Mauny, Dame de Tholigny. Il n'eut d'enfans que de sa première femme, sçavoir; -1. Guy, qui suit; -2. André, Archevêque d'Arles, Cardinal en 1500; -3. Jean, Evêque de Mirepoix, puis de Nantes, -4. Guillaume, Eveêque & Duc de Laon, Pair de France; -5. Jean, dit le JeuneEvêque de Valence en Dauphiné; -6. Jacques, Seigneur d'Uffé, auteur d'une branche dont nous n'avons point la filiation. -7. Françoise, Abbesse de Saint Georges de Rennes, morte en 1520; -8. Renée; -9. & Jeanne, femme de Jean de Châteaubriant, Seigneur de Beaufort.
-Guy, I. du nom, Sire d'Espinay & de la Rivière, mort en 1501, avoir épousé Isabeau de Goyon, Soeur de la seconde femme de son père, & fille de Jean de Goyon, Seigneur de mätignon, Grand Ecuyer de France, & de Marguerite de Mauny, eut pour fils unique :
-Henri, Sire d'Espinay & de la Rivière, mort en 1506, qui eut pour femme Catherine d'Estouteville, fille de Michel, Sire d'Estouteville, & de Marie, Dame de la Rocheguyon. Il en eut six fils & trois filles, dont nous ignorons les noms & la postérité.
La terre d'Espinay, fut érigée en Marquisat par Lettres du mois d'Octobre 1575; enregistrées le 20 Septembre 1576, en faveur de Jean, Sire d'Espinay & Comte de Duretal du chef de sa femme Marguerite de Scepeaux. Leur petite fille Françoise d'Espinay, fille de Charles, devint, en 1609, héritière d'Espinay & de Duretal par la mort de son frère Charles, Marquis d'Espinay. Elle avoit épousé Henri de Schomberg, Comte de Nanteuil, & leur fils Charles de Schomberg, Pair & Maréchal de France, étant mort sans enfans, sa soeur Jeanne de Schomberg, épouse de Roger du Plessis de Liancourt, Duc de la Rocheguyon, devint héritière du Marquisat d'Espinay et du Comté de Duretal. Le dernier de cette Maison était Charles, Marquis d'Espinay, hevalier de Saint Louis, mort le 10 Décembre en son château de Trotozec en Bretagne, âgé de 80 ans, & en lui s'est éteint cet ancien nom, n'ayant laissé aucun enfans de Céleste Julie Gaultier de la Boulaye, & de Marie le Chaponnier, ses deux femmes. Les armes d'argent, au lion coupé de gueules & de sinople. De cette même Maison étoit François d'Espinay, Chevalier de l'Ordre du Roi, Seigneur de Molay, Election de Bayeux, que l'on trouve marié, en 1593, à Silvie de Rohan, fille du Prince de Guémené. Il portoit pour armes : " d'argent au lion coupé de gueules & de sinoples, armé, lampassé & couronné d'or
".
.

 

D-espinay

 

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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 13:34

 

 

Les fonts baptismaux de Sévignac devraient faire d'ici peu l'ojet d'une restauration. C'est l'américaine Mary Emeline Stevens, veuve du sieur Maurice Bonjour qui en finança l'aménagement, elle offrit également aux paroissiens les candélabres que l'on peut encore contempler dans le choeur et dans le transept. Sa générosité fut également très grande vis à vis des déshérités de Sévignac. La généreuse dame avait jadis épousé l'héritier du domaine de Limoëlan : Monsieur Maurice Bonjour. Celui ci avait vu le jour à Paris de l'union de Philippe Bonjour et Henriette Picot de Limoëlan. Attaché au ministère de la Marine, il venait de temps en temps à Sévignac, hors aux abords du lieu dit le Gué de Rouillac, ce 2 septembre 1886 à 7 heures du matin, le cheval auquel sa voiture était attelée se cabra et il mourut peu après au château de Limoëlan âgé de 48 ans. C'est le cousin du défunt : Henri de Carné qui était alors maire de Sévignac. Ci dessous une croix marque l'emplacement du lieu où se produisit l'accident mortel.  

 

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Ci dessous l'acte de décès de Monsieur Maurice Bonjour :

 

 

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Les fonts baptismaux

 

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détail

 

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le vitrail : le baptême de Jourdain

 

sans-titre

 

en bas du vitrail cette note :

 

CHAPELLE ET VITRAIL DONNES PAR M ET M MAURICE BONJOUR DE LIMOELAN

 

 

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 13:45

 

 

  

lehon

 

Abbaye de Léhon

 

quimperlé

 

Quimperlé

 

fougères

 

 Fougères

 

josselin 2

 

Josselin

 

clisson

 

Clisson

 

dinan

 

Dinan

 

morlaix

 

Morlaix 

 

Documents Gallica

 

 

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 13:53

 

 

Lorsque les guerres de la Ligue éclatèrent en Bretagne, Lamballe, alors au duc de Mercoeur, eut à souffrir plus que tout autre place. Du Matz prétend que le château "n'estoit en ce temps là nullement fortifié ny gardé"; je crois que cette appréciation est inexacte : le duc de Mercoeur augmenta les fortifications faites par le duc d'Estampes, et d'ailleurs il y a un fait certain, c'est que le château de Lamballe, trois fois assiégé, ne fut jamais pris. Le premier siège commença le 17 septembre 1589; les seigneurs de Chasteauneuf, du Pont de la Hunaudaie, du Guémadeuc, de la Moussaye, d'Assérac, de Chemillé, de Molac et de la Magnanne prirent la ville et la ravagèrent pendant trois jours. Au mois de juillet de l'année suivante, les mêmes personnages revinrent à Lamballe par ordre du prince de Dombes, et cette fois, cherchèrent à s'emparer du château; mais leurs efforts échouèrent devant la valeur de ses défenseurs dont la Chronique de Lamballe nous a conservé les noms : le capitaine  Mesnage Le Roy, le sieur des Fourneaux le Picard, le sergent Bourdays la Garenne, la Serre et la Merlaye. En 1591, le 21 janvier, les garnisons de Moncontour, de Quintin, de Saint-Brieuc, du Guémadeuc, de la Hunaudaye, de Limoëlan, de la Moussaye, du Parc et de la Latte, entraient à Lamballe, vers six heures du matin, par escalade  et livraient la ville au pillage. Après un combat acharné de trois heures, les troupes du château chassèrent l'ennemi qui laissa dix sept morts. Sans la trahison d'une femme qui leur ouvrit une porte vers le faubourg qui consuisait à Moncontour, il ne se serait pas échappé un homme. Les ligueurs dans cette affaire perdirent neuf des leurs et, parmi eux, le sieur des Fourneaux, Marc Boschier, Guillaume de Troguindy, Henri Gillet et le sieur du Chauchois, de Henantsal. Le dernier siège de Lamballe eut lieu le 16 juillet 1591; le prince de Dombes le dirigeait et avait avec lui ses principaux lieutenants, M. d'Assérac, de Coëtquen, de la Hunaudaye, de Molac, de la Moussye, de Liscoët, de Montmartin et de la Tremblaye. La ville bientôt emportée, on s'attaqua au château; une mine fut éventée, et, pendant trois jours et trois nuits, les canons des assiégeants préparèrent une brèche par laquelle furent tentés inutilement plusieurs assauts.  La place, malgré l'énergie de ses défenseurs aurait été forcée de se rendre peut être, si deux évènements n'étaient survenus à temps pour éloigner les troupes royales : d'abord la blessure mortelle du célèbre La Noue Bras-de-Fer, qui était venu avec la compagnie du comte de Montgommery; ensuite, l'annonce de l'arrivée du duc de  Mercoeur accourant au secours de son château. Pendant ce siège, qui dura huit jours, les Anglais et les lansquenets du prince de Dombes profanèrent les églises et ravagèrent tous les environs de Lamballe. Depuis cette entreprise, le château de Lamballe n'eut plus qu'à repousser quelques tentatives de la garnison de Moncontour. Pendant cette période le duc de Mercoeur, en 1593, fit faire quelques travaux moyennant 1850 écus, par Fr.Gillet, de la paroisse de Trébry. Il s'agissait alors d'un "coulidor, sur les contre-escarpes du grand et petit chasteau, à commencer au coin ducit petit chasteau vers et au joignant de la rue du Val, et continuer jusques à une plate-forme  qui est au bout et avis l'esglise et grande vitre de Nostre-Dame, estant ladicte esglise en l'enclos ducit grand chasteau". Ce coulidor, "de quatre pieds de hauteur au-dessus des contrescarpes, avait cinq pieds de largeur; dans ce travail était compris le nettoyage des fossés et la réparation des talus". En 1606, Marie de Beaucaire afféageait un terrain sis "sur les ruines des fortifications près le tour aux Chouettes"; il s'agit ici de l'enceinte de la ville, qui avait singulièrement souffert pendant les guerres civiles. L'année suivante, Henri IV autorisait la veuve du duc de Mercoeur à lever 15,000 livres sur ses vassaux du Penthièvre, conformément au traité secret de 1598 pour être employées à rparer ses maisons en Bretagne. De 1608 à 1611, on travaillait aux terres, aux guérites et au corps de grade du château. En juin 1610, le sieur Péchin, capitaine de Lamballe, avait reçu ordre de la duchesse de cesser la forte-garde qui se faisait au château depuis la mort du roi; il prétendit exiger alors que les habitants lui fournissent douze hommes pour former un poste; la communauté des habitants, réunie à son de caisse dans l'auditoire, réclama en faisant observer que la tranquillité générale du pays ne justifiait pas une mesure extraordinaire.; que s'il s'agissait de rétablir le service personnel du guet, il y avait lieu d'y appeler les paroisses astreintes à ce devoir. La communauté eut aussi à s'opposer aux prétentions du capitaine Péchin, qui voulait transformer l'une des tours en donjon. Les Lamballais faisaient valoir qu'il suffisait de "deux valets, maîtres du donjon, pour faire la loi au château et à la ville; il ne pouvait en résulter  que la retraite des bourgeois riches, qui sne manqueraient pas d'abandonner une place qui eût été à la discrétion de malveillants ou d'ennemis publics". La part que le duc de Vendôme prit dans la lutte de la haute noblesse contre la cour de France, porta le dernier coup à la forteresse du Penthièvre qui, cette fois, disparut si complètement que, malgré mes recherches, il m'a été impossible d'en trouver un dessin ou un simple croquis de plan. Ce nom de Penthièvre, pendant des siècles, semble avoir eu pour destinée d'être porté par des rebelles : César de Vendôme, l'avait du chef de sa femme, fille unique de Mercoeur. Il avait pour capitaine, dans son château de Lamballe, Charles Budes, seigneur du Hirel, du Plessix-Budes et de Guébriant, qui avait, en outre, la charge de garder le hâvre de Dahouët et Verdelet. Charles Budes était accompagné de ses frères, Julien, seigneur de Lanchelande en Trégueux, capitaine de cinquante huit gens d'armes à pied, au traitement de 100 livres tournois par mois, et le seigneur de la Combe. Pendant ces dissensions, Lamballe  fut l'arsenal du duc de Vendôme, qui en faisait venir des escouades  d'ouvriers pour les travaux d'Ancenis, et, à plusieurs reprises, y prenait des armes; nous voyons le sieur de Montigny recevoir à Lamballe "huit mousquetz, deux arquebuses et quatre fourchettes, vingt corselets garnis de leurs haussaires"; une autre fois, le duc demandait trois douzaines de "balles de Berges, cinquantes livres de grosse poudre, trois pèces de fer avec leurs boîtes". Au mois de juin 1614, on brûlait une charretée de bois pour chauffer les ferrures avant de les appliquer à la grosse coulleuvrine. J'ai eu l'occasion de voir plusieurs mandements ordonnant la délivrance, à Lamballe, de canons, de mousquets, de bandoulières et d'arquebuses montées à la walonne. La rébellion du duc de Vendôme ranimait dans les domaines de Bretagne le souvenir encore chaud des derniers troubles; les magistrats ne réprimaient pas les désordres; des motifs d'amitiés, de sympathie politiques ou d'alliances de famille faisaient fermer les yeux sur les excès dont le principal mobile n'était parfois que la vengeance particulière. C'est en vain que l'on adressait au duc de Vendôme des plaintes comme celle ci, par exemple : "Certains portanz qualitez de gentilhommes et qui les suivent et assistent, allant, venant et séjournant en ladicte ville et fosbourgs de Lamballe, tant aux jours de foires et marchés qu'autres, après avoir beu et yvrogné, font et apportent plusieurs troubles et scandales publicz, jurant et blasphémant le saint nom de Dieu, battent, tuent et offensent tant à coups d'espées que aultrement plusieurs des habitantz et aultres personnes, troublent et empeschent le repos et traficq publicq". M.de Vendôme songea à réprimer ces désordres, lorsqu'il s'éperçut q'il était temps de faire sa soumission. Au commencement d'août 1614, le sénéchal de Lamballe, Olivier Bertho, reçut des ordres formels à cet égard : c'était peu avant l'arrivée à Nantes du roi et de la régente qui venaient de faire l'ouverture des Etats (16 août).

 

 

Depuis le mois de mai César de Vendôme (ci dessus) voyait avec une certaine anxiété "la file perpétuelle des gens de guerre marchant du côté de la Bretagne et forcer la cour à envoyer dans cette province un régiment de Suisses, le régiment de Rambures, et six compagnies de chevau-légers; moyennant 100,000 livres et une amnistie," il était disposé à rentrer dans le devoir. Le 30 août, étant à Derval, M. de Vendôme mandait au capitaine Budes de La Combe de licencier plusieurs compagnies, à commencer par la sienne; il devait faire choix de cent gardes et renvoyer les autres dans leurs foyers. "Les contentant le plus possible de belles paroles". La Combe avait la mission assez délicate de leur prouver que l'argent qui était disponible  devait être employé à indemniser les particuliers volés ou pillés; le prévôt devait se charger de convaincre par des moyens plus énergiques ceux qui fermeraient l'oreille aux belles paroles. Cependant les Etats de Bretagne voulant mettre fin aux troubles qui, depuis si longtemps, ruinaient la province au profit d'ambitions particulières, demanda au roi la démolition des fortifications de Lamballe et de Moncontour. Cette requête fut accordée avec une certaine restriction; on devait démolir simplement les travaux exécutés depuis six mois. M. de Vendôme, craignant que, sous prétexe de raser les travaux neufs, on ne démolit complètement son château de Lamballe, envoya le capitaine La Combe aider du Hirel à surveiller l'exécution des ordres royaux. Le 1er septembre, le roi étant à Angers, désignait un exempt de la compagnie des gardes pour aller, accompagné du dieur Louët Peschart, conseiller au parlement de Bretagne, procéder à la démolition des châteaux de Broons, Lamballe, et Moncontour. Ces deux commissaires, avec une forte escorte sous les ordres du sieur de saint Luc, vinrent s'établir à Lamballe, laissant voir des dispositions peu rassurantes. Du Hirel, soutenu de la noblesse des alentours et de 120 hommes  qu'il avait fait entrer dans la place, défendit le terrain pied à pied, de manière à ne pas désobéir au roi, et à laisser démolir le moins possible. Dans cette circonstance, Du Hirel fit preuve de tact, de prudence et de fermeté, alors que son maître ne lui avait donné que des instructions assez vagues. De même , quand le maréchal de Brissac voulut abattre les fortifications qui se liaient àla collégiale et domainaient la rue du Val, ainsi que le centre de la ville, Du Hirel protesta; le parlement ordonna de poursuivre, mais, le 16 octobre suivant, le duc de Vendôme obtenait des lettres-royaux qui lui permettaient  de conserver ces murailles dont la construction remontait au duc de Mercoeur. La soumission de M. de Vendôme n'étant pas franchement offerte; en août 1615, sous un prétexte de préséance, il se rendait en Guyenne, faisait de nouvelles levées d'hommes, rappelait à lui ses anciennes bandes, et tout en protestant de sa fidélité, à la fin de janvier 1616, il se repprochait de la Bretagne. En février, avait lieu sa jonction avec le prince de Condé. Vers cette même époque, il écrivait à Du Hirel de recevoir au château de Lamballe et de protéger le sieur de la Roche Giffart, poursuivi par M. de Montbarot, et lui enjoignait de ménager la noblesse du penthièvre, "à laquelle il va peut être faire un appel". Les comptes de Du-Hirel, datés de 1617, indiquent des armements qui étaient commencés, puis suspendus, pendant cette période; en décembre 1615, on mettait une garnison de quarante-cinq hommes dans le fort construit au rocher de Verdelet; le 13 mars suivant, Alain Thomelin s'y logeait avec ses soldats, se disant envoyé par le sieur de Kerveno, et s'y maintenait, malgré les protestations de du Hirel, jusqu'au mois de mai. Le duc de Vendôme, ayant été compromis dans la conspiration du prince de Chalais contre Richelieu, fut emprisonné pendant quatre mois et perdit soin gouvernement. Les Etats de Bretagne saisirent cette occasion pour demande la démolition complète des places fortes qui lui appartenaient; le 30 juillet 1626, Louis XIII ordonnait la démolition complète des forteresses de Lamballe, de Moncontour, de Guingamp et d'Ancenis, et, en 1649, le duc de Vendôme recevait une indemnité de 330,000 livres à cause  de la  destruction des "chasteaux de sa femme". Le mardy 15 septembre 1626, dit le chanoine Jean Chapelain dans sa Chronique, on commença à démolir le château jusqu'au samedy 28 novembre dudit an, pendant lequel temps le maréchal de Thémines, gouverneur du pays, fist son entrée à Lamballe". On peut supposer que la donjon primitif  devint trop étroit au cours du XVe siècle, toutefois, quand l'acquisition du chastel de Lamballe fut faite en  1696 par le comte de Toulouse auprès de la princesse de Conti, la tour Geoffroi Boterel existait encore.

 

Le château de Lamballe d'après Anathole de Barthélémy, article publié en 1863 dans la revue de Bretagne et de Vendée.

 

Merci aux Archives départementales des Côtes d'Armor

 

 

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 13:48

 

Mais  quand Marguerite de Clisson et Olivier de Blois tentèrent de renverser le duc Jean V en le retenant prisonnier, la duchesse de Bretagne donna ordre au maréchal de Coëtquen  de s'en aller camper sous les murs de Lamballe. Les comptes des receveurs font mention des travaux exécutés durant la nuit, pendant le siège : on éleva un "chaffault" sur les portes Moguel et Saint Martin, maçonnée à neuf; une cabane est établie sur le pignon de l'église Notre Dame; les charpentiers établissent quatre engins, tant por la ville que pour le château. Des maçons, des charpentiers, des maréchaux travaillaient sans relâche aux échauguettes, à "clore l'huys et confriter les murs" à faire le toit pour canons et engins, tout cela coûta la somme de 180 livres 5 sous 4 deniers. Coëtquen poussa vigoureusement le siège  et afin de faciliter le passage de ses troupes , fit construire, à travers un marais, un pont de pierre qui conserva son nom. Le 6 mars, la ville était bloquée. Olivier de Blois avisé de la menace qui planait sur une de ses défenses demanda à son prisonnier des ordres pour faire arrêter le maréchal de Coëtquen, il se rendit dans la chambre du duc, "à grands bruits d'armes et de haubergeons, reniant Dieu et se donnant au diable", s'il ne le faisait périr sans délai, et s'il ne mettait sa tête sur la plus haute de ses tours. Le duc effrayé envoya Jean de Kermellec pour engager le maréchal à épargner Lamballe, mais Coëtquen, n'obéissant qu'à la duchesse, continua ses opérations. Le 12 avril, le château de Lamballe capitulait. Le 19 mai suivant, la duchesse ordonnait de "dislacérer les murailles et forteresses des chasteau et ville de Lamballe". 
Toutes les paroisses et châtellenies de Penthièvre, de Jugon, de Moncontour, ainsi que celles du Turnegouët furent convoquées à prendre part à cette oeuvre de destruction qui était dirigée par Herczart, "maistre des oeupvres de la Hunaudaie". Les tours construites en 1417 furent minées et étayées; on mit le feu aux étais et les constructions s'écroulèrent . Cinq mois après, Olivier de Blois visitait les ruines de sa forteresse en compagnie de Guillaume Deshae, "mestres des oeuvres du chaste au; mais il n'eut le temps d'y rien faire exécuter; ce fut seulement en 1422, dans l'année qui suivit la confiscation définitive du Penthièvre par le duc de Bretagne, que l'on pensa à réparer les moulins et les chaussées depuis longtemps négligés, et à retirer quelques poutres des décombres en 1420.

 


En 1441, le sénéchal Jean Troussier  et son lieutenant Rolland Boschier dressaient un état des travaux faits à la tour de Lamballe. Neuf ans plus tard, le duc Pierre II nommait Jean Guitté au gouvernement  du Coulombier de Lamballe, et le faisait en outre contrôleur des oeupvres et réparations des murs et forteresse dudit lieu, ainsi que du pavage de la ville (je ne sais si je m'abuse, mais  il me semble que la tour et le colombier de Lamballe ne sont autres que l'ancien donjon de Geoffroi Boterel qui avait été démantelé sans être compris dans la démolition de 1420; j'y crois reconnaitre la tour à huit étages qui existait encore en 1690).  Ces réparations étaient peu importantes, comme nous le verrons dans un instant, et, en 1489, les troupes anglaises mises en quartiers d'hiver à Lamballe achevèrent d'apporter le désordre dans l'ancienne forteresse du Penthièvre; un chroniqueur prétend qu'ils ne se firent pas faute d'y brûler des maisons et des édifices publics. Le duc d'Estampes alors propriétaire du Penthièvre en 1555, envisagea sérieusement de reconstruire le château de Lamballe, qui alors "estoit du tout inhabitable". Le duc d'Estampes s'entoura, à cet effet, d'hommes spéciaux; c'était l'époque où les de l'Orme avaient la réputation d'être les architectes les plus experts de France. On sait que Philibert de l'Orme visita plusieurs fois, sous François Ier, les côtes et les forteresses de Bretagne; il alla principalement à Concarneau, à Brest et à  Saint-Malo. Or Philibert avait un frère, nommé Jean, qui lui succéda comme "commissaire général des réparations et fortifications de Bretaigne, et général de la maçonnerye du royaulme de France". Le duc d'Estampes appela donc auprès de lui Jean de l'Orme, et lui adjoignit Jean Frigneulx, voyer de Bretagne et maître-maçon à Nantes, Yvon des Poullains, maître-maçon à Lamballe, et Pierre Guichard, maître-maçon pour le roi en Bretagne. Ces architectes constatèrent que, depuis un siècle, les habitants de Lamballe avaient construit leurs demeures dans les douves et jusque sur les ruines des remparts; de ce nombre était le seigneur de Créhan. -On y voyait même un colombier, et une chapelle sous le vocable de Saint Julien; on ne pouvait plus rétablir l'escarpe et la contrescarpe sans démolir au moins six maisons.

Dans ce document je note les murs de quelques tours : des Prises, Trouvée, celles de Bariot, de l'Ave Maria, de la Fleur de Lis; je remarque aussi l'arbalestrye, établie dans les fossés. Le devis des travaux rédigé par Jean de l'Orme, comprenait entre autres choses la construction d'une porte, avec pont-levis à bascule, outre les deux tours situées du côté de la ville; l'exhaussement de ces tours; l'établissement d'un mur de trois toises de hauteur entre l'église Notre-Dame et la galerie neuve; de trois portes, dont deux grandes surmontées ds armoiries du duc d'Estampes. Il s'agissait, on le voit, de restaurer les clôtures de la forteresse, plutôt que les bâtiments servant au logement. Le devis fût accepté, le 24 février 1455, par Pierre Guichard, qui devait avoir terminé les travaux pour la saint Jean-Baptiste. Dans un document de l'année suivante sur lequel je reviendrai, P. Guichard rappelle qu'il a reconstruit la nouvelle enceinte du château de Lamballe sur les anciennes murailles, qui avaient douze pieds d'épaisseur; que dans ses travau, il a retrouvé une grande quantité de boulets d'artillerie en pierre; que les nouveaux murs ont de neuf à dix pieds d'épaisseur, et qu'ils s'appuient sur le roc de telle sorte que s'ils venaient à être renversés, le château resterait néanmoins en plate-forme; il parle aussi de la nécessité de compléter les moyens de défense en construisant un cavalier de huit pieds pour mettre la place à l'abri d'une hauteur voisine. Lorsque la reconstruction des fortifications du château de Lamballe fut arrêtée et même commencée, on agita la question qui était le motif de ces travaux. Je n'ai pas besoin d'entrer ici dans de longs détails sur le droit  de guet; mes lecteurs ne sont pas sans savoir que les vassaux devaient concourir personnellement, et à des époques fixées, à la garde du donjon seigneurial. Par suite de cette obligation, le vassal, en temps de guerre, pouvait s'y réfugier avec sa famille et avec ses biens. Plus tard ce service fut transformé en un cens, sorte d'impôt qui s'acquittait par feu, en temps de guerre comme en temps de paix. Lorsque le château était en ruines ou sans défense, le guet, comme le cens de guet, cessait de plein droit; or au milieu du XVIe siècle, et depuis 1420, c'était le cas dans lequel se trouvait le château de Lamballe. Plusieurs paroisses, particulièrement celles de Ploubalay, Saint-Enogat, Planguenoual, Saint-Lourmel, Saint-Denoual, Saint-Glen, Trégomar et Hénanbihen, se refusèrent à payer le guet; il fallut faire une enquête pour constater la légalité de ce devoir. Henri II, par lettres du 30 juillet 1556, maintint le duc d'Estampes dans son droit en faisant observer  que si, pendant longues années, la ruine des fortifications du château avait éxonéré les vassaux du Penthièvre de cette prestation, il n'en était plus de même maintenant que "nostredit cousin entend bien faire réédifier et construyre le dict chasteau". A l'enquête se présentèrent un grand nombre de gentilhommes, et parmi eux René du Cambout, gouverneur et grand-maître des eaux et forêts de Bretagne, son fils cadet, Geoffroi de Chateautro, seigneur du Cartier, capitaine des francs archers de l'évêché de Saint-Brieuc, le sire du Guemadeuc, etc. Je remarque aussi l'architecte Pierre Guichard, le procureur syndic de la ville de Saint-Malo, et Pierre l'Abbé, écuyer, seigneur de la Rivière-Quédillac. Les paroisses qui se refusaient à prendre part au guet du château de Lamballe n'excipaient pas seulement de la désuétude dans laquelle la redevance était tombée; elles soutenaient aussi que leur grand éloignement de la capitale du Penthièvre rendait pour elles la nouvelle forteresse peu profitable. Dans l'enquête on s'attacha à établir que le château, avec ses dix canons, était très utile  pour arrêter les descentes qui pourraient avoir lieu dans la baie d'Iffiniac, à Dahouët et à Erquy..

 

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 13:43

 

 

Manifestement c'est sous Geoffroi Botterel II, neveu du précédent que la défense de Lamballe. Voici un acte daté de 1121 une prétendue charte de Geoffroi Boterel II pour Saint Martin de Lamballe.
Notum sit omnibus presentibus et futuris quod Gaufredicus, dux Britannie et comes Lamballe, dedit pro anima sua et parentum suorum Deo et Beato Marino Majoris Monasterii, monachis ejus primo ecclesiam que est juxta nurgum totum, et ut possint habere hospites de vico qui est subtus, ita ut a magna porta vici usque ad burgum monachorum, erunt parrochiani ecclesie monachorum, erunt parrochiani ecclesie monachorum redentes ibi totum jus parochiale sicut hospites  eorum, et monachi habebunt curam earuù animarum pascentes verbo Dei; quo circa dedit eis curiam et jurisdictionem cum senescallo, procuratore et scriba, cum omni ptestate condemnationis in homines suos tam in civili quam in crimine, et puniendi in justitia patibulari Lamballie  sita in terra prefata. Gaudefridus porro dedit hortos suos, comumbarium et tarras junctas cum ecclesia divi Martini, domum et furnium ejusdem loci, cui sint subditi homines, et parta adjacentia; dedit eis quoque molinum, ad quod venirent homines ad molendum; dedit etiam in decimis ville de pastes cum consuetudine nundinarum festarum sancti Simonis et Jude : dedit etiam et terram que vulgo vocatur Brublaye et terram que vocatur Saint Palle propre Lamballum, et campos qui vocantur Binionaux et campos longos, et illos qui vocantur verus Lamballa, campos de la Riviere, campos ,omine Touze et eos in quibusb sita est justitia patibularis Lamballie, campos entre les landes du hault, et terram que est propre fluvium de Gouessan, qua itur a villa de Trevily au Gusperel, et illam terram qua itur a villa de Trevilli au Val aux Moines, et eam que ab una parte jungitur terre domini de Trevilli ab altera in feudo superius dicto, et quidquid habuit in villa de Trevilli Gaudefridus; cujus donacionis testes sunt, ex parte monachorum, Guillelmus abbas Sancti Martini, Guillelmus prior Majoris Monasterii, Garinus  de Langrini, Hubertus  Pintarius, Petrus Brinfeldus, Gauterius Athanasius, Johannes de Cambario, Ravilius prior Sancti Maclovii, Mainfautus prior Dinanensis, Guillelmus Rebrach, Helias sacrista Sancti Maclovii : et famul monachorum, Paganus cameriarius, Angerius de l'Hospitali, Johannes Moriscanus, Gaudefridus Rosallus, Petrus Martinus, Regnaldus Columbet, Rodolphus Brorand; porro ex parte Gaufredi, pater ejus, et Guillelmus frater ipsius, Simon archidiaconus Hinagavii, Herveus dilius Haymonis, Pressius filius Guyonis, Beraldus prepositus et multi alii; concessum et ipsi Gaudefrido ab abbate, et monachis presentibus ut tantumdem fiat pro eo quando obierit quantum et monaccho. Concessit etiam ut  monachi accipiant soluti et quitti de ombibus sylvis ejus ad edificandum et ardendum : porci vero monachorum, sicut in panesgio in omnibus sylvis suis, sicut et porci ejus erunt, et uhicunque pascent hospites ejus porcos suos, et ibis hospites monachorum similiter suos et reddant panasgium; dedit etiam eis decinam de omnibus conductibus suis de passagiis, et concessit ut omnes hospitali fuerint in terra monachorum quodcumque mercatum fuerint in castro ejus, vel in quocumque loco ipsius terre reddant consuetudinem monachis; si homines monachorum fcerint aliquod foris factum clamor primus fiet ad monachum faciet inde justitiamn et habebit emendatiobes quales debebit si voluerit  accipere, aut si noluerit condonabit : quod si monachus a facienda justitia defecerit, clamor deferetur ad dominum, et ipse coget homines ad justitiam, sed monachus habebit emendationem. Hec omnia concessit et uxor ejus, hec omnia vidit et audivit dominus Guillelmus abbas Sancti Martini cum omnibus monachis supradictis demptis quatuor, videlicet Guarino, Ravilio, Mainfacto, Hellio, et famuli etiam supra scripti viderunt et audierunt; ex parte vero Gaufridi, ipose Gaudefridus, Bertrandus filius Magni, Olivarus filius, dominus Adrian, filius Philiuppi Roaldi, filius Philippi, Galterius, Normanus de Brehan, Trihan presbiter, Andreas, dominus Groval, Simon archidiaconus, Gauterius filius Minfanti, Alanus Mutel et Angius frater ejus, Morgaux Maumoligot, Rodolfus Partarius, Ricardus filius Gaudefridi, Robertus Tonsus, Thomas de sancto Johanno. Dedit quoque Bertrandus filius Magni pro anima sua et parentum  suorum Beato Martino et monachis ejus landam non clausam propr landam de Mieslin et terram que est prope le Gueperel, et terras et prata que habebat in villa de Belville : hec viderunt et audierunt supradicti testes tam monachi quam famuli, quos quidem supra nominavimus, ad presens eos reiterasse necessere non fuerit. Hac autem concessione Gaudefridus et alii dantes volunt ut pauperibus parochie Sancti Martini de Lamballa subveniatur, dominicis Adeventus detur quarta pars unius pere decota, et doceatur doctrina Christiana, hujus doni et aliorum testes sunt omnes prefati, ita conclusum et statutum, anno Domini et salutis nostre millesimo centesimo vigesimo primo, die julii vigesima quarta

 

Lorsque le Penthièvre tomba aux mains de Pierre Mauclerc, la forteresse de Lamballe fut épargnée. De même qu'il conserva Jugon, ce dernier conserva Lamballe, sachant se servir des positions stratégiques qui, entre ses mains, servaient utilement à consolider son système de centralisation despotique. En 1213, Pierre Mauclerc fixa à huit livres la redevance que le prieur de Saint Martin était  tenu de s'acquitter pour la garde du château, il proclamma aussi les libertés et franchises des bourgeois de St Martin : 

 

Ego  Petrus, dux Britannie, comes Richemundis, notum facio universis presentem paginam inspecturis me concessisse et confirmasse abbati et conventui Majoris Monasterii et monachi ejusdem ecclesie Deo servientibus in ecclesia Beati Martini de Lambalia quicquid habent et possident in villa de Lambalia per elemosinam, burgum Sancti Martini et omnes homines in eodem burgo mentes eum rebus suis immunes et liberos ab omni servicio et tailla et exactione in pace et in perpetuum possidendos, in hiis mihi nichil retinens propter ejusdem domus beneficia et oraciones, exceptis octo libris mihi per manum prioris ejusdem domus in quadragesima domini ibunt in dagio annuatim reddendis; et quod homines dicti prioris ibunt in exercitu meo et calvachia mea cum aliis hominibus meis de Lambalia. Homines eciam dicti prioris de Lambalia habebunt  et inconcussum permaneat, sigilli mei munimine feci roborari, et porecor ut confirmandam cartam istam dominusb archiepiscopus Turonensis et dominus episcopus Brocensis huic scripto sigilla sua velint apponere. Actum apud Redonas, anno gracie M° CC° tercio decimo, mense Martii

 

 

 

A dater de Guy de Penthièvre, frère du duc Jean III, le vieux donjon de Penthièvre subit des modifications et surtout des augmentations. Au  milieu du XIVe siècle le château de Lamballe  tombe aux mains de Charles de Blois qui en fit compléter les fortifications, sans le prévenir ses officiers enclavèrent l'église Notre Dame dans le système de défense, et le pieux duc, pour soulager sa conscience crut devoir faire une aumône : il donna au recteur une rente annuelle de trente florins, et à l'oeuvre de l'église quatre vingt dix florins. Quelques années plus tard, le château de Lamballe devit la résidence habituelle du connétable de Clisson et de Beaumanoir pendant la guerre qu'ils faisaient au duc.
Livré à celui ci par le traité du 20 juin 1387, Bertrand Gouyon, qui y  commandait, s'y laissait surprendre, le 10 juillet suivant, par Beaumanoir, qui échella et entra de nuict dans la ville et dans le chasteau". Au cours du mois de janvier 1417, Olivier de Blois alors possesseur de l'endroit fit aménager le lieu ; Jehan Gaudin, son argentier, demandait à deux architectes , Olivier Le Maczon et Olivier Le Blanc, massons,  un devis assez considérable : il s'agissait de faire une porte surmontée d'une grande salle dans la courtine qui reliait ces deux tours; le prix total s'élevait à 750 livres, et les travaux  furent adjugés au rabais, le 20 janvier, moyennant 550 livres, à Jamet Mabille, qui s'était associé Simon Ridemoine, Pierre Villeneuves et Jéhan Le Père. Le comte e Penthièvre fournissait la pierre,la chaux et le bois; les entrepreneurs s'engageaient à avoir terminé pour la Toussaint.En janvier et en mars 1420, on travaillait encore pour compléter les fortifications du château de Lamballe; nous y voyons, par des anciens comptes, construitre des barbacane, ainsi que le "parapet du hourd sur le grand mur"; on "combloit de terre" la tour située sur "l'esve de la garenne", ainsi que  l'autre tour "procheine de l'esglise Nostre Dame, on rasait des maisons, afin d'élargir les douves qui étaient curées et approfondies; on établissait des "chollez" dans les salles, ainsi que des moulins à bras et des cabanes sur les remparts.  "L'huis de l'engin du chasteau estoit recousu de cloux; les tours et le portail  étaient convertis en genêts; enfin on ouvrait la Porte Moguel, qui était pourvue d'un pont".

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