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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 13:30

 

Actes divers :

 

Environ l'an mil quatre cent huit, plusieurs personnes de remarque, proche de St Jagu , estans venus chasse dans les garennes de ce monastère, sçavoir en celle des Ebiens et de la Buglais et celle de l'Isle et avoient faict plusieurs vexations sur les sujets de L'abbaye, l'abbé présenta queste au duc Jean cinquiesme, à ce qu'il luy pleust pendre son monastère sous sa protection et sauvegarde, ainsi qu'avoient fait ses prédecesseurs. Ce qu"il fit le 17 octobre 1409.
1412 -échange entre l'abbaye de Saint Jacut et celle de Bonrepos au sujet des rentes et moulins que Bonrepos possédait au village de Kercuit, près Guingamp, pour les passages de Miniac en Légué, Fretin, etc., en Plemaudan, de Guere-Simodert et ceux qu'ils avaient en Dinan.
1429 -donations de Robert de Dinan en "estrémité de maladie", accorda pour l'usage des batiments de St Jacut, le nécessaire pris en sa forêt de Castallum.
1438 -Bertrand de Châteaubriant et de Beaumanoir, donna dix livres sur la même forêt "pour estre emploiées à l'infirmerie de la mesme abbaye.

1443 -Monsieur Gilles de Tournemine, seigneur de la Hunaudaye et de Botloy, à raison du peu de bois dont disposait l'abbaye, donna à prendre leur chauffage dans sa forêt de la Hunaudaye à la valeur de 12 livres par an.

L'abbé Millon alors abbé de Saint Jacut, voyant son abbaye assez célèbre, voulant la faire honorer, envoya au Pape Nicolas V une lettre pour avoir permission de porter crosse et mitre en son abbaye et dans toutes ses dépendances, comme aussy d'y faire solennellement les bénédictions . 

 

    abbaye st jacut

 

     d'après le vicomte Frotier de la Messelière
 

En 1454, les religieux de St Jacut '"ayant remonstré au duc Pierre second, dict le Simple, les grands frais qui leur convenoit faire, allant à Rennes pour les affaires de leur monastère, à raison qu'elles n'estoient sitost décidées, le duc leur donna temps auquel toutes leurs affaires et causes seroient appellées" La charte qu'expédia le duc à Rennes est datée du 22 novembre 1455 

 

  abbaye st jacut 

   

d'après le vicomte Frotier de la Messelière
  

 

Un bail ou arrestement de Saint Malo qu'on nommait l'Abbaye de St Jagu ou la Court de St Jagu , "ceste maison étant immense et n'ayant de quoy la rebastir, ils (les religieux) la donnèrent à un bourgeois de Saint Malo pour la remettre en estat, à condition de payer six livres de rente par an, à la foire de Dinan, rendues au monastère. Ce bail fut faict l'an 1535, mais dès l'an 1538, Louis de St Méloir obtint sentence à Rennes pour ravoir ceste maison sy ceux à qui elle avaoient été données n'aymoient mieux payer par dessus les dix livres, quattre livres monnayes; ce qu'ils firent : car la maison poye encore à l'abbaye, de rente douze livres. Cette maison est à présent une des mieux bâties de St Malo. Elle est entre la rue du Puits au Brais et celle de la rue des Degrez. La rue qui est devant se nomme la Court de St Jagu, à raison que dans cette maison, il y avoit une cour 


En 1569, l'abbé de Saint Jacut fut contraint de vendre certains froments de tentes qui lui appartenaient. C'est également au cours de cette période que les Guémadeuc envisagèrent de "se perpetuer en cette abbaye" pour en disposer à volonté. Robert Harens, abbé du lieu étant mort en 1600, c'est un enfant de dix ans : Louis de Bréhant qui obtint la direction de l'abbaye. En effet son père Anthoine de Bréhant, sieur de la Roche obtint de sa majesté la tête de l'abbaye pour son fils et en prime le poste d'économe pour son frère Jacques de Bréhant, sieur de la Bretesche. Entré le 4 août à son poste, ce dernier se saisit de tous les meubles, grains et revenus de l'abbaye et traita fort mal les religieux. Un procès s'engagea entre les religieux et l'économe, le sieur de la Bretesche fut contraint de réparer l'abbaye, mais il n'en fit rien. Le nouvel abbé Pierre de Francheville s'inquiétera lors de sa nomination à la tête de l'abbaye en 1614 en constatant l'état déplorable des bâtiments. Soutenu par les autres religieux il dû attendre longtemps une aide. La congrégation de Saint Maur essaya de relever l'abbaye de ses ruines. En effet cette congragation se mit en place, à la demande du parlement de Bretagne sous le mandat de Pierre de Francheville. Et comme l'église était extrèmement humide, les terres alentour furent enlevées sur une épaisseur de cinq à six pieds. En 1648,  fut acheté pour la somme de 500 livres de gros bois pour aménager de nouveaux bâtiments afin de recevoir la congrégation de Saint Maur. Un grand corps de logis fut construit, depuisn le logis des Sablons jusqu'à l'église, y fut aménagé un dortoir, une chambre d'hôtes, un réfectoire et un Chapitre..

 

Les abbés de Saint Jacut (suite) 

 

-Frère Louis de Saint Meloir, pourvu en 1559 sur la résignation du précédent, fut bénit le 4 décembre 1569 par Bertrand Marillac, évêque de Rennes. Il se démit en 1584 en faveur de Robert Harens, et mourut le 9 novembre 1592. Il mourut au château de Québriac en 1600.
-Frère Robert Harens, fils de Bertrand Harens et de Thomine Gautier, fit profession de la règle de St Benoît dans l'abbaye de Saint Jacut le 5 mars 1582 et fut pourvu de la même abbaye par le pape Grégoire XIIII, en conséquence de la démission de Louis de Saint Méloir et de la nomination du roi Henri III.

-Louis de Bréhant, fils d'Antoine, sieur de la roche fut en 1600 nommé à l'abbaye de St Jacut par le roi Henri IV. Le pape Clément VIII lui accorda des bulles le 1er mars 1603, à condition que le tiers des revenus de l'abbaye serait employé aux réparations; qu'il prendait les ordrtes sacrés aussitôt qu'il serait en âge de les recevoir et que l'abbaye ne serait donnée dorénavant qu'à des religieux. Il mourut en 1614.

-Pierre de Francheville était recteur de Combourg quand il obtint les bulles de l'abbaye de Saint Jacut le 29 septembre 1616. Il voulut introduire les Bénédictins anglais dans son abbaye; mais le parlement refusa d'enregistrer les lettres patentes qu ces religieux avaient obtenus du rioi, et leur défendit par arrêt du 7 juillet 1643, de prendre aucune abbaye dans la Bretagne. Les démarches que l'abbé fit pour se relever de cet arrêt déterminèrent le parlement à en rendre en 1616 un autre qui ordonne aux Bénédicitins de la congrégation de Saint Maur seront admis dans le monastère de Saint Jacut. Ce dernier arrêt fut exécuté selon sa forme et teneur de 1447, le 29 mars par Dom Germain Morel, prieur de St Melaine. Pierre de Francheville mourut en 1631.
-Louis Hercule de Francheville obtint l'abbaye en commande en 1651, prit possession en 1652, rendit aveu au roi le 29 décembre 1661, et se démit de son abbaye en 1687 pour se marier.
-René Fouquet, aumonier ordinaire du roi, fut nommé et prit possession en 1687. Il mourut le 15 janvier 1706.
-Jean Rousseau d'Aubanie, prieur et chef de l'église collégiale de Brive la Gaillarde, fut nommé à l'abbaye de Saint Jacut le 3 avril 1706. Ses bulles furent expédiées le 14 juin 1707, et fulminées à Dol le 11 septembre de la même année. Il conserva longtemps ce bénéfice, car sa mort n'arriva qu'en 1760
-Yves Alexandre de Marbeuf, né dans le diocèse de Rennes en 1734, fut nommé à l'abbaye de Saint Jacut en 1761, étant déjà chanoine de Lyon et vicaire général de Rouen. Ayant été sacré évêque d'Autun le 12 juillet 1767, il se démit de cette abbaye. Ce prélat devint archevêque de Lyon en 1788 et mourut à Lubeck le 15 avril 1798 âgé de 65 ans.

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-N. de Rays, vicaire général de Tréguier, posséda l'abbaye en commende depuis 1767 jusqu'en 1772.

-Antoine Joseph des Laurents, évêque de Saint Malo, fut abbé commendataire de Saint Jacut après M. de Rays, et la garda jusqu'à sa mort arrivée le 15 ocotbre 1785. L'abbaye fut laissée une année aux économats. Exilé en Angleterre en 1792, il ne rentra en France qu'en 1803. En 1809, il devint inspecteur général de l'Université, puis se retira à Versailles après avoir eu sa retraite en 1824. Il y mourut au commencement de l'année 1826.

  

 

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 12:49

 

  

  f28

 

Les abbés commendataires de Saint Jacut de la Mer

 

-Etienne Millon, prononotaire apostolique, parait avoir été pourvu en commende par le duc François II. Il assista aux Etats tenus à Redon le 23 avril 1476 pour la ratification du traité de Senlis, et il porta la parole au nom des trois Etats. Il mourut en 1498, et fut inhumé dans la chapelle de Saint Vincent, qu'il avait fait construire. Ci dessous la statue de saint Christophe, avec sur son bouclier les armes des Milon de la Ville-Morel (voir aussi page consacrée à cette famille originaire de Broons)
   

    milon cx

 

-Jean, archevêque de Tharse et abbé commandataire de Saint Jacut, rendit aveu en 1498 pour le temporel de son abbaye.-Antoine, cardinal du titre de Sainte Praxède, est indiqué comme commendataire et administrateur perpétuel de Saint Jacut, dans un acte de l'an 1507
-Bernard, cardinal du titre de Sainte Marie in porticu, fut pourvu sur la résignation du précédent, et se démit en 1516
-Frère Jean des Cognets, religieux du monastère, fut d'abord vicaire et procureur du cardinal de Sainte Praxède. Ce dernier étant mort, il fut élu à sa place le 12 mai 1511. Le pape lui suscita un concurrent dans la personne du cardinal de Sainte Marie, à qui il conféra l'abbaye vacante en cour de Rome. Jean se défendit de son mieux; mais enfin il fut débouté de Rome de ses demandes et condamné aux dépens. Son concurrent se démit en 1516 entre les mains du pape Léon X. Ce pontife, en considération de la reine Claude, qui protégeait frère Jean des Cognets, lui conféra l'abbaye par ses bulles du 5 décembre 1516. Frère Jean des Cognets mourut le 24 juin 152, et fut enterré dans la chapelle de la Vierge, où l'on voit encore son tombeau.
-Frère Georges de Guémadeuc, prieur de Hénansal et d'Escoublac, fut élu le 2 août 1540, et obtint ses bulles en 1522, à la recommandation de la reine Claude. Il entra dans les ordres sacrés en 1540, et fut bénit par Jean de Mauni, évêque de Saint Brieuc, en 1546. Soit par infirmité, soit par des motifs de conscience, il se démit en 1559 en faveur de frère Louis de Saint Meloir et mourut en 1568. Au moment où survinrent les Guerres de la Ligue, la famille de Guémadeuc mit les documents en provenance de l'abbaye de Saint Jacut à l'abri, en la paroisse de Québriac, dils ont disparu depuis

 

   f76  

 

1- logis et cour de Mr l'Abbé
2- jardin de Mr l'Abbé
3- chemin de Mr l'Abbé
4- l'Eglise
5- Cloistre
6- Refectoire
7- la cour ancienne
10-jardin
11-vieux logis ruiné
12-batiment avec cave en dessous
13-privé
14-la grande porte
15-porte
16-cimetière.
 

 

    CCI10012013_00002 

 

     Donations et actes divers, suite.

 

1332- ...Philippe, par la grâce de dieu, Roy de France, au baillif de Coustances et vicomte d'Avranches et à leurs lieutenants, salut. A la supplication de l'Abbé et du Convent de St Jagu, affermans eulx douter de plusieurs personnes pour certaines causes; nous vous mandons et à chacun de vous commettons que iceulx religieux avec tous leurs membres, leurs familiers et leurs biens appartenatz à leur église, mettez en nostre protection et sauvegarde à la conservation de leurs droits tant seulement et les tenez et gardez et leurs justes possessions, franchises, libertez, usages et saisines esquelles vous les trouverez estre et leurs prédecesseurs avoir esté paisiblement, et leur faictes asseurement de toutes les personnes dont ils vous requéreront selon la coustume du payz, et les deffendez et les faictes deffendre de toutes injures, tors, oppressions, molester de force d'armes, de connaissance de loys et de toutes nouvelletez indues quelles qu'elles soient, et ne souffrez contre iceulx, leur église, membres, familiers et biens faire aucunes nouvelletez indeues. Lesquelles, si vous trouvez avoir esté faites ou préjudice de nostredite sauvegarde et desdits supplians, si les remectez en esta deu et à nous et auxdicts supplians faire amande convenable, et faictes publier cette sauvegarde par tous les lieux où il sera affaire de raison,  et deffendez et faictes deffendre de par nous à tous ceux de qui vous serez requis, sur la certaine peine à appliquer à nous, que ilz n'efforcent lesdits religieux en leurs personnes, familiers et leurs biens en aucune manière. Pour les choses des susdites plus diligemment executer, députez à leurs dépens un ou plusieurs de noz sergents, si vous en estes requis, lesquelz ne s'entremettent des choses qui requièrent connaissance de cause. Donné à Paris, le XXVe jour de May, l'an de grâce mil CCC trente et dous"

 

Les fermiers receveurs de Dinan menaçaient de molester les dits religieux en 1378, car iceux estans exemps de coustume à la vente de leur bled, leur veullent faire payer. L'Abbaye de St Jacut fit appel au duc Jean IV, lequel envoya une charte datée de l'an 1394, par laquelle il défendait aux fermiers généraux et particuliers de Bretagnede ne prendre aucune "coustume" à la première vente  de leurs "bleds". Une autre lettre ducale fut aussi envoyée à un fermier  nommé Thomassain de Beauchesne.

 

Il semble que tout aussistost que les religieux de Saint Jagu estoient sortis d'affaire, au esme temps, il leur en survenoist une autre, car estant asseurez pour ce qui estoit de leur justice en Penthèvre, voilà que les receveurs de Jugon ne voulurent payer les 8 mines de froment qu'ils devoient sur les moulins de Jugon. Or, afin de savoir pourquoy les religieux recevoient en ce temps et reçoivent encor à présent ladicte rente, il faut sçavoir que le temps passé, les religieux avoient un moulin en Jugon nommé le moulin du Raffrey, lequel leur appartenoit en propre. Mais les ducs de Bretagne se plaisant fort en Jugon, à raison d'un fort beau chasteau qui y estoit et de deux beaux estangs qui sont au bas d'iceluy; ils demandèrent à l'Abbé et Religieux de Saint Jagu ce moulin; ce qui leur fut accordé moyennat qu'ils paieroient par an, sur les moulins dudit Jugon, 8 mines froment, mesure dudit lieu. L'an 1394, les fermiers ayant fait quelque difficulté de payer cette rante à l'Abbaye de Saint-Jagu, les Religieux en firent leur plainte au duc Jean, après lui avoir présenté leurs tiltres d'eschange. Sur quoy, le duc expédia la charte suivante :

 

1394... "Jean, duc de Bretagne, à noz Recepveurs de Jugon, présents et advenir, salut. Religieux hommes, l'Abbé et Convent de Sainct Jagu de l'Isle, de l'Ordre de Saint Benoit, nous ont donné à entendre que jaczoit ce qu'ils aient accoustume avoir et prendre 8 mines de froment sur les revenus de noz moullins du lieu de Jugon à chacune feste de la Pentecote, et que lesdites huict mynes de froment ilz avoient eu d'un de noz prédécesseurs, en retour et compensation de ce que ladite abbaye soulloit avoir un moulin nommé le moullin de Raffrey, jadis assis au bourg neuf dudit lieu de Jugon, et qu'ils eb ont été en saisine et possession depuis le temps de ladite récompensation, jusques naguères que aucuns de noz recepveurs dudit lieu en ont esté en deffault de leur en faire solution et payement, et nous ont supplié que leur voulussions sur ce pourvoir de nostre remède convenable, en les fesant jouir de ladite rente selon le contenu de leurs lettres; lesquelles pour nous informer de la vérité de leur donné à entendre, nous ont exhibé en nostre conseil et par icelles avons trouvé lesditres huicts mynes de froment leur estre deues annuelement audit terme sur nosdits moulins, à la mesure dudit lieu de Jugon, pour le retour et récompensation des susdites. Si vous mandons et commandons et à chascun de vous en son temps que les dites huict mynes de froment vous faictes auxdits Religieux solution et payement plenement par chacun an, comme dessus est dit, sans reffuz ou contradiction quelconque, et rapportant ceste présente ou coppie d'elles avec quictances d'eulx. Ce vous vauldra garant et descharge à chascun de vous quant mestier en aurez donné. En nostre Chastel de l'Ermine, le dernier jours de Mars, l'an mil trois centz quatre vingtz quatorze. Et ce voullons, sauf en toiutres choses réservez nos droits d'héritages, souverainetez et noblesses. Donné comme dessus, ainsi signé par le Duc, Thalastrie. Par le duc en son conseil, présents, nous Guillaume Ederet et autres, et scélé."

Le 18 avril 1564, le problème des 8 mines de froment à prélever sur les moulins de Jugon ressurgiront au point que de nouveau l'abbaye de Saint Jacut présenta une requête au roi Charles IX.

A peine ces problèmes réglés qu'une nouvelle affaire surgissait : cette fois, il s'agissait du seigneur de Mâtignon qui avait fait arrêter les dimes appartenant aux "Religieux de Saint Jagu" en l'île de Saint Cast. Cette fois, c'est Jeanne de Navarre, duchesse de Bretagne, veuve de Jean IV et tutrice du jeune duc Jean V qui fut solicitée par l'abbaye. Une missive fut envoyée en 1400 audit seigneur de Mâtignon. Cette même année les moines de Saint Jacut furent autorisés par le jeune duc Jean V au droit de foire "le jour des Saincts Simon et Jude et le mardi devant la Pentecoste". L'année 1402, c'est le roi Philippe VI de Valois qui autorisait l'abbaye de Saint Jacut à vendre son blé hors du royaume : "à qui bon leur sembleroit" conformément à la décision prise par le duc Jean V.

Précisément en 1405 l'abbé Jean Mensiau obtint de Rome la possibilité de récupérer au nom de son abbaye de St Jacut, tout le bien dont certains particuliers s'étaient illégallement emparé au cours de la guerre de succession de Bretagne. Les menaces d'excommunication et autres peines écclésiastiques incitèrent les contrevenants à restituer à St Jacut l'ensemble de ses possessions. Frère Jean Le Borgne, religieux de St Jacut était parvenu en 1404 à acheter la dixme de Saint Potan nommée la Villemorays, le "traict de Ville Hingant, le traict de la Chapelle Guillaume et une autre appellée le Quartage, pour la somme et le nombre de 420 écus d'or". Ce bien était alors aux mains de Rolland de Jehan, de la paroisse de Saint Germain. 
     

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 12:16

Abbatia Sancti Jacutti

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Abbaye Saint Jacut de l'Îsle

 

   f69  

 

Il est généralement admis que c'est à cet évangéliste nommé Jacut que le lieu qui fait ici l'objet de notre étude doive son émergence. Fragan auquel on attribue le nom de Ploufragan fut un des souverains gallois marié à Gwen. Cet homme pieux vint s'établir vers 465 dans le Goëllo, il fut le père de plusieurs enfants qui se consacèrent à la religion. Ainsi vers l'an 529, l'un d'entre eux : Saint Gwenolé devint le fondateur et le premier abbé de Landévennec. Dans "Vies des pères, martyres et autres principaux saints", Alaban Buttier, Jean-François Godescard et Petrus Franciscus Xaverius De Ram écrivaient à son sujet que Saint Guignolé se consacra dès son enfance à Dieu. Tout comme sa soeur Créirvie, il naquit en Armorique où l'invasion des Saxons avait obligé sa famille de se retirer. Quand à ses deux frères : Guéthenoc et Jacut, regardés comme jumeaux, ils seraient nés vers l'an 560 en Grande Bretagne. Les anciennes chroniques  nous disent qu'après avoir suivi Saint Budoc, tous les deux partirent à la recherche d'un endroit isolé afin d'y fonder un ermitage. Initialement l'endroit qu'ils choisirent se nommait Landouar ou terre de landes, il fut rattaché au diocèse de Dol "Paullo minus antiquum est Sancti Jacuti monasterium, primitus appelatum Sanctaz Mariae de Landovardo, situm in diocesi Dolensi in quodam Armoricae poeninsula, quae lapidum mole Oceani fluctibus objecta, modico terrae spacio jungitur continenti". Cependant Guéthenoc laissa seul son frère Jacut et regagna le domaine paternel sur lequel il fonda les églises de Langueux et Trégueux. La petite colonie pauvre et ignorée aurait reçu la visite de Gradlon Mur, fondateur du royaume de Cornouailles -Korniw, mais comment ce souverain réputé à Quimper à -t-il pu s'occuper de pareille île sur la côte domnonéenne, si éloignée de ses Etats ?  Gradlon Mur donna à Saint Jacut de quoi bâtir une abbaye et une belle église et à partir de ce moment le monastère de l'île de Landouard entra dans une ère de prospérité. Gradlon étant lui même mort vers 405, il est impossible qu'il ait eut rencontre entre ce dernier et St Jacut. Saint Jacut s'éteignit au début du VIème siècle, il fut  inhumé dans son église et fut à l'origine de nombreux miracles. Pourtant, ici comme dans le reste de la Bretagne, les raids barbares qui se produisaient régulièrement le long du littoral mirent l'endroit à sac, au point qu'il fallut le restaurer. Dès lors, il fut fait appel à la générosité des empereurs francs, comme le mentionne Louis Bulteau en 1691 au sujet de l'Ordre de St Benoist

"Les monastères de Saint Maen de Gaël, & de Saint Jacut aiant esté pillez, & brslez en partie pendant les guerres, les Religieux eurent recours à Charlemagne, & après sa mort à Louis le Débonnaire, pour estre maintenus dans la possession de leurs biens, & ils obtinrent là-dessus des lettres qui furent depuis confirmées par un Synode provincial tenu à Redon par l'Archevesque de Tours; & six autres Evesques. Il y a apparence que ce Concile est celui qui fut assemblé dans cette Abbaie l'an 1173". 

Louis le Pieux lors d'une descente répressive en Bretagne en 818, fut amené à rencontrer  l'abbé de Landévennec : Matmonoc. Surpris de découvrir le prélat avec cette tonsure originale, l'empereur franc s'informa des origines de pareilles habitudes et s'entendit répondre que le monastère répondait aux règles dictées par Saint Colomban. Décision fut dè lors prise que cet établissement et celui de Saint Jacut seraient gérés selon les règles de Saint Benoit.

 

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Une fois de plus, l'abbaye fut ravagée quand le déferlement normand toucha au cours des IXème et Xème siècle la Bretagne, et c'est au début de l'an mil qu'il réapparait à travers des actes. Ainsi, Saint Jacut fut dès lors relevée et dirigée par un nommé Hingueten, vivant sous le règne du duc Alain III; il se chargea aussi de rétablir, à la demande des autorités en place, le monastère de Saint Meen de Gaël, pareillement ruiné par les Normands. Il mourut en 1032. Parmi ses successeurs on cite Wihomar, qui assistait aux obsèques de la comtesse de Porhoët morte en 1092, et enterrée dans l'église de Sainte Croix de Josselin. Entre 1075 et 1090, un homme noble, Walter, fils de Trehan Mab, donna à Saint Jacut de nombreuses propriétés entre le Gouessant et le Frémeur, Carrivan en Morieux, et l'Abbaye de Pléhérel. 

 

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  Les autres abbés de Saint Jacut :

 

-Marchen, accompagnait Rivallon, évêque d'Aleth en 1118, lorsque ce prélat se rendit auprès de Geoffroi, vicomte de Porhoët, pour lui administrer les derniers sacrements.

-Guillaume était contemporain de Daniel, évêque de Saint Malo de Baignon, et de Guillaume, abbé de Marmoutier, avec lequel il fait transaction. Ce dernier mourut en 1124.
-Mainon, assista au concile tenu à Rheims en 1131, par le pape Innocent II, et y fit juger le différend qu'il avit avec les religieux de Marmoutier pour la coutume du poisson qu'il vend à Dinan.
-Henri, fut béni par Hugues, archevêque de Dol vers l'an 1159. Il fut confirmer en 1163 par le pape Alexandre III, toutes les donations faites à son monastère. Le même pape lui donna en 1180 commission pour juger le différend que les religieux de la Vieuxville avaient avec G. Gaiplig

"Alexander episcopus, servus servorum Dei, dilectis filiis Henrico, abbati monasterii sti Jacuti de Insula maris, ejusque fratribus tam presentibus quam futuris Desiderium quod ad religiosis, in perpetuam memoriam : Desiderium quod ad religiosis propositum et animarum salutem pertinere monstratur sint aliqua etiam dilatione complendum. Ea propter, dilecti in Domino filii, vestris justis postulationibus clementer annuimus et prefatum monasterium in quo divino mancipati estis, obsequio sub beati Petri et ostra protectione suscipimus et presentes scripti privilegia communimus, in primis siquidem statuentes ut ordo monasticus, qui secundum Deum et beayi Benedicti regulam in vestro monasterii noscitur insittutus, perpetuis ibidem temporibus conservetur. Praeterea quascunque possessiones, quaecunque bona idem monasterium in praesentiarum juste et legitime possidet, aut in futurum, concessione pontificum, largitione regum vel principum, oblatione fidelium sen aliis rationalibus modis, vestro proprio nomine et adeptione firma vobis vestrisque successoribus et illibata permaneant : in quibus haec propriis duximus experimenda vocbulis : Ecclesiam S. Salvatoris de Dinan cum omnibus pertinentiis suis, Ecclesiam S. Mariae de Tremoreuc cum omnibus pernitentiis suis, Ecclesiam S. Cadoci, Ecclesiam S. Seci, quidquidjuris habetis in ecclesia S. Petri de Ploballeio, ecclesiam S. Petroci, ecclesiam S. Petri de Cherchen, quidquid juris habetis in ecclesiam  S. Perti de Corsol, quidquid juris habetis in ecclesiam S. Petri de San Posta, Ecclesiam S. Mariae de Belenré, quidquid juris habetis in ecclesia S. Petrio de Henon, Insulam de S. Castro cum appenditiis suis, terram quae dicitur Meurié in Tref, ecclesiam S. Ylani, quidquid juris habetis in ecclesia S. Numenterii,ecclesiam S. Mauri, locum Meloci cum appenditiis suis, ecclesiam S. Jacuti dde Lelméné, ecclesiam S. Egidii de Tremeldero, ecclesiam S.Trinitatis de Porroit cum omnibus appenditiis, Bodihuc cum omnibus appenditis ecclesiam S.Levinani cum omnibus pertinetiis, ecclesiam de Tremeler, claustrum Briaci cum omnibus appenditis suis, locum S. Yorelli cum appenditis suis, quidquid juris habetis in ecclesiam S. Michealis de Guentonensi, ecclesiam S.Lerhandi, ecclesiam de Botloi, villam Christi de Leguarrio cum omnibus pertinentiis suis, ecclesiam de Penvenna, ecclesiam S.Mariae de Lannion cum omnibus pertinentiis suis, ecclesiam S.Jacuti de Pleistin, duas partes décimae de Lanmur, quidquid juris habetis in ecclesia de Plegano, ecclesiam S. Guingualoci, villaù Christi de Pleiber cum appenditiis suis, ecclesiam S.Margaritae de Islehan et ecclesiam de Lentona cum omnibus supradictorum ecclesiarum pertinentiis. Decernimus ergo ut nulli omnino hominum liceat prefatum monasterium temere pertubre, aut illius possessiones auferre, vel ablatas retinere presumat, seu quibuslibet rationibus fatigare, sed et ipsa bona et vitae reserventur eorum  pro quorum gubernatione et sustentatione concessa sunt usibus omnimodis, profutura salva tamen Sedis Apostolicae authoritate et diocesanorum episcoporum  canonica constitutione. Si ijitur in futurum ecclesiastica seculatisve persona hanc nostrae constitutionis paginam sciens contra eam aemere contraire attemptaverit, secundo, tertiove coomonita, nisi presumptionem sua congrua satisfactione correxerit, potestate honorisque, sui careat dignitate, reamque si divino judicio existere et perpetrata iniquitate cognoscat, ita sacratissimo corpore et sanguine Dei et Domini Redemptoris nostri Jeu Christi aliena fiat et in extremo examine districtae subjaceat ulticioni; cunctis autem eidem loco sua jura servantibus sit pax Domini nostri Jesu Christi quatenus et hic fructum bonae actionbis percipiant et apud destrictum judicem praemia aeternae pacis inveniant. Amen, Amen, Amen, Ego Alexander, Catholicae Ecclesiae episcopus Ego... tituli S. Crucis in Hierusalem, Ego Henricus, Cardinalis tiutli SS. Nerei et Archillei, Ego...tituli S. Anastasiae, Ego Albertus, Cardinalis presbiter tituli S. Laurentii in Lucina, Ego Guillelmus, presbiter Cardinalis tituli S. Petri ad Vincula. Ego Ulbaldus, Hostiensis Episcopus, Ego Bernadus, Portuensis et S. Rufinae episcopus, Ego Gualterius, Albanensis episcopus, Ego Jacintas, diaconus Cardinalis S. Mariae, Ego Oddo, diaconus Cardinalis S. Nicolai in carcere Tulliano,Ego  Ardicio, diaconus Cardinalis S. Theodori, Ego Petrus, diaconus Cardinalis S. Eustachii, juxta templum Agriaae, Ego Raimundus, diaconus Cardinalis S Mariae in Porticu...per manum Hermanni S. Romnanae Ecclesiae subdiaconi et Notarii, II nonas, Junii, indictione XI, Incarnationis dominicae anno M° C° L x III °, Pontificatus vero domini Alexandri Papae III, anno IIII°" .  

-D. accorda en 1201 à Hervé, abbé de Redon, l'usage de la maison de la Trinité en Porhoet pendant sa vie
-Nicolas est désigné abbé de Saint Jacut en l'Ile dans un acte daté de l'an 1210
-Blain scella en 1230 un accord passé entre Juhel de Montfort, seigneur de Plancoët, et les religieux de Saint Aubin des Bois. Il avait été tiré du monastère de Saint Meen, suivant le nécrologue de cette maison.
-Mathieu transigea en 1251 avec Pierre de Chemillé, seigneur de Mortagne et Aliénor de Porhoet son épouse pour une cohue qu'ils voulaient faire sur les terres du prieuré de la Trinité.
-Simon fut nommé en 1266 arbitre du différend que l'évêque de Dol avait avec son chapitre pour le vicariat de Ros. Il ratifia en 1274 un accord entre l'abbé de Saint Melaine et Guillaume Le Noir, chevalier.
-Geoffroy fit unir en 1303 à la chambrerie de son monastère deux prieurés du diocèse de Tréguier, dont les revenus n'étaient pas suffisants pour l'entretien de quatre religieux.

-Guillaume occupait le siège abbatial de St Jacut de l'Ile en 1313
-Eudon était abbé de 1339 et 1349
-Guillaume de Rayes tenait le siège abbatial en 1332 et vivait encore le 23 juin 1390
-Olivier Payen succéda à Guillaume de Rayes en 1387 ou 1390; car il y a de la contradiction entre les actes de son temps, qui paraissent mal datés ou mal copiés. Il vivait encore en 1404.
-Jean Mensiau fut élu en 1405 et mourut en 1447
-Guillaume était abbé de Saint Jacut le mardi après la fête de tous les saints en 1417. Il s'obigea, par acte passé le 17 février 1424, à faire tous les ans un service solennel pour le duc Jean V qui avit déchargé les vassaux de l'abbaye de quelques subsides injutemment établis. Alain IX, vicomte de Rohan lui donna, le 17 février 1438, cent écus d'or pour la célébration d'un anniversaire dans son église. Il obtint du pape Nicolas V la permission d'officier avec la mitre, l'anneau et les autres ornements pontificaux, et vivait encore en 1450. Il en est parlé dans l'accord fait entre l'archevêque de Dol et l'évêque de Dol en 1452.

-Bertrand de Brons fut élu en 1461, et présenta suivant son droit, un sujet à l'évêque por la cure de Saint Jacut, le 6 octobre 1464. Il mourut en 1471, et fut inhuumé dans son église. Le duc fit ensuite défense aux religieux de recevoir aucun abbé son son agrément
    

"Il faut sçavoir qu'ayant trouvé fort peu de choses pour l'histoire de St-Jagu de l'Isle, je n'ay faict qu'un chapitre de ladicte histoire". Ainsi commence le manuscrit de D. Noël Mars, bénédictin de la congrégation de St-Maur, auteur du seul mémoire de quelque étendue qui existe sur St-Jagu de l'Isle de la Mer. En fouillant cependant dans les actes, on découvre les démêlés  qui existaient  entre l'Abbaye de St-Jacut et Marmmoutiers, au sujet des églises de Sancti Machuti de Corseul et de St Sauveur de St Malo de Dinan.

 

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Alexandre III

 

Mais en 1163 une Bulle fut accordée à Saint Jacut par le pape Alexandre III et dès lors on voit que Saint Jacut possède  :

-Evêché de Dol : le prieuré de l'église de Kernitroun Prioratus et cura Beatae Marie de Landmur et de Saint Jacut Vicariatus Beatae Mariae de Landouardo

-Evêché de Saint Malo : les prieurés cures de Saint Sauveur de Dinan, de la Trinité Porhoët (dont le prieuré valait au XVIIème siècle 84 boisseaux de seigle et un tonneau et demi, un juste et boissseau et demi) , les prieurés de St Cadreuc, de St Maure du Bas Plancoët, de la Ste Trinité de Bodieux ou Bohiduc, de St Leau, les églises de St Pierre de Trégon, de Ploubalay, de Corseul et de Créhen, de St Jacut lès Mené, de St Scieux ou Lancieux

-Evêché de St Brieuc : le prieuré cure de St Pierre de Hénansal (L'abbaye de St Jacut devait entretenir à Hénansal deux enfants de choeur et un maître d'école. Les biens de ce prieué était loué en 1698 pour la somme de 620 livres par an, plus la charge de faire célébrer dans l'église de Hénansal, trois messes par semaines.), les  cures de St Pierre, de St Potan, de Pluduno et de St Cast ou Kaa

-Evêché de Tréguier : le prieuré cure de Kermaria an Dro de Lannion

-Angleterre : les prieurés cure de Linthorme et de St Islan..

A cette liste il faut ajouter Locquenvel dont les religieux de St Jacut étaient seigneurs temporels; le prieur de St Leau en Plumieux possédait une haute justice.

    

Quelques donations accordées à l'abbaye de Saint Jacut :

 

-En 1189, Geoffroi, vicomte de Dinan confirme toutes les donations accordées par ses prédecesseurs à ce monastère.

-Denys Goyon qui vivait en l'an 1225 fit de grands biens à l'abbaye de Saint Jacut, fondée par ses ancêtres nous dit Louis Moreri, en réalité les membres de cette puissante famille contribuèrent sans nul doute, par leurs nombreuses donations à l'épanouissement de l'endroit, mais ils n'en furent pas les fondateurs.

-En 1233 ...l'Abbé et Religieux de S. Jagu firent divers achaps de dixmes, entres autres de celles de Créhen, et ce d'un certain Radulphe de Rays, duquel elle "retiendrent" longtemps le nom de Rays.

L'an 1269 ...ils en achetèrent encor d'utres de Guillaume de Rays, frère dudit Radulphe. Sur quoy il faut savoir que la dixme de Créhen se partage, présentement en trois; laquelle ainsi partagée, on la met dans des billets que l'on met dans un chapeau, puis l'on fait tirer à l'aventure pour sçavoir laquelle des parties doit arriver à un chacun. Les premiers qui tirent à présent sont les Religieux de S. Jagu avec le recteur de Créhen, lequel a un tiers du tiers des Religieux. Le second, c'est le sieur de la Roche Jagu, à cause de sa terre de la Touche à la Vache. Le troisième c'est Monsieur l'Abbé de S. Jagu. Or ce dernier tiers se divise en deux parts, l'une pour Monsieur l'Abbé et l'autre, pour certains gentilhommes, desquels elle aretenu le nom des quatre gentilhommes.
-L'an 1274 ...les Religieux de S. Jagu s'unirent de prières avec ceux de l'abbaye du Tronchet
Au commencement du XIVème siècle, les justiciers du Penthièvre molestant les religieux de Saint Jacut à raison "des droicts qu'ilz ont en ce comté, ils eurent recours à Guy de Bretagne, seigneur de Penthèvre, lequel écrivit à son sénéchal, à ce qu'il n'eut à entreprendre sur les droits et privilèges de l'abbaye de Sainct Jagu, ny sur ses dépendances comme pouvez voir par la charte suivante"  :  

-Guy de Bretagne, sire de Penthevre, a nostre sénéchal dudit lieu, salut. Nous vous mandons que vous ne justiciez l'abbé et le couvent de Saint Jagu, ne les autres membres de ladite Abbaye, ne leurs hommes. Donné à Vannes,le jeudy avant midy, l'an mil trois cens soixante dix ouit  *   

 

* Guy de Penthièvre étant mort en 1331, la date marquée ci dessus 1378 est par conséquent fausse

 

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 07:14

 

[Champs de Carnac, vue du hameau de Menec

 

Les alignements de Carnac

 

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Quimperlé

 

Eglise de Carnac

 

Eglise de Carnac

 

 

Donjon du château de brest

 

Donjon du château de Brest

               

 

 Ste Anne d'Auray 

 

Sainte Anne d'Auray

 

Nantes

 

   Nantes

 

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Dinan

 

Rennes

 

Rennes

 

morlaix

 

Morlaix

 

quimper

 

Quimper

 

St Malo

 

Saint Malo

 

 

 

Documents Gallica

      

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 15:12

 


Des tribus belges, situés à l'Est de la Meuse se soulevèrent; ces dissidents : les Eburons sous le commandement de leur chef Ambiorix virent étendre leur révolte jusqu'au pays des Carnutes, puis à celui des Rèmes. En l'an 53 avant J-C, Jules César attaqua les belligérants. Pareille résistance déclancha une réaction similaire dans l'ensemble de la Gaule. Ainsi à Genabum -Orélans, les troupes romaines furent massacrées, puis à 240 kilomètres de là en terre Arvennes  le fils d'un aristocrate du nom de Celtillos prit la tête de la résistance gauloise, la postérité le reconnait sous le nom de Vercingétorix. Chassé de Gergovie pour avoir montré son mépris des Romains, celui ci rassembla des troupes , s'empara de la cité de Gergovie et s'auto-proclamma roi. Bon nombre de tribus du Centre et de l'Ouest de la Gaule vinrent armés afin de lui prêter main forte. Certains historiens considèrent que les Vénètes furent aux abonnés absents, car non remis de la défaite cuisante dont ils avaint fait l'objet, en revanche Coriosolites et Unelles auraient fournis entre 2000 et 3000 hommes. En représaille des soulèvements gaulois, des Romains basés à Cenabum tuèrent près de 40.000 habitants et s'emparèrent de quatre sites défensifs gaulois. Puis, ils se dirigèrent vers la cité de Gergovie située au sommet d'une colline abrupte. Les combats furent acharnés, les Romains perdirent 46 centurions, ce qui était alors considéré comme l'épine dorsale de l'armée romaine. Ils se retirèrent alors vaincus. Même les Eduens, pourtant alliés des Romains se rallièrent à ce jeune chef  Vercingétorix, ils s'emparèrent même de Noviodunum alors site servant au ravitaillement des troupes romaines. Enfin, ce mois de septembre de l'an 52 avant J-C eut lieu l'affrontement final. Vercingétorix et ses hommes se réfugièrent sur la colline fortifiée d'Alésia (ci dessous), dressa le camp tout en attendant Jules Cesar.

 

alesia

 

Bientôt l'armée romaine apparut; mais conscient qu'une attaque frontale serait préjudiciable à ses troupes, Jules César préféra ceinturer Alésia de fortifiations afin de se protéger des troupes gauloises qui commençaient à arriver nombreux dans la plaine proche. Il aménagea dès lors une seconde fortification d'une enceinte estimée à 22.500 mètres. A trois reprises, l'armée gauloise, constituée de près de 250.000 hommes tenta de prendre d'assaut l'enceinte, mais elle resista. Très vite la situation tourna en faveur des troupes romaines, et Vercingetorix ainsi que ses partisans affamés. Emmené à Rome, il y fut emprisonné six ans durant pour être ensuite étranglé en l'an 46 avant J-C devant le Temple de Jupiter. Ainsi se terminait un acte de bravoure.  

 

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 12:53

 

 

 La fin de l'indépendance des peuples celtes

 

La Gaule était morcelée en autant d'états indépendants qu'elle comptait de tribus. Ces tribus occupaient un territoire approximativement semblable à celui d'un département. Chaque tribu avait son roi. Ce souverain issu de la classe guerrière était élu par ses pairs sous le contrôle des druides, en fonction de ses qualités physiques et morales, afin de servir d'intermédiaire entre le druide et le peuple. Tout de blanc vêtu, le roi ne combattait pas, cependant sa présence sur le terrain de bataille était nécessaire pour obtenir victoire. Ce souverain était soumis à énormément d'interdits et d'obligations, et à l'inverse du shéma romain qui avait attribué la puissance au pouvoir politique et restreint l'autorité spirituelle, les Gaulois permettaient au druide de prendre la parole avant le roi. Bientôt, partout en Gaule les rois furent remplacés par des oligarchies ou des magistratures; les Eduens ayant inauguré l'exemple du vergobretus, autrement dit le roi  désigné pour un an seulement. Les cités voisines concluaient bien souvent des traités : les plus faibles se mettaient sous la protection des plus forts; il semble que ce fut  cette démarche qui fut adoptée par les Coriosolites à l'égard de leurs puissants voisins les Vénètes. Hélas il y eut aussi bon nombre de rivalités entre certaines tribus, c'est ce qui se passa entre les Helvètes (Helvetii) et les Eduens (Aedui) en l'an 58  avant J-C

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     gaul_large

 

Une alliance entre les tribus  gauloises comprenant les Allobroges qui occupaient la Vallée du Rhône, les Saluriens du Sud-Est et les Avernes du Massif Central eut pour effet l'attaque du port de Massalia. Ce port fondé par les Grecs est mieux connu aujourd'hui sous le nom de Marseille. Les Romains comprenant le danger que représentait pareil assaut barbare sur la côte Méditerranéenne, intervinrent en l'an 125 avant J-C. Il est vrai que Rome entretenait des liens commerciaux avec cette cité portuaire; la coalistion fut écrasée, et quatre ans plus tard, l'ensemble du sud de la Gaule fut soumis au joug romain. Autrement dit, tout le territoire compris entre le Lac Léman et les Pyrénées. Certes, les Volques établis aux abords du Golfe du Lion remportèrent une victoire sur les Romains en l'an 107 avant J-C, mais cette victoire fut sans suite car trop de divergences opposaient les tribus gauloises. Enfin en l'an 58 avant J-C, les Helvètes décidèrent de quitter leur territoire (actuel Wurtemberg) où ils étaient trop à l'étroit afin de s'en aller s'établir sur les rives de l'Atlantique. Cet épidode ne manqua pas d'inquiéter Rome qui dépécha Jules César et ses troupes. Près de 370.000 migrants furent ainsi repoussés dans le Jura. Puis après cet épisode ce fut l'intervention romaine en Alsace afin de mettre un terme aux menaces germaniques sur le flan Est de la Gaule. Les tribus Belges n'étaient pas dupes de pareil stratagème, aussi décidèrent elles de s'unir contre le conquérant, hélas les Rèmes vivants dans l'actuelle contrée de Rheims trahirent leurs voisins permettant ainsi à Jules César de les vaincre. Il poursuivit du reste son entreprise à travers le Nord de la Gaule avec le même succès. Autant la Provincia comprenant la Provence et la Narbonnaise actuelles étaient définitivement intégrés, autant les autres terroirs allaient se révolter contre la prétention romaine. La soumission de l'Armorique a fait l'objet d'une page sur ce blog, elle se produisit dans le courant de l'été 56 avant J-C. En l'an 55 avant J-C, les légionnaires romains parviendront à s'emparer de l'Aquitaine, puis de l'ïle de Bretagne (carte ci dessous. Des révoltes gauloises se déclencheront au cours de l'an 53 avant J-C, puis de l'an 52 avant J-C, mais en réalité elles n'aboubirent qu'à un ultime et vain sursaut : Gergovie, objet de notre dernière page consacrée à cette période...

 

     

 

   

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 08:33

 

 

Pour Jules César les peuples de la Gaule différaient entre eux par leur langage, mais en réalité les spécialistes considèrent que cette différence était purement dialectale, et qu'en définitive, Gaulois, Belges et Aquitains se comprenaient aisément. la langue gauloise était issue du groupe continental, alors que le groupe brittonique  comprend actuellement le breton, le cornique et le gallois. Les langues du groupe gaëlique comprend le gaélique irlandais, gaélique écossais et le mannois. Voici quelques termes issus de la langue gauloise :
-Chambord cambo ritu : gué courbé
-Brive  briva : pont
-Grèce Grée Gresse gravis : rocailleux
-Quenna, Quenneux, Quinièbre, Quesny, Quesnon cnoco: hauteur
-Dol, Dolaie, Dolo doliacus : méa
ndres

-Melun medianolanus avec variante en breton moëllan : milieux de plaine

-Noë : marécage
-Verdun, Issoudun dunon : hauteur fortifiée, citadelle avec variante bretonne sous la forme din : Dinan, Dinard

Le gaulois était la plus ancienne langue celtique connue. Au moment de sa grande extension, le domaine linguistique continental comprenait approximativement les régions actuelles de la Suisse, de la Belgique et de la Rhénanie; l'Italie du Nord (on y parlait le lépontique), le Nord-Ouest de la péninsule Ibérique (on y parlait le celtibère & le gallaïque), le Sud de l'Allemagne, l'Autriche et l'Ouest de la Hongrie -alors Pannonie (on y parlait le norique) et l'Anatolie -alors Galacie (on y parlait le galate).  

 

    ab 

 

 

La stèle épigraphe de Plumergat  avec sa transcription d'après Gildas Bernier 

vabros a dressé (ceci) aux Pères de la borne (ou du pays) pour Giapos fils de Durnos . 

 

L'étude du gaulois est cependant impossible et pour cause, hormi le brèves inscriptions comme celle figurant ci dessus, cette langue ne disposait d'aucun texte littéraire. Ce qui limite le plus les investigations linguistiques c'est la pauvreté des connaissances syntaxiques et grammaticales. 

Pour conclure ce chapitre consacré à la langue celtique, voici quelques termes gaulois avec leurs équivalents en gallois, en cornique et en breton 

                

-louernos (gaulois) -llwynog  (gallois) -lowarn (cornique) -louarn (breton) : renard  

-tigos (gaulois) -tŷ (gallois) -chi (cornique) -ti (breton) : maison 

-dubos (gaulois) -du  (gallois) -du (cornique) -du (breton) : noir

-mori (gaulois) -y môr (gallois) -mor (cornique) -mor (breton) : mer

-pennos (gaulois) -pennaeth (gallois) -pen (cornique) -pen (breton) : tête

-cottos (gaulois) -hen (gallois) -Coth (cornique) -kozh (breton) : vieux

-melinos (gaulois) -melyn (gallois) -melyn (cornique) -melen (breton) : jaune  

-matos (gaulois) -da (gallois) -da (cornique) -mat (breton) : bon 

-minnos (gaulois) -ychydig o (gallois) -byhan (cornique) -bihan (breton) : petit

-novios (gaulois) - newydd (gallois) -nowyth (cornique) -nevez (breton) : nouveau

-petuor (gaulois) -pedwar (gallois) -peswar (cornique) -peder (breton) : quatre

 

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 12:51

 

 

Après les classes sacerdotale et guerrière, voici la classe laborieuse regroupant les paysans, les marins, les artisans et les commerçants. 

Les Celtes furent d'excellents paysans, bien supérieurs à d'autres peuples antiques. Ils cultivaient les céréales telles que le blé et l'orge, et élevaient des porcs et des moutons. Il semble que la plupart des souterrains découverts dans notre contrée soient liés à cette classe qui se seravaient de ces endroits comme de véritables silos afin d'y stocker la marchandise. La Ville Bécherel au Gouray, Lanjynais à Calorguen sont quelques uns de ces sites. La paysannerie d'alors connaissait la charrue à roue, la herse mais aussi la moissonneuse tractée par un boeuf ou par un cheval comme on le voit ci dessous.       

 

  Moissonneuse 

 

Chaque région avait son type d'habitat particulier, et on pense qu'en Armorique ces constructions étaient de forme rectangulaire aux murs en bois, parfois en torchis, avec une charpente en bois supportant un toit de chaume.

 

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Ces maisons étaient vastes afiin de contenir une grande famille et généralement regroupées en hameau de petit taille. Si les hommes vaquaient aux champs, en revanche aux femmes incombait le broyage du grain, le tissage des vêtements aux couleurs vives, dont il semble que le tartan écossais perpétue la tradition. Maints lieux rappellent leur présence chez nous. Ci dessous des meules gauloises découvertes à Plénée Jugon et Sévignac. 

 

SAM_2992 - Copie

 

brondineuf

 

Ci dessous l'enclos de la Ville Halade en Plénée-Jugon et celui de la Ville Bougault à Sévignac (avec croquis du plan correspondant)    

 

     Enclos de la Ville Halade en Plénée-Jugon

 

    Enclos de la Ville Bougault à Sévignac 

    Enclos de la Ville Bougault à Sévignac   

 

D'après Catherine Bizien Jaglin du centre archéologique d'Aleth

 

De toutes les tribus armoricaines manifestement les Vénètes furent les plus expérimentés en matière maritime. Leurs navires disposaient de carêne assez plate, une proue relevée appropriée à la hauteur des vagues. Entièrement conçus en chêne afin de mieux résister aux tempêtes, ils possédaient des traverses d'un pied d'épaisseur et étaient assujetties à des chevilles de fer de la grosseur d'un pouce; les ancres étaient retenues non par des cordes mais par des chaînes de fer. En guise de voiles ajoute César dans sa description  "des peaux, des cuirs minces et souples parce que le lin manquait ou que son emploi était inconnu".   

 

navire vénète

 

reconstitution d'un navire vénète

 

Incontestablement les orfêvres, les forgerons, les fondeurs étaient très réputés pour leur talent. Les orfèvres étaient très recherchés : des bracelets aux anneaux de bras, des fibules aux pièces de monnaies : tout était magnifiquement ciselé. A Saint Carné un bracelet gaulois en or fut mis à jour en 1868,  

 

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Ailleurs ce sont ces monnaies coriosolites enfouies en divers endroits qui ont été mises à jour : Merdrignac, Broons, Plénée Jugon, Saint Gouéno, Saint Denoual, Penguilly, Hénanbihen, Lamballe, Saint Solen, Jugon, Trébry...

 

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Les monnaies présentaient diverses variations thématiques très stylisées : profil humain comme ci dessus, lyre, cheval ou sanglier. Chaque tribu avait sa propre monnaie sous forme de stratères ou quart  de stratère en billon.  Cependant à ce jour aucune monnaie coriosolite en or n'a été mise à  jour. Tout comme les orfèvres, les forgerons étaient capables de réaliser des armes aussi variées que des poignards, des épées, des casques, lances, boucliers, et autres javelines.

 

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Ils connaissaient aussi l'art de plaquer l'étain et l'argent sur le cuivre. Entendu que ces hommes habitaient un pays où les forêts étaient aussi vastes que nombreuses. En évoquant ces vastes étendues boisées ön suppose à travers ds lieux dits Penhoët ou Pedenhoët (Broons, Langourla...) que l'antique forêt de Paimpont dite de Brocéliande s'étirait beaucoup plus en sa partie nord, et laisse supposer que la forêt de Boquen pour partie en Plénée et au Gouray, le bois de Couëllan en Langourla, les bois des Touchelles du Margaro et de Bougneuf en Rouillac,  le bois de la Crânne en Sévignac, celui de Broons, de Plumaugat, de Caulnes,  de Couëllan et de l'Impérant en Guitté et Médréac sont les restes de cette forêt antique. Les hommes de l'Âge du Fer devenaient autant de bûcherons, charpentiers, tonneliers et charrons. Outre toutes ces techniques évoquées, les Gaulois se manifestaient à travers la cordonnerie, le tissage des braies et des soies,  la confection des matelas de laine, la verrerie, la porterie et la maçonnerie. Du point de vue commercial, les échanges se pratiquaient surtout par voies maritimes ou fluviales, et se destinaitent essenciellement avec les Îles Brittaniques et le Bassin Méditerranéen. Il y avait aussi des chemins antiques qui permettaient l'acheminement des denrées convoitées. L'Armorique, comme le reste de la Gaule disposait de richesses qu'elle distribuait. Elle exportait de l'étain, du sel, des céréales, et importait des amphores grecs, du sel, de l'ambre et du vin. Diodore de Sicile écrivait au sujet du vin : "les qualités du climat étant gâtées par un froid excessif, la terre (en Gaule) ne produit ni vin, ni huile; c'est pourquoi les Gaulois privés de ces fruits composent un breuvage à base d'orge qu'ils appellent "zytos" ce qui signifie bière, ils lavent aussi les rayons de miel, et boivent le liquide obtenu. Leur amour du vin est extrême, ils étanchent leur soif avec un vin pur, importé par les marchands. Leur penchant les pousse à le boire avidement et quand ils sont ivres, ils tombent dans la stupeur, ou deviennent fous-furieux. C'est pourquoi les marchands italiens, réputés pour leur goût du lucre sont nombreux à considérer comme un véritable pactole l'amour que les Gaulois portent au vin. Ils transportent le vin par bateau sur les rivières navigables et par chariots à travers les plaines, et en retirent un bénéfice incroyable : pour une jarre de vin ils reçoivent en échange un esclave".

 

 

     casque

 

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 07:08

En définitive, les Celtes étaient de terrifiants guerriers à l'allure sauvage, que même le tonnerre n'effrayait pas ! S'ils n'étaient pas disciplinés au combat, en revanche deux atouts leur permettaient d'affirmer leur suprêmacie sur les autres peuples de l'Antiquité : 

1°  la maîtrise du fer

2° l'utilisation intensive du cheval.

 

    Hallstatt_culture 
 

La maîtrise du fer coïncide avec l'expension des Celtes à travers l'Europe, cette progression se fera en deux étapes : l'une dite de Hallstatt l'autre dite de la Tène. Cette première période dite de Hallstatt emprunte son nom à la localité autrichienne où fut découvert un site occupé par les Celtes vers le Xème siècle avant J-C, c'est à dire à la fin de l'Âge du Bronze. Voir ci dessous le berceau de la civilisation celte et le cimetière découvert à Hallstatt.

 

       471px-Hallstatt_culture_ramsauer

 

  d'après document Wikipédia

 

La seconde période dite de la Tène en rapport à la localité helvétique est estimée dater du VIème siècle avant J-C, elle coïncide avec l'apparition des premières tribus celtes sur notre terroir. Ci dessous une statue de barde découverte à Paule -localité située entre Carhaix et Rostrenen.

 

     MUSEBR~1

 

Les Celtes ont façonné des armes redoutables à partir du fer, minerai très présent ici à travers des lieux tels Mérillac, Langourla, Rouillac...Afin d'actionner les bas fourneaux, des hectares de forêt seront sacrifiés. D'un point de vue défensif, les Coriosolites qui étaient établis sur notre terroir disposaient d'oppida. Autrement dit des points élevés couvrant une superficie minimum de quinze hectares servant de refuge public. Le site de Pledran en Pléran évoqué dans les pages consacrées aux invasion normandes était un de ces lieux, on évoque aussi d'autres endroits succeptibles d'avoir rempli pareil rôle : Montafilant en Corseul, le Châtelier en la Vicomté sur Rance, et la pointe d'Erquy.

 

EPERON BARRE

 

la pointe du Châtelier en la Vicomté sur Rance

 

Ces hommes étaient aussi capables de modeler des harnais et de fabriquer des chars à deux roues, devenant ainsi des ennemis redoutables dont les expéditions guerrières étaient foudroyantes. En guise de trophée, lorsqu'ils rentraient vainqueurs ils ornaient leurs chars des têtes de leurs ennemis tués. Grâce à de tels atouts, les Celtes se répandirent bientôt dans la vallée du Pô et semèrent la terreur au coeur des territoires etrusques et romains. Vers l'an 390 sous la conduite d'un chef nommé Brennus, ils s'emparèrent de Rome, l'incendiaire et obligèrent les habitants à verser rançon sous forme de mille livres d'or. Poursuivant leur périple ils auraient ensuite déferlé sur la Grèce et ravagé Delphes. Cent ans plus tard ils s'établirent en Asie Mineure et y fondèrent la Galacie. Mais après cette période de splendeur, la civilisation celtique s'émietta peu à peu,  des conflits frontaliers les opposèrent aux Germains puis aux Romains. Les rivalités incessantes entre ces diverses tribus celtes, le désordre dont elles faisaient preuve sur le champ de bataille permirent à Rome d'envisager la conquête d'abord de la Gaule puis de l'ïle de Bretagne, l'Empire Romain allait mettre un terme à cette civilisation...

 

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 18:21

 

 

Outre la classe sacerdotale, la société celtique comprenait aussi la catégorie guerrière qui regroupait la noblesse héréditaire et initiatique

 

  gaulois_mourant 

 
Galate mourant d'après un original grec commandé entre 230 et 220 avant J-C

 

Les guerriers. L'assemblée de ces nobles comprenait une majorité de propriétaires terriens, administrant les affaires publiques et pratiquant le métier des armes afin de protéger les paysans, les artisans, et les chevaliers de rang inférieur. Hommes de savoir, ils dispensaient des largesses à leur entourage. Des écrits anciens nous apprennent que le festin était au centre de leur vie; l'occasion pour les membres de la communauté de se rassembler afin de réaffirmer leur unité. Chaque tribu était dirigée par un roi. Il était du ressort du roi,  chaque tribu ayant le sien, de pourvoir largement aux besoins de ses guerriers. Parfois, un vaste enclos carré était construit pour la circonstance, à l'intérieur des boissons coûteuses et alcoolisées étaient préparées. Ces boissons étaient composées généralement de vin importé d'Italie, de la korma, bière à  base de miel et de froment et de la courvoise -autre sorte de bière. Les mets préparés étaient variés, toutefois le porc était des plus apprécié sous forme de grillade, de viande bouillie ou de forme de charcuterie. Alors le repas était prêt, les participants s'asseyaient en cercle, et au centre prenait place le chef. Derrière le premier cercle s'installaient les porteurs de boucliers, enfin les porteurs de lance se disposaient de la même manière sur le côté opposé. Au cours du repas, le chef servait lui même ses convives, réservant les meilleurs morceaux à celui qui avait été le plus brave. Les hommes au combat :  "Une fois que les armées sont en position de combat, ils ont coutume de s'avancer hors des rangs et de provoquer un combat singulier, les plus braves de leurs adversaires tout en brandissant leurs armes pour frapper l'ennemi de terreur. Et lorsqu'un  champion accepte le défi, ils récitent à haute voix les prouesses de leurs ancêtres, proclammant leur propre bravoure, tout en insultant et dénigrant leur adversaire, essayant en un mot de le décourager à l'avance".  

        

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