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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 16:30

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 15:02

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 19:39

 

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 19:22

 

En consultant le registre paroissial de Mégrit pour l'année 1694, on constate beaucoup de décès d'enfants :

 

-Julienne Symon décédée en bas-âge le 12 mai 1694

-Julien Noël décédé en bas-âge le 2 juin 1694

-Jan Raboisnel décédé en bas-âge le 8 juin 1694

-Julien Noël décédé en bas-âge le 2 juin 1694

-Julienne Salmon décédée en bas-âge le 16 juillet 1694

-Janne Réhault décédée en bas-âge le 16 juillet 1694

-Julien Réhault décédé en bas-âge le 28 juillet 1694  

-François Botrel décédé en bas-âge le 12 août 1694

- Janne Huet décédée en bas-âge le 4 septembre 1694

-Louise Salmon décédée en bas-âge le 8 septembre 1694

-Julien Pogon décédé en bas-âge le 13 septembre 1694

-Jan de la Motte  décédé en bas-âge le 14 octobre 1694

-Jan Poinsu décédé en bas-âge le 23 octobre 1694

-Janne Letexier décédée en bas-âge le 6 novembre 1694

-Julien Lemestayer décédée en bas-âge le 10 novembre 1694

-Janne Richart décédée en bas-âge le 10 novembre 1694

-Perrine Hermelin décédée en bas-âge le 16 novembre 1694

-Jacquemine Robert décédée en bas-âge le 2 décembre 1694

-François Labbé décédé en bas-âge le 20 décembre 1694

 

On peut d'ailleurs lire à maintes reprises dans les registres de Mégrit  au début du XVIIIème siècle "baptisé à la maison, crainte d'accident"

 

Quergu dame du Bois Gerbault. Ledit messire Jan René né le 26 juillet 1694

 

 

Le 3 juin 1702 en l'église de Mégrit et après avoir obtenu une dispense papale, missire Costuas célèbre en l'église de Mégrit l'union de écuyer René de la Motte de la paroisse de Trémeur et damoiselle Louise de Halna, dame de la Roselais et fille de noble homme Jacques de Halna sieur de la Rivière. Ce dernier est présent à la cérémonie ainsi que messire Charles Pierre Poulain, damoiselle de Forsan et dame de Vauvert. Parmi les signataires : Jan Poulain, Anne Roze de Forsan,Marguerite de la Vallée, Claude de la Bouëssière, Mathurine Françoise de la Motte, Bertranne de Fontlebon. Ci dessous mention de la dispense en Cour de Rome. Ecuyer René de la Motte de la paroisse de Trémeur et damoiselle Louise de Halna, sieur et dame des Portes eurent un fils Jacques François né en 1703 ainsi qu'une fille : Perrine, décédée en bas âge le 15 mars 1710.  Les parents de l'enfant étaient seigneur et dame de Vauvert en la paroisse de Lescouët. Alain Bonin seigneur de la Ville Bouquet était originaire de la paroisse de  Tregranteur dans le Morbihan, marié à  Marie Rose de la Bigotière de Perchambault, il s'éteignit en 1745.  La marraine de l'enfant est titrée dame du Bois-Gerbault, lieu situé en  Ruca.

 

 

Quelques professions :

 

Julien Rault, laboureur en 1700 

Jan Juhel, cordonnier en 1700

Julien Jamin, tailleur d'habits en 1700

Jacques Rolland, domestique en 1700 

François Couplière, maître d'école en 1701 

René Goudelin, maréchal en 1701

Janne David, matronne en 1702 

Janne Poinsu, matronne en 1703 (qualifiée de sage femme) 

Louise Lemétaier , sage femme en 1707


 

Françoise fille illégitime de Catherine Bourgerie avoüée à un passant au rapport de  Jan Pertuiset chez qui la ditte Bourgerie a accouché est née le 19 avril 1703 a esté baptisée le 20 dans l'église de Mégit  par moy le soussigné quoyque la mère ne soit de cette paroisse mais la croyant en péril de mort  et que ledit Pertuiset a déclaré en répondre Je lui ay administré  le st sacrement de baptême...


 

Adrienne de Vauvert décédée dans la communion des fidelles le 1 novembre 1708 Inhumée le lendemain dans l'église de Megrit par le soussigné sous une des tombes proches de l'autel Ste Anne presens Jullien Lebret Françoise Lebret Bertrand Reuxe 


 

Claudine du Panier enfant trouvé sous le chapiteau de l'église de Mégrit dans un pannier ce matin 5e febvrier 1713 jour de st dimanche fut baptisée par moy sous signé le dit jour et an et fut parain Guillaume Cloüet et Perrine Agant la maraine presence de toute la paroisse ayant dénoncé au peuple de le faire nourrir en attendant qu'on se pourvoiroit en Conseil. Signature L : Roustin 


 

Jullien fils illégitime de illégitime de Renée Hesry laquelle ayant accouché chez  René Colleu et chez Mathurine Petit sa femme  a déclaré ne sçavoir qui en estoit le père suivant la déclaration de la ditte Mathurine Petit qui nous l'a présenté pour estre baptisé et est né (le) 18 avril 1713... 


 

Le 25 novembre 1714 sont publiées les promesses de mariage entre Jean Geslin, seigneur de la Ville Neuve de la paroisse de Plelo et demoiselle Renée Tranchant , dame de Levinays, fille de maître  François René Tranchant et dame Jeanne de la Vallée. Leur union aura lieu le 28 novembre 1714 avec l'accord de Monseigneur Louis de Fretat de Boissieux alors évêque de Saint Brieuc et donné comme conseiller du roi. Respectivement âgés de 27 ou 28 ans, leur union a lieu en l'église de Mégrit en présence de Messire Louis Gourdel, seigneur de Kersallio, damoiselle Margueritte Louise de la Vallée, dame dudit lieu, tante de l'épouse, Messire Jean Baptiste de Quergu, seigneur de Boisgerbault, Anne Rose de Forsanz, Alain des Coignetz, et plusieurs autres. 


 

La bénédiction d'une chapelle

 

Le dixiesme novembre mil sept cent vingt six la chapelle de Nostre dame du salut fut bastie par Messire Michel Halna sieur du Chesnay et dame Françoise Louise Chauvel son épouse, béniste par nou soussigné avec la permission de Mgr Vincent François Desmaret le jour et an que dessus. Signatures : F :Courté sr rctr de Mégrit Buart curé René Clouet prestre


 

-Noble homme Julien Lucas, sieur de la Bezardaye de la paroisse de Quévert et damoiselle Perinne Decoupeaux de la paroisse de Mégrit, le 24 octobre 1730


 

-Gabriel Judes de la paroisse de Guenroc, éveché de Dol agé d'environ cinquante cinq ans, étant décédé subitement dans l'abbaye de Beaulieu le 28 avril 1728 fut inhumé dans l'église de ladite abbaye le lendemain


 

-Alexandre Charles Célestin d'Espinay fils de Messire Charles d'Espinay, comte d'Espinay et de dame Céleste Gaultier dame de la Boullaye agé d'environ dix huit mois fut inhumé dans cette église le 13 me avril 1729


 

-Julien Gautier, Chevalier de la Boullaye agé d'environ quarante deux ans fut inhumé sous le banc de Pargat le 4me febvrier 1730 en présence de Messieurs de la Touraudaye, du Chesnay, de la Roche et plusieurs autres. (avait épousé dame Marianne Le Page, leur fils Céleste Anne fut baptisé le 12 janvier 1728 et reçut pour parrain Messire Anne Nicolas Botrel, chevalier seigneur de la Bretonnière, gouverneur des ville et château de Dinan et pour marraine dame Céleste Gaultier, dame comtesse d'Espinay)


 

Beaucoup d'enfants originaires de Dinan étaient placés en nourrice à Mégrit :


 

-Jeanne Pasquet fille de Ollivier et Julienne Genian de la paroisse de Saint Sauveur de Dinan, citée en 1724


 

-Jean Ralay, enfant de la paroisse de Saint Malo Dinan, cité en 1724 


 

-Françoise Tauré de la paroisse de Saint Malo de Dinan, cité en 1729


 

-Jacques fils de Mre Jean feuillet et de Charlotte Carée de la paroisse de Saint Malo de Dinan, cité en 1730


 

-Noëlle Marqué fille de Mathieu et de Marie Rouxel de la paroisse de Saint Malo de Dinan, cité en 1731


 

-Jean Marie fils Baptiste et Michelle Le Marquis de la paroisse de Saint Malo de Dinan, cité en 1731


 

-Jullien Verrot, fils de Jean et de Jacquemine Soquet de la paroisse de Saint Sauveur de Dinan, cité en 1731


 

Le 22 me may 1730 Il nous a été présenté un enfant par Jullien Botrel et Louise Benoist qui nous ont déclaré que cet enfant appartenoit à une femme qui se nommoit Jeanne Le Breton de la paroisse de Quedillac veuve de Guillaume Grison mort à son rapport à la st Michel dernière laquelle femme avoit accouché dudit enfant dans la maison de Guillaume Rondel aux Vaulx, la nuit passée, je lui ai donné e le dit jour et an que dessus les Sacrements de baptême et les dits Jullien Botrel et Louise Benoist ont servi de parrain et marainne

 

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 12:29

 

 

Soubz signé noble et discret Guillaume Cadier, recteur de Lamballe Sr de la Couronne certifie avoir administré la bénédiction nuptialle en l'Eglise parochalle (paroissiale) de Mégrit à  Messire Charles des Coignetz S(eig)n(eu)r de la Villeroger & damoiselle Marie de Quergu dame des Vaulx en la presence de damoiselle Marie Cadier mère de la ditte de Quergu, dame douairière des Vaulx Monsieur de L'Hospital frère dudit Epoux, Mons. de Couroust, Mons. du Boisgerbault,  dom Yves Salmon, le vingt cinquiesme jour deu mois de juin mil six cent cinquante huit

 

Soubz signé certifie avoir administré la bénédiction nuptialle dans l'Eglise de Mégrit, noble et discret Jacques Bedel sieur de St Gilles, prestre de la paroisse de St Postan evesché de St Brieuc à escuyer Louys de Launay sieur du Boys Lucas de la paroisse de St Cast et damoiselle Françoyse Egant dame du Grand Ferré paroisse de Mégrit.  Presans dom Vincent Hingant damoiselle Janne de Sainct Meloir  sa mère d'escuyer Jacques Gouyon, sieur de la Demi Ville et sa compaigne, damoiselle Anne Egant, dame des Hautières,  sa soeur et plusieurs autres le dimanche cinquiesme jour de juillet mille six cen(t) cinquante et neuf 

 

Ce jour troisiesme de febvrier mil six centz soixante Les Bénédictions nuptialles ont esté données par Mg prieur Recteur de la paroisse de Mégrit en l'Eglise paroissiale d'ici lieu à  escuyer Claude de Brehand sieur de la Villehatte et de la Renaudière et damois. Jullienne de la Vallée, ma parouaissienne 

      

On note également les mariages de :

     

-haut et puissant Pierre Louvel seigneur de Fourneaux de Guelle et de Beaumanoir & de Suzanne du Rocher dame de Quengo ce 20 avril 1662 

 

-Noble homme Maistre Jacques Lorio Avocat en parlement décédé le 3me janvier 1724 agé d'environ 62 ans fut inhumé le lendemain sous la sepulture de Bonan en présence des témoins  Jean Le Moine prestre Jean Lohier G. Dupuis   

 

 

 

 

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 12:43

 

 

C'est au sein d'une vieille famille aristocratique de Saint Igneuc que naquit Maurice Halna du Fretay ce 8 mai 1920 au manoir de Ranléon. Il étudia au collège de Dinan et très tôt,  à l'âge de 18 ans, après s'être fait inscrire à l'aérodrome de Dinan,  il décrocha un brevet de pilotage  et fit l'acquisition d'un petit appareil de tourisme tchèque : un  zlin XII. Tandis qu'il poursuivait ses études de Droit à la Faculté de Rennes, la guerre éclata. Pour avoir séjourné en Allemagne adolescent lors d'une visite touristique, il ne fut guère surpris par la tournure des événements. L'occupation allemande qui se produisit sur une vaste partie de l'Europe. Il avait souhaité prendre part au combat, mais il était trop jeune. Il remonta ce petit avion, et le 15 novembre 1940, après avoir fait ses adieux aux siens, il quitta Saint Igneuc emportant avec lui les relevés côtiers d'un des pionniers de la résistance dinnanaise : l'abbé Barré. Après 90 minutes de vol, il atterrissait en Angleterre, où s'était réfugié une partie de la Résistance.  Il aura l'occasion à de multiples reprises de survoler la Manche, ce qui lui vaudra d'être décoré de la croix de la Libération le 1er février 1940. En écoutant les ondes de la BBC, alors interdite ici, sa famille entendra à deux reprises l'être cher.  Un personnage plein de dignité qui avait décidé  pourtant très jeune  : à tout plutôt que de donner ses bras aux occupants et à devenir leur esclave. C'est le 19  août 1942 au cours d'un raid aérien de la RAF (royal air force dont Halna du Fretay était pilote) sur Dieppe que l'avion de  ce dernier sera abbatu et qu'il disparaitra en mer âgé de 22 ans.  Sur la carlingue du Hurricane qu'il pilotait était inscrit en breton "Breiz dalc'h mad" -tient bon Bretagne et "Kentoc'h mervel" plutôt mourir (la devise bretonne  Kentoc'h mervel  bezañ saotret - plutôt mourir qu'être souillé). Ce n'est qu'à la Libération que sa famille apprendra sa disparition. (notes laissées par Marcel Brexel dans son ouvrage : "Si Jugon m'était conté..." -édition Club 35.  Maurice Halna du Fretay   sera décoré de l'Ordre de la Libération à titre posthume. 

 

 

 Ceux qui fréquentaient notre contrée au cours des années soixante dix se souviennent très certainement d'un dénommé tonton la frite, il arpentait chaque commune  les dimanches quand il y avait bals, et y vendait frites et autres sandwichs. Lui aussi a passé la fin de sa vie aux alentours de Jugon, j'ai eu l'occasion de le rencontrer à Tramain, mais à cette époque, encore adolescent, jamais je n'aurai imaginé qu'il fit partie de ces figures prédominantes de la Résistance. Si quelqu'un pouvait me donner un peu plus de renseignements sur lui...

 

 

 

16 victimes sont tombées dans cette première fosse, et ci dessous 15 victimes dans la seconde fosse.

 

 

 

Quelques monuments ici et là rappellent ces tristes tragédies, ainsi au bois de Boudan à Plestan au bord de l'ancienne  nationale 12 Paris-Brest, le 13 juin 1944 la Gestapo et la Feldendarmerie de Saint Brieuc abattent treize victimes pris en otages à Duault, Callac et Maël-Carhaix. Au nombre des victimes douze Nord Africains.   

 

 

Anne Marie Orveillon, née Gouvary, épicière à Jugon, reconnue en 2009 "Juste parmi les Nations" pour avoir protégé au cours de l'occupation Roland Moryoussef. Elle naquit le 29 janvier 1880 et mourut le 30 août 1964.

 

 

 

 

Ci dessus à Lescouët Jugon d'autres victimes

 

 

  Ci dessus, cliché de gauche :  à Saint Vran d'autres victimes :

 

Jean Joubin 1893-1944

 

Eugène Moulin 1900-1944

     

   Ci dessus, cliché de droite : Yvignac :Roger Trohiard

 

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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 18:21

C'est le 16 mai 1881 après quatre ans de travaux que monseigneur David, évêque de Saint Brieuc et de Tréguier, vint à Rouillac afin de procéder à la consécration au culte de l'édifice néo-gothique. Les précieuses notes laissées par l'abbé Préauchat nous fournisse plein de détails :

 

Les biens communaux sont vendus un bon prix grâce à un marchand de terre nommé Jourdain. Le plan est dressé par mr Angier Architecte l'entreprise est confiée à mr Leforestier qui avait déjà construit l'église de Langourla et la pierre principale de l'édifice porte la date de 1877. Les travaux marchèrent assez vite et au bout de 2 ans tirèrent la population de l'église provisoire couverte en paille et construite dans le jardin du presbytère -le fournil du recteur servit de sacristie

 

 Ameublement

 

La coque de l'église avait été construite aux frais des biens communaux 82 000 mais le bois pour la charpente fourni par les paroissiens l'ameublement intérieur incombait à la Fabrique dont les ressources étaient bien modestes M. Goubin aidé de M. Martin son bien aimé vicaire quêtèrent et réussirent à obtenir quelques recours. Aussitôt on se mit à l'oeuvre. Voici quelques uns des objets acquis avec leur prix... Vitrerie 500 francs...

 

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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 13:35

 

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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 07:55

Autre témoignage précieux de monsieur Magdelaine, les anecdotes concernant son grand père, Eugène Calmay.

 

 

Eugène Calmay

 

Embarqué pour Terre-neuve (avant ou juste après son service militaire ?), sans avoir probablement vu la mer auparavant. Au cours de ses campagnes, il lui arriva de se perdre en mer avec son compagnon de doris pendant 3 jours de brume épaisse. Ce qui sans doute lui ôta le goût de recommencer. Il s’engagea comme commis de ferme à Plouer sur Rance et épousa une fille du propriétaire qui l‘avait embauché. Plus tard, devenu officiellement « employé de commerce », c’est-à-dire livreur de cidre et de vin à Dinan, il se fit remarquer par sa force qui apparaissait comme exceptionnelle. Ses mains, disait ma mère, étaient de vrais battoirs. Il était en effet capable de soulever et porter seul une barrique (220 litres, plus le poids du fût) de sa voiture à cheval jusqu’au cellier du cafetier. A l’époque où la force physique passait pour un atout majeur, sa réputation fut largement répandue, notamment à Sévignac. Tout enfant, j’ai été bercé par le récit de ses exploits que me racontaient bien des anciens aujourd’hui disparus, tels qu’Eugène Guyot du Traversin, ou le facteur Rouvrais qui recueillait, de par son métier itinérant, tous les faits saillants qui faisaient le tour des fermes et de la commune. Quand il arrivait au bourg de Sévignac pour procéder à ses livraisons, les témoins de son arrivée s’attroupaient autour de lui devant l’entrée du café pour assister à la scène. Selon l’ancien tenancier de l’établissement, actuellement appelé «Le paradis», qui m’en a directement fait le récit il y a quelques années, mon grand père demandait au patron où il voulait que soit portée la (ou les) barrique. Réponse : «tu montes les marches, tu traverses la salle du bistrot et tu la mets au fond de la cour où se trouve la réserve ». Et tous les yeux de ne rien perdre de la manœuvre. Ci dessous la Ville es  Bougault  

 

 

Gazé pendant la guerre 14-18, il perdit à son retour sa femme emportée par la grippe espagnole. Il éleva seul ses trois enfants, Hélène, Marcel, Eugène et mourut d’un cancer du pylore. Son agonie fut interminable. « Il a un cœur trop solide qui mettra du temps à céder » avait dit le médecin.

 

 

Le Bec Salé à Pengly 

 

Marie-Ange Calmay

 

Marie-Ange Calmay, le frère cadet de mon grand père Eugène Calmay, n’était pas en reste et devint vite lui aussi une figure légendaire que les anciens me décrivaient avec une admiration visible… et communicative. Ce jeune frère excellait à la lutte et aux confrontations avec les plus renommés de Sévignac en la matière. Que ce soit au Bec salé (Pengly), au bourg ou à Broons, il sortait toujours victorieux de ces joutes.

A Broons, il se trouvait un jour au café (actuellement appelé « Au fer à cheval » et situé sur la place Du Guesclin), où il conversait à une petite table avec un compère. Soudain, une rumeur de chants et de cris parvint de la place. Un groupe de 4 ou 5 conscrits promus « bons pour le service » et décidés à faire fête, firent une irruption bruyante dans la salle du bistrot. L’un d’eux, dominant les autres de sa taille et de sa corpulence, chantait à tue-tête « C’est moi le plus grand, c’est moi le plus beau, c’est moi qui porte le drapeau ! » Marie-Ange, qui n’entendait plus guère ce que son vis-à-vis lui disait, leur demanda de baisser le ton. Les conscrits n’en tinrent aucun compte et renchérirent de plus belle. Marie-Ange abattit sa main sur la table dans un geste d’agacement mais aussi d’avertissement et se leva. Il se précipita sur le meneur qui continuait à s’égosiller, lui arracha le drapeau des mains, fit valser à travers la porte l’emblème de l’orgueil viril et empoigna le porte drapeau, puis les autres. Il les souleva de terre, les uns après les autres et les jeta dehors. Ils s’éclipsèrent sans demander leur reste… Marie-Ange et son compère reprirent calmement leur conversation.Des conscrits de Sévignac au début du XIXème siècle posent devant le café Plessix, l'un des jours de viole pourrait être Félix Gaigier

 

Marie-Ange Calmay aimait sans doute les défis et les affrontements à la lutte mais tous les « historiens » de ses hauts faits s’accordent à dire qu’il ne s’agissait jamais d’agressivité ou de violence mais de confrontations purement pacifiques. Un jour, il eut vent qu’un autre fier à bras gagnait dans le pays une réputation qui rivalisait avec la sienne. Mais cet autre-là était lui-même intrigué par la notoriété d’un challenger possible qu’il n’était pas question d’ignorer. Cet autre-là, peut-être comme un Don Camillo breton, n’était ni plus ni moins que le recteur de Trémeur ! Il vint de lui-même au-devant de son rival en se rendant à la Ville-ès-Bougault. Que se passa-t-il ? A tour de rôle, deux paires de bras solides et de reins à toute épreuve s’emparèrent des fardeaux les plus lourds qui se trouvaient à leur vue afin de les soulever : essieux de charrettes réformés, blocs de pierre, souches d’arbres (remake des jeux celtiques encore en vogue de nos jours ?). A chaque fois, Marie-Ange prenait l’avantage. Le recteur ne se résignait pas à avoir le dessous. Ils passèrent alors à la lutte mais ce gour en gallo dura le temps d’un éclair. Une soutane, avec un homme dedans,tournoya dans l’air et toucha le sol des épaules. Le recteur comprit sans doute que les anges n’étaient pas de son côté cette fois-ci. Et il repartit vers ses ouailles après avoir donné une fraternelle et vigoureuse poignée de main à son vainqueur. Marie-Ange avait une agilité à toute épreuve. On m’a raconté aussi qu’il grimpait à la cime des arbres que des bûcherons s’apprêtaient à faire tomber d’un dernier coup de hache… Et chutait avec l’arbre pour se recueillir au sol, entre les branches, avec une souplesse et une vivacité d’acrobate. Enfin, il aimait le vélo, peu courant à l’époque et peu praticable en, dehors de quelques routes empierrées du pays. C’est ainsi, selon le livre « Sévignac. A travers les âges » (p72) qu’à l’occasion de la fête de Du Guesclin à Broons, le 1er septembre 1904, un « monsieur Calmé de Sévignac » eut « le premier prix de course de bicyclette ». Il est vraisemblable, voire certain, que c’était lui (en 1904, il avait 19 ans). Je n’ai pas eu témoignage de cette course mais on m’a raconté cependant qu’il aimait s’accrocher de la main à l’arrière des camions et qu’un jour, dans un virage plutôt raide, il partit dans le décor. Mais ce chat élastique ne se fit aucun mal. Plus tard, Marie-Ange Calmay partit chercher un avenir à Paris et revint mourir à la Ville-ès-Bougault, à 27 ans, du tétanos causé par une mauvaise blessure. Agité par des contractions musculaires violentes, il ne pouvait tenir dans un lit et fut allongé sur de la paille à même le sol de terre battue. On dut retenir ses soubresauts en attachant des poids à ses quatre membres. Mais il les soulevait sans effort à chaque crispation et il fallut à plusieurs reprises rajouter des charges supplémentaires. Par ailleurs, ou pour conclure, cette force notoire des Calmay semblait inscrite dans les gênes. Une cousine à la mode de Bretagne, découverte récemment du côté de Rougeul (Denise Legall), où a vécu notre arrière arrière grand père commun, me disait que les Calmay passaient pour des « hommes petits mais trapus et costauds ». De fait, m’a-t-on dit récemment aussi et par ailleurs, le père de ces deux solides garçons, c’est-à-dire mon arrière grand père passait pour être capable de soulever un sac de blé de cent kilos, huit fois de suite et sans bouger d’un cercle de fût entourant ses pieds au sol. Il disait que si ses fils se battaient, il faudrait au moins trois hommes pour arriver, peut-être, à les séparer. Cette arrière grand père est mort à Pengly où il s’était retiré chez sa sœur, Philomène, bien connue du village , aimée ou contestée comme il se doit pour son caractère entier et sa franchise abrupte. Totalement analphabète, cette alerte octogénaire dansait avec l’entrain d’une éternelle jeunesse et chantait d’une voix de tonnerre quand elle ne jouait pas à cache cache avec mes deux soeurs et moi quand nous étions enfants. Lors d’élections municipales, Albert Gouvary, mari de « la Richarde » (la dernière maison avant le pont de l’aubier), qui était conseiller municipal l’emmenait en voiture à cheval avec sa grande amie Angélique Le Collinnet qui ne savait pas davantage lire ni écrire pour… voter après les avoir aidées à choisir le bon candidat.  

 

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 19:48

C’est sous le surnom de « Mogé » que le personnage était connu. Originaire du Guénoir, à Sévignac. Emile Gaigier était un de ces marginaux qui vécut au gré de ses besoins. Des lunettes cerclées masquaient une myopie évidente, le personnage était grossier, négligé, mal rasé. Il s’en fut bourlinguer aux environs de Paris, ce qui l’emmena à voyager à l’étranger, il se retrouva ainsi en U.R.S.S., et faillit bien se retrouver au goulag sans l’intervention d’un certain René Coty alors Président de la République. C’est en tout cas ce qu’il aimait rappeler. Certains jours de Toussaint, il jouait quelques rengaines au violon sur la tombe des siens, au grand dam des gens bien pensants ! Il s’éteignit à Moncontour.

 

 

Voici le témoignage de Monsieur Magdelaine, professeur retraité, qui eut la chance de nouer des liens avec Emile  :   Je l’ai connu par hasard. Vers les années 1977-80, je cherchais un lit clos pour ma vieille maison. Ernest Ollivier, originaire de Saint Trillac et décédé depuis, m’avait suggéré d’aller au Gué noir où deux frères pourraient me montrer un « lit haut » mais sans doute pas me le proposer, même argent comptant. Je me rendis cependant sur place, intrigué par ces deux vieux célibataires qui se regardaient en chiens de faïence et donnaient l’impression de se haïr sans pouvoir pourtant s’éloigner ou se séparer l’un de l’autre. Le Gué noir comporte deux maisons, situées de part et d’autre de la petite route qui rejoint celle de Sévignac à Plénée-Jugon. L’une de ces maisons était fort ancienne mais assez bien conservée. Le « husset » complètement fermé semblait indiquer qu’elle était inhabitée. Je sus dès ma première venue que l’un des frères, Eugène, s’y terrait en ne recevant pratiquement personne. Il vivait là en ermite neurasthénique comme dans une caverne. L’autre maison jouxtée à des ruines de pisé, exhibait une toiture à moitié effondrée. Dépassant du seuil, j’aperçus une pipe, puis, en m’avançant, un homme qui la fumait en m’observant avec curiosité. C’était Emile. Je m’attendais dans ce décor en déshérence à tomber sur une sorte de solitaire imprégné de la sauvagerie environnante et peu enclin à nouer une conversation. C’était bien me tromper. Cependant une « vérification de papiers » s’imposait pour ces derniers témoins du vieux pays. Je dus décliner mon identité, mes origines, mes liens avec Sévignac avant d’être admis en confiance. Alors il parla et je n’eus qu’à l’écouter me narrer ses expériences de vie. Je revins le voir à plusieurs reprises, parfois l’après-midi et toute la soirée. La première fois avait servi de prise de connaissance mutuelle. La seconde fois, je revins avec une bouteille de vin de Savoie que nous bûmes au fil des heures. En effet, il m’avait dit qu’il était meulier de métier et qu’il avait participé à des chantiers sur des barrages dans cette région propice à l’hydraulique et que je fréquente moi-même depuis longtemps puisque mon épouse est Savoyarde. En l’écoutant, je regardais ce toit crevé, grand ouvert sur le ciel, la pluie et le vent et je me demandais où il pouvait bien passer la nuit. Les voisins eux-mêmes qui le connaissaient pourtant bien se perdaient dans de multiples hypothèses. Au fond de cette pièce qui devait être une ancienne étable, il y avait une auge de bois et un râtelier. Une mauvaise bâche recouvrait le tout. Vers la fin de notre rencontre, il s’approcha de la bâche en enjambant les blocs de pierre et les ardoises qui jonchaient le sol et la souleva. Sous cette bâche, dans cette auge, se cachait un versant inconnu et imprévu de cet homme que je voyais habillé comme quatre sous et coiffé d’une casquette usée jusqu’à la corde. Il souleva en effet un costume de belle apparence, glissa la main dans une poche de ce vêtement de ville et en retira… un coffret de cigares pour m’en offrir un. Pris par ses histoires de meulier, il me raconta qu’il avait participé à un chantier sur un barrage en Sibérie. Le chantier avait duré un an. Le soir, autour d’un feu, les Russes chantaient et dansaient. Ils avaient le rythme et le ton mélancolique des Slaves que la nuit rendait rêveurs et nostalgiques. Pour être à l’unisson, notre meulier mettait son violon au menton et les accompagnait. Les coups d’archet rythmaient une gavotte ou des notes plus mélancoliques elles aussi. Mais ce travail sur les chantiers russes ne fut pas sans problème. L’état soviétique entendit les retenir et ne leur accorda pas le droit au retour en France. Contrôlés, surveillés, contraints à résidence sans autorisation de déplacement, ils couraient le risque presque inévitable d’être envoyés au goulag » s’ils tentaient de passer la frontière hermétiquement fermée comme l’on sait. Après un train de réclamations de demandes de droit de sortir du territoire soviétique et de regagner la France, ils firent appel au gouvernement français qui rechigna assez longtemps à régler la question et ce fut le Président Cotty qui intervint enfin en leur faveur et leur permit de retrouver leur pays. Par ailleurs, Emile Guégier me narrait les excentricités fort peu « catholiques » du « recteur rouge » (communiste) de Mégrit je crois. Mais je ne me souviens plus de ce qu’il en disait. Pour l’épilogue, il finit par intégrer, sur l’initiative du maire, Maurice Despré, le foyer logement de Sévignac où il ne mit pas longtemps à se montrer fort encombrant ce qui explique sans doute qu’il partit ou qu’on le fit partir (je ne sais plus trop). Il échoua… au Havre. Quelques mois plus tard, alors que je n’avais plus de contact avec lui, le maire à qui je demandais des nouvelles de notre homme, m’apprit qu’il avait - je crois encore - pris la poudre d’escampette et que les gendarmes n’avaient retrouvé de lui que son violon qu’il avait donc abandonné et qui pouvait légalement être récupéré par la personne qui le demanderait, passé l’échéance d’un an. J’aurais eu grand désir d’avoir ce souvenir qui illustrait si bien une face cachée d’un homme souvent grossier et cependant ouvert à l’art fût-il populaire et aux finesses de la musique. Mais cela demandait une traversée de la France et les occupations de la vie comme elle va me firent renoncer à ce projet.

 

Pourquoi ce surnom de Mogé ? En réalité lorsque les poches pleines d'argent Emile revenait au "pays", il ne manquait pas de revoir le voisinage, devenant encombrant quand il avait bu plus que de coutume, ainsi après avoir goûter avec excés le cidre de la Touche Joubin, à une heure tardive, s'emparant de son violon il donna une mélodie au voisinage endormi. Réveillé brutalement, l'un d'entre eux : Alfred s'en fut le quérir endormi près de la futaille au petit matin et le prenant par l'oreille lui donna un généreux coup de pied au derrière en clammant : "si t'ä l'mo g'lé à matingn, j'vê t'réchaouffeu ! (si tu as froid à la figure ce matin je vais te réchauffer).

 

Marc Lermitte de Mégrit avait enregistré sur compac-disc  Emile Gaigier jouant "contredanse" -chansons traditionnelles  publiées "aux sources du patrimoine oral". Chansons traditionnelles recueillies à Plénée-Jugon, Sévignac et Rouillac. Chants recueillies entre 1970 & 2005.  

                     

2005 L'Epille/La Bouèze. Bonne initiative que celle d'avoir enregistré pareils vieux airs d'antan. Merci de ce travail

 

 

Ci dessus le village du Gué Noir qui vit naître Mogé, aujourd'hui un hameau fantôme qui part en ruines...ainsi va la vie  ! Le Gué Noir était traversé par le chemin du Boussifou qui s'étirait de la Touche Joubin aux Portes Lavat

 

Merci à Monsieur Magdelaine ainsi qu'à monsieur Philippe Lorent

 

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